
La pensée des frères du Plateau a été de considérer, dans la première épître aux Corinthiens, la responsabilité du croyant dans l’Assemblée et le ministère de l’Esprit dans l’Assemblée, sans peut-être faire une étude suivie de l’épître toute entière.
L’introduction de l’épître est déjà quelque chose de toute importance. La première épître aux Corinthiens est, entre toutes les épîtres de Paul, celle qui traite de la manière la plus directe, la plus profonde et pratique à la fois, la question de l’ordre dans ce qui porte ici-bas le nom d’Assemblée de Dieu.
Avant de parler de questions précises particulières dont il avait à entretenir les Corinthiens, avant de leur parler de tant de choses qui, parmi eux, n’étaient pas convenables dans l’Assemblée de Dieu, des désordres, des scandales, des souillures, avant toute chose – et c’est l’objet des versets ci-dessus – il replace devant eux quelle est l’excellence de leur position comme saints, individuellement et comme Assemblée, en Christ, devant Dieu, de la part de Dieu, l’excellence de ce que Dieu a fait, de ce qu’Il a donné et de ce qu’Il fera. Il commence par là.
Et cela seul serait pour nous un enseignement du plus haut prix. Toutes les fois que nous parlons de l’Assemblée, que nous nous occupons de l’Assemblée, qu’il y a une activité de l’Assemblée, il importe que nous revenions toujours au point de départ, à ce que Dieu a voulu, à ce qu’Il a fait et ce qu’Il fera, à la pensée de Dieu, au conseil de Dieu, à l’amour de Dieu.
Le caractère de Dieu est ici imprimé à l’Assemblée ; c’est « l’Assemblée de Dieu ». Il y avait une « assemblée de Dieu à Corinthe ». Il y avait un ensemble de gens qui se rassemblaient et qui pouvaient être appelés « l’Assemblée de Dieu ».
C’était quelque chose d’entièrement nouveau alors, dans un monde païen, monde marqué par tout le déploiement et toutes les prétentions de la sagesse humaine, mais aussi tout le débordement d’une immoralité dont précisément cette ville de Corinthe était comme un symbole, ville à la fois très riche et très dissolue, riche en temples aussi bien qu’en toutes sortes de choses matérielles, mais l’un des lieux par excellence du paganisme dans ce qu’il avait de plus brillant. Il y avait aussi une synagogue, où Paul a prêché (Act. 18).
Mais voici qu’il y avait là maintenant autre chose : une Assemblée de Dieu, « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » ; une expression visible – et responsable, mais comblée de dons et de privilèges – de ce qui peut être appelé « l’Assemblée de Dieu ».
Elle est caractérisée par Dieu Lui-même, par ce que Dieu est, et elle est appelée alors à marcher en rapport avec ce que Dieu a révélé de Lui-même en Christ. Il ne s’agit pas de nous, lorsque nous parlons de l’Assemblée : il s’agit de Dieu et de l’Assemblée de Dieu ; ce n’est pas notre caractère qui est à mettre en avant, c’est le caractère de Dieu. Et il semble que cela prend un relief particulier quand nous pensons à cette Assemblée « à Corinthe ».
C’était une assemblée jeune ; elle existait depuis trois ou quatre ans au plus quand Paul a dû leur écrire cette lettre. Elle avait été enseignée par Paul, par Apollos, certainement aussi par des docteurs venus des milieux juifs, par Céphas. Ils avaient reçu des dons de grâce. Ils avaient été enrichis en toute parole et toute connaissance. En peu de temps, ils avaient certainement appris beaucoup.
Mais ils n’avaient pas la Parole telle que nous l’avons : ils n’avaient pas l’épître aux Éphésiens, ni celle aux Colossiens, ni celle aux Romains. Seules les deux épîtres aux Thessaloniciens avaient été écrites. Cela explique dans une mesure cette ignorance dans laquelle beaucoup se trouvaient, malgré la connaissance dont ils étaient fiers.
Cela nous amène à dire et à confesser combien nous sommes plus responsables et moins excusables qu’ils ne l’étaient. S’ils avaient été enrichis en toute parole et toute connaissance, qu’avons-nous entre les mains ? La Parole toute entière : et tout ce qui, génération après génération, réveil après réveil ; selon les opérations de l’Esprit de Dieu et la sagesse de Dieu a été remis en lumière suivant les besoins. Combien sommes-nous plus privilégiés que-les Corinthiens !
Or, nous sommes vite disposés à leur jeter la pierre, à dire : comme ils jouaient puérilement avec les dons qu’ils avaient reçus… ils s’enorgueillissaient des dons reçus. Mais que dire de l’esprit auquel nous ne participons que trop, qui est l’esprit de Laodicée, qui ne dit pas : Dieu m’a enrichi, mais : « je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien ».
Car, nous sommes à l’autre extrémité de l’histoire de-l’Église sur la terre. Mais, pour les Corinthiens à ce moment-là, à la mise en route de ces assemblées formées dans le monde païen, aussi bien que dans nos temps, ce qui importe, c’est de revenir à ce que Dieu a établi.
Et dans ces versets, bien qu’ils fassent appel sans cesse à notre responsabilité, il y a, on peut dire, uniquement ce qui est de la part de Dieu.
C’est notre responsabilité de maintenir cela et de le faire ensemble. Il faut d’abord marcher individuellement. Dieu nous a donné une position et tout ce qui est nécessaire pour nous y maintenir. Le niveau n’a pas changé ; la sainteté du nom de Christ est toujours la même, c’est nous qui en abaisserions vite le niveau.
Mais les ressources sont immenses, infinies ; elles vont jusqu’à « la journée de notre Seigneur Jésus Christ » et tout est fondé, d’un côté sur les conseils de Dieu, de l’autre sur sa fidélité dans ses voies pour amener toutes choses à l’accomplissement de ses desseins.
Dans ce chapitre tout particulièrement, le nom qui domine est celui de Dieu Lui-même. Paul est apôtre appelé « par la volonté de Dieu ». L’assemblée qui est à Corinthe, c’est l’assemblée de Dieu. Plus loin, quand l’apôtre rend grâce à Dieu, il parle de « la grâce de Dieu qui vous a été donnée » ; puis « Dieu est fidèle » ; puis ensuite, il sera question de ce qu’il a plu à Dieu, en contraste avec la folie des hommes, puis de « Dieu qui a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les choses sages ». Enfin, l’apôtre dira ce que nous, les croyants, ce que vous, les Corinthiens, « vous avez été faits de la part de Dieu ».
Alors, quand il est question de l’Assemblée de Dieu, nous voyons à quelle hauteur nous nous trouvons placés, quelle dignité est conférée à une assemblée, qui est « l’Assemblée de Dieu ». Il est plus souvent parlé, dans la Parole, de « l’assemblée de Dieu » que de « l’assemblée de Christ » ; ici, en contraste aussi bien avec le monde païen qu’avec le peuple juif. C’est certainement la pensée à laquelle nous avons toujours à revenir, que l’Assemblée n’est pas notre chose, qu’elle n’est pas une réunion de chrétiens selon leurs meilleures intentions, leur meilleure volonté. Elle est l’assemblée de Dieu, elle n’est pas l’assemblée des hommes.
L’épître aux Éphésiens nous fait connaître de la plus complète manière le conseil de Dieu quant à l’Église, l’Assemblée, et la position de celle-ci ; elle affirme les choses de la façon la plus forte et la plus sensible. La position des chrétiens, de l’Église, est aussi immuable que la volonté de Dieu. Dans l’épître aux Éphésiens, nous avons la nature, le caractère, la constitution de l’Assemblée ; c’est là que nous apprenons qu’elle n’avait pas été connue auparavant. C’est Paul, et Paul seul, qui a fait connaître l’Assemblée. Mais, quelque élevé que soit le point de vue présenté dans l’épître aux Éphésiens, le Saint Esprit descend aux exhortations les plus ordinaires.
Mais, dans l’épître aux Corinthiens, dans la première surtout, l’Assemblée nous est présentée sous un jour extrêmement instructif. Nous y avons l’Assemblée, pour ainsi dire « portes et fenêtres ouvertes ». Nous voyons ce qui se passe, pratiquement, dans une assemblée comme celle de Corinthe. Et nous comprenons alors combien ces instructions sont opportunes, car ce qui se passe à Corinthe, dans cette ville cultivée et corrompue, se reproduit bien des fois, et surtout de nos jours où la culture et les « progrès », comme on les appelle, se manifestent d’une façon frappante. Le développement de la culture, de la civilisation, va de pair avec le développement de la volonté de l’homme et de la corruption.
L’assemblée de Corinthe vivait dans cette atmosphère, qui l’influençait particulièrement. Cela est encore vrai aujourd’hui. Chacun qui est exercé dans son assemblée peut se rendre compte de quelle manière le monde actuel produit de profonds ravages dans l’état des saints, l’état intérieur, et leur comportement collectif : la culture, la richesse – les frères n’ont jamais ,été aussi riches qu’aujourd’hui ; ce n’est pas un avantage.
Alors, aussi, nous sommes extrêmement reconnaissants envers le Seigneur qu’Il nous ait donné ces récits, ces faits, l’histoire de Corinthe dans des faits sans lesquels, si nous n’avions pas cette épître, nous pourrions être tout à fait découragés et nous pourrions nous demander s’il existe au monde, en ce jour, une assemblée digne de ce nom, étant donné les choses qui se manifestent dans les rassemblements des saints.
Eh bien, avec Corinthe, et dans la manière dont le Seigneur s’occupe d’un état qui n’était pas brillant, nous pouvons trouver des encouragements et des instructions pour pouvoir allier la grâce à la vérité, comme c’est fait dans toutes ces lignes. La grâce fermerait les yeux sur tout, et Dieu ne ferme les yeux sur rien. Il nous dit tout ce qui se passe là ; et les choses écrites ici sont telles que ceux qui ne veulent pas écouter Dieu disent que la Bible n’est pas faite pour être mise entre toutes les mains.
Et pourtant la Bible est faite pour toutes les mains. Grâce soient rendues à Dieu de ce qu’Il veut nous élever jusqu’à Lui pour que nous sachions descendre dans toutes les circonstances qui ne peuvent pas ne pas se produire dans les assemblées des saints. Dieu ne veut pas que nous fermions les yeux. Il nous enseigne à les ouvrir, mais avec un esprit que Lui veut nous donner. Si la vérité doit être à l’œuvre, la grâce est liée à elle, elles ne se séparent jamais.
Nous n’avons pas à reculer devant les tableaux donnés là, au contraire. Dieu est toujours pratique envers nous. Il ne nous donne jamais une vérité haute sans qu’Il en fasse découler des conséquences élémentaires. Nous en avons besoin tous les jours. Et Dieu veuille que ce sujet soit profitable à chacun de nous et aux assemblées auxquelles nous nous rattachons.
Une assemblée ne se tient pas debout seule, ni par la vertu des frères et sœurs ; la chair est plus forte que tous les frères et toutes les sœurs, mais elle n’est pas plus forte que Dieu. Le monde est plus fort que tous les frères, mais il n’est pas plus fort que Dieu. C’est notre ressource, la seule.
Et dans ce chapitre – il est impossible de séparer le préambule de ce qui suit – nous voyons que si Dieu met l’Église à une position si élevée, position assurée pour toujours, nous voyons à cause de quoi Il a pu faire cela, et nous voyons ce qu’Il a fait pour chaque croyant qui fait partie de cette assemblée : la destruction de l’homme ; du premier Adam rempli de prétentions autant que de vices, sa destruction par la croix de Christ.
Et c’est pourquoi ceux qui sont des membres de cette Assemblée, sont des personnes chez lesquelles, en tous lieux et dans tous les temps, Dieu avait produit une transformation intérieure, fondamentale. Il les avait liés à Christ. Il leur a donné de saisir Christ, et par là de trouver en Christ sagesse, justice, sainteté, rédemption. Ces problèmes ne pouvaient pas être éludés, sans quoi jamais Dieu n’aurait pu amener quiconque dans sa présence glorieuse.
Dans ce chapitre, Dieu montre de quelle façon l’homme a été annulé. C’est une chose importante, et dont nous reparlerons aussi. C’est intéressant, parce que Corinthe était une ville brillante aux yeux du monde. On se vante aujourd’hui de la civilisation grecque, on s’y reporte volontiers, on y conduit les générations qui viennent. Le Seigneur nous conduit à ce qu’Il a donné, Lui, à Corinthe, non pas à ce que le monde à donné à Corinthe, et pour tous les saints de Dieu, dans tous les temps ; voilà la culture que Dieu donne à ses saints, celle que nous avons à rechercher avec diligence.
« Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur ». Il y a aussi des philosophes, des moralistes, des théologiens de nos jours, partout, de toute nature et de toute espèce, et des gens qui enseignent des vérités dites chrétiennes et qui sont la destruction de la vérité chrétienne. Mais ceux qui sont liés à Christ sont personnellement dans une position inchangeable, fixée pour toujours.
L’Assemblée ne comprend pas que les chrétiens parmi les frères mais les chrétiens où qu’ils soient. Si nous ne pensons pas à cela, nous sommes sectaires de cœur. Mais ayons le cœur aussi large que Dieu, – ce qui doit être. Nous devons avoir nos pieds dans le sentier très étroit de la séparation de tout ce qui est du monde, de la chair : tout cela a été condamné à la croix. Mais n’oublions jamais. que dans cette localité, il y a sûrement beaucoup de personnes qui font partie de l’Assemblée, sans bien savoir ce qu’est l’Assemblée. Nous devons penser à elles. Tout cela s’adresse à elles.
C’est une épître très importante de nos jours ; elle nous instruit quant à la vie pratique de l’Assemblée. C’est là que nous voyons qu’on doit ôter le méchant ; nos conducteurs ont appliqué cela, mais ils nous montrent dans quel esprit cela doit être fait. Cette seule pensée montre que la position de ceux qui limitent la responsabilité d’une faute à celui qui l’a commise bravent l’Écriture.
Dans tout ce premier chapitre, nous avons la destruction des prétentions de l’homme. C’est important pour la jeunesse chrétienne. Les frères et sœurs plus âgés qui l’entourent ne l’aident pas toujours, nous pouvons le reconnaître. Le Seigneur veut les convaincre de ce fait, fondamental pour la carrière chrétienne, que si Jésus est mort pour le chrétien, pour lui assurer son salut, le chrétien est mort avec Christ, et toute la volonté du chrétien est détruite. Un chrétien n’a pas le droit de faire sa volonté : voilà la perfection chrétienne. Et si nous étions tels, bien des choses ne se verraient pas dans les assemblées.
La grâce présente le conseil de Dieu, la pensée de Dieu quant aux saints et quant à son Assemblée ; avec le secours de l’Esprit, tournons-nous toujours vers les Écritures.
À la fin de ce premier paragraphe, nous lisons que « Dieu… est fidèle ». Fidèle à ses conseils immuables, parce qu’Il les a conçus Lui-même et pour sa propre gloire ; fidèle à ses promesses : dans le Christ Jésus, elles sont « oui et amen » ; fidèle à son conseil de grâce à notre endroit, nous accompagnant comme saints et prenant soin de nous comme Assemblée, dans bien des circonstances où, comme on vient de le dire, nous risquerions d’être désemparés, cherchant en vain dans les archives de l’expérience chrétienne, ou dans nos propres expériences chrétiennes, la sûre ligne de conduite. Et cette fidélité de Dieu produit dans nos cœurs la confiance.
Y aurait-il possibilité de découragement pour ceux qui portent le deuil, qui mènent vraiment deuil sur l’état présent de l’Assemblée ? Des sujets à humiliation, certes. Et nous ne porterons jamais trop le deuil de ces circonstances, en confessant la part que nous avons prise à la faiblesse et à l’infidélité. Là nous sommes dans le chemin du Seigneur. Mais le sentiment que l’Assemblée est l’Assemblée de Dieu, la certitude que le fondement qu’Il en a posé lui-même (ce qu’en 2 Timothée 2. 19, Paul appelle « le fondement de Dieu »), la certitude qu’il est inébranlable parce qu’il est divin, voilà qui garde nos cœurs de tout découragement. L’apôtre revient à cette parole : « Dieu est fidèle ».
Au résidu remonté de la captivité, qui avait eu un élan de cœur – il y avait eu de la joie, du dévouement ; puis l’ennemi était entré dans la place, les avait conduits à perdre de vue les droits de Dieu ; interrompant le travail de sa maison, ils étaient allés s’occuper de leurs propres maisons – nous savons comment l’Esprit de Dieu, par le moyen d’Aggée, produit en eux des sentiments de vraie contrition et renouvelle en eux le sentiment de la consécration.
Alors, après avoir réveillé, fait des reproches, présenté la nécessité d’un redressement, voilà que Dieu s’approche d’eux et les rassure : « Ne craignez pas ; ma Parole et mon Esprit demeurent au milieu de vous », et il porte leurs regards vers la gloire dernière de la maison et vers la Personne de Celui qui l’occupera dans les jours près d’être manifestés, quand « les cieux béniront la terre et que la terre répondra aux cieux ».
Chers frères et sœurs, si en toute droiture, humilité, nous portons le fardeau de circonstances qui nous affligent, si nos cœurs confessent en toute vérité devant Dieu la part que nous y avons prise, voici que, dès l’entrée de cette épître si riche en instructions, mais aussi en reproches, il est dit : « mépriseriez-vous l’Assemblée de Dieu ? » Voilà que Dieu affirme sa fidélité envers Lui-même et envers ce qu’Il a établi.
Dieu nous rappelle ses ressources, il applique comme de nouveau à nos âmes cette Parole, qui est sa parole à Lui, pour qu’il ne reste rien de nous-même, mais nous présente Christ, son Envoyé ici-bas, Celui dont l’œuvre ici-bas est le fondement sûr de ce qui s’appelle l’Assemblée de Dieu.
Cette épître peut se résumer par ces mots : « l’ordre dans l’Assemblée de Dieu – l’ordre dans la Maison de Dieu ».
Une maison revêt le caractère de celui qui en est le chef, qui l’a bâtie. De sorte qu’on n’a pas de peine à discerner – le monde le premier – dans cette maison, le caractère de celui qui en est le chef. Dieu va nous dire tout ce qui, dans nos maisons, par notre faute, ne porte pas son caractère. Il avait bien des égarements à reprendre, et il va mettre le doigt sur ce qui laisse à désirer et donnera le moyen d’y remédier. Il peut ramener toute âme à l’obéissance qui lui est due.
Que Dieu nous accorde de penser à ces choses en toute soumission, en toute humilité, mais en toute confiance. « Dieu est fidèle ».
Corinthe a disparu, il y a longtemps. Éphèse aussi, et les autres assemblées de ces époques-là. Quel est le chemin qu’a suivi l’Église, depuis ce temps jusqu’au siècle dernier ? Ce serait un sujet intéressant à pouvoir considérer, mais des devoirs plus pressants nous appellent.
