
Néhémie, un homme de foi. Néhémie, un homme de prière. Néhémie, un homme de cœur. Il y a une expression dans le chapitre 7 que nous avons lue l’année dernière, qui concerne Néhémie. Il nous est dit en Néhémie 7. 5 : « Mon Dieu me mit au cœur de rassembler les nobles, etc. ».
« Mon Dieu me mit au cœur ». Nous avons là un des secrets de la vie de Néhémie, cette intimité avec Dieu, qu’il pouvait appeler : Mon Dieu. Et cette relation qu’il y avait entre Néhémie et Dieu, son Dieu, était dans son cœur. Et c’est, nous le savons, ce qui est important, que Dieu travaille dans notre cœur ; et c’est le travail que Dieu opère dans notre cœur qui peut ensuite nous aider à marcher extérieurement d’une manière qui honore Dieu.
Néhémie est un homme de prière, car il y a eu des combats, des ennemis qui ont montré toute leur ardeur à détruire ce qui était bâti. Et il est remarquable de voir que, face à ces ennemis la ressource utilisée par Néhémie est une ressource qui à des yeux humains pourrait être bien faible, mais qui est d’une valeur essentielle pour le croyant, la ressource de la prière.
L’autre sujet qui se trouve dans le livre de Néhémie est la construction de la muraille. Cette muraille nous est décrite dans plusieurs chapitres, et nous avons pu nous arrêter sur le rôle de la muraille. La muraille qui est là pour la séparation, la muraille qui est là pour unir. Il ne peut pas y avoir d’unité sans séparation et sans muraille. La muraille qui est là pour protéger. La muraille qui est là pour nous permettre d’honorer Dieu et de nous tenir autour de la personne du Seigneur Jésus. Quel rôle important a la muraille dont la construction est décrite dans ces chapitres.
Et puis on aurait pu dire : Voilà ! La muraille est construite, l’œuvre est terminée. Eh bien, non ! Pour Néhémie, l’œuvre n’était pas terminée, car il s’agissait maintenant de savoir comment il faut se conduire à l’intérieur de la muraille pour ceux qui s’y trouvaient. Et nous voyons tout le zèle qu’a Néhémie pour que cette vie à l’intérieur de la muraille soit une vie qui honore Dieu. Et dans ceux qui se trouvaient à l’intérieur de la muraille sont présentés différentes personnes avec chacune son caractère, son service. Il y a des chantres, des sacrificateurs, des Néthiniens. Il y a ceux qui sont là pour la louange, ceux qui sont là pour apporter, expliquer la Parole, tous sont présents, les Néthiniens qui semblent avoir un service à nos yeux humains de moindre importance, mais tous ont leur place, et nous savons combien cela illustre ce que nous avons aujourd’hui dans l’assemblée, le corps de Christ que Dieu a formé dans toute sa sagesse, où chaque membre est placé avec la fonction que Dieu lui attribue.
Chacun a sa place, chacun est utile. Il n’y en a aucun qui puisse dire qu’il ne sert à rien. Pas du tout. Nous comprenons quelle crainte doit placer dans nos cœurs la sagesse de Dieu, et nous avons cette image dans ce que nous avons pu voir dans les chapitres précédents. Voilà le fonctionnement qui est placé là dans cette maison à l’intérieur de la muraille.
Nous arrivons alors au chapitre 8, et si dans les chapitres précédents une ressource importante pour Néhémie a été la prière, ici nous avons l’importance de la Parole. Et nous savons combien, dans la vie du croyant, il y a ces deux ressources de la prière et de la Parole. Et ce chapitre commence d’une manière merveilleuse en nous montrant tout le peuple assemblé comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux.
Dans le chapitre précédent, il y a eu ce moment où Néhémie a rassemblé les nobles, et puis à la fin du chapitre 7, les fils d’Israël étaient « dans leurs villes ». On pourrait dire que, dans le chapitre 7, il y a la diversité dans l’unité ; et au chapitre 8, c’est l’unité dans la diversité. Et nous avons besoin des deux aspects. Et ce chapitre 8, par l’importance de la Parole, nous montre toutes les ressources que nous avons. Et cette Parole nous est présentée, dans le premier paragraphe jusqu’au verset 8, comme étant lue à tout le peuple réuni là dans une unité parfaite, parce que la muraille n’est pas là pour nous séparer les uns des autres, mais pour que nous habitions tous ensemble.
Cette Parole a son efficace sur les cœurs et les consciences – c’est ce que nous avons dans les versets 9 à 12. Mais la Parole n’est pas simplement là pour toucher nos cœurs, pour atteindre nos consciences, mais pour se traduire dans notre vie pratique de tous les jours. C’est ce que nous avons à la fin du chapitre.
En Esdras 3, déjà tout le peuple s’était assemblé, et c’était évidemment un moment très important puisqu’il s’agissait de mettre l’autel sur ses bases. Et la raison qui nous est donnée, nous la connaissons, montre un peuple qui, tout en étant abaissé, humilié, réalise où se trouve la force. La terreur des peuples était sur eux. Et où ont-ils trouvé du secours ? Au seul endroit où il peut se trouver, devant leur Dieu, en redressant cet autel qui a une si grande signification.
Et ici de nouveau, nous nous trouvons devant un peuple qui se rassemble. « Tout le peuple », il est dit, « s’assembla devant la porte des eaux – ce qui est sûrement une image de la Parole de Dieu elle-même. Je voudrais simplement ajouter qu’il ne faut peut-être pas se leurrer sur ce mot « tout » et comprendre qu’il veut insister sur l’unité de ce peuple parce que le peuple était très abaissé.
On est bien loin de la période si glorieuse vécue du temps de Salomon. C’est un faible résidu qui est rentré, et si faible que, plus tard, dans ce livre de Néhémie, on en viendra à tirer au sort pour que certains viennent habiter à Jérusalem ; et le peuple se réjouira de ceux qui acceptèrent de venir.
Et tout ceci, évidemment montre que, de toute manière – il faut le retenir pour nous-mêmes – il n’y a pas de différence pour notre Dieu entre peu de force et beaucoup de force. Et même le Seigneur met ses ressources à disposition de ses bien-aimés, peu nombreux sans doute mais d’un seul cœur, d’une seule âme – on voit cela aussi au début du livre des Actes, et le Seigneur est réjoui par cet état qu’Il désire voir produit, n’en doutons pas, au milieu de nous aussi.
Quand nous avons la conscience d’être un peuple abaissé et humilié, les consolations de Dieu viennent vers nous. Néhémie veut dire « consolation, ou l’Éternel console ». Le Seigneur est Lui-même Celui qui console. Il a pu dire durant son ministère : « Le Père vous donnera un autre Consolateur… l’Esprit de vérité ».
Eh bien, nous avons le privilège de connaître ce Dieu plein d’amour. Dans un temps où, nous le ressentons profondément, nous sommes abaissés et humiliés, le Seigneur désire nous consoler. Nous avons la consolation des Écritures, et puis Néhémie lui-même puisqu’il a ce nom « consolation ». On a au début des Actes un homme qui s’appelait Barnabas, « fils de consolation ». Veuille le Seigneur que dans son peuple il y ait beaucoup de « fils de consolation ». Nous avons besoin d’être fortifiés, d’être encouragés.
En Esdras 2. 70, il est dit : « Tout Israël se trouva dans ses villes ». C’est pour nous encourager parce que nous savons bien que tout Israël n’était pas là, mais Dieu se plaisait à voir ce peuple à la place qu’Il voulait. C’était la place voulue de Dieu. Et à la fin du chapitre 7 de Néhémie, il est dit : « Les fils d’Israël étaient dans leurs villes » (7. 73). Dieu a aussi préparé une place pour son peuple aujourd’hui, une place en dehors du monde, où cette unité peut être réalisée dans la mesure où nous sommes séparés de tout mal et où la chair est jugée.
« Tout le peuple s’assembla comme un seul homme ». Cela nous ramène à ce fait qu’ils avaient une même pensée. Et nous ne pouvons avoir une même pensée que dans la mesure où nous nous trouvons dans ce chemin de la séparation. Il est impossible d’avoir une même pensée quand on n’a pas suivi ce chemin. Mais le Seigneur est là qui veut nous bénir par sa Parole et qui veut sans doute nous réveiller parce qu’il s’agit ici du premier jour du septième mois, et comme nous le savons par Lévitique 23 et d’autres passages, en ce jour-là il s’agissait de la fête des trompettes – c’est l’action puissante de la Parole pour nous réveiller.
Les fils d’Israël avaient le sentiment qu’ils avaient beaucoup perdu, et on ne voit pas ici que les trompettes aient sonné mais on en avait la réalisation pratique. Ce n’était pas seulement une fête extérieure où on sonne des trompettes, ce n’était pas les fêtes du temps du Seigneur, les fêtes des Juifs ; mais c’était l’action puissante de la Parole de Dieu qui veut réveiller nos cœurs – et combien nous en avons besoin ! Que Dieu veuille aussi réveiller nos cœurs au sentiment de tout ce que nous avons pu perdre à cause de notre négligence, et sans doute encore une fois, ce Dieu d’amour désire nous encourager et nous consoler.
« Tout le peuple s’assembla comme un seul homme ». Cette expression que Dieu nous donne dans sa Parole n’est pas peu de chose. Pensons à la joie du cœur de Dieu, de l’Éternel, de voir ce petit résidu qu’Il avait appelé à revenir à Jérusalem, qui avait écouté, qui s’était lassé, qu’Il avait soutenu et fortifié pour en arriver là. Quelle joie pour le cœur de Dieu de voir ce faible résidu répondre à la pensée de son cœur.
Au début du livre des Actes ceux qui avaient cru étaient un cœur et une âme (4. 32). Qu’en est-il pour nous ? Que chacun voie devant le Seigneur où il en est, et le Seigneur produira le désir d’être rassemblés autour de Lui – parce qu’Il ne désire que cela, que nous soyons là où Il a promis sa présence : « Là où deux ou trois sont assemblés en (ou à) mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20). Nous sommes autour du Seigneur Jésus, chose merveilleuse dont nous ne goûtons que les bords, mais le Seigneur par sa présence sainte et bénie désire que nos cœurs Lui soient fermement attachés, qu’il y ait cette louange qui monte vers Lui d’un seul cœur.
Alors l’Esprit agit là et le cœur de Dieu, du Père est réjoui de ce que son Fils, Celui qui conduit la louange dans l’assemblée, est le centre des affections de ceux qui sont maintenant ses enfants bien-aimés. Frères et sœurs, pensons à cela, pensons à la joie du cœur du Père, du Seigneur Jésus quand, par une grâce merveilleuse, Il nous assemble dimanche après dimanche autour de son cher Fils bien-aimé.
Nous avons donc dans ce passage un grand encouragement parce que, si l’on regarde selon l’homme on dira : c’est un tout petit résidu, un petit groupe, qui est rassemblé là. Et qu’est-ce que Dieu voit ? Il voit un groupe de ses rachetés qui sont là comme Lui le veut, et c’est une grande instruction pour nous.
Où en est la chrétienté ? Dans un désordre terrible, dans une désunion que chacun de nous peut constater. Eh bien, il y a un chemin, et c’est le chemin qui est présenté là, un chemin selon le Seigneur, un chemin pour nous chrétiens où nous nous retrouvons autour du Seigneur Jésus comme le corps tout entier devrait se retrouver, où nous nous retrouvons là, attendant du Seigneur, attendant de son Esprit, étant conduits par Lui.
C’est ce que nous avons ici dans un sens. Le temple est à sa place ; l’autel est à sa place ; la muraille est à sa place, qui sépare ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas, cette muraille qui est là aussi pour protéger contre les influences extérieures, parce que tout ce qui vient de l’homme empêche le Seigneur Jésus d’être discerné au milieu de l’assemblée.
Je me rappelle d’un cher frère qui pouvait nous dire, il y a bien des années : Le veau d’or chasse Dieu. Des affections qui ne sont pas à leur place chassent Dieu. Et là c’est le contraire. Tout est à sa place. Et alors, quand tout est à sa place, quand il y a l’exercice – il y a eu l’exercice de ces hommes qui ont bâti la muraille et ce n’était pas une petite chose ! En 52 jours, ils ont bâti une muraille, pourtant avec un petit nombre d’hommes.
D’un côté il y avait l’épée, et de l’autre il y avait les instruments pour bâtir. Il y a eu cet exercice, et maintenant il y a une soif qui est produite. C’est un encouragement pour nous car nous sommes dans une période extrêmement triste, une période que l’Écriture nous présente comme celle de Laodicée. Eh bien, il y a moyen d’être un témoignage au nom du Seigneur Jésus, il y a moyen de réaliser faiblement quelque chose que le Seigneur désire, des frères et des sœurs qui se retrouvent autour de Lui, comme un corps, comme tout le corps devrait se retrouver. Que le Seigneur nous encourage les uns et les autres à désirer rechercher et cultiver cette position-là !
Est-ce qu’on ne peut pas dire que cette position si précieuse au cœur de Dieu, cette position d’humilité jointe à la fidélité à son nom, est-ce qu’elle ne découle pas justement de ce que chaque cœur est occupé de Christ, chacun pour lui-même, dans le jugement de ce qu’il est devant Dieu ? Mais il n’a qu’un désir, la gloire de son Maître, la gloire de Jésus. L’homme n’est rien et Christ est tout.
Chers enfants, l’avez-vous compris dans le secret de votre cœur ? L’homme n’est rien, RIEN. Il n’apportera rien, il ne vous satisfera jamais. Mais Christ, l’homme selon le cœur de Dieu, Il est TOUT, Il vous satisfera toujours, pleinement. Dans le ciel nous n’aurons en partage de n’aimer, Jésus, que Lui. Ah, s’il n’y avait que Jésus qui comptait pour nous, est-ce que nous ne marcherions pas ensemble, sous le regard de Dieu ? Est-ce que nous n’aurions pas aujourd’hui un même sentiment, un même amour, parce que nous serions conduits par un seul et même Esprit, chacun n’ayant devant lui que la gloire de Christ ? Qu’avons-nous lu ? « Alors tout le peuple s’assembla comme un seul homme ». Quelle joie pour le Seigneur !
Il faut certainement insister sur le fait qu’il n’y avait rien de triomphaliste dans cette unité bénie sous le regard du Seigneur. Il y avait le sentiment profond de leur petitesse, l’absence de toute force en dehors de ce que le Seigneur pouvait leur apporter. Je crois que c’est extrêmement important pour nous.
« Si, n’étant rien, quelqu’un pense être quelque chose…» (Gal. 6. 3). C’est peut-être le plus grand danger qui nous menace, chers amis. Et pourtant, nous chantons souvent ce beau cantique 114 : « En paix nous pouvons te suivre, Jésus, dans l’humble chemin où tu consentis à vivre inconnu du genre humain, avec toi n’ayant personne… ». Et c’était un chemin qui descendait toujours, et qui L’a conduit, comme nous le savons, jusqu’à la croix. Et c’est sur ce chemin-là que nous pouvons trouver la pensée de Dieu.
Dieu a pu dire du Seigneur sur la montagne de la transfiguration : Écoutez-Le ! Et Il a permis que, tout d’un coup, ces trois disciples se retrouvent seuls avec Jésus. Et c’est bien ce qui est important pour nos cœurs. Et ce n’est pas une manifestation de nombre car nous savons que le nombre n’a pas d’importance en un sens aux yeux de Dieu. Ce qui a de l’importance pour Dieu, c’est un cœur qui vibre pour Lui.
Nous avons entendu cette expression concernant Néhémie que l’Esprit de Dieu avait mis quelque chose dans son cœur : « Mon Dieu m’avait mis au cœur » (2. 12). Et nous pouvons être sûrs que Néhémie est aussi ici à la tête de ceux qui veulent maintenant suivre le Seigneur, et il est très beau de voir que la pensée de Néhémie trouve sa réalisation dans le cœur de tout le peuple. Ce n’était pas par hasard qu’ils se sont tous assemblés là sur la place devant la porte des eaux. C’était certainement aussi que chacun a compris que c’était là qu’ils devaient aller maintenant.
