
En Jean 20. 19 et suivants, nous avons le premier rassemblement après la résurrection). Au début des Actes, nous avons vu un autre rassemblement de disciples autour du Seigneur, et les paroles qu’il leur adresse.
Puis, Il est enlevé sur la nuée et l’ange leur dit : « Ce Jésus qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière… ». Ils se rassemblent alors dans la chambre haute, pour la prière. Puis, au début du chapitre 2, le Saint Esprit, comme personne divine, descend sur la terre. L’Assemblée de Dieu naît ce jour-là.
Ensuite, nous sont décrits les premiers jours, si beaux, de cette Assemblée. Un état de fraîcheur et de vie remarquable se manifestait et l’Esprit opérait avec puissance dans des cœurs occupés du Seigneur. « Le Seigneur ajoutait tous les jours à l’Assemblée ceux qui devaient être sauvés ». Les croyants d’alors étaient vraiment remplis de la vie de Christ. Mais quand un état de choses répond à la pensée de Dieu, l’Ennemi est aussitôt à l’œuvre, pour ruiner ce que la grâce a produit. Il livre des assauts répétés pour troubler et détruire. Son œuvre est la même encore maintenant, dans les derniers jours de l’histoire de l’Assemblée sur la terre.
Dans les chapitres 3 et 4, l’Ennemi porte contre l’Assemblée successivement quatre attaques, venues de l’extérieur. Tout d’abord, il cherche à faire attribuer à l’homme ce qui est de Dieu. « Et Pierre, voyant cela, répondit… Pourquoi avez-vous les yeux fixés sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou par notre piété ? » (Act. 3. 12).
Cette ruse de l’Ennemi a été pour l’homme une cause de faiblesse dès le commencement. Puis, il emploie la persécution contre les saints : dans le chapitre 4. 3, nous lisons : « ils mirent les mains sur eux ». Au verset 5, le nombre des adversaires augmente. Enfin, dans les versets 16 à 18, il leur est défendu avec menaces de parler et d’enseigner de quelque manière que ce soit, au nom de Jésus.
L’Ennemi est actif. Par ces quatre efforts, il cherchait à affaiblir le témoignage et à empêcher l’œuvre du Seigneur ; mais la puissance de Dieu est plus grande. Satan, dans chacune de ces quatre circonstances, fait une œuvre trompeuse, car chaque fois ses plans sont déjoués et des fruits sont produits. C’est une pensée encourageante pour nous, mais cela ne doit pas nous empêcher d’être vigilants.
« Jugez s’il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu » (v. 19), disent les apôtres Pierre et Jean. Leur désir est de continuer le travail que Dieu leur a confié. Mais, au lieu de se diriger immédiatement de ce côté, ils viennent d’abord vers l’Assemblée réunie, pour présenter ensemble, d’une manière convenable, leurs exercices à Dieu.
Cette expression « vers les leurs » est magnifique. Elle nous montre que les croyants sont appelés à marcher ensemble dans l’unité, et cela en contraste avec la masse du peuple. Nous trouvons dans la Parole plusieurs expressions semblables : Colossiens 4. 9 : « Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres » ; Tite 3. 14 : « Que les nôtres aussi apprennent à être les premiers dans les bonnes œuvres ». Ces expressions désignent les saints par opposition à l’ensemble du peuple. Il y a donc une séparation marquée. Le croyant fait partie d’un corps.
Ces passages nous montrent que Dieu à opéré un transfert d’Israël a un centre nouveau qu’il est en train de former. Il provoque la rupture définitive d’un lien qu’il avait établi. Tout est consommé lors de la destruction de Jérusalem, un nouvel ordre de choses est créé. À la sphère chrétienne sont transférées les bénédictions divines qui jusqu’ici reposaient sur Israël ; les bénédictions de ce nouveau peuple ne sont plus terrestres mais célestes.
L’apôtre Paul, investi d’une mission spéciale de la part de Dieu, en précisera, par la suite, la structure organique. Mais l’assemblée est née avant le ministère de Paul. Ce changement fondamental que Dieu a opéré en se servant d’hommes en qui le Saint Esprit habite, a produit chez les Juifs un conflit et du désarroi. La mauvaise nature de ce peuple s’est manifestée ; Dieu est ainsi pleinement justifié dans le jugement qu’Il prononce et exécute sur lui.
Ce peuple nouveau n’est donc pas terrestre mais céleste, c’est pourquoi le Saint Esprit descend habiter au milieu des hommes. Quand les croyants seront enlevés de la terre, le Saint Esprit la quittera aussi pour n’y plus revenir de la même manière. En effet, il y aura encore la dernière pluie de la saison (Joël 2. 23).
Le conflit se déroule, ici, entre la chair religieuse, la religion officielle (donnée à l’origine par Dieu) et la nature divine, don de Dieu lui-même. Plus tard Paul sera aux prises avec le monde païen, mais ici il est question du judaïsme. L’Église a été formée au commencement par un noyau juif.
Lent à exécuter le jugement final, Dieu fait retentir plusieurs appels à la nation juive. En lisant le chapitre 3 du livre des Actes, nous pouvons dire que si les Juifs avaient répondu à l’appel de Pierre, le Seigneur serait revenu immédiatement. Mais une fois Étienne mis à mort, il n’est plus temps de se repentir ; tout est fini.
