
L’apôtre écrivant à la dame élue insiste surtout sur trois choses : la vérité – l’amour – l’obéissance (inséparables).
La table du Seigneur. Le seul corps. Le seul pain. La cène.
Se retirer. Poursuivre. Persévérer (2 Tim. 2)
Quel est le centre de notre rassemblement ?
Matthieu 18. 19 et 20.1 Corinthiens10. 14 à 22.
1 Corinthiens 11. 20 à 34.
2 Timothée 2. 14 à 26.
Nous avons, dans ces passages, une expression qui doit retenir tout particulièrement notre attention, c’est l’Assemblée de Dieu. Parce qu’ils ne célébraient pas dignement la cène, il pouvait être reproché aux chrétiens de mépriser l’Assemblée de Dieu, dont il nous est dit que Dieu se l’est acquise au prix du sang de son Fils (Act. 20. 28).
L’Assemblée de Dieu est totalement distincte du monde. L’apôtre, dans cette même épître aux Corinthiens, distingue nettement l’Assemblée et puis les juifs et les grecs. L’Assemblée est quelque chose de tout à fait différent, tout à fait en dehors de la religion juive et des nations.
C’est également l’Assemblée de Christ. « Sur ce roc, je bâtirai mon assemblée ». « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 18 et 16). L’Assemblée que Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré, dont Il s’occupe et qu’Il se présentera bientôt.
Il est bien nécessaire que nous ayons devant nous cette réalité de l’Assemblée de Dieu. Il y a une Assemblée de Dieu sur la terre qui sera bientôt dans le ciel et elle se composera alors de tous les croyants de la période entre la Pentecôte et la venue du Seigneur. Mais elle est présentement sur la terre et l’enseignement du ch. 12 de cette même épître nous le montre particulièrement. Elle est formée de tous ceux qui appartiennent au Seigneur par les liens de la vie nouvelle et qui ont été baptisés du Saint Esprit, qui ont part au baptême par un seul Esprit, de sorte qu’ils sont montrés comme étant un seul corps, qui, est le corps de Christ (expression trouvée au ch. 10).
Cette Assemblée est donc en fait dispersée par toute la terre, les membres du corps de Christ dispersés de telle manière, dans l’état présent des choses, que comme nous l’avons trouvé dans le ch. 2 de la 2ème épître à Timothée, seul le Seigneur connaît ceux qui sont siens. Ils ne sont pas tous reconnaissables mais Lui les connaît.
La réalité, le fait de l’Assemblée de Dieu sur la terre, du corps de Christ sur la terre, que l’on peut montrer aussi comme la famille de Dieu sur la terre, existe. Que son unité ne soit pas apparente comme elle devrait l’être, c’est notre faute à tous, c’est le résultat des manquements qui se sont produits dès le début et qui se sont multipliés et aggravés de siècle en siècle pour aboutir à la confusion actuelle. Mais, quelle que soit cette confusion, l’unité des chrétiens existe. L’Assemblée de Dieu existe, quand on parle aujourd’hui de vouloir faire l’Église, ou faire l’Assemblée de Dieu, c’est réellement nier l’œuvre de Dieu Lui-même, c’est nier ce qui existe.
Il faut donc bien partir de cette notion fondamentale d’une unité que nous n’avons pas à faire, mais qui est faite, seulement que nous avons à réaliser, que nous avons à garder dans la mesure où cela est placé devant nous et s’il s’agit alors des rassemblements effectifs, c’est-à-dire de chrétiens, d’enfants de Dieu qui se réunissent, le seul fondement ou le seul terrain sur lequel ce rassemblement visible peut s’opérer ne peut être que cette unité de l’Assemblée de Dieu telle que Christ la voit, telle que Dieu la voit, telle qu’elle existe dans ce monde et si nous nous rassemblons ainsi, ce doit être selon les vérités qui nous sont enseignées concernant cette Assemblée de Dieu, cette Église.
On pourra dire que nous sommes appelés à nous rassembler comme si toute l’Église était là, comme doit se rassembler, se montrer, l’Église toute entière et comme expression de l’Église.
Il y a deux grands écueils dont il faut bien nous garder. Le premier serait de dire : nous sommes l’Église, nous sommes l’Assemblée. C’est oublier qu’il y a beaucoup de membres du corps de Christ, de vrais croyants qui appartiennent effectivement à l’Assemblée de Dieu et que nous ne connaissons pas et qui en font partie tout aussi bien que nous-mêmes. L’autre grand écueil, c’est de dire : nous sommes dans la confusion générale, nous sommes une Église.
Si nous nous rassemblons sur le terrain de l’unité du corps, nous ne pouvons nous dire ni l’Église, ni une Église. Mais le grand privilège et la grande possibilité offerte à tous les croyants aujourd’hui comme dans tous les temps et par conséquent aussi notre responsabilité à cet égard, c’est de nous réunir comme l’Église tout entière devrait se réunir.
Dans les passages que nous avons, il n’est nulle part question d’un effort à faire de notre part pour créer l’Assemblée, pour la former. Il est question simplement d’appliquer ce qui nous est enseigné, de jouir de ce privilège, de nous trouver là comme faisant partie d’un tout formé dans la puissance de Dieu par l’opération de l’Esprit, sous la Seigneurie de Christ. C’est le ch. 12 et rien d’autre.
Nous ne voulons pas former l’Assemblée, même pas former une Assemblée locale, mais nous venons exprimer cette unité, ce qui est tout autre chose. Comment l’exprimer ? Avant tout, par ce seul pain exprimant le seul corps, cette participation à ce qui parle de la communion du sang de Christ, et la communion du corps de Christ.
Ensuite, nous avons, dans les rapports entre croyants, à nous souvenir sans cesse que nous sommes membres du même corps. Garder l’unité de l’Esprit (Éph. 4. 3), agir toujours les uns à l’égard des autres comme faisant partie du même corps et ayant le même Esprit, de sorte que cette réalité, ce fait de l’existence du corps de Christ retentisse sur toute la vie chrétienne, et cela, nous le perdons de vue, assurément.
Comment ne pas nous souvenir que, dès que nous parlons de ces grandes choses et de cette expression de l’unité du corps, ce qui nous a été rappelé tout à l’heure prend toujours son importance capitale. Comment la vérité ; l’amour, l’obéissance se sépareraient-ils de la réalisation de ce qui est le corps de Christ ?
