BERACA 53 : SAMUEL, DERNIER JUGE ET PREMIER PROPHÈTE

« Et l’arche de l’Éternel fut sept mois dans le pays des Philistins » (1 Sam. 6. 1).

L’Éternel a permis la défaite d’Israël et la perte de l’arche, mais il a démontré sa puissance aux idolâtres. À bout de forces à cause des épreuves dues à la présence de l’arche au milieu d’eux, les Philistins ont consulté leurs sacrificateurs et leurs devins, en disant : « Que ferons-nous de l’arche de l’Éternel ? Faites-nous savoir comment nous la renverrons chez elle » (v. 2). Avec bien des précautions, ils renvoient l’arche sur un chariot tiré par deux vaches privées de leurs veaux « allant et mugissant » sans se détourner d’un chemin qui les mène à la frontière du pays donné à Israël.

Les Philistins, idolâtres, avaient pensé que si les vaches allaient d’elles-mêmes vers les Israélites, c’était la preuve que le Dieu d’Israël leur avait « fait ce grand mal ; sinon, nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés, mais que c’est une chose accidentelle qui nous est arrivée » (v. 9). Alors, les vaches, sans personne pour les conduire, mais dirigées par Dieu, empruntent la route qui les mène à l’endroit désiré par leurs princes. En les suivant, ces princes furent convaincus de la puissance du Dieu d’Israël. Dans un jour qui est proche, tout genou devra se plier et toute langue confessera « que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 11). Quand le convoi approche de Beth-Shémesh, les moissonneurs « qui moissonnaient les blés dans la vallée ; … levèrent leurs yeux et virent l’arche, et se réjouirent en la voyant » (1 Sam. 6. 11 à 13).

Cette joie nous fait penser :

– À la joie « des mages de l’orient » venus jusqu’à Jérusalem en suivant une étoile et, quand dirigés vers Bethléhem de Judée, ils virent « l’étoile qu’ils avaient vue en orient allait devant eux, jusqu’au moment où elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où était le petit enfant » (Mat. 2. 9 et 10). À la vue de l’étoile au-dessus de l’enfant Jésus, ils se réjouirent d’une fort grande joie. C’était l’entrée du Sauveur dans le monde.

– À la joie des disciples enfermés dans la chambre haute. Par crainte des Juifs, ils avaient fermé les portes, mais « Jésus vint et se tint au milieu d’eux. Il leur dit : Paix à vous ! … Les disciples furent remplis de joie quand ils virent le Seigneur » (Jean 20. 19).

– À la joie future pour le résidu juif, quand il sera délivré par la présence du Messie et que, au lieu de leur honte ils auront une double part et au lieu d’être « dans la confusion, ils célébreront avec joie leur portion : c’est pourquoi, dans leur pays, … ils auront une joie éternelle » (És. 61. 7). Alors, ils entendront dans Jérusalem, à nouveau « la voix de l’allégresse et la voix de la joie, la voix de l’époux et la voix de l’épouse » (Jér. 33. 11).

– À la joie qui éclatera dans le ciel lorsque le Seigneur se présentera à Lui-même l’épouse pour laquelle Il s’est livré à la croix, comme il est écrit : « Réjouissons-nous et tressaillons de joie, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’Agneau sont venues ; sa femme s’est préparée ; et il lui a été donné d’être vêtue de fin lin, éclatant et pur » (Apoc. 19. 7 et 8).

Jusqu’à ce moment, à venir mais si proche, sachons nous réjouir du si grand salut qui nous a été offert gratuitement en Jésus-Christ. Et, en dirigeant nos pas fidèlement vers le lieu où le Seigneur a promis sa présence, nous pouvons dire : « Je me suis réjoui quand ils m’ont dit : Allons à la maison de l’Éternel ! » (Ps. 122. 1), parce que d’autres bien-aimés se sont engagés sur le chemin de la foi. « Tire-moi : nous courrons après toi » (Cant. 1. 4).

Les hommes de Beth-Shémesh se sont réjouis à la vue de l’arche. Ils ont offert des holocaustes et des sacrifices à l’Éternel, mais ils ont oublié que c’était une arche sainte et que seuls les sacrificateurs avaient le droit de s’en approcher. Ils ont regardé dans l’arche et l’Éternel les a frappés d’un grand coup : soixante-dix hommes moururent. Nous ne devons jamais oublier quelle est la sainteté de Dieu. Nous sommes exhortés à nous approcher de Lui « avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi » (Héb. 10. 22). Exhortés aussi à « manger le pain et boire la coupe du Seigneur » dignement après nous être éprouvés nous-mêmes à la lumière de sa Parole (voir 1 Cor. 11. 27 à 32).

S’abstenir de regarder dans l’arche nous dit de ne pas entrer dans ce qui n’appartient qu’à Dieu seul. Comment aborder le mystère de l’élection, le mystère de la piété qui est l’incarnation du Fils, le mystère de la justice de Dieu en jugement sur ce monde, sans nous incliner devant sa souveraineté. Satan a essayé et essaie encore d’introduire le doute sur toutes ces questions. Et il n’y réussit que trop bien ! N’a-t-il pas dit à Ève : « Quoi, Dieu a dit ? » (Gen. 3. 1). Il a avec malice insinué que si Ève et son mari désobéissaient, ils seraient « comme Dieu » (v. 5). C’est ainsi que, de nos jours, beaucoup d’âmes sont écartées du salut. On ne croit plus la Parole de Dieu parce qu’on ne la lit pas, et on écoute volontiers un évangile différent qui dit que Dieu est trop bon pour que les désobéissants finissent « dans les tourments éternels » – alors qu’Il l’a dit ! (Mat. 25. 46). Soulèverons-nous le couvercle de l’arche pour voir dedans, en cherchant par les sciences humaines à connaître ce que Dieu a jugé bon de garder pour Lui seul ? Non ! au contraire, avec l’apôtre, entonnons un cantique à la gloire de Dieu ! (Rom. 11. 33 à 36)

« L’Éternel frappa des hommes de Beth-Shémesh, car ils regardèrent dans l’arche de l’Éternel » (1 Sam. 6. 19). Ils dirent : « Qui peut tenir devant l’Éternel, ce Dieu saint ? … Ils envoyèrent des messagers aux habitants de Kiriath-Jéarim, disant : Les Philistins ont ramené l’arche de l’Éternel : descendez, faites-la monter vers vous » (v. 20 et 21). Comme dans la parabole du semeur, ils s’étaient réjouis pour un moment. Ils étaient semblables à ceux qui sont semés sur les endroits rocailleux, qui ayant entendu la parole, la reçoivent aussitôt avec joie mais, « ils n’ont pas de racine en eux-mêmes et ne tiennent qu’un temps… » (Marc 4. 16 et 17). Ils ne s’étaient pas humiliés en cherchant l’arche, ils se sont privés de la joie et de la bénédiction de l’avoir au milieu d’eux.

« Les hommes de Kiriath-Jéarim vinrent et firent monter l’arche de l’Éternel ; ils l’apportèrent dans la maison d’Abinadab, sur la colline ; et ils sanctifièrent Éléazar, son fils, pour garder l’arche de l’Éternel » (1 Sam. 7. 1). Elle sera là pendant vingt ans, temps pendant lequel Dieu travaillerait dans le cœur des fils d’Israël.