Et d’ailleurs, c’était une très grande place, peut-être la plus grande. Mais chacun avait dans son cœur la pensée : On va là ! Et avec un certain but qui était d’écouter la Parole. Et je peux bien me représenter que c’était aussi entre les uns et les autres dans le peuple des paroles qui les encourageaient mutuellement : On va là, on va écouter la Parole de Dieu, parce qu’après ils appellent Esdras pour apporter la Parole de Dieu parce qu’ils voulaient l’entendre.
Et voilà le lieu où on peut faire cela, où on peut être ensemble. Et cette place – c’est d’ailleurs aussi quelque chose d’intéressant – c’est une place qui se trouve juste entre la muraille d’un côté et pas très loin du temple de l’autre. Alors il me semble que cette place nous montre cette liaison étroite entre le temple où Dieu voulait habiter et aussi avoir l’adoration, où on servait Dieu, et de l’autre côté aussi cette séparation nécessaire de tout ce qui n’est pas de Dieu. Cette liaison me semble être aussi représentée par cette place où se trouve le peuple.
Et maintenant c’est quelque chose de solennel de voir tout un peuple qui se réunit avec un seul but : écouter la Parole de Dieu, apprendre. Nous avons à apprendre – déjà ce sentiment : il y a des choses que nous ne savons pas, nous sommes faibles, il y a des choses que nous ne connaissons pas, nous avons besoin de la Parole de Dieu, nous avons besoin d’être enseignés. Combien de fois avons-nous ce sentiment que, personnellement, j’ai besoin d’être enseigné ?
Et si je ressens ce sentiment d’avoir besoin d’être enseigné, alors mon cœur s’ouvre. C’est une opération de l’Esprit de Dieu qui ouvre le cœur pour recevoir maintenant ce que Dieu va nous dire. Et nous pouvons voir aussi à la fin que c’était une attitude spirituelle, si nous osons le dire, qui caractérise le peuple. Et Dieu fait son travail avec quelques serviteurs qui sont là : le premier Esdras, le scribe.
Nous allons certainement dire quelque chose quant à cet homme remarquable qui était vraiment aussi dans la pensée de Dieu dans sa façon personnelle de vivre et d’avoir une appréciation très haute de la Parole de Dieu. Chers amis, et je vous parle aussi à vous, chers jeunes gens, peut-être pensez-vous le matin que vous allez lire un court passage de la Parole de Dieu. C’est très bien ! Mais mettez-vous à lire davantage.
Vous savez, sans qu’on apprenne tout de suite beaucoup de chose, la Parole de Dieu a son influence, elle s’imprègne dans le cœur de la personne, elle a une influence. Elle vous garde, elle nous garde chacun dans le chemin, et nous fait comprendre : ceci est bon, ceci plaît à Dieu, et cela ne peut pas plaire à Dieu. Quand nous sommes habitués à lire la Parole, quel bonheur pour nous et quelle joie pour le Seigneur !
Encore un mot à propos de cette attitude. Sur le terrain de l’unité du corps, nous venons nous retrouver autour du Seigneur. Que ce soit pour le culte, que ce soit pour la réunion d’édification, qu’est-ce que le Seigneur attend ? Il attend une unité de cœurs qui Le recherchent. C’est ce que nous avons là.
Ce n’est pas Néhémie qui a produit cela dans les cœurs, ce n’est pas l’homme qui a produit cela dans les cœurs des Israélites, c’est un travail de Dieu. Et Dieu veut qu’il y ait un travail dans nos cœurs pour nous retrouver autour de Lui. Alors on arrive au culte, on s’attend à l’Esprit de Dieu pour qu’Il nous conduise dans ce qu’Il veut nous montrer du Seigneur Jésus. On va à la réunion d’édification ou à la réunion d’étude, et on vient pour écouter.
Nous avons besoin d’être enseignés. On vient pour écouter ce que l’Esprit de Dieu a à nous dire. Et plus les frères et les sœurs (parce que les sœurs sont tout aussi concernées que les frères) viennent en s’attendant au Seigneur pour qu’Il donne, plus la réunion est bénie parce que le Saint Esprit peut se servir des serviteurs ou du serviteur pour conduire les choses afin que nous soyons nourris de Christ, afin que nous ayons la nourriture qu’il nous faut. Et, je le répète, c’est l’affaire de tous, des jeunes gens, des jeunes filles, de tous ceux qui sont au Seigneur ; c’est leur affaire de s’attendre au Seigneur et Il répond.
Un mot sur ce cher Esdras, c’était un homme qui vivait à Babylone. Il était certainement prisonnier comme les autres. Et ce qui est encourageant c’est que, même dans cette situation tellement difficile à vivre, on voit un homme occupé des choses de Dieu.
Esdras 7. 10 : « Esdras avait disposé son cœur à rechercher la Loi de l’Éternel, et à la faire [un point, chers amis, de toute importance], et à enseigner en Israël les statuts et les ordonnances ». Voilà le témoignage court mais puissant que la Parole de Dieu rend au sujet de cet homme. Un cœur disposé à rechercher la Loi de l’Éternel.
Que le Seigneur nous donne un cœur disposé à cela. Il y a une manière, nous le comprenons bien, de nous approcher de la Parole de Dieu. Il y a une préparation, on peut dire, ne serait-ce que par la prière. On peut demander au Seigneur : Enseigne-moi ce qu’il te plaît. Et l’apôtre Paul insiste en disant qu’il nous faut amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ (2 Cor. 10. 5). C’est quelque chose, cela.
Un jeune frère récemment me disait qu’il y avait plusieurs manières de lire la Parole de Dieu. Oui, c’est vrai. Mais il n’y en a qu’une qui certainement est selon Dieu, et il n’y a qu’un seul conducteur dans ces choses et c’est le Saint Esprit. C’est Lui qui éclaire pour nous la Parole de Dieu et qui nous présente la Personne du Seigneur, qui prend de ce qui est à Christ et nous le communique. Et gardons-nous aussi de nos pensées personnelles.
Je pense que nos jeunes gens et jeunes filles – ce n’est pas nouveau – baignent dans un contexte qui est tellement opposé à cela, où, au lieu de dire : Humiliez-vous, placez-vous devant le Seigneur simplement et Il va vous montrer sa pensée, on leur dit : il faut développer la personnalité, ne rien accepter, bref des pensées qui ont toute leur place dans un monde où Satan règne.
Mais combien nous avons besoin que le Seigneur nous garde aussi à cet égard. La Parole de Dieu est claire là-dessus, et dans les Corinthiens il est dit « Si quelqu’un pense savoir quelque chose, il ne connaît rien encore comme il faut connaître » (1 Cor. 8. 2). Non, c’est vraiment aux pieds du Seigneur que nous pouvons être enseignés.
Et ce qui est très beau aussi, et je crois que c’est un point important, c’est que Esdras après avoir eu un rôle très remarquable au milieu du peuple et nous connaissons bien ces passages de son livre – il y a un temps où on n’entend plus parler de lui.
On a dans la Parole des exemples remarquables à ce sujet : Samuel, par exemple, est resté vingt ans sans qu’on entende parler de lui, mais le peuple savait une chose, c’est qu’il priait. Et le moment venu, Samuel réapparaît sur la scène. Ici c’est la même chose. Et on est étonné de voir que Néhémie, tout naturellement, malgré les hautes fonctions qu’il occupait, s’efface devant Esdras dont il reconnaît que c’est un homme de Dieu, qui vit dans la présence de Dieu, et qui est tout à fait qualifié pour venir parler au peuple, et qui lui-même prend la Parole de Dieu dans les mains.
Chers amis, est-ce que cette soif qu’avait le peuple alors lorsque nous avons lu qu’il s’est assemblé comme un seul homme, et tout de suite ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la Loi de Moïse, chers amis, est-ce que cette soif de la Parole du Dieu vivant est la nôtre ?
Quelquefois, quand on lit sur les lettres sur l’œuvre du Seigneur à l’étranger, dans des pays lointains, en Afrique en particulier, lorsqu’un serviteur est envoyé, on lit que des croyants ont fait des kilomètres et des kilomètres dans des conditions quelquefois extrêmement difficiles, extrêmement éprouvantes pour entendre pendant quelquefois un petit moment la Parole de Dieu, est-ce que cela ne nous humilie pas profondément ?
Quel prix a pour mon cœur, pour mon âme, le livre de Dieu. Chers enfants, certainement vos parents vous l’ont dit bien souvent, quel est votre livre de chevet ? Est-ce le livre de Dieu ? Si nous avions faim et soif de la Parole du Dieu vivant, nous dirions : « Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér 15. 16). « J’ai de la joie en ta Parole, comme un [homme] qui trouve un grand butin » (Ps. 119. 162).
Quel va être l’effet en présence des paroles du Dieu vivant ? L’affliction ! Comment ai-je fait pendant peut-être quelque fois de longues années pour passer à côté de ce que Dieu avait écrit dans sa sainte Parole, et je n’en ai fait que peu de cas. Comment ai-je fait ? Comment est-ce possible ? Mais alors, on le verra certainement (mais on l’a lu, parce que tout est lié dans ce chapitre) : Ne pleurez pas, ne vous affligez pas.
La Parole a son effet sur le cœur, sur la conscience. Elle nous touche profondément, elle nous atteint, elle met tout à nu, tout ce qui n’est pas de Dieu dans ma vie. Alors, il y a de la tristesse, mais de la tristesse qui est selon Dieu. Elle opère une repentance dont on n’a pas de regret (voir 2 Cor. 7. 10). Non ! Mais, on ouvre son cœur, et comme tout à nouveau Jésus entre. Et avec Jésus qu’y a-t-il encore aujourd’hui ? La paix, la joie, le bonheur, l’assurance, des certitudes, voilà ce que nous donne encore aujourd’hui le livre de Dieu.
Psaume 31. 15 : « Mes temps sont en ta main ». C’est un croyant qui dit cela, et j’aimerais bien en faire une application pour nous pour la vie de tous les jours. Ce n’est pas seulement que ce qui m’arrive, le Seigneur sait cela, c’est en sa main ; mais que ce soit aussi pour moi une sorte de devise : Mes temps sont en ta main, que toi tu décides de mon temps, que toi tu me montres à quoi je dois employer le temps que tu me donnes.
N’est-ce pas quelque chose que, très souvent, après une journée nous remarquons : mais à quoi est-ce que je me suis occupé ? Je me suis occupé de ceci, de cela. Mais la Parole de Dieu, les affaires du Seigneur, un témoignage pour Lui, un petit service peut-être à rendre que le Seigneur me montre, est-ce que là aussi mon temps, mes temps sont dans la main du Seigneur selon ce que Lui décide et ce qu’Il peut m’envoyer ? Qu’il me donne aussi le temps pour lire la Parole, qu’Il m’accorde de faire un bon usage du temps que le Seigneur m’accorde.
Le temps de notre vie est court. Pour vous les jeunes, vous avez, comme on dit, la vie devant vous. Mais, écoutez : la vie passe très vite et plus nous l’employons pour le Seigneur Jésus, plus c’est fructueux et plus c’est heureux pour nous, et d’ailleurs ce sont ces moments qui étaient pour le Seigneur que nous allons retrouver. Les autres seront passés, sont réduits à rien ; tandis que le temps que nous avons passé avec et pour le Seigneur, nous le retrouverons un jour là-haut.
C’est bien là la prière qu’un frère faisait souvent à la réunion : Donne-nous d’avoir faim et soif de ta Parole.
Les réveils dans le peuple de Dieu, les réveils dans notre vie personnelle, ont toujours été marqués par un retour à la Parole de Dieu. On pense à Josias, bien sûr, de quelle manière il a découvert la Parole de Dieu. Il a assemblé aussi tout le peuple, du tout petit jusqu’aux grands, et il y en a eu des fruits immédiats : on a jeté hors du temple tous ces ustensiles qui étaient de Baal.
Et dans notre vie personnelle, quand, par la grâce de Dieu, Il nous accorde de jouir tout à nouveau de la Parole de Dieu, cette Parole nous affranchit, elle nous montre le monde sous un tout autre jour, elle satisfait nos cœurs. C’est quelque chose de merveilleux, car le monde ne peut jamais satisfaire nos cœurs, ne nous donne qu’une jouissance passagère.
Mais lorsqu’on est en présence de la Parole de Dieu, on peut en jouir, et cela veut dire qu’on jouit de Christ, on a le cœur satisfait, et c’est quelque chose d’une immense grâce que le Seigneur peut accorder. Qu’Il accorde à chacun de nous aujourd’hui de découvrir, ou redécouvrir, les richesses de la Parole de Dieu.
Nous voyons ici Esdras, et jusque-là il n’a pas été fait mention de lui dans ce livre de Néhémie. « Et ils dirent à Esdras d’apporter ». Voilà l’humilité du serviteur, il ne se met pas en avant. « Et ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi… Et Esdras, le sacrificateur, apporta la Loi ».
Chacun a son service, il y a des dons différents, on l’a aussi remarqué avec Esdras, Néhémie qui ont chacun leur propre don. Mais quelle heureuse communion quand chacun est à sa place, en toute humilité, qu’il n’y a pas de jalousie, qu’il n’y a pas cet esprit de parti comme on le trouve dans l’épître aux Philippiens. Chacun est à sa place pour la bénédiction du peuple de Dieu. On le voit aussi dans la suite avec ces lévites. Combien il est important d’être prêt à servir au moment où le Seigneur veut nous employer.
Psaume 31. 15 : « Mes temps sont en ta main ». Dans ce chapitre 8 du livre de Néhémie, il y a un mot qui revient à plusieurs reprises : le « jour », et on l’a dès le tout début de ce chapitre avec : « le premier jour du septième mois ». Nous savons que cela correspondait au premier jour de la fête des Tabernacles. Mes temps sont en ta main.
On l’a souligné, tous les instants de notre vie sont importants et sont à passer sous le regard du Seigneur, jouissant de ce qu’Il est, de sa communion. Mais nous avons besoin de repères. Les temps, on pourrait considérer que c’est un peu vague, et on a besoin de repères. Or la Parole nous parle de jours.
Le jour, c’est aujourd’hui, c’est l’instant présent. Et aussi chaque jour a son importance, et il y a sans doute un jour qui a une importance toute particulière dans la vie du croyant, c’est le premier jour de la semaine, le jour du Seigneur. Est-ce qu’il n’y a pas pour nous dans le temps présent ce danger de banaliser un peu le jour du Seigneur ? Les conditions de vie ont changé, sans aucun doute. Nous ne sommes plus dans les mêmes conditions qu’il y a quelques années. Ce qui était exceptionnel il y a quelques années devient aujourd’hui quelque chose de familier, de plus régulier. Bien des personnes sont obligées de travailler le premier jour de la semaine.
Est-ce qu’il n’y a pas là pour nous un danger de ne pas donner au Seigneur la place qui Lui revient, en particulier ce droit. J’ai été très frappé en lisant le début du livre de l’Apocalypse de ce que Jean peut nous dire concernant ce jour. Lisons simplement un verset en Apocalypse 1, le verset 10 : « Je fus en Esprit, dans la journée dominicale ».
Est-ce que nous n’avons pas là un enseignement d’une valeur exceptionnelle pour notre conduite le premier jour de la semaine ? Dans quel état de cœur sommes-nous le premier jour de la semaine ? Sommes-nous encore préoccupés par les choses de la terre ou bien, sachant oublier tout ce qui est de la terre, pouvons-nous par la puissance du Saint Esprit avoir nos cœurs occupés de la Personne du Seigneur Jésus pour nous souvenir de Lui comme Il en est digne et pour Lui apporter la louange qui Lui revient ?