Cette expression du corps du Christ, elle se fait particulièrement là, à sa table, où l’on se souvient de Lui. Ce souvenir touche le cœur, engage les affections et nous rappelle aussi, quant à la table du Seigneur, ce caractère de sainteté qui est celui de la Personne bénie qui rassemble et dont nous rappelons la mort en exprimant l’unité de son corps.
Alors la vérité est là, qui ne permet pas d’associer cette expression de l’unité du corps de Christ avec un mal connu, moral ou doctrinal. De là la séparation qui nous est prescrite dans le passage de Timothée. : « Qu’il se retire… » (2 Tim. 2. 19) non pas pour rester seul, mais pour se lier ensuite avec ceux qui d’un cœur pur, poursuivent la justice, la foi, l’amour. Toutes ces choses vont ensemble.
Elles nous deviendront toujours plus précieuses à mesure que nous réaliserons qu’il ne s’agit pas là de l’application froide de certains principes, qu’il ne s’agit pas là de théories, de règlements, d’organisations, mais de l’expression de quelque chose de vivant : le corps de Christ, et ceci exprimé lorsque Lui-même est là, au milieu des siens, le souvenir de Lui-même, « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux (Mat. 18. 20).
Que l’unité de ton Église est belle,
Seigneur Jésus, qu’elle plaît à tes yeux !
Dans ton amour tu t’es livré pour elle :
Tu veux l’avoir près de toi dans les cieux.
Cantique 20 strophe 1
Qu’est-ce qu’une secte ? C’est un rassemblement de gens autour d’une pensée particulière, d’une doctrine particulière. Dans le Nouveau Testament, nous avons le terme employé d’une part à l’égard de divers groupements religieux ou philosophiques parmi les juifs : secte des pharisiens la plus exacte de notre culte, dit l’apôtre Paul en rappelant qu’il avait été pharisien.
Quant au christianisme, quant à la chrétienté, l’expression est employée également dans la Parole déjà dans les Actes, l’apôtre Paul parlant devant le gouverneur : « selon la voie qu’ils appellent secte » (Act. 24. 14). Ce sont les juifs qui appelaient ainsi à tort le christianisme une secte. De même, à la fin du livre des Actes, les juifs disent : « de cette secte, nous savons que partout on la contredit » (Act. 28. 22). C’est dans le livre des Actes que le terme est le plus employé, je crois 6 fois. Ensuite dans les épîtres, on le trouve à trois reprises et toujours dans un sens défavorable. Nous l’avons vu. En 1 Corinthiens 11. 19, il s’agit ici du résultat de divisions parmi les croyants, parce que certains entraînaient après eux des disciples.
Nous le trouvons – et c’est là que le sens du mot secte apparaît sous son jour le plus défavorable – en Galates 5, lorsqu’il est parlé des fruits de la chair, des œuvres de la chair, les sectes sont nommées parmi elles. « parmi lesquelles sont les divisions, les sectes, les envies ».
Enfin, en 2 Pierre 2. 1 : « il y a eu aussi de faux prophètes parmi le peuple, comme aussi il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront furtivement des sectes de perdition ». Ce sont des enseignements – particuliers entraînant des disciples, les séparant du reste des croyants. D’après la Parole de Dieu les sectes sont un fléau de l’Église de Dieu.
Dans la chrétienté, le sens est plus ou moins étendu., Prenons garde de ne pas être une secte. Si nous prétendions être une Église entre beaucoup d’autres, nous serions une secte dans le sens le plus défavorable du terme.
Cela n’enlève rien, tout au contraire, à l’obligation qui est faite au fidèle de se séparer du mal, ce qui est tout autre chose.
Dieu s’est toujours conservé un témoignage, s’est toujours formé un témoignage. Nous avons été occupés, ces jours derniers, du peuple juif. L’histoire de ce dernier étant terminée, en tous cas sur les bases qui étaient au début, Dieu est intervenu pour établir un témoignage d’un autre genre. C’est le mystère de l’Assemblée, caché dès les siècles. Les prophètes ne le connaissaient pas (Éph. 3).
Du moment où Dieu aurait décidé de n’avoir plus de témoignage dans ce monde, il n’y aurait plus de raison pour que ce monde continue. Il a remplacé le passé par l’Assemblée, avec laquelle nous sommes assez familiers, mais sur laquelle nous avons beaucoup à apprendre, et même ceux des chrétiens qui ne sont pas jeunes. Cette Assemblée est formée par le Saint Esprit unissant tous les saints en un seul corps, La distinction entre juifs et autres, qui était indispensable au temps du judaïsme et qui conditionnait pour le juif sa fidélité vis-à-vis de Dieu, est abolie entièrement.
Dieu n’a plus un peuple terrestre choisi. Il appelle parmi tous les peuples, toutes les langues ; toutes les nations, des croyants pour qu’ils soient membres de son Assemblée. Ce travail est accompli par l’Esprit, Jésus étant caché, étant à la droite de Dieu, a envoyé l’Esprit et le travail de l’Esprit pendant cette période, c’est de former l’Assemblée de Dieu, dont l’origine et les destinées sont célestes. Elle est provisoirement une maison terrestre, elle est le vase du déploiement de la gloire de Dieu dans le monde.
Elle est vue dans l’Écriture de trois façons :
– Une habitation de Dieu par l’Esprit.
– Le corps de Christ.
– L’Épouse de Christ.
Il n’y a pas de position, dans ce que Dieu confie à l’homme, de laquelle il ne découle une responsabilité. L’Assemblée aussi n’a pas manqué à cette règle divine et elle a été soumise à cette responsabilité. Elle est déchue de sa position de fidélité. Elle est tombée très tôt. Les difficultés de nos jours, pour ceux qui veulent comprendre ce qu’est l’Assemblée, viennent de ce que l’Assemblée est dans un état de désordre sans remède possible.
Mais alors, ce qui reste, c’est la Parole de Dieu, la pensée de Dieu à l’égard de l’Assemblée et nous revenons donc au commencement, à la pensée de Dieu ; et dans les derniers jours, Dieu a ouvert un chemin pour que puisse être réalisée partiellement sa pensée de toujours à l’égard de l’Assemblée.
