
Hébreux 13. 13 et 14.
2 Timothée 2. 19 à 22.
Jean 5. 1 à 5.
Le sujet qui est proposé aujourd’hui à notre méditation, à nos entretiens, est d’un très grand intérêt pratique ; il intéresse, en effet, notre vie pratique individuelle et la vie pratique des assemblées.
Nous sommes placés au sein de la chrétienté, nous en faisons partie ; ce serait une erreur de croire que nous sommes en dehors de la chrétienté ; ce serait également une erreur de croire qu’il n’y a des enfants de Dieu que parmi ceux qui se rassemblent avec nous autour du Seigneur, autour de sa table.
Il faut nous rappeler que l’assemblée universelle est composée de tous ceux qui sont nés de nouveau, de tous ceux dans lesquels la Parole et l’Esprit de Dieu ont opéré et qui sont ainsi placés dans une position nouvelle devant Dieu, le connaissant comme un Père.
Il y a des enfants de Dieu dispersés dans ce monde, dans de multiples dénominations chrétiennes, au sein de la profession chrétienne précisément, et avec eux se trouvant bien d’autres personnes qui portent peut-être le nom de Christ mais qui n’ont pas autre chose qu’une profession chrétienne. Il y a une distinction à faire dans la chrétienté entre la simple profession sans la vie et la profession qui est accompagnée de la vie.
Il n’y a pas de milieu chrétien, même pas de témoignage constitué par la grâce de Dieu qui puisse penser que lui seul groupe tous les enfants de Dieu, c’est-à-dire ceux qui possèdent la vie de Dieu. Il faut donc que nos cœurs soient assez larges pour embrasser dans nos affections tous ceux auxquels nous sommes unis par des liens indestructibles, tous ceux qui ont une même foi un même Sauveur et une même espérance et cela quel que soit le degré de leur connaissance et de leur développement spirituel.
Il peut se faire que bien des croyants dans des dénominations chrétiennes soient peu avancés dans la connaissance de la vérité, qu’ils connaissent simplement les vérités du salut, peut-être même ne jouissent-ils pas du salut, ils n’en sont pas moins des enfants de Dieu ; et quand, le premier jour de la semaine nous rompons le pain à la table du Seigneur, nous sommes heureux d’embrasser dans .nos pensées, en rompant le pain, la multitude des croyants dispersés dans maintes dénominations chrétiennes et qui font partie du seul corps dont nous parle le pain qui est sur la table, puisqu’ils sont lavés dans le sang de Christ.
Que nos cœurs soient assez larges, soyons gardés de tout esprit sectaire, aimons les enfants de Dieu où qu’ils se trouvent ! Il peut y avoir et il y a des degrés de communion, mais que nos cœurs réalisent que nous sommes une même famille, que « le Saint Esprit, le Fils, le Père, à notre foi tout est commun ».
L’écueil sur lequel nous venons d’arrêter notre attention c’est celui de ne pas voir les enfants de Dieu dans toutes les dénominations chrétiennes et de manifester un certain sectarisme. Que nous soyons gardés de tout esprit sectaire ! que nos cœurs soient larges !
Mais il y a un autre écueil : c’est que nous nous laissions entraîner par les sentiments de nos cœurs – sentiments qui sont selon Dieu, qui découlent de la possession de la vie de Dieu car « quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui » – ce qui pourrait nous faire perdre de vue les vérités concernant le témoignage, la position dans laquelle la grâce de Dieu nous a placés et tout ce qui découle de cette position de témoignage.
Celle-ci nous est donnée absolument par grâce, par pure grâce, et Dieu fasse que nos cœurs soient gardés de s’enorgueillir de la part qui nous a été ainsi faite. Il n’y a là, en effet, aucune gloire pour nous, aucun mérite pour nous ; nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Soyons gardés de le penser !
Il peut y avoir des chrétiens beaucoup moins avancés dans la connaissance de la vérité et qui manifestent beaucoup plus de piété que nous-mêmes. Soyons gardés de toute pensée d’orgueil, mais apprécions les vérités concernant le témoignage et la position du témoignage ; c’est la grâce de Dieu qui nous invite à cela et que la marche pratique, individuelle et collective, corresponde à une telle position !
Mais comment maintenir, dans la vie pratique individuelle et dans la vie de l’assemblée, des rapports selon Dieu avec les croyants qui nous entourent et qui font partie de telle ou telle dénomination chrétienne ? Les deux écueils sont devant nous : d’une part, manquer d’amour pour eux, d’un amour selon Dieu, et, d’autre part manifester, au contraire, dans notre marche, une largeur de vue qui ne correspondrait pas à l’enseignement de la Parole et perdre ainsi de vue la position de séparation dans laquelle la grâce de Dieu nous a placés et qui est selon Dieu et les enseignements de la Parole de Dieu.
On a résumé ces pensées dans une expression souvent employée : « le fidèle doit marcher dans ce monde dans un sentier étroit avec un cœur large ». Voilà le principe qui définit nos rapports avec les croyants de toutes les dénominations chrétiennes. Mais il faut appliquer le principe, et c’est dans l’application de ce principe que se posent les difficultés de tous les jours, pourrait-on dire, et que nous avons besoin de sagesse, de discernement spirituel ; nous avons besoin d’être dépendants, d’être-gardés, d’être conduits.
Différents passages ont été proposés à notre méditation pour examiner ce sujet ; d’autres pourront être proposés également au cours de nos réunions. Nous désirons dépendre de Dieu, être conduits par son Esprit et si, dans la dépendance de l’Esprit, d’autres passages sont proposés, nous nous y arrêterons pour les considérer, car nous désirons trouver et présenter l’enseignement de la Parole de Dieu sur ce sujet d’un grand intérêt pratique.
Rappelons tout d’abord ce que chacun doit savoir, c’est que l’Église a été formée à la suite de la descente du Saint Esprit et par cette descente même, elle n’a pas commencé avant que le Seigneur fût présent comme homme à la droite de Dieu, et ceci lie l’Église à un Christ céleste. C’est la base de toutes les vérités qui caractérisent l’Église : l’Église est céleste et c’est bien faute d’avoir gardé cela dans son cœur qu’elle a pris un visage et un caractère terrestres.
Au commencement de l’Église, nous voyons un moment de son histoire où elle brille d’une manière éclatante ; ils étaient un petit nombre portant les caractères de la beauté morale de l’Église, sans tache. Et si nous voulons percevoir réellement ce qu’est la situation actuelle, et en tirer les conséquences, il ne faut rien moins que nous reporter à cette origine pratique de l’Église, dépeinte dans le début du livre des Actes. Rien ne montre mieux la déchéance.
Ceux qui la formaient à ce moment-là étaient, dans l’ensemble, des Juifs, sortis du judaïsme. Nous savons aussi que pendant un certain temps, il y a eu des chrétiens qui pratiquaient à la fois le judaïsme et le christianisme, et que même des docteurs enseignaient qu’il fallait garder le judaïsme. C’est pourquoi nous avons l’exhortation dans Hébreux 13 : « Sortons vers lui hors du camp ».
Mais cette expression-là ne s’adresse pas seulement aux juifs devenus chrétiens, car l’histoire de l’Église, depuis son origine, montre très clairement hélas ! trop clairement- qu’elle est devenue un camp. Ainsi, l’appel s’adresse aux fidèles dans le temps actuel, comme d’ailleurs dans d’autres temps à sortir du camp.
