
Il est particulièrement précieux, pour le racheté, de méditer les révélations de la Parole de Dieu concernant ce que Christ est pour lui. Il y puise une assurance inébranlable, une joie constamment renouvelée et des motifs de louange des plus élevés. Le cœur, réchauffé en s’occupant de ces « richesses insondables du Christ », s’attache toujours davantage à sa glorieuse personne. Il en résulte aussi des fruits bénis dans la marche du croyant : sanctification et consécration plus réelles, détachement des choses d’ici-bas, attachement croissant aux réalités célestes, attente plus vivante du Seigneur, dont la venue nous introduira dans la jouissance parfaite des bénédictions que nous possédons maintenant en Lui par la foi.
Parmi les déclarations de l’Écriture concernant ce que Christ est pour nous, nous aimerions méditer les quelques passages suivants : « Or vous êtes de lui [c’est-à-dire de Dieu] dans le christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption » … « Quand le Christ, qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui en gloire » … « Mais maintenant, dans le christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix » … « Le christ Jésus notre espérance » (1 Cor. 1. 30 ; Col. 3. 4 ; Éph. 2. 13 et 14 ; 1 Tim. 1. 1).
Fondés sur ces paroles divines, nous avons l’assurance que Christ est notre sagesse, notre justice, notre sainteté, notre rédemption, notre vie, notre paix, notre espérance, en un mot : notre tout. Toute la doctrine chrétienne se trouve résumée en ces quelques mots : le croyant est « de Dieu dans le christ Jésus » et Christ est tout pour lui de la part de Dieu, de sorte que « celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur ».
1. Christ, notre sagesse. L’homme tombé loin de Dieu a perdu le sens de sa propre destinée. En quête d’une lumière qu’il ne peut retrouver par ses propres efforts, il se pose mille questions auxquelles il tente en vain de répondre à l’aide de multiples systèmes philosophiques et religieux issus de son imagination. Au lieu d’accepter le jugement que Dieu porte sur l’homme pécheur, la philosophie s’arroge le droit de juger Dieu dans son être et dans ses voies.
Aux yeux de Dieu, cette pseudo-sagesse n’est que « discours séduisants » (Col. 2. 4 et 8). S’adressant aux Corinthiens, qui étaient en danger de s’appuyer sur la sagesse « de ce siècle », l’apôtre Paul s’écrie : « Où est le sage ? où est le scribe ? où est le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas fait de la sagesse du monde une folie ? » (1 Cor. 1. 20 ; lire également ch. 3. 18 à 20).
Quel privilège est le nôtre d’en avoir fini avec cette sagesse humaine et ses prétentions, et d’avoir trouvé, en Christ, la « sagesse de Dieu en mystère, la sagesse cachée que Dieu avait préétablie avant les siècles pour notre gloire. Cette sagesse, aucun des chefs de ce monde ne l’a connue » (1 Cor. 2. 7 et 8) ! Où trouve-t-on cette sagesse divine ? En Christ, et en Christ seul, crucifié et ressuscité, révélé par l’Évangile, « Christ la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu… le christ Jésus qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu » (1 Cor. 1. 24 et 30). C’était ce message-là que Paul prêchait, bien qu’il fût une « folie » au jugement des chefs de ce siècle ; mais « la folie de Dieu est plus sage que les hommes » (v. 25). Dieu a manifesté sa sagesse par l’œuvre de la croix, qui réduit à néant la sagesse de l’homme. Rien n’humilie autant celui-ci que de devoir reconnaître qu’il a besoin d’un Sauveur, parce qu’il n’est qu’un pécheur perdu méritant le jugement éternel.
Pour le croyant, il n’y a pas d’autre sagesse que Christ. Il est au cœur même du mystère de Dieu, dans lequel sont cachés « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col. 2. 3) : tous les conseils et les voies de Dieu l’ont pour grand objet. Et c’est par Lui seul que Dieu s’est révélé comme le Dieu de lumière et d’amour. « Personne n’a jamais vu Dieu : le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître… Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 1. 18 ; 14. 9). Christ est « la Sagesse », établie dès l’éternité (Prov. 8). Aussi « heureux l’homme qui trouve la sagesse…, car son acquisition est meilleure que l’acquisition de l’argent, et son revenu est meilleur que l’or fin » (Prov. 3. 13 et 14).