Il n’y a pas de membres de l’Assemblée locale. Quand un homme est converti et scellé, il fait partie de l’Assemblée universelle. Il en est un membre. On ne trouve jamais dans l’Écriture qu’un chrétien était membre de l’Assemblée d’Éphèse ou de Corinthe. Il fait partie de l’Assemblée universelle. Il est entré dans ce corps, il a reçu le Saint Esprit. Tant qu’un chrétien n’a pas le Saint Esprit, il ne fait pas partie du corps, donc de l’Assemblée.
Voilà une différence importante entre la vie et le sceau, fait qui, paraît-il, suscite parfois une certaine surprise. Cela est déclaré en toutes lettres dans l’Écriture et cela a des conséquences.
Au commencement, tous les chrétiens étaient ensemble, nous le savons. Matériellement, cela est devenu très vite impossible ; il est impossible que tous les chrétiens du monde se réunissent en un même endroit. Voilà pourquoi nous trouvons dans l’Écriture la formation scripturaire de groupes dont chacun représente l’Assemblée universelle. Ce sont les assemblées locales.
Il est impossible que les chrétiens soient ensemble et même se connaissent ; il était difficile que les saints de l’Achaïe connussent les saints de Jérusalem ou d’autres endroits. Il y avait là des difficultés qui surgissaient de la nature des choses. Dieu, dans sa sagesse et dans sa grâce, a résolu la question, a levé la difficulté en établissant des groupes, des assemblées locales, chaque assemblée locale représentant l’Assemblée universelle.
2 Corinthiens 12. La conséquence immédiate c’est que les assemblées ne sont pas indépendantes les unes des autres, mais il y a une entière dépendance entre les assemblées et chacune représente l’Assemblée universelle. Par exemple, pour une admission ou une exclusion, il est impossible de consulter tous les chrétiens du monde ; pour cela, en principe, il le faudrait. L’autorité pour prendre ces décisions a été confiée aux assemblées locales.
Chaque assemblée représente l’Assemblée universelle et par conséquent, il y a un point d’une très grande importance, dont la négligence est la cause de bien des misères dans les assemblées de nos jours. C’est qu’une décision d’une assemblée locale était valable pour toutes les Assemblées, quand bien même il fût impossible de les consulter toutes ; mais en principe, toutes les assemblées du monde ont voie de consultation dans les décisions d’une assemblée.
Cela est une application de l’unité du corps au groupe dont chacun représente l’Assemblée universelle dans une localité donnée.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, c’est-à-dire que l’Assemblée est la manifestation dans le monde, pendant la période chrétienne, de toute la vérité révélée dans l’Écriture. Une assemblée locale a cette responsabilité et cette mission. Si elle n’est pas colonne et soutien de la vérité (sans doute la perfection n’est nulle part) si elle n’est pas établie sur ce terrain là, il sera difficile de dire qu’elle est l’expression de l’Assemblée universelle.
Nous disons d’une assemblée locale qu’elle représente l’Assemblée de Dieu. On dit quelquefois qu’elle est l’Assemblée de Dieu. On vient de nous dire avec opportunité qu’il faut éviter cela et chasser de nos esprits toute pensée qui nous conduirait à dire : l’assemblée de X. est l’Assemblée de Dieu. Elle en est l’expression ; oui, si elle est sur le terrain que l’Écriture définit. Une personne reçue ici est reçue en principe dans toutes les assemblées du monde et, de là, la nécessité de cette pratique que nous n’avons pas inventée : les lettres de recommandation.
Une secte est un ensemble de chrétiens que nous supposons authentiques, tous vrais chrétiens, mais qui, dans les principes de son établissement, admet des pensées humaines ou abandonne une partie des pensées divines. Ce qui n’est pas secte, c’est ce qui est fondé entièrement sur la Parole de Dieu et exclusivement sur elle.
« Rejette l’homme de parti (ou : sectaire) après un premier et un second avertissements » (Tite 3. 10). Un homme peut être sectaire, un chrétien qui peut être animé du désir d’introduire des principes personnels étrangers à l’Écriture. On peut dire sectaire, par exemple, à propos du baptême ; on met le baptême en avant. Nous ne devons pas nous effrayer si des chrétiens fidèles sont appelés sectaires. Un ensemble de chrétiens que Dieu considère comme l’assemblée locale représentant l’Assemblée universelle, qui est très fidèle, ne doit pas s’émouvoir s’il entend qu’on le traite comme une secte.
À cela doit se lier l’exercice constant, chez les frères et les sœurs, de ne pas mériter son appellation. Nous avons besoin de faire attention.
Une assemblée locale représente donc tous les chrétiens du monde, mais il ne faut pas nous attendre ce que tous les chrétiens qui nous entourent viennent sur ce terrain-là ; cela est une grande épreuve et une grande douleur – pour les affections spirituelles. Si, lorsque nous rompons le pain, le dimanche, nous n’avons pas devant nous ce que le Seigneur a devant Lui, à savoir l’ensemble de tous les chrétiens du monde, dans notre esprit, nous sommes sectaires.
Quelle importance il y a à ne pas avoir l’esprit sectaire, c’est-à-dire, à ne pas être les esclaves d’une pensée particulière !
Or, se réunir selon que la Parole l’enseigne sur ce fondement de l’unité du corps, autour de la Personne du Seigneur Jésus, qui est le seul centre et s’il s’agit du culte en exprimant l’unité du corps, c’est évidemment aux antipodes du sectarisme. Nous commençons à être sectaires quand nous considérons cela comme un principe propre aux frères qui nous met à part dans chrétienté.
Il y a des croyants dans l’Église catholique, dans le protestantisme. Ils font partie du même corps. Ce qui est important, c’est de préserver dans toute la mesure où nous le pouvons la sainteté du nom du Seigneur et cela s’appelle la séparation du mal.
Le terme qui, dans la Parole, est traduit par secte veut dire : le résultat d’un choix ; c’est l’esprit humain faisant un choix entre des vérités et groupant des gens autour d’une pensée.