En rapport avec cette fidélité de Dieu, qui heureusement est éprouvée en tous temps par la foi, nous sommes au bénéfice de l’œuvre que Dieu, dans sa fidélité, a accomplie il y a maintenant pas mal de dizaines d’années, et par laquelle ont ressurgi dans le monde chrétien des rassemblements. Ils étaient fondés sur les principes donnés par l’Écriture au temps des apôtres. Sans donner de développement sur ce point, je désire insister sur l’extrême importance de ce fait historique, et le lier à une parole du Seigneur, dans laquelle se montre la fidélité de Dieu et la fidélité de Christ à l’égard de l’Église ; elle a été un point d’appui et elle peut être un point d’appui pour nous tous, cette parole du Seigneur dans l’évangile, souvent citée : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).
Voilà un fait merveilleux et en rapport avec ce qui nous a été dit du résidu revenu, quoiqu’il n’ait pas été aussi spectaculaire que ce qui s’est produit par exemple à la Réforme, le fait merveilleux que la grâce de Dieu, du Dieu fidèle, que ce que le Saint Esprit à produit au siècle dernier : il a conduit des âmes fidèles à retrouver dans des jours de ruine l’essentiel des bénédictions du commencement, sauf la différence entre ces temps de la fin et ceux du commencement, qui réside surtout dans le fait qu’il ne pouvait plus y avoir la même puissance. Mais c’est le même Esprit, le même terrain. Et les rassemblements qui ont été produits, qui existent encore – en tout cas s’ils ont été formés sur le terrain scripturaire – sont dans la même position qu’étaient les assemblées au temps de l’apôtre Paul.
Ceci donne un aperçu de l’immense importance du rassemblement fondé sur le terrain scripturaire, l’immense prix pour Dieu Lui-même et le Seigneur.
Pourquoi la puissance n’est pas, et ne peut pas être la même ? Parce que, depuis les temps des apôtres, trop de péchés, trop de choses répréhensibles se sont produites dans la chrétienté et contristent le Saint Esprit, pour que la puissance du Saint Esprit puisse se déployer comme autrefois. Mais, en grâce, les fidèles de nos jours peuvent goûter les bienfaits apportés par l’Esprit à un rassemblement par le ministère de la Parole, si les cœurs sont droits.
L’Assemblée a toujours existé depuis la Pentecôte. Dans les temps les plus sombres de son histoire sur la terre, il y a toujours eu, par la grâce de Dieu, des croyants, il y a toujours eu des enfants de Dieu ; peut-être entraînés par des enseignements erronés dans les pires ténèbres, mais il y en a toujours eu ; il y a une continuité dans cette histoire ; il y a toujours eu le travail de Dieu, de l’Esprit de Dieu, pour réveiller, appeler, vivifier des âmes.
L’Assemblée, si nous la considérons quant la pensée de Dieu, quant à ce qu’elle est pour Dieu, pour Christ a toujours existé. Mais, comme cela a été rappelé, par la faute des hommes, par l’incurie de ceux qui avaient à nourrir les âmes par tout ce qui s’est glissé parmi les saints et qui a supplanté l’action de l’Esprit, la manifestation visible de l’Assemblée sur la terre, on peut dire qu’elle a été, d’une manière générale totalement interrompue pendant des siècles et des siècles.
Nous disons d’une manière générale parce que nous ne savons pas tout ce que Dieu a pu produire, permettre, ici et là, ce qu’Il a pu reconnaître, les quelques rassemblements de croyants très ignorants, très simples, mais réunis malgré tout au nom du Seigneur.
Mais puisqu’Il nous a fait l’immense grâce d’avoir reçu un enseignement qui est bien celui du Saint Esprit éclairant la Parole dans nos temps et en vue du retour du Seigneur, nous sommes placés en présence de ceci : Dieu a voulu, et Il veut, qu’il y ait maintenant des rassemblements de chrétiens exprimant ce qu’est l’Assemblée de Dieu.
Et voilà notre responsabilité ; elle a été celle des chrétiens de tous les temps ; elle est devant nous d’une manière toute particulière ; elle se lie à la grâce de Dieu qui a ainsi opéré dans les derniers jours.
De même que, dans ce temps-là, l’apôtre inspiré pouvait écrire aux Corinthiens (1. 4) : « Je rends toujours grâce à mon Dieu pour vous, à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus, de ce qu’en toutes choses, vous avez été enrichis en lui en toute parole et toute connaissance » eh bien, de même nous pouvons dire, dans les temps où nous sommes, que ce réveil, celui du cri de minuit, ce réveil merveilleux a été par l’Esprit de Dieu. Nous en sommes des bénéficiaires et il nous en sera demandé compte.
Nous sommes ramenés, ici, à ce-qui dès le commencement, a été placé devant les saints quant à l’Assemblée et quant à ce que les saints rassemblés doivent montrer sur cette terre, c’est-à-dire les caractères d’une Assemblée de Dieu, non pas d’une assemblée des hommes. L’épître est adressée « à l’Assemblée de Dieu qui est à Corinthe », mais pas seulement à elle : « … avec tous ceux-qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre », qui invoquent ce Nom et reconnaissent sa seigneurie, qui sont placés là non pas selon leur propre volonté, d’après leurs propres efforts, mais de par le conseil de Dieu en Christ.
Première chose : « sanctifiés dans le Christ Jésus » – voilà le propos de Dieu – et qui ensuite ont été l’objet d’un appel particulier, distinct, de Dieu : « saints appelés ». Ensuite, au v. 9 : « … appelés à la communion de son Fils » ; v. 24 : -« … ceux qui sont appelés ». Aussi (v. 26) leur est-il recommandé de considérer leur appel : « Car considérez votre appel, frères… ». Ah ! ce n’est pas de la volonté de l’homme, de la volonté de la chair ; c’est de la puissance de Dieu.
Et Dieu met à la disposition des siens, de ceux qui sont sanctifiés, saints par appel et maintenant appelés à vivre dans cette séparation, dans cette sainteté, toutes les ressources nécessaires. On ne saurait trop insister là-dessus, parce que nous sommes toujours tentés de rabaisser le niveau en considérant l’état où nous sommes. Dieu dit : je n’ai rien à faire avec l’état où vous êtes, sinon pour vous amener à le juger. Dieu dit : C’est mon Assemblée, portant mon caractère. C’est ainsi qu’elle sera dans la gloire.
Dans l’Apocalypse, nous voyons l’Assemblée qui descend du ciel ; c’est l’avenir sans doute, mais, c’est ce qui est placé devant nous. Nous attendons la révélation de notre Seigneur Jésus Christ, et nous avons besoin d’être assurés que l’Assemblée de Dieu aura bien ce terme glorieux. Oui ! Pourquoi ? Parce qu’il s’agit des conseils de Dieu. Mais comment attendre cette révélation de Jésus Christ, quand nous sommes sans cesse ramenés si bas, quand nous nous trouvons dans un état si déplorable ? Vous pensez avoir quelque force en vous, quelque énergie.. ? Non.
Mais, il y a quelqu’un qui est fidèle, et qui a la puissance de vous affermir jusqu’à la fin, pour être irréprochables dans la journée de notre Seigneur Jésus Christ (v. 8) c’est-à-dire sa manifestation en gloire au milieu de ce monde, « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10).
La ressource est là ; il n’y en a point en nous-mêmes, il n’y en aura jamais. Ce que nous sommes, ce que nous étions dans notre état de nature, incapables et indignes, nous le trouvons plus loin. Et il a fallu l’appel de Dieu, la grâce de Dieu. Quant à notre état précédent, notre état naturel, nous étions voués à la mort, dignes de mort, et nous avons été mis à mort. Le vieil homme est entièrement mis de côté.
La promesse est sûre : « il vous affermira jusqu’à la fin ». Comment se fait-il que nous boitions à chaque pas, que nous parlions, avec tant de raisons, de notre faiblesse, de nos misères ? Parce que nous ne saisissons pas la promesse dans sa valeur sa simplicité et nous n’en savons pas tirer les conséquences pratiques.
Toutes les promesses sont toujours faites à la foi, pas à l’homme naturel. C’est la foi qui s’empare des promesses. Ce qui nous manque au premier chef, c’est la foi, c’est de nous emparer des paroles de Dieu et de paroles d’encouragement comme celles-ci et comme celles qui terminent l’épître de Jude (v. 20) : « Or, à celui qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez et de vous placer irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie ». Que notre foi saisisse ces choses ! Elles sont écrites pour notre encouragement.
Mais, c’est à la lumière même de ces expressions de la grâce de la puissance de Dieu – ce qu’Il a fait de vous : corme individus, des saints ; comme ensemble, une assemblée de Dieu ; l’excellence de tout ce qu’il vous a donné demeure : la Parole, les dons nécessaires ; par ce côté-là, tout est parfait. C’est à la lumière de cela que les manquements, les souillures, les inconséquences apparaissent sous leur vrai jour comme le produit du vieil homme : « Vous êtes charnels » (3. 2).
L’apôtre met en relief ces divisions sur le plan de l’enseignement (doctrine) ; ils se réclamaient de docteurs différents et on comparait et on rivalisait, on se rangeait sous un nom : « moi, je suis de Paul ; et moi, d’Apollos ; et moi, de Céphas ; et moi, de Christ ». – comme si Christ était un docteur parmi les autres ! – « Le Christ est-il divisé ? » D’un mot, l’apôtre met en lumière la vérité fondamentale, essentielle, celle que l’on oublie parce que l’on s’attache à des portions de vérités auxquelles alors s’ajoute facilement l’erreur et ainsi peut se former une secte, une division, telle que nous l’avons ici : l’homme est mis en avant au lieu de Christ.
C’est pourquoi la croix de Christ est présentée ensuite. Paul dit : mon service n’était pas de faire des adeptes à ma doctrine, mais présenter Christ Lui-même. Et qu’est-ce que présenter Christ ? C’est présenter au monde Celui que le monde a mis en croix. Voilà ce que la sagesse du monde et la religion des Juifs ont produit : ils ont crucifié Christ Lui-même.
Mais cette parole de la croix, elle est la puissance de Dieu, qui est folie à ceux qui périssent. « … la folie de la prédication ». Il s’agit pour les hommes de mettre en regard de leur propre sagesse, de leurs propres pensées, de leur religion, la présentation d’une personne, Personne dans laquelle Dieu est venu révéler son amour, sa puissance pour le salut des âmes, et glorifier ainsi sa propre sagesse.
Celui que le monde a mis en croix, c’est Celui par qui nous obtenons le salut, et « nous prêchons Christ crucifié ». Or, c’est ce Christ qui vous a été fait – à vous qui avez cru en cette Personne, qui avez reçu simplement cette parole qui est folie pour la sagesse humaine – la prédication de la croix – c’est un tel Homme qui vous a été fait de la part de Dieu Lui-même, sagesse, justice, sainteté, rédemption (1. 30).
Vous avez un sujet de gloire désormais. Le croyant a un sujet de gloire. Dans ce monde, on se glorifie facilement de ses relations, de ses ascendances, de ses mérites – tout cela est quelque chose de bien pauvre au regard même d’une sagesse humaine. Mais pouvoir se glorifier dans le Seigneur, pouvoir dire : il y a quelqu’un qui est pour moi, que Dieu a fait pour moi sagesse, justice, sainteté, rédemption, tout ce dont j’avais besoin et que je ne trouvais pas en moi, quel sujet de gloire !
Alors, appelés d’une telle Personne, d’un tel Nom, que comptent Paul, Apollos, Céphas, le nom de Christ Lui-même si on le rabaisse, comme c’est le cas aujourd’hui, à un conducteur d’hommes, à un moraliste ? Se glorifier dans le Seigneur !
Et c’est ainsi que, dès le début de cette épître, donnant le ton à toute l’épître, l’apôtre inspiré place ce qui est, visiblement, sur la terre, un rassemblement d’hommes, de gens, sur ce plan infiniment élevé de l’Assemblée de Dieu. Voilà ce que vous êtes : vous n’avez pas à marcher de façon à l’être, mais vous êtes l’Assemblée de Dieu et vous avez à marcher comme l’étant. C’est tout autre chose que ce que bien souvent nous serions tentés de rechercher.
On peut souligner encore un point relatif au v. 2. On le retrouve au ch. 12. C’est un point d’une immense valeur. L’apôtre s’adresse, au v. 2, aux croyants de Corinthe et aussi à « tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre ». Et au ch. 12 : « vous êtes le corps de Christ ». Chacun pourra étudier cela d’un peu plus près, mais nous voyons là une vérité que nous citons quelquefois et une pensée que nous devrions tous avoir : c’est qu’une assemblée locale est la représentation de l’Assemblée toute entière.
Au début, tous les chrétiens étaient en un même lieu. C’était réalisable. Et puis, le nombre augmentant, cette réalisation devenait impossible. Le Seigneur a pourvu à cela en établissant des rassemblements locaux. Nous trouvons ici que chacun d’eux représentait l’Assemblée universelle ; c’est encore plus vrai lorsque les chrétiens sont disséminés un peu partout.
Une assemblée locale établie par le Seigneur, qu’Il approuve et reconnaît, représente l’ensemble de tous les chrétiens du monde, de tous les milieux. L’assemblée de cette localité représente l’ensemble de tous les chrétiens de la localité, mais plus largement l’Assemblée universelle.
Conséquence pratique : une admission ou une exclusion est automatiquement valable pour tous les rassemblements du monde et l’existence de lettres de recommandation confirme cela.
Il est hautement souhaitable que les frères et les sœurs plus jeunes sondent les Écritures. Sinon, qu’ils ne chantent pas comme ils le font, et nous tous avec eux, que nous aimons le Seigneur : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole » – toute la Parole. Que faisons-nous souvent ? Nous ne prenons même pas la peine de lire le travail d’ouvriers du Seigneur, ouvriers de première force, d’une très grande fidélité. Nous pouvons encourager les jeunes à remonter à cette source-là.
Nous avons aussi été frappés de l’insistance avec laquelle ces conducteurs – ils sont dignes de ce nom – revenaient à ces questions de rassemblement, du terrain de l’unité du corps, question de la position des chrétiens et de l’Église en Christ, en dehors du monde, et en dehors de la chair (car la chair et le monde ne se confondent pas toujours). En avançant, nous nous rendons compte un peu plus de la valeur de ces serviteurs, de ces chrétiens attachés aux fondements de la vérité. Veuille le Seigneur faire que l’étude de la vérité attire nos cœurs. L’engagement ne se réalise pas sans des renoncements : vous ne vous engagez pas dans des études humaines sans réaliser souvent pendant de longues années, de sévères sevrages. À combien plus forte raison, et par la foi, vaut-il la peine de savoir se sevrer, parce qu’on a des motifs divins de le faire.
Ce v. 2 et le v. 27 du ch. 12 sont peut-être les deux seuls passages dans l’épître qui nous donnent d’une manière positive l’importance du rassemblement local. N’y aurait-il qu’une seule assemblée que le Seigneur reconnaisse, elle représenterait à elle seule l’assemblée universelle.
Un chrétien n’est pas à lui seul « colonne et soutien de la vérité », même pas un apôtre, mais l’assemblée seule. Dans des jours de désordre inouï comme les nôtres, un rassemblement local doit se comporter comme si toutes les assemblées du monde avaient suivi fidèlement les enseignements que le Seigneur a donnés par les apôtres : ils ne sont jamais périmés, ils sont une vérité éternelle dans leur valeur et dans leur application pratique pour tous les temps de l’histoire de l’Église ici-bas.
Le Saint Esprit nous élève toujours à la hauteur de Dieu ; c’est toujours la bonne façon de voir la vérité, de la. voir comme Dieu – soit qu’il s’agisse de notre anéantissement comme homme, soit qu’il s’agisse de notre élévation en Christ.
Nous nous sommes demandés, nous aussi : mais où ont puisé ces docteurs qui ont fait ces écrits si riches ? Ils étaient des travailleurs, ils vivaient simplement. Heureux serviteurs ! Heureux chrétiens ! car ils nous intéressent autant comme chrétiens que comme serviteurs. On ne peut s’attribuer le don d’un autre, mais on est exhorté à imiter sa foi. La fidélité est supérieure à tout don. La reproduction de la vie de Christ dans un individu est supérieure à tout don, parce que c’est Dieu dans l’homme et c’est le seul vrai témoignage.
La valeur d’un rassemblement scripturaire réside en ceci : c’est que le Seigneur est là ; Dieu est là. Éphésiens 2. 22 : « vous êtes une habitation de Dieu par l’Esprit ». La qualité humaine de ceux qui forment le rassemblement est d’une importance nulle. On nous ferait croire qu’il y faut des élites. Dieu se charge de les appeler. Et la qualité du témoin est le fruit de l’attachement au Seigneur. Christ doit suffire.
Nous n’en sommes pas là, mais comme application; nous retrouvons ce qui est dit ici. S’il est parlé de ce que Dieu a fait en Christ et par Christ, de ce que Christ est pour nous, c’est pour nous montrer la nécessité de cette élimination du moi avec ses capacités et ses qualités aussi bien que ses défauts. Un frère très aimable peut n’être pas du tout spirituel. Ce ne sont pas les qualités naturelles qui donnent la supériorité à un croyant ; c’est la présence de Dieu dans un homme, par le Saint Esprit, qui l’ait que cet homme est spirituel.
Plus les chrétiens sont évangéliques et bibliques (près de la Bible) plus ils sont divisés. Nous avons à courber la tête devant cela, mais nous avons à chercher et à suivre le sentier que le Seigneur a maintenu pour le jour de tous les désastres.
Il y a un-sentier. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Mais « assemblés en son nom » sous-entend l’activité de la foi.
Le Saint Esprit savait bien qu’il y avait des disputes à Corinthe. Et les disputes qui n’ont pas une origine doctrinale ne sont pas moins nuisibles. Le remède, c’est que chacun revienne à la vérité que le Seigneur est la seule ressource pour la vie pratique du croyant comme Il a été sa seule ressource pour qu’il puisse devenir tel.
Ne se glorifier qu’en Dieu ! Frères et sœurs, nous savons combien vite percent des pensées de satisfaction, même quant à notre fidélité, quant à notre service indiscutablement reçu du Seigneur. Il faut veiller à ne pas nous glorifier autrement que dans le Seigneur. Cela exige un exercice quotidien de la part de chacun.
Les troubles dans les assemblées, en dehors des questions de doctrine, proviennent toujours de ce que la chair perce, se montre, que quelqu’un que ses capacités mettent en avant oublie qu’il n’est rien aux yeux du Seigneur et ne doit être rien à ses propres yeux. Il y a des remèdes divins pour que les maux trouvent une guérison : ce n’est pas une morale, c’est Christ prenant dans le cœur une place qu’Il n’avait pas ou qu’Il avait perdue.