Dans ce chapitre 8 du livre de Néhémie, on a souligné que ce qui est apporté à Esdras c’est le livre de la Loi de Moïse ; et le verset se poursuit : « que l’Éternel avait commandée à Israël ». Ne nous y trompons pas. Pour autant que nous puissions reconnaître en Moïse un fidèle serviteur de Dieu, la valeur du livre qui était apporté c’est qu’il contenait les commandements de l’Éternel, et c’est bien ce prix que la Parole doit avoir à nos yeux.
Le livre que nous avons entre les mains, c’est le livre de la Parole de Dieu et, chaque fois que nous ouvrons ce livre, que nous méditons ce livre, nous devons avoir conscience que c’est Dieu qui nous parle. Et probablement, si nous avions davantage conscience que Dieu nous parle, nos oreilles seraient beaucoup plus attentives à entendre ce que Dieu a à nous dire. Il y a peut-être un danger pour nous, aujourd’hui, de laisser percer, d’une manière insidieuse et sans que nous ne nous en rendions compte, combien cette Parole de Dieu a moins de prix pour nos cœurs. Nous disons cela avec beaucoup de crainte.
Il y a quelques années nous manifestions le désir que, lorsque la Parole de Dieu était présentée, elle nous donnât un enseignement pratique, ayant trouvé que, dans les générations précédentes, l’enseignement que nous avions reçu était un enseignement trop théorique. Et sans doute nous avons besoin tout à la fois du côté doctrinal de l’enseignement que renferme la Parole de Dieu parce que, si nous ne connaissons pas la pensée de Dieu nous ne pourrons pas la vivre et la mettre en pratique, et nous avons besoin d’un enseignement pratique pour que nous sachions comment vivre cette Parole de Dieu.
Puis nous avons peut-être discerné que, s’il n’y avait qu’un enseignement pratique, rapidement nous nous égarerions. Et nous en sommes peut-être venus à exprimer cette pensée qu’il fallait que, chaque fois que nous ouvrions la Parole de Dieu, il y ait de la nourriture pour tous, et spécialement pour les enfants. C’est quelque chose d’extrêmement heureux quand chacun, chaque génération peut être rassasiée par la Parole de Dieu qui est lue et méditée. Mais, dans cette expression que nous employons, est-ce qu’il n’y a pas, si nous regardons au fond de nous-mêmes, dans notre cœur, une faim de la Parole de Dieu qui a diminué ?
Est-ce qu’il n’y a pas dans notre cœur quelque désir d’entendre autre chose que ce que nous entendons ? Laissons-nous pénétrer par ce que la Parole de Dieu nous dit. Fermons nos oreilles à tout vain bruit et ne laissons pas monter dans nos esprits des pensées qui ne sont pas selon la pensée de Dieu. Laissons-nous sonder par la Parole de Dieu. Et s’il y a le besoin de nourriture pour toutes les générations, de nourriture pour les enfants, pour les adultes, et pour ceux qui sont plus avancée en âge, c’est une nourriture dont nous avons besoin tous les jours, dont nous avons besoin quand nous sommes assemblés autour du Seigneur, et dont nous avons besoin dans nos maisons.
Et probablement, si nous savions davantage, rentrant dans nos maisons, parler de ce que nous avons entendu à la réunion avec chacun de ceux qui s’y trouvent, il y aurait dans chaque cœur une attention plus grande dans chaque réunion, et une bénédiction plus grande pour chacun de nous.
Si nous parlons de certaines pratiques que nous avons prises dans nos maisons, peut-être encore ceci. Quand le père, par exemple, à table ouvre la Parole, quelle est notre attitude ? Est-ce que, quand la Parole est ouverte, tous les entretiens finissent, s’arrêtent ? C’est important parce que c’est le respect devant la Parole de Dieu qui est ouverte, comme ici le livre ouvert. Alors Dieu veut nous parler. Peut-être que nous trouvons que c’est extérieur, une façon de faire formaliste. Eh bien, non !
C’est aussi un signe de notre attitude envers la Parole. Il faut vraiment avoir du respect envers la Parole : c’est Dieu qui parle. Et puis peut-être encore ceci : quand il y a des enfants et quand nous lisons quelque chose, il y a toujours aussi quelque chose que les enfants peuvent comprendre. Mais alors nous, pères et peut-être mères, sommes-nous prêts à expliquer quelque chose, à mettre en relief quelque chose, à le souligner, à peut-être aussi l’exprimer devant eux pour qu’ils comprennent, pour que leurs cœurs soient atteints ?
Et encore une troisième remarque, à la fin, quand nous avons lu la Parole, est-ce que nous avons remercié de ce que le Seigneur nous a fait entendre ? Faisons-nous une courte prière après la lecture de la Parole pour remercier le Seigneur de nous avoir dit ceci ou cela ? Et ainsi pour les enfants, c’est quelque chose qui est très utile de voir que les parents, le père et la mère se soumettent à cette Parole, et qu’ils ont une attitude de gratitude envers ce que la Parole dit. Ce sont des petites choses pratiques, et pourtant je pense qu’elles peuvent nous aider aussi dans les relations familiales qu’on peut vivre avec la Parole de Dieu dans nos foyers.
Quant à la Parole de Dieu, on vient d’être exhortés à ce que la Parole de Dieu ait la place qui convient dans nos vies. Si la Parole de Dieu n’a pas la place qui convient dans ma vie, qu’est-ce qui va prendre cette place ? Ma chair, et cela devient grave dans ma vie, mais c’est aussi grave dans l’assemblée, et c’est important que les choses soient à leur place selon Dieu. Dieu est un Dieu d’ordre, et les choses doivent être dans l’ordre de Dieu. Que le Seigneur nous encourage à cela.
Ensuite, nous avons tendance, par l’air ambiant, l’intellectualisme qui est très répandu dans ce monde, à déterminer, dire que ceci est adapté à telle chose, telle chose est adaptée à tel autre. Dans les faits, selon Dieu, nous en sommes incapables. Je me souviens d’un cher serviteur de Dieu qui pouvait nous dire : « Nous sommes incapables de répondre à nos propres besoins, encore moins à ceux des autres ». Il y a beaucoup d’incrédulité dans ces pensées. En réalité, si nous comptons sur l’Esprit de Dieu pour être conduits, Il nous donnera ce qu’il faut.
Ne nous imaginons pas que les choses de Dieu suivent le chemin des choses de la terre. Juste un exemple simple : telle chose à priori incompréhensible, hors de portée d’un enfant jeune dans les choses de la terre, dont nous dirions : mon petit garçon, ma petite fille, ne peuvent pas comprendre cela, mais c’est une chose que les jeunes parents découvrent en revenant du rassemblement, que le Saint Esprit a su communiquer à nos enfants des choses que nous n’aurions pas cru possible qu’ils comprennent. Les choses de Dieu sont communiquées par l’Esprit de Dieu qui sait communiquer à nos petits. C’est pour cela qu’il ne nous faut pas chercher à mesurer selon nos critères, selon notre sagesse humaine, ce qui est adapté. Comptons sur l’Esprit de Dieu pour nous conduire, et alors il y aura de la nourriture pour chacun.
Ce qui est spirituel se communique par des moyens spirituels (1 Cor. 2. 13). Et nous comprenons bien que, dans cet ordre de choses – et c’est quand même extrêmement précieux, il n’y a rien de commun avec ce qui vient de l’intelligence naturelle. Dieu a tout dans ses mains et il en use comme Il entend.
Et combien de fois on fait cette expérience merveilleuse, en effet, que le Seigneur a pu, vis-à-vis de personnes qui étaient encore très ignorantes quant aux choses de Dieu, toucher leur conscience, leur cœur, et la semence est jetée, et Dieu la fera prospérer. Tout vient de Dieu dans l’ordre spirituel.
Tout ce chapitre a été noté pour notre bien, pour notre édification. Je ne pense pas qu’il faille se dire que c’est un modèle qu’il faut suivre nécessairement, mais nous voyons bien de quel respect la Parole de Dieu était entourée. On voit comment Esdras a prit soin de parler devant tous ceux qui avaient de l’intelligence pour entendre, et il a lu la Parole de Dieu pendant quelque chose comme six heures.
Il n’y a pas eu cette lassitude qui se fait si souvent jour dans nos réunions. Et je dois vous dire que, quand on a le privilège d’aller dans d’autres pays, combien on est frappé de cette ferveur, de ce désir si profond d’apprendre. Et comment penserait-on que le Seigneur ne va pas répondre ? Mais bien sûr, et même Il donne la force et à celui qui parle et à ceux qui écoutent parce que sa Parole est comme l’aliment de notre âme et nous en avons un grand besoin.
Esdras a parlé à tout le peuple quand il lève le livre devant tous. Il y avait de la déférence : quand Esdras s’est mis sur cette estrade, il avait avec lui d’autres serviteurs qui se tenaient à sa droite et à sa gauche, quand Esdras va ouvrir le livre, que se passe-t-il ?
Le peuple se leva, se tint debout, si je peux dire spontanément. On sent qu’ils réalisent vraiment de cœur que c’est Dieu qui leur parle, et un peu plus haut il est précisé qu’ils étaient attentifs, « tout le peuple prêtait l’oreille au livre de la Loi » (v. 3). C’est cela que nous pouvons demander au Seigneur d’accorder dans toutes circonstances.
Combien c’est important ainsi que, dans notre vie journalière, le Seigneur occupe toute la place qu’Il doit occuper. Alors beaucoup de choses vont disparaître.
En Actes 19, on y voit un serviteur de Dieu, Paul, dans la ville d’Éphèse, qui a parlé avec hardiesse ; il avait été là pendant trois mois, et au v. 18 à 20 on lit : « Et plusieurs de ceux qui avaient cru, venaient, confessant et déclarant ce qu’ils avaient fait. Plusieurs aussi de ceux qui s’étaient adonnés à des pratiques curieuses, apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tous ; et ils en supputèrent le prix, et ils trouvèrent [qu’il se montait à] cinquante mille pièces d’argent. C’est avec une telle puissance que la parole du Seigneur croissait et montrait sa force ».
Esdras avait eu à cœur la Parole de Dieu, et puis l’a mise en pratique dans sa vie, et c’est peut-être ce qui nous manque souvent, parce qu’il y a des choses que nous traînons comme des boulets. Il est quelquefois très instructif d’entrer dans une maison chrétienne, ne serait-ce que pour voir tous les livres désastreux qui s’y trouvent. Et je pense que nous avons chacun à veiller quand c’est à la disposition de tous ceux qui entrent, de nos enfants, et finalement il faut veiller à ne pas mettre dans leurs mains ce qui est mauvais.
Nous avons ce verset bien connu de 1 Thessaloniciens où il est parlé de l’effet merveilleux que la Parole de Dieu avait eu sur ces Thessaloniciens. Chapitre 1. 7 : « Vous êtes devenus des modèles pour tous ceux qui croient », et cela avait été connu. Et il y a aussi l’importance de l’exemple. On sait qu’« un seul pécheur détruit beaucoup de biens » (Eccl. 9. 18).
Mais il faut savoir aussi que, par quelqu’un de fidèle comme Shamma qui s’était tenu au milieu d’un champ de lentilles, Dieu a opéré par lui une grande délivrance (2 Sam. 23. 11 et 12). Et ici que s’était-il produit ? Verset 9 et 10 : « Car eux-mêmes racontent de nous quelle entrée nous avons eue auprès de vous, et comment vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient ».
Chacun peut se poser la question devant le Seigneur : Ma vie a-t-elle ce caractère ? Ai-je abandonné les idoles ? Nous sommes avertis que nous pouvons les reprendre en détail après les avoir abandonnées. Il faut donc que nous veillions, Pierre nous dit dans sa seconde épitre que nous pouvons revenir à aux péchés d’autrefois. Nous avons besoin que le Seigneur nous soit en aide tous les jours, mais dans la mesure où notre cœur sera plein de Christ, Satan n’y pourra rien mettre.
Nous pouvons nous encourager quant au respect qui est dû devant la Parole de Dieu, devant Dieu, en la présence de Dieu. Une attitude relâchée dans les réunions dénote que nous avons oublié la présence de Celui qui nous rassemble.
On peut donner l’exemple de Corneille en Actes 10. 33 : « Maintenant donc, nous sommes tous présents devant Dieu, pour entendre tout ce qui t’a été ordonné de Dieu ». Nous sommes devant Dieu. Il ne s’agit pas de formes extérieures, bien sûr. On dit : Dieu regarde au cœur. D’accord. Mais bien souvent, la tenue extérieure dénote aussi ce qu’il y a dans le cœur. Soyons gardés de tout formalisme, il est vrai, mais dans la conscience de ce qui revient à la présence de Dieu. « Tous ceux qui avaient de l’intelligence ».
On a souvent pensé aux enfants qui sont là, peut-être, et à la place que les enfants ont dans le peuple de Dieu. Cantique des Cantiques 1. 7 : « Dis-moi, toi qu’aime mon âme, où tu pais [ton troupeau], où tu le fais reposer à midi ; car pourquoi serais-je comme une femme voilée auprès des troupeaux de tes compagnons ? »
Le troupeau est composé des brebis, des petits agneaux, et les petits agneaux paissent avec leur mère, ils prennent le lait de leur mère, et petit à petit ils prennent un petit brin d’herbe ici et là. Ils sont au milieu du peuple de Dieu, ils reçoivent aussi quelque chose.
Il y a l’intelligence, ceux qui ont l’intelligence, tous bien sûr, mais les enfants ont aussi une intelligence et on est souvent frappé après une réunion de voir les questions qu’ils peuvent poser. Même une petite fille qui avait huit ans a dit après la réunion : mais le frère qui a parlé, il a parlé pour moi ! Donc, pour tous ceux qui ont de l’intelligence, petits et grands, il y a cette intelligence que Dieu nous a donnée par sa grâce.
Mais un peu plus loin, on lira au verset 13 qu’ils « s’assemblèrent auprès d’Esdras… pour devenir intelligents dans les paroles de la Loi ». Ici c’est l’intelligence spirituelle ! Et combien il est important et quel encouragement pour les parents d’amener leurs enfants là où le Seigneur rassemble son troupeau. Ils vont recueillir petit à petit quelques brins d’herbe, et puis ils pourront jouir peu à peu de cette nourriture que le Seigneur donne à chacun.
Alors que nous voyons dans l’évangile les disciples disputer entre eux pour savoir qui serait le plus grand dans le royaume des cieux, le Seigneur Jésus a appelé un petit enfant, Il l’a placé au milieu d’eux et leur a dit : « Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ; et quiconque reçoit un seul petit enfant tel que celui-ci en mon nom, me reçoit » (Mat. 18. 3 à 5).
Le Seigneur désire que nous ayons cette disposition de cœur d’un petit enfant qui écoute ce que son papa, sa maman disent, et il les croit. Il s’en trouve bien, il est heureux ; nous avons besoin de nous souvenir de cela.
Nous lisons au premier verset : « Alors tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux ».
Fin du verset 3 : « Et tout le peuple prêtait l’oreille au livre de la Loi ».
Verset 6 : « Et Esdras bénit l’Éternel, le grand Dieu, et tout le peuple répondit : Amen, Amen ! en élevant les mains, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, le visage contre terre ».
Nous avons là comme le déroulement heureux d’une réunion où le Seigneur et sa Parole ont toute leur place, et où tous sont unis par l’Esprit de Dieu pour s’assembler d’abord, pour écouter la Parole de l’Éternel et à la fin pour rendre grâce, pour louer Dieu de ce qu’Il a donné : « Amen, Amen ! » On l’a rappelé souvent, nous avons chacun à être exercé devant le Seigneur avant les réunions, pendant les réunions.