L’Église est devenue un camp, non pas le camp juif, mais le camp chrétien et l’expression, ne l’oublions pas, a avant tout une portée religieuse beaucoup plus que proprement mondaine, bien que les deux soient étroitement liées. Eh bien, au cours des siècles, il y a eu des fidèles qui sont sortis du camp, individuellement, mais il doit être difficile, historiquement parlant, de découvrir une réponse collective a cet appel à sortir du camp sauf toutefois la réponse que Dieu a produite au siècle dernier.
Il y a eu, a ce moment-là, une réponse collective caractérisant un groupe de témoins bien défini dans l’histoire et bien défini dans l’Écriture, un groupe de chrétiens qui, ayant des oreilles pour entendre ce que l’Esprit disait, ont réalisé ensemble ce que c’était que sortir du camp. C’est le réveil que le Seigneur a suscité au siècle dernier, et qu’aucun frère, aucune sœur, si vraiment il a conscience de ce qu’il est, ne devrait ignorer et dont il ne devrait pas ignorer la portée.
Il est impossible d’’admettre qu’un frère ou une sœur puisse déclarer qu’il aime le Seigneur s’Il ne s’enquiert pas avec soin de ce témoignage que le Seigneur a produit au siècle dernier et dont la présence de ce frère ou de cette sœur dans le rassemblement est extérieurement la continuité ; je dis extérieurement.
On voit, dans le monde, chez tous les peuples et dans les familles, une diligence soutenue, pour s’enquérir des faits marquants, importants de la famille ou du pays ; on nous a appris les grands faits, de l’histoire de notre pays, chacun de son pays ; on a soin de nous lier à cela ; on sait que l’état d’un peuple est lié à cette connaissance. Un peuple, pratiquement, ne subsiste pas sans cela, il n’aurait pas d’unité morale ni de continuité dans l’histoire.
Eh bien, c’est un fait peut-être douloureux à placer devant notre méditation, que nous, chrétiens qui faisons partie du témoignage, nous ne montrons, pas la même ardeur (qui est, au fond, une ardeur des affections, une ferveur des affections pour savoir ce que le Seigneur a fait, relativement au témoignage, pour connaître son travail et savoir, par conséquent, la position qui est la nôtre aujourd’hui).
Et cette étude aurait pour effet de produire de la diligence pour sonder la pensée du Seigneur dans l’Écriture et aussi pour considérer ce que le Seigneur a fait dans les temps qui nous ont précédés. Il en résulterait certainement du profit, non seulement pour chacun, mais pour le témoignage tout entier.
Une autre pensée, liée à celle-là et qui est une vérité qui traverse toute l’Écriture, c’est que nous sommes devant Dieu, devant le Seigneur, responsables non pas seulement dans ce que nous réalisons d’un vrai christianisme mais, également responsables de la position extérieure que nous avons. Un frère, une sœur, et même à un autre degré quelqu’un qui suit les réunions simplement, fidèlement, est responsable de la position qu’il a dans le témoignage ; il est plus responsable que quelqu’un qui n’a jamais vécu dans le témoignage et qui n’en a jamais eu connaissance.
Nous serons toujours jugés d’après notre position extérieure ; même le serviteur incrédule, comme il est écrit, est appelé serviteur, pourtant c’était un incrédule ; il sera jugé comme serviteur car il a prétendu être un serviteur : Tu t’es réclamé de mon nom comme étant le nom de ton maître, tu seras jugé d’après la position même que tu as réclamée. C’est un principe absolument universel.
Par conséquent, nous, frères, nous sommes responsables selon la position où nous nous trouvons ; et nous sommes les descendants de ceux qui nous ont instruits ; nous sommes donc responsables de savoir ce qu’ils nous ont enseigné ; d’autant plus que ce que nos conducteurs nous ont enseigné n’est pas une chose qui a jailli à ce moment-là comme fruit d’une révélation nouvelle qui leur aurait été donnée ; en aucune manière ; nos conducteurs nous ont instruits en nous faisant remonter au point où le Seigneur les a fait remonter, c’est-à-dire au commencement.
Si on trouve que le christianisme commence à vieillir et que le témoignage commence à vieillir ! le témoignage n’a pas 150 ans ; quant aux vérités du témoignage selon le Seigneur elles en ont bientôt deux mille, mais elles restent aussi jeunes qu’au premier jour !
Le peuple d’Israël est appelé un camp et cette expression correspond à la position du peuple rangé comme une armée autour du tabernacle. Ce caractère d’Israël s’est conservé ; en fait, jusqu’à la croix ; moralement, il prend fin à la croix. Nous savons toutefois qu’il s’est poursuivi encore un peu après, en réponse à l’intercession du Seigneur sur la croix, mais, effectivement, ce caractère a cessé d’exister comme reconnu de Dieu après la lapidation d’Étienne.
Ayant rejeté le témoignage d’Étienne, Israël est mis de côté et, dès lors, les vérités concernant l’assemblée, cette assemblée dont l’existence a commencé le jour de la Pentecôte vont être pleinement révélées par le ministère de Paul. Dès ce moment, c’en est fini du camp comme témoignage de Dieu sur la terre : il n’est plus question du peuple rassemblé autour du tabernacle par des cérémonies extérieures, mais il est question d’âmes à rassembler autour de Christ ; il est question d’un berger qui rassemble son troupeau, il est question d’un rassemblement par la puissance de l’Esprit de Dieu.
Et la pensée de Dieu est définie par ces mots : « Sortons vers lui hors du camp ». Dans le domaine chrétien, comme cela a été rappelé tout à l’heure, l’homme a fait un camp ; alors que Dieu a mis de côté tout ce qui caractérise le camp et a établi un ordre de choses nouveau, un rassemblement par la puissance de l’Esprit.
L’homme a fait un camp et ce camp est dans la chrétienté : un monde religieux, un domaine dans lequel on entre par des cérémonies extérieures, par une profession de foi, un domaine dans lequel on peut entrer sans être né de nouveau et dans lequel convertis et inconvertis sont mis sur le même pied. Voilà ce qui caractérise le camp aujourd’hui ; voilà quels sont les caractères généraux du camp.
Eh bien, Dieu désire avoir un témoignage au sein de ce monde et au sein de la chrétienté. Il adresse un appel aux âmes à sortir vers Christ, car Christ est le centre qui rassemble des témoins pour constituer un témoignage : « Sortons vers lui ». Les âmes sont appelées à sortir vers Christ, car Christ est le centre qui rassemble des témoins pour constituer un témoignage : « Sortons vers lui ».
Les âmes sont appelées à sortir parce que la puissance de Christ et du nom de Christ les attire, et si le nom de Christ attire l’âme, c’est parce que l’Esprit a opéré, a travaillé dans le cœur, de sorte que l’Esprit rassemble ainsi les âmes autour de Christ, et c’est là le témoignage. « Sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ». Il a été méprisé dans ce monde, il l’est encore et nous serons méprisés comme il l’est lui-même.