Toute la vie chrétienne de l’individu, de l’Église, se joue dans le cœur des saints et dans leur conscience.
Et alors, aussi, nous devons nous aider. Supposons qu’un frère s’imagine tout à coup qu’il est un chef, qu’il ait cette pensée dans son cœur ; s’il ne le juge pas, il peut se troubler et troubler les autres. C’est un mal de tous les temps.
On n’a pas Dieu avec soi quand on en est là et quand on ne l’a pas avec soi, on l’a contre soi, parce que Dieu n’est jamais indifférent à ce que nous sommes. L’apôtre réalise qu’il n’est rien ; il écrit : « ni celui qui plante n’est rien, ni celui qui arrose » (3. 7).
Et nous avons eu des frères et des sœurs qui nous ont fait sentir cela, cette réalisation de Christ en eux qui élimine le moi, sans qu’un effort personnel soit à l’origine de cela, mais la grâce divine. Ils manifestaient cette vie de Christ. L’apôtre disait : Je ne suis rien, que le premier des pécheurs. Cette place est prise par lui. Heureux Paul, heureux homme ! « Je suis moins que le moindre des apôtres ».
Quels que soient nos services, quelle que soit la fidélité avec laquelle nous pouvons les accomplir, que Dieu nous fasse la grâce d’être remplis du sentiment croissant de notre néant. C’est le bon état. Il n’y a pas de bonheur pareil sur la terre au milieu des exercices et des peines.
Et lorsque des corps de chrétiens, de vrais chrétiens, ont été établis, édifiés par la volonté des hommes pour former un rassemblement qui n’est pas fondé sur la vérité de l’unité du corps de Christ dans la condamnation du premier Adam, dans la recherche de la présence du Seigneur seul et de sa gloire seule, sans qu’aucun homme ait le droit de s’attribuer dans cette présence une parcelle de cette gloire, alors un tel groupement est condamné. Dieu peut bénir la foi et il le fait. Mais ce terrain là n’est pas scripturaire. L’Assemblée rend le témoignage dans le monde entier que le premier Adam est condamné entièrement. Et si même des frères tendent à faire d’eux un certain centre, ils ont dévié du chemin de la vérité.
Le Seigneur est la seule tête du corps, le seul chef de l’assemblée. De la tête, qui est unique, et seulement d’elle découlent toutes les grâces nécessaires pour tous les temps, pour tous les services, évangélisation comprise ; si ce n’est pas le Seigneur qui envoie un évangéliste, il n’est pas un évangéliste fidèle.
C’est le Seigneur qui commande ; nous n’avons tous qu’à obéir. Il n’y a pas de place meilleure que celle-là.
Mais aussi, lorsqu’un frère ou des frères ont une tendance à exercer une activité indépendante, ils s’écartent du chemin que le Seigneur a tracé. Les frères sont instruits quant au sens à la valeur du rassemblement autour du Seigneur. Rassemblés autour de Jésus, c’est reconnaître sa seigneurie seule, sans qu’aucune autre autorité vienne intercepter la gloire du Seigneur.
Vous frustrez un frère si votre service fait que vous vous interposez entre lui et le Seigneur. Nous frustrons les âmes si nous nous plaçons, d’une manière ou d’une autre, entre ces âmes et le Seigneur, quand nous cherchons, même sans nous en rendre compte, à détourner sur nous ce qui est dû au Seigneur seul. Ceci est d’une bien grande importance de nos jours.
Je voudrais seulement attirer l’attention sur ce qui a été l’objet de la prédication de l’apôtre, ce qui est à la base de toute connaissance de Christ, de Dieu par Christ, comme aussi de nous-mêmes : Jésus Christ crucifié.
Si l’homme naturel, la chair, est mis à sa place – et non seulement ici quant à ses prétentions religieuses et à sa sagesse, Juifs d’un côté, païens de l’autre, mais quant à toute la vie, toutes les activités, toutes les pensées, toutes les tendances, – c’est par la croix de Christ. « Jésus Christ crucifié ». « … afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine ».
Un des triomphes de Satan a été de faire de la croix, la croix de Christ, un élément du monde, de mondaniser la croix. Il n’y a qu’à regarder autour de nous pour voir ce qu’il en est dans la chrétienté et ce que représente la croix d’une manière générale.
Mais la croix de Christ – plus que cela : Jésus Christ crucifié ! – Galates 2. 20 : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ».
Galates 6. 14 : « Qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde ».
Sur la croix : Jésus Christ crucifié nous, dans son amour. Sur la croix, le monde crucifié ; Christ victorieux clouant le monde sur la croix même où le monde a pensé se débarrasser de Lui.
Mais puissions-nous réaliser que, « par la croix de Christ, moi je suis crucifié au monde ».
Ch. 2.
Sans revenir sur ce qui a été présenté, je rappellerai seulement cette distinction qui a été faite, et qu’il ne faut pas oublier, entre l’Assemblée de Dieu qui existe quoi qu’il en soit de ce que manifestent les enfants de Dieu ici-bas, l’Assemblée de Dieu telle qu’elle existe selon son conseil, son propos, en vertu de l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus sur la croix et par l’opération de l’Esprit de Dieu dans le monde pour amener des âmes et les vivifier.
Ce grand fait de l’Assemblée de Dieu qui existe, qui a existé de tous temps depuis la Pentecôte jusqu’au moment où elle sera enlevée de cette terre pour la révélation en gloire du Seigneur Jésus, c’est quelque chose de parfait, selon la pensée de Dieu : elle est en Christ ; de même que chaque croyant vu en Christ, vu par Dieu en Christ se trouve là dans une position inaltérable, une position de perfection qui est celle de la position même de Christ. Et d’un autre côté, cette Assemblée de Dieu, l’Église, les croyants sur la terre sont appelés à en réaliser l’existence, à la montrer.
Et les ressources ne manquent pas à cet égard, mais la responsabilité est engagée. Dieu, selon sa parfaite sagesse et à la fois dans sa fidélité, dans sa grâce et dans le maintien constant de ses droits, suivant les temps, les époques, a permis qu’il y ait sur la terre des expressions de cette Assemblée de Dieu.
On peut dire que les-croyants sont appelés à marcher ensemble ici-bas selon ces caractères de l’Assemblée de Dieu qui sont les caractères de Dieu Lui-même révélés en Christ. Que les croyants y aient manqué, que nous continuions, hélas, à y manquer, c’est également un fait. Mais la grâce de Dieu, et tout particulièrement dans les temps où nous sommes, a permis que des croyants, réveillés à cette pensée qui est celle de l’Esprit même, de l’existence de l’Assemblée, aient le privilège de croyants se réunissant au nom du Seigneur Jésus de vivre ensemble comme l’Assemblée de Dieu. Dieu a permis qu’il y ait des expressions locales, là où il l’a trouvé bon, de l’Assemblée de Dieu.
L’assemblée de Dieu, dans son acception locale, n’est que l’expression de l’Assemblée que nous pouvons appeler l’Assemblée universelle (bien que l’expression ne se trouve pas dans la Parole appliquée à l’Église), qui n’est pas visible par les hommes dans son intégralité. Mais alors, c’est à la fois le privilège, et comme toujours la responsabilité, de ceux que le Seigneur rassemble comme une Assemblée de Dieu, assemblée locale, de manifester les caractères de l’Assemblée de Dieu, d’être ce que l’ensemble de tous les croyants devraient être dans ce monde.
Comment y répondre ? Il n’y a aucune force en nous. Dieu nous a parlé, dans sa Parole, de ses ressources, de ses promesses, de sa fidélité. Mais nous sommes mis également en présence – c’est une grâce de sa part – de ce en quoi nous manquons, et des dangers qui n’ont pas tardé à se montrer dans les assemblées locales du début comme celle de Corinthe ; dangers, fautes et manquements qui se retrouvent aujourd’hui. Et combien réels sont aujourd’hui le manque d’unité pratique, le manque de pensée commune des croyants, les divisions !
Et nous avons l’exhortation d’être « parfaitement unis dans un même sentiment et dans un même avis » (1. 10). Il semble que ce soit une impossibilité. Effectivement, si nous ne pensons qu’à ce que nous sommes, pour peu que nous nous connaissions, nous disons : c’est impossible. Et pourtant, nous y sommes appelés ; et pourtant, le témoignage par excellence de l’Assemblée, c’est cela ; ce devrait être l’expression même de cette Assemblée de Dieu, l’Assemblée visible dans les quelques-uns – le nombre importe peu – se réunissant simplement au nom du Seigneur, comme appartenant à l’Assemblée de Dieu.
Or, ce qui est placé devant les Corinthiens ici et devant nous aujourd’hui, c’est le moyen de revenir à ce qui a été vu un instant au tout début de l’histoire de l’Assemblée ici-bas, quand les frères et les sœurs n’avaient qu’une pensée, qu’une âme. Et Dieu, dans sa Parole, et l’Esprit de Dieu par la Parole emploie comme moyen ceci : il place devant nous ce que Dieu a voulu, ce que Dieu a fait ; ce qu’Il a fait de nous, ce qu’Il veut faire pour sa gloire. C’est à cette lumière que nous voyons ce que nous sommes appelés à juger.
Les Corinthiens se trouvaient divisés. Ayant reçu beaucoup de dons, de connaissances, ils se rangeaient derrière des chefs d’école, des docteurs auxquels ils étaient particulièrement attachés ; ils suivaient des hommes. Ils étaient enseignés par l’Esprit il y avait les dons de grâce, mais leur cœur charnel était là et ils s’enorgueillissaient d’appartenir, l’un à Paul, l’autre à Apollos, l’autre à Céphas et l’autre à Christ. Je suis de celui-ci, c’est-à-dire d’un homme. Si hautement qualifiés qu’ils fussent – et qu’il s’agisse de Paul, Apollos ou Céphas, ils étaient bien remarquablement qualifiés – ils n’étaient que des hommes, et ainsi en fait, certains rabaissaient Christ à n’être qu’un homme, un chef d’école.
Alors, l’apôtre vient leur dire, de la part de Dieu : vous, vous dites : je suis de celui-ci, de celui-là ; mais vous oubliez une chose, c’est que, ce que vous êtes pour moi, c’est moi qui l’ai voulu, moi qui l’ai fait ; vous êtes quelque chose pour moi à cause, non pas d’un grand docteur qui est venu vous enseigner ici-bas, mais à cause de mon Fils bien-aimé, qui est, venu sur la terre parce que vous étiez des pécheurs, qui est mort sur la croix. Et toutes les prétentions sont mises à néant : c’est le tout de cette épître. Voilà quant à vous-mêmes. Mais Dieu a choisi, non pas les choses qui ont de l’apparence dans ce monde – tout cela est jugé par la croix de Christ – ; la folie de la prédication de la croix aux yeux des hommes, c’est la sagesse et la puissance de Dieu. Tout est de Dieu.
Mais alors, vous ayant tirés d’un tel état, au prix de la croix de Christ, Dieu a fait de vous des êtres nouveaux en Christ, vus, en Christ. Alors, vous n’êtes pas de Paul, ni d’Apollos, ni de Céphas, ni de Christ comme un grand docteur ici-bas ; vous êtes de moi-même. Au v. 30, l’expression est aussi forte que possible : « vous êtes de Lui dans-le Christ Jésus ».
Ah ! à cette lumière-là, vis-à-vis de ce niveau-là, que comptent les affirmations « je suis d’un tel » ? Tous sont réduits au même dénominateur, mis en présence de Celui qui les a dénommés d’un bien autre nom que Paul, Céphas ou Apollos. Le nom de Christ est là. Quant à vous-mêmes dans la chair, il n’y a rien, absolument mais j’ai pour vous quelqu’un en qui je vous vois, et c’est Christ. « Vous êtes de lui dans le Christ Jésus » – voilà comment Dieu vous voit. Et puis, ce Jésus Christ nous a été fait de la part de Dieu « sagesse, et justice, et sainteté, et rédemption ».
On a à cœur d’insister sur ce contraste : « Je suis de… » et « vous êtes de Dieu dans le Christ Jésus ». Et puissions-nous nous souvenir qu’aux yeux de Dieu, nous sommes de Lui, non pas des hommes ; nous ne suivons pas des hommes.
Tout le travail humain, dans le domaine religieux comme dans les autres, est pour la gloire de l’homme, pour élever tel ou tel ; et les hommes qui s’élèvent, en réalité, suivent les pensées du cœur humain, de chacun de nos cœurs, et en même temps ils se trouvent portés par des hommes qui se glorifient en quelqu’un d’entre eux.
Car, ce n’étaient pas Paul, Apollos, Céphas, qui se glorifiaient par la grâce de Dieu, ils avaient été gardés dans l’humilité. Ils devaient avoir à lutter beaucoup (1 Cor. 12) mais nous ne voyons pas qu’ils s’élevaient. C’est une tendance de tous les temps, et c’est un des moyens par lesquels Satan a particulièrement réussi à ruiner le témoignage en amenant des divisions par les frères, les sœurs manifestant plus de sympathie, d’affection charnelles pour tel ou tel plutôt que pour tel ou tel autre.
Ainsi, Dieu nous amène à élever nos pensées, – non pas les pensées de la chair, mais celles du nouvel homme – au niveau de ses propres pensées. Et pour cela, après nous avoir, quant à nous-mêmes, quant à la chair, réduits à néant, placés dans la mort par la croix de Christ, ainsi disqualifiés de ce dont les hommes pouvaient se réclamer, après nous avoir parlé de notre position en Christ, voilà qu’il vient nous dire, dans ce ch. 2 qu’il y a dans le croyant, individuel, et dans l’Église, l’Assemblée, il y a d’une manière toute nouvelle ; depuis l’ascension et la glorification de Christ, Celui que Christ, depuis la gloire, a envoyé sur là terre. Il y a ici-bas à l’œuvre, dans le monde pour en tirer des âmes, dans l’Assemblée pour la gloire de Christ et la gloire de Dieu en Christ, il y a l’Esprit de Dieu.
Et ce ch. 2 est rempli de cette pensée de l’Esprit de Dieu, dans sa puissance, sa sagesse, sa pénétration, dans ce qu’il a à la fois de profond et d’heureux, de doux et de solennel en même temps, mettant à nouveau de côté toute sagesse humaine. Dans le premier chapitre, la sagesse du monde est confondue par la croix de Christ ; au ch. 2, c’est l’Esprit de Dieu en contraste avec l’esprit de l’homme, Dieu Lui-même parlant de Jésus Christ crucifié, qui apparaît comme vivant, non pas aux incrédules, mais aux croyants amenés à comprendre qu’ils ne sont rien quant à eux-mêmes, et qu’ils ont tout en Christ, qui ont été amenés à juger le vieil homme comme Dieu le juge, pour arrêter leurs regards sur Jésus seul.
Alors le Saint Esprit, dans de tels croyants, peut parler la sagesse de Dieu, une sagesse divine. Mais cela suppose qu’on le laisse agir. L’apôtre peut donner son propre exemple quant à son ministère à Corinthe. Lorsque l’Évangile avait été proclamé pour la première fois et que l’Assemblée avait été formée : quant à lui-même, extérieurement, pas de belle apparence, pas de langage qui attira, pas de démonstration d’éloquence. Cela encore n’était que l’extérieur. Car l’apôtre peut parler de ce qu’il ressentait à ce moment là : au-dedans, crainte, tremblement.
En Actes 18, nous voyons Paul à Corinthe en butte à l’opposition non seulement de la part des païens, mais surtout de la part des Juifs. Le Seigneur Lui-même l’encourage. Voilà l’apôtre aussi bas que possible, dans la faiblesse quant à lui-même, mais heureuse faiblesse parce que c’est dans cette faiblesse là que se déploie la puissance du Saint Esprit, et il peut dire (v. 4) : « … ma parole et ma prédication n’ont pas-été en paroles persuasives de sagesse, mais en démonstration de l’Esprit ».
C’est l’Esprit de Dieu qui avait sorti les Corinthiens de leur paganisme et avait constitué une Assemblée de Dieu à Corinthe. Or le rôle du Saint Esprit, le consolateur des croyants (Jean 14. 15 et 16) est de les occuper de Christ, de glorifier Christ : « celui-là me glorifiera, car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jean 16. 14). Il n’agit pas à la gloire de l’homme, mais à la gloire de Dieu en Christ. Il demande à agir toujours davantage et à donner aux croyants, et à l’Assemblée, tout le développement qui serait si heureux, si béni pour eux, une anticipation du ciel, et si glorieux pour Christ et pour Dieu Lui-même.
Mais cela demande l’obéissance à cet Esprit et que la liberté lui soit donnée. Lui a toujours sa puissance; il n’en a jamais été démuni ; l’Esprit Saint est aussi puissant aujourd’hui qu’au temps des apôtres. Aujourd’hui, au milieu d’une chrétienté qui ne lui fait pas sa place, qui a mis l’homme à sa place, il déploie une puissance qui est toujours la même pour sauver des âmes et pour parler aux croyants et-à nos consciences ; si seulement nous le laissions agir, si nous lui laissions la place dans nos cœurs, dans nos vies, dans l’Assemblée !
C’est là être « parfaits ». « Nous parlons sagesse parmi les parfaits » (v. 6) ; ce ne sont pas ceux qui sont arrivés à être tellement saints dans la pratique qu’ils ne pèchent plus jamais ; mais ce sont des gens qui ont bien compris qui ont fait leur compte que « en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien » et que tout ce qu’ils ont, ils l’ont en Christ. Si nous ne sommes pas parmi ceux-là, nous sommes charnels ; nous nous laissons encore guider, gouverner par la chair, par le vieil homme. Pour « parler sagesse » il faut parler à des hommes spirituels. Est-ce que nous ne souhaiterions pas cela ?
Ce que Dieu veut pour nous, c’est que Christ soit glorifié ; que l’Esprit soit libre d’agir dans les croyants de telle manière que ce qui s’exprime, ce qui se montre, l’activité des saints, soit non pas la pensée humaine, mais la pensée même de Christ.
Christ, nous a été fait sagesse à nous aussi, non pas aux grecs seulement, mais à nous, dans notre 20ème siècle qui peut se piquer de dépasser les grands siècles de l’antiquité. Pour la jeunesse d’aujourd’hui, dite chrétienne ou qui désire l’être, ces déclarations sont de toute importance. En Christ, nous avons la réponse à toutes les questions fondamentales ; ailleurs nous n’en avons pas une.
Il n’y a pas une des questions qui harassent les esprits des hommes, leurs cœurs, leurs consciences, pas une des questions redoutables, qu’ils ne peuvent et n’osent pas considérer en face, à laquelle Christ, dans sa Personne et son œuvre, ne peut répondre. Et pour la création c’est de Lui que nous tenons la lumière. De sorte que le chemin du chrétien ne consiste pas à essayer tous les chemins des hommes, mais à suivre le chemin que Christ indique.