2. Christ, notre justice. Si la sagesse de l’homme est folie devant Dieu, il ne peut, davantage acquérir par lui-même une justice répondant aux exigences d’un Dieu juste et saint. Quelque louables que puissent être ses œuvres, elles lui procurent une propre justice sans valeur et que Dieu appelle un « vêtement souillé » (És. 64. 5). « L’homme n’est pas justifié sur la base des œuvres de loi, ni autrement que par la foi en Jésus Christ… ; parce que sur la base des œuvres de loi, personne ne sera justifié » (Gal. 2. 16).
Mais Dieu soit loué de ce que, dans sa grâce, il a pourvu à ce qui manquait à l’homme : tout pécheur, qui, par la foi, accepte le pardon que Dieu lui offre en Christ, est justifié. Dieu lui impute la justice de Christ qui est Lui-même notre justice : Christ « nous a été fait justice de la part de Dieu ». Regardant à son Sauveur maintenant glorifié à la droite de Dieu, chaque croyant peut donc s’écrier : Voilà ma justice ! « Christ est là, au ciel, agréé de Dieu, à cause de l’œuvre qu’il a accomplie, et c’est là ce qu’il me faut. La justice a été montrée en ceci, savoir que Christ est assis à la droite de Dieu. Dieu l’a pris hors du monde, il m’en sort aussi et me dit : La justice est là à ma droite. Là est ma justice » (J.N.D.).
Les juges humains acquittent parfois un coupable, le libérant ainsi des sanctions qu’il avait encourues. Mais ce n’est pas la manière de Dieu envers le pécheur repentant. Non seulement il annule la condamnation qui pesait sur lui, mais encore il le déclare juste et fait de lui son enfant bien-aimé. « C’est Dieu qui justifie ; qui est celui qui condamne ? … Justifiés gratuitement par sa grâce » (Rom. 8. 34 ; 3. 24 ; cf. Tite 3. 7).
Cependant, pour que cela fût possible, il a fallu que le Saint et le Juste fût chargé de nos péchés et frappé à notre place. « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui… » (2 Cor. 5. 21). « Seigneur Jésus, s’écriait Luther, tu es ma justice, et je suis ton péché. Tu as, sur la croix, pris ce qui était à moi, et tu m’as donné ce qui t’appartenait. Ce que tu n’étais pas, tu l’es devenu pour l’amour de moi. Ce que je n’étais pas, tu me l’as fait devenir par ta miséricorde ». En effet, « il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (És. 53. 5). Le Seigneur Jésus s’est chargé de nos péchés et a pris sur Lui le jugement que nous avions mérité, et nous, nous recevons le fruit de son œuvre, de sorte que Dieu agrée le croyant selon la valeur du sacrifice de Christ. Quand nous nous approchons de Dieu, nous trouvons donc une justice qui n’est ni de nous, ni en nous-mêmes ; mais nous trouvons Christ devant Dieu, Christ notre justice. C’est ce qui nous donne une entière assurance pour entrer dans les lieux saints et nous tenir en la présence de Dieu sans voile, le cœur en paix, rempli de joie et d’adoration, dans une lumière qui manifeste la perfection absolue de ce que nous sommes « dans le christ Jésus », qui nous a été fait « justice » de la part de Dieu. Son saint nom en soit loué à jamais !
3. Christ, notre sainteté. Si l’homme naturel cherche, comme en tâtonnant, la lumière, et s’efforce d’acquérir une justice par ses propres mérites, il éprouve aussi, au plus profond de son être, un besoin de sainteté. Sa conscience, à moins qu’elle ne soit trop endurcie, ne cesse de l’accuser. Aussi, nombreux sont ceux qui tentent de se soustraire à leur malaise intérieur par un comportement moral et religieux, grâce auquel ils espèrent atteindre un degré suffisant de sainteté envers Dieu. Leurs conceptions quant à ses exigences sont des plus diverses : certains se contentent de quelques actes dévots, d’une honorabilité extérieure, tandis que d’autres s’imposent des règles très strictes, voire ascétiques. Même des croyants peuvent tomber dans ce piège de Satan, ainsi qu’il ressort de Colossiens 2. 20 à 23.
Or, en Christ, Dieu a, sur ce point également, accompli une œuvre parfaite. Christ lui-même est notre sainteté, de sorte que le croyant n’a pas à rechercher une sainteté qu’il possède déjà en Christ. « Il nous a été fait… sainteté » (1 Cor. 1. 30). Nous avons été « élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui en amour » (Éph. 1. 4). Cette part nous est acquise en vertu de l’œuvre de la croix : « Nous avons été sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes… Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10. 10 et 14).