Cet appel de Hébreux 13. 13 a retenti d’une manière tout à fait particulière il y a un peu plus d’un siècle, et nos devanciers sont sortis « vers lui hors du camp ». Il faut penser quelquefois à ce qu’ont pu être leurs exercices pour réaliser cette position de séparation à laquelle nous attachons quelquefois peu de prix et peu de valeur.
Pensons à ce que cela a dû être pour nos devanciers, qui se trouvaient effectivement dans le camp et chez lesquels l’Esprit de Dieu a travaillé, opéré pour les amener à sortir vers Christ hors du camp. Il y a eu certainement des luttes, des combats, des douleurs.
Mais quand la puissance de l’Esprit de Dieu opère, il y a ce qui permet de passer sur tout ce que le cœur peut éprouver et la fidélité à Christ prime tout ; et c’est ce qui a conduit nos devanciers à sortir vers lui hors du camp pour réaliser pratiquement la position de témoignage que Dieu enseigne aux siens. Car, la pensée de Dieu, c’est que les siens dans ce monde soient ses témoins et ce qu’il voudrait c’est que tous ceux qui possèdent la vie divine sortent vers Christ hors du camp, portant son opprobre.
Lorsque nous disons qu’il serait d’un grand profit que les frères et sœurs considèrent de près ce qu’a été le travail du Seigneur, dans les générations d’origine du témoignage en particulier, nous ne nous écartons pas de l’Écriture ; l’esprit général de l’Écriture confirme cela, et ce même chapitre nous parle de nos conducteurs dont nous avons à imiter la foi ; nous souhaitons donc que l’examen de ce qu’a été la naissance du témoignage soit l’objet du désir de beaucoup.
Remarquons bien que cet appel à sortir du camp et les expressions analogues ne sont pas avant tout des développements doctrinaux, mais bien, d’abord, des appels que l’Esprit adresse au cœur et à la conscience. Et la façon dont on y répond ou dont on n’y répond pas est révélatrice du vrai état du cœur à ce moment-là.
Beaucoup de chrétiens ont entendu le cri : « Sortons hors du camp » que des fidèles ont fait retentir non pas avant tout en développant la doctrine, mais en marchant suivant la doctrine qu’ils avaient connue (c’est l’appel vécu) pourquoi, à ce moment-là, tous les chrétiens et il y a eu des hommes extrêmement dévoués et pieux, dans beaucoup de milieux – pourquoi n’ont-ils pas suivi un appel qui n’est pas un appel d’homme ? Il n’est pas dit : sortez vers tel ou tel ; mais « sortons vers Christ hors du camp ».
Pourquoi ne sont-ils pas sortis ? Dieu le sait. Et il en est ainsi dans toutes les générations, et cela de beaucoup de manières ; l’un reçoit dans son cœur avec profit une parole, un appel, une exhortation, un enseignement, et sur l’autre la même parole passe sans effet : c’est révélateur de l’état de l’âme de l’un et de l’autre.
Nous pouvons encore remarquer que si nos devanciers ont écouté cet appel à sortir hors du camp il nous faut peut-être aujourd’hui lancer un appel à veiller pour ne pas y rentrer ! Ne retournons pas dans le camp, restons dehors !
Une autre remarque : c’est que dans l’épître même où nous trouvons l’appel « Sortons hors du camp », il est dit « entrez dans le ciel même », et c’est bien là les deux caractères fondamentaux de la position de tout vrai croyant : entrer dans le ciel même et y demeurer ; et, il est impossible de réaliser l’entrée et l’habitation dans le lieu saint, avec ce que cela comporte, si on ne sort pas en même temps du camp et si on ne reste pas dehors.
Le lieu très saint et la position hors du camp se touchent ; et c’est une vérité extrêmement importante pour la vie morale et la vie spirituelle, non seulement des individus, mais des assemblées.
Notre position est liée au fait que, d’une part, Christ a souffert hors de la porte, rejeté du camp, et que, d’autre part, il est entré dans les lieux saints pour nous, nous ayant acquis une rédemption éternelle ; la position du croyant maintenant découle de ce grand fait qu’il est appelé à sortir vers Christ hors du camp et à entrer dans les lieux saints, à jouir de ce fait que sa position est dans les lieux célestes.
Ce côté céleste du christianisme est extrêmement important et on peut dire qu’il n’est guère connu dans le camp ; on pourrait même peut-être aller jusqu’à dire qu’il est méconnu. Il y a peut-être, dans le camp, de très belles apparences, un beau christianisme terrestre, la Parole de Dieu n’est pas rejetée, on l’accepte sur bien des points – pas sur tous – car on se réunit suivant des règles humaines, il y a un ministère qui est un ministère établi par l’homme, tant de choses qui sont en fait une désobéissance à la Parole, une méconnaissance de ce que la Parole nous enseigne.
Il n’y a donc qu’une acceptation partielle de la Parole ; et la connaissance et la jouissance de la position céleste du croyant, de la position céleste de l’assemblée et de tout ce qui découle d’une telle position est pratiquement méconnue. Or, ce sont des choses importantes que la Parole nous révèle et que le croyant est appelé à réaliser en sortant vers lui hors du camp.
Pratiquement, c’est le Saint Esprit et la Parole de Dieu qui ornent les chrétiens – un groupe de chrétiens – à trouver ainsi sa vie spirituelle dans les lieux célestes.
Il faut rappeler cela aujourd’hui dans les assemblées, parce que la tendance universelle, du fait de la faiblesse, est de ne penser qu’à un christianisme terrestre, à ce que l’on fera sur la terre on ne pense guère qu’au service terrestre ; il y en a un, ce n’est pas le premier et ce n’est pas ce qui est la source de tout.
La réalisation pratique sur la terre du fait de sortir vers lui du camp conduit, de toute évidence, au lieu ou il a promis sa Présence.
De là l’importance de cette merveilleuse parole qui, précisément, au siècle dernier a été mise beaucoup en avant et à propos de laquelle il y a eu bien des échanges de pensées. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » ; on ne pouvait pas pardonner à nos conducteurs de mettre en avant à ce point là, et ils ont répondu : ne voyez-vous pas que c’est une parole qui est valable pour tous les temps, quelque grande que soit la ruine.
Rien d’organisé, aucune organisation ecclésiastique : le témoignage des derniers jours n’a pas de prétention ecclésiastique mais se caractérise par la recherche et la découverte de Christ quand tout est en ruine.
Le camp a été un ensemble de choses juif, il faut le dire, institué par Dieu pour mettre l’homme à l’épreuve, pour montrer si le peuple juif – une classe d’hommes choisis, soignés et entourés de privilèges – c’était le peuple d’Israël dont Dieu s’occupait spécialement au milieu du monde – porterait des fruits. Dieu voulait, en lui donnant d’immenses privilèges (les prophètes, la Parole) montrer si l’on pouvait tirer, de l’homme quelque bien.
Il y avait là des sacrificateurs et des rapports du peuple avec Dieu. Il y avait des instructions divines, celles-ci étaient indirectes et incomplètes, ce que démontre le fait que le voile n’était pas déchiré, mais malgré cela les juifs avaient des rapports avec Dieu qu’ils étaient les seuls à avoir. C’était une mise à l’épreuve, elle s’est liquidée à la croix, c’est fini, on n’en parle plus.