Il ne va pas passer toute sa vie à essayer tous les chemins qui ne mènent à rien et perdre ainsi sa vie, et risquer ainsi de perdre son âme. Christ ouvre un chemin. Heureux qui peut le prendre au départ de sa vie. C’est là la sagesse de Dieu.
Christ est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu. Le chrétien qui vit avec le Seigneur a un jugement moral qu’on ne trouvera nulle part ailleurs ; sur le sens de la vie, de la mort, sur le bien et le mal, sur les vraies valeurs, le chrétien a sur ces points une lumière définitive ; il l’a, et peut croître dans cette connaissance ; il est sur le chemin où l’on croît dans cette connaissance. Il y a des certitudes reçues définitivement, pas par l’acquisition des sciences humaines ; c’est Christ qui est la source de la révélation de la pensée de Dieu sur tout ce qui est nécessaire.
C’est d’une bien grande importance pour les jeunes. L’apôtre peut dire qu’il est inutile qu’ils aillent chercher la vérité dans les livres des philosophes : c’est un grand danger, d’abord, et cela n’aboutit à rien de bon. Ils sont tous capables de faire douter sur tous les points, et pas un n’est capable de communiquer une assurance sur quelque point que ce soit. Dieu donne l’assurance et la certitude sur tous les points.
La rédemption, c’est ce par quoi Christ nous tire de cet état dans lequel nous gisons de par notre nature, caractérisé par l’erreur, la violence, la corruption, l’inimitié contre Dieu, Étant dans l’impossibilité de se tirer d’affaire tous seuls, les hommes ne font, d’une génération à l’autre, que s’enfoncer de plus en plus dans les ténèbres.
Comme nous désirerions que la jeunesse soit persuadée de cela ! On ne peut pas l’être sans être chrétien et encore il faut avoir affaire au Seigneur pour que cette conviction divine croisse. Alors, on voit les choses sous un autre jour.
Christ nous a abattus entièrement. Christ nous a élevés parfaitement. Il nous a détruit et Il nous a établis. Voilà ce qu’a fait l’œuvre de Christ.
En dehors du christianisme, il n’y a pas une lumière dans le monde. C’est effrayant, mais comme c’est vrai ! Tous les sages finissent souvent dans des conditions qu’on ne publie pas, mais quand il arrive qu’on en a connaissance, on est saisi d’effroi en pensant à toute cette fausse sagesse humaine.
Un point évidemment caractéristique de l’Assemblée de Dieu, de ce corps de personnes, hommes aussi hommes que les autres, un point caractéristique de ce corps d’hommes formé par Dieu, c’est évidemment la présence du Saint Esprit. C’est le fait caractéristique de la période chrétienne. Il y avait des croyants avant, il y en aura après, mais aucun qui soit dans l’état où se trouvent les chrétiens, période au cours de laquelle les croyants qui en font partie sont appelés aux plus hautes destinées ; pas plus tard, mais présentement.
C’est le privilège de l’Assemblée de posséder déjà la réalisation de ses très hautes destinées ; nous pensons beaucoup au ciel ; nous avons besoin d’avoir des choses pour la terre et Dieu nous a donné le ciel sur la terre. Rien moins. Et c’est cela qu’il nous faut à tout prix, sinon nous serons des chrétiens mondains et larges, et s’élargissant toujours, et par l’insuffisance de ressources spirituelles pratiques, cherchant en vain à se satisfaire par ce que le monde donne.
Le Saint Esprit est là, dans chaque croyant et dans l’Église toute entière, il habite dans la maison de Dieu. C’est la présence de cette Personne divine qui définit la responsabilité de tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur. Les chrétiens professants seront jugés plus sévèrement que les païens, parce qu’ils ont habité la maison de Dieu, devenue une grande maison.
Le Père et le Fils sont objet, le Saint Esprit est agent. C’est pourquoi nous ne prions pas le Saint Esprit, On prie par l’Esprit, on rend grâce, on agit, on sert par l’Esprit. Toutefois nous nous rappelons aussi que les trois Personnes de la déité sont très généralement engagées ensemble dans les activités divines. La jeunesse chrétienne doit étudier l’Écriture, et chacun pour soi-même.
Le Saint Esprit est donc l’agent dans la vie de l’individu. Ce qu’il ne produit pas dans un individu n’est pas reconnu de Dieu. N’abaissons pas la mesure, elle est celle-là. Et d’une façon générale, plus nous acceptons de franche volonté ce que Dieu dit, quelque difficile que cela paraisse, plus nous serons bénis, toujours.
Le Saint Esprit est aussi celui qui agit dans l’Église. Dieu n’a chargé aucun homme de prendre la direction de l’Assemblée. Le Seigneur s’en charge, du commencement à la fin. Et tous ceux qui font partie de l’Assemblée, dans le sens large du mot, ce qui est vrai de tout croyant scellé, tous ceux-là ont à dépendre du Saint Esprit.
Notre sujet est l’Assemblée, assemblée locale et Assemblée universelle. Dans une assemblée locale, représentant l’Assemblée universelle, le Saint Esprit est celui qui produit ce qui est à la gloire de Dieu, du Seigneur, et pour la bénédiction des saints. C’est Lui seul qui peut le faire. Nous avons donc à veiller à ce qu’il ne soit pas attristé dans l’Assemblée.
La marche individuelle est déjà quelque chose de compliqué et n’est utile et à la gloire de Dieu que dans la mesure où le Saint Esprit est actif dans un chrétien ; si je manque, le Saint Esprit est attristé, me voilà sans force, en chute ; si la grâce n’intervenait, il n’y aurait pas de limite à cette descente. Le Saint Esprit est la puissance de la vie dans le croyant, qui a la vie divine, mais qui doit toujours être dépendant. Le Seigneur Lui-même nous en donne l’exemple : le Saint Esprit l’a dirigé dans tout ce qu’Il a pensé ; dit et fait ; Il était l’Homme de l’Esprit, comme on l’a dit ; Il a été oint de l’Esprit etc… de puissance au commencement de sa carrière.
Alors, chers frères et sœurs, chers amis chrétiens, veillons chacun pour son compte, à ne pas attrister le Saint Esprit. C’est très vite fait. Des frères l’ont dit : une pensée folle l’attriste. La vigilance est de rigueur. Mais, c’est une douce loi, parce que c’est la condition d’un chemin heureux, chemin sûr d’une carrière faite au milieu de toutes les tempêtes de la vie, mais avec le secours de l’Esprit, c’est-à-dire du Seigneur qui agit dans les saints par le Saint Esprit. Nous avons des ressources suffisantes.
Mais on ne peut pas dissocier l’état de l’assemblée de celui des individus ; il dépend de l’état pratique des individus qui la composent. (On n’est pas membre d’une assemblée locale, on est membre du corps ; on fait partie d’une assemblée locale ; un chrétien est membre de l’Assemblée universelle).
Alors, pour le bien d’une assemblée locale, l’exercice quotidien et soutenu de chacun est absolument indispensable, sinon un chrétien peut attrister l’Esprit, alourdir l’atmosphère des réunions ou rompre l’unité de l’Esprit, comme nous trouvons dans l’épître aux Éphésiens. Et c’est justement de cela que nous souffrons dans les assemblées. Quand la piété baisse, la chair fait des siennes, dans la vie de chacun et dans les rassemblements. Quand il y a des troubles, il y a à l’origine des causes, publiques ou cachées – la plupart du temps secrètes – un frère a des attaches mondaines un relâchement dans ses voies, ou il nourrit dans son cœur des pensées qui ne sont pas bonnes à son égard. Tout cela gâte l’atmosphère de l’assemblée à laquelle on se rattache, et trouble l’état de l’Assemblée en général. On nous en a parlé, et combien c’est important. Chacun de nous a à se juger, et non pas à se contenter d’éliminer de sa vie un mal que la conscience naturelle condamne.
La mesure du bien et du mal pour le chrétien, c’est le sanctuaire de Dieu – pas moins. Dans la mesure où nous vivons dans le sanctuaire, nous avons le sentiment du bien et du mal, et nous nous apercevons que tel comportement, qui nous paraîtrait supportable, devient insupportable quand nous sommes dans la présence de Dieu. Un peu de légèreté, de vanité, de folie, choses qui sont monnaie courante, que de choses nous tolérons et supportons, dont, si le Seigneur était là visible, nous sentirions immédiatement qu’elles ne conviennent pas dans sa présence. Il n’est pas là visible, la règle est la même.
Il semble que nous tous, dans ces derniers jours, nous manquons de ce sérieux heureux, le seul état heureux où l’on a affaire au Seigneur, à Dieu notre Père, par la grâce et par la puissance de l’Esprit, pour que la chair soit détectée dans ses détails, et ainsi pratiquement éliminée. Il n’y a pas un d’entre nous qui n’ait pas besoin d’être exercé devant le Seigneur à cet égard. S’il en était ainsi, beaucoup de maux qui surgissent ne verraient pas le jour.
C’est le bienfait de la présence, dans une assemblée de personnes, frères ou sœurs, pas nécessairement très qualifiées mais pieuses, qui vivent dans le sanctuaire. « Là-haut, dans la maison du Père, en Toi, Jésus, j’ai tous les biens, tous les trésors du sanctuaire… ». C’est une réalité possible, c’est une réalité offerte, et à propos de quoi il nous sera demandé compte. Notre atmosphère à chacun, dans quelle mesure est-elle beaucoup plus mondaine qu’elle n’est celle du sanctuaire ?
N’allons pas chercher plus loin la cause de nos douleurs. Dans le sanctuaire, c’est la perfection, et c’est l’unité des pensées et des sentiments que ne peut pas ne pas produire la présence de Dieu. Avec Dieu on a la force, on voit clairs on a la lumière, on a la sagesse, on a tout.
Mais ce serait faire une insulte à Dieu que de laisser supposer que c’est seulement dans une réunion qu’on a le privilège de parler de ces choses ou d’en jouir. Cela nous est offert tous les jours. Quelle est notre vie à chacun, a cet égard ? De quel côté notre cœur se tourne-t-il ? Le Seigneur le sait. Les infidélités, la légèreté sur ce point ont leur incidence dans la vie du témoignage, et ont peut-être, par leur multiplicité, les plus fortes conséquences quant à l’état du témoignage.
La vie chrétienne, on nous l’a répété, est faite de détails ; on n’a pas besoin d’avoir commis un vol, d’avoir menti, pour nuire à l’Assemblée de Dieu (bien que ces choses, évidemment, le font). Il suffit de choses beaucoup plus anodines en apparence dans l’état de chacun pour que le niveau de l’assemblée baisse ; et alors, l’ennemi qui est toujours aux aguets saura entrer pour faire son travail.
Et puis, il y a dans le rassemblement lui-même une vigilance quant à notre état intérieur. L’apôtre Paul était instruit et cultivé, mais la source de son activité n’était pas en cela ; en lui, c’était le nouvel homme qui agissait, la croix de Christ était appliquée à la chair et à son orgueil. Tel était le secret de sa vie et de son service. Nous ne pouvons être fidèles et utiles autrement. Paul (Apollos à coup sûr, Pierre sûrement aussi) bien loin d’encourager l’esprit, de parti qui se manifestait chez les Corinthiens, le condamne en lui et le reprend chez les autres.
Qu’il nous soit donné, à tous et à chacun, et surtout aux frères qui ont des charges et des services, de lutter avec toutes les forces que la grâce donne, contre tout ce qui pourrait encourager la tendance de faire de l’homme un centre. Si le Seigneur n’est plus le centre, on quitte le terrain de la vérité.
Le verset, que même les enfants connaissent par cœur, de Matthieu 18. 20 : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » exprime que c’est le Seigneur qui compte, qui gouverne. Il est le Seigneur et nous sommes là comme des gens amenés dans sa présence. S’il y avait une seule assemblée au monde qui réalise cela d’une façon fidèle, quel puissant témoignage en résulterait, comme on savait en tous lieux des Thessaloniciens qu’ils attendaient le Seigneur.
Nous nous tourmentons pour faire connaître la vérité aux âmes oubliant souvent qu’avant de faire, il est beaucoup plus important pour nous d’être ; d’être là où II nous a placés et dans l’état où Il voudrait que nous fussions. C’est beaucoup plus difficile. Et si un frère, dans une assemblée, est légitimement reconnu et qualifié comme ayant un service, que le Seigneur le garde, et nous garde. tous dans ce sentiment que nous ne sommes exactement rien. Qu’il nous garde de nous enfler et de nous préoccuper de nous-mêmes.
Un frère est le serviteur de tous jusqu’à sa mort. Il pourrait n’être payé en échange que d’une très mauvaise monnaie, il doit être le serviteur de tous jusqu’à sa mort et il doit être content de n’être que cela. Nous sommes les domestiques de la foi.
Dans l’Église, il n’y a pas de chef humain, pas de roi, pas d’autorité, – sauf morale, c’est-à-dire, celle que donne la manifestation de la présence de Christ dans un homme. La manifestation du Saint Esprit dans un homme, malheur à celui qui ne la reconnaît pas.
Dans le même ordre d’idées, se manifeste aussi ce grand mal qu’est l’égoïsme : l’égoïsme individuel, ou de groupe, de clan, quelquefois même pour du service. Tout cela ne peut qu’être ruineux pour l’Assemblée de Dieu. Au début, ils étaient « un cœur et une âme ». Nous ne prétendons pas retrouver ces beaux jours, hélas ! mais nous avons à nous rappeler que la mesure n’est pas autre que celle-là.
Nous n’avons pas la force de réaliser cela aujourd’hui, mais nous avons à veiller à ne pas laisser se développer un esprit de clan, d’organisation, de comité. Un comité, ce n’est pas la foi. La foi compte sur Dieu, quels que soient les problèmes. Une réunion de trois ou quatre frères exercés pour présenter une affaire au Seigneur, ce peut être une très bonne chose, mais cela n’est pas un comité. Un comité ne règle rien. C’est toujours le Seigneur qui doit diriger. « Il produit en vous le vouloir et le faire ». Tout est dit en deux mots.
Que le Seigneur nous soit en aide ! Il ne nous a pas abandonnés nous l’aurions mérité bien des fois – ceux qui sont plus âgés le ressentent plus que d’autres – mais ne nous moquons pas de Dieu. Le plus grand péché de la chrétienté, c’est de méconnaître la présence du Saint Esprit ; alors on organise, on agit comme s’Il n’était pas là. C’est un outrage qui est déjà puni par un aveuglement croissant. Certains brûlent ce qu’autrefois ils ont adoré et qu’ils auraient dû continuer à reconnaître. Pratiquement, ils éliminent les serviteurs de Dieu qui ont souffert et lutté pour la vérité que le Seigneur leur a donné de mettre au jour.
Ne pensons pas que le Seigneur maintient l’intelligence, la perception spirituelle de sa pensée quand on se moque de Lui, ce qu’on peut faire simplement en méprisant ce qu’Il a dit, et en cherchant à se tirer d’affaire autrement que de la manière qu’Il a indiquée.
Paul ne préparait pas ses discours d’après ce que nous trouvons là. Il paraîtrait que, dans certaines régions de témoignage des derniers jours, on s’est laissé aller à cette erreur, à cette faute. « Paroles enseignées de l’Esprit », au moment même. Pierre dit : « parler comme oracle de Dieu ». Ce n’est pas parler avec les oracles de Dieu, ou même comme les oracles de Dieu, mais « comme oracle de Dieu » (1 Pier. 4. 11).
Paul ne préparait pas ses discours ; nous non plus. Mais il doit y avoir pour les frères une préparation morale, pour que le Seigneur les vide de ce qui est en eux, de ce qui peut les embarrasser dans leurs services. Il y a aussi une préparation plus lointaine et continue. Un frère qui n’est pas occupé des choses de Dieu et de la Parole n’est pas prêt pour accomplir un service. Il faut qu’il y ait cette préparation de longue haleine, spirituelle et morale, continue – sans se placer sous un joug dur – mais c’est à cette condition que, dans l’Assemblée, le Saint Esprit a sa liberté et peut agir, chacun étant à sa place pour que le rassemblement soit rafraîchi, consolé, édifié, et que la présence du Seigneur soit goûtée. Il n’y a rien au-dessus de cela comme bénédiction pour les saints.
Pour l’individu comme pour l’assemblée, il y a toujours deux choses à distinguer : la position, qui est immuable ; elle ne dépend que de l’œuvre de Christ ; elle est celle du chrétien parce qu’il a cru véritablement, il a la vraie foi ; de même pour la position de l’Assemblée en Christ. Voilà une chose qui dépend exclusivement de Dieu, de l’œuvre de Dieu, soit en dehors de nous, soit en nous. Elle est à distinguer de l’état pratique.
Notre état est loin d’être toujours à la hauteur de notre position. C’est le grand problème de la vie du chrétien. Normalement, en avançant dans sa carrière, son état se rapproche toujours plus de la réalisation de sa position en Christ. C’est là faire des progrès. De même pour une assemblée.
L’Esprit ici insiste sur cette position dans laquelle sont les saints : sagesse, justice, sainteté, rédemption… parce que lorsqu’ensuite Il s’occupe des tristes exploits des chrétiens eux-mêmes et met le doigt sur leur conscience à cet égard, ils pourraient risquer d’être troublés et de se demander s’ils sont de vrais chrétiens. Il pose le principe et ensuite s’emploie à améliorer l’état des saints qui se sont écartés. Si on voyait un chrétien en mauvais état, qui traite à la légère son manquement, ce n’est pas de ce côté-là qu’il faudrait lui présenter : « Christ vous a été fait, de la part de Dieu, sagesse, justice, sainteté et rédemption » parce que cela pourrait l’endurcir dans son mauvais état.
Il y a d’autres passages pour réveiller sa conscience endurcie. Les Corinthiens ont répondu à ce que Paul leur a dit sans les ménager. Ce n’est pas à l’honneur des Corinthiens que cela soit inscrit dans la Parole éternelle ; c’est quelque chose de bien solennel. Mais les manquements de tous les chrétiens seront aussi, au moment convenable, tous manifestés.
La façon dont l’apôtre parle aux Corinthiens, d’un bout à l’autre de cette épître, est marquée à la fois par ce sérieux, cette gravité qui est propre à atteindre la conscience, cette vérité qui n’hésite pas à mettre .à nu et à appeler par leur nom les choses les plus humiliantes et les plus affligeantes ; et d’autre part, il parle toujours avec un amour profond, véritable. Tout à la fois, il leur fait honte, et il dit : « mais je n’écris pas pour vous faire honte ».
