COMMENT UN SOLDAT EUT LA VIE SAUVE

Il y a trois siècles, alors que la guerre civile sévissait en Angleterre, un jeune homme, au caractère léger, quitta le poste qu’il occupait à Londres et s’enrôla comme soldat. Il n’avait pour cela aucun autre motif, sinon celui d’échapper au contrôle de ses parents et à leur influence spirituelle, afin de pouvoir agir à sa guise. Cromwell venait de donner l’ordre que chaque soldat devait avoir une Bible avec lui et l’emporter dans ses vêtements où qu’il allât.

Un jour, à la suite d’un violent combat avec l’ennemi, le jeune homme échappa à la mort, alors que la plupart de ses camarades tombaient à ses côtés. Le soir venu, se trouvant seul, l’idée lui prit de sortir sa Bible de son sac. À sa grande surprise, il vit qu’elle était trouée. En y regardant de plus près, il remarqua que le trou devait avoir été fait par une balle qui avait transpercé la couverture, puis les livres de Moïse, les livres historiques, les Psaumes et les Proverbes. Elle s’était arrêtée sur ce passage de l’Ecclésiaste : « Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, et que ton cœur te rende heureux aux jours de ton adolescence, et marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux ; mais sache que pour toutes ces choses Dieu t’amènera en jugement » (Eccl. 11. 9). Ces paroles l’atteignirent jusqu’au plus profond de son âme et il se mit à trembler en les méditant. Il connaissait cette affirmation de l’épître aux Hébreux 9. 27 : « Il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement ». Il avait fait son possible pour bannir de son cœur toute idée de la mort et du jugement, mais maintenant son péché se dressait devant lui pour le condamner. Tout ce qu’il avait fait, tout ce qu’il avait dit, tous ses projets, ses intentions les plus secrètes, tout cela allait être manifesté devant la présence du Dieu saint. Si la balle avait pénétré dans son corps, il serait mort dans ses péchés. Le sentiment de sa culpabilité prit sur lui un ascendant menaçant. Il saisit sa Bible, se mit à la feuilleter, comme s’il la fouillait pour y découvrir un trésor caché.

« Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » (Act. 16. 30). La question du geôlier de Philippes assaillit son esprit, mais la réponse divine vint bientôt. Il lut ce qu’il en est de l’amour de Dieu qui ne veut pas qu’aucun périsse, mais que tous aient la vie éternelle, s’ils mettent leur confiance dans l’œuvre accomplie par le Sauveur à la croix (Jean 3. 15 et 16).

Rentré chez ses parents, le jeune homme rendit hardiment témoignage à la vérité et raconta les choses merveilleuses que le Seigneur avait faites pour lui. Il tira de son sac sa Bible et s’écria :

« Ce livre a sauvé mon corps et mon âme ».

D’après Almanach Évangélique 1945