Eh bien, la grave prétention du camp chrétien, son grave péché, à quelque degré qu’il se présente – et il peut se trouver même dans une assemblée si elle prend le caractère du camp et oublie ce qu’est l’assemblée aux yeux de Dieu – ce grave péché est celui-ci, d’avoir oublié que le monde religieux aussi bien que le monde dans sa généralité a été moralement jugé définitivement à la croix, c’est d’avoir rétabli, sous l’étiquette chrétienne, ce dont Dieu avait dit : c’est fini.
C’est une offense à Dieu qui est là, permanente à ses yeux, et que les témoins appelés par le Seigneur ont sentie et à propos de laquelle ils ont mené deuil toute leur vie. Ils ont dit : où y a-t-il un chemin, en face de cette offense, de cet outrage aux yeux de Dieu que constitue le fait de rétablir devant lui une chose qu’il a condamnée et de laisser croire, d’une façon plus grave que celle de Caïn qu’on peut faire quelque chose quand Dieu a dit qu’on ne pouvait rien faire, où est le chemin à suivre pour être agréable au Seigneur ? Le chemin, c’était de quitter tout cela ; c’est toujours le même.
Toutes les fois que, dans une assemblée ou dans notre vie personnelle, dans nos rapports entre nous et dans les assemblées, dans le témoignage, toutes les fois que nous faisons quelque chose qui a l’air de donner à l’homme du crédit, de la valeur, de la capacité à produire du fruit, nous reprenons dans ces choses-là l’esprit du camp, l’esprit de Caïn. Cela va très loin.
Dieu en a assez de l’homme, et le fidèle, aussi, en a assez.
Prenons garde que nos affections, notre amour pour les enfants de Dieu qui peuvent se trouver dans. le camp, ne nous conduisent pas à perdre de vue le véritable caractère du camp et de ce qu’il est aux yeux de Dieu.
On a insisté sur la double action de la Parole et de l’Esprit de Dieu. On ne saurait trop insister sur cette double action de la Parole et de l’Esprit, elles vont de pair non seulement pour apporter la vie nouvelle mais aussi pour former le croyant, l’instruire, l’enseigner. Elles vont de pair dans l’assemblée. Eh bien, ce côté est-il retenu dans la chrétienté ?
Nous ne voulons pas dire, certainement, que l’Esprit de Dieu n’agisse pas dans le camp. L’Écriture nous enseigne que l’Esprit souffle où il veut ; mais y a-t-il dans le camp la reconnaissance du ministère de l’Esprit, de la dépendance de l’Esprit dans tout ce qui règle la vie du rassemblement ?
Est-ce qu’il n’y a pas, au contraire, le service de l’homme, un service préparé, organisé à l’avance suivant des rites reconnus, suivant un ordre de choses organisé de telle manière qu’effectivement il n’y a pas la libre action de l’Esprit, par le moyen de la Parole afin que soient apportées dans le rassemblement édification, exhortation et consolation selon les enseignements même de cette Parole ? C’est encore un des caractères du camp qu’il est bon de ne pas perdre de vue.
Que Dieu ait eu la pensée d’avoir un témoignage à part alors même que le camp d’Israël existait, Exode 33 nous le montre déjà. Moïse dresse la tente hors du camp, loin du camp. Dieu annonçait à l’avance qu’un témoignage serait établi plus tard hors du camp.
La tente d’assignation que Moïse dressait était une figure du témoignage hors du camp. Les fidèles qui avaient à cœur la gloire de l’Éternel sortent vers la tente, et c’est le témoignage qui est rendu et qui est visible et doit être visible pour tous ceux qui étaient encore dans le camp (Ex. 33. 7). Et l’Éternel met le sceau sur l’acte de Moïse, la gloire de l’Éternel vint et la nuée descendit sur la tente d’assignation.
« Moïse prit une tente et la tendit pour lui hors du camp, loin du camp, et il l’appela la tente d’assignation. Et il arriva que tous ceux qui cherchaient l’Éternel sortirent vers la tente d’assignation qui était hors du camp ».
La fin de ce paragraphe d’Exode 33 nous présente deux vérités importantes qu’il faut rappeler aussi : Josué, qui représente la puissance de l’Esprit de Christ, ne sortait pas de l’intérieur de la tente. C’est là la place du fidèle. Mais Moïse retournait au camp. Pouvons-nous penser que Moïse retournait dans le camp parce qu’il avait conservé l’esprit du camp après avoir dressé la tente d’assignation ? C’est impossible. Moïse retournait dans le camp parce qu’il avait un service à y accomplir.
Si un serviteur a effectivement de la part de Dieu un service à remplir il peut entrer dans le camp et le remplir dans le camp dans la mesure où le Seigneur l’appelle à y aller, mais, bien entendu, gardé, préservé de l’esprit du camp, séparé du camp comme Moïse, en fait, l’était.
Mais soulignons qu’il y a un grand danger pour les jeunes frères qui désirent servir le Seigneur en allant dans le camp. Il a été rappelé que nous devons marcher dans un chemin étroit avec un cœur large ; nous trouvons tout cela dans ce verset 13 d’Hébreux 13 : « ainsi donc, sortons vers lui hors du camp », c’est là le chemin étroit, « portant son opprobre », c’est le fait d’un cœur large ; le Seigneur Jésus était dans l’opprobre avec un cœur large.
« Car Dieu a tant aimé le monde… ». Voilà le cœur large du Fils de Dieu. Tout cela doit être véritablement mis en pratique avec la force que nous pouvons trouver, non pas en nous-mêmes car il n’y en a pas, mais dans l’Esprit Saint qui est en nous.
Le camp va très bien à la chair, elle y est à son aise parce que la chair n’est pas seulement mondaine, mais elle est aussi religieusement mondaine. La chair s’accommode très bien du camp parce que le camp ne signifie pas sa mort. Tandis que le christianisme de Dieu – le témoignage du Seigneur par conséquent – est fondé notamment sur le fait que la chair est morte, que l’homme est tué. Dieu ne reconnaît que le nouvel homme, lié à l’homme ressuscité et glorifié qui est Christ, et tout à sa source, en Christ.
Tout ce qu’est l’homme selon la nature avec ses prétentions religieuses et ses capacités naturelles pour servir Dieu est mis à mort. Mais alors le nouvel homme a affaire à Christ et dépend de lui. Voilà les traits fondamentaux de la position du témoignage. C’est ce que la chair ne peut pas supporter et cela est manifeste chez beaucoup de chrétiens et également en chacun de nous à des degrés divers ; car nous sommes loin d’être aussi conséquents et fidèles que nos devanciers quant à la réalisation de la position hors du camp. Mais qu’il nous soit donné en tout cas de réaliser que la position de l’assemblée, d’une assemblée locale, c’est celle-là.
On dit : mais vous qui prétendez être sortis du camp et vous tenir dehors, vous avez la chair en vous aussi ! Oui, nous l’avons, nous l’aurons jusqu’à la fin. On nous dit : vous avez à la faire mourir. Bien entendu, nous sommes d’accord, mais nous ne partons pas avec la pensée que la chair peut quelque chose, et nous savons qu’elle ne peut rien, non pas en vertu d’un raisonnement mais nous partons avec cette vérité fondamentale que la chair devant Dieu et aux yeux de la foi est à considérer comme absolument incapable, religieusement comme autrement, et que tout ce qui tend à lui donner de l’importance aux yeux de Dieu, tout ce qui laisserait supposer qu’elle a de la valeur aux yeux de Dieu, nous considérons tout cela comme faux et comme venant de l’Ennemi.