Il s’agissait pourtant de choses qui auraient été propres à toucher profondément l’apôtre personnellement, dans ce qu’il était lui-même, savoir qu’on méprisait quelque peu (et certains même beaucoup) son ministère, pour se prévaloir de dons marquants auprès desquels il semblait que la parole de l’apôtre fût bien peu de chose. Alors, il peut leur dire (4. 8) : « Déjà vous êtes rassasiés ; déjà vous êtes riches ; vous avez régné sans nous ».
Or, au v. 14 : « Ce n’est pas pour vous faire honte que je vous écris ces choses, mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. Car quand vous auriez dix mille maîtres dans le Christ, vous n’avez cependant pas beaucoup de pères, car moi je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’évangile ». Il est obligé de rappeler que, alors qu’eux étaient sages en Christ, « nous, nous sommes fous pour l’amour de Christ », vous êtes forts, nous sommes faibles, « vous en honneur, mais nous dans le mépris… nous souffrons la faim et la soif… nous sommes devenus comme les balayures du monde et le rebut de tous jusqu’à maintenant » (v. 10 à 13). Voilà de quoi faire honte aux Corinthiens qui se glorifiaient dans ce qu’ils avaient reçu et dans les dons de grâce dont ils faisaient parade.
Or, dit l’apôtre, je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour que remède soit apporté à un tel état, pour que vous vous ressaisissiez, que vous receviez les bénédictions dont vous vous frustrez.
C’est un père qui écrit à ses enfants, et sans doute il est obligé de les morigéner et même de leur parler avec sévérité. Mais, dit-il, je voudrais bien aller à vous uniquement avec un esprit de douceur, non pas avec la verge. Il ne met pas en avant son autorité d’apôtre. C’est un père parlant à des enfants bien-aimés le langage de l’amour, et aussi un langage qui convient selon l’âge, la responsabilité, l’état, selon le stade de ces progrès dont il a été question tout à l’heure.
Il y avait parmi eux des croyants de différents développements. Parlant à l’ensemble, il doit leur dire : dans l’ensemble, comme assemblée, vous vous conduisez comme des enfants ; des enfants en Christ, et même « de petits enfants en Christ » (3. 1), et il laisse percer le grand regret de ne pouvoir leur développer comme son cœur le désirerait, toutes les bénédictions qui leur appartiennent et dont ils ne savent pas s’emparer parce qu’ils veulent satisfaire leurs propres cœurs, leur vieil homme.
De sorte qu’il ne peut pas leur donner de la nourriture comme il le désirerait « je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait à boire, non pas de la viande, car vous ne pouviez pas encore la supporter, et même maintenant, vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore charnels ». Ils devraient se conduire en rapport avec ce qu’ils ont déjà reçu. Mais, s’ils sont encore de petits enfants, qu’au moins ils se montrent, comme de petits enfants, soumis à leur père ; conduisez-vous d’une manière digne de Dieu qui vous a appelés, dont vous êtes devenu les enfants, encore bien ignorants sur bien des choses. Alors, l’apôtre les enseigne avec douceur, mais en restant à ce stade de petits enfants.
Ce n’était pas que l’Esprit de Dieu n’ait pas travaillé parmi eux et en eux, non seulement par le déploiement de manifestations de puissance, des miracles, des guérisons, des langues, mais par un travail intérieur : la nouvelle naissance et la vivification d’âmes qui pouvaient ensuite se réjouir en Christ.
Mais il semble qu’ils n’étaient pas allés bien loin dans la jouissance des choses célestes, des trésors du sanctuaire. Dieu « nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ », mais comme nous sommes loin d’en jouir. Et il y a un état qui est celui où se trouvaient la majorité des Corinthiens, et où se trouvent une multitude de véritables enfants de Dieu, qui ne sont pas allés au-delà du pardon de leurs péchés, du fait qu’ils ont Jésus pour Sauveur, qu’ils ont une assurance pour l’éternité, que s’ils meurent, ils vont auprès du Seigneur – et même, pour la plupart, c’est beaucoup plus vague.
« .. je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié ». Non pas qu’il ait parlé uniquement de la croix de Christ, uniquement de Jésus lorsqu’il était sur la croix, mais tout ce qu’il avait présenté concernait Jésus Christ, se rapportait à cette Personne que le monde a mise en croix et que Dieu a glorifiée.
Il ÿ a bien d’autres sujets que Paul était capable de développer à ceux qui pouvaient l’entendre, que le Saint Esprit pouvait et voulait développer à des croyants, seulement il fallait qu’il y ait eu certains progrès.
Il y a des étapes marquantes dans la vie spirituelle des croyants, résultant de l’activité du Saint Esprit en eux. Et il y a ce stade dont il est question ici : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits ». Il s’agit d’un état spirituel où quelqu’un a saisi, compris qu’il ne peut avoir aucune confiance en lui-même dans la chair, mais qu’il a tout en Christ. C’est ce que l’apôtre exprimait aux Philippiens quand il leur écrivait (3. 3) : « nous… qui n’avons pas confiance en la chair ».
Il y aura sans doute encore bien des expériences à faire, mais on a porté avec Dieu, par l’Esprit de Dieu, selon la Parole de Dieu, sur son moi et sur la chair, le jugement que Dieu même a porté. Ah ! il a fallu dire : « Misérable homme que je suis » et on rend grâce à Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. Et alors le Saint Esprit peut présenter Christ et le présente d’une manière nouvelle. Si vraiment on a saisi que, n’ayant rien en soi, on a tout en Christ, le Saint Esprit n’est pas là pour nous ramener continuellement en face de nous-même : est-ce que vraiment il n’y a rien en moi… non. Il dirige nos regards sur Christ, parce que, si nous avons tout en Christ, cela suppose que nous n’avons rien en nous. Il faut réaliser l’un pour réaliser l’autre.
Tout ce qui est en opposition avec la sagesse humaine, avec tout ce que les hommes prétendent offrir pour le développement de l’esprit de l’homme pour l’élever, pour l’amener même à connaître Dieu – à quoi ne prétend pas l’esprit de l’homme !… et en réalité il est capable de bien des choses – mais il ne peut pas dépasser ses propres limites. Et même s’il prend dans son fonds bien des choses dont ensuite il se vante, tout cela reste du domaine de la pauvre créature qui s’est éloignée de Dieu, et qui est livrée aux ténèbres quant à elle-même ; et la preuve a été faite de ce que la sagesse humaine peut donner, et de l’impossibilité où elle est d’entrer en quelque mesure que ce soit, dans la connaissance des choses de Dieu : elle a crucifié Jésus Christ.
Jésus, son nom d’homme. Christ, le nom sous lequel son peuple aurait dû le recevoir. Et tout montrait qu’il était Celui que les Écritures avaient annoncé. Jésus Christ a été crucifié. Le monde s’en est débarrassé. La croix de Christ est là. Mais qu’est-Il maintenant ?
Quel contraste dans les deux appellations que nous trouvons dans ce ch. 2 ! D’abord, au v. 3 : « Je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié ». Et puis, v. 8 : le monde, les chefs de ce siècle, les représentants les plus qualifiés de la culture de l’humanité, ils ont « crucifié le Seigneur de gloire ».
Il est le Seigneur. Il est revêtu de la gloire. Il amènera à la gloire ceux qui sont au bénéfice de son œuvre, ceux qui participent de sa vie, ceux en vue desquels Dieu avait des pensées datant d’avant la fondation du monde. « Le Seigneur de gloire ». Ah ! si la sagesse humaine avait eu la moindre idée de la gloire divine et de la qualité de la Personne, qui est faite maintenant « le Seigneur de gloire », eut-elle pensé à le crucifier ? L’opposition est totale, absolue : la sagesse humaine n’a rien vu.
On a fait appel à la jeunesse, mais aussi à nous tous, à tous les âges. Plus que jamais, chacun dans son coin est sollicité par les voix du monde et la sagesse du monde à tous les degrés, avec des prétentions très diverses. Nous avons à jauger la sagesse humaine à cette mesure de la gloire de Dieu et de la dignité du Seigneur de gloire.
Mais si cela ne compte pas pour le monde et pour la sagesse humaine, nous, croyants, comment les apprécions-nous ? L’apôtre « parlait sagesse parmi les parfaits ». Il avait des paroles de sagesse. Nous n’avons qu’à lire l’épître aux Éphésiens, et d’autres, pour voir qu’il avait été appelé à présenter la sagesse de Dieu « en mystère », c’est-à-dire absolument inconnue du monde et des plus sages du monde, mais choses mises à la disposition des hommes spirituels. Apprécions-nous ces choses, dont l’Esprit veut nous entretenir ?
L’Esprit de Dieu connaît les choses de Dieu. Et à qui peut-il les communiquer ? À ceux qui ont reçu la vie, la vie de l’Esprit ; comment ? par l’Esprit lui-même, et par les moyens que Lui trouvera bon d’employer : serviteur, Parole, message écrit, mais toujours des moyens spirituels, des canaux de l’Esprit lui-même. La sagesse humaine ne communique jamais, la pensée de l’Esprit, ce n’est pas possible. C’est une eau pure, qui ne peut garder sa pureté que dans des canaux purs.
Et puis, pour recevoir ces choses – l’apôtre ne pouvait pas les communiquer à des chrétiens charnels, c’est-à-dire chez qui la chair empêchait les progrès spirituels ; ils étaient animés par les pensées de l’homme naturel, bien qu’ils eussent la vie de l’Esprit. Alors, il s’agit pour nous d’être dans cet état pratique où l’Esprit a sa libre action, où il n’y a rien de nous-mêmes, de la sagesse humaine.
On attend tout de Dieu, Celui qui donne, car il nous est dit (v. 12) : « … nous avons reçu non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont-été librement données par Dieu ». Pas des choses que nous puissions acquérir, connaître par notre propre étude, sinon l’étude de la Parole de Dieu, sous l’action de l’Esprit de-Dieu, dans la prière, l’humilité, l’obéissance, dans le sentiment de notre incapacité totale quant à nous-mêmes.
Dieu donne. En Romains 8. 32, nous lisons : « Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec Lui ? » Mais, c’est à titre de don de grâce, c’est à recevoir comme donné par Dieu seul.
Que Dieu, nous accorde de rechercher cet état spirituel où, réalisant que nous n’avons rien en nous et tout en Christ, nous recevions par l’Esprit de Dieu ce qu’Il communique Lui-même, mais seulement à des vases remplis de l’Esprit : « Soyez remplis de l’Esprit ». Une eau pure, provenant d’une source pure, coulant dans des canaux purs, et parvenant dans des réceptacles purs. Voilà ce que Dieu veut donner à des hommes sur la terre. « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ… ».
Recevoir ces choses, en jouir, n’est-ce pas le ciel sur la terre ? Et si ces choses sont placées devant nous, n’est-ce pas pour que nous en apprécions la valeur, et que nous nous demandions : vraiment, je mépriserais ces choses d’un prix infini pour les vanités trompeuses, éphémères, souillées de ce monde ?
Je désirerais insister sur l’importance de ce passage qui a joué un rôle immense dans le service qu’ont accompli les ouvriers du Seigneur au commencement du témoignage des derniers jours. Ils ont eu des ennemis de tous côtés, car la vérité, dans ce monde, personne ne lui ouvre le chemin, au contraire, les obstacles lui sont multipliés. Le chemin du témoignage exercé à la fidélité est le plus difficile qui soit, tellement que des frères en viennent à souhaiter un chemin plus large.
Ce passage, extrêmement remarquable (1 Cor. 2. 12 à 14) nous donne les trois étapes de l’activité divine, dans sa communication à l’homme de la vérité de Dieu :
– v. 12. La révélation à Paul ici des choses à lui données par Dieu. Paul a reçu par l’Esprit cette révélation.
– v. 13. Il l’a communiqué par l’Esprit et par l’Esprit seulement.
– v. 14 et 15. Cette communication est reçue par l’Esprit seulement, donc en fait, par ceux en qui cet Esprit vit et agit.
La révélation au vase inspiré; la communication de cette révélation faite à lui seul, communication qui est l’Écriture ; et la réception par une âme de cette communication, sont trois opérations divines et toutes les trois indispensables pour qu’une âme soit rendue à même de posséder les pensées de Dieu.
Toute cette activité divine est absolument hors de la portée de l’esprit de l’homme, quelque capable qu’il puisse être.
Le Saint Esprit est celui sans lequel aucun bien ne peut se faire dans l’Assemblée ni ailleurs : enseignement, exhortations, culte en tout premier lieu, appel aux âmes inconverties.
Sans prétendre à une perfection pratique, que nous n’atteindrons pas, ne prenons pas notre parti du laisser-aller. Nous avons à être exercés pour tout : faire une lecture par l’Esprit, indiquer un cantique par l’Esprit, nous sentons bien souvent quand il en est ainsi ou non. Plus un croyant est spirituel, plus il le sent ; le ministère doit être par l’Esprit. Les réunions d’administration même ne peuvent être profitables que si le Saint Esprit agit et s’il est contristé, nous avons à nous humilier et attendre pour qu’il reprenne son action.
Il y a ici trois catégories d’hommes : spirituel, animal, charnel. L’homme animal, c’est l’homme inconverti. On est saisi de constater dans quelles ténèbres se trouvent des esprits même distingués et capables è l’égard des choses divines. Pas de vie, pas le Saint Esprit : pas d’intelligence !
Ch. 3.
Dans le premier chapitre, l’apôtre avait établi de la manière la plus forte qu’il y avait, pour les chrétiens, un seul sujet de se glorifier, c’était dans le Seigneur. Les Corinthiens avaient oublié cela, car ils se glorifiaient dans les docteurs qui les avaient enseignés. « Vous êtes de Dieu ».
Dieu s’occupe des siens, d’un côté en appliquant la croix – et cela met de côté toutes les prétentions de l’homme – et de l’autre, présentant Christ qui nous a été fait sagesse, justice, sainteté et rédemption. Ensuite, l’apôtre établit que les croyants ont d’autant moins de raison de se réclamer de chefs, même de vrais serviteurs de Dieu, que tous ces serviteurs ne sont que des exécuteurs de la pensée de Dieu, des moyens employés par l’Esprit même, et des ouvriers dépendants d’un même Maître. Ce qui compte, c’est ce que Dieu donne par le Saint Esprit.
Le chapitre 3 insiste essentiellement sur le travail accompli ici-bas par des serviteurs dépendants d’un même Maître et appelés à administrer les mêmes trésors pour le bien des élus. Il leur est demandé d’être fidèles. Seulement, intervient alors l’état du cœur, de la conscience et de l’esprit de ceux qui sont appelés à recevoir. Ces apôtres, ces serviteurs de Dieu, ont été appelés à communiquer ces choses excellentes, mais comment les recevoir ? La responsabilité des serviteurs est grande.
L’apôtre doit leur dire : Comment avez-vous profité de ces ministères divers, mais donnés par le moyen du même Esprit et par le même Dieu ?… mais je vous ai présenté Jésus Christ et Jésus Christ crucifié. Les Corinthiens n’étaient pas encore en état d’en profiter comme Dieu le voulait. L’apôtre aurait voulu communiquer des choses plus profondes concernant les gloires de Christ et tous les mystères se rapportant à sa Personne. Mais les Corinthiens n’étaient pas en état de recevoir ces choses.
Il y avait eu arrêt dans leur développement spirituel. L’apôtre ne pouvait pas parler de cette sagesse dont il parlait parmi les parfaits, c’est-à-dire ceux qui ont compris que tout est en Christ et qui n’ont aucune confiance en la chair. Les choses spirituelles ne peuvent être reçues que par des âmes spirituelles, c’est-à-dire dans lesquelles l’Esprit occupe une telle place qu’il puisse y apporter ses révélations bénies. Des cœurs et des esprits débarrassés des choses humaines, des choses de la terre, et où les choses saintes, comme dans des vases purs, peuvent être déposées.
Fin du chapitre 2 et début du chapitre 3 : distinction entre trois catégories de personnes :
– L’homme animal ou l’homme naturel.
Ce sont évidemment tous les hommes inconvertis, qui n’ont que leur âme reçue de la descendance d’Adam, mais dans laquelle le Saint Esprit ne peut pas agir. Il n’y a pas la vie nouvelle. Cette âme a ses propres pensées. Son domaine est celui des choses visibles, son intelligence appliquée aux choses terrestres, mais cela n’a rien à faire dans les choses de Dieu. L’esprit de l’homme connaît les choses de l’homme.
Si les autres hommes ne peuvent porter leur regard dans le fond d’une âme, n’oublions pas que Dieu y porte le sien, qu’il n’y a pas de domaine qui lui soit caché, que les choses profondes de l’homme sont sondées par Dieu et que nul ne peut échapper à ce regard. Cela est sérieux et solennel pour quelqu’un qui serait encore dans cet état naturel, c’est-à-dire n’ayant pas la vie nouvelle.
– À l’opposé, il y a celui qui est appelé l’homme spirituel, qui est spirituel et qui discerne toutes choses. L’homme spirituel, c’est celui chez qui l’action de l’Esprit est assez libre pour que cette communication soit effective. Ceux chez qui les pensées de la chair n’empêchent pas cette action bienfaisante de l’Esprit prenant de ce qui est à Christ pour l’annoncer aux siens et cela pour la gloire du Christ et non pas pour la gloire de l’homme.
– Puis, entre ces deux catégories si opposées, l’homme animal et l’homme spirituel, nous avons ceux que l’apôtre appelle des hommes charnels.
Un homme charnel, c’est un chrétien, un croyant. Seulement, c’est un croyant chez lequel les pensées de la chair, les impulsions de la chair, les pensées qui sont encore celles de l’homme animal, empêchent que cette âme qui devrait être et pourrait être ouverte à ces choses spirituelles, puisse en jouir. Cette capacité de la vie nouvelle n’est pas employée. Nous restons toujours avec nos deux natures dans un seul être : la vieille nature et la nouvelle nature, qui nous a été donnée par la nouvelle naissance. Si ce qu’il y a en nous de charnel se déploie, comment les choses spirituelles seraient-elles alors connues ?
« Vous êtes encore charnels » (ch. 3. 2) . A cet égard, les Corinthiens sont considérés ici tels que l’apôtre les avait connus lorsqu’il était au milieu d’eux et lorsqu’il les enseignait au début de son ministère. Il doit dire : « Je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ ». Cela est normal qu’au tout début, ces Corinthiens qui sortaient du paganisme et n’avaient pas encore reçu d’enseignements, sauf les premiers éléments du christianisme, soient encore dans la faiblesse qui est propre au petit enfant.
L’apôtre leur avait donné la nourriture toute élémentaire qui leur convenait, afin que la vie de l’Esprit se développât, pour que ces éléments charnels soient rapidement surmontés par l’action de l’Esprit et qu’ils deviennent peu à peu des hommes spirituels, mais il doit leur dire : Où en êtes-vous maintenant ? Vous ne vous êtes pas développés comme vous auriez dû et, comblés de toutes sortes de dons de grâce comme vous l’avez été, vous n’avez pas fait de véritables progrès dans la connaissance de Christ.