Le fait historique, final, visible sera la destruction de Jérusalem. Ce conflit, nous le retrouvons à des degrés divers, chaque fois que Dieu a voulu, au cours des siècles, établir par l’action du Saint Esprit, à la place d’un état corrompu, quelque chose qui réponde à sa pensée (réveils). La chair enracinée dans sa religion formelle manifeste toujours les mêmes sentiments. Avec le verset 47 du chap. 2 des Actes apparaît un nouveau monde, celui des enfants de Dieu. « Le lieu où ils étaient assemblés » (Act. 4. 31) n’est plus le temple.
Les disciples viennent donc vers les leurs « et leur rapportèrent tout ce que les principaux sacrificateurs et les anciens leur avaient dit » (ch. 4. 23). Ils accomplissent un service dans le monde, mais cela ne les conduit pas à penser, bien au contraire, qu’ils en ont seuls la responsabilité et que l’assemblée n’a rien à y voir. Non, l’assemblée est, elle aussi, engagée dans le service que remplissent ceux qui en font partie.
Les disciples lui exposent donc leurs difficultés ; une attitude différente serait une grave erreur. Il est bon qu’il y ait assez de communion dans l’assemblée pour que les serviteurs soient portés sur nos cœurs, par la prière, au trône de Dieu. Sans qu’il soit besoin de discuter pour savoir s’il faut convoquer une réunion de prières, aussitôt la prière jaillit de tous les cœurs, spontanément ; « ils élevèrent (au pluriel) d’un commun accord, leur voix (au singulier) à Dieu ». C’est la voix de toute l’assemblée ; nous voyons ainsi ce qu’était la communion au commencement.
Le principe de la séparation est accompli dans les faits, par Dieu et pour lui. Mais la séparation, par habitude ou par convention, n’a aucune valeur aux yeux de Dieu. Elle est aussi individuelle. Il est souhaitable, bien sûr, que les enfants de parents chrétiens dont la séparation est réelle, soient tenus dans une séparation extérieure ; mais en ce qui les concerne, cette attitude est sans valeur pour Dieu. Car la séparation doit être le fruit du travail de l’Esprit dans le cœur. Elle sera alors intelligente, réalisée avec un discernement divin et n’aura rien de conventionnel.
L’on ne se sépare pas pour la simple raison que d’autres l’ont fait ; la séparation extérieure de toute une vie ne conduit pas au ciel. Cette séparation est plus difficile à réaliser aujourd’hui, car elle doit s’opérer au sein même de la sphère chrétienne. Si nous n’étions qu’une poignée de chrétiens au milieu des païens, ce serait plus facile. Soyons assurés que le chrétien qui abandonne le principe de la séparation abandonne un principe vital.
Ces hommes avaient certainement de proches parents juifs, ils n’étaient que quelques-uns au milieu de la masse, mais ils ne raisonnent pas. Ils sont éclairés, ils sont heureux. Quand le Saint Esprit agit, on ne se pose pas de question. L’approbation secrète du Seigneur – et c’est la meilleure – ne nous manquera pas. Quand nos devanciers ont commencé leur ministère, ils n’étaient que cinq, ils n’avaient pas de plan, ils ne pensaient même pas à l’évangélisation du monde. Aucun d’eux n’envisageait – ils l’ont souvent déclaré dans leurs écrits – un tel élargissement de leur témoignage. La foi, c’est Dieu en activité et rien d’autre.
Ce n’étaient pas les meilleurs docteurs, ces hommes sortis du milieu du peuple : Pierre était, sinon illettré, du moins un homme simple. Sur le terrain religieux juif, ils auraient été battus ; mais la puissance de Dieu délivre leur cœur de toute considération humaine ou religieuse. La dépendance, la sagesse, le courage, l’humilité sont des qualités spirituelles qu’aucun docteur ne peut enseigner. Rien ne surpasse la communion avec Dieu et avec Christ, ni pour le temps ni pour l’éternité. Que Dieu accorde aux assemblées des saints cette communion !
Le principe de la séparation est divin : dès le commencement de la Genèse, Dieu sépare la lumière d’avec les ténèbres. C’est lui qui nous rend capables de participer au lot des saints dans la lumière, nous ayant délivrés du pouvoir des ténèbres (Col. 1. 12). L’assemblée ne peut avoir de communion avec le monde professant. Quand Moïse dressa la tente d’assignation hors du camp (Ex. 33. 7), seuls, ceux qui cherchaient l’Éternel sortaient avec lui. Nous pouvons avoir une certaine communion avec des personnes de milieux chrétiens, considérés isolément, avoir de la joie ensemble dans le Seigneur à l’occasion de rencontres, mais nous n’avons pas communion avec eux sur le terrain où ils demeurent, pour des raisons que nous ne pouvons pas toujours expliquer.