Voilà ce qu’au moins on devrait garder, comme vérité de départ dans les rassemblements, et si nous la gardons dans notre cœur, Dieu nous aidera à réaliser pratiquement cette mise de côté de l’homme qui aime tant avoir une apparence religieuse et édifier toutes sortes de choses étrangères à la pensée de Dieu comme ou le constate en prenant connaissance de l’histoire de l’église professante.
Nos devanciers n’ont rien eu en eux ; ils n’ont pas eu de testament à faire, ils n’ont pas eu d’église à léguer ; ils ont servi le Seigneur jusqu’à la mort. Voilà des serviteurs et voilà des témoins ! Ils n’ont rien laissé de visible, sauf ce que le Seigneur a produit par leur travail, des hommes de cœur attachés à Christ ; mais ce fruit était pour Christ et non pas pour les hommes ; ils n’ont pas eu un troupeau ni une église à eux.
Dans le camp, il y a des églises, des troupeaux à un tel ; hors du camp il n’y a rien de tout cela, il n’y a que Christ.
C’est une différence morale immense et une source de bonheur infini. Plus l’homme est mis de côté, religieusement parlant et collectivement parlant, plus Dieu bénit, plus les saints sont heureux.
Arrêtons-nous pour considérer ce que veut dire cette expression : portant son opprobre. En liaison avec tout ce qui vient d’être dit, ce témoignage du Seigneur et dans tous les temps, la fidélité des individus et des corps de chrétiens a été inséparable du mépris du camp. Avec le camp, il n’y a pas d’opprobre ; les juifs se sont vantés que leur religion était la première du monde c’était la première, en effet, et cette première religion du monde a constitué un corps solide de pharisiens et ce solide corps de pharisiens a été le premier, le plus constant ennemi de Dieu !
Là où il y a l’exercice de la foi et de la fidélité, il y aura de l’opprobre jeté sur les fidèles pour les tenir humbles et petits, petits en fait et petits à leurs propres yeux. C’est une grâce immense lorsque Dieu nous pénètre véritablement dans nos cœurs, nos consciences et nos esprits, que nous ne sommes rien du tout ; c’est un des plus grands dons de grâce que Dieu puisse nous faire ; c’est ce qui nous manque aujourd’hui dans les assemblées, et c’est ce qui fait que l’on tend à penser au témoignage au point de vue extérieur et à ceci et cela au lieu de penser qu’on n’est rien du tout.
D’autre part, il est un fait connu, que le témoignage, là où il a été fidèle, a été toujours mis au ban du monde ; il s’est tenu à l’écart du monde et le monde le lui a bien rendu, et le monde le lui rendra toujours.
On a toujours fait la différence, et le monde religieux, en particulier, l’a faite, entre un groupe de témoins fidèle et un groupe mélangé. C’est ce qui fait que beaucoup d’entre nous ont connu des exemples où le Seigneur, appelant quelqu’un dans une famille, pour être à lui et le suivre, la famille, parfois chrétienne, apprenant qu’un de ses membres voulait suivre le témoignage que l’on méprise, disait : va ici ou là, mais chez ceux-là, jamais !
Il y a un opprobre lié au nom de Christ, partout ou ce nom est porté, nous n’y pouvons rien, c’est un fait absolu ; là où Jésus est aimé, recherché, il y a l’opprobre de la part du monde, que celui-ci soit religieux ou non.
Tandis que le camp est pratiquement reconnu officiellement dans le monde ; il a une place dans le monde. Rappelons, à l’inverse, l’expression d’Actes 28. 22 : « cette secte, il nous est connu que partout on la contredit » ; ce qu’on appelait « cette secte », c’était le témoignage aux jours de Paul, avec tous les caractères qu’il présentait alors, et l’opprobre était connu et goûté d’une manière bien autrement grande qu’il ne l’est aujourd’hui.
Mais le croyant, individuellement, n’a rien à perdre d’aimer le Seigneur et de le suivre. En Jean 14, il est dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui ». C’est une bénédiction individuelle – la bénédiction collective est décrite, notamment, au Psaume 133 : « C’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité ».
Cette expression si simple, connue de chacun parmi nous : « Sortons vers lui hors du camp » et dont nous pouvons demander à Dieu qu’il nous la fasse bien peser ne nous invite pas à en entraîner d’autres ; nous n’avons pas à dire : « Sortez vers Christ ». Rien ne nous autorise à en entraîner d’autres ; la foi obéit à la parole : « Sortons » ; c’est une question de foi pratique. Pourquoi certains ne veulent pas sortir, Dieu le sait. Mais répétons que ce à quoi nous avons à veiller, c’est de ne pas retourner en esprit ou en fait dans le camp ; en y retournant une assemblée perdrait son caractère d’assemblée de Dieu.
Cependant, le cœur large que doit avoir l’enfant de Dieu qui est, sorti du camp doit lui permettre de rendre témoignage auprès de ceux qui n’en sont pas sortis parce qu’ils ne connaissent pas les vérités que la plupart d’entre nous, connaissons dès le jeune âge.
Et si nous disons que nous ne sommes pas appelés à en entraîner d’autres, à faire du prosélytisme (les frères fidèles n’en ont jamais fait et ont écrit maintes fois que nous n’avons pas à en faire) nous disons aussi qu’aider, instruire, expliquer la position et la marche est un devoir de tout temps.
Ce fait de « sortir hors du camp » devrait être réalisé moralement par tout enfant de chrétien qui est converti et qui entre dans le témoignage, il devrait y avoir pour lui autre chose qu’une simple imitation des exemples, même bons, qu’il a ; il est souhaitable que ce travail là se fasse et c’est peut-être une des causes de la faiblesse actuelle, que ce travail n’ait pas été réalisé par tous les enfants de chrétiens entrés dans le témoignage.
Et peut-être qu’une certaine tendance à retourner dans le camp vient de ce que cet exercice n’a pas eu lieu, de ce qu’on n’a pas compris effectivement ce que c’est que le camp et ce que c’est que sortir vers Christ hors du camp.
Quand les exercices nécessaires n’ont pas eu lieu, quand on se trouve dans le témoignage parce qu’on est né de parents déjà dans le témoignage et que l’on fait seulement comme eux, on est en danger de perdre de vue à la fois le caractère du témoignage et celui du camp et de retourner facilement dans le camp et en croyant bien faire, souvent.
Il faut avoir vraiment un service à remplir de la part du Seigneur pour aller dans le camp ; si nous allons dans le camp sans avoir conscience d’y aller pour remplir un service de la part du Seigneur, sans que ce soit pour éclairer, instruire une âme et lui montrer ce que la Parole nous enseigne, nous sommes en danger de nous laisser attirer et entraîner. Il faut veiller.
Et il y a un autre point de vue très important à cet égard : dans tout contact avec le camp et dans toute activité au milieu de lui, absolument, ce qui est dangereux et certainement mauvais, c’est tout ce qui risque, de jeter de l’équivoque sur le caractère du témoignage. C’est pourquoi un frère doit faire très attention sur ce qui dans sa façon de faire peut jeter de l’équivoque sur la position et les caractères du témoignage.