Ce qui vous a été donné, vous l’employez pour vous-mêmes et vous vous glorifiez des instruments dont Dieu s’est servi pour votre accroissement. Vous vous laissez gouverner par ce qui caractérise la chair, alors que vous devriez l’avoir jugée et vous devriez marcher comme des hommes spirituels. Je ne puis pas encore vous communiquer les choses excellentes.
Ce chapitre 3 établit que c’est en Christ seul que nous avons à nous glorifier, mais aussi que toutes choses nous appartiennent car nous appartenons à Christ. Les serviteurs que Dieu emploie sont là pour que, précisément, les choses de la terre soient mises de côté. Il s’agit de ne pas marcher à la manière des hommes mais comme des hommes spirituels, comme des saints par la grâce de Dieu.
Lorsqu’on a affaire à quelqu’un qui est nouvellement converti, authentiquement converti, il n’y a pas lieu de s’étonner si ce nouveau converti est encore charnel. Il n’y a là rien qui puisse surprendre. Et si l’on a un service à accomplir à l’égard de cette personne, c’est de l’aider à faire des progrès et à passer à un autre stade de la vie spirituelle, comme l’épître de Jean nous l’apprend.
Dieu nous connaît bien et Il ne nous trompe pas et II ne dit pas que, quand quelqu’un est converti, tout ce qu’Il veut faire en lui est fini. La conversion est une fin si l’on veut, mais elle n’est pas vue dans le Nouveau Testament comme une fin dans les pensées de grâce de Dieu. C’:est un commencement aussi, c’est ce que, dans l’ensemble de la chrétienté on a perdu de vue et il arrive alors que nombre de chrétiens sont charnels toute leur vie, mais nous n’avons pas besoin d’aller chercher ailleurs pour en voir.
Nous pouvons souligner en passant la grande importance de l’enseignement dans les soins à donner aux âmes qui sont au Seigneur, les soins à donner au troupeau du Seigneur. Là, tout de suite, apparaît la responsabilité des parents à leur place et des frères et des sœurs dans le rassemblement. Y pensons-nous ? Il. arrive que l’on entend, au culte, des actions de grâce qui ne dépassent pas le stade de la conversion. Comment s’étonner alors que le développement n’ayant pas été produit, les manifestations charnelles aient lieu ?
L’apôtre traite ce sujet en toute bonne conscience et nous devons le considérer de près et l’imiter à cet égard. Il s’était toujours défendu de se faire un centre, le centre d’un groupe quelconque de chrétiens. On peut dégager un enseignement pour les chrétiens eux-mêmes, afin que, nous tous, nous nous attachions au Seigneur et que, quel que soit l’instrument par lequel nous avons pu être amené au Seigneur, cet instrument ne soit pas celui auquel nous nous attachons, bien qu’il puisse y avoir des affections particulières, et c’est tout à fait légitime.
Mais, il est très important que les serviteurs du Seigneur veillent continuellement sur eux-mêmes pour qu’on ne s’attache pas à eux et qu’ils ne soient pas le centre de l’activité qu’ils déploient.
Et alors, il n’est pas étonnant que le caractère charnel des saints se manifeste ensuite. Il n’est pas étonnant qu’il y ait là une source de dissension entre les frères et les sœurs.
Ici, le caractère charnel est sur le plan religieux. Il peut se manifester dans d’autres domaines. Sur le plan religieux, c’est probablement le plus grave par les conséquences qu’il a sur l’état général des saints, l’état du témoignage. Le témoignage est aussi ce par quoi le Seigneur maintient la vérité que Lui seul est le centre digne d’être honoré, recherché, aimé, servi, adoré.
Nous n’avons pas deux cœurs : un pour nous attacher au Seigneur et un autre pour nous attacher à l’homme, bien que nous puissions être attaché à des frères. C’est notre devoir de ne pas leur faire de mal. Nous pouvons rendre cette justice à ceux qui nous ont enseignés, à ces conducteurs du commencement, c’est qu’ils se sont effacés devant leur Maître, ils n’ont jamais dit : mon troupeau, mon œuvre, bien qu’il y ait eu un travail qui était le leur, et ils ont travaillé dans l’esprit qui est dit ici et dont nous tous, frères, nous devons demander à Dieu qu’Il nous en imprègne.
Il ne sert de rien de nous lamenter sur nos misères et sur la ruine. Il faut aller aux ressources qui sont données. Tant que le Seigneur n’a pas abandonné les siens, les ressources sont à leur portée. Celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien, le seul qui compte, c’est Dieu qui donne l’accroissement.
Y aurait-il autant de misères, de larmes et de craintes si dans le cœur de chaque frère, de chaque sœur, et de tous, cette pensée était maintenue, gravée, et vivante par l’Esprit de Dieu. Ce n’est que Dieu qui peut faire cela. Vous ne pouvez pas vous débarrasser de vous-même et Dieu ne vous demande pas de le faire. Les remèdes à nos maux sont de tous les temps. Ils sont les mêmes que du temps de Corinthe ; nous n’en avons pas d’autres. Dire, d’une manière plus ou moins claire ou sous-entendue, que la vérité a vieilli et que ce que l’on nous a enseigné est périmé et n’est plus ce qu’il faut à la jeunesse qui monte, nous disons : alors, il ne nous reste plus qu’à délaisser la Bible.
Il n’y a pas deux christianismes. Que, les jeunes chrétiens ne fassent pas trébucher des serviteurs en les entourant d’une manière qui dépasse ce qui est selon le Seigneur et que les serviteurs eux-mêmes s’attachent à avoir dans leur cœur Christ et, par suite, le sentiment que l’on n’est rien du tout. Heureux Paul et heureux ceux à qui il a été donné de marcher sur ses traces !
Dans le monde religieux, il y a des écoles, des églises. Une Église, c’est un groupement. Il y a des chefs à la tête, souvent toute une hiérarchie, tandis que dans le troupeau du Seigneur qu’Il conduit Lui-même, dont II est le centre, chacune des brebis du troupeau regarde au Seigneur. Tout le monde est heureux de reporter au Seigneur tout ce qui se fait. Soyons bien sûrs que jamais rien de bien ne se fait autrement que par le Saint Esprit. Ces passages sont d’une extrême importance de nos jours où le moi tend à s’affirmer de plus en plus. Toute puissance, sagesse, énergie, qui n’est pas de Dieu, doit être considérée comme mauvaise et chacun doit demander la grâce nécessaire pour la rejeter.
Que le Seigneur nous accorde la grâce d’être gardés de tout esprit de parti et de vaine gloire ! Il n’y a pas de partisans dans l’Écriture ; il y a des enfants de Dieu, des rachetés de Christ, avec Christ comme centre. Fuyons tout ce qui tend à nous attacher à un autre centre que Christ. Que nous nous rappelions que l’existence pratique d’un rassemblement local et des rassemblements dépend de l’application des vérités qui nous sont données à l’égard de l’Assemblée. Il n’y a pas de chefs, et pas de descendance dans l’assemblée. Chacun a reçu la vie du Seigneur, est un enfant de Dieu, est à sa place un serviteur.
Mais une autre influence, individuelle ou familiale, ou ayant d’autres sources, cela est introuvable dans l’Écriture. L’oubli de cela produit des maux sans nombre. Nous avons le privilège de pouvoir être autour du Seigneur tous ensemble, comme membres de la famille de Dieu et comme étant des membres du corps de Christ, devant pour toutes choses, nous attendre au Seigneur, pour le service et pour les réunions, même pour les réunions d’administration, bien que celles-ci ne soient pas des réunions d’assemblée, puisqu’elles ne comprennent que des frères.
L’apôtre était un homme très distingué. Il y a eu des chrétiens extrêmement distingués, dont le bonheur fut de n’être rien, et le Seigneur s’est servi d’eux comme Il l’entendait. Si le vase avait la capacité (les capacités sont différentes) le Seigneur emploie le vase pour l’objet qu’Il a en vue. Vase de grande capacité ou de petite capacité, l’un et l’autre ne peut être utile au Maître que dans la mesure où il est mû par la main de son Maître.
Tant de maux seraient évités ou guéris très vite si nous pensions à cela ! Quelqu’un disait, au siècle dernier : Je ne suis pas étonné de voir beaucoup de maux et beaucoup de misères dans les assemblées. J’en vois au temps des apôtres, mais la différence entre ce temps là et ceux de nos jours, c’est qu’il y avait beaucoup plus de puissance, parce qu’il y avait plus de piété.
C’est bien ce qui manque le plus. Ce qui a baissé, ce qui nous manque tellement, c’est simplement la foi. La piété, après tout, c’est la foi dans la pratique, c’est ce lien entre l’âme et Dieu connu personnellement. Dieu craint, Dieu reconnu, adoré, Dieu en qui on se confie, à qui on remet toutes choses, Dieu à la place de l’homme.
C’est bien remarquable de voir, dans le chapitre 1er : « de Dieu » dans tout ce qui concerne cette assemblée à Corinthe. Ici, nous retrouvons Dieu qui donne l’accroissement. S’il s’agit des apôtres, nous sommes collaborateurs de Dieu. Voilà la véritable humilité, en même temps que l’expression de la plus grande dignité qui soit conférée à des hommes ici-bas : collaborateurs avec Dieu. Nous travaillons avec Dieu, ce n’est pas notre œuvre et ce n’est pas selon un programme à nous, mais il s’agit de l’œuvre de Dieu. Dieu qui en dirige l’exécution, qui nous appelle à cet honneur d’y travailler. Voilà pour les serviteurs.
Ceux parmi lesquels l’apôtre travaillait, c’est le champ dans lequel les serviteurs qui sont envoyés déploient leur activité : vous êtes le labourage de Dieu, ces croyants dans lesquels Dieu travaille par le Saint Esprit. C’est l’œuvre dans ses moyens d’exécution, dans son développement propre, comme un champ qu’on laboure, sillon après sillon ; comme un travail matériel où l’ouvrier emploie différents instruments selon les instructions reçues et en vue d’un but donné. L’apôtre peut dire : nous sommes entrés dans ce travail, mais ce n’est pas le nôtre, c’est celui de Dieu.
« Vous êtes l’édifice de Dieu ». Ici, l’assemblée locale à Corinthe, quelque chose de visible aux yeux des hommes et où Dieu habite. Vous êtes l’habitation de Dieu par l’Esprit. C’est ce qui est vu des hommes dans ce qui est édifié, quelque chose de nouveau sur la terre et portant le sceau de Dieu Lui-même, mais confié à la responsabilité de ceux auxquels Dieu confie un travail différent de l’un à l’autre, en vue d’un seul et même édifice. C’est l’assemblée de Dieu vu sous ce caractère de maison construite sur la terre.
Quand il s’agit du Seigneur édifiant Lui-même, il n’est pas question d’agents, d’ouvriers, mais tout est vu en perfection : « Je bâtirai mon assemblée, les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ». C’est là un travail que le Seigneur poursuit et qui est parfait. De même, en Éphésiens 2, il est parlé de la maison qui s’élève, l’édifice sera bientôt parfait ; la maison vue sur la terre, mais comme habitation de Dieu par l’Esprit, que le Seigneur Lui-même établit. Pas d’intermédiaires, toutes les pierres sont là, selon la pensée de Dieu. De même, en 1 Pierre 2 : « vous êtes édifiés une maison spirituelle ». C’est le Seigneur qui édifie et il ne se mêle là que des matériaux auxquels il n’y a rien à reprendre, vu du côté de Dieu, ce sont des pierres vivantes.
Mais quand il, s’agit du côté de l’édifice vu des hommes, avec une responsabilité donnée à différents ouvriers, les choses sont différentes. Alors, notre incapacité propre, tout ce que nous sommes en danger de produire venant de notre propre fond, de la chair, tout cela est mis en avant.
A côté de ce qui subsistera quand le feu viendra mettre à l’épreuve tout ce qui aura été ainsi construit, tout ce qui est la pensée du Seigneur, il y a hélas, le bois, le chaume, tout ce qui porte notre pauvre marque humaine et qui sera consumé par le feu. Alors, l’apôtre, en quelques mots d’une grande énergie et d’une grande portée, peut dire : « que chacun considère comment il édifie dessus ».
Le fondement est posé, Christ Lui-même étant le roc. Le fondement de l’Assemblée sur la terre a été posé par les apôtres et ce fondement, c’est Jésus Christ, maîtresse pierre de coin, pierre d’angle. C’est toujours la même pensée. Jésus Christ mort, ressuscité, vainqueur de Satan, du monde, de la mort. Rien ne peut prévaloir et le fondement subsiste et ne peut pas être attaqué. La maison est devenue une grande maison (2 Tim. 2), le solide fondement de Dieu demeure. C’est là la ressource pour tous les temps. Le fondement ne peut pas être détruit, mais alors, que chacun considère comment il édifie dessus. Cela demandera de l’énergie, un exercice continuel et une attention qui devrait être aussi continuelle.
Il y a un encouragement : chacun recevra sa propre récompense, selon son propre travail, c’est-à-dire selon la façon dont il aura accompli le travail dont il aura été chargé. Le Seigneur seul peut apprécier la manière dont il a été accompli.
Ce que nous avons donc à faire, dans le travail du Seigneur, dans l’Assemblée et pour elle, c’est de ne pas nous écarter des vérités fondamentales, afin que le travail de Dieu soit fait par Lui et pour Lui, à sa gloire. Dans la grande maison, il y a toutes sortes de matériaux, dont le plus grand nombre ne résistera pas au feu et personne n’oserait dire que, dans l’ensemble des rassemblements des saints, tous les éléments qui, visiblement en font partie, ont été amenés à cet état représenté par ces trois mots qui les rend propres pour la présence de Dieu : l’or, l’argent, les pierres précieuses.
Ces matériaux ne sont produits que par le travail de Dieu dans une âme et les serviteurs sont responsables de présenter la vérité pour que ce travail soit produit. Ce n’est pas eux qui le produisent, mais ils sont responsables de ce qu’ils disent et de ce qu’ils font à cet égard, responsables de présenter la vérité.
Une âme n’est pas en rapport avec Dieu si elle n’est pas dans un état comme représente l’or, l’argent et les pierres précieuses.
Le travail du serviteur, travail que le Seigneur bénit, est tout autre chose qu’une simple éducation chrétienne. L’éducation chrétienne n’amène pas à cet état là. Nous sommes responsables de maintenir que le sang de Jésus seul rend quelqu’un digne de se tenir devant Dieu et que, par la foi en l’œuvre de Christ, une âme est passée de cet état de mort à un état tel que Dieu la considère avec faveur. Ce qu’est le salut, ce qu’est un chrétien sauvé, tout cela doit être enseigné dans l’assemblée avec beaucoup de précision. Les conséquences en découlent.
Une personne ne peut être introduite dans le témoignage public de l’Assemblée que si on découvre en elle les caractères représentés par ces images, caractères produits par le Seigneur en elle. C’est alors une pierre vivante, c’est une personne qui peut entrer dans l’Assemblée.
Proclamons avec force et netteté que l’homme est entièrement perdu. Il faut la foi du cœur, la foi qui est un don de Dieu (non pas une foi de « tête ») le fruit de l’opération de Dieu dans une âme. Alors, quand l’âme est liée à Christ, les caractères donnés ici lui appartiennent. C’est un matériau qui ne sera pas détruit par le feu. Mais ce qui n’est que l’effet d’habitudes religieuses parmi nous comme ailleurs, ne résistera pas au feu.
Il faut prendre les choses avec simplicité, mais aussi beaucoup de sérieux et ne pas avoir peur de demander à une âme si vraiment elle connaît le Seigneur et s’il y a un doute, il faut laisser le temps d’examen nécessaire. Nous avons à laisser à l’assemblée tout le temps nécessaire pour l’examen d’une demande, pour que l’on voie si cette âme a autre chose que des connaissances même bibliques, pour voir si elle a véritablement Christ. Quelqu’un qui n’a pas Christ n’a rien. Il n’est pas toujours facile de discerner un vrai chrétien de quelqu’un qui ne fait que ressembler à un chrétien. Mais si nous savions nous attendre au Seigneur, Il nous éclairerait.
Plus loin, nous voyons ceux qui détruisent le temple de Dieu. C’est plus grave. Quelqu’un a écrit ceci : Si je vais dans une assemblée, établie sur le terrain de la vérité, et que je trouve là des personnes en communion qui n’ont pas la vie, que ferais-je ? J’irai quand même dans ce rassemblement, mais je me comporterai à l’égard de ces personnes comme je crois devoir le faire devant le Seigneur. Le grand point pour un rassemblement, c’est la sûreté du terrain du rassemblement.
Le même serviteur du Seigneur disait ceci : Je vois un groupe de chrétiens, tous chrétiens, mais réunis sur un terrain sectaire (un homme est à la tête), je ne pourrai aller avec eux.
Corrompre le temple de Dieu, c’est plus grave, c’est le travail de l’hérésie et tout ce qui peut tendre à une dissidence.
Quand nous parlons d’admission, comprenons bien qu’il ne s’agit, en aucune manière, d’admettre quelqu’un dans une église meilleure que les autres ou dans un groupement de chrétiens qui valent mieux que d’autres. La seule question qui se pose est celle du fondement et ensuite d’être conséquent avec ce terrain sur lequel se trouvent les croyants, en n’oubliant jamais que ce n’est pas pour eux-mêmes qu’ils administrent les choses, mais qu’ils administrent là ce qui appartient à l’assemblée, c’est-à-dire tous les croyants connus de Dieu seul.
Édifier avec du bois, du chaume, ce n’est pas seulement porter atteinte au témoignage, mais à l’Assemblée de Dieu, ce dont le rassemblement local n’est qu’une expression. Et encore, dans une localité, le rassemblement de deux ou trois au nom du Seigneur n’est que l’expression, par rapport à l’ensemble, de ce que Dieu voit comme son Assemblée dans cette localité.
C’est toujours à ce niveau là qu’il nous faut voir les choses, le niveau de Dieu Lui-même.
Dans l’épître à Timothée, il nous est enseigné comment nous conduire à l’intérieur de la maison de Dieu. Dans cette maison, il y a des vases à honneur et d’autres à déshonneur. Ce n’est pas tout à fait le sujet que nous avons ici. Il s’agit ici de la contribution, par la grâce, de Dieu, que nous sommes appelés à apporter à l’édification de ce qu’est l’assemblée de Dieu, la maison de Dieu, l’édifice de Dieu.