Notre séparation doit être vigilante, mais nous devons en même temps embrasser tous les saints dans les pensées de nos cœurs. « Afin de comprendre avec tous les saints… », dit Éphésiens 3. 18. À la fraction du pain nous proclamons que nous sommes un seul corps : un vrai équilibre entre la séparation et une certaine largeur de cœur justifient l’existence d’un témoignage établi sur le terrain de l’unité du Corps.
Le passage de Jérémie 15. 19 : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche » concerne le ministère. L’assemblée n’enseigne pas, elle n’évangélise pas (comme on l’entend dire), elle est un témoignage. Mais ceux qui la composent sont pasteurs, docteurs… ils sont appelés chacun individuellement par le Seigneur. Les saints ne se poussent pas les uns les autres dans le service, mais les prières de l’assemblée sont désirables.
Manquer de séparation est dangereux ; car le Seigneur nous appelle à nous maintenir dans la vérité ; il est dit, en effet, de l’Assemblée qu’elle est « la colonne et le soutien de la vérité ». Nous devons aimer tous les frères de la même manière, mais nous ne pouvons pas le leur montrer toujours de la même façon. Ne confondons pas amour et communion. Certes, nous sommes frères, recevant tous de Dieu la vie, mais chacun doit être exercé pour rechercher le lien de la communion.
Dans le passage de Jérémie cité tout à l’heure, nous trouvons aussi un mot d’ordre pratique : « Qu’ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux ». La Parole de Dieu n’envisage qu’une seule position celle qui est décrite dans le livre des Actes : en un même lieu, d’un même cœur, autour d’une même personne. Si un croyant n’a pas compris cela, c’est peut-être par ignorance ou parce qu’il est tombé dans un piège de l’Ennemi.
Veillons donc avec amour et intelligence, gardés dans la présence de Dieu. Les témoins du siècle passé n’ont fait pression sur personne, mais la grâce et la piété en eux étaient si grandes que, sans employer la force de persuasion ou tout autre moyen plus ou moins avouable, d’autres chrétiens ont été attirés. L’Ennemi essaye de nous faire fléchir, de nous faire abandonner cette position. Elle ne saurait être maintenue par des moyens humains. Si elle ne correspond pas à un état de cœur ce n’est qu’un système, et le plus mauvais de tous.
Les premiers croyants savaient pourquoi ils étaient assemblés, établis par la puissance de Dieu sur un nouveau terrain, pour rendre témoignage à la vérité. L’assemblée peut être un pôle d’attraction pour d’autres chrétiens si elle garde ce caractère de vérité.
Les premiers croyants connaissaient pratiquement la puissance de Dieu. Quand les apôtres viennent leur dire ce qu’ils ont souffert de la part des chefs du peuple, ils n’ont qu’une pensée : s’adresser à Celui qui est plus puissant qu’eux tous. Ces hommes méchants ne peuvent s’assembler, en définitive, que pour faire ce que la main et le conseil de Dieu ont décidé. Ainsi l’Ennemi fait toujours une œuvre qui le trompe, Dieu a le dernier mot, Lui qui donne aux siens l’énergie pour accomplir des prodiges et des miracles par le nom de Jésus.
Le verset 24 cite un exemple remarquable de réunion de prières en assemblée. Ce fut la seule période où sur la terre les chrétiens réalisèrent l’unité et la communion visibles, en contraste avec cette pauvre association des hommes de ce monde, (v. 26) « réunis ensemble contre le Seigneur et contre son Christ ». Le monde peut organiser une opposition terrible contre le témoignage (des nations se déchaînent, des chefs se réunissent…), mais les disciples sont assemblés dans la paix (v. 29).
Leurs armes ne sont pas charnelles, ils sont dans une position bénie, dans la dépendance de Dieu, ils se confient en Lui. Dans l’ancienne économie, nous trouvons des attitudes semblables : par exemple celle des trois jeunes Hébreux devant la fournaise de feu ardent, celle de Daniel jeté dans la fosse aux lions : « Dieu que nous servons peut nous délivrer… » (Dan. 3. 17). De même aussi David se présente devant le géant au nom de l’Éternel.
Quelle est la réponse à la prière des croyants ? Dieu leur donne de la hardiesse pour annoncer la Parole, et ils sont remplis de l’Esprit Saint (Éph. 5. 18). Au verset 8, c’était Pierre qui en était rempli, mais ici c’est toute l’assemblée. Rien ne contriste le Saint Esprit, il peut agir librement, ses effets se manifestent non seulement au dehors mais également au dedans.
Quand le mal se fait jour (ch. 5), l’assemblée est en bon état et Pierre peut agir rapidement, selon Dieu. Le mal est aussitôt jugé, le terrain est sain, Dieu peut donner une réponse puissante. Sans doute n’étaient-ils pas instruits de la doctrine touchant le vieil homme et le nouvel homme, mais dans la pratique ils tenaient la chair pour morte, ce qui est très supérieur à la simple théorie.
Remplis de l’Esprit, ils avaient une remarquable intelligence des pensées de Christ. Aujourd’hui, nous ne manquons pas d’enseignement, toutefois, l’interdit est installé dans l’Église et Dieu ne peut donner de réponse aussi puissante. Même à Philadelphie le Seigneur déclare : « Tu as peu de force… ». Tout notre titre physique et moral doit être sous l’influence du Saint Esprit. Les actes des apôtres, a-t-on dit, sont les actes du Saint Esprit.