Et combien sont précieux ces moments où le Seigneur nous accorde de jouir de Lui, de ce qu’Il nous dit, de ce qu’Il nous montre ; Il nous éclaire, Il veut nous fortifier, Il nous reprend, oui tout cela vient de Lui. Et quand il en est ainsi, le cœur du racheté peut se réjouir, et nous nous réjouissons ensemble, et notre communion qui est avec le Père et le Fils, est aussi les uns avec les autres. Quelle chose bénie que celle-là !
Et quand la réunion se termine, alors on peut rendre grâce. Les cœurs sont heureux, cela se voit sur les visages. Et puis, que voit-on un peu plus loin dans ce passage, fin du verset 7 ? « Et le peuple se tenait à sa place ». Chacun a saisi quelle était sa place. C’est important cela, et pas seulement quand nous sommes réunis autour du Seigneur, mais tous les jours de notre vie. Alors il y aura de la bénédiction dans le rassemblement. Les choses qui nous paraissent insurmontables, ces grandes montagnes, le Seigneur Lui les enlèvera parce que nos cœurs seront avec Lui et pour Lui.
Luc 4. 16 : « Et il vint à Nazareth où il avait été élevé ; et il entra dans la synagogue au jour du sabbat, selon sa coutume, et se leva pour lire ». Le Seigneur est Dieu. Le Seigneur est la Parole, la Parole qui est devenue chair. Quand Il est venu dans ce lieu où Il avait été élevé, Il a voulu lire la Loi et quand on lit la Parole de Dieu en assemblée, il est extrêmement important qu’elle soit lue avec beaucoup de crainte. On ne lit pas la Parole pour s’en débarrasser, la lire le plus vite possible pour ensuite exprimer des pensées humaines. Je prends le temps d’écouter ce que Dieu veut me dire.
Et c’est important aussi qu’à la maison, quand on lit la Parole de Dieu, de veiller à ce que nos enfants lisent correctement la Parole de Dieu. Ce n’est pas un livre humain. C’est Dieu qui me parle, et il faut que j’écoute ce que Dieu veut me dire. L’essentiel est dit quand j’ai lu la Parole de Dieu. Alors veillons, quand nous allons lire la Parole de Dieu, à nous appliquer à la lire et à comprendre ce que Dieu veut nous dire.
Et peut-être encore une prière qu’on peut faire monter quand on va lire la Parole de Dieu – on a parlé de la prière après la lecture, mais avant on peut peut-être dire : Seigneur, donne à ton serviteur un cœur qui écoute ! Faisons monter cette prière avant de lire la Parole de Dieu.
Il me semble que chacun le ressent au-dedans de lui-même, n’est-ce pas ? On ne saurait trop insister sur l’importance, qui a été soulignée, de réaliser la présence de Dieu. Comme nous l’avons entendu autrefois de serviteurs pourtant très qualifiés, qui savaient garder le silence devant Dieu, ils nous ont dit plus d’une fois qu’il vaudrait mieux le silence dans la présence de Dieu que de se lever pour exprimer quelque chose, pour lire un passage, ceci cela. La réunion d’édification a toute sa valeur, tout son prix, toute son importance, quand les âmes sont placées devant Dieu.
Il vaudrait mieux une réunion où il y ait un long silence et que chacun éprouve que Dieu est là, et la présence de Dieu me suffit pourvu que le nom de mon Seigneur soit honoré, que le nom de mon Sauveur soit glorifié.
Un mot concernant la connaissance, l’importance de la doctrine. On a insisté dans ces années écoulées sur la pratique, cela manifeste, peut-être à notre insu, qu’il y a quand même un manque certain de crainte de Dieu parce qu’on a oublié que c’est le livre de Dieu. Il y a des choses extrêmement difficiles. Pierre le dira par rapport à ce que l’apôtre Paul a pu écrire. Des choses difficiles à comprendre ; et les ignorants, les mal affermis peuvent tordre aussi les autres écritures, et cela pourrait à notre insu nous arriver.
On peut faire beaucoup de mal, croyant faire du bien avec la Parole en main, si on n’est pas conduit par l’Esprit de Dieu, si ce que nous exprimons ne vient pas de Dieu. C’est extrêmement important. Et la connaissance est de toute importance, chacun le comprend. On a fait cette comparaison avec le squelette pour le corps humain. C’est fondamental. Mais pour être gardés de tous les pièges de l’adversaire dans un temps où l’intellectualisme nous fait tant de mal, nous aimerions rappeler, pas seulement à notre jeunesse mais à nous-mêmes, ce que disait autrefois un pionnier du réveil, un frère hautement qualifié par Dieu, de qui nous avons beaucoup reçu, ce cher frère donnait ce conseil aux jeunes : quand vous ouvrez l’écriture, cherchez-y le Seigneur. Il voulait dire : Cherchez-y la communion avec le Seigneur, le contact avec le Seigneur.
Et ce cher serviteur qui avait pourtant une connaissance hors pair pouvait ajouter : Et si la connaissance vous est nécessaire, elle vous sera donnée par-dessus. Mais le cœur ne se trompera jamais lorsque, en ouvrant l’Écriture, on y recherche le Seigneur, le contact avec Lui. Sinon, si nous n’avons pas cette appréciation des choses, nous risquons à notre insu, parce que nous avons telle et telle pensée, de trouver dans l’Écriture quelque chose qui correspond à cette pensée que nous avons, et nous croyons après que Dieu nous a parlé, et nous pouvons continuer notre chemin et nous fourvoyer complètement. À notre insu peut-être, nous sommes sortis de la présence de Dieu.
Voilà pourquoi il est de toute importance d’insister sur l’état de notre cœur devant Dieu lorsque nous ouvrons l’Écriture, nous souvenant toujours que c’est le livre de Dieu. Et la meilleure façon, la seule façon d’être gardé – comme ce cher frère a pu l’écrire autrefois, ce conseil qu’il donnait, retenons-le, serrons-le dans notre cœur : quand nous ouvrons l’Écriture, cherchons-y le Seigneur.
Un enfant, un jeune, pourra dire : Seigneur, bien sûr on vient de l’entendre, « ouvre mes yeux et je verrai les merveilles qui sont dans ta Loi » (Ps. 119. 18). Et Seigneur, donne-moi de goûter ta présence. Seigneur, c’est toi qu’il me faut. C’est ton livre, ce sont tes pensées, c’est ta Parole. Mais j’ai besoin de toi, du contact avec toi. La joie que tu veux me donner, voilà ce qui compte. Un cœur engagé pour Christ.
En 2 Pierre 1. 3 : « Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui regarde la vie et la piété, par la connaissance de celui qui nous a appelés par [la] gloire et par [la] vertu ». Certainement l’enfant de Dieu découvre qu’il y a tout ce qu’il faut dans la Parole de Dieu, tout ce qui est nécessaire pour sa vie. Rien ne manque ! Nous ne savons pas toujours le voir, mais rien ne manque.
Voyez-vous, le Saint Esprit ne parle pas seulement par la Parole de Dieu, quoique cela soit implicite, mais par la Personne du Seigneur dans la Parole de Dieu. C’est ce que notre frère vient de rappeler. Eh bien, c’est cela chercher la personne du Seigneur. Si nous cherchons la connaissance, nous sommes comme ces Grecs dont nous parle le 1er chapitre de l’épître aux Corinthiens, ces Grecs qui recherchaient la sagesse, « mais nous, nous prêchons Christ crucifié (1 Cor. 1. 22 et 23).
On relève encore une fois cette expression : « Ils lisaient distinctement », pour nous encourager à lire distinctement la Parole de Dieu, particulièrement lorsque nous sommes rassemblés autour du Seigneur, pour Lui donner la première place. Un frère d’Allemagne, quand il lit, dit : Jusque-là la Parole de Dieu, et puis après il peut exprimer quelques pensées. C’est toute la Parole de Dieu : la doctrine, c’est le fondement ; elle est nécessaire, ensuite elle produit des fruits, elle nous enseigne dans notre vie pratique. Ce n’est pas la doctrine sans la pratique, ce n’est pas la pratique sans la doctrine, la Parole de Dieu est un TOUT.
Et nous aimerions insister sur le fait que, quelquefois on insiste sur une pensée particulière de la Parole de Dieu, et on y revient toujours, et on oublie que la Parole de Dieu est un tout, qu’il y a un équilibre. D’où la nécessité des dons qui se complètent les uns les autres.
On faisait comprendre la Parole de Dieu. Nous avons besoin de cette diversité dans la présentation de la Parole de Dieu. Un frère insiste peut-être plus sur la sainteté, un autre sur l’amour, sur la grâce, mais cet équilibre est selon Dieu, il est salutaire pour nos âmes. Nous avons besoin d’être gardés dans la pensée de cet équilibre concernant la Parole de Dieu.
Les lévites nous parlent peut-être particulièrement de ceux qui ont reçu un don pour expliquer la Parole de Dieu. Dieu agit dans sa grâce, et le Seigneur est fidèle. Il a donné des dons à l’assemblée, et en plus on peut aussi reconnaître dans ces dons le ministère écrit, une précieuse mine et nous ne pouvons que nous encourager à y puiser, à y sonder.
Quelquefois on entend des jeunes – c’est une prétention folle – dire : on ne veut que la Parole de Dieu. Oui, on a insisté sur la lecture de la Parole de Dieu d’abord, mais quelqu’un a dit que mépriser les dons c’est mépriser le Donateur. Dieu a donné des dons, Il a donné un ministère écrit si précieux qui nous rend la Parole plus compréhensible.
Je ne crains pas de répéter encore une fois ceci : un frère disait aussi aux jeunes : vous lisez un chapitre de la Parole, vous essayez par vous-mêmes d’en retirer tout ce que vous pouvez, et comme on a entendu d’y trouver quelque chose qui parle du Seigneur Jésus. Si vous avez lu un chapitre et que vous ne trouviez rien du Seigneur Jésus, alors il vous faudra bien chercher.
Mais après, quand vous aurez bien médité, vous allez prendre un de ces précieux écrits qui sont là à votre disposition, et vous verrez le flot de lumière qui viendra éclairer votre cœur. Ceux qui ont écrit sont absents, on ne pense pas à eux mais seulement à ce qu’ils nous disent concernant le Seigneur, ses pensées.
Il y a ceux qui écoutent, qui sont devant Dieu pour écouter la Parole de Dieu puis ceux qui parlent et leur grande responsabilité. L’apôtre Paul disait aux anciens d’Éphèse : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants » (Act. 20. 28). Il y a une immense responsabilité quant à l’état du serviteur.
Nous rappelons encore le verset, l’exhortation que Paul donne à Timothée en 1 Timothée 4. 16 : « Sois attentif à toi-même et à l’enseignement ; persévère dans ces choses, car en faisant ainsi tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent ». Sois attentif à toi-même : l’état du serviteur est primordial devant Dieu. Et puis ensuite il y a l’enseignement.
Bien sûr que nous avons à nous placer devant Dieu pour recevoir ce que Dieu nous donne. Il y a les deux côtés, mais cela n’enlève pas la responsabilité de celui qui parle. Il a à le faire comme oracle de Dieu. « Tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent ». Autrement on voit que des serviteurs ont fait naufrage, et qu’ils en ont entraîné d’autres dans leur naufrage. Donc, il y a cette exhortation assez solennelle pour chacun, aussi bien pour ceux qui enseignent que pour ceux qui écoutent.
Pour ceux qui écoutent, nous avons le verset très solennel dans l’épître aux Hébreux. Hébreux 4. 2 : « Mais la Parole qu’ils entendirent ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi dans ceux qui l’entendirent ». C’est une chose solennelle. Nos cœurs naturels sont incrédules. Le Seigneur a pu dire aux disciples : « Gens sans intelligence et lents de cœur à croire ! » Mais alors, Lui leur a ouvert les Écritures et leur cœur a pu brûler. Est-ce que nous recevons la Parole de Dieu avec foi ?
Au verset 8 nous avons : « Et ils lisaient distinctement dans le livre de la Loi de Dieu ». Notre frère vient de citer le chapitre 4 de la 1ère épître à Timothée, et quelques versets plus haut nous lisons : « Attache-toi à la lecture » (v. 13), c’est-à-dire la lecture publique qui a une place importante.
Il peut même arriver, et peut-être que nous l’avons expérimenté, que l’Esprit de Dieu amène à lire simplement un long passage de l’Écriture, et puis c’est tout. Un de nos frères d’autrefois pouvait le raconter dans son étude sur la 1ère épître à Timothée, justement à propos de ce passage sur la lecture. Il pouvait raconter qu’il avait été amené une fois à lire un long passage de l’Écriture, et puis à se rasseoir.
Et à la sortie les frères lui ont dit : Frère, vous ne nous avez jamais autant édifiés qu’aujourd’hui. Alors le ministère ne consiste pas à présenter des idées sensationnelles, il ne consiste pas à trouver des rapprochements ingénieux – c’est la chair qui fait cela. Il consiste, nous l’avons lu, à donner le sens et faire comprendre ce qu’on lisait. Le bon ministère dont un de nos frères vient de nous parler tout à l’heure, c’est un ministère qui nous ramène à la Parole de Dieu, qui fait que la Parole de Dieu s’ouvre devant nos cœurs, que nous y découvrions ce que nous n’avons pas su apprendre du Seigneur.
Et alors les choses s’ouvrent, et nous sentons que ces bien-aimés qui ont écrit cela s’étaient tenus devant le Seigneur pour qu’Il leur ouvre l’intelligence des Écritures, et ils nous laissent ce ministère pour nous aider. Que le Seigneur fasse que, non seulement nous lisions leur ministère, mais que nous imitions leur foi, c’est-à-dire leur manière de se tenir devant Dieu, leur manière d’attendre de Dieu, leur manière de recevoir de Dieu.
Esdras lit la Parole, et les Lévites en font comprendre le sens. Quand nous faisons un rapprochement avec notre époque, il y a un frère qui présente la Parole, et puis ensuite il fait ce travail des Lévites de l’expliquer. Mais dans quelle attitude le fait-il ?
Premièrement, il ne se place pas au-dessus des autres, jamais d’ailleurs. Nous le trouvons ici sur une estrade. Pourquoi ? Parce qu’il est bien visible et parce qu’alors il est bien audible. Donc Dieu pourvoit à tout, et quant à cela nous pouvons bien en être reconnaissants. Ce sont des conditions extérieures mais qui sont quand même bien nécessaires pour nous. Nous sommes encore sur la terre.
Deuxièmement, il a des personnes à côté de lui, à droite et à gauche. Si vous avez bien compté, vous pouvez voir que d’un côté il y a six personnes, et de l’autre côté il y a sept personnes. S’il y avait eu sept plus sept, il aurait été au milieu. Vous me comprenez, je pense. Mais ainsi il fait partie des sept, et il y a encore les autres sept. Alors lui aussi il n’a pas la place centrale, il n’est pas le centre. Le centre, c’est la Parole de Dieu qui est devant lui, qu’il ouvre.
D’ailleurs c’est un grand livre. Je le dis aussi pour les jeunes. Il n’avait pas un livre comme nous avons aujourd’hui, petit comme cela, que nous pouvons ouvrir facilement. Mais il y avait un gros rouleau qui était à ouvrir, qu’on déroulait d’un côté et qu’on enroulait de l’autre côté. Voilà, il était bien visible que c’était la Parole de Dieu qui était ouverte. Et peut-être que ces quelques personnes qui étaient à droite et à gauche de lui avaient aussi ce travail tout à fait technique mais qui était nécessaire, et tout cela se faisait dans un grand respect devant ce livre qui était là au milieu du peuple.
Donc c’est aussi pour nous peut-être un enseignement : celui qui présente la Parole n’est pas le centre, chers amis, jamais. Ne croyons pas que le frère qui dit quelque chose ait de l’importance. C’est la Parole qui a de l’importance, et c’est le Seigneur qui parle par sa Parole en utilisant un canal, un moyen qui est employé par le Seigneur pour que sa Parole soit entendue.