Il risque en effet de jeter de l’équivoque vis-à-vis de ceux qui sont dans le témoignage et ceux qui sont dehors. Si nous avons, une position séparée et que nous sachions pourquoi, nous sommes inconséquents et infidèles lorsque nous faisons quelque chose qui contribue à obscurcir pour d’autres le sens de cette position et sa valeur, ou alors nous sommes tout à fait, nous-mêmes, inconséquents, en mauvais état ou alors nous boitons des deux côtés et nous ne sommes plus rien de la part de Dieu.
La valeur du témoignage, son sens aux yeux du Seigneur, pour son cœur, pour sa gloire, réside en ceci qu’il est en face de tout ce en quoi il y a des choses que Dieu produit et approuve mais qui n’est pas institué selon l’Écriture sainte. Le témoignage c’est cela ; s’il n’a pas cette attitude-là, il n’a plus de sens, il vaut mieux qu’il disparaisse. Toute équivoque à cet égard est grave et c’est ce qui fait que des frères refusent de donner la main d’association, pratiquement, quant au service – et nous l’avons tous fait – pour ne pas engager le caractère du témoignage.
Dire à quelqu’un qui est dans le camp et à qui nous voudrions être utiles : Évidemment, nous sommes séparés, nous allons dans une salle de réunions différente le dimanche mais, vous savez, de cœur nous allons avec vous, nous avons un même Sauveur, une même espérance, nous sommes enfants de Dieu. Ainsi marcher avec lui, aller avec lui, oublier sous prétexte d’avoir un cœur large que nous avons à maintenir une position de séparation, c’est manifester un amour qui n’est pas selon Dieu parce que cet amour n’est pas selon la vérité ; il nous manque le sel de la vérité et nous ne serons jamais utiles à quelqu’un qui est dans le camp en agissant et en parlant de cette manière.
Autrement nous faisons croire que cette position de séparation est quelque chose qui n’a aucune importance et devrait être oubliée. On dit quelquefois qu’il faudrait que toutes les barrières soient jetées par terre ; nous ne serons jamais utiles à quelqu’un qui est dans le camp si nous agissons et parlons de cette manière.
La position de ceux qui sont dans le camp est d’autant plus grave que, pratiquement, ils donnent la main au monde et la main du monde est une main rouge du sang de Jésus ; être dans le camp, c’est donner la main au monde, d’une façon ou d’une autre, c’est avoir une attitude qui approuve ce forfait qui est là sur le monde, dont le monde aura à rendre compte, ce forfait d’avoir versé le sang de Jésus.
Comme disait un frère, si des personnes dans telle ou telle localité avaient craché hier à la figure de mon père, est-ce que j’irai leur faire des amabilités ? C’est ce que le monde a fait à Christ ; de sorte que la séparation directe ou indirecte du monde c’est une question de cœur ; il ne s’agit pas d’être très savant dans les Écritures ; avant tout c’est une question de cœur, bien que la doctrine et l’enseignement aident au cœur à avoir de la lumière et à la suivre. Voilà où nous sommes touchés quand nous mondanisons religieusement ou autrement.
Dans le camp on emploie – et cela risque d’être imité dans le témoignage si l’on n’y prend pas garde – des moyens que Dieu ne peut pas approuver : Dieu n’approuve jamais la volonté de l’homme, même lorsqu’elle se propose, apparemment au moins, un bon but, on le voit bien dans l’Écriture.
La question est pour nous : qu’est-ce que Christ veut ? où est Christ, que nous puissions l’avoir. Comme Marie de Magdala : Je cherche mon Sauveur et je ne sais où on l’a mis.
Nos devanciers ont pu dire cela ; ils ont cherché à droite, ils trouvaient bien Christ, mais pas tout le Christ des Écritures, pas tout entier ; il le leur fallait tout entier et il faut Christ tout entier au fidèle ; il ne nous faut pas un Christ à moitié, simplement un Christ mort sur la croix, mais il nous faut aussi, dans le témoignage, un Christ vivant, un Christ glorieux, et qui peut revenir aujourd’hui. Si Christ revient aujourd’hui, je ne penserai pas à fonder une religion sur la terre. Voilà le Christ de Dieu, comme il est écrit dans Luc, voilà la pierre de touche !
Et il est incontestable que si tous les chrétiens, mis au courant de la vérité divine, instruits à l’égard de cette vérité, étaient droits et n’avaient pas d’autre motif que l’amour de Christ, tous marcheraient dans ce chemin-là ; il y en a beaucoup qui n’y marchent pas parce qu’ils n’y sont pas instruits et qu’ils sont enfoncés dans les ténèbres. Mais s’ils étaient tous instruits et droits, ils marcheraient tous là, il n’y a pas deux sentiers.
Nous laissons à Dieu le soin de démêler les raisons pour lesquelles il y a tant de chemins divers mais, comme disait un chrétien si j’ai trouvé le chemin de Christ, je ne vais pas chercher les chemins qui vont se perdre dans le désert, je n’ai pas besoin de les essayer tous. Il faut savoir où nous sommes.
Et le fait que l’Esprit de Dieu peut travailler et opérer dans le camp n’affaiblit en rien la portée de ce que nous avons dit au sujet du camp : l’Esprit souffle où il veut.
Rappelons à cet égard la pensée exprimée il y a déjà longtemps : l’Esprit souffle où il veut, mais moi je dois obéir. La responsabilité du croyant c’est d’obéir si l’Esprit de Dieu agit et opère dans le camp et si des fruits sont produits, des âmes amenées à la connaissance de la vérité, réjouissons-nous, même quand l’Évangile est prêché par esprit de parti. L’apôtre Paul faisait ainsi (Phil. 1. 18). Mais se serait-il jamais associé à ceux qui prêchaient l’Évangile par esprit de parti ?
Dans une scène de l’Ancien Testament, on voit Eldad et Médad prophétiser dans le camp – il n’était certes pas question de le leur interdire – Moïse ne pouvait que s’en réjouir et, pourtant, qui plus que Moise était séparé du camp, de l’esprit du camp ? (Nomb. 11).
Ils auraient dû être autour de la tente, car c’est la place que devait occuper le témoignage (v. 24) ; ils avaient perdu de vue l’ordre de Moïse, et n’avaient pas pris la position de témoignage que devaient occuper les anciens, « et ils prophétisèrent dans le camp. Et un jeune homme courut et rapporta cela à Moïse, disant : Eldad et Médad prophétisent dans le camp. Et Josué, fils de Nun, qui servait Moïse… dit : Mon seigneur Moïse empêche-les » ; il eût voulu que Moïse les empêchât de parler. « Et Moïse lui dit : Es-tu jaloux pour moi ? Ah ! que plutôt tout le peuple de l’Éternel fût prophète ; que l’Éternel mit son Esprit sur eux ! »
Nous ne pouvons donc que nous réjouir si l’Esprit de Dieu souffle dans le camp, y accomplit du travail et si nous voyons des hommes qui agissent comme autrefois Eldad et Médad et si des fruits sont manifestes mais cela ne peut en aucune manière nous autoriser à méconnaître ce qu’est l’esprit du camp et la position du témoignage que nous avons à maintenir.