Telle est la condition du racheté : parce qu’il est en Christ, il est, aux yeux de Dieu, revêtu de la sainteté de Christ. Il est un « saint appelé », c’est-à-dire sanctifié, mis à part pour Dieu, en vertu de l’appel de Dieu et de l’œuvre de la croix. « Nous sommes de Dieu » (1 Jean 5. 19). « Vous êtes de lui dans le christ Jésus » (1 Cor. 1. 30). « Vous avez été sanctifiés » (1 Cor. 6. 11). Cette mise à part, qui a lieu lors de la nouvelle naissance, est le privilège béni et inaltérable de tout racheté.
Nous pouvons donc, en pleine assurance de foi, et dans la puissance de l’Esprit, nous emparer de cette révélation glorieuse entre toutes : Christ, notre sainteté. Ne cherchons rien hors de Lui, mais que notre bonheur soit d’être en Lui, un avec Lui et, par conséquent, de jouir de tout ce qu’il est en Lui-même pour nous. Quel privilège est le nôtre de posséder la sainteté même de Christ ! Nous n’avons donc pas besoin de faire des efforts pour acquérir cette sainteté : nous la possédons déjà en Lui ; nous sommes saints en Lui. Nous n’avons qu’à recevoir ce que Dieu a déjà fait, et l’en bénir. Si nous acceptons ce fait par la foi, la réalité s’en verra dans notre vie quotidienne.
4. Christ, notre rédemption. Le terme « rédemption » comporte une double notion : celle du paiement d’une rançon et celle de la délivrance qui en résulte.
Par sa désobéissance, l’homme est tombé sous l’esclavage de Satan, maître dur et cruel, qui maintient ses captifs sous sa domination par la puissance du péché et de la mort (Héb. 2. 14). Voici en quels termes la Parole décrit la condition désespérée dans laquelle nous étions plongés : morts dans nos fautes et dans nos péchés, assujettis au chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance, marchant dans les convoitises de notre chair, étant par nature des enfants de colère comme les autres (Éph. 2. 2 et 3 ; voir aussi Tite 3. 3). C’est alors que Dieu, « qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés », nous racheta « par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pier. 1. 18 et 19). Le Fils de l’homme vint « pour donner sa vie en rançon pour un grand nombre » (Mat. 20. 28). C’est en Lui que « nous avons la rédemption par son sang » (Éph. 1. 7). Car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme, lisons-nous en Lévitique 17. 11 « Sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9. 22). (Le sang est mentionné douze fois dans ce chapitre).
Le sang de Christ est donc la rançon payée pour notre rédemption. Tous ceux qui, par la foi, sont placés sous l’efficace de ce sang, sont mis ainsi pour toujours à l’abri du jugement, étant « justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, lui que Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang » (Rom. 3. 24 et 25).
La rédemption s’étendra aussi bientôt à notre corps. « Nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous soupirons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance (ou rédemption) de notre corps » (Rom. 8. 23). Cette rédemption du corps s’opérera à la venue du Seigneur « qui transformera notre corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire, en déployant le pouvoir qu’il a de soumettre absolument tout à son autorité » (Phil. 3. 21). « Alors nous verrons combien est glorieuse et complète la rédemption qu’il a opérée pour son peuple, si complète que rien ne sera laissé entre les mains de l’ennemi, mais que l’esprit, l’âme et le corps seront également délivrés et rendus siens » (E. D.).
Ayant été ainsi « achetés à prix » (1 Cor. 6. 20), nous appartenons tout entiers à Christ, dont le sang a été versé en rançon pour nos péchés et qui a payé notre dette. Mais de ce fait procède notre responsabilité de manifester que nous sommes à Lui, en vivant non plus pour nous-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour nous. « Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier pour lui-même un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour les bonnes œuvres » (2 Cor. 5. 15 ; Tite 2. 14). Rachetés à si grand prix, nous aurons à cœur de marcher d’une manière digne du Seigneur, afin de Lui plaire à tous égards (Col. 1. 10).
5. Christ, notre vie. Dans un monde où régnaient la mort et les ténèbres du péché, Christ est venu apporter la vie et la lumière (Jean 1. 1 à 5). Comme Fils de Dieu, il possédait la vie en Lui-même : « La vie a été manifestée, et nous avons vu et nous témoignons, et nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée » (1 Jean 1. 2). Cette vie divine devait être communiquée à tous ceux qui croiraient en Lui. « Le Fils fait vivre ceux qu’il veut » (Jean 5. 21).