Les expressions locales de ce qui a été appelé à juste titre l’Assemblée universelle, ces assembles locales sont l’expression de l’Assemblée de Dieu. Il faut quand même, si nous employons l’expression de l’assemblée de X., il faut que la vérité demeure dans notre esprit. Nous ne trouvons pas dans la Parole l’assemblée d’Éphèse, mais « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » (1 Cor. 1. 2).
Nous trouvons le terme assemblée de Dieu appliqué à une assemblée locale, mais toujours dans le sens qu’elle n’est là que l’expression de l’Assemblée universelle.
1 Corinthiens 12. 27 : « Vous êtes le corps de Christ et ses membres chacun en particulier ». Nous avons les assemblées de Dieu (ch. 11. 16). Il s’agit des assemblées locales, chacune d’elles étant l’expression de la seule assemblée du corps de Christ.
Ce qui est courant dans la chrétienté, c’est qu’on est membre d’une Église. C’est en opposition absolue avec ce que la Parole nous enseigne.
Dans la chrétienté, on parle de la communion de l’Église universelle, on entend par là tous ceux font profession d’être chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont baptisés, mais l’Assemblée de Dieu est composée de membres vivants, baptisés du Saint Esprit. Cette confusion est courante et nous avons bien besoin d’y prendre, garde. Nous n’avons pas le droit d’appeler Église chrétienne l’ensemble de la chrétienté.
L’Église universelle est employée de façon coupable par la profession sans vie et sera traité comme ayant usurpé le nom d’Église. Lorsque la véritable Église, c’est-à-dire ceux qui ont la vie, sera enlevée au ciel, il ne restera que la profession sans vie et cela conduira à la grande Babylone, lorsque l’unité de nom sera faite. Ce sera celui de la grande prostituée du chapitre 17 de l’Apocalypse.
Il est dangereux aussi de dire que nous sommes les frères ; les questions d’appellation ne doivent pas nous préoccuper. Si nous disons que nous sommes les frères, c’est accaparer à notre avantage ce qui déborde bien largement le petit nombre qui se connaissent et qui ont le privilège de se réunir. C’est toute l’Assemblée de Dieu qui est composée des frères, mais ils sont dispersés dans la confusion actuelle. Par la grâce de Dieu, nous sommes des frères. « Honorez tous les hommes, aimez tous les frères » (1 Pier. 2. 17).
Cette appellation de frères traduisait, dans les années précédentes, un degré de communion. Nous pouvons saisir l’occasion pour signaler la différence qu’il y a entre l’amour et la communion. S’il y a dans le voisinage, un chrétien connu comme tel, il a en principe le droit de venir rompre le pain à la table du Seigneur, le dimanche, comme le plus excellent des frères de la localité.
Du moment où il accepterait cela, il tombe tout de suite sous le coup des disciplines qui régissent un groupement local, qui est l’expression de l’assemblée de Dieu, c’est-à-dire comme on l’a rappelé tout à l’heure, la séparation du mal doctrinal et c’est ainsi que nous arrivons à 1 Corinthiens 10.
Un tel homme qui a tout à fait le droit, comme n’importe qui, de prendre la cène, doit être instruit sur la vérité et une fois instruit, les saints sont responsables d’agir à son égard suivant son comportement devant la vérité qui lui a été enseignée. Il ne peut pas mettre le rassemblement local en communion avec le système dans lequel il continue à vivre et en particulier en y prenant aussi la cène. Ce sont des choses qu’il est bon de rappeler aux jeunes.
Tout chrétien a sa place là, mais d’un autre côté, dans les jours de ruine, les fidèles ont le devoir de maintenir ce très grand principe : la sainteté de la table du Seigneur. C’est ce que nous trouvons en 1 Corinthiens 11. Quant à la moralité, la conduite et au point de vue religieux en 1 Corinthiens 10.
En ce qui concerne l’amour et la communion, si nous rencontrons un chrétien dans un milieu quelconque, nous le reconnaissons comme tel et nous pouvons avoir avec lui une libre communion sur pas mal de points. Nous avons à aimer ce chrétien comme nous aimons un frère avec lequel nous marchons depuis 50 ans.
Nous pouvons demander que notre cœur s’élargisse et que nous pensions à tous ces enfants de Dieu et les aimions tous autant. Le Seigneur les aime autant et le Père les aime autant. Ce serait alors du sectarisme de cœur de ne pas les aimer autant. Nous avons le devoir, vis-à-vis de ces personnes là, par notre marche, ou à l’occasion par la Parole, de leur dire que le terrain sur lequel ils se trouvent n’est pas le terrain de la vérité.
La communion donc, avec ces personnes, n’atteint pas le degré que nous avons avec un frère avec lequel nous marchons, mais l’amour que nous avons pour cette personne peut atteindre le même niveau. Ce même amour à l’égard de ces personnes nous force à leur faire sentir que nous ne pouvons pas aller avec elles pour des raisons scripturaires.
Nous aimons Dieu et nous aimons ses enfants, et nous aimons les enfants de Dieu quand nous aimons Dieu (1 Jean 5. 2). Il est impossible d’aimer un chrétien si nous ne l’aimons pas dans la vérité et si nous manifestons de l’amour à son égard en faisant fléchir des principes de la vérité divine. Nous n’aimons plus.
Les versets sont encourageants pour les fidèles, parce qu’ils les engagent à surmonter la souffrance que leur cause le fait qu’ils sont obligés d’avoir de la réserve envers des chrétiens qu’ils aiment et de ne pas aller avec eux dans le chemin où ceux-ci marchent. Nous devrions penser à tous ces chrétiens dispersés, en souffrant, en éprouvant de la douleur.
C’est une cause de souffrance pour le Seigneur de voir tous les siens dispersés comme ils le sont. Nous devons accepter le gouvernement sous lequel Il nous tient, gouvernement de cette dispersion ; et ne pensons pas que nous verrons le rétablissement de l’Église primitive. Nos devanciers n’ont jamais cherché à faire cela d’ailleurs, ils n’en avaient aucunement l’intention. Ne pensons pas que nous pourrons rétablir l’Église primitive. Si des frères, dans un endroit, ont à cœur de réaliser l’Assemblée de Dieu, colonne et soutien de la vérité, Dieu amènera là des personnes qu’Il voudra y conduire. Si nous étions plus fidèles, nous verrions cela plus fréquemment.