Un caractère désirable pour les frères et les sœurs, c’est l’humilité, être vidé de soi, de ses désirs, de ses pensées ; nous ne visons pas les mauvaises pensées, mais les pensées de vouloir quelque chose, cela est beaucoup plus subtil et tenace comme nous le savons les uns et les autres par expérience, Ne rien vouloir, s’attendre au Seigneur, ne rien organiser ; que Dieu nous donne de prendre garde à cela dans les assemblées, ne rien, absolument rien organiser.
Hors du camp, une seule puissance compte : l’Esprit de Dieu ; dans le camp il y a plusieurs puissances : celle de l’Esprit qui habite dans les vrais chrétiens, et la chair qui, elle, est en chacun. Dans le camp on la nourrit, hors du camp on la juge ; voilà l’immense différence ; dans le camp on nourrit la chair, il faudra dans le camp qu’un homme soit très instruit et qu’il ait fait de fortes études pour pouvoir s’occuper des choses de Dieu ; on le sait assez, cela ; s’il n’a pas passé cette épreuve et s’il ne s’est pas soumis à des disciplines humaines, cet homme ne peut pas s’occuper des choses de Dieu.
Il est vrai, à cet égard, que Dieu se moque des hommes ; il remplit un homme d’un don et cet homme prêche, présente la Parole sans passer par personne ; mais dans le camp, les capacités humaines sont prisées, elles sont cultivées et elles sont présentées comme indispensables au travail de Dieu. Voilà le camp ; et alors on organise et on fonde, nous le savons tous. Nous ne voulons pas manquer de charité, mais la vie du témoignage étant en jeu, il nous faut regarder les choses telles qu’elles sont, non pas pour juger ou critiquer qui que ce soit, mais être mis en garde. Hors du camp, en principe rien de soi.
Et s’il y avait des frères, des sœurs qui enseignaient qu’il faut avoir fait telles études pour être un serviteur du Seigneur, certains, grâces à Dieu, s’élèveraient encore contre cela, au moins quant au principe, quoique pas toujours peut-être avec la puissance et la sagesse désirables. Voilà les différences, pratiquement, tangibles et très importantes.
Qu’il y ait des défaillances et qu’il y ait des puissances autres que l’Esprit qui agissent hors du camp, bien sûr, mais il n’y en a qu’une qui soit reconnue : c’est celle de l’Esprit Saint. Le Seigneur peut donner à des frères, à des sœurs, cette autorité, cette puissance spirituelles. Malheur à ceux qui ne la reconnaîtraient pas.
En même temps, il y a le danger que la chair se mêle de tout cela, malheur à celui qui nourrirait la chair et ne la combattrait pas. Voilà la grande différence quant à l’état moral. Combattre la chair en soi hors du camp, voilà ce que nous avons à faire et que nous aurons à faire jusqu’à la fin ; mais le terrain doit être celui-là : la mise à mort de la chair et la dépendance du Seigneur et de l’Esprit Saint. Voilà pratiquement la grande différence.
Et cela se traduit profondément dans l’état de puissance intérieure. Nous n’avons pas besoin d’insister, mais si nous avions ou si une assemblée ou des frères d’une assemblée avaient des tendances à vouloir organiser quoi que ce soit sans l’Esprit…! Il n’y a qu’une chose qui doit s’édifier, il n’y a qu’un édifice, qu’une assemblée qui soit légitime en tout temps, c’est l’Église, et le témoignage en est l’expression dans le témoignage, dans l’assemblée, rien n’est de l’homme.
On nous dira : il y a bien de l’homme ! Oui, mais ce qu’il fait dans l’assemblée doit être considéré comme une faute et il faut s’en humilier ; c’est un péché ; il n’y a que ce que l’Esprit produit qui doit être reconnu par les fidèles. Que Dieu nous donne de le retenir !
Avec le déclin, dans le déclin, lorsque la puissance spirituelle hors du camp baisse, lorsque le Saint Esprit agit avec moins de force parce que la chair n’est pas jugée de la même manière, voilà que les caractères du camp reparaissent et ce qui était condamné comme principe à l’origine risque de reparaître comme principe et non pas comme acte de détail. Les tendances à vouloir organiser, bâtir quelque chose qui n’est pas ce que le Seigneur bâtit peuvent reparaître.
Que le Seigneur nous donne de prendre garde, à nous qui sommes plus âgés, mais aussi aux jeunes. Si les jeunes frères veulent être fidèles, qu’ils ne sortent pas de ce sentier. Ils ont pris le départ, que le Seigneur leur donne de ne pas sortir du sentier ou tout est de Lui.
N’édifions rien d’autre. N’admettons rien qui n’ait pas les caractères propres à l’assemblée de Dieu, soit enseignement, soit activité (en dehors du service individuel vis-à-vis des hommes). Dans son service un frère évangéliste travaille pour édifier l’assemblée, il est un instrument par lequel les âmes sont ajoutées à l’assemblée, s’il fait autre chose que cela, il fait mal. Nous avons à veiller de près à tout ce qui germe dans le sens des tendances dont nous venons de parler.
L’Église devrait être – et le témoignage a été – nous pouvons le dire – et le témoignage devrait être – le vase du déploiement de la grâce et de la puissance du Saint Esprit et rien d’autre, Sans doute le Seigneur se sert d’un frère, d’une sœur ; un frère a plus de capacités qu’un autre, mais les capacités qu’il a sont les capacités du vase ; le vase est ce qu’il est mais pour qu’il puisse être employé par l’Esprit, il faut que Dieu le brise d’abord ; le vase avec une volonté est pour le camp, le vase sans volonté est un vase hors du camp.
Certains frères ont été, au point de vue capacités, éminents, très au-dessus de la moyenne des hommes, d’une capacité très supérieure : Dieu a dû commencer par les briser entièrement, la capacité est restée, la volonté est partie ; ils pouvaient servir hors du camp.
D’ailleurs, le service, qu’il s’agisse d’un service individuel ou d’un service dans l’assemblée, ne peut être réalisé que dans une dépendance constante, incessante du Saint Esprit et dans une vie qui est une vie de foi tout cela est incompatible avec l’esprit d’organisation qui est en fait la négation du travail de l’Esprit de Dieu et de la réalisation de la vie de la foi qui attend de Dieu et de Dieu seul les directions pour le service à accomplir, pour le service de chaque jour soit dans l’assemblée, dans la vie de l’assemblée, et dans tout le service que nous pouvons avoir à remplir dans ce monde.
Cela touche à tous les points de la vie, de l’activité. C’est un fait digne de remarque que les apôtres – et nos devanciers dans leur mesure – n’ont laissé aucun héritage relativement à eux-mêmes. Des œuvres de charité organisées, nous n’en voyons pas ; nous n’en trouvons pas traces ; c’est tout à fait remarquable. Nous ne voyons pas d’ailleurs que le Seigneur se soit employé à guérir les maux dont souffrait l’humanité, sauf tout ce qu’il rencontrait.
Il n’a jamais encouragé ses disciples à fonder des œuvres philanthropiques ! C’est à remarquer. Eh bien l’Église a perdu ce chemin ; elle l’a abandonné. Quand la foi baisse, on remplace la puissance spirituelle par de bonnes activités qui sont des œuvres destinées à soulager l’humanité ; nous voyons cela. Que ce ne soit pas une mauvaise chose, d’accord, mais ce n’est pas. le témoignage proprement chrétien.
