BERACA 71 : LES DERNIÈRES PAROLES DU ROI DAVID

La vie de David, comme celle de Moïse et celle de Jacob, se termine, spirituellement parlant, sur des lieux élevés. Leur pèlerinage fut bien différent et s’est terminé dans des lieux différents. Pour Jacob, c’est en Égypte, pour Moïse, sur le mont Horeb, à la porte d’entrée du pays promis, et pour David, en Sion, là où l’Éternel a voulu demeurer. Les trois croyants, comme nous tous, ont été à l’école de Dieu. Il est bien réel que le passage sur la terre, pour le croyant, est une école. Nous apprenons à connaître ce que nous sommes par nature et, ce qui est précieux, à connaître l’étendue de la grâce de Dieu.

Pour Jacob : Devant son fils Joseph et ses petits-fils, Éphraïm et Manassé, il rend hommage au Dieu de ses pères. Il est le Dieu qui a été son berger « depuis que je suis jusqu’à ce jour, l’Ange qui m’a délivré de tout mal » (voir Gen 48. 15 et 16). Ensuite, il réunit tous ses fils pour leur dire : « Assemblez-vous, et je vous ferai savoir ce qui vous arrivera à la fin des jours. Réunissez-vous, et écoutez, fils de Jacob ; écoutez Israël, votre père… Le sceptre ne se retirera point de Juda, ni un législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Shilo vienne ; et à lui sera l’obéissance des peuples » (Gen. 49. 1, 2 et 10). Inspiré par l’Esprit de Christ, en prince de Dieu, Jacob voit, bien au-delà du temps présent, la gloire du Messie, et adore « appuyé sur le bout de son bâton » (Héb. 11. 21).

Pour Moïse : Arrivé au terme de son service, il prononce aux oreilles de toute la congrégation d’Israël, les paroles d’un cantique, « jusqu’à ce qu’elles soient complètes ». Comme Jacob, il prophétise et proclame le nom de l’Éternel : « Attribuez la grandeur à notre Dieu ! Il est le Rocher, son œuvre est parfaite ; car toutes ses voies sont justice. C’est un Dieu fidèle, et il n’y a pas d’iniquité en lui ; il est juste et droit » (Deut. 32. 3 et 4). Si Moïse rappelle la grandeur de l’Éternel en création et démontre la souveraineté de Celui qui a choisi les fils d’Israël, il doit aussi relever l’infidélité du peuple et conclure par cette béatitude : « Tu es bienheureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Éternel, le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? Tes ennemis dissimuleront devant toi, et toi, tu marcheras sur leurs lieux élevés » (Deut. 33. 29).

Pour David : Après les combats et les épreuves, le roi regarde en haut et rend témoignage à la fidélité du Dieu d’Israël : « Il rend mes pieds pareils à ceux des biches, et me fait tenir debout sur mes lieux élevés ; … L’Éternel est vivant ; et que mon Rocher soit béni ! Et que Dieu, le rocher de mon salut, soit exalté » (2 Sam. 22. 34 et 47). Par ses dernières paroles, comme Jacob et Moïse, David a la vision du règne glorieux de Christ : « Celui qui domine parmi les hommes sera juste, dominant en la crainte de Dieu, et il sera comme la lumière du matin, quand le soleil se lève, un matin sans nuages : par sa clarté l’herbe tendre germe de la terre après la pluie » (2 Sam. 23. 3 et 4).

Là, David parle comme oracle de Dieu : « L’Esprit de l’Éternel a parlé en moi, et sa parole a été sur ma langue. Le Dieu d’Israël a dit, le Rocher d’Israël m’a parlé » (v. 2 et 3). Le premier objet que Dieu présente à David est Christ, le vrai Melchisédec, roi de justice et roi de paix. Il « sera juste » et apportera la bénédiction, « un matin sans nuage ».

Au terme de sa vie, jetant un regard en arrière, David se souvient des délivrances, des victoires mais aussi des chutes. Si la grâce l’a restauré, les conséquences sont présentes, et devant la vision glorieuse du soleil de justice il doit s’incliner pour dire : « Quoique ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu » (v. 5).

Alors, « David réunit à Jérusalem tous les chefs d’Israël, les chefs des tribus, et les chefs des divisions qui servaient le roi… » et « se leva sur ses pieds, et dit : Écoutez-moi, mes frères et mon peuple ! J’avais dans le cœur de bâtir une maison de repos pour l’arche de l’alliance de l’Éternel, … et j’ai fait des préparatifs pour bâtir » (lire 2 Chron. 28 et 29). Il mentionne que l’Éternel lui a révélé que Salomon, son fils, bâtira cette maison. Il exhorte le peuple en ces termes : « Gardez et recherchez tous les commandements de l’Éternel, votre Dieu, afin que vous possédiez ce bon pays, et que vous le fassiez hériter à vos fils après vous, à toujours » (28. 8).

Ensuite « … David donna à Salomon le modèle du portique, et de ses maisons, et de ses trésoreries, et de ses chambres hautes, et de ses chambres intérieures, et de la maison du propitiatoire ; et le modèle de tout ce qu’il avait, par l’Esprit, touchant les parvis de la maison de l’Éternel, et toutes les chambres, tout autour, pour les trésors de la maison de Dieu, et pour les trésors des choses saintes » (28. 11 et 12).

Non seulement il donne les plans, mais il a aussi préparé tous les matériaux pour la gloire de cette maison et les objets qui servirons au culte établi, selon les ordonnances données par Moïse : « de l’or au poids, pour les objets d’or, pour tous les ustensiles de chaque service ; et de l’argent au poids, pour tous les ustensiles d’argent, pour tous les ustensiles de chaque service » (v. 14 à 19). Et de plus, dans son affection pour la maison de son Dieu, il donne pour cette maison, de l’or et de l’argent lui appartenant en propre, sans compter ce qu’il a préparé « pour la maison du sanctuaire » (voir ch. 29. 3 à 5). Son exemple entraîna les chefs de tout ordre dans le royaume pour donner volontairement. « Et ceux chez qui se trouvaient des pierres précieuses les donnèrent au trésor de la maison de l’Éternel, … Et le peuple se réjouit de ce qu’ils avaient offert volontairement, car ils offraient volontairement, d’un cœur parfait, à l’Éternel ; et aussi le roi David en eut une grande joie ». Un chant de louange s’élève de son cœur : « Et maintenant, ô notre Dieu, nous te célébrons, et nous louons ton nom glorieux. Et qui suis-je, et qui est mon peuple, que nous ayons le pouvoir d’offrir ainsi volontairement ? car tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (v. 13 et 14).

Et nous, qui sommes-nous pour pouvoir adorer le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ ? – sinon des perdus amenés à la vie, des pécheurs graciés et purifiés. Apportons l’adoration dont le Père et le Fils sont dignes ; apportons aussi l’or et l’argent pour la maison de Dieu afin d’édifier, sur le fondement, qui est Jésus Christ (1 Cor. 3. 10 à 15 ; Éph. 2. 20). Ce que nous avons reçu du Seigneur, à nous de le rendre. L’or représente sa divinité, l’argent, la rédemption et les pierres précieuses, ses gloires variées. C’est Christ, sa grâce qui sauve et sa gloire à venir qui, dans nos entretiens, feront la joie de tous.