
Un seul homme a été parfait sur cette terre, « l’homme Christ Jésus ». David en plusieurs occasions, fut un type de Christ. D’abord choisi et oint, ensuite envoyé par son père vers ses frères qui l’ont très mal accueilli, puis remportant la victoire sur Goliath, figure de Satan, et finalement, accédant au trône après un long temps de réjection.
Notre Seigneur, duquel les Écritures rendent témoignage de son existence éternelle : « d’éternité en éternité tu es Dieu » (Ps. 90. 2), dans les conseils de Dieu, a dit : « Voici, je viens ; il est écrit de moi dans le rouleau du livre. C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 8 et 9). Lorsqu’il entra dans le monde, qui fut fait par lui, « le monde ne l’a pas connu » (Jean 1. 10). « Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu » (v. 11). Malgré ce constat, dès le début de son ministère public, « sa renommée se répandait de plus en plus ; et de grandes foules s’assemblèrent pour l’entendre et pour être guéries de leurs infirmités ; mais lui se tenait à l’écart dans les déserts et priait » (Luc 5. 15).
Le temple à Jérusalem avait été bâti sur « la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Éternel ! le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi » (Ex. 15. 17). Dans quel état notre Seigneur Jésus l’a-t-il trouvé ? Un lieu où les pharisiens s’opposaient à lui, le traitant même d’avoir un démon (Jean 10. 20) ; un lieu où les principaux sacrificateurs et les scribes, et les principaux du peuple, cherchaient à le faire mourir. Il dut leur dire : « Il est écrit : « Ma maison sera une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs » (Luc 19. 46). Ce sanctuaire que « la gloire de l’Éternel » remplissait au jour de son inauguration était devenu pour le Juste « une terre aride et altérée, sans eau » (1 Rois 8. 11 ; Ps. 63. 2).
Jean le baptiseur, précurseur du Seigneur, lui aussi fut « dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Israël » (Luc 1. 80). Pour les enfants de Dieu, le monde est un désert ou il devrait l’être. Il ne s’agit pas de la nature sortie si belle du Créateur, ou des humains qui en font partie, mais de l’esprit d’opposition à Dieu. Un esprit qui règne au milieu des fils des hommes, dès que Caïn et sa descendance se sont organisés pour vivre sans relation avec Dieu. Qui était derrière Caïn qui tua son frère, sinon le méchant c’est-à-dire le diable (1 Jean 3. 8) ? De ce monde-là, Satan en est le chef (Jean 12. 31).
David, pourchassé par Saül, a dû habiter dans le désert de Juda et c’est là qu’il a composé ce beau psaume 63 : « Ô Dieu ! tu es mon Dieu ; je te cherche au point du jour ; mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, dans une terre aride et altérée, sans eau, pour voir ta force et ta gloire, comme je t’ai contemplé dans le lieu saint » (v. 2 et 3).
Dans le psaume 62, il avait trouvé en Dieu le fondement de sa confiance et de sa force à travers les circonstances : « Lui seul est mon rocher et mon salut, ma haute retraite : je ne serai pas ébranlé » (v. 7). Maintenant, dans le désert de Juda, il trouve en Lui la source abondante de rafraîchissement et de joie pour son âme.
On ressent bien que plusieurs expressions n’aient été réalisées pleinement que par notre Seigneur, et que David, tout comme nous, n’arrive pas à la hauteur de ce que l’Esprit de Christ lui a dicté. Néanmoins, nous pouvons dire par la foi : « Ô Dieu ! tu es mon Dieu » et entrer dans l’esprit de ce psaume pour aspirer à le chercher dès le lever du jour. Dans le désert en méditation, David se souvient du lieu saint où il a contemplé son Dieu ; d’une gloire combien plus grande, Jésus, Dieu manifesté dans un corps d’homme, était séparé pour le temps de son passage dans le désert de ce monde ! À leur suite nous pouvons dire : « … ta bonté est meilleure que la vie ; mes lèvres te loueront. Ainsi je te bénirai durant ma vie, j’élèverai mes mains en ton nom » (Ps. 63. 4 et 5).
Dans la méditation et l’adoration, le croyant est élevé au-dessus des circonstances ; le désert disparait, l’âme « est rassasiée comme de moelle et de graisse » (v. 5) ; cette expression rejoint celle du psaume 23 : « Tu as oint ma tête d’huile, ma coupe déborde ». Que pouvons-nous ajouter de plus ? Sinon de louer « avec des lèvres qui chantent de joie » (Ps. 63. 6).
« Quand je me souviens de toi sur mon lit, je médite de toi durant les veilles de la nuit ; car tu as été mon secours, et à l’ombre de tes ailes je chanterai de joie » (v. 7 et 8).
David, « errant dans les déserts et les montagnes, les cavernes et les grottes de la terre » (Héb. 11. 38), trouvait des encouragements dans la communion avec son Dieu. Ce fut aussi la part de Pierre lorsqu’il dormait emprisonné et lié de chaînes, de Paul et de Silas lorsqu’ils chantaient les louanges de Dieu dans la prison. Il n’y avait autour d’eux aucun sanctuaire, mais le Saint Esprit faisait régner dans leur âme la lumière, la liberté et la joie qui seules viennent du ciel. Paul et ses compagnons avaient confiance en « Dieu qui ressuscite les morts… qui nous a délivrés d’une si grande mort, et qui nous délivre ; en lui nous avons mis notre espérance qu’il nous délivrera aussi encore » (2 Cor. 1. 10). Ils étaient à l’ombre des ailes du Tout-Puissant et cela leur donnait des forces nouvelles et du courage pour continuer à témoigner de la grâce et de la gloire de Dieu.
Ils pouvaient dire comme David : « Mon âme s’attache à toi pour te suivre » (Ps. 63. 9). Et nous, « … rejetant tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si aisément, courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » (Héb. 12. 1 et 2). Abraham « attendait la cité qui a les fondements, dont Dieu est l’architecte et le constructeur » ; et même, tous ceux qui « sont morts dans la foi…, ont reconnu qu’ils étaient étrangers et de passage sur la terre » ; et même, tous ceux qui « sont morts dans la foi…, ont confessé qu’ils étaient étrangers et forains sur la terre ». Ils recherchaient une meilleure patrie, une céleste, et Dieu « leur a préparé une cité » (Héb. 11. 13 à 16). Ils ont tous pu dire à un moment ou à un autre : « ta droite me soutient ».
La droite signifie la force du Seigneur ; ce soutien si précieux pour les fidèles de tous les temps et aussi pour le résidu d’Israël à venir. À la venue du Seigneur se réaliseront ces douces paroles : « Qui est celle-ci qui monte du désert, s’appuyant sur son bien-aimé ? » (Cant. 8. 5). Et, « le Roi se réjouira » (Ps. 63. 11). Oui, sa droite nous soutient !