
David fut oint roi sur Israël par le prophète Samuel. Alors, « l’Esprit de l’Éternel saisit David, depuis ce jour-là et dans la suite » (1 Sam. 16. 13). Ce moment mémorable est rappelé dans un psaume d’Asaph : « le Seigneur… choisit la tribu de Juda, la montagne de Sion qu’il aima, … il choisit David, son serviteur, et le prit des parcs des brebis. Il le fit venir d’auprès des brebis qui allaitent, pour paître Jacob, son peuple, et Israël, son héritage » (Ps. 78. 70 et 71).
Nous avons vu précédemment les épreuves qui furent sa part et les psaumes de confiance qu’il a écrit lors de ses déplacements au travers des déserts et des montagnes, se réfugiant dans des cavernes ou même chez des rois étrangers à Israël. Expériences heureuses avec son Dieu ou malheureuses lorsqu’il le déshonorait. Les jours s’écoulaient et amenaient leur lot d’épreuves. David et ses hommes, au nombre de six cents avaient servi un roi Philistin pendant un an et quatre mois. En retour, ils avaient reçu Tsiklag, une ville dans la campagne où ils avaient installé leurs familles. Le temps passé auprès d’Akish n’apparait pas comme étant la marche de la foi mais davantage comme un chemin de désobéissance qui amena sur David la discipline du Seigneur.
Pendant que les princes des Philistins se rangeaient en bataille contre Saül et Israël, Akish renvoya David et ses hommes qui, lorsqu’ils arrivèrent à Tsiklag, trouvèrent la ville brûlée par les Amalékites ; « leurs femmes, leurs fils, et leurs filles » avaient été emmenés captifs. « David et le peuple qui était avec lui élevèrent leurs voix et pleurèrent, jusqu’à ce qu’il n’y eût plus en eux de force pour pleurer… ; et David fut dans une grande détresse, car le peuple parlait de le lapider ; car l’âme de tout le peuple était pleine d’amertume, chacun à cause de ses fils et à cause de ses filles. Et David se fortifia en l’Éternel, son Dieu » (voir 1 Sam. 30. 1 à 8). Après avoir consulté l’Éternel ils trouvèrent et ramenèrent tous les otages et de nombreux biens. « … il n’y eut rien qui leur manquât, petits ou grands, fils ou filles, butin, ou quoi que ce fût qu’on leur avait pris : David ramena tout. Et David prit tout le menu et le gros bétail qu’on fit marcher devant ce troupeau-là ; et on dit : C’est ici le butin de David » (v. 19 et 20).
« Et les Philistins combattirent contre Israël, et les hommes d’Israël s’enfuirent devant les Philistins, et tombèrent tués sur la montagne de Guilboa » (1 Sam. 31. 1). Dans cette bataille, Israël fut battu, Saül et trois de ses fils, dont Jonathan, moururent là. « Et David prononça sur Saül et sur Jonathan, son fils, cette complainte ; et il dit d’enseigner aux fils de Juda le chant de l’Arc ; … ton ornement, ô Israël, est tué sur tes hauts lieux. Comment les hommes forts sont-ils tombés ! … Filles d’Israël, pleurez sur Saül, qui vous revêtait d’écarlate, magnifiquement, … comment les hommes forts sont-ils tombés au milieu de la bataille ! Comment Jonathan a-t-il été tué sur tes hauts lieux ! Je suis dans l’angoisse à cause de toi, Jonathan, mon frère ! Tu étais pour moi plein de charmes ; ton amour pour moi était merveilleux, plus grand que l’amour des femmes. Comment sont tombés les hommes forts, et sont péris les instruments de guerre ! » (voir 2 Sam. 1. 17 à 27).
« Et il arriva, après cela, que David interrogea l’Éternel, disant : Monterai-je dans une des villes de Juda ? Et l’Éternel lui dit : Monte. Et David dit : Où monterai-je ? Et il dit : À Hébron. Et David y monta, … Et ses hommes qui étaient avec lui, David les fit monter, chacun avec sa maison, et ils habitèrent dans les villes de Hébron. Et les hommes de Juda vinrent et oignirent là David pour roi sur la maison de Juda » (2 Sam. 2. 1 à 4).
Il est intéressant de considérer Hébron, ce lieu transitoire : c’est celui où Abram « habita auprès des chênes de Mamré, qui sont à Hébron ; (où) il bâtit là un autel à l’Éternel » (Gen. 13. 18). Le lieu où « Abraham enterra Sara, sa femme, dans la caverne du champ de Macpéla, en face de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan » (23. 19) ; le lieu où Jacob retrouva « Isaac, son père, à Mamré, à Kiriath-Arba, qui est Hébron, où Abraham et Isaac avaient séjourné » (35. 27). Environ 860 années s’étaient écoulées depuis qu’Abraham avait bâti un autel à l’Éternel et reçu la promesse, pour sa descendance, de posséder cette terre, ce pays. Entre temps, il y eu quatre siècles d’esclavage en Égypte, quarante ans dans le désert, puis l’entrée en Canaan avec Josué et une conquête du pays suivie de beaucoup d’infidélités.
Si Hébron parle de communion, l’autel, Hébron parle aussi de mort. Là, Abraham avait enterré Sara et le tombeau des patriarches s’y trouvaient. Christ, le Bien-aimé de Dieu, le vrai David, avant de prendre officiellement son royaume, est entré dans la mort en obéissance à Dieu. Le chrétien doit premièrement réaliser sa mort avec Christ avant de connaître la joie d’une communion avec Dieu dans une vie de résurrection.
« David était âgé de trente ans lorsqu’il devint roi ; il régna quarante ans. Il régna à Hébron, sur Juda, sept ans et six mois ; et, à Jérusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda » (2 Sam. 5. 4 et 5). Les sept ans et demi à Hébron sont marqués par des guerres internes entre la maison de Saül (tribu de Benjamin) et la maison de David (tribu de Juda). Quand le dernier des fils de Saül mourut, « toutes les tribus d’Israël vinrent vers David à Hébron, et parlèrent, disant : Voici, nous sommes ton os et ta chair. Et autrefois, quand Saül était roi sur nous, c’était toi qui faisais sortir et qui faisais entrer Israël ; et l’Éternel t’a dit : Tu paîtras mon peuple Israël, et tu seras prince sur Israël. Et tous les anciens d’Israël vinrent vers le roi à Hébron ; et le roi David fit alliance avec eux à Hébron, devant l’Éternel ; et ils oignirent David pour roi sur Israël (2 Sam. 5. 1 à 3).
Est-ce que le roi David a repensé à ce moment de grâce en composant le psaume 133 ? C’est ce qu’ont connu les douze tribus réunies pour reconnaître sa royauté sur tout Israël : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! C’est comme l’huile précieuse, répandue sur la tête, qui descendait sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descendait sur le bord de ses vêtements ; comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité ». Que la grâce et la paix nous soient multipliées !