Et puis, deuxièmement, celui qui parle s’adresse à toute l’assemblée et aussi à soi-même. Et combien de fois le frère qui a parlé a remarqué : ce que je viens de dire c’était pour moi, c’était quelque chose qui m’atteignait dans mon cœur, dans ma conscience ; et c’est bien quand c’est ressenti comme cela. Et cette attitude, quand on présente la Parole, est d’une grande importance. Donnons gloire au Seigneur qui, par sa Parole, nous parle même si c’est par un frère.
Encore un mot sur le verset 8 : nous lisons, en parlant du livre de la Loi de Dieu : « Ils en donnaient le sens et le faisaient comprendre lorsqu’on lisait ». Quel sens donnaient-ils ? Le sens que Dieu leur donnait, et cela est extrêmement important.
il nous a été appelé qu’il y avait différentes manières de lire la Parole de Dieu, mais qu’il n’y en avait qu’une seule qui avait l’approbation de Dieu. Pour présenter la Parole de Dieu, il n’y a qu’une seule manière qui ait l’approbation de Dieu. Et pourtant, dans ce monde chrétien, nous voyons bien des manières de présenter la Parole de Dieu. Si la Parole de Dieu est présentée comme il convient, ce qui sera présenté le sera par l’Esprit de Dieu, ce qui sera présenté donnera au Seigneur Jésus la place qui convient.
Nous voyons parfois présenter la Parole de Dieu avec un luxe de détails historiques, géographiques, etc. Nous voyons quelquefois présenter la Parole de Dieu exactement comme un incrédule pourrait la présenter. Et c’est très grave cela parce que c’est la porte ouverte à toutes les déviations possibles, toutes les déviations de l’homme, c’est à dire toutes les déviations de la chair. Rappelons-nous que, dans la Parole de Dieu, les mots ont le sens que Dieu leur donne.
Si un de nos bien-aimés, par exemple notre père ou notre mère nous écrit, nous savons que le vocabulaire utilisé dans la lettre, c’est le vocabulaire de notre père ou de notre mère. Il en est de même quand nous lisons la Parole de Dieu, c’est le vocabulaire avec le sens que Dieu lui donne. Dans le chapitre 14 de la 1ère épître aux Corinthiens, il est dit que les prophètes parlent et que les autres jugent (v. 29), ou discernent. Qu’est-ce que nous avons à discerner ? Discerner si c’est juste ? Nous n’en sommes pas capables la plupart du temps. Mais discerner si cela vient de Dieu ? Cela, c’est une chose ouverte à l’assemblée.
On pourrait relever encore ce qui est dit d’Esdras, qu’il était le scribe, une autre fois le sacrificateur, un peu plus loin le sacrificateur, le scribe. Non seulement il était le scribe, mais aussi le sacrificateur. Il y a une pensée précieuse dans le fait qu’on peut apporter la Parole de Dieu comme les lévites étaient appelés à le faire, dans l’esprit du sacrificateur, dans un esprit d’intercession. Jérémie était prophète, et on relève souvent en lui cet esprit d’intercession. Il peut dire au chapitre 18 verset 20 : « Souviens-toi que je me suis tenu devant ta face afin de parler pour eux en bien ».
Un peu plus loin au chapitre 27 il dira au verset 18 : « Et s’ils sont prophètes, et si la Parole de l’Éternel est avec eux, qu’ils intercèdent auprès de l’Éternel ». Voilà un peu l’esprit du sacrificateur. Ce n’est pas seulement jeter les paroles du haut d’une chaire, c’est porter le peuple devant Dieu dans un esprit d’amour, intercéder pour le peuple dans un esprit d’amour, c’est l’amour pour le peuple de Dieu.
Il est important de relever ce fait qu’il nous est dit qu’il était aussi sacrificateur. Des lévites, on peut encore rappeler en passant qu’en Deutéronome 33. 10 il est dit : « Ils enseigneront tes ordonnances à Jacob et ta Loi à Israël ; ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel ». Et nous savons comment se termine l’Ancien Testament, en Malachie 2 concernant les lévites, mais nous y voyons bien le divin Lévite, le Seigneur Lui-même, quand il est dit au verset 6 : « La Loi de vérité était dans sa bouche » ; à la fin du verset 7 « Il est le messager de l’Éternel des armées ».
En contraste, il est dit de ces lévites ici [en Malachie] au verset 8 : « Mais vous vous êtes écartés du chemin, vous avez fait broncher beaucoup de gens à l’égard de la Loi ». Que le Seigneur nous donne toujours cet esprit d’intercession, d’amour pour le peuple. Du reste, comment commence ce chapitre de 1 Corinthiens 14 ? « Poursuivez l’amour ». C’est cela ! « Et désirez avec ardeur les dons spirituels ». L’amour pour le peuple de Dieu.
Enfin relevons encore cette petite expression : « Tout le peuple dit : Amen ». On peut encourager nos frères et nos sœurs à dire Amen. Le frère qui s’exprime est la bouche de l’assemblée. C’est bien pour cette raison qu’il emploie la première personne du pluriel. C’est l’assemblée qui élève son cœur. Je crois qu’on peut s’encourager les uns les autres à dire Amen d’abord dans son cœur et d’une voix intelligible.
Le sacrificateur, Esdras, fait d’abord ici une chose : il bénit l’Éternel. C’est très beau de voir que c’est la première pensée qui vient, de bénir l’Éternel, et c’est exactement ce que le sacrificateur devait faire. Ce que nous devons faire d’ailleurs aussi nous qui sommes devenus sacrificateurs pour Dieu notre Père ; comme nous le lisons dans le Nouveau Testament, chacun est sacrificateur.
Bénir l’Éternel, c’est le premier privilège que nous avons. Parce que, dans le monde, qui bénit l’Éternel, qui remercie Dieu, qui rend grâce si ce ne sont les croyants, si ce ne sont les enfants de Dieu ? Dieu aime quand on Le bénit et quand on Lui rend grâce. Il en est digne, non ? Et alors, c’est quelque chose que nous ne devons pas oublier.
Ajoutons quelque chose quant à ces Amen : nous pouvons être peut-être amenés à donner une appréciation par notre Amen. L’Amen pour tel frère est bien audible, l’Amen pour l’autre frère un peu moins. Je pense que nous devons faire attention de ne pas donner un jugement, une appréciation, par la façon dont nous disons Amen. Bien sûr, cela peut nous arriver quand il vient une action de grâce qui touche notre cœur, nous arrivons à dire un Amen plus fort.
C’est possible, mais gardons-nous de vouloir apprécier ce qu’un frère a dit, peut-être en toute faiblesse, peut-être avec des expressions que nous ne trouvons pas tout à fait à propos, parce que c’est aussi quelquefois une question de vocabulaire, de connaissance, quand il y a un mot qui ne va pas tout à fait, qui n’est pas habituel. Usons d’indulgence. Ne donnons pas un jugement de la prière qui a été dite par notre Amen.
Il n’y a pas seulement les frères et les sœurs, mais la Parole nous dit : « tout le peuple répondit : Amen ». Nos enfants, nos petits enfants, s’ils ont vraiment écouté la prière, ne sont-ils pas heureux, eux aussi, de pouvoir dire : « Amen ? Seigneur, je suis bien d’accord avec ce qui a été dit, alors je dis : Amen ! » Tout le peuple répondit, et même ici il dit deux fois : Amen, Amen ! Que veut dire : Amen ? En vérité en vérité, il en est bien ainsi. Le Seigneur ne peut-Il pas répondre encore aujourd’hui ?
« Tout le peuple répondit : Amen, Amen ! en élevant les mains, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, le visage contre terre (v. 6) ». On vient de nous parler d’un Amen de cœur. Mais, est-ce que notre attitude dans l’assemblée n’est pas une attitude où on élève nos mains, c’est-à-dire qui nous parle d’élever nos cœurs, de regarder à Celui de qui tout dépend ?
Au chapitre 4 des Actes des Apôtres, nous voyons les croyants se rassembler. Il y a une grosse difficulté, et comment commencent-ils ? « Ô Souverain ! » (v. 24). Celui qui a toutes choses entre ses mains, Celui qui a toute puissance. Et notre affaire, c’est cela.
Je voudrais insister sur des expressions de la fin de ce paragraphe : « Ils faisaient comprendre la Loi au peuple ». Et ensuite il est dit : « et le peuple se tenait à sa place » – c’est l’attitude qui convient, l’attitude de respect devant la Parole de Dieu, et il est ajouté : « Et ils lisaient distinctement dans le livre de la Loi de Dieu, et ils en donnaient le sens et le faisaient comprendre lorsqu’on lisait » (v. 7 et 8).
On voit tout cet exercice d’amour fraternel les uns envers les autres. Combien c’est important de nous assurer que la Parole de Dieu a vraiment été saisie. On voit le souhait que ces lévites avaient, le désir profond de faire comprendre ; et nous devrions l’avoir aussi les uns pour les autres. Peut-être que nous-mêmes quand nous présentons la Parole, nous ne faisons pas assez attention aux mots que nous employons, ou nous faisons des ellipses dans notre façon de parler parce que nous tenons certaines choses pour connues, et ce peut être tout à fait le contraire, d’abord parce que ceux qui sont là sont grâce à Dieu pour la plupart des enfants de Dieu – la Parole de Dieu distingue bien entre les petits enfants, les jeunes gens, les pères.
Nous avançons vers l’état d’homme fait que nous n’atteindrons d’ailleurs que dans la présence du Seigneur. Il y a donc des jeunes brebis qui ont besoin de soins tout à fait particuliers. C’est peut-être d’ailleurs l’occasion d’encourager nos jeunes gens, qui sont peut-être depuis peu en communion, à poser aussi des questions en réunions d’étude. Je crois que c’est vraiment quelque chose qui serait très heureux.
Et là nous nous apercevons – et c’est humiliant – que nous avons peut-être présenté des choses d’une manière qui était un peu « barbare » – ce mot est employé plus loin justement en 1 Corinthiens 14 ; évidemment c’est en rapport avec l’exercice des langues particulièrement, mais nous pouvons être barbares – et manquer aussi, je le dis pour moi-même, de parler distinctement.
La Parole de Dieu doit être l’objet de soins tout à fait particuliers. Je me souviens d’un frère dont sa façon même de lire la Bible était déjà un enseignement, et cela, c’est très important. Alors, que le Seigneur nous aide, qu’Il nous donne ce désir de lire distinctement, et aussi de donner le sens – bien sûr, nous-mêmes nous sommes limités – de bien veiller à ce que ceux qui sont là, qui justement sont attentifs, puissent vraiment recevoir ce que le Seigneur leur distille par sa Parole.
Quand on lit le début du paragraphe, et tout le paragraphe, on est émerveillés par tout ce qu’on peut lire, par cette attitude combien heureuse qu’à le peuple, à la fois cette attention qu’il y a pour entendre la Parole de Dieu, cette attitude de respect et, on l’a souligné, ces Amen qui peuvent être prononcés, ces actions de grâce envers l’Éternel. Il semble que là ce peuple réuni soit dans l’attitude qui convient et à laquelle il n’y a rien à ajouter, qui répond tout à fait à la pensée de Dieu.
Et puis au dernier verset [de ce paragraphe] il nous est dit qu’il fallait leur en donner le sens et leur faire comprendre ce qu’on lisait. On pourrait être surpris par ce contraste entre d’un côté tout ce qui était en accord avec ce que Dieu attendait de ce peuple, dans leur attitude, dans leur comportement, et maintenant il faut leur en donner le sens. Pourquoi était-il nécessaire qu’on leur en fasse comprendre le sens ? On a lu que ceux qui étaient réunis avaient de l’intelligence. On nous a bien expliqué que c’est l’intelligence spirituelle du Saint Esprit qui fait comprendre la Parole. Alors pourquoi avaient-ils cette nécessité ?
Il ne faut pas oublier que ce résidu était resté en captivité où ils avaient été privés de la Parole, et ils avaient entendu autre chose, d’autres raisonnements, d’autres façons de parler. Nous voyons qu’il y a ce danger de laisser pénétrer dans nos esprits la façon de raisonner du monde. Et si nous voulons étudier la Parole, la comprendre, avec les mots, les raisonnements, les techniques du monde, cette Parole nous sera fermée, et nous avons besoin du secours du Saint Esprit pour que nos oreilles soient ouvertes et pour que nous comprenions le sens de la Parole. Et plus nous écouterons la Parole, plus nos oreilles et nos cœurs seront disposés pour la comprendre.
Le Seigneur a donné des dons à l’assemblée, des pasteurs, des docteurs, des prophètes. Ils sont tous là pour la bénédiction de la chère assemblée du Seigneur. Mais ce qui est important dans tout ce qui est présenté, c’est qu’il y ait l’onction du Saint Esprit. Le danger peut être de parler par sa propre connaissance. C’est tellement important d’être près du Seigneur pour qu’il y ait l’onction du Saint Esprit. Et alors il y en aura des fruits. Mais nous venons de divers rassemblements, et peut-être que dans beaucoup il n’y a pas de pasteur, il n’y a pas de docteur, il n’y a pas de prophète. Mais chaque frère peut être exercé devant le Seigneur.
S’il est conduit par le Saint Esprit, et on l’a réalisé plus d’une fois, un jeune frère a été appelé à lire au début d’une réunion un ou deux versets. On s’est dit : c’est ce qui répondait aux besoins de nos cœurs, et quand l’Esprit de Dieu agit, c’est très heureux qu’un autre frère, un deuxième, un troisième, continuent dans ce même esprit, et cela donne une réelle bénédiction. Donc il faut que ce soit un exercice de chacun, et il ne faut pas tomber dans le piège du cléricalisme.
On vient à la réunion, il y a ce frère et celui-là, tout est là, je viens écouter, donnez-moi à manger ! Mais ce n’est pas comme cela. Ce doit être l’exercice de chaque frère, et c’est très heureux, chers frères, pour la bénédiction de toute l’assemblée quand chacun est exercé devant le Seigneur. Alors, il en résulte des fruits, et on voit ici les fruits qui sont produits. D’abord, ce peuple pleure en entendant la Parole de la Loi. Si la Parole de Dieu est présentée avec l’action de l’Esprit de Dieu, s’il y a l’onction de l’Esprit de Dieu, il doit y avoir des fruits dans notre cœur.
S’il n’y en a pas, alors il faudrait se poser des questions : Qu’est-ce que je retiens à la fin d’une réunion ? Qu’est-ce que le Seigneur a voulu me dire aujourd’hui ? Ah, on a dit qu’on pouvait en arriver à penser : Ah ! Ça va bien. Ce soir il y avait ce jeune. Il a au moins pu entendre quelque chose. Et oui, et puis moi, qu’est-ce que j’ai entendu ? Parfois c’est la Parole pour les autres, mais Dieu me parle. Que nous ayons le sentiment de la présence du Seigneur. Si tout à coup le Seigneur était là – Il est là, invisible, c’est vrai – si le Seigneur était là présent physiquement, quelle réaction y aurait-il dans nos cœurs ?
Encore sur le verset 6 : « Et tout le peuple répondit : Amen, Amen ! en élevant les mains, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, le visage contre terre ». 1 Timothée 2. 8 : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement ». La note en bas de page nous dit qu’il s’agit de l’homme tout particulièrement en contraste avec la femme. Dans notre passage de Néhémie 8, nous voyons tout le peuple. Mais ce qui est dit ensuite ici [en 1 Timothée 2] a une grande importance morale : « élevant des mains saintes » ou pures.
Comment prions-nous notre Dieu et Père, dans nos prières personnelles, en famille et dans l’assemblée ? Dans quel état moral sommes-nous quand nous nous adressons à notre Dieu et Père, le grand Dieu des cieux et de la terre, notre Dieu Sauveur, notre Père qui nous aime ? C’est important parce que, si la prière est agréable à Dieu, elle l’est avec un état moral spirituel qui convient devant Lui.
