
Au feu ! au feu ! Une vieille maison de bois est en flammes à Epworth (Angleterre). C’est là que Samuel Wesley vit avec sa nombreuse famille. Conscient du danger, il a pu s’enfuir à temps avec les siens, sauf John, un petit garçon de six ans, qui dort encore à poings fermés. Lorsqu’il se réveille et se rend compte du danger, il se met à crier à l’aide, d’une manière qui fend le cœur. Son père essaie de le secourir, mais il est retenu par des flammes infranchissables. Et comme il a perdu tout espoir de sauver son fils de cette mort cruelle, il se met à genoux dans la rue et le remet aux soins du Seigneur. Dans sa miséricorde, Dieu intervient. Un homme monte sur les épaules d’un autre, parvient à saisir l’enfant et le met en sécurité. Samuel Wesley déborde de reconnaissance. Il réunit ses voisins, se remet à genoux, mais cette fois pour rendre grâces à Dieu.
Le projet de Satan a ainsi échoué, John étant destiné à accomplir une grande œuvre. Mais il avait encore à apprendre de nombreuses leçons, avant d’être prêt à faire la volonté de Dieu.
La mère de John fit de son mieux pour l’encourager dans les choses importantes et elle lui enseigna à mener une vie honnête. Aussi bien à l’école de Londres qu’au collège d’Oxford, il manifesta une conduite honorable et fut promu pasteur. Mais malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à trouver la paix et la joie qui découlent du pardon divin.
Il partit en Amérique du Nord, accompagné de son frère Charles, dans le but d’annoncer l’Évangile aux Indiens. Mais les deux frères n’étaient eux-mêmes pas convertis, et leur entreprise se termina par un échec.
John revint en Angleterre, découragé et désespéré. Il dut prendre conscience que servir Dieu par sa propre force conduit toujours à une expérience décevante.
À cette époque, il décrivit son état d’âme dans son journal intime. Il admit que, malgré tout son savoir, ses bonnes œuvres, ses aumônes et ses prédications, il n’était qu’un pécheur perdu ayant besoin de pardon. Il désirait sincèrement trouver la paix et la certitude du salut, d’autant plus qu’il avait appris que son frère Charles s’était converti.
Un tournant se produisit dans sa vie alors qu’il se trouvait au rassemblement d’Aldersgate Street. On y lisait l’introduction à l’épître aux Romains de Martin Luther. Tandis que le prédicateur décrivait le changement que Dieu produit chez celui qui croit en Christ et à son œuvre à la croix, le cœur de John s’enflamma. Il reconnut l’unique chemin du salut, reçut la certitude du pardon de ses péchés et commença immédiatement à rendre témoignage de sa foi en Christ.
Après avoir enfin trouvé le salut et la paix, John Wesley se mit aussitôt à annoncer l’Évangile.
Beaucoup d’auditeurs furent outrés par ses prédications. C’est pourquoi on lui interdit de présenter la Parole dans bien des églises de Londres. Cette opposition conduisit John en Allemagne, où il fut particulièrement béni par les prédications d’un menuisier, Christian David. Le fier ecclésiastique était maintenant disposé à écouter la vérité sortant de la bouche d’un croyant sans formation théologique.
Personne n’est à même de décrire l’œuvre de John Wesley, consacrée à Dieu. Quelles misères et quels dangers n’a-t-il pas connus ? Ni la neige, ni la glace, ni le brouillard ni la pluie ne l’empêchaient de se déplacer pour apporter la bonne nouvelle. Il affrontait avec un courage inébranlable des malfaiteurs qui étaient décidés à l’assassiner. Il fut agressé par des foules excitées par des hommes brutaux. Il fut accusé par de faux témoins, on lui lança souvent des pierres. Il poursuivit toutefois fidèlement son chemin au service de Christ. Ni l’âge ni la maladie ne purent le retenir. Il disait : « Aussi longtemps que Dieu m’accordera la force pour accomplir mon travail, je dois en faire usage ».
Des foules furent attirées par ses prédications, qui ont été au nombre de 42 000, la dernière alors qu’il avait 88 ans. Des communautés, constituées à la suite de ses prédications, se formaient dans toute l’Angleterre, le pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande. Il voyagea en Hollande et en Allemagne, et prêcha partout. Durant le temps de son service pour le Seigneur, il couvrit plus de 160 000 km, parfois à cheval, souvent à pied, et lorsqu’il fut plus âgé, en diligence.
Alors qu’il effectuait son dernier voyage pour aller présenter la Parole, il prit froid et déclina rapidement. Il disait à ceux qui venaient l’entourer : « Au revoir, l’essentiel, c’est que Dieu soit avec nous. Il laisse aller son serviteur en paix ».
À sa mort, des centaines de milliers de personnes s’étaient converties par son moyen. Ce puissant réveil produit par Dieu préserva l’Angleterre des résultats dévastateurs de la révolution, qui causa tant de victimes en France.
En réactivant l’intérêt pour l’évangile du salut, John Wesley et d’autres ont posé les bases nécessaires à la propagation de la vérité concernant l’Assemblée, les prophéties et par-dessus tout la grandeur de la révélation de Dieu dans le Christ Jésus.
Comme nous pouvons être reconnaissants que ce jeune garçon d’Epworth ait été sauvé d’une mort prématurée !
D’après La Bonne Nouvelle 1998 (Frank Wallace)