Si nous avons le sentiment qui a été exprimé, à l’égard des nombreux chrétiens, véritables enfants de Dieu, dispersés dans tous les systèmes da la chrétienté, il y aura cette souffrance qui sera quelque chose de tout différent de la hauteur, pour ne pas dire davantage, avec laquelle il arrive que nous les traitions et c’est une chose à laquelle nous avons besoin de faire grande attention. Ces attitudes de supériorité, comme si nous avions quelque mérite à avoir été mis à part, sont très graves. Que Dieu nous donne d’avoir un cœur large dans le chemin étroit.
Les personnes chrétiennes, parmi les frères, qui ont une tendance à élargir le chemin, sont extrêmement coupables et constituent un danger pour ce qui est le témoignage. Le témoignage, c’est l’expression de la pensée de Dieu dans le christianisme, du conseil de Dieu, de l’œuvre de Dieu dans le christianisme.
Mais ce danger existe, les tendances à élargir existent. D’autre part, c’est peut-être une réaction non justifiable, une réaction à des tendances étroites coupables. S’il y a de la piété dans un groupe de chrétiens, dans un rassemblement local, s’il y a de la piété, de la crainte de Dieu, le Seigneur aide à réaliser cet équilibre entre les deux. Le témoignage fait, son chemin antre ces deux dangers extrêmes, c’est-à-dire que le Seigneur l’y conduit.
Ce sont des questions d’une très grande importance de nos jours. Ne pensons pas qu’un rassemblement local peut vivre d’habitudes et de traditions. Un rassemblement local vit de foi dans chacun de ses membres, de piété, de crainte de Dieu. C’est bien un danger qu’après tant d’années de témoignage derrière nous, nous en soyons réduits bien des fois à agir d’une façon machinale et sans avoir été exercés personnellement sur la vérité. C’est probablement pour cela qu’on nous a proposé cette méditation.
« Là où deux ou trois sont assemblés… ». Comme chacun le sait bien, cette parole du Seigneur vient après la réunion de prières, en rapport avec la prière : « si deux sont d’accord… ». À ce propos, le Seigneur donne ce principe valable pour tous les temps, cette ressource immanquable et extérieurement si facile à réaliser. Il n’est question ni de lieu, ni d’édifice, ni de hiérarchie, ni d’organisation quelconque, ni de nombre, puisque cela est réduit à l’expression la plus simple : deux ou trois, et la présence du Seigneur est assurée là où on est assemblé en son nom.
Il est le Saint et le Véritable. Voilà la ressource dans les temps les plus fâcheux. Il est toujours le Même. Qu’il s’agisse de vérité, qu’il s’agisse d’amour, c’est en Lui que nous trouvons l’expression parfaite de tout cela. Il est Celui qui est venu apporter la grâce et la vérité, Il est Celui dont l’amour l’a mené à se livrer pour les siens, Il est Celui qui a glorifié Dieu en toutes choses et qui est maintenant glorifié.
Nous avons la réalisation du rassemblement le plus béni qui ait eu lieu sur la terre, lorsqu’aussitôt après la résurrection, Jésus a accompli la promesse que nous avons ici. Lorsque le soir de ce jour là, les siens ont été rassemblés en son nom, ils étaient rassemblés autour de Celui qu’ils avaient connu comme leur Maître, mais c’était son nom qui les réunissait : Jésus vint… et les disciples se réjouirent (voir Jean 20. 19 et 20).
Depuis, tous les rassemblements au nom du Seigneur ont été marqués de la même précieuse faveur, la même précieuse bénédiction.
Nous l’avons ici en rapport avec la réunion de prières et cette évocation d’une réunion de prières est liée même à cette autorité confiée à l’Assemblée. « Tout ce que vous lierez sur la terre… ». Cela étant amené par les difficultés entre frères, l’Assemblée agit en dernier ressort.
C’est le principe qui est posé, ce qui est dit de l’Assemblée s’applique, à l’Église chrétienne telle que Paul la désignera. L’Assemblée a une autorité qui s’exerce précisément pour le bien de ses membres, pour que soit rétabli entre ceux qu’une contestation a divisés, une harmonie, une communion si cela n’est pas possible, une décision doit être prise par l’Assemblée elle-même. Nous avons là le principe de tout ce qui est administration par l’Assemblée.
L’attitude demandée à l’égard de ceux du dehors se trouve dominée, commandée par ce fait que le Seigneur est là avec l’autorité qui Lui appartient. Il y a une autorité dans l’Assemblée qui découle de la seigneurie de Christ et alors, combien il est solennel de prendre une décision au nom du Seigneur, combien il est solennel aussi de dire que nous sommes rassemblés au nom du Seigneur.
L’Assemblée n’est pas infaillible, mais elle a une autorité parce que le Seigneur est là. Que de fois il peut nous arriver de dire que nous sommes réunis au nom du Seigneur ou réclamer la présence du Seigneur au milieu de nous sans qu’en fait nous éprouvions ou réalisions que nous sommes réunis au nom du Seigneur. Là encore, que la routine, les accoutumances ne nous troublent pas ! Nous avons besoin d’y prendre garde.
Il nous arrive de dire : le Seigneur nous donne rendez-vous, il faut que nous y allions. C’est l’inverse de ce que nous avons ici. « Là où deux ou trois sont… ». Quant à l’attitude prise vis-à-vis de ceux du dehors, ce ne doit être que l’application de ce que nous avons ici. Ce n’est pas un corps particulier au sein du grand corps de Christ ou de la chrétienté qui fonctionne pour admettre celui-ci-ou celui-là selon qu’on a des affinités avec lui ou pas.
Il s’agit d’un rassemblement au nom du Seigneur qui agit vis-à-vis de ceux qui sont et de ceux qui désirent faire partie conformément à ce qu’exige le nom du Seigneur et la sainteté de la table du Seigneur.
Les frères ne sont pas l’Assemblée. Deux ou trois frères ne sont pas l’Assemblée. Tous les frères du rassemblement local ne sont pas l’Assemblée. C’est l’ensemble des frères et des sœurs qui constituent l’assemblée de la localité, qu’ils soient habituellement présents au rassemblement local ou pas. Ce n’est pas du tout superflu de le rappeler.