Et tout cela est lié encore une fois à ce que dans nos cœurs, dans nos vies, il y ait cette crainte de Dieu, une crainte heureuse, celle d’un fils qui se sait aimé par son Père qui le connaît, et il sait qu’il a à apprendre de Lui. Alors du bien est produit. La communion est, pour ainsi dire, renforcée. Le Seigneur nous fait alors connaître davantage ses pensées. À celui qui a, il sera donné.
On a commencé à voir dans ces versets, l’effet produit par cette Parole de Dieu. Que le Seigneur nous accorde, en particulier quand nous venons dans sa sainte présence, d’avoir nos cœurs jugés, nos cœurs sanctifiés par cette Parole. C’est fondamental quand nous nous trouvons autour du Seigneur pour nous souvenir de ses souffrances et de sa mort à sa table. Alors le Seigneur veut et peut bénir richement.
Et l’action de l’Esprit est là manifeste, les cœurs sont à l’unisson, tout est à la gloire de Dieu, pour la joie du Seigneur. Pensons à cela. Le Seigneur nous donne encore de tels moments aujourd’hui, deux mille ans après sa venue ici-bas. Il vient bientôt. Regardons à Lui pour qu’Il nous garde près de Lui. Demeurons en Lui (Jean 15. 5). Oui, que ce soit notre désir et notre part aussi.
Nous trouvons ici une fête, la fête des trompettes, et nous voyons que le peuple obéit aux ordonnances que la Loi avait données. C’était cette fête du premier jour du septième mois, la fête des trompettes. Après il y avait aussi les quatorzième et quinzième jours de ce même mois la fête des tabernacles qu’ils font. Et pourtant nous trouvons encore autre chose. Dieu n’avait pas prescrit qu’à la fête des trompettes il devait y avoir une lecture de la Parole comme c’est le cas ici.
Alors je pense qu’on peut voir ici, dans l’Ancien Testament déjà, la liberté de l’Esprit qui agit sur les cœurs. L’Esprit agit ainsi en rapport avec l’état du peuple, avec la condition dans laquelle ils sont. Il a été rappelé que le peuple avait été à Babylone, et avait entendu, écouté, des paroles qui n’étaient pas les paroles de Dieu, un langage qu’ils ne connaissaient pas. Ce qu’ils avaient entendu n’était pas le langage de Dieu. Peut-être même que quelques-uns d’entre eux ne comprenaient plus l’hébreu. C’est pour cela aussi que le livre devait être expliqué.
Mais aussi, au sens figuré nous pouvons comprendre que l’état du peuple était tel qu’ils avaient besoin d’être ramenés à ce langage de Dieu, à ce langage de la Parole de Dieu. C’est quelque chose qui est en rapport avec la condition dans laquelle ils étaient. Et quelquefois cela peut être le cas pour nous que nous n’avons peut-être pas l’oreille vraiment exercée pour comprendre le langage de Dieu. Nous entendons beaucoup de bruits autour de nous, beaucoup de langages autour de nous, le langage du monde, le langage de la culture, le langage de toutes sortes de choses que nous comprenons, et nous perdons la connaissance, la compréhension du langage de Dieu.
À cette situation-là, l’Esprit de Dieu donne sa réponse, la liberté de l’Esprit qui peut agir. Plus tard nous trouvons la même chose dans cette fête dans l’attitude qu’ils ont d’envoyer des portions à ceux qui n’ont rien préparé, ce qui n’était pas prescrit dans la loi. C’était aussi l’action de l’Esprit sur leur conscience et leur cœur. Nous allons certainement voir aussi après qu’une fête manque : le grand jour des propitiations, le dixième jour du septième mois, n’est pas mentionné au verset 10. Cette fête du grand jour des propitiations n’a pas pu avoir lieu ici parmi le peuple.
J’espère bien que, tout à l’heure, quand j’ai parlé de lire distinctement et de donner le sens, de faire comprendre les choses qu’on lisait, on a compris que ce n’est pas du tout prendre le vocabulaire de ce monde pour le faire. Je crois que c’est très important de le dire. On a quelque fois le sentiment que, peut-être avec de bonnes intentions, certains jeunes frères pensent qu’après tout il faudrait bien revoir le vocabulaire, et que ce n’est plus de notre époque, etc.
Mais on voit le danger, pour ne pas dire plus, qu’il y a à ne pas garder justement ce que la Parole de Dieu choisit de nous enseigner, les termes qu’elle emploie. Et si nous cédons à ce genre de tendance très moderne bien sûr, nous allons défigurer la Parole de Dieu, nous allons nécessairement nous éloigner de ce que Dieu dit Lui-même avec ses mots personnels à Lui que, dans sa grâce, Il nous communique, et Il nous parle d’une façon que nous pouvons comprendre si nous cherchons. Ce ne sont pas des choses incompréhensibles que le Seigneur nous a données. Non.
Et puis alors il y a aussi ce grand danger que, si nous prenons ce langage, nous allons nous éloigner du Seigneur dans nos cœurs, on est vite conduit à chercher des choses qui font de l’effet, etc. Tout cela n’a nulle place dans l’assemblée. Que le Seigneur nous en garde. On est toujours encouragé dans ce sens-là. Quand les disciples ont dit au Seigneur : Enseigne-nous à prier, par exemple. Bien sûr nous savons bien qu’on a fait un mauvais usage certainement de ce qu’on appelle la prière dominicale, et cela prouve combien l’homme est prompt à déformer la pensée du Seigneur.
Mais combien c’est précieux de voir même comment cette prière a été prononcée. Dans les lignes générales, on est conduit par le Saint Esprit, c’est clair, mais il y a aussi un ordre moral, c’est-à-dire qu’on a d’abord devant soi les droits du Seigneur, sa gloire ; et puis on a le privilège d’exprimer ses besoins en assemblée, en famille, etc. Que le Seigneur nous aide parce que toutes ces distorsions vis-à-vis de l’Écriture viennent de ce que notre crainte de Dieu a beaucoup baissé.
Cette crainte de Dieu a beaucoup baissé, alors qu’il est écrit qu’elle devrait être notre trésor (És. 33. 6) On en est convaincu lorsqu’on lit dans les versets du début du second paragraphe, à partir du verset 9, l’impact que la Parole a eu sur ces chères âmes d’alors, remontées de la captivité, privées de tout ce que Dieu pourtant autrefois avait donné au peuple, et à cause du jugement qui était tombé, n’est-ce pas ?
Mais ici, ils sont saisis par les paroles entendues, depuis l’aube jusqu’à midi, probablement six heures de temps – est-ce que nous nous rendons compte un petit peu ? Six heures de temps, le peuple étant là debout par respect pour la Parole de Dieu. Tout le peuple qui répond après la bénédiction d’Esdras, Amen, Amen ! Et l’effet de la Parole. Qu’a-t-elle aujourd’hui comme effet sur mon propre cœur, sur ma conscience, cette Parole de Dieu, d’un Dieu qui ne peut mentir, mais un Dieu qui m’aime, un Dieu qui est amour, un Dieu qui est lumière, un Dieu qui m’a tout donné en Christ. Quel effet a cette Parole sur mon propre cœur ?
Ici « tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la Loi ». Quelle affliction ! Quelquefois on est saisi par ce qu’on lit, et on se demande : Mais comment se fait-il que j’ai oublié, peut-être négligé, telle ou telle partie des commandements de mon Dieu ? Bien sûr ce sont des commandements d’amour et le Seigneur attend une réponse de cœur mais elle se traduira nécessairement par des fruits. Il est impossible qu’il en soit autrement si véritablement la Parole de Dieu a son effet sur mon cœur, sur ma conscience ; il est impossible que des fruits ne soient pas produits.
Et tout le peuple est dans l’affliction, dans une profonde contrition, parce que la Parole a mis à nu quelque chose, peut-être au-dedans de mon âme, qui n’était pas compatible avec la sainteté de Dieu, et je m’en afflige profondément. Mais alors, on va le voir, il y a un double effet : l’âme est heureuse, le croyant est heureux lorsqu’il a été jeté par terre, parce que là par terre le Seigneur le prendra par la main, Il le relèvera, lui disant : Ne crains point, prends courage.
Encore aujourd’hui, chers frères et sœurs, chers enfants, chère jeunesse, il faudrait qu’il y ait de l’affliction à l’écoute de la voix de Dieu à travers l’Écriture, mais la joie du Seigneur sera notre force pour aller de l’avant parce que le jour est proche, le Maître va paraître, nous allons Le voir face à face. Il reste très peu de temps pour Le servir. Que nos enfants, notre jeunesse, se lèvent aujourd’hui pour ne désirer qu’une chose : mettre la Parole en pratique, en honneur. Et comment la mettre en honneur ?
Parce que j’en jouirais profondément dans mon âme, je serais heureux en la lisant, j’y découvrirais le Seigneur, et l’impact que cela aura dans ma vie de chaque jour fera que je ne désirerai qu’une chose : la mettre en pratique. C’est cela, garder la Parole. Le Seigneur Jésus avait dit autrefois à Philadelphie – et quel prix pour son cœur, n’est-ce pas – « Tu as gardé ma Parole » (Apoc. 3. 8).
La parole a été lue « devant la place qui est devant la porte des eaux, depuis l’aube jusqu’à midi ». Une période de six heures, et c’est encore quelque chose de vécu, dans des pays d’Afrique, mais, ce n’est pas quelque chose que nous connaissons dans notre pays. Cet enseignement de la Parole n’est-il pas pour nous, qu’il y aurait un verset de la Parole qui ne nous serait pas utile ?
Nous connaissons la Parole. Tous les versets de la Parole sont utiles. Si nous ne pouvons pas aujourd’hui écouter pendant six heures durant, nous pouvons retenir que nous devons savoir utiliser le temps que Dieu nous donne pour être à l’écoute de sa Parole. Et si c’est quelque chose qui doit être un avertissement pour nous chaque jour, combien cela a de l’importance quand le Seigneur prépare des rendez-vous autour de Lui. Ne sommes-nous pas quelquefois en danger de négliger les rendez-vous que le Seigneur place devant nous dimanche après dimanche ? Nous devons nous laisser instruire par ce que la Parole de Dieu nous dit.
Dans le verset 10, une autre catégorie de personne est mentionnée, que l’on n’a pas vue jusqu’à présent. Il a été question d’hommes, de femmes, de ceux qui avaient de l’intelligence. Et là il est question de « ceux qui n’ont rien de préparé ». Alors, cette catégorie de personnes va-t-elle être oubliée ? Va-t-elle être négligée ? Va-t-elle être mise au rebus ? Et nous voyons ceux qui se manifestent à leur égard. Pour ceux qui n’avaient rien préparé, on leur apporte des portions de ce qui est gras et de ce qui est doux à boire. Cela nous montre ce qu’est la communion fraternelle, et les soins que nous avons les uns à l’égard des autres.
Il est remarquable de voir où cet enseignement est placé. Cela ne nous est pas dit en commençant, non. En commençant, nous sommes sous les avertissements de la Parole. La Parole est placée devant nous pour nous amener à jouir de la communion avec Dieu. Et c’est dans la mesure où nous jouissons de la communion avec Dieu, avec le Seigneur Jésus que nous pouvons goûter la communion les uns avec les autres. Et c’est quelque chose que nous avons à retenir : il y a toujours un ordre dans l’enseignement de la Parole, et nous avons à suivre toujours cet ordre.
Ce qui est placé là devant nous dans ce paragraphe c’est deux attitudes : l’attitude de l’humiliation et de mener deuil, de pleurer, et l’attitude de la joie. Deux attitudes tout à fait différentes. La première est celle de ceux qui pleurent, qui traduisent par ces pleurs l’humiliation, l’abaissement dans lequel ils se trouvent. Et c’est une exhortation que nous avons dans de nombreux passages de la Parole : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand le temps sera venu » (1 Pier. 5. 6).
Cette attitude d’humiliation doit nous caractériser, [nous devons] être abaissés à nos propres yeux. Nous avons à y prendre garde et à le vivre continuellement. Mais n’oublions pas que, si l’humiliation est nécessaire, et si c’est le premier pas que nous avons à faire, elle n’a jamais donné de force à qui que ce soit. La force, où est-elle ? Elle est dans la joie.
Et le sujet de la joie est placé là devant nous à ce moment-là. Il est frappant d’ailleurs de noter que, dans l’Ancien Testament, il est assez peu souvent question de joie. Le peuple d’Israël a traversé des circonstances bien différentes, mais il ne semble pas qu’il soit mentionné qu’il se soit spécialement réjoui.
Et pourtant le Dieu auquel nous avons à faire est le Dieu bienheureux. Et dans ce verset de Proverbes 8 que nous aimons souvent à avoir dans nos cœurs le dimanche matin, nous avons ces relations entre le Père et le Fils au verset 30 : « toujours en joie devant lui » : ce qui caractérisait le Seigneur dans l’éternité, c’était la joie.
Et ce qui caractérise l’éternité, c’est la félicité et le bonheur sans fin et parfait. Et c’est le désir de Dieu que nous ayons le cœur rempli de joie, et c’est ce qui est placé là devant ce peuple. Il convient de s’humilier, mais il convient aussi d’avoir un cœur rempli de joie. Nous n’allons pas en dire plus là-dessus. Nous comprenons bien de quelle joie il s’agit. Il ne s’agit pas d’une joie humaine, il s’agit de se réjouir dans le Seigneur. C’est Lui qui est la joie qui seule peut satisfaire et remplir un cœur. Et nous citons simplement ce verset d’Ésaïe 30. 15 : « C’est en revenant et en vous tenant en repos que vous serez sauvés ; dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force ».
Un mot sur le verset 9. On a souligné donc que toutes choses sont en ordre, que l’Esprit de Dieu a travaillé dans le cœur des fils d’Israël, les a amenés comme un seul homme, on l’a vu. Eh bien maintenant au verset 9, on peut dire qu’on voit un résultat. L’Esprit de Dieu continue à travailler, et Il travaille en qui ? En Néhémie le Thirshatha, c’est-à-dire le gouverneur. Nous ne le voyons pas agir, nous ne le voyons pas prendre une part active, mais il est au diapason, il a la même pensée – Dieu donne la même pensée à Néhémie, à Esdras, le scribe et sacrificateur qui a lu la loi, et puis aux lévites qui faisaient comprendre.
Et c’est une chose heureuse de constater que l’Esprit de Dieu dans une assemblée amène ensemble. Que de fois on se réjouit, on a une pensée, et puis voilà un frère indique un cantique, fait une prière, et la pensée qui est sur notre cœur est non seulement exposée, mais exposée beaucoup mieux que nous l’aurions fait nous-mêmes. Voilà l’action de l’Esprit de Dieu. C’est ce que nous avons là. Chacun est à sa place, les cœurs marchent ensemble. L’assemblée n’est pas des individualités comme dans ce monde, c’est ensemble, conduits par le Seigneur. Il nous amène ensemble.
Nous avons lu au milieu du verset 9 : « Ce jour est saint à l’Éternel votre Dieu », et au milieu du verset 11 : « Taisez-vous, car ce jour est saint, et ne vous affligez pas ». Et nous voyons, en même temps, cette joie profonde, donnée par l’Éternel dans les cœurs. Il n’y a pas d’incompatibilité entre la sainteté et la joie dans le Seigneur, bien au contraire.
Mais dans la mesure où le Seigneur nous accorde la grâce de sentir notre vrai état devant Lui, et nous avons toujours à avoir la même pensée que Lui à cet égard, le Seigneur nous relève, Il nous donne cette joie que le monde ne peut jamais ni ôter, ni donner. Rappelons-nous ce que le Seigneur a dit à ses disciples avant de les quitter, dans l’évangile selon Jean, au chapitre 16 verset 20 : « En vérité, en vérité, je vous dis, que vous, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; et vous, vous serez dans la tristesse ; mais votre tristesse sera changée en joie ».