Que chaque chrétien soit appelé à soulager la misère autour de lui, dans la mesure du possible, c’est évident mais ce doit être fait pour la gloire de Dieu, sinon ce sera pour la gloire de l’homme.
Un chrétien, un de nos devanciers disait même ceci – c’était au moment où l’on s’occupait de la suppression de l’esclavage : si l’Église s’occupait de ces questions d’esclavage, elle manifesterait l’esprit du monde. Cela ne veut pas dire qu’on ne souhaite pas le soulagement ; mais le diable peut se servir de cela pour voiler aux yeux des hommes une chose bien plus terrible que la maladie, la pauvreté, l’esclavage ! celle d’être jeté dans la géhenne.
L’église, les frères, chrétiens fidèles, ont à présenter l’évangile dans sa pureté, la vérité dans sa pureté.
Dans le camp, certains disent : il n’y a pas d’enfer. Hors du camp, on dit : il y a un enfer. Voilà pourquoi le fidèle ne peut pas ne pas sortir du camp ; il ne le fait pas pour les hommes, mais pour Dieu. Si nos devanciers se sont séparés et si d’autres après eux sont restés séparés, ce n’est pas sans raison et ce n’est pas sans y avoir pensé… et séparés de la façon la plus stricte, sauf tout ce qui peut s’appeler le service d’amour individuel ne compromettant en rien ce caractère de séparation qui n’est pas une séparation voulue par l’homme mais une séparation par Dieu et pour Dieu.
On a fait allusion aux œuvres philanthropiques qui n’ont pour but que de soulager les misères. Voici ce que l’on peut encore dire à ce sujet : d’abord quant au but, nous ne devons jamais employer un mauvais moyen, quelque excellent que soit le but ; jamais Dieu ne nous autorise à faire cela ; Dieu emploie les moyens qu’Il veut ; nous ne pouvons pas employer un mauvais moyen et en tout premier lieu notre volonté pour un but, quelque excellent qu’il soit. En second lieu pour servir, et quel que soit le service, celui-ci doit mettre en œuvre, en jeu, la foi personnelle, ou alors c’est péché.
Lisons le livre des Actes, considérons les caractères du service tels qu’ils nous sont présentés dans ce livre qui nous montre le début de l’histoire de l’Église sur la terre et cherchons-y quelque justification de tout ce que nous voyons aujourd’hui se développer dans la chrétienté, nous n’y trouverons rien. Regardons la manière dont servait un apôtre Paul, par exemple, regardons-le tout le long de son service : il va à Philippes, il y demeure quelques jours et le Seigneur lui donne l’occasion d’annoncer l’évangile, et de quelle manière !
Il va à Corinthe, il fait des tentes, il travaille de ses propres mains, et il discourt dans la synagogue ; il va à Éphèse, la synagogue lui est fermée, il enseigne dans l’école de Tyrannus ; partout il est conduit par l’Esprit du Seigneur, sa vie est de foi, de dépendance journalière rien qui attire les regards de l’homme, rien qui cherche à être étalé d’une manière qui puisse séduire les cœurs tout est fait dans la crainte, le tremblement, il saisit l’occasion sans jamais la provoquer, mais il est assuré que Dieu la donnera, la fournira au moment opportun.
De sorte qu’il est manifeste que le travail c’est le travail de Dieu, que l’œuvre c’est l’œuvre du Seigneur ; il y a des fruits qui sont produits et le livre des Actes nous dit quels ils sont. C’est cela qu’il nous faut réaliser. Nous sommes parvenus dans des temps où l’on cherche de grandes choses dans tous les domaines, c’est ce qui caractérise l’esprit du monde ; aujourd’hui on veut ce qui est grand, et cet esprit du monde gagne même le témoignage et on en arrive à désirer de grandes choses !
Soyons petits, ne perdons pas de vue la faiblesse de notre foi, réalisons notre pauvreté et allons suivant la mesure de foi que Dieu nous a départie ; laissons les résultats aux mains de Dieu ; ce ne sont pas les résultats que nous, nous pourrons penser produire qui ont de la valeur, mais ce sont ceux que Dieu produira ; Il se glorifiera dans notre faiblesse, dans notre infirmité ; la puissance est de lui et quand le vase est brisé, alors il est manifeste que la puissance est de Dieu et non pas de l’homme ; c’est le véritable service selon Dieu tel qu’il nous l’enseigne.
Ne cherchons pas ce que nos cœurs peuvent penser souhaitable, désirable, mais retenons ce que Dieu nous présente dans sa Parole, dépendant de Dieu, dépendant de l’Esprit, réalisant un peu mieux chaque jour ce qu’est la vie de la foi. Alors, nous pourrons être des serviteurs utiles au Maitre.
Arrêtons-nous sur 2 Timothée 2 (v. 21) et lisons ce que la Parole nous dit du serviteur utile au Maître.
Les actions collectives – puisqu’on y fait allusion – sont toujours une chose très sérieuse parce que la foi est individuelle et qu’elles peuvent faire marcher quelqu’un bien au-dessus de sa foi.
Prenons le cas d’un frère s’associant des frères et sœurs et d’autres personnes parmi lesquelles très probablement des personnes non converties pour un service équivalent à la prédication de l’évangile. Voilà un frère qui entraîne des inconvertis à prêcher l’évangile ! Est-ce selon Dieu, cela ? En aucune manière.
Quant à la charité proprement dite, on ne peut y engager quelqu’un car il faut que la charité procède d’un mouvement réel du cœur produit par le Seigneur, qu’il y ait du dévouement. S’occuper des pauvres, par exemple : Nos devanciers ont dit : individuellement, oui.
L’un écrit : Je me suis toujours occupé des pauvres. C’est le chemin de Christ de s’occuper des pauvres : visiter les pauvres, les affligés. Il dit : Je, il n’a pas cherché à les rendre riches. Les pauvres sont plus accessibles à la vérité, parce qu’ils en ont besoin davantage, ils ont plus de misère, ils ne sont pas meilleurs, mais il y a des brèches ouvertes dans leur cœur ; s’occuper des pauvres, des misérables dans ce monde, c’est le chemin du chrétien, mais c’est une question de foi effective et de dévouement personnel.
Nos devanciers n’ont rien organisé collectivement, on peut chercher dans toute leur vie ; les apôtres ne l’avaient pas fait non plus. Prenons bien garde à ne pas innover et si nous innovons nous risquons bien de le faire d’une façon qui ne soit pas selon ce qui nous a été enseigné et qui ne serait pas approuvée par les serviteurs que nous avons eus comme conducteurs.
Le témoignage est, dans sa définition, un corps de chrétiens humbles et petits, qui n’est pas classé dans le monde religieux, qui n’a aucune place officielle.
Nous avons donc à être en garde à la fois contre le danger de passer à côté des douleurs sans s’en occuper, et celui d’oublier la mission essentielle du témoignage qui est de présenter la grâce de Dieu, Christ, le salut, à des âmes qui, sans la réception de celui-ci, seront toujours misérables, même si leur pauvreté disparaît.
D’après Réunion d’études à La Rochelle 1957