L’activité administrative du rassemblement local est d’une très grande importance. Dans un rassemblement local, le Seigneur agit soit pour le développer, soit pour l’entretenir et l’édifier. Il agit par les dons. Ce n’est pas notre sujet. Pour le bon ordre de l’assemblée locale, en principe, il devrait y avoir des anciens, non pas officiels, mais revêtus par le Seigneur de qualification de ce genre.
Un rassemblement de chrétiens authentiques n’est pas à l’abri de toutes sortes de misères, de désordres, et même hélas ! de scandales.
Cela suffirait à nous rappeler avec plus de force encore ce qui nous a été dit tout à l’heure. Les frères n’ont pas à lever la tête ; au contraire, ils ont à la baisser plus que tous les chrétiens du monde entier. Étant donné ce qu’ils ont entre les mains, ils sont bien loin d’être fidèles comme le sont les chrétiens dans certains milieux qui nous feront honte quand leur vie sera manifestée. Nous nous réjouissons à cette pensée qu’il y a des saints qui, en apparence, sont bien moins privilégiés que nous et auront donné beaucoup de joie au Seigneur. Cela nous garde d’une étroitesse de cœur.
Il est donc nécessaire qu’une vigilance s’exerce pour l’ordre dans l’Assemblée, l’ordre de toutes manières. Qu’est-ce que l’ordre ? Nous le trouvons dans l’épître aux Corinthiens. Dieu est un Dieu d’ordre. Cela suffit à répondre à bien des questions à propos de ce qui se passe ailleurs. Qu’est-ce que l’ordre en tous points ? La volonté de Dieu.
Comme nous avons tous notre volonté propre, il y a toujours, dans le rassemblement des saints, des questions plus ou moins graves qui finissent par surgir. Si nous sommes réunis au nom du Seigneur et autour du Seigneur, par conséquent, c’est la présence du Seigneur qui régit tout ce qui doit se passer.
Les décisions sont réglées par l’assemblée comme telle. Les frères peuvent savoir beaucoup de choses et n’en dire qu’une partie, car il n’est pas nécessaire de tout étaler, mais l’assemblée doit en savoir assez pour qu’une admission ou une exclusion soit prononcée au nom du Seigneur par l’assemblée réunie exprès pour cela, toute entière, frères et sœurs.
La valeur de ces décisions, de ces actes administratifs : une réception ou le fait d’ôter un méchant, la valeur de l’acte et son sens, réside dans le fait de la présence du Seigneur dans l’Assemblée.
Est-ce que la présence du Seigneur est assurée en dépit de tout ce qui peut se passer quelquefois ? Où est l’assemblée d’Éphèse aujourd’hui ? Nous avons l’air de nous réclamer de la présence du Seigneur comme si automatiquement elle était assurée pour toujours. Ce n’est pas vrai du tout.
« Repens-toi… sinon j’ôterai ta lampe de son lieu, à moins que tu ne te repentes » (Apoc. 2. 5). C’est donc très sérieux. Veillons à ce que l’assemblée soit exercée pour réaliser cette présence dans son sein ; cela se fait par l’action du Saint Esprit, par la Parole de Dieu et les effets de la présence du Seigneur. Une assemblée exercée sera très heureuse et sera marquée par un caractère de gravité remarquable de la présence de Dieu car, où Dieu est, la chair est tenue en bride.
« L’Éternel est dans le palais de sa sainteté, que toute chair fasse silence devant Lui » (Ps. 11. 4).
Lorsque la présence du Seigneur est réalisée, nous sommes bien obligés de reconnaître que les joies que le Seigneur nous donne sont les joies les plus propres à nous fortifier dans la foi, dans le chemin pendant la traversée de ce désert.
L’assemblée elle-même n’a pas de pouvoir, mais elle a un devoir. Ce devoir est en rapport précisément avec ce dont le Seigneur l’investit. Il s’agit de l’autorité du Seigneur, il s’agit de l’action de l’Esprit dans l’assemblée mais c’est l’assemblée comme telle qui a à prendre des décisions et c’est là son devoir, le devoir toujours en rapport avec la position où l’on est placé, aussi bien que la relation dans laquelle on est mis.
En rapport avec les points essentiels qui ont été présentés, l’assemblée doit recevoir ceux que le Seigneur reçoit et elle est dans l’obligation douloureuse sans doute d’ôter du milieu d’elle ceux que le Seigneur appelle « les méchants ». Voilà les deux côtés : faire entrer ; exclure.
Romains 15. 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi Christ vous a reçus à la gloire de Dieu ».
1 Corinthiens 5. 12 et 13 : « Est-ce à moi de juger ceux du dehors ?…. Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes ».
Premier devoir, heureux entre tous. Le second, douloureux et humiliant. Mais, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de rendre au Seigneur ce qui Lui est dû.
Pratiquement aussi, il est très important de laisser à l’Assemblée tout le temps nécessaire pour que les exercices aient lieu dans un cas et dans l’autre. Il arrive hélas fréquemment que la chose ne se réalise pas.
Cet oubli du fait que l’assemblée comme telle a affaire au Seigneur, qu’elle doit être exercée dans sa conscience devant le Seigneur, fait que des désordres s’ensuivent et bien des douleurs. Il faut respecter la conscience de l’assemblée et, à priori, penser que c’est la présence du Seigneur dans l’assemblée qui produit des exercices et des réserves chez des saints.
Il se peut que ce ne soit pas toujours le cas, mais s’attendre au Seigneur est toujours le grand point. D’autre part, c’est aussi là qu’il est important qu’il n’y ait pas d’esprit de parti.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, elle est aussi la colonne et le soutien du fait qu’il n’y a en elle ni homme, ni femme, ni Grec, ni Juif. Voilà la vérité. Ce n’est pas peu de chose que d’être réunis sur ce terrain là, et c’est tellement vrai que beaucoup de chrétiens refusent de s’engager sur un pareil terrain parce qu’ils aiment mieux un état plus mélangé. Le mélange est très commode, il réunit des choses qui sont de Dieu et des choses qui sont de l’homme.
Ces dernières, nous les reconnaissons et les apprécions tous. Mais, dans le domaine propre de l’Assemblée, ces éléments là n’ont pas de place. Personne ne peut contester cela. Nous pouvons reconnaître que nous avons manqué sur bien des points d’une manière ou d’une autre. Considérons mieux ce que c’est que d’être réunis au nom du Seigneur pour tous les actes administratifs et pour tout autre chose.
Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’une exclusion, fait très douloureux, il faut encore, peut-être plus que pour une admission, qu’il y ait tout l’exercice nécessaire et ne découvrir devant tous que le minimum du mal commis, seulement ce qui est nécessaire pour que ce mal pèse sur l’assemblée comme il se doit. Le grand principe, c’est que l’assemblée soit laissée libre pour être exercée tout le temps nécessaire. Quand le moment est venu pour prendre ainsi cette décision au nom du Seigneur, cette décision que Lui-même revêtira de son sceau sera approuvée dans le ciel.
L’assemblée n’a jamais la place d’un juge. Chers frères et sœurs, c’est hélas souvent que l’on a l’impression que les frères agissent là en juges, en justiciers. Sur ce point là, comme sur pas mal d’autres, peut-être que des personnes qui ont une certaine tendance à critiquer nos devanciers feraient bien de lire un peu mieux ces derniers, et ils verront que ce sont ceux-là qui nous ont toujours mis en garde contre les dangers de droite ou de gauche, en particulier pour un acte d’exclusion.
Ils nous disent avec une fidélité qui est celle de leur dévouement pour le Seigneur et pour les saints : une assemblée ne doit jamais s’ériger en juge et quand elle exclut quelqu’un, elle ne doit pas le faire comme des juges qui condamnent un coupable. Il faut que ce soit dans un esprit de brisement, d’humiliation et l’assemblée prend sur elle la faute du coupable ; c’est quelqu’un qui a fait partie de l’Assemblée, c’est un mal qu’elle peut confesser comme étant sien.
En outre, chacun des frères et des sœurs de l’assemblée doit se connaître assez pour se rendre compte qu’en aucun cas, l’attitude d’un juge indemne ne lui convient, mais bien plutôt l’attitude contraire.
L’exclusion est toujours le terme final de tous les exercices de discipline et a pour dessein de la part du Seigneur et pour l’assemblée elle-même la restauration du fidèle. L’assemblée n’a donc qu’une chose à faire, à mener deuil, parce qu’elle a été obligée de se séparer de quelqu’un qui a vécu dans son sein. Sûrement, nous avons tous en cela quelque chose à apprendre : la dureté ne sied pas aux saints.
Nous sommes tous très misérables. Dans l’assemblée, nous devrions en avoir le sentiment plus qu’ailleurs. Cela d’ailleurs ne nous fera pas fléchir quand il s’agira de prendre un acte et quand on sentira que le moment est arrivé qu’on ne peut plus supporter la présence de quelqu’un dont on est obligé de dire : il est un méchant.
Si le terme est employé dans la Parole quant à une action exercée de la sorte dans l’assemblée, c’est en rapport avec la discipline à l’intérieur de l’assemblée. Il y a une discipline fraternelle qui a pour objet de juger le mal de sorte qu’il soit ôté et, dans ce sens, les frères sont appelés à juger. « Ceux du dedans, vous les jugez vous-mêmes ». Quand vient le moment où il faut ôter le méchant, il n’y a plus d’exercices de discipline, c’est l’exécution d’un acte profondément douloureux. Il devrait en être ainsi pour nous. Autrement dit, il n’y a plus de discipline possible à leur égard. Nous n’avons plus à nous occuper de ces choses pour les juger ensemble. Il faut nous séparer de celui qui a été entraîné par Satan dans un tel état.
L’apôtre reprochait aux Corinthiens d’être enflés d’orgueil. L’esprit de jugement paraît être chez nous la manifestation de cet esprit d’orgueil. « Vous n’avez pas plutôt mené deuil ».
Une décision d’assemblée lie les autres assemblées. L’unité du corps entraîne cela.
L’exercice de la discipline de l’assemblée, de quelque action que ce soit, revêt ainsi une importance particulière et doit être envisagé avec une solennité d’autant plus grande que cela ne lie pas seulement l’assemblée locale, mais l’ensemble de l’Assemblée de Dieu.
Seulement le même principe de l’unité du corps fait que, dans les autres assemblées locales, des chrétiens appartenant à d’autres assemblées locales que celle où les décisions ont été prises, s’ils sont amenés à connaître des circonstances que l’assemblée locale qui a pris la décision ne connaît pas ou peut être à voir les choses d’une certaine manière plus juste, plus conforme à la vérité que l’assemblée qui a pris la décision, ils ont individuellement et l’assemblée peut avoir collectivement à présenter à cette assemblée locale, dans l’amour et avec toute la prudence et toute la patience nécessaire, les observations nécessaires pour que celle-ci examine devant le Seigneur, si elle ne se serait pas trompée, car l’autorité de l’Assemblée ne veut dire en aucune manière infaillibilité.
C’est une mauvaise pratique que de recevoir, dans un rassemblement local, une personne qui a été exclue d’un autre, nous savons bien qu’elle a cours et justement parmi des chrétiens qui, par ailleurs, ont de grandes qualités chrétiennes, mais avec lesquels nous ne pouvons pas avoir communion à cause de cela.
Si un frère est exclu pour mauvaise conduite dans l’assemblée de X. et qu’on le reçoive à Y. nous voyons tout de suite que le chemin est ainsi frayé à tous les maux possibles, l’installation du mal dans les groupes chrétiens, puisqu’il n’y a plus de jugement. On voit, si cela se généralisait, à quels désordres cette pratique pourrait conduire ; elle détruit la conscience des individus et des assemblées elles-mêmes.
Il peut arriver aussi que l’on doive se séparer d’une assemblée. Rappelons à ce sujet, qu’on n’excommunie pas une assemblée. Une assemblée locale a, de la part du Seigneur, un droit d’action dans son sein. Elle exclut un frère ou une sœur qui fait partie de cette assemblée locale et c’est un devoir.
On ne trouve pas que ce devoir de l’assemblée s’étende de cette manière là à une autre assemblée. On n’excommunie donc pas une assemblée.
