LA VIEILLE BIBLE DE FAMILLE

Une pauvre veuve qui avait éprouvé de nombreux revers, voyait saisir le peu de mobilier qui lui restait, et assistait à la vente de ces derniers débris d’une aisance passée.

L’huissier qui surveillait les enchères mit la main sur une vieille Bible, héritage vénéré des ancêtres de la pauvre femme, qui adressa les plus vives instances à l’homme de loi, lui demandant de bien vouloir lui laisser ce souvenir de ses chers et honorés parents – ce qu’il refusa inexorablement. Le précieux livre allait être vendu, lorsque la veuve, l’arrachant subitement aux mains de la personne qui le tenait, déclara en pleurant qu’elle voulait au moins conserver une pauvre relique de ceux qu’elle avait tant aimés : elle coupa le cordon qui serrait autour de la Bible une vieille enveloppe de toile, qu’on avait mise pour protéger la reliure ; cette enveloppe lui tomba des mains, et avec elle deux morceaux de papier très minces et jaunis par le temps. Quelle ne fut pas sa surprise, et sa reconnaissance envers Dieu, en voyant que chacun de ces morceaux de papier était un billet de banque de la valeur de cinq cents livres sterling. Sur le revers de l’un de ces billets on lisait, de la propre écriture de la mère de cette veuve, les paroles suivantes : Lorsque vous êtes dans la peine, que cette Bible soit votre refuge. Sur l’autre était écrit de la main de son père : Les oreilles de votre Père céleste ne sont jamais fermées.

D’après Le Salut de Dieu 1960