Mais, pour que cela fût possible, il fallait que la question du péché fût réglée à la croix et que les droits de Dieu envers l’homme pécheur fussent satisfaits. Cette œuvre, Christ l’a parfaitement accomplie. C’est pourquoi, se plaçant au-delà de la croix, il pouvait dire : « Père, l’heure est venue ; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, comme tu lui as donné autorité sur toute chair, afin que, quant à tout ce que tu lui as donné, il leur donne la vie éternelle » (Jean 17. 1 et 2). En vertu de l’œuvre expiatoire de Christ, Dieu peut justifier tous ceux qui croient et les fait passer de la mort à la vie. « En vérité, en vérité, je vous dis : celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5. 24). Tel est le don gratuit : Dieu fait à tous ceux qui reçoivent son témoignage à l’égard de l’homme pécheur et à l’égard de son Fils. « C’est ici le témoignage : que Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 11 et 12).
« Cette vie est dans son Fils » : c’est en Christ seul que nous possédons la vie éternelle. Christ est notre vie (Col. 3. 4) et, ayant Christ, nous avons la vie éternelle. Mais elle « est cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3. 3). Elle est entièrement hors des atteintes de Satan ; nous ne pouvons donc la perdre. Bien que cachée dans sa source, il faut que la vie de Christ soit visible en nous, puisqu’il est notre vie. Cela n’est possible que si nous appliquons la mort à tout ce qui est de l’homme naturel, de sorte que seule la vie de Jésus soit manifestée en nous. C’est ce que faisait l’apôtre Paul qui pouvait dire : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20). Comme quelqu’un l’a dit : « Comment pourrons-nous jamais apprécier assez l’honneur qui nous est fait ! Et si nous nous associons en quelque mesure à l’affection de Dieu pour Christ, combien nous le louerons d’avoir fait de nous, tels que nous sommes, des instruments pour représenter son Christ au milieu des ténèbres de ce monde » !
Le fait que Christ est notre vie sera manifesté bientôt en gloire à la face du monde. « Quand le Christ, qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui en gloire » (Col. 3. 4). Cette manifestation en gloire s’étendra à nos corps, qui auront été ressuscités ou transmués à la venue du Seigneur (1 Cor. 15. 53 et 54). La puissance de vie en Christ est telle que ce qui est mortel en eux sera « absorbé par la vie » (2 Cor. 5. 4). Alors il « transformera notre corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3. 21). Le but de la rédemption sera pleinement atteint, savoir notre conformité parfaite « à l’image de son Fils, afin qu’il soit premier-né entre plusieurs frères ».
Mais la vie de Christ en nous sera manifestée aussi dans la gloire elle-même, entraînant un changement fondamental de notre condition présente. Certes, nous sommes dès maintenant enfants de Dieu, mais alors nous serons semblables à Christ, car nous le verrons comme il est (1 Jean 3. 2). Nous serons un avec Lui dans la vie éternelle et « nous régnerons en vie par un seul, Jésus Christ » (Rom. 5. 17). « Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez » (Jean 14. 19).
6. Christ, notre paix. En Éphésiens 2. 14, Christ est appelé notre paix. En effet, sous la grâce, les distinctions qui opposaient, sous la loi, les Juifs et les nations, sont entièrement effacées en Christ. « Des deux, est-il dit, il en a fait un et a détruit le mur qui les séparait ; il a aboli dans sa chair l’inimitié ». Dans la période actuelle, tous les croyants, à quelque peuple qu’ils appartiennent, sont unis à un Christ glorifié, en vertu de l’œuvre de la croix. Christ étant notre paix à tous quant aux exigences de Dieu à l’égard de l’homme pécheur, l’est aussi, par là, quant aux relations entre Juifs et nations : sa mort expiatoire est le fondement de la réconciliation des uns avec les autres pour former un seul corps.
Christ ayant pris sur Lui les péchés de tous, il n’y a, pour tous, qu’un seul moyen de salut : la foi en son sang. C’est sur ce seul fondement que le Seigneur Jésus proclame la bonne nouvelle de la paix, et aux Juifs, et aux païens. Étant justifiés sur le principe de la foi, tous ont « la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ » (Rom. 5. 1). « Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni homme, ni femme ; car vous tous, vous êtes un dans le christ Jésus » (Gal. 3. 28 ; Col. 3. 11).