Sur quel principe peut-on faire reposer le fait que l’on se sépare de cette assemblée ? Excommunication d’une assemblée par une autre n’est pas dans l’Écriture. Excommunication d’un chrétien, ceci est dans l’Écriture. Sur quels principes une assemblée qui marche avec le Seigneur peut-elle agir vis-à-vis de l’assemblée dont l’état est sans remède ? Sur le grand principe établi par la Parole : « Qu’il se retire de l’iniquité » (2 Tim. 2. 19).
Celui qui prononce le nom du Seigneur, individu ou groupe chrétien, reçoit l’injonction de se séparer de l’iniquité (ce principe de la séparation, d’ailleurs, peut s’appliquer même à un chrétien professant, qui est plus responsable qu’un païen, à cet égard là).
L’assemblée se sépare du mal en obéissant à ce principe qui traverse toute la Bible. Ceux qui ont affaire à Dieu doivent toujours avoir pour souci, de la part de Dieu, de se séparer du mal, ou alors ils se placent eux-mêmes sous le gouvernement de Dieu.
Une assemblée qui, sciemment, soutient le mal, perd, si elle persiste dans cette attitude son caractère d’assemblée.
Ce principe d’assemblée est bien établi dans la 2ème épître à Timothée.
La première face du sceau : « le solide fondement de Dieu demeure, le Seigneur connaît ceux qui sont siens ». Voilà le côté encourageant pour nous. Deuxième face : « Qu’il se retire de l’iniquité ».
D’un autre côté, nous avons vu, dans la première épître aux Corinthiens, ch. 10, le devoir du croyant, individuellement, puis des croyants ensemble, de ne pas associer la table du Seigneur à ceux qui déshonorent le nom du Seigneur. Il y a là l’expression de la communion.
La communion est la réalisation en commun de nos privilèges, qui ne peut pas se faire dans tous les cas. L’apôtre établit que la table du Seigneur et la participation à la table du Seigneur expriment l’unité du corps, mais la communion du corps de Christ, la communion du sang de Christ.
L’exemple est pris du culte d’Israël : « ceux qui mangent du sacrifice n’ont-ils pas communion avec l’autel ? » (1 Cor. 10. 18).
Il y a un même caractère moral qui est exprimé collectivement.
Or, dit l’apôtre, vous ne pouvez pas mettre la table du Seigneur en communion avec la table des démons. Ceci est dit en rapport avec l’idolâtrie. Le fait de s’associer à des païens qui, eux, voyaient quelque chose derrière l’idole et sacrifiaient aux démons et non à Dieu, mettait ces chrétiens en communion avec les idoles ; par là même, ils mettaient la table du Seigneur à laquelle ils participaient, en communion avec cette table des démons.
Aujourd’hui, nous n’avons plus à faire avec des idoles de la sorte. Le principe demeure. Gardons-nous d’appeler table des démons quelque table que ce soit dans la chrétienté – mais le principe demeure. Être en communion avec ceux qui participent à une table : autrement dit, lorsqu’un rassemblement de croyants prend la cène du Seigneur, réuni à une table et admet des doctrines, qui ruinant les fondements du christianisme ou tolère ouvertement, sciemment, en toute connaissance de cause, un mal moral déclaré, il se trouve souillé. Participer à cette table là c’est participer à cette souillure, c’est se trouver dans le même cas que ces croyants.
On peut penser être responsables seulement individuellement, mais non, nous engageons la table du Seigneur. « Toutes choses dont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses et n’édifient pas » (1 Cor. 10. 23). C’est le principe moral, général, mais là s’ajoutait tout ce que faisaient ces gens qui voulaient appartenir à la table du Seigneur et en même temps se permettre d’aller chez les démons.
Dans les admissions, nous ne devons pas nous contenter de savoir qu’il y a la vie en ceux qui demandent à prendre leur place. Il faut aussi se demander comment ils comprennent cela. Connaître leur position ecclésiastique aussi bien que leur conduite morale. Il s’agit là d’obéissance à la Parole.
Pas de communion entre deux frères et qui, pourtant, l’expriment pratiquement à la table du Seigneur ? Nous nous retrouvons ici dans le cas de Matthieu 18.
La séparation, qui a caractérisée tout témoignage et dans les derniers jours aussi bien, n’est pas un principe inventé. On a souvent l’air d’avoir accusé des chrétiens, des frères, d’avoir inventé cela. C’est l’Écriture qui trace ce chemin. On comprend qu’il y ait bien des chrétiens qui aient de la peine à s’engager dans ce chemin là et à rompre des liens avec des chrétiens, d’ailleurs qui peuvent être très pieux et très dévoués. Nous en souffrons aussi tout particulièrement.
Il ne faut pas croire que cette position de séparation, on puisse la tenir de gaîté de cœur. Au contraire, nous devons accepter cela comme un châtiment du Seigneur à la suite des infidélités qui ont été commises depuis le commencement dans l’Église et de celles que nous avons tous commises nous-mêmes.
Si nous étions plus fidèles, il est bien évident qu’on verrait beaucoup plus de chrétiens être groupés par le Seigneur autour de Lui ; la séparation à laquelle nous sommes appelés n’a rien qui nous permette de nous élever et faire de nous des pharisiens. C’est une séparation douloureuse, humiliante, une séparation avec larmes, mais la Parole est là, elle est notre ressource, notre consolation et notre lumière dans ce chemin de la séparation.
Si c’était une séparation de forme que nous héritons, des attitudes que nous avons vues chez d’autres qui nous ont devancés, attitudes qui étaient chez eux le fruit de la foi et de la piété, nous risquerions d’avoir seulement de l’imitation, et c’est contre quoi nous avons à lutter, chacun et dans les assemblées, ou alors ce serait bien triste si nous ne faisions qu’imiter les actes de ceux qui nous ont devancés.
La fidélité dans les derniers jours conduit inévitablement à la séparation.
Heureusement que l’Écriture est là. Si elle n’était pas là, il est bien évident que nous irions, nous aussi, partout, et ce serait bien plus agréable, humainement parlant.
Paroles d’un frère qui nous a beaucoup enseignés : on lui demandait si vous alliez selon votre cœur, vos sentiments, qu’aimeriez-vous le mieux, où iriez-vous ? Oh ! certainement pas avec les frères.
Seulement, c’était là que le Seigneur le voulait et c’est là que son amour s’exerçait avec les frères et il a été là en bénédiction.
D’après Réunion au Riou août 1963