Maintenant le jour est bien avancé, mais nous sommes toujours sous le même régime, même si bien des choses se sont passées depuis lors. Le Saint Esprit est toujours présent et actif, opérant en puissance ou en grâce. Car tout ce qui est selon Dieu est produit par l’Esprit Saint. Quelle atmosphère de sérénité et de pureté, lumineuse nous trouvons dans ces passages ! Nous soupirons après cet état que nous n’avons pas retrouvé.
Cette perfection se réalise au milieu du mal actif. La seule mission de l’assemblée est d’être le vase que remplit l’Esprit de grâce. Aujourd’hui, combien de serviteurs errent loin de la vérité ! Il convient d’en souffrir comme Christ lui-même. S’il y a tant de confusion dans nos esprits, c’est que nous jugeons selon nos propres pensées, au lieu de considérer avec prière l’enseignement de l’Écriture dans toutes les circonstances. Si nous agissions toujours selon la Parole avec un esprit de soumission, nous serions comblés de bénédictions. Les difficultés dans le service viennent de ce qu’on ne le réalise pas.
L’équilibre entre la ferveur intérieure et l’activité extérieure est une chose admirable, mais rare. Si la ferveur diminue, l’âme est malade et elle cherche une compensation dans l’activité extérieure. Inversement, l’inactivité extérieure est souvent le fruit d’une paresse intérieure. Le chemin de Dieu n’est ni l’un ni l’autre.
Si je ne suis pas dans un état de paix et de joie en Dieu, je ne guérirai pas en me jetant dans une activité que j’aurais personnellement choisie à l’avance. Mais la communion me conduira à agir selon sa volonté. Ce qui fait souvent défaut, c’est une vie secrète de prière et de méditation : l’âme n’est pas nourrie de Christ.
L’Assemblée doit être un ensemble fermé aux influences du dehors et du dedans (activité de la chair), mais ouvert aux besoins de tous. C’est la clef de tout le témoignage. Dans ces passages nous voyons des serviteurs qui vont, qui viennent et meurent même s’il le faut pour le nom du Seigneur.
Le dernier paragraphe du chapitre 4 montre un état semblable à celui du dernier paragraphe du chapitre 2. L’état reste bon à Jérusalem malgré les assauts de l’Ennemi. Les mêmes ressources sont à notre disposition, la puissance de Dieu est toujours au service de la foi. « La multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme » (v. 32). Cette expression est remarquable.
Dans sa prière, le Seigneur avait demandé au Père : « Qu’ils soient un comme nous nous sommes un ». Ce chapitre nous donne, ensuite, des détails sur la manière dont il était répondu aux besoins qui pouvaient se présenter. Tout était apporté aux pieds des apôtres, ainsi il n’y avait aucune personne nécessiteuse.
Dans les chapitres 5 et 6, l’Ennemi porte de nouveaux assauts contre l’assemblée, dont deux de l’intérieur cette fois : le mensonge d’Ananias (ch. 5) et les murmures des Hellénistes (ch. 6) ; et un troisième de l’extérieur : c’est une nouvelle persécution. Plus l’état est bon dans une assemblée et plus il faut veiller de peur qu’elle ne tombe. Ici, personne ne leur avait enseigné à agir de la sorte ; ils n’avaient pas reçu d’éducation chrétienne. Un fruit de l’Esprit spontané et collectif est produit, chose rare et précieuse.
Qu’un homme marche avec Dieu, c’est difficile mais que plusieurs ensemble marchent pour Lui, c’est encore plus difficile ; mais l’Esprit de Dieu agit pour nous conduire dans un chemin d’obéissance. Il est impossible, comme certains le prétendent, que ce soit Lui qui guide dans tout autre chemin.
La Parole de Dieu est notre seule règle, mais pour la comprendre il faut le Saint Esprit. Alors, les disciples ne possédaient pas encore le Nouveau Testament, mais ils étaient enseignés directement par le Saint Esprit et par les apôtres, témoins oculaires de la vie du Seigneur. Ils avaient certainement de grands exercices de piété où la chair et ses pensées étaient mises de côté. Les cœurs étaient seulement occupés de la gloire de Dieu.
Par un effet de la puissance de l’Esprit, effet plus étonnant que les miracles, avait disparu en eux le ressort caché contre lequel toutes les générations ont lutté : l’égoïsme. Seule une main divine pouvait atteindre et détruire cette forteresse. De façon générale, cet égoïsme ne disparaît qu’avec la vie du corps. Mais ici, Dieu agissant, il n’est plus en activité et pourtant le corps n’est pas mort.
C’est une méditation humiliante de constater où nous en sommes à cet égard, mais elle produit dans nos cœurs de la louange envers Dieu qui nous supporte. La vie d’un chrétien devrait être exempte d’égoïsme, ce qui est à notre portée. Seul l’amour divin bannit l’égoïsme : « N’oubliez pas la bienfaisance et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices » (Héb. 13. 16). Tout autre amour a pour racine le « moi ». Nous en avons la manifestation pénible dans la scène suivante avec Ananias et Sapphira. Mais Pierre lui, fait passer l’amour et la gloire de Dieu avant toute autre considération.
