
« Samuel grandissait ; l’Éternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles. Et tout Israël, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba, sut que Samuel était établi prophète de l’Éternel. L’Éternel continua d’apparaître à Silo ; car l’Éternel se révélait à Samuel, à Silo, par la parole de l’Éternel » (1 Sam. 3. 19 à 21).
« Ce que Samuel avait dit arriva à tout Israël. Israël sortit à la rencontre des Philistins pour livrer bataille, et ils campèrent près d’Ében-Ézer ; les Philistins, eux, campèrent à Aphek. Les Philistins se rangèrent en bataille contre Israël ; la bataille devint générale, et Israël fut battu devant les Philistins, qui frappèrent environ quatre mille hommes en bataille rangée, dans la campagne » (ch. 4. 1 et 2).
Un homme de Dieu avait été envoyé à Éli pour lui faire savoir que l’Éternel devait juger sa maison à cause des voies d’iniquité dans lesquelles marchaient ses fils. Ensuite, c’est le jeune Samuel qui est mis au courant directement par l’Éternel. Cette défaite était le résultat de l’éloignement du peuple de Dieu. Quand ceux qui doivent être les conducteurs spirituels marchent dans l’injustice, c’est le peuple qui suit.
Il y eut une première bataille dont l’issue fut une défaite difficile à accepter. Les anciens d’Israël ne rentrèrent pas en eux-mêmes pour s’humilier comme lors de la défaite à Aï, quand Josué, lorsqu’il l’apprit, déchira ses vêtements et tomba « face contre terre, devant l’arche de l’Éternel, jusqu’au soir, lui et les anciens d’Israël » (Jos. 7. 6). Le péché caché d’Acan était la cause de la défaite. Ils durent juger le mal pour que l’Éternel soit avec eux.
Trois cents ans plus tard, au lieu de s’humilier, les Israélites dirent : « Pourquoi l’Éternel nous a-t-il battus aujourd’hui devant les Philistins ? Allons chercher à Silo l’arche de l’alliance de l’Éternel. Qu’elle vienne au milieu de nous et nous sauve de la main de nos ennemis. Et le peuple envoya des hommes à Silo, et on apporta de là l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées, qui siège entre les chérubins ; les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, étaient là avec l’arche de l’alliance de Dieu » (1 Sam. 4. 3 et 4).
Les Israélites se souvenaient certainement de la prise de Jéricho par la puissance de Dieu. Ainsi ils ont pensé qu’il serait bon d’avoir l’arche avec eux. Elle n’était devenue pour eux, malheureusement, qu’un objet comme les dieux de pierre et de bois des nations. Sachant l’arche avec les Israélites, « les Philistins eurent peur, car ils dirent : Dieu est venu dans le camp. Et ils dirent : Malheur à nous ! » (v. 7). Eux aussi connaissaient l’histoire ! Il y eut une deuxième bataille, se terminant par une deuxième et très grande défaite pour les Israélites. Quel déshonneur jeté sur Dieu ! Des idolâtres qui avaient entendu parler de la puissance du Dieu d’Israël en sont probablement venus, pour un moment, à conclure qu’Il n’était pas meilleur que leurs dieux. Aujourd’hui, on peut avoir « l’apparence de la piété mais en avoir renié la puissance » (2 Tim. 3. 5). Mais Dieu est, et demeure « le Même, et il n’y a pas de dieu à côté de moi » ; « Moi, je suis le Même, moi, le premier, et moi, le dernier » (Deut. 32. 39 ; És. 48. 12).
L’arche était bien avec les fils d’Israël, mais l’Éternel qu’elle représentait, n’avait pas pu donner une victoire à un peuple qu’Il devait discipliner. Les formes religieuses ne sont rien si le cœur n’est pas humble et vrai devant Dieu. De nos jours, quand la Bible reste sur l’étagère et se couvre de poussière, quand ce qu’elle contient n’est plus connu, la volonté de Dieu est oubliée. À quoi servait l’arche de l’alliance, si la loi qu’elle contenait n’était pas respectée, et que le seul vrai Dieu qu’elle représentait n’était pas honoré ?
Nous lisons : « Et l’arche de Dieu fut prise, et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, moururent ». Pour Éli, savoir ses deux fils morts était certainement très douloureux, mais le plus terrible fut la perte de l’arche. Toute sa vie se résumait au service de sacrificateur qu’il avait eu auprès d’elle. Elle représentait la présence de L’Éternel au milieu du peuple. Apprenant que l’arche était entre les mains des ennemis, Éli, âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, lourd et pesant, tombe à la renverse de dessus son siège et meurt.
« Le peuple de Dieu battu, les sacrificateurs de Dieu tués, l’arche de Dieu prise par des païens et devenant un trophée de leur victoire ; il semblait que l’Éternel lui-même fût vaincu. C’est ainsi que les péchés des chrétiens déshonorent leur Dieu devant le monde. Mais l’Éternel est au-dessus de tout. Si son peuple ne sait pas maintenir sa gloire, Lui la maintient. Les Philistins apprirent à faire la différence entre Israël et le Dieu d’Israël, comme entre ce Dieu et leurs idoles » (Adrien Ladrierre).
La belle-fille d’Éli, femme de Phinées au terme de sa grossesse, sachant son mari mort et l’arche prise, se courbe dans les douleurs et enfante. Mourante, « elle appela l’enfant I-Cabod, disant : La gloire s’en est allée d’Israël. C’était parce que l’arche de Dieu était prise, et à cause de son beau-père et de son mari » (I-Cabod = privé de gloire ; 1 Sam. 4. 21 et 22). Dès lors, comment le peuple pourrait-il célébrer le jour des expiations sans le propitiatoire qui recouvre l’arche, où le sang devait être apporté ? (voir Lév. 16). Et comment le faire sans les descendants d’Aaron, pour accomplir les ordonnances puisque Hophni et Phinées étaient morts tous les deux ?
« Et les Philistins, s’étant emparé de l’arche de Dieu, la transportèrent d’Ében-Ézer à Asdod ; … l’apportèrent dans la maison de Dagon et la placèrent à côté de Dagon. Le lendemain, les Asdodiens se levèrent de bonne heure, et voici, Dagon était tombé face contre terre devant l’arche de l’Éternel ; ils prirent Dagon et le remirent à sa place » (1 Sam. 5. 1 à 5). Cela se produisit une deuxième fois : « la tête de Dagon et les deux paumes de ses mains coupées étaient sur le seuil ». En plus, Dieu manifeste sa puissance en frappant de plaies les habitants proches de la présence de l’arche. « La main de l’Éternel s’appesantit sur les Asdodiens, et il sema la désolation parmi eux » (v. 6). Dieu démontre aux ennemis de son peuple qu’ils ont chez eux « l’arche de sa force » (Ps. 132. 8). Relevons que, pour Éli et sa belle-fille, l’arche avait plus de prix à leurs yeux qu’eux-mêmes ; ils aimaient l’Éternel et cela doit nous stimuler pour nous attacher au Seigneur Jésus. Où était Samuel pendant tout ce temps-là ? Certainement, attristé, il devait crier à l’Éternel pour ce pauvre peuple. Nous le retrouvons plus tard lors de la restauration d’Israël.