Verset 22 : « Et vous donc, vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie ». Un peu plus loin au verset 24 : « Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie ». Nous trouvons cela aussi au milieu du chapitre 15 précédent, au verset 11 : « … afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie ».
Cette joie accomplie, dans le Seigneur, en Lui et par Lui, n’est-ce pas le but que le Seigneur désire pour nous, comme un avant-goût de ce que nous goûterons là-haut dans la perfection de sa présence auprès du Père ? Il y a des tristesses, des tristesses dans l’assemblée, des tristesses dans nos vies, sans parler de ce qu’il y a dans ce monde. Mais que le Seigneur nous accorde la grâce de bien regarder les choses sous son regard, de les Lui apporter sans crainte.
Nous pouvons tout dire au Seigneur, Il est toujours à notre écoute, Il a des choses à nous dire, certainement beaucoup plus que nous ne pensons. Mais Il veut aussi que les choses soient réglées devant Lui. Alors, Il nous montre combien son amour est grand, est infini, et cette joie dans le Seigneur que l’apôtre prisonnier goûtait tellement, qu’il désirait faire partager à ceux auxquels il écrivait, le Seigneur veut toujours nous y ramener. Ne le perdons pas de vue. Ce sera le thème de la louange éternelle avec Lui.
Dans l’épître aux Philippiens, chapitre 3 à partir du verset 18, on voit ce que l’apôtre dit, et ce qui le fait pleurer « Car plusieurs marchent, dont je vous ai dit souvent et dont maintenant je le dis même en pleurant, qu’ils sont ennemis de la croix du Christ ». Voilà la situation générale.
Mais en même temps, au chapitre 4 il peut dire à ses frères : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous ». Pourquoi ? Parce que le Seigneur est au-dessus de nos misères.
Ce n’est pas en regardant à nous-mêmes que nous aurons quelque force que ce soit, ou que quoi que ce soit sera amélioré. Ce que nous avons dans le Seigneur est infiniment au-dessus de ce qui peut nous accabler. Quant à ce que nous lisons en Néhémie 8, il me semble que c’est là que le Seigneur voulait amener ceux dans les cœurs desquels Il avait travaillé, qui se sont levés comme un seul homme, et qui sont arrivés à ce point où ils sont dans ce second paragraphe que nous considérons.
Ils avaient raison de s’humilier, et nous avons raison de nous humilier en considérant l’écart entre ce que la Parole de Dieu dit de tout le bien qui nous a été fait, et combien nous répondons si peu à cela. Rappelons-nous l’exemple de Josias : « Parce que ton cœur a été sensible, et que tu t’es humilié devant Dieu quand tu as entendu… » (2 Chron. 34. 27 ; 2 Rois 22. 19). C’est cela que le Seigneur attend, que nous soyons sensibles, mais cela ne nourrit pas.
Le Seigneur veut nous amener à Lui pour que nous réalisions le privilège que nous avons en Lui. Alors, malgré la misère, nos cœurs seront dans la joie. Il n’y a aucune force en nous, la force est en Lui. On se rappelle ce que la Parole nous dit en 2 Corinthiens 3. 18 : « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit ». Regarder à soi ne nourrit pas, mais si nous regardons à Lui nous serons de toute manière encouragés.
Nous avons ici l’enseignement quant à cette humiliation nécessaire et qui plaît à Dieu, mais également cet autre côté, que Dieu aime aussi être honoré par cette joie qui est dans le cœur de ceux qui comprennent sa grâce et les privilèges qu’Il leur a donnés.
Nous voyons ici la façon dont Dieu fait comprendre au peuple que c’est cela aussi sa pensée. Néhémie, qui était le Thirshatha, et Esdras, et les lévites parlent au peuple. On entend quelquefois qu’on n’a pas besoin de conducteur. C’est une pensée qui se répand un petit peu que nous n’avons pas besoin de conducteur, qu’autrefois il y avait des conducteurs. Eh bien, la Parole nous dit clairement qu’il y a des conducteurs.
Le passage bien connu de Hébreux 13. 7 nous dit ce que l’apôtre écrit : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu, et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi ». Il y a des conducteurs, et nous faisons bien de les reconnaître. Et d’ailleurs c’est dans la première épître aux Thessaloniciens que l’apôtre les invite à bien écouter ceux qui travaillent parmi eux et qui sont à la tête parmi eux dans le Seigneur (1 Thess. 5. 12).
Nous voyons ici aussi que Dieu met en relief Néhémie le Thirshatha, et Esdras, et les lévites qui enseignent au peuple la pensée de Dieu pour ce moment-là. Nous faisons certainement bien aussi de faire attention à ce que les conducteurs nous disent. Il y en a encore aujourd’hui. Ils ne se sont pas nommés eux-mêmes, mais ils se sont révélés par leur conduite – comme on voit en Hébreux 13 – leur foi, parce qu’ils ont obtenu une autorité morale par leur conduite, par leur connaissance de la Parole mais aussi leur obéissance à la Parole de Dieu, par le modèle qu’ils montrent à tout le peuple de Dieu, comme c’est le cas ici.
Néhémie était reconnu par cette autorité morale. Il était, comme nous l’avons vu au début de nos entretiens sur ce livre de Néhémie, un homme du peuple, assez simple. Il n’était pas de souche lévitique, ni de la sacrificature, ni de la lignée royale. Pas du tout. Il était un homme du peuple, et son autorité était une autorité que Dieu lui avait donnée à cause de sa conduite, de son comportement, de sa fidélité, envers Dieu et envers la voix de Dieu, qu’il a comprise et parce qu’il a fait ce que Dieu lui disait et lui montrait.
Et nous avons encore aujourd’hui de tels frères, et nous faisons bien de les écouter. C’est d’ailleurs encore une grâce que Dieu nous ait laissé des hommes qui nous expliquent la Parole de Dieu et en donnent le sens. Voilà la pensée de Dieu, voilà ce qui plaît au Seigneur Jésus. Et ce sont des personnes – comme nous l’avons vu quelquefois aujourd’hui déjà – ce sont des personnes qui attirent les cœurs vers le Seigneur Jésus. Ce sont des hommes qui vivent avec le Seigneur Jésus, dont le Seigneur est la joie, qui vivent dans la communion avec le Seigneur, et ils sont des modèles à cause de cela.
Hébreux 13. 17 : « Obéissez à vos conducteurs [il ne s’agit plus ici de ceux qui sont déjà auprès du Seigneur] et soyez soumis, car ils veillent pour vos âmes, comme ayant à rendre compte ; afin qu’ils fassent cela avec joie, et non en gémissant, car cela ne vous serait pas profitable ». Quel avertissement pour nous, n’est-ce pas, frères !
Et justement quand on relit ces versets de Néhémie 8 qui sont devant nous, on voit que ce n’est pas en vain que Néhémie, Esdras et les lévites ont ainsi parlé parce qu’on lit au verset 12 : « Et tout le peuple s’en alla pour manger et pour boire, et pour envoyer des portions, et pour faire de grandes réjouissances ; car ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait connaître ».
Vous voyez combien il est important d’être attentif à ce que la Parole de Dieu nous dit, peut-être au moyen de serviteurs. C’est là le chemin de la bénédiction. Et il faut bien comprendre combien ce peut être aussi douloureux pour nos frères qui ont reçu ce service de la part du Seigneur d’être des conducteurs. C’est en ce sens que, s’il y a un refus de se soumettre à ce qui est donné quand même par le Seigneur Lui-même, cela provoque beaucoup de peine pour ceux qui sont ainsi appelés à un tel service.
Qu’est-ce que c’est un conducteur pratiquement ? Nous pouvons dire que nous en avons la définition dans le chapitre 13 de l’épître aux Hébreux : ce sont ceux qui ont annoncé la Parole de Dieu. Ils n’ont pas annoncé ce qu’ils pensaient ; ils n’ont pas annoncé le fruit de leur réflexion ; ils ont annoncé ce que Dieu avait à dire. Et certainement le caractère d’un conducteur, c’est qu’il ne dira jamais qu’il est un conducteur, il n’aura pas l’idée de le dire, il ne le pensera même pas.
Mais notre affaire est de reconnaître quand un frère parle de la part du Seigneur, quand le Seigneur nous parle par ce frère. C’est toujours un mauvais signe quand nous ne reconnaissons pas cela. Mais si nous sommes dans un état qui convient, nous allons déceler que ce frère nous a parlé de la part de Dieu. Ce qui aura de la valeur, ce n’est pas le frère, mais ce que Dieu nous dit par son moyen.
Ce que le Seigneur nous a dit par le moyen d’instruments qu’Il a employés, doit avoir nécessairement dans ma vie un effet que le Seigneur, dans sa grâce, manifestera, parce que nous lisons au verset 12 : « Et tout le peuple s’en alla pour manger et pour boire, et pour envoyer des portions, et pour faire de grandes réjouissances ».
On peut dire que le peuple a été en contact avec son Dieu ; il a été mis, comme nous le sommes aussi par grâce, en présence de Dieu, des commandements d’un Dieu d’amour, mais un Dieu qui est saint, et Il emploie qui Il veut. L’instrument sera d’autant plus utile à son Maître s’il se tient caché derrière son Maître. Bien sûr la Parole quelquefois dérange. Il y a des choses aujourd’hui peut-être qu’on n’aime pas bien entendre. Pourtant, c’est écrit !
Le Seigneur pourrait peut-être nous dire : mais comment lisez-vous la Parole ? Permettez-moi de faire une petite remarque concernant ce chapitre 2 de 1 Timothée parce que l’apôtre dit : « Je veux donc que les hommes prient en tous lieux » et comment doivent-ils élever leurs mains ? [Ils doivent élever des mains] saintes, dans la pureté. Et qu’ajoute l’apôtre ? « De même aussi, que les femmes se parent d’un costume décent, avec pudeur et modestie » (v. 9). N’a-t-on pas oublié cela aujourd’hui ? N’avons-nous pas à pleurer là-dessus aujourd’hui, et à nous humilier ?
Est-ce qu’on va se ressaisir ? Ne peut-on pas encore poser la question à notre chère jeunesse aujourd’hui : Quelle est ma référence par rapport à ma tenue ? Quelle est ma référence ? Est-ce que c’est le monde ? Est-ce que c’est la mode ? Ou est-ce que c’est la Parole de Dieu ? Et, bien sûr, il est parlé de joie, et on a souligné tout à l’heure l’importance de la joie dans le cœur. Y a-t-il un bonheur plus grand que de connaître Jésus ?
Et ce jour est saint, consacré à l’Éternel, notre Dieu ; il est consacré à notre Seigneur, à la sainteté, à la jouissance de l’amour du Seigneur, à la jouissance de ce fait que sa joie est ma force aujourd’hui encore pour aller de l’avant, mais Il est saint. Et sa présence, chers frères et sœurs, chers enfants, chère jeunesse, c’est sa présence dans mon cœur qui réclame et assure la sainteté !
Nous lisons au verset 9 : « Ne menez pas deuil et ne pleurez pas ! » Dans l’épître de Jacques, ce verset que nous connaissons au chapitre 4. 9 dit : « Menez deuil et pleurez ». Y aurait-il une contradiction dans la Parole de Dieu ? Là encore nous connaissons la réponse. La Parole de Dieu ne se contredit jamais.
Pensons à ce verset d’Ecclésiaste 3. 4 : « [Il y a] un temps de pleurer, et un temps de rire ; un temps de se lamenter, et un temps de sauter de joie ». Nous l’avons dit, le temps de l’humiliation et de mener deuil est un temps qui convient pour nous, mais nous devons aussi être attentifs aux bénédictions que Dieu nous donne, et gardons-nous de nous nourrir de nos larmes – ce qui serait, encore une fois, nous occuper de nous-mêmes.
Mais sachons discerner toutes les bénédictions que Dieu nous dispense, et toutes les joies qu’Il aime à nous accorder dans les petites et les grandes choses. Et nous l’avons dans ce passage où nous avons vu que tout le peuple a béni l’Éternel. Sachons rendre grâce à Dieu pour toutes les bénédictions qu’Il nous dispense. Gardons-nous de mépriser quelque bénédiction que ce soit que Dieu se plaît à répandre sur les siens.
Pour que les plus jeunes ne se trompent pas, dans ce passage de Jacques qui vient de nous être cité, il est question de rire et de joie, qui doivent disparaître. Mais si l’on regarde le contexte, il est dit au verset précédent (fin du verset 8) : « Vous qui êtes doubles de cœur », c’est-à-dire une joie, un rire de la terre. Alors, à la suite de cela, que nous dit l’Écriture ?
« Humiliez-vous devant le *Seigneur » (v. 10), c’est-à-dire que je dois prendre la place que j’ai devant Dieu, la place où je reconnais ce que j’ai à faire. Je reprends cette place-là. Alors que lisons-nous ? « Et Il vous élèvera ». Et voilà la vraie joie ! Ce n’est pas élever ma chair, c’est élever ma part devant le Seigneur. Voilà la vraie joie !
Il y a un ordre que nous avons bien discerné dans ces versets. Mener deuil, pleurer, ont leur place à leur moment, et c’est Dieu qui le produit dans nos cœurs, n’est-ce pas ? Cela a eu lieu à notre conversion, et Dieu nous a donné ensuite cette joie excellente de voir qu’Il avait Lui-même tout préparé. « Venez, car déjà tout est prêt (Luc 14. 17). C’est encore vrai aujourd’hui comme il y a deux mille ans quand le Seigneur disait ces paroles.
C’est vrai pour nous aujourd’hui comme croyants. Il nous faut commencer par le commencement : sentir nos misères, mener deuil et pleurer. Dieu nous relève, Il nous montre ce qu’Il a en vue pour nous : une bénédiction excellente qui est la Personne de Christ Lui-même. Il est dit : « Mangez de ce qui est gras et buvez de ce qui est doux ». Le moment est venu de se réjouir.
Nous voyons, à propos du sacrifice de prospérité dans le Lévitique, au chapitre 3 verset 16, que toute graisse appartenait à l’Éternel. Mais lorsque nous sommes assemblés autour du Seigneur, pour présenter à notre Dieu et Père l’adoration et la louange que Christ conduit – c’est Christ qui conduit la louange dans l’assemblée, et Il en est en même temps la substance – nos cœurs peuvent se réjouir avec notre Dieu et Père au sujet de Christ. C’est là quelque chose d’infiniment heureux et béni pour nos âmes.
Dieu nous associe pour ainsi dire à Lui, pour entrer dans la jouissance de son cœur quant à son Fils bien-aimé. Nous n’entrons que bien faiblement dans ces choses mais, par l’Esprit, nous pouvons y entrer, et cela plaît à son cœur. « Buvez de ce qui est doux ». Eh bien, nous avons pensé aussi, sans doute, à la personne même du Seigneur Jésus.
L’apôtre Paul exhortait les Corinthiens par la douceur et la débonnaireté du Christ (2 Cor. 10. 1). « Je suis débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29). Voilà le Seigneur dans ce qu’Il nous a montré, dans ce qu’Il veut être pour nous aussi chaque jour. La douceur de la sagesse, il en est question aussi relativement à notre conduite (Jac. 3. 13). Voilà encore un caractère qui n’est pas celui de l’homme naturel. Nous ne trouvons pas cela en nous, notre chair est impatiente. Mais la douceur de l’Ami suprême est comme le fruit de conseils qui viennent du cœur (Prov. 27. 9), quelque chose qui est donné par Dieu Lui-même.
Nous ne pouvons pas l’expliquer mais Dieu, par son Esprit, nous la donne, nous pouvons en jouir et alors il y a ensuite ce que nous pouvons par grâce apporter à ceux qui n’étaient pas là. Une réunion vient d’avoir lieu. Pensons-nous au frère, à la sœur, au jeune homme, à l’enfant qui n’étaient pas là, pour leur dire quelque chose parce que notre cœur a été rempli de ce que le Seigneur nous a donné, de Lui-même.