Nous pourrions même chercher à faire des progrès spirituels en ayant pour but notre propre gloire. L’homme naturel est perdu, irrémédiablement. Nous disons souvent qu’il faut revenir à ce qui était dès le commencement. Cette pensée est vraie tant du point de vue doctrinal que du point de vue moral. Des exercices journaliers sont nécessaires pour chacun d’entre nous.
Deux remarques sur la fin du chapitre 4. Ce qui caractérise les saints de tous les temps (Dieu le produit en eux), c’est l’exercice de la puissance spirituelle. L’imitation de l’état heureux que nous trouvons décrit ici (un cœur et une âme) qui a été tentée parfois, est condamnée d’avance. Nous pourrions décider à la fin de cette réunion de réaliser cet état dans la pratique, mais nous irions vers un échec lamentable si cette décision n’est que la manifestation de notre volonté propre et non un effet de la puissance spirituelle.
L’essentiel est donc que nous soyons exercés à puiser à la source de la puissance pour avoir Dieu avec nous. Ce n’est pas dans la sphère de l’activité extérieure qu’il est le plus difficile de mettre de l’ordre, mais dans notre propre cœur. Nos efforts pour faire le bien n’ont de prix pour Dieu que s’ils proviennent d’une profonde communion avec Lui, sinon nous désobéirions en voulant tout de même agir ainsi. Vouloir le bien que Dieu veut, voilà la perfection.
Nous nous posons parfois la question : Quel bien y a-t-il en ceci ou cela ? Le bien s’identifie avec l’accomplissement de la volonté de Dieu. Il est bon que nous pesions ces choses devant Dieu, car nous pourrions nous égarer sans nous en rendre compte. Montrez-nous un homme « plein » de Christ, cet homme sera prêt à faire tout ce que Dieu lui demandera. Qu’est-ce que le témoignage ? C’est la manifestation de la gloire de Dieu, de sa volonté en toutes choses.
L’homme, même sous sa meilleure apparence, n’est rien. Il est difficile de rejeter les bonnes intentions d’un frère. Pourtant elles sont plus condamnables que celles d’un incrédule. Faire quelque chose qui ne correspond pas à la volonté de Dieu, c’est renouveler l’offense de Caïn. Dieu n’a pas frappé Christ pour rien, il y avait des raisons solennelles à cela.
Actes 5. 1 à 11
L’Ennemi ne peut supporter un tel état de choses dans l’Assemblée et se propose de détruire le témoignage ; il se sert de cette manifestation d’amour fraternel (dernier paragraphe du ch. 4) pour apporter le mal. Il donne à Ananias et Sapphira le désir de manifester extérieurement un dévouement qui ne correspond pas à une réalité intérieure : c’est de l’hypocrisie et du mensonge.
Dans l’Assemblée de Dieu, le mal ne devrait jamais pénétrer : s’il pénètre, il doit être jugé ; il n’est pas possible de le tolérer. Il peut y avoir de la faiblesse, des infirmités, dans ce cas il faut du support les uns à l’égard des autres. Mais si du mal se manifeste, une désobéissance caractérisée à la volonté de Dieu, un jugement immédiat est nécessaire.
C’est le Saint Esprit qui révèle le mal pour qu’il puisse être jugé. Il arrive dans une assemblée qu’un mal ne soit pas discerné par manque de puissance spirituelle. Le Saint Esprit est entravé dans son activité. Meilleur est l’état d’une assemblée et plus rapidement le mal est manifesté. Dans le cas qui nous occupe, cet état était tel que le mal est immédiatement mis à jour et jugé. Chacun d’entre nous doit prier constamment, demandant à Dieu de manifester le mal qui pourrait exister. Ainsi l’assemblée rendra témoignage à Celui qui est le Saint et le Véritable.
Un nom brille, qui nous est cher : Barnabas, qui était plein de qualités chrétiennes. Son exemple doit nous amener à de sérieuses réflexions. Il participe ici pleinement à cette démonstration d’amour fraternel. Mais plus tard il fléchira sous l’influence des liens de parenté (Marc) et de l’attachement à son pays (Chypre) (Act. 15. 39). Alors le rideau tombe sur son histoire et il n’en est plus parlé. Les qualités présentes d’un chrétien ne sont pas un gage de ce qu’il sera plus tard. La seule sûreté pour un croyant est de rester dans la dépendance et dans la crainte de Dieu, jour après jour, se confiant dans sa grâce.
Satan est menteur et meurtrier dès le commencement. Jusqu’ici le péché avait revêtu la forme de la violence mais maintenant il se montre sous l’aspect de la corruption, du mensonge et de l’hypocrisie, armes plus redoutables que la violence. Tous les saints sont sujets à des manquements, d’un effet localisé sans doute mais qui requiert de leur part un exercice quotidien de confession à Dieu. Ces manquements causent bien sûr du dommage, mais après notre repentir sincère, Dieu peut agir positivement sur notre âme, pour y produire le bien. Dieu ne sème pas comme nous au milieu des épines.