Qu’il s’agisse d’un apôtre, ou d’un Aquilas ou Priscilla, qui enseignent dans leur maison, il s’agit toujours de la présentation de la vérité chrétienne par l’Esprit, par le moyen d’hommes et de femmes vivant ici-bas et alors, la question de la substance ainsi enseignée, voilà ce qui importe. Cela concerne aussi bien les doctrines, les enseignements que les résultats de ces enseignements, c’est-à-dire les personnes qui sont amenées et qui sont caractérisées par ce qu’elles ont reçu.
Actes 18. 24 à 26. Quand Apollos vient et qu’il parle avec puissance, certainement le Saint Esprit l’avait amené là et il est dit qu’Aquilas et Priscilla lui expliquèrent plus exactement la voie de Dieu. Avec toute sa connaissance, toute sa foi et sa piété, tout son zèle et toute son ardeur, Apollos risquait d’introduire un faux enseignement dans l’assemblée de Dieu, d’apporter de mauvais matériaux.
Mais Aquilas et Priscilla sont fidèles pour lui enseigner la voie de Dieu et lui est assez humble pour se laisser enseigner. Il pourra ainsi apporter de vrais et bons matériaux à l’édification sur le fondement que Paul avait posé. Ensuite, Paul peut s’associer à Apollos. L’apôtre insiste sur ce fait : c’est Dieu qui donne l’accroissement.
Puissions-nous travailler ensemble à cette œuvre, qui est celle du Seigneur, à l’édifice qui est l’édifice de Dieu, ne regardant pas à ce que chacun a reçu pour lui-même, mais à ce que l’autre a reçu, de façon à ce que tout soit employé pour le vrai bien des âmes, la gloire de Dieu et le témoignage sera rendu tel que le Seigneur le demande.
Il ressort de ce passage qu’il y a trois catégories d’ouvriers il y a de bons ouvriers, qui recevront la récompense de leur travail, avec une œuvre qui n’aura pas été détruite lorsque le feu mettra tout à l’épreuve. Il y a aussi de mauvais ouvriers qui, pourtant, sont des chrétiens, mais qui ont été eux-mêmes mal enseignés ou qui se sont laissé séduire ou entraîner par leurs propres pensées ou leur propre cœur et n’ont pas apporté de bons matériaux. L’ouvrage, même s’il a paru être de bonne qualité, se révèle vain par la mise à l’épreuve par le feu. Tout sera consumé, il ne restera rien. Un tel ouvrier, se rendant compte de cela, peut en éprouver beaucoup d’amertume et peut arriver à douter de sa qualification pour servir, et même à douter de son salut. Mais, dit l’apôtre, quoi qu’il en soit, il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu.
La troisième catégorie, ce sont les corrupteurs, ceux dont il doit être dit : quelqu’un corrompt le temple de Dieu. Quelle chose ! Là, ce sont des éléments religieux, destructeurs de la Parole, qui détruiraient le fondement s’il était possible, mais il demeure, par la grâce de Dieu. Il est dit d’Hyménée et Philète « dont la parole ronge comme une gangrène, qui renverse la foi de quelques-uns ». Voilà des éléments destructeurs de la foi, destructeurs de la vérité chrétienne et entraînant des hommes après eux.
Dieu sait ce qu’il en est de chacun, mais la Parole est donnée ici avec toute sa solennité : « Si quelqu’un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira ». Et la raison qui en est donnée ici : « Le temple de Dieu est saint et tels vous êtes ».
S’il y a dans les assemblées des frères et des sœurs qui sont spécialement exhortés à tenir compte de cela, c’est bien évidemment les plus âgés, les plus anciens dans la foi ; ce sont ceux-là qui sont responsables d’avoir d’abord appris pour eux-mêmes, dans le fond de leur âme, quelque chose de ces vérités, qui ne sont pas et ne seront jamais agréables à recevoir par la chair. Jamais la chair n’acceptera d’être anéantie. Et pourtant, c’est le point de départ du raisonnement de l’Esprit Saint dans tous ces passages.
Ne pas avoir l’air sage dans ce siècle, mais être traité comme un fou, c’est pourtant cela. Plus un chrétien aime le Seigneur, a affaire à Lui, plus il est une énigme pour le monde, pour les sages de ce monde. Qu’il nous soit donné, dans les assemblées, de nous aider mutuellement à réaliser cette position, cet état intérieur, qui conduit à laisser au Seigneur la première place dans l’assemblée, devant qui les considérations d’un autre ordre doivent s’effacer.
Nous avons tous constaté que des difficultés ont surgi faute d’avoir prêté attention à ces vérités fondamentales. Ainsi, si le Seigneur nous apprend quelque chose de cela, nous pouvons être en aide à d’autres et nous devrions nous aider mutuellement dans les assemblées, non pas nous exciter à nous faire valoir, mais nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres, c’est-à-dire à ce qui est du Seigneur et, à l’occasion, nous laver les pieds mutuellement quand la chair s’est manifestée. Elle peut se manifester d’une manière violente ou d’une manière très douce et pas toujours très droite. Tout cela, ce n’est pas Christ.
Quand on a le Seigneur, on a tout ce qui est au Seigneur. Nous pouvons aider les plus jeunes, si nous sommes ainsi en rapport avec le Seigneur, à se méfier des faux jugements, des illusions des jeunes chrétiens, des illusions quant aux valeurs humaines, quant aux valeurs mondaines. Les jeunes ne peuvent pas avoir le jugement qu’ils auront plus tard, ils sont encore charnels au sens qu’on nous a donné. C’est pourquoi ce n’est pas la jeunesse qui a la responsabilité première.
Seul a de la valeur dans l’Assemblée ce qui vient de Christ, ce qui est de Dieu.
Que ces déclarations si fortes qui sont données là à l’égard de ce qui est spirituel ou de ce qui est charnel, ou à l’égard de la sagesse du monde et des valeurs du monde, que nous y pensions un peu. Il ne doit pas être très facile à un frère très riche d’oublier toujours qu’il est très riche ; ou à un frère qui a de hautes capacités d’oublier toujours qu’il les a, et pourtant ce devrait être l’exercice de l’un et de l’autre. Celui qui plaît au Seigneur, c’est quelqu’un qui a le sentiment que, hors du Seigneur, il ne peut rien faire, rien de bon, ni dans son service privé, ni dans l’assemblée.
Que le Seigneur nous accorde à tous de prier beaucoup pour chaque rassemblement local, que l’ennemi s’acharne à faire disparaître comme témoignage.
Ch. 4.
Nous avons donc, avec ce chapitre, la terminaison de ce qui constitue une longue introduction. Nous avons là l’autorité de l’apôtre, pour intervenir dans des questions de discipline, d’ordre de conduite pratique dans l’assemblée à Corinthe. Chacune de ces questions demandant non seulement que l’apôtre agisse avec autorité et puissance, mais aussi en témoignant de son attachement aux Corinthiens et, par-dessus toutes choses, enseignant à propos des cas particuliers qu’ils auraient à examiner, la vérité de Dieu en Christ, élevant ainsi toutes choses au niveau convenable, c’est-à-dire de la gloire et de l’autorité du nom de Christ, du bien permanent de l’Église, des besoins qui seraient ceux de cette Église durant tous les temps, de sorte que cette épître a sa valeur pour nous tous.
L’apôtre avait déjà dû rappeler aux Corinthiens ce qu’est l’Assemblée de Dieu, son caractère, tout ce qu’elle a reçu. Il fallait d’autre part que l’apôtre rappelât et maintînt que Dieu avait donné des apôtres pour le service que lui était prêt à continuer à l’égard de ces Corinthiens. Lui, Paul, était un de ces apôtres, il avait des collaborateurs que l’Esprit Saint lui avait donné et il pouvait parler avec autorité à Corinthe.
Il rappelle aussi qu’il n’y avait qu’une source d’autorité, d’enseignement de puissance ; et que, malheureusement, l’état des chrétiens était tel qu’il fallait rappeler cela d’une manière toute particulière, parce qu’il y avait des divisions et qu’il se formait des écoles de doctrine derrière l’un ou derrière l’autre.
Ce que l’on pouvait déjà comprendre dans les chapitres précédents se présente ici avec plus de netteté, savoir que cet état de choses à Corinthe était aggravé par des gens qui se présentaient comme des docteurs et comme ayant des capacités pour conduire l’assemblée et amenaient ainsi ces Corinthiens à mettre en doute le ministère de l’apôtre et même à mépriser sa personne et son ministère.
On est frappé de voir de quelle manière l’apôtre est amené à parler à ces Corinthiens : J’ai beaucoup de choses à vous dire et j’ai l’autorité pour le faire. Si j’allais vers vous maintenant, il me faudrait employer la verge, mais je voudrais que vos cœurs soient gagnés à ce que j’ai à vous dire avec amour, avec douceur, vous parlant comme un père. Il faut donc que vous reconnaissiez que c’est comme serviteur de Dieu que j’agis à votre égard. Je vous ai rappelé ce qu’est une assemblée de Dieu et combien c’est affligeant qu’il y ait là des divisions, ce qui prouve que vous êtes encore charnels.
Vous avez oublié que la croix de Christ mettait entièrement de côté le vieil homme et vous le laissez produire ses tristes fruits. Vous avez oublié la part qui vous est faite en Christ et ce que c’est que la sagesse de Dieu, qui devrait être votre richesse, votre joie, et non pas la glorification des uns et des autres, vous glorifiant de connaissances qui peuvent être réelles, mais dont le résultat n’est pas cette vie de dévouement, d’humilité, de consécration à Christ, ce qui devrait être le fruit d’un véritable ministère. Il y a des gens qui vous troublent.
L’apôtre ramène ainsi les choses dans la lumière de la Parole de Dieu, sous l’autorité de Christ, et chacun est ramené à sa place. L’apôtre se présente comme administrateur de Dieu, serviteur de Christ, n’ayant pas de comptes à rendre aux hommes.
« Ne jugez rien avant le temps. Celui qui me juge, c’est le Seigneur ». Il fallait attendre le moment où le Seigneur mettrait tout en lumière et donnerait à chacun sa louange. S’étant ainsi présenté devant Dieu, l’apôtre peut ensuite se présenter directement devant les Corinthiens. C’est la première fois qu’il le fait du façon directe. Il se place en parallèle avec ceux qui cherchent leur propre gloire.
Ayant des dons spirituels remarquables, de grandes connaissances qui vous donnent une haute opinion de vous-mêmes, vous pensez vous établir sur la terre comme un groupe si favorisé de toutes manières qu’il peut fermer les yeux sur les désordres qui peuvent s’y produire. Au chapitre 5, on voit ce qu’il en est. Et nous, les apôtres, nous sommes dans la souffrance, dans la faiblesse, dans le mépris, mais c’est ainsi que le serviteur prend place à la suite de Celui qui n’a pas brillé dans ce monde. Il les amène à avoir honte, bien que, dit-il : « Je n’écris pas pour vous faire honte, mais pour toucher vos cœurs, pour que, vous détournant de ceux qui vous conduisaient ainsi à un christianisme relâché et mondain, vous soyez mes imitateurs » (v. 16).
Nous voyons, dans ce chapitre, tout un ensemble de considérations du serviteur de Christ dans la soumission au Seigneur, dans le vrai attachement de l’apôtre pour ceux qu’il peut appeler ses enfants, le complet détachement de lui-même dont il donne ici l’exemple. Ceci est d’une très grande instruction pour nous, dans tous les temps, et plus que jamais dans les temps auxquels nous sommes parvenus, où l’on recherche l’homme. C’est en fait l’exaltation du vieil homme.
Pour un vrai serviteur de Christ, un bon dispensateur de ce que Dieu veut faire connaître des mystères cachés jusqu’ici, ce qui importe, ce n’est pas que de tels serviteurs soient renommés, qu’on courre après eux, mais c’est qu’ils soient fidèles à Celui qui les a envoyés, Celui duquel ils administrent les biens. Ce terme peut être aussi « économe ». Le serviteur, c’est celui qui est au-dessous de quelqu’un qui lui commande sa tâche.
Dans le chapitre précédent, l’apôtre aurait pu tout aussi bien, au lieu de dire Paul et Apollos, parler de tel ou tel docteur qui était venu à Corinthe, qui les enseignait et les détournait de. Christ, mais il ne le fait pas. Littéralement : J’ai transporté la chose d’eux sur moi-même et sur Apollos.
Des serviteurs fidèles ne peuvent pas se considérer autrement qu’étant au service des saints.
Les développements précédents présentent davantage les opérations divines, opérations vis-à-vis de l’homme et opérations qui ont source dans la personne et l’œuvre de Christ. Le christianisme a été diffusé et les instruments de la diffusion étaient des hommes. Paul, en particulier, n’était pas seulement un instrument de diffusion comme d’autres, mais il avait été le vase choisi pour la révélation, puis pour la communication, par inspiration.
Paul, en définitive, seul parle de l’Église. C’est lui qui la fait connaître. C’est ce à quoi il fait allusion aussi au début du chapitre quand il dit : pensez ce que vous voulez, j’ai reçu communication de la pensée de Dieu, je la fais connaître, c’est une affaire qui, en fin de compte, ne regarde que moi seul vis-à-vis de Dieu et mon affaire, c’est de faire connaître fidèlement ce que j’ai reçu. Mais il ne veut pas dire qu’il échappera au contrôle des frères. Nous ne pouvons pas nous abriter derrière des paroles qui sont ici pour dire : personne n’a rien à voir à ma façon de travailler.
Paul avait reçu une mission qui lui était absolument propre, personne ne pouvait se mettre à côté de lui pour dire qu’il avait reçu les révélations et qu’il les avait transmises par inspiration ; cela s’était fait par lui. Il n’y avait qu’à diffuser la vérité, à être un bon administrateur des choses qu’il avait reçues, un bon administrateur au milieu des hommes.
L’apôtre dit cela, en passant, sans insister. Cela lui est arrivé d’autres fois de rappeler que c’est Dieu qui lui a assigné un travail. Ce n’est pas moi qui me suis fait apôtre, c’est Dieu. De même, de nos jours, lorsque Dieu appelle un frère et le qualifie comme docteur, cela se passe entre lui et le Seigneur. Cela ne veut pas dire que les frères ne peuvent pas avoir à considérer de quelle façon le serviteur s’acquitte de sa tâche, car nous ne devons pas oublier que nous sommes bien faibles et infidèles et que nous avons besoin de nos frères parfois pour nous redresser dans notre service.
Paul a bien souvent été malmené. Dans le chapitre 4, on a dit qu’il y avait là les manifestations, le jeu des sentiments d’un cœur très noble blessé par l’ingratitude des Corinthiens. Cela fait partie des éléments que le Seigneur met dans la coupe que nous avons à boire.
Mais alors, ce qu’il y a de très intéressant dans ce chapitre c’est ce que nous voyons inséré entre ce qui précède et ce qui suit ; l’apôtre, ainsi traité de la part des Corinthiens, apprend à connaître ce que son Maître a connu. Qui s’est tenu près de Jésus à la croix ? Personne. Parmi ses disciples, même l’un fut un traitre ; c’était une épreuve peu ordinaire.
N’imaginons pas que le serviteur fidèle sera toujours approuvé. Ce chapitre nous montre que si Paul a enseigné si nettement que le premier Adam était entièrement annulé par le christianisme, l’instrument dont le Seigneur s’est servi pour révéler ces vérités et les faire connaître par inspiration, ce serviteur était, moralement parlant, à la hauteur de sa tâche. C’est ce qu’il y a d’admirable. Il pouvait être le héraut de la vérité qu’il annonçait, parce que cette vérité produisait en lui des effets à la hauteur de cette vérité. C’est un principe pour nous tous, n’est-ce pas, serviteurs ? Nous ne pouvons en bonne conscience parler des choses saintes que dans la mesure où elles ont eu, dans notre cœur et notre conscience, de l’effet.
Heureux serviteur Paul ! Calomnié à Corinthe et ailleurs… s’il n’avait pas été appelé à cette tâche, il n’y eût pas tenu, mais il était moralement préparé. Une chose par quoi le Seigneur l’avait formé, c’est qu’il avait été pris en train de persécuter l’assemblée jusqu’à la mort et il se considérait par là comme le premier des pécheurs. Le Seigneur l’a ainsi brisé.
Paul a été fidèle dans l’administration qui lui fut confiée. « Je n’ai pas frelaté la Parole de Dieu ». Il l’a donnée comme il l’avait reçue. Nous ne sommes-pas inspirés, nous, mais nous sommes responsables de donner la vérité comme elle nous a été enseignée. C’est très important de nos jours : ne pas frelater la vérité, ne pas la mélanger avec l’erreur. Nous avons tous à veiller à la pureté des doctrines enseignées ; toute indifférence à cet égard serait une grave infidélité.
Le christianisme est quelque chose de pratique en toutes choses. Le ministère n’est pas la chose la plus importante chez un chrétien, mais c’est son propre état moral et spirituel. Paul nous parle autant par son comportement moral que par les vérités qu’il nous fait connaître. Voilà un homme soumis à toutes sortes d’épreuves, son équilibre n’est pas perdu pour autant, parce que le Seigneur lui aide et lui accorde la force d’accomplir sa tâche fidèlement, ce qui n’est jamais facile.
Considérons l’état de ce serviteur : il était sans ressource ne possédant rien On penserait de nos jours que si l’on n’a pas de grands moyens, on ne peut rien faire. La grande affaire, c’est de laisser agir le Saint Esprit qui seul fait l’œuvre.
Il ne faut pas penser que l’apôtre Paul ne souffrait pas de la manière dont on le traitait ainsi, au contraire, il en était profondément atteint dans ses affections. Ne pensons pas que le Seigneur était insensible à ce que lui faisaient les hommes. Il a senti cela d’une manière d’autant plus profonde que sa perfection même le rendait infiniment sensible à tout. Toutes ses souffrances étaient le résultat de ce qu’était une nature parfaitement, divinement, infiniment sensible au moindre mal. C’était une souffrance pour le Seigneur dont nous n’avons guère l’idée, endurcis comme nous le sommes, à cause de notre mauvaise nature.
On peut aussi admirer le ménagement avec lequel Paul, de la part du Seigneur, traite sans les nommer ceux qui étaient coupables de cet esprit de parti.
La grâce et la vérité vont ensemble. N’étouffons pas la vérité par la grâce et non plus n’éteignons pas la grâce par la dureté de la vérité. Paul a de la grâce, sa façon d’agir est admirable, mais nous voyons quand même qu’il tient dans la main un instrument qui donnerait autre chose que des manifestations de tendresse et d’approbation, un instrument qui pourrait produire de très durs effets chez les Corinthiens. Plus loin, nous voyons qu’il était capable de livrer un homme à Satan. Quelle belle chose que le christianisme ! Quand on abuse de la vérité, voilà la grâce. Quand on abuse de la grâce, voilà la vérité. La grande affaire pour nous, c’est de savoir ce que le Seigneur veut à chaque circonstance.
