
« Par la foi, Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, plutôt que de jouir pour un temps des délices du péché, … Et que dire encore ? Le temps me manquera si je parle en détails de Gédéon, de Barac, de Samson et de Jephté, de David et de Samuel, et des prophètes, qui par la foi soumirent des royaumes, accomplirent la justice, obtinrent ce qui était promis, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la force du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, de faibles qu’ils étaient furent rendus forts … » (lire Héb. 11. 4 à 38).
Les hommes mentionnés dans cette sélection ne sont que quelques-uns parmi ceux que Dieu a employés, en divers temps, pour manifester sa grâce et sa puissance. Si nous avons considéré Samson, dans les deux textes précédents, nous avons vu dans quel état spirituel se trouvaient les fils d’Israël. Ils préféraient la tutelle des Philistins à Samson, que l’Éternel avait suscité pour les délivrer. Les juges se sont succédés jusqu’à Samson, le dernier qui soit mentionné comme ayant jugé le peuple de Dieu. « En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (Jug. 17. 6).
Et pourtant, qu’est-ce que l’Éternel n’avait pas fait pour son peuple ! Nous en avons un résumé par l’apôtre Paul s’adressant aux Juifs dans la synagogue d’Antioche de Pisidie en ces termes : « le Dieu de ce peuple s’est choisi nos pères et a élevé bien haut le peuple pendant son séjour au pays d’Égypte ; et il les en fit sortir par son bras puissant. Et il prit soin d’eux dans le désert, environ quarante ans. Après avoir détruit sept nations au pays de Canaan, il leur donna ce pays en héritage. Ensuite, pendant environ quatre cent cinquante ans, il leur donna des juges, jusqu’à Samuel le prophète » (Act. 13. 17 à 20).
Si Moïse est mentionné comme ayant été « roi en Jeshurun » (Deut. 33. 4 et 5), c’est vraiment l’Éternel qui était et devait être roi sur son peuple. Malgré les fautes graves du peuple, Dieu lui donne le titre noble de Jeshurun, qui signifie, peuple droit et juste. Balaam a dû proclamer que « Dieu…, n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni n’a vu d’injustice en Israël ; l’Éternel, son Dieu, est avec lui, et un chant de triomphe royal est au milieu de lui » (Nomb. 23. 21). Dieu ne pouvait voir le peuple rebelle, sous l’aspect d’un peuple juste, qu’au travers de l’œuvre qui serait accomplie sur la croix à Golgotha, par son Fils unique. Les Saintes Écritures, annonçant par avance Christ, mentionnent : « Moi, j’ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte » ; « Portes, élevez vos têtes ! et élevez-vous, portails éternels, et le roi de gloire entrera… Qui est-il, ce roi de gloire ? L’Éternel des armées, lui, est le roi de gloire » (Ps. 2. 6 et 24, 7 à 10).
Samuel est aussi le dernier juge sur Israël avant que Dieu leur donne un roi. Quand le peuple demande un roi, Samuel s’en afflige beaucoup, et l’Éternel lui dit : « Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’ils te disent ; car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, mais c’est moi qu’ils ont rejeté, afin que je ne règne pas sur eux » (voir 1 Sam. 3. 20 ; 7. 15 ; 8. 7).
Comment apprécions-nous le Seigneur à l’époque en laquelle nous vivons ? Est-Il seulement Celui à qui l’on crie en cas de besoin, comme ce fut le cas aux temps des juges d’Israël, ou est-il notre ami, notre conseiller ? Il y a une grande bénédiction à pouvoir dire comme le roi David : « Mon Dieu, mon rocher, en qui je me confie, mon bouclier et la corne de mon salut, ma haute retraite ! » (Ps. 18. 2).
Dans le contexte difficile de la fin du temps des juges d’Israël, nous voyons que Dieu veille et prépare celui qui sera un conducteur pour son peuple.
Nous lisons : « il y avait un homme… de la montagne d’Éphraïm, dont le nom était Elkana, … il avait deux femmes : le nom de l’une était Anne, et le nom de la seconde, Peninna. Et Peninna avait des enfants, mais Anne n’avait pas d’enfants. Chaque année cet homme montait de sa ville pour adorer l’Éternel des armées et lui sacrifier à Silo ; là se trouvaient les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, sacrificateurs de l’Éternel » (lire 1 Sam. 1. 1 à 8).
Ainsi, Anne ne peut pas avoir d’enfants. Au travers de cette épreuve, elle est dans une relation réelle avec l’Éternel, son Dieu. Peninna, probablement jalouse de l’affection d’Elkana pour Anne, la chagrinait jusqu’à la pousser à l’irritation. Anne, avec la famille, est montée à Silo où se trouvait l’arche de l’alliance et les sacrificateurs. Là, « l’amertume dans l’âme, elle pria l’Éternel et pleura abondamment. Et elle fit un vœu, disant : Éternel des armées ! Si tu veux regarder à l’affliction de ta servante, et si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante, et que tu donnes à ta servante un fils, je le donnerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie » (v. 10 et 11). Dans la tristesse, quelle attitude heureuse ! Nous chantons parfois : « l’épreuve est toute pleine de fruits bénis pour moi » (Hymnes et Cantiques n°190).
Anne aura ce fils demandé et, comme elle l’a promis au Seigneur, elle le lui donnera après l’avoir sevré. Le moment venu, elle l’amène au sacrificateur en disant : « J’ai prié pour cet enfant, et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite. Aussi, moi je l’ai prêté à l’Éternel ; pour tous les jours de sa vie, il est prêté à l’Éternel. Et il se prosterna là devant l’Éternel » (1 Sam. 1. 27 et 28). Il est évident que le jeune garçon avait été instruit par une mère pieuse, puisqu’il se prosterne devant l’Éternel. Il aurait pu se rebeller à la pensée d’être séparé de sa famille, de ses amis, pour vivre avec un vieux sacrificateur.
Ce jour-là, Anne élève son cœur vers Dieu dans un magnifique cantique. Elle voit la grâce de Dieu qui fait mourir et fait vivre ; qui fait descendre au shéol et en fait monter ; qui appauvrit et enrichit ; qui abaisse, et élève aussi – Tout autant d’expressions démontrant la nouvelle naissance pour quiconque croit et, en même temps, elles anticipent l’abaissement du Seigneur, sa mort, sa résurrection et sa glorification. Anne prophétise aussi sur le jour de Christ : « L’Éternel jugera les bouts de la terre, et il donnera la force à son roi, et élèvera la corne de son oint » (2. 10). Le cantique de Anne, la prophétie de Zacharie, père de Jean le baptiseur – le cantique de Marie et l’éclat de joie de Siméon à la vue du Sauveur, émanent de l’Esprit de Christ pour glorifier Dieu et réjouir nos cœurs.