Mais ici le péché menace la vie de la collectivité. C’est un exemple solennel de péché à la mort. Il est remarquable de penser que si l’on nous avait demandé de prévoir le péché fondamental par lequel Satan chercherait à détruire l’Église, nous n’aurions pas pensé à ce demi-mensonge (calcul intérieur, duplicité du cœur). Chez les fidèles, l’égoïsme était banni du cœur. Chez Ananias il n’en est pas de même. Il désire garder une part de l’argent, tout en laissant croire qu’il donne le tout.
Tu conserveras l’argent tout en acquérant une bonne réputation, lui suggère l’Ennemi. C’est un péché à la mort (1 Cor. 11. 30 ; 1 Jean 5. 16). Il entraîne la mort gouvernementale du corps ; ce croyant est devenu impropre pour le témoignage, Dieu intervient et le retire. Grande est la responsabilité de l’assemblée à l’égard du péché. Si la discipline convenable n’est pas exercée, le Seigneur intervient et retire celui à l’égard duquel l’assemblée n’a pas fait son devoir. Des frères spirituels pourront garder la certitude intérieure que Dieu est intervenu.
Ananias met en péril la qualité du témoignage. Veillons à ne pas montrer un niveau spirituel qui n’est pas en réalité le nôtre. Si nous nous tenons dans la présence de Dieu, nous ne courrons pas ce risque et nous aurons même une sainte horreur de paraître ce que nous ne sommes pas. Que Dieu nous garde d’entraîner un croyant à une activité quelconque : témoignage, service. Ne connaissant pas son niveau spirituel réel, n’ayant pas à son égard un amour intelligent, nous risquons de lui nuire, de fausser toute sa vie.
La sphère du témoignage doit être telle que des âmes qui aiment Dieu et qui sont en règle avec Lui puissent y trouver leur bonheur, tandis que les autres seront dans la crainte. Ainsi l’Assemblée doit être à la fois un centre d’attrait et un objet de crainte (Act. 5. 13 à 15). Trop de familiarité ou trop d’effroi au sujet de l’Assemblée de Dieu est une chose anormale. Dieu est amour – caractère qui attire les cœurs – mais il est aussi lumière et la lumière donne de la crainte.
Tous ceux qui entrent dans le témoignage doivent avoir la vie de Dieu. Ce n’est pas l’âme qui a le plus de connaissance, mais celle qui aime Christ qui fera le plus de progrès. Être attaché à Jésus voilà le secret d’une marche fidèle.
Quand Il était sur la terre avec ses disciples, le Seigneur leur donna avant tout cet enseignement important : « Tenez-vous en garde contre le levain des pharisiens qui est l’hypocrisie » (Luc 12. 1).
Ananias et Sapphira croyaient que les pensées de leur cœur resteraient toujours cachées. Mais tout ce qui est caché sera révélé, soit dès ici-bas, soit du moins devant le tribunal de Christ. Dieu désire que notre témoignage extérieur soit le reflet de notre être intérieur. L’homme regarde à l’apparence extérieure, mais Dieu regarde au cœur, personne ne peut le tromper.
Le Seigneur est au milieu de l’assemblée, c’est de Lui qu’elle reçoit la valeur de sa position. La vérité n’est pas un ensemble de dogmes, quelque chose d’abstrait, mais c’est tout ce qui concerne Christ. Sentir en présence de Dieu notre infidélité, est une forme peu élevée de la vérité, mais une forme tout de même de cette vérité.
Si nous sentons que bien des choses ne sont pas convenables dans l’assemblée qui doit être devant Dieu la colonne et le soutien de la vérité, il nous faut le confesser avec humiliation et Dieu l’appréciera. Le comble de l’aveuglement, c’est de voir l’Église, après toutes ses infidélités, prétendre qu’elle est l’Église de Dieu.
Nous n’avons jamais eu l’intention de rétablir l’Église du commencement, ont pu dire nos devanciers. Mais ils ont mené deuil sur son état de ruine et s’en sont humiliés. Devant une telle attitude, le Seigneur peut retenir son jugement.
Maintenir le caractère de l’Assemblée en réalisant la présence de Dieu au milieu d’elle est fondamental. Ananias et Sapphira ont pensé qu’ils avaient seulement affaire à des hommes. Si nous cherchons à être approuvés par les hommes, nous ne serons pas sur le terrain de l’Assemblée. C’est l’habitation de Dieu ; si nous l’avons compris, notre marche pratique sera exercée en vue de la sainteté.
Il est remarquable que les deux difficultés survenues dans l’Église au commencement aient été relatives à des questions matérielles. Dans sa pauvreté, Pierre répond au boiteux qui lui demandait l’aumône : « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne » (Act. 3. 6). Le travail de Dieu s’accomplit indépendamment des ressources matérielles. Sans doute Dieu prend plaisir à de tels sacrifices, mais le témoignage ne vit pas de cela, le service ne s’exécute pas par ce moyen.
Dans la scène qui ouvre ce chapitre, la pureté des affections pour Dieu a failli être altérée. La chair par ses désirs souille. Elle n’est jamais aussi dangereuse que revêtue d’un manteau religieux. Elle est moins à craindre dans ses manifestations grossières. Si quelqu’un avait manqué de discernement spirituel, il aurait dit : Ananias et Sapphira, quels gens vertueux ! La chair religieuse est louée et flattée, on lui attribue un caractère entièrement opposé au sien.
