BERACA 72 : DAVID ET L’AIRE D’ARAUNA (ORNAN)

Le terme du voyage pour le jeune berger devenu roi, est précédé d’une grande épreuve.

« Et Satan se leva contre Israël, et incita David à dénombrer Israël » (1 Chron. 21. 1). « Et la colère de l’Éternel s’embrasa de nouveau contre Israël ; et il incita David contre eux, disant : Va, dénombre Israël et Juda » (2 Sam. 24. 1).

Il est souvent difficile de comprendre le pourquoi des épreuves. Ces deux mentions pour la même situation dramatique viennent nous montrer deux choses, comme par l’histoire de Job.

Premièrement, que Satan s’oppose toujours à Dieu, à ses enfants, à son peuple. Secondement, Dieu est souverain, et s’Il permet à Satan d’agir, c’est pour démontrer qu’Il a toujours le bien des ses enfants en vue.

Job, au sein de l’épreuve, en parlant de son Dieu, dit : « Il connaît la voie que je suis ; il m’éprouve, je sortirai comme de l’or » (Job 23. 10). Longtemps après, Dieu fera écrire : « Vous avez [entendu] parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux » (Jac. 5. 11).

Pour David, la pensée et l’acte de dénombrer le peuple sont le résultat de l’action directe de Satan contre Israël (1 Chron. 21). En 2 Samuel 24, nous voyons qu’il y a la colère de l’Éternel contre un peuple rebelle. Si Satan pousse le cœur de David à pécher, c’est dans le but d’anéantir les conseils de Dieu envers son peuple, mais Dieu se sert des intentions de l’ennemi pour accomplir ses propres plans. En anticipation, Il introduit David et Israël en sa présence, sur la base de la grâce, laquelle remplace les ordonnances de la loi.

Il est merveilleux de voir que, si David avait résisté à Satan, la grâce manifestée par Christ et par son œuvre n’auraient pu être montrée par anticipation. Nous pouvons bien penser que la faute de David était nécessaire, parce que, par elle, Dieu remplace le régime de la loi par celui de la grâce. Le premier ordre avait le tabernacle pour centre, le second a pour centre le trône et l’autel en Sion. Au moment du dénombrement, le tabernacle, comme système établi de Dieu, prenait fin. L’arche, signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple, avait été emmenée en captivité, abandonnée, puis ramenée par Dieu Lui-même dans la maison d’Obed-Edom. Par la suite, David l’amena à la montagne de Sion où Salomon bâtira le temple.

« Pendant cette période intermédiaire, l’autel d’airain, la tente d’assignation et les ustensiles du service étaient à Gabaon, n’ayant plus de lien avec l’arche. On pouvait s’approcher de l’arche en Sion, mais sans le sacrifice qui était le seul chemin du sanctuaire ; on pouvait s’approcher de l’autel à Gabaon, mais il ne donnait accès que dans un lieu très saint entièrement vide. Le rapport de l’autel avec l’arche semblait à jamais perdu par l’infidélité de la sacrificature. Il fallait rétablir la vérité que l’autel, qui représente l’expiation, était le moyen nécessaire pour avoir accès à la présence de Dieu. L’arche était arrivée en Sion, la montagne de la grâce, mais il fallait que la question du péché soit définitivement réglée » (H.R.). C’est dans ce contexte que David dénombra le peuple, « et cette chose fut mauvaise aux yeux de Dieu ; et il frappa Israël » (1 Chron. 21. 7). L’Éternel envoie Gad le prophète avec ces paroles : « Va, et parle à David : Ainsi dit l’Éternel : Je t’impose l’une de ces trois choses ; choisis-en une, et je te la ferai… : La famine viendra-t-elle sur toi sept ans dans ton pays ; ou veux-tu fuir trois mois devant tes ennemis, et qu’ils te poursuivent ; ou y aura-t-il trois jours de peste dans ton pays ? … Et David dit à Gad : Je suis dans une grande détresse. Que nous tombions, je te prie, dans les mains de l’Éternel, car ses compassions sont grandes » (2 Sam. 24. 12 à 14).

Les conseils de Dieu devaient s’accomplir à Morija (2 Chron. 3. 1). Cet endroit où Abraham dut monter avec l’ordre d’offrir en sacrifice son fils unique, celui qu’il aimait. À Morija, Isaac est un type de Christ, « l’Agneau de Dieu », « l’unique fils bien-aimé » du Père (Jean 1. 29 ; Marc 12. 6). En chemin, Abraham répondit aux questions d’Isaac : « Mon fils, Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste » (Gen. 22. 8). Au moment ultime, la réponse vint du ciel, quand un bouc apparut pour remplacer Isaac. Pour notre Seigneur, il n’y a pas eu de substitut ! Lui seul pouvait être le sacrifice pour le péché. Devant la délivrance, Abraham nomma ce lieu : « Jéhovah Jiré » ou, « en la montagne de l’Éternel il y sera pourvu » (v. 14). En type, la grâce avait trouvé un moyen de se montrer dans sa plénitude à Morija, où Isaac avait été offert, où David doit offrir les sacrifices pour que la peste s’arrête, où aussi notre Seigneur fut crucifié.

« Et l’Éternel envoya la peste en Israël depuis le matin jusqu’au temps assigné… Et l’ange étendit sa main sur Jérusalem pour la détruire ; et l’Éternel se repentit de ce mal, et dit à l’ange qui détruisait parmi le peuple : Assez ! Retire maintenant ta main. Or l’ange de l’Éternel était près de l’aire d’Arauna, le Jébusien. Et David, quand il vit l’ange qui frappait parmi le peuple, parla à l’Éternel, et dit : Voici, moi j’ai péché, et moi j’ai commis l’iniquité, mais ces brebis, qu’ont-elles fait ? Que ta main, je te prie, soit sur moi » (2 Sam. 24. 15 à 17). David, en ceci, apparaît, bien que faiblement, comme un type de Christ qui « s’est offert lui-même à Dieu » mais, « sans tache » (Héb. 9. 14).

Le prophète demande à David d’offrir un sacrifice, et Arauna qui possède le terrain veut le donner, mais David l’achète de sa main et « bâtit là un autel à l’Éternel, et offrit des holocaustes et des sacrifices de prospérités. Et l’Éternel fut propice au pays ; et la plaie fut arrêtée de dessus Israël » (v. 25). C’est la réponse d’En-haut, la grâce agissant en Sion en contraste avec la loi sur le Sinaï. Pour nous, enfants de Dieu, nous connaissons Celui qui devait recevoir, à notre place, les coups du jugement de Dieu. La voix qui dit à l’ange : « Assez ! Retire maintenant ta main » ; c’est la voix qui dira par l’Esprit prophétique : « Épée, réveille-toi contre mon berger, contre l’homme qui est mon compagnon… ; frappe le berger… » (Zach. 13. 7). La colère de Dieu a été détournée (És. 12. 1) et le châtiment que nous méritions est tombé sur Celui qui a été frappé à notre place : Jésus, notre bon et grand Berger. Thème de notre louange dès aujourd’hui et pour toujours.