Christ a donc fait la paix par le sang de sa croix (Col. 1. 20), puis « il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la paix » aux Juifs et aux nations (Éph. 2. 17), nous a réconciliés avec Dieu (Col. 1. 22) et, enfin, a fait la paix entre Juifs et nations, en créant « les deux en lui-même pour être un seul homme nouveau » (Éph. 2. 15). C’est par le sang de Christ que nous avons la paix, une justification parfaite, la justice divine ; c’est Lui qui purifie la conscience, Lui qui nous introduit dans le lieu très saint en la présence même de Dieu, Lui qui nous donne droit à la gloire du ciel. Le sang répandu sur la croix est le repos parfait de la conscience ; l’amour qui s’est révélé à la croix est le repos parfait du cœur ; nous possédons tout cela par la foi, « car nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (Héb. 4. 3).
7. Christ, notre espérance. C’est ainsi que l’apôtre Paul l’appelle en 1 Timothée 1. 1 : « Paul, apôtre de Jésus Christ, selon le commandement de Dieu notre Sauveur et du christ Jésus notre espérance ». L’objet de l’espérance du croyant, c’est Christ lui-même, et ce qui devrait caractériser tout chrétien, c’est l’attente de son retour.
Cette espérance revêt une importance primordiale pour les rachetés, car sa réalisation nous apportera la pleine et entière jouissance de tous les fruits de la rédemption : la délivrance, quant à nos corps, du pouvoir de la mort ; notre identification avec Christ; notre introduction dans la gloire, la joie et le repos de sa présence ; nous le verrons enfin face à face, Lui, l’objet de nos affections, notre bien-aimé Sauveur qui s’est donné Lui-même pour nous ; nous pourrons Lui offrir d’une manière parfaite notre adoration et notre reconnaissance ; nous serons délivrés des épreuves d’ici-bas, ainsi que de la présence et des conséquences du péché; enfin nous régnerons avec Lui. En un mot, la félicité et la gloire de la maison du Père seront nôtres à jamais.
Qu’il est précieux de savoir que le Seigneur, Lui aussi, attend avec joie le moment où il pourra enfin satisfaire le désir de son cœur et avoir pour toujours les siens avec Lui ! « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée » (Jean 17. 24). La promesse de son retour est aussi précieuse au Seigneur Jésus qu’à ses bien-aimés. La joie de la rencontre est aussi grande pour l’Époux qui vient que pour l’épouse qui attend.
Quels effets l’attente du Seigneur doit-elle exercer sur nos vies ?
La perspective d’être bientôt enlevés à la rencontre du Seigneur, notre bien-aimé Sauveur, d’être ainsi délivrés des épreuves du temps présent et introduits pour l’éternité dans la gloire céleste, cette perspective, disons-nous, est un magnifique sujet de joie et de consolation pour le racheté. « Jésus Christ, lui que sans l’avoir vu, vous aimez ; et, croyant en lui, bien que maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie indescriptible et glorieuse… Réjouissez-vous,… afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec allégresse » (1 Pier. 1. 8 ; 4. 13).
Mais la proximité du retour du Seigneur implique aussi une grande responsabilité pour le croyant. Il s’agit, en effet, qu’à son retour le Maître ne nous trouve ni endormis, ni enlacés dans les filets du péché, ni embarrassés dans les choses de la terre. De ce triple danger découle une triple responsabilité, savoir la responsabilité d’être vigilant, de réaliser une sanctification constante, de servir le Seigneur avec zèle et fidélité.
L’attente du Seigneur produit-elle réellement de tels fruits en chacun de nous ? Si ces choses sont en nous et y abondent, elles feront que nous ne serons pas oisifs ni stériles pour ce qui regarde la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ. « C’est pourquoi, frères, étudiez-vous d’autant plus à affermir votre appel et votre élection, car en faisant cela vous ne faillirez jamais ; ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée » (2 Pier. 1. 8 à 11).
Nous avons ainsi considéré quelques-unes des richesses que nous possédons en Christ, ce qu’il est pour nous. Puissent nos cœurs désirer ardemment « le connaître, Lui », en qui le Père trouve toutes ses délices, et nous les plus précieuses bénédictions. Contemplant ainsi la personne glorieuse du Fils, nous partageons la joie que le Père goûte en Lui, car « notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1. 3). Seule la personne de Christ peut satisfaire notre cœur. C’est pourquoi le Père, le Saint Esprit et les Écritures placent sans cesse Christ devant nos âmes comme l’objet de notre foi, de notre amour et de notre espérance. Puissions-nous croître ainsi « dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ », et goûter que « toute sa personne est désirable ». « À lui la gloire, et maintenant et jusqu’au jour d’éternité ! Amen » (2 Pier. 3. 18).
D’après Messager Évangélique 1969 (M.T.)