Soyons exercés pour ne pas frustrer Dieu de sa gloire. Voilà une pensée qui doit diriger particulièrement les frères qui agissent dans l’assemblée. Puissions-nous faire ce que Dieu veut et rien d’autre. Ce sera la source d’un profond bonheur. Nous connaîtrons la communion et l’approbation de Dieu. Les disciples, simples et humbles, s’oublient eux-mêmes, ils sont tout occupés à chercher la gloire de Dieu.
Quel contraste saisissant entre le cœur des disciples (rempli du Saint Esprit) et le cœur d’Ananias (rempli de Satan). C’est l’Ennemi qui, en produisant en eux l’amour de l’argent, est à l’origine de leur fraude. La Parole, contrairement à ce que nous aurions sans doute tendance à faire, n’affaiblit pas la portée de cet acte. Ils avaient dans leur cœur une idole qu’ils n’avaient pas combattue. « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21). Il est toujours dangereux de nourrir une idole (amour de l’argent, amour de la gloire). Satan est derrière la scène. Nous découvrons souvent un tel état à l’origine des égarements doctrinaux.
Le service lui-même pourrait devenir une idole. L’apôtre Paul ne dit pas : Pour moi, vivre c’est servir, mais « Pour moi, vivre c’est Christ ». Et pourtant quel service que le sien ! Mais il n’y avait pas dans son âme de brèche par laquelle Satan pouvait avancer la pointe de son épée. En Jésus, notre modèle, la chair n’existait pas. Qui a été humble comme Lui, quel cœur a été plus attaché à Dieu ? Quand Satan a voulu le détourner de sa route par des choses agréables ou terribles (Gethsémané), Jésus dans son obéissance parfaite a triomphé.
L’Ennemi cherche donc à détourner les fidèles par deux sortes d’embûches : il leur présente de grands obstacles dans le chemin (persécutions ou difficultés) et des choses agréables à côté du chemin. Ses ruses sont plus dangereuses que ses violences parce que nous savons parfois si peu les discerner. Ces exhortations ne sont pas pour nous décourager, mais elles sont pour notre instruction. Nous pouvons compter sur Dieu dans le chemin, si nous désirons l’avoir avec nous.
Ses ressources sont infinies quand nous confessons nos manquements et que nous Lui donnons gloire. « Il est fidèle et juste pour nous pardonner » (1 Jean 1. 9). Mais si notre cœur est endurci, il ne reste place que pour le jugement. « Pour ce péché-là, je ne dis pas qu’il demande… » (1 Jean 5. 16). Dans le cas d’Ananias et de Sapphira le jugement était nécessaire parce qu’ils n’étaient plus propres à rendre témoignage et aussi pour le bien de toute l’assemblée afin de garder ceux qui auraient pu broncher à leur tour.
Cette discipline a deux grandes conséquences. D’abord elle a en vue la restauration du coupable (mais ici, dans ce cas particulier, nous ne la trouvons pas, car il est retiré de ce monde). Puis la purification de l’Assemblée. Une grande crainte s’empare de tous, les âmes réalisent que Dieu habite au milieu de la congrégation. Il se produit un grand déploiement de puissance spirituelle. Des personnes de l’extérieur qui auraient voulu se joindre au témoignage s’en vont. Elles n’y avaient pas leur place, elles ne peuvent supporter la sainteté de la présence de Dieu. D’autres au contraire sont attirées.
Les choses ne sont pas réglées dans l’assemblée du fait qu’une personne qui marchait dans le péché ne vient plus au rassemblement. Il faut que l’assemblée se purifie en « ôtant le méchant » du milieu d’elle (1 Cor. 5) et qu’elle exerce la discipline vis-à-vis du pécheur impénitent. Nous comprenons quelle importance cela donne aux chrétiens – ne seraient-ils qu’une poignée – qui vivent sur le terrain de la vérité pratique, glorifiant ainsi le Seigneur. On a pu le dire : quelques âmes décidées, attachées au Seigneur valent mieux qu’un millier de traînards. La qualité spirituelle et morale des âmes est essentielle dans le témoignage.
La crainte de Dieu est une vérité d’une importance exceptionnelle dans toute l’Écriture. Joignons à un saint tremblement la confiance et le sentiment de la gloire de Dieu. Nous sommes si versatiles, que l’approbation ou la désapprobation de notre entourage risque d’avoir de l’influence sur nos cœurs. Mais si nous avons la crainte de Dieu, il aura la première place dans nos cœurs. Le besoin pressant qu’une âme a de Christ est le meilleur des indices d’un état spirituel satisfaisant. Je cherche mon Seigneur et je ne sais où on l’a mis (voir Jean 20. 13). Dans un tel cœur, au milieu du sommeil environnant, les affections sont vivantes.
