
Un négociant de Philadelphie, riche à millions, ordonna à ses employés de venir travailler un dimanche matin, afin de décharger un navire qui venait d’arriver. Un jeune homme s’approcha de lui, très pâle, et lui dit :
– Monsieur, je ne pourrai pas travailler demain.
– Très bien ! Si vous refusez d’obéir, il ne nous reste qu’un parti à prendre, celui de nous séparer.
– Je le sais, Monsieur, et je sais aussi que j’ai à ma charge ma mère, qui est veuve. Mais je ne puis travailler le dimanche.
– À votre aise ! Du moment que vous persistez dans votre décision, passez à la caisse pour vous faire régler votre compte.
Pendant les trois semaines qui suivirent, le jeune homme arpenta les rues de Philadelphie en quête de travail. Il ne trouva rien. Or, à ce moment-là même, le directeur d’une des principales banques de la ville était à la recherche d’un employé de toute confiance. N’ayant personne sous la main, il s’adressa au négociant dont il vient d’être question. Celui-ci nomma aussitôt le jeune homme qu’il avait congédié.
– Qu’est-ce que cela veut dire ? demanda le banquier, très étonné. Vous me recommandez un employé qui vous a donné si peu de satisfaction que vous l’avez renvoyé de votre bureau ?
– Parfaitement ! répliqua le négociant. J’ai dû le mettre à la porte, parce qu’il refusait de travailler le dimanche. Or l’homme qui consent à perdre sa place, et une bonne place, pour obéir à ses principes, c’est un homme auquel vous pouvez vous fier sans hésitation aucune.
Dieu dit : « Ceux qui m’honorent, je les honorerai ; et ceux qui me méprisent seront en petite estime » (1 Sam. 2. 30).
D’après Almanach Évangélique 1937