BERACA 61 : LE ROI DAVID

David, humble berger que le prophète Samuel avait fait venir « des enclos des brebis » pour qu’il soit oint roi sur Israël (Ps. 78. 70 ; 1 Sam. 16. 13), fut aussi celui que l’on amenait au roi Saül pour l’apaiser d’un mauvais esprit qui venait sur lui. Auprès de ce roi, il jouait de la harpe (v. 16 à 23). Dans la solitude des campagnes, il avait certainement eu une relation particulière avec l’Éternel son Dieu. Là, il avait probablement commencé à psalmodier et avait été formé pour affronter le géant Goliath, cet ennemi du peuple de Dieu. L’Éternel, qui l’avait délivré de la patte du lion et de la patte de l’ours, le délivra de la main du Philistin qui insultait « les troupes rangées du Dieu vivant » (1 Sam. 17. 26).

Par la suite, David devint gendre du roi Saül, qui l’a persécuté en le poursuivant « comme on poursuivrait une perdrix dans les montagnes » (26. 20). Que de douleurs engendrées par la haine de celui qu’il avait estimé et aidé ; que « de frayeurs mortelles sont tombées sur lui » (Ps. 55. 5) ! Mais aussi, comme il a ressenti les compassions de Dieu et connu des délivrances ! C’est ainsi qu’il fut formé pour conduire le peuple de Dieu. C’est aussi par ce cheminement de craintes, de peurs, de cris vers son Dieu, qu’il fut utilisé pour décrire, par avance, les souffrances de Christ et celles du résidu à venir que Dieu suscitera après l’enlèvement de l’Église.

Combien de réponses reçues, de victoires remportées, de joies vécues servirent à annoncer par avance les gloires de Christ. C’est dans ce sens que l’apôtre Pierre fut conduit à écrire, pour défendre et confirmer les Écritures : « … la prophétie n’est jamais venue par la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 21). Le roi David n’a pas connu l’abandon de Dieu, on ne lui a pas percé les mains et les pieds (voir Ps. 22) ; il n’a pas été « revêtu de majesté et de magnificence » (Ps. 21. 6) comme l’a été notre Seigneur Jésus-Christ, élevé dans le ciel et « couronné de gloire et d’honneur » (Héb. 2. 9), mais il a parlé par avance de ce qui concernait Un beaucoup plus grand que lui.

Soixante-treize psaumes sont notés comme étant écrits par David, auxquels nous pouvons ajouter la mention de deux autres en comparant le psaume 2 avec Actes 2. 26 et en lisant attentivement 1 Chroniques 16. 7 à 36, où les versets 8 à 22 se retrouvent au Ps. 105. 1 à 15 ; les versets 23 à 33 se retrouvent au Ps. 96. 1 à 12, et les versets 35 à 36 se retrouvent au Ps. 106. 47 et 48. Peu nous importe que ce soit David qui ait écrit les trois derniers mentionnés, mais les auteurs éventuels auraient tiré ces citations du psaume que « David remit entre les mains d’Asaph et de ses frères, le premier, pour célébrer l’Éternel » (1 Chron. 16. 7). On peut donc en compter au moins soixante-quinze. Il y a quelques psaumes de David qui ont comme en-tête les circonstances au cours desquelles ils furent écrits. Nous pouvons en tirer beaucoup d’instructions et de consolations. Ils nous font part des tristesses et des joies connues par ce roi, au travers des épreuves. Le psaume 59 aurait été composé au cours d’une nuit particulièrement tragique.

À trois reprises, Saül avait envoyé ses hommes de sang pour surveiller, prendre et mettre à mort celui qu’il haïssait (1 Sam. 19. 11, 14 et 15). Ce psaume nous montre comment David fut entre les mains de Dieu un instrument pour exprimer, par anticipation, les souffrances de Christ et celles que le résidu d’Israël connaîtra aux temps de la fin. Retenons quelques expressions : « Délivre-moi de mes ennemis, ô mon Dieu ! protège-moi contre ceux qui s’élèvent contre moi. Délivre-moi de ceux qui pratiquent l’iniquité, et sauve-moi des hommes sanguinaires » (v. 2 et 3).

Dans cette situation, David, sachant qu’il n’avait rien à se reprocher, a écrit : « ils ont dressé des embûches contre ma vie, des hommes forts se sont assemblés contre moi ; voici, de leur bouche ils vomissent l’injure » (v. 4 et 8).

Et pour notre Seigneur Jésus-Christ : « Les soldats du gouverneur, ayant emmené Jésus au prétoire, assemblèrent contre lui toute la cohorte… Ceux qui passaient par là l’injuriaient ; ils hochaient la tête » (Mat. 27. 27 et 39).

David évoque aussi la pensée du résidu : « Toi, Éternel, Dieu des armées ! Dieu d’Israël ! réveille-toi pour visiter toutes les nations ; n’use de grâce envers aucun de ceux qui trament l’iniquité » (v. 6). Dans les expressions de ce langage, nous devons comprendre que le temps de la grâce sera terminé – ce temps, introduit par la prière de notre Seigneur sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23. 34) et qui s’achèvera par l’enlèvement de l’Église. Dans la période de la grâce, Étienne, mourant lapidé, élève, à l’instar de son Maître, cette prière : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Act. 7. 60). Telle doit être notre attitude !

Bien qu’ils « reviennent le soir, qu’ils hurlent comme un chien, et font le tour de la ville », le résidu persécuté dira : « Mais toi, Éternel, tu te riras d’eux, tu te moqueras de toutes les nations » (v. 9) ; comme on lit au psaume 2 : « Celui qui habite dans les cieux rira d’eux, le Seigneur s’en moquera » (v. 4).

La foi et la confiance amènent toujours le fidèle, malgré les circonstances adverses, à regarder au Seigneur : « je regarderai à toi ; car Dieu est ma haute retraite. Le Dieu qui use de bonté envers moi viendra au-devant de moi » (Ps. 59. 10 et 11).

Certes, « ils reviendront le soir, ils hurleront comme un chien et feront le tour de la ville » (v. 15). Toute la haine émanant du cœur de l’homme, toutes les guerres existeront jusqu’à ce que les ennemis de Christ « soient mis pour marchepied de ses pieds » (Héb. 10. 13). Le résidu d’Israël, que Dieu suscitera et délivrera, pourra dire comme David en son temps : « Et moi je chanterai ta force et, dès le matin, je célébrerai avec joie ta bonté : car tu as été pour moi une haute retraite et un refuge au jour où j’étais dans la détresse. Toi qui est ma force ! à toi je chanterai ; car Dieu est ma haute retraite, le Dieu qui use de bonté envers moi » (Ps. 59. 17 et 18). Que ce soit aussi notre confiance et notre louange en tout temps. Quand la détresse s’empare de nous, il faut savoir nous arrêter pour exposer nos craintes, et en retour recevoir la paix et la joie que seul Jésus met dans un cœur.