Nos conducteurs ont reçu des menaces et des offres, mais ils n’avaient devant eux qu’un objet, Christ ; et leur carrière s’est poursuivie. Quand un chrétien souffre selon Dieu, il en parle au Seigneur, il est gardé dans un bon état. Nous ne sommes pas l’Assemblée, mais l’assemblée locale a la responsabilité d’être l’expression de l’Assemblée universelle qui comprend tous les croyants mais ne contient pas un seul professant.
Dans les jours de ruine où nous sommes parvenus, il faut, comme aux jours d’Esdras, montrer sa généalogie. Il faut veiller à ce que ne pénètre pas dans l’assemblée quelqu’un qui n’ait pas la vie de Dieu. Nous devons nous recevoir, certes, mais à la gloire de Dieu (Rom. 15. 7).
À cette époque, la Parole nous dit que « d’entre les autres, nul n’osait se joindre à eux » (Act. 5. 13). Remarquons le contraste des deux expressions : « les leurs » désignant ceux de l’assemblée et « les autres » ceux du dehors. Il y avait une telle lumière dans le rassemblement des saints que ceux qui n’étaient pas de Dieu n’osaient pas se joindre à eux. Mais « des croyants d’autant plus nombreux se joignaient au Seigneur » (v. 14).
Ils ne le faisaient pas pour la simple raison que les habitudes de ceux qui se trouvaient dans ce milieu leur plaisaient, mais parce qu’ils avaient compris que le Seigneur était là. Toute pression que nous exercerions sur quiconque serait donc mauvaise. Il faut laisser s’écouler le temps nécessaire pour que l’exercice soit produit, Dieu donnant de la lumière. Ne cherchons pas à précipiter les choses.
Si le Seigneur venait ce soir, est-ce que tous ceux qui font partie du corps extérieur de l’assemblée et qui ont joui de privilèges extérieurs partiraient avec Lui ? Nous avons donc eu des défaillances.
L’Assemblée (de Dieu plutôt que des saints) est une habitation de Dieu par l’Esprit. C’est le grand enseignement qui se dégage de tout cela. C’est le chef de maison qui donne à la maison son caractère, et s’il y a du désordre, il rejaillira sur lui. Ananias et Sapphira ont joué avec les vérités de Dieu et ils l’ont payé de leur vie ; d’autres pourront le payer de leur salut éternel.
« Ceux qui me méprisent, seront en petite estime » (1 Sam. 2. 30). Dans la chrétienté, nous entendons dire que n’importe qui peut prendre la cène sous sa propre responsabilité. C’est ignorer ou braver l’Écriture. Nous comprenons l’incalculable importance du témoignage. Mais si Dieu ne veillait sur nous, nous aurions tous sombré dans le grand courant chrétien.
La culpabilité des uns n’établira pas l’innocence des autres. Tous les frères et toutes les sœurs sont responsables à l’égard de l’assemblée et de ceux qui sont spécialement en danger de broncher.
C’est aussi par le moyen d’un mensonge (péché d’Acan) que Satan a cherché à détruire le peuple de Dieu dès son premier pas sur la terre promise (type des lieux célestes).
Une assemblée ne peut pas vivre si ceux qui la composent sont plongés dans l’indifférence. Dieu ne permet pas que les choses aillent toutes seules. Si la négligence, la nonchalance, le laisser-aller sont des attitudes coutumières, Dieu produit des exercices pour nous délivrer d’un si mauvais état.
Nous ne saurions trop insister sur l’importance de la prière individuelle et collective. Si nous priions chaque jour pour le bien de l’assemblée, des changements s’accompliraient sans même que nous nous en rendions compte. La vie de l’assemblée n’est pas une succession de dimanches, mais une suite de jours avec tous les exercices que cela comporte.
Une des assemblées les plus connues au siècle dernier était celle de Plymouth en Angleterre. L’amour y coulait à flots et on la citait en exemple ; elle servit même à désigner les frères. Mais la paresse aidant, il s’y introduisit des désordres très graves. Le travail de l’Ennemi y fut tel qu’il ne devint plus possible à un fidèle de continuer à en faire partie.
Nous connaissons des cas précis où un mal grave a été porté à la connaissance d’un frère par le Seigneur. L’idée d’une visite par exemple s’était imposée de façon pressante à l’esprit de quelqu’un ; la visite fut faite, au cours de laquelle la personne visitée fut amenée à confesser des fautes jusqu’alors complètement cachées. Nous voyons comment Dieu prend soin de son assemblée.
Ici, les frères apportaient franchement leurs biens. Ananias avait été témoin de tout ce travail de la grâce, mais il n’avait pas rejeté malgré cela l’idole qui était dans son cœur. Certains actes sont pour des frères le fruit d’un travail intérieur accompli par Dieu. Mais d’autres les imitent sans être passés par les mêmes exercices.
Ananias n’a peut-être pas voulu se singulariser en étant le seul à ne rien apporter. L’ennemi lui a suggéré un moyen terme, lui laissant croire que les choses pourraient très bien aller ainsi. Mais Pierre, dirigé par Dieu, met le doigt sur la racine du mal. Sapphira n’avait pas su se séparer de son mari dans cette iniquité. Elle est frappée comme lui.
« Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons affaire ». Gardons donc devant Dieu une bonne conscience (1 Tim. 1. 5).
D’après Études à La Rochelle 1961