Dans la seconde épître, on voit que du bien avait été produit à Corinthe, que la première lettre avait eu de l’effet, chez un grand nombre, et en particulier, les points sur lesquels l’apôtre avait donné son sentiment et ses ordres de par l’Esprit Saint. En cela, il avait été obéi et il peut louer les Corinthiens de leur obéissance. Mais il restait toujours – et cela dût rester encore dans la suite et dans d’autres assemblées, et jusqu’à la fin de sa vie – cette situation si pénible à son cœur, cette blessure dont il a été question dans le premier chapitre : la présence de l’activité d’éléments qui sapaient non seulement l’autorité de l’apôtre, mais sa personne et son ministère. Aussi, on le voit reprendre dans la seconde épître cette question de son ministère et de tout ministère.
Ce que nous n’avons ici qu’en quelques mots est développé dans la 2ème épître aux Corinthiens (ch. 3 et 4) mais l’apôtre y revient dans les derniers chapitres et étant amené, inspiré pour cela, à plaider sa cause avec un langage qu’il qualifie lui-même de langage insensé tellement l’ennemi restait à l’œuvre et ses instruments actifs pour ruiner, si possible, la parole de l’apôtre et en empêcher les effets.
Il serait intéressant de voir ce que l’apôtre dit de son ministère et de ce que cela entraîne pour lui, et de cette mort à laquelle il était livré tous les jours pour l’amour de Jésus, la vie de Jésus se manifestant dans sa chair mortelle. Il peut dire : cette fois, je viens et je crains que quand j’arriverai, je ne vous trouve pas tels que je voudrais. Tout n’avait pas été réglé et essentiellement cette question des mauvais ouvriers et des faux apôtres qui travaillaient contre Paul, étant des instruments de Satan et travaillant contre le nom de Christ. De sorte qu’il peut dire que quand il viendrait, il n’épargnerait pas. Il userait alors de cette autorité, cette puissance apostolique dont par lettre, il avait pu parler à ces Corinthiens.
Mais, de façon pratique pour nous, quel exemple que celui qui est placé là devant nous : je vous supplie d’être mes imitateurs, « Pour vous, ne jugez rien avant le temps ». C’est la tendance à nous juger les uns les autres, en nous targuant d’une autorité, d’un discernement que nous n’avons pas.
S’il s’agit de juger le mal, c’est autre chose, les manifestations du mal auxquelles nous serions coupables d’être indifférents, car cela concerne tous les croyants. Nous devons alors rechercher ensemble, dans l’humilité, le remède au mal et nous juger ensemble. C’est un côté extrêmement important.
Notre action commune et notre action individuelle, dans l’exercice d’une saine et heureuse discipline fraternelle, doivent avoir pour résultat d’amener telle personne, dont la conduite laisse à désirer, qui donne de l’inquiétude, l’amener à se trouver elle-même dans la présence du Seigneur et à se laisser juger par Lui.
« Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur ». Nous avons chacun à être fidèle dans le service que lu Seigneur nous confie. Nous devons avoir affaire avec le Seigneur pour connaître le service que nous avons reçu de Lui, ensuite être fidèle vis-à-vis de Lui, quoi qu’en pensent les hommes.
La première chose c’est de n’avoir rien sur la conscience, dit l’apôtre. S’il avait eu des manquements, ils avaient été confessés et jugés. C’est quelque chose de n’avoir rien sur la conscience. Pouvons-nous poursuivre notre service lorsque le Seigneur nous reprend ? Si quelque chose ne va pas en moi, Il me le montrera. Toutefois, cela n’annule en aucune manière : « Prenez garde les uns aux autres » (Héb. 10). La sainte et vigilante attention que nous avons à nous porter les uns aux autres, dans l’amour, dans l’humilité, chacun estimant l’autre supérieur à soi-même, de façon à pouvoir porter ensemble ce qui est à porter et poursuivre la course, nous attendant à Lui moment après moment.
Un jour, tous les secrets des cœurs seront manifestés. Paul en reparle en 2 Corinthiens, quand il parle du tribunal de Christ. Il marche dans le sentiment qu’il est conduit par le Seigneur, il est comme déjà devant le tribunal de Christ. Quelquefois, ces conseils des cœurs sont manifestés sur la terre, le Seigneur permettant que cela soit fait aux yeux des autres, que se révèle la faute, par exemple, d’avoir nourri dans son cœur des pensées de jalousie ou d’orgueil. Qu’en sera-t-il quand les conseils des cœurs seront manifestés ?
A propos des matériaux, il a été dit : « Si l’ouvrage de quelqu’un qu’il aura édifié dessus demeure, il recevra une récompense ». Voilà quant aux choses visibles, au travail extérieur dans ses résultats. Mais quant aux conseils des cœurs, quant aux mobiles qui nous font agir, il est dit : « Chacun recevra sa louange de la part de Dieu ». Il y aura une riche entrée, mais aussi des entrées bien pauvres. Il y aura une voix de louange pour le serviteur fidèle, non pas le plus encensé, mais celui dont la fidélité cachée aura été connue, appréciée par le Seigneur Lui-même : « Bien, bon et fidèle esclave » et il y aura peut-être de plus petites louanges de la part de Dieu là où il y aura eu de grandes louanges de la part des hommes.
La question de juger est très importante, parce qu’elle se présente pour nous. D’une part, il est dit : « Ne jugez pas ». D’autre part, il est dit : « Jugez ». Dans les évangiles, le Seigneur dit : « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés ». Dans cette épître, il est dit : « Jugez ceux du dedans ». L’Assemblée locale doit avoir le caractère de Dieu Lui-même. Dieu est lumière, Dieu est amour. Tout ce qui ne répond pas à ce qui est en Dieu, à sa nature essentielle, tout ce qui ne correspond pas à ces deux caractères de la nature de Dieu, cela ne devrait pas se voir parmi les saints.
Nous avons, pas mal de choses à juger, chacun pour son compte. L’apôtre pouvait dire : c’est Dieu qui a tout fait. Voilà ce qui donne une bonne conscience pour un serviteur, avoir ce sentiment qu’on est appelé par le Seigneur, qu’on a affaire à Lui, et comment cela se prouve-t-il aux autres ? Le Seigneur s’en charge. S’il y a des opposants, il faut avoir affaire au Seigneur, s’attendre à Lui qui a la haute main sur tout et qui peut apprendre à son serviteur à dépendre davantage. On n’a qu’à s’en remettre au Seigneur. Un frère disait : Je n’ai jamais vu que le service de quelqu’un qui vit beaucoup avec le Seigneur dans sa communion ne soit pas reçu dans l’ensemble. Les serviteurs ont donc à vivre très près du Seigneur, chacun pour son compte.
On ne peut pousser quelqu’un. Il n’est peut-être pas qualifié pour un service, il n’est peut-être pas prêt quant à l’état de son âme On risquerait de le faire broncher et de lui causer beaucoup de mal. Le serviteur doit marcher et servir en dépendant de son Maître ; le reste, c’est l’affaire du Seigneur. Nous ne pouvons pas juger ce qui se passe dans le cœur de nos frères, mais il faut juger ce qui se manifeste. Mais, ce qui se manifeste dans la vie d’un frère, d’une sœur, nous le jugeons d’autant plus que nous sommes plus spirituels, mais avec plus de grâce et non dans un esprit de jugement ; ceci est un mal dangereux auquel on est d’autant plus porté que l’on est moins spirituel.
Ceux dont la vie est aux trois-quarts mondaine sont parfois les premiers à porter un jugement qu’ils voudraient définitif, alors qu’il faut être dans un état autre pour porter un jugement sain et juste. On juge ce qui est manifestée ; un mal est là, il faut le juger. Mais il faut le faire avec le Seigneur.
Que les frères qui ont une certaine autorité ne se laissent pas entourer par une sorte de phalange de personnes qui, à l’occasion, les flattent et les poussent. Que le Seigneur nous garde en cela ! L’apôtre s’appliquait à être ce qu’il enseignait. C’était tout. Quelle admirable chose ! Il est très humiliant de voir que ce que nous disons dépasse parfois ce que nous réalisons intérieurement. S’il y a des frères qui sont qualifiés pour un service, il nous faut les reconnaître et nous sommes heureux de les reconnaître.
Un serviteur doit garder son indépendance. Paul le réalisait. On pouvait chercher à l’influencer en présentant quelque avantage. Il s’en détournait. On pouvait le mettre en prison, le calomnier, il restait fidèle. Quel brillant témoin ! Des hommes sont allés au bûcher pour suivre les traces de leur Maître. Une honnêteté morale, foncière, caractérisait Paul.
Tout ce que nous tolérons dans notre vie et qui n’est pas selon Christ, c’est un manque d’honnêteté morale. Que le Seigneur nous encourage, chers frères, chers jeunes, croyants ! L’humilité, la patience, l’absence de toute mondanité, une séparation pour Christ et avec Christ, voilà la gloire d’un chrétien. La fortune ne l’embarrassait pas, Paul. Moïse non plus, dans d’autres temps. Car la vie divine est, au fond, toujours la même. C’est une question de foi personnelle.
Nous suivons Paul de très loin. Nous sommes des imitateurs très pâles de ce modèle. Le christianisme devrait-il être changé et adapté au siècle ? Mais où trouve-t-on cela ? Il risque de s’éteindre en puissance dans le cœur des chrétiens mondains, mais il est en lui-même aussi vivant et aussi puissant aujourd’hui qu’au temps de l’apôtre Paul, et le Seigneur offre à chacun l’occasion de le montrer.
Si nous avons été appelés par le Seigneur et faisons valoir ce qu’Il nous a confié, restons près de Lui, Il donnera sa bénédiction. Il ne faut pas dépasser sa mesure. Pour l’accomplissement des charges, il faut aussi une grande dépendance du Seigneur et être à sa place. Cela est vrai pour un ancien, un serviteur, une servante. Chacun a besoin d’être dépendant continuellement et cela n’est pas pénible.
L’humilité profonde : voilà ce qui a caractérisé le modèle de celui qui a pu dire ici : soyez mes imitateurs.
Ici, ce n’est pas tellement la faute des conducteurs qui est mise en avant, mais celle de ceux à qui l’apôtre s’adresse directement. Qu’est-ce qui nous délivre de cet esprit de parti ? Avoir la pensée de Christ, nous glorifier dans le Seigneur. Il y a des sujets de gloire pour les croyants : nous nous glorifions dans les tribulations. Là, il n’y a pas place pour nous-mêmes, mais seulement place pour Celui en qui on se glorifie.
Paul était un architecte et d’autres doivent édifier sur le fondement. Il y a une grande diversité dans les activités chrétiennes, mais ici l’accent est mis sur l’unité de leur service, sur le soin qu’ils doivent montrer dans la fidélité à ce que chacun a reçu du Seigneur. Les Corinthiens avaient reçu en abondance des dons de grâce et ils se glorifiaient de les exercer.
L’apôtre est obligé de leur dire : il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que vous soyez satisfaits et vous passez légèrement sur les désordres moraux qui sont là, parmi vous. Avez-vous l’entendement si obscurci ? Est-ce le temps pour l’Église de paraître triomphante ? La part de l’Église est céleste. L’Église sera l’Épouse unie au Roi, mais ce sera sur une terre où aura passé le jugement. Jusque là, l’Église est étrangère ici-bas.
Nous, les apôtres, non seulement nous ne régnons pas, mais nous sommes exposés à toutes les persécutions et nous sommes voués à la mort. Le Seigneur a été livré à la mort et maintenant nous, les derniers, nous sommes aussi voués à la mort. L’apôtre a donné sa vie pour Christ et, sans doute, il y a eu, en même temps, d’autres martyrs qui ont donné leur vie. L’apôtre peut dire : nous sommes mis à la dernière place et nous sommes dans le mépris.
Le reproche qu’il leur adresse est plein d’amour : vous comportant comme vous le faites, vous vous associez à tout ce que le monde fait à notre égard; vous méprisez à ce point les serviteurs de Christ. Quant à nous-mêmes, nous n’avons pas d’autre désir que de contribuer dans le chemin où nous avons été placés, être fidèles, quoiqu’il puisse nous en coûter.
Quel tableau nous avons dans ces versets 10 à 13 ! C’était le plus fidèle reflet de Christ qui avait pu être donné. Que le Seigneur nous donne de ne pas oublier ce tableau, qui est celui du christianisme qui l’a toujours honoré. Qu’Il nous donne de ne jamais faire passer le service avant le Seigneur, quel que soit le service ou quelle que soit la charge. Les manifestations de cette faute sont fréquentes. Un frère qui a beaucoup de dons peut finir par ne penser qu’à ses dons, c’est-à-dire à lui-même tandis que s’il est avec le Seigneur, il ne pense pas à ses dons, il pense au Seigneur.
« Pour moi, vivre c’est Christ » disait l’apôtre. Le christianisme rend heureux, aussi bien aujourd’hui qu’alors, lui seul rend heureux et donne à la vie un sens. Sans le christianisme, la vie n’a pas de sens. Il répond aux questions philosophiques les plus redoutables.
Si, dans l’Assemblée, il y avait un frère qui ait une activité dissidente, on ne peut pas appeler cela bien et on ne ferait pas son devoir si on ne l’appréciait pas comme on doit l’apprécier. Fermer les yeux sur cette affaire est une infidélité. Les choses ne s’arrangent pas toutes seules. Le Seigneur peut guérir, mais Il nous engage dans des exercices à propos de cela parce qu’Il veut que nous apprenions à connaître la chair par ses perfidies et que nous appréciions les ressources qui sont en Lui.
Fermer les yeux sur un mal de ce genre, ce serait n’aimer ni l’Assemblée ni le Seigneur ni le coupable. Cette sorte d’indépendance crée un esprit de parti et est un germe de division. Ce fut une des marques de la ruine du peuple quand il en fut venu à appeler le bien mal et le mal bien.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité dans tous les domaines. Si un frère prend la place de Christ, ce n’est pas agir selon la vérité : il attire à lui-même des disciples comme les pharisiens qui attiraient les disciples après eux. Un frère ne devrait jamais, dans son cœur, penser à former un troupeau autour de lui : nous sommes responsables de le discerner et de le dire.
Attachons-nous à la vérité comme à Dieu Lui-même. Il faut que chacun apprenne pour lui-même et fasse le chemin pour lui-même. Sinon celui qui suit en imitant peut être perdu ou alors, si c’est un chrétien, c’est un traînard. L’apôtre Paul était un chrétien décidé ; il avait beaucoup de souffrances, mais il n’avait pas que cela. Il avait devant lui la louange que lui donnera le Seigneur. « Chacun recevra sa louange de la part de Dieu ». Ici-bas, les louanges se trompent souvent d’adresse. Nous risquons même de nous adresser la louange à nous-mêmes, ce qui est encore la pire des choses.
Ce cher apôtre Paul était un homme pauvre. Peut-être n’aurions-nous pas été heureux de frayer avec lui ? On aime plutôt ce qui brille. Pour la foi, il y avait de quoi être extrêmement honoré d’avoir à faire à un homme pareil, et mieux encore, d’avoir à faire à Celui duquel il était lui-même l’imitateur.
Ayons des relations vivantes avec le Seigneur. Est-ce les relations que nous recherchons dans notre vie ? Sinon, lesquelles ? Notre christianisme ne peut pas ne pas être marqué par nos relations.
Mais Paul était comme les balayures du monde ; voilà une brillante position. On ne pouvait s’y tromper : la position était sans équivoque. il n’était plus nécessaire de rappeler l’exhortation : « N’aimez pas le monde » à quelqu’un qui était comme les balayures du monde.
L’enseignement et la force de la Parole de Dieu sont rendus manifestes dans cet homme-là. Nous devrions être la vérité vécue. Que le Seigneur nous donne de faire des progrès. Il y a toujours des progrès à faire, mais il faut se tenir dans le chemin où l’on en fait. Il ne faut pas être dans celui où l’on recule.
Ce cher apôtre, dans ce chemin de souffrance, de renoncement, avait des compensations inexprimables. Il nous en fait connaître quelques-unes. Il a eu une extase. Il n’est pas dit qu’il en ait eu d’autres (2 Cor. 12). Il a été ravi au troisième ciel. C’est un encouragement pour un homme qui souffre ! Ce n’était pas un mystique, mais cet évènement a marqué ensuite sa carrière.
Mais il a eu aussi d’autres expériences : « Tous m’ont abandonné, mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié ». Quelle parole aussi : « Je puis toutes choses en Celui qui me fortifie ». Impossible d’abattre un tel homme. Il était pauvre et enrichissait tout le monde. Le christianisme apporte la vérité totale. Le véritable état du monde s’est manifesté à l’occasion du christianisme ; partiellement avant avec les prophètes, mais, après la croix, toute la vérité à été prêchée et vécue dans ces hommes. Cela reste, c’est toujours la seule vérité.
Toutes les fois que nous cherchons à nous associer avec ce que le monde donne, nous nions cette vérité vécue des apôtres, Ces derniers, moralement parlant ; dans la succession des opérations divines vis-à-vis de l’homme. Le terme final, le règlement complet et définitif, le jugement moral de ce qu’est le monde et de ce qu’est l’homme, a été donné dans le christianisme, d’abord en Christ, et ensuite par ses serviteurs, et le Seigneur a permis que leur vie, leur témoignage pratique et vivant, fussent à la hauteur de l’immensité de la vérité qui était apparue. Rien comme le christianisme n’a passé sur le monde. Combien c’est vrai ! Et vous voudriez chercher autre chose ! Un christianisme mélangé avec toutes sortes de pensées humaines et mondaines ?
L’apôtre n’enviait rien. Il a tout abandonné au départ et il ne s’est pas laissé embarrasser en cours de route. Il n’a pas repris en cours de route ce qu’il avait abandonné au départ. Quelle heureuse carrière !
Si nous n’avions pas cet homme, nous ne connaîtrions pas la mesure de la vie chrétienne dans un homme, ayant les mêmes passions que nous. Dieu a permis que le christianisme ait été vécu dans cet homme pour que nous ayons une expression du christianisme presque entièrement réalisé dans un homme ayant les mêmes passions que nous. Par nature, il aimait ce que nous aimons, il aimait la vanité du monde, les plaisirs…
Que le Seigneur nous donne de ne jamais oublier que le christianisme est toujours vivant ! Ne le réduisons pas à des connaissances de mémoire. Le christianisme, c’est Christ vivant dans les siens. Nous sommes facilement routiniers ; souvent, nous avons l’esprit de la tradition, l’esprit de ceux qui se réclament du privilège de descendre de générations antérieures. Les enfants de frères doivent faire le chemin pour eux-mêmes. Heureux sont-ils d’avoir des parents convertis mais la foi est individuelle, la foi qui sauve et la foi pour toute la carrière ici-bas.
D’après Réunions d’études au Plateau 1966