Qu’a fait Ruth ? Elle était peu de temps assise, elle a glané beaucoup, elle a apporté à sa belle-mère. Il y avait ainsi une communion réalisée. Quelle histoire que celle de Ruth ! « Pourquoi ai-je trouvé grâce à tes yeux » ? (Ruth 2. 10) Voilà des choses que nous avons besoin de méditer, et ensuite de rendre grâce à notre Dieu et Père pour nous les avoir données dans son Fils bien-aimé notre Sauveur, notre Seigneur, Celui qui nous aime, qui veut occuper nos pensées et nos cœurs chaque jour.
Il est remarquable, encore une fois, que la Parole souligne cette expression « TOUT le peuple ». Quand on a été assemblé autour du Seigneur, qu’on a joui ensemble – tout le peuple – de sa présence, on peut dire qu’il y a eu de la pâture pour tous. Le Seigneur Jésus est, encore aujourd’hui, Celui qui répond à tous les besoins ; Il peut satisfaire pleinement, même un jeune enfant ; si petit qu’il soit, s’il connaît Jésus dans son cœur et qu’il a le désir, jour après jour, de faire sa volonté, le Seigneur dans sa grâce, parce qu’Il n’est jamais notre débiteur, lui donnera de goûter aux joies de l’éternité.
N’est-ce pas merveilleux de lire : « Et tout le peuple s’en alla pour manger et pour boire ». Les petits ? Enfin ceux qui avaient de l’intelligence pour comprendre – on peut bien penser que les enfants étaient là, n’est-ce pas ? Un enfant comprend très vite, il n’a pas besoin d’être bien grand, il comprend très vite ce qui plaît au Seigneur et ce qui ne Lui plaît pas. Il a une conscience, il a ses parents qui lui ont enseigné ceci ou cela. Donc, il sait très bien.
Mais à la réunion, s’il a joui de la présence du Seigneur avec ses parents, avec ses frères et sœurs, avec tout le peuple de Dieu dirait-on aujourd’hui, n’est-ce pas magnifique ? Comment allons-nous tout à l’heure ressortir de cette salle ? Allons-nous envoyer des portions ? Allons-nous dire à notre ami peut-être qui n’était pas là aujourd’hui (le Seigneur connaît les motifs) : Tu sais on a été heureux, le Seigneur nous a parlé, le Seigneur nous a bénis.
Le Seigneur est Celui qui rassemble, Celui qui nourrit et qui suffit à tout. Allez, réjouissez-vous, envoyez des portions. Quelle joie dans le cœur ! Bien-aimés, qu’il y ait à travers toute notre affliction, aujourd’hui quelque peu quand même de cette joie, la joie du Seigneur connue dans le fond du cœur. On chante dans un cantique : « ne chercher qu’à te plaire en tout ce que l’on fait ». Mais cela va très loin ! Mais pourtant on le chante ! Alors soyons conséquents. Et qu’ajoute-t-on ? « C’est le ciel sur la terre, c’est le bonheur parfait ». N’est-ce pas ce que le Seigneur désire pour chacun, et pour tous, même nous tous ensemble malgré l’affliction ?
Et plus on sentira la misère, plus on mènera deuil, plus on sera affligé, et plus on sera heureux et plus on réalisera qu’aujourd’hui encore, à la veille de son retour – Il va paraître le Seigneur de gloire – que sa joie est notre force. Il s’agit de tenir ferme. Il y a des ennemis partout, au-dedans, au dehors, mais la joie du Seigneur est ma force, Il est fidèle, Il est le même, hier, aujourd’hui, éternellement. N’a-t-Il pas gardé ceux qui nous ont devancé ? Y en aurait-il un qui aurait été déçu ? Impossible !
Le Seigneur n’a jamais déçu qui que ce soit. Il est le même aujourd’hui dans ces temps de ruine, Il n’éteindra pas le plus faible lumignon, qui fume à peine. Il est puissant pour en raviver la flamme. En pensant à cette expression « s’assembla comme un seul homme », je pense à ce verset du Cantique des Cantiques où la Sulamithe dit : « Tire-moi : nous courrons après toi » (1. 4). Quelle belle conséquence ! Si chacun d’entre nous, jusqu’à nos plus jeunes enfants, pouvait avoir le désir dans son cœur : Seigneur, Tire-moi ! Alors nous allons courir ensemble vers Lui.
Ésaïe 12. 1 à 6 : « Et tu diras en ce jour-là : Je te célébrerai, Éternel, car tu étais en colère contre moi, [et] ta colère s’est détournée, et tu m’as consolé. Voici, *Dieu est mon salut ; j’aurai confiance, et je ne craindrai pas ; car Jah, Jéhovah, est ma force et mon cantique, et il a été mon salut. Et vous puiserez de l’eau avec joie aux fontaines du salut. Et vous direz en ce jour-là : Célébrez l’Éternel, invoquez son nom ; faites connaître parmi les peuples ses actes, rappelez que son nom est haut élevé. Chantez l’Éternel, car il a fait des choses magnifiques. Cela est connu dans toute la terre. Pousse des cris de joie et exulte, habitante de Sion, car grand, au milieu de toi, est le Saint d’Israël ».
Je voudrais simplement rappeler qu’il y a de saints désirs. Nous sommes invités à désirer avec ardeur des dons spirituels plus grands. Et ici, on voit au verset 13 que se manifeste ce désir de mieux comprendre la pensée du Seigneur. On peut Lui demander que ce désir habite chacun de nous, chacun dans le particulier. Je ne peux m’empêcher de rappeler ce que dit, bien sûr, l’apôtre Paul – et pourtant on aurait pu dire de lui qu’il était si près de son Seigneur : « Le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances » (Phil. 3. 10). C’était là un saint désir qui le remplissait ; et plus il approchait en fait du but, plus il avait le cœur tourné vers Celui qu’il allait bientôt contempler face à face. Et c’est ce que le Seigneur désire pour chacun de nous.
Hélas, il peut y avoir – nous ne le savons que trop – de mauvais désirs dans nos cœurs, nous avons la chair en nous, il y a des convoitises, il y a beaucoup de choses. Mais encore une fois, il n’y a qu’une seule manière pour que les choses soient laissées là où la croix de Christ les a mises, dans la mort, et c’est que notre cœur soit rempli du Seigneur, qu’Il soit l’objet de notre méditation, que nous goûtions cette communion avec Lui. Qui de nous n’a pas eu ces moments bénis ?
Demandons au Seigneur la grâce de nous tenir encore plus près de Lui, et d’avoir ce désir qui était là dans le cœur de ces hommes qui avaient des responsabilités particulières. C’étaient les chefs des pères, les sacrificateurs et les lévites, on connaît bien leur rôle qui nous appartient d’ailleurs aujourd’hui. Et ils s’assemblent auprès d’Esdras le scribe. Ils ont trouvé ce conducteur, celui qui dans toute sa vie a été un exemple, et quel bonheur d’apprendre ce que lui-même avait goûté avec Dieu.
Et en effet il nous est dit que c’était « pour devenir intelligents dans les paroles de la Loi », pour comprendre la volonté de Dieu et pour la faire. Le Seigneur Jésus nous dit : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Et il y a eu des conséquences très pratiques et bénies. « Et ils trouvèrent écrit dans la Loi que l’Éternel avait commandée par Moïse » (v. 14), en fait ils ont retrouvé ces choses. Et nous avons souvent besoin de retrouver des choses, non pas qu’elles ne soient pas, dans un sens, connues, mais elles ne prennent vie, si j’ose dire, que dans la mesure où elles sont soutenues par un amour réel pour le Seigneur. Autrement cela devient des habitudes, qui ne sont pas mauvaises bien sûr en soi, mais qui n’ont pas de valeur parce que ce que le Seigneur désire c’est : « Mon fils, donne-moi ton cœur » (Prov. 23. 6).
Nous voyons qu’ils s’assemblent encore, les chefs des pères de tout le peuple, les sacrificateurs et les lévites, ceux qui avaient une responsabilité particulière – peut-être que cela se fait encore en Afrique, où les distances sont très longues et où on réunit parfois des frères qui ont des charges particulières pour les enseigner. Mais parmi nous on n’a pas de longues distances à parcourir dans la brousse pour venir écouter la Parole.
On désire tous devenir intelligents, faire des progrès dans les pensées de Dieu. Mais c’est très important de relever qu’ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait connaître (v. 12). C’est une responsabilité de ceux qui exposent la Parole de l’expliquer de manière qu’on puisse la comprendre pour la recevoir dans le cœur.
Mais il y a aussi ce désir profond que le Seigneur veut mettre dans nos cœurs « pour devenir intelligents dans les paroles de la Loi ». Nous avons à croître dans les pensées de Dieu, dans la connaissance des pensées de Dieu. Il faut un équilibre dans l’enseignement : il y a des exhortations qui sont absolument nécessaires.
Peut-être y a-t-il des versets qu’on n’ose plus trop lire. C’est sûr qu’il faut beaucoup d’amour et de sagesse. Seulement le peuple ne peut pas vivre seulement d’exhortations, cela on le comprend bien. Si on donne continuellement que, des exhortations, le peuple va se lasser, mais nous en avons besoin. Dans le même temps aussi, il faut l’équilibre, il faut de la nourriture pour nos âmes, afin qu’il y ait des progrès dans la connaissance du Seigneur Jésus.
Et si, pendant une réunion, l’Esprit de Dieu a agi, il devrait y avoir dans nos cœurs ce désir d’être plus près du Seigneur, ce désir de Le connaître davantage, ce désir de L‘honorer davantage, de vivre davantage pour Lui. Tout cela, c’est le résultat de l’Esprit de Dieu comme quand la Parole de Dieu produit ses effets dans le cœur. Mais il y a aussi cette pensée que nous avons à croître dans la connaissance des pensées de Dieu.
Dieu nous a révélé énormément de choses dans sa Parole, et nous sommes aujourd’hui surpris, épouvantés de voir, dans ce monde chrétien, l’ignorance des pensées de Dieu. On ne sait plus rien, on ne sait même pas que le Seigneur va venir – c’est quand même terrible – on ne sait pas ce qui viendra demain après que le Seigneur sera venu.
Ici nous voyons que, après avoir été intelligents, ils ont trouvé dans la Loi qu’ils devaient habiter dans des tabernacles pendant toute la fête du septième mois. C’est par la Parole de Dieu qu’ils ont été intelligents concernant cette fête des tabernacles, qui avait lieu le quinzième jour du mois. Et on peut relever au verset 17 que « les fils d’Israël n’avaient pas fait cela depuis les jours de Josué, fils de Nun, jusqu’à ce jour-là ». Peut-être que des jeunes diront : Mais c’est étonnant parce que, dans le livre d’Esdras, il est dit qu’ils ont quand même fait la fête des tabernacles. Mais on peut accomplir plus ou moins la Parole de Dieu, selon ce qu’elle enseigne. Mais ici il y a un témoignage extraordinaire. Après avoir été enseignés par la Parole de Dieu, on voit des effets merveilleux, car depuis si longtemps on n’avait pas célébré cette fête selon ce qui est enseigné, « depuis les jours de Josué, fils de Nun ».
Luc 11. 9 à 13 : « Et moi, je vous dis : Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert. Or quel est le père d’entre vous à qui son fils demandera un pain et qui lui donnera une pierre ? ou aussi, [s’il demande] un poisson, lui donnera, au lieu d’un poisson, un serpent ? ou aussi, s’il demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ».
Notre Dieu est disposé à donner pourvu que nous sentions notre faim et que nous venions à Lui. Et nous sommes assurés qu’Il sera toujours disposé à donner. Je ne sais pas si vous avez remarqué qu’au début il y avait une joie, et à la fin c’est une très grande joie. Pourquoi ? Parce que le peuple avait à cœur d’être nourri par Dieu. Et si nous avons à cœur d’être nourri par Dieu, Il ne laissera pas ce besoin sans réponse. Que se passe-t-il dans ce troisième paragraphe ? Ils ont fait des progrès, ils ont trouvé d’autres vérités.
Dans ce même sens qu’il faut demander, rechercher, nous avons en Proverbes 2. 1 à 7 : « Mon fils, si tu reçois mes paroles et que tu caches par devers toi mes commandements pour rendre ton oreille attentive à la sagesse, si tu inclines ton cœur à l’intelligence, si tu appelles le discernement, si tu adresses ta voix à l’intelligence, si tu la cherches comme de l’argent et que tu la recherches comme des trésors cachés, alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu. Car l’Éternel donne la sagesse ; de sa bouche procèdent la connaissance et l’intelligence : il réserve de sains conseils pour les hommes droits ».
On ne trouve pas ici la fête du grand jour des propitiations. Nous savons que, pour le peuple d’Israël, le septième mois était un mois important. Après une longue période, tout à coup le premier jour du septième mois, il y avait la fête des trompettes. On a parlé de sa signification, on trouve les symboles dans la Parole de Dieu.
Les trompettes sont souvent le symbole de la Parole qui agit. En Nombres 10 par exemple il fallait sonner des trompettes quand on partait à la guerre, sur les holocaustes. C’est aussi une belle image dans la réunion de prière où on rappelle les promesses de Dieu. La guerre pour nous, c’est sur nos genoux, nous l’avons bien compris. Sur les holocaustes, un verset au culte qui parle du Seigneur, c’est la Parole de Dieu qui peut aussi élever le culte. Voilà la trompette.
Le premier jour du septième mois, c’était quand même un moment de réveil après plusieurs mois où il n’y avait rien eu. C’était un réveil parmi le peuple d’Israël. Ils avaient le sentiment qu’ils avaient perdu beaucoup de ce que Dieu leur avait confié. Et c’est aussi important pour nous comme on l’a rappelé qu’on se réveille. « Réveille-toi, toi qui dors… et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).
Mais le dixième jour, c’était le grand jour des propitiations. Le quinzième jour, c’était la fête des tabernacles. C’était un mois extrêmement important. Maintenant, pourquoi n’y avait-il pas ici ce grand jour des propitiations ? L’arche n’existait plus. Pour le grand jour des propitiations, il fallait une fois l’an aller mettre le sang sur le propitiatoire. On sait que le temple a été brûlé, l’arche n’existait plus.
L’arche n’était plus là. Quand le résidu du peuple était rentré dans le pays, à Jérusalem, l’arche ne l’accompagnait pas. Et l’arche était absolument nécessaire comme le siège de la sainteté de Dieu, où devait être répandu le sang de ce bouc, qui était pour l’Éternel. Alors ce n’était plus possible de le faire.
La deuxième pensée que nous pouvons peut-être trouver ici, est que, quand le Seigneur Jésus est mort, Lui le vrai sacrifice, quand la vraie expiation a été opérée, la propitiation, le temple était vide, dans le lieu très saint du temple il n’y avait pas l’arche de l’Éternel. Tout attendait. Et peut-être cela nous montre déjà ici que tout attendait ce moment où Dieu donnerait de Lui-même ce sacrifice du jour des propitiations. Il y aura ce sacrifice du Seigneur Jésus.
Et il me semble aussi que le fait que le rideau du tabernacle a été déchiré au moment où le Seigneur Jésus est mort, nous montre d’une part, c’est vrai, que nous avons, comme l’épître aux Hébreux le montre, la possibilité d’entrer dans le sanctuaire, une image bien sûr, c’est en type, mais d’autre part cela nous montre aussi que maintenant, si on regarde bien dans le temple, dans le sanctuaire, il n’y a rien là dans le service de la Loi qui ait pu vraiment opérer cette expiation, cette propitiation absolument nécessaire aussi pour le résidu pour qu’il puisse vivre vraiment ce qui est caractérisé par la fête des tabernacles parce que celle-ci nous donne prophétiquement une vue dans le millénium, dans le règne des mille ans du Seigneur Jésus.
Ce n’est pas par le judaïsme, par ce qui se faisait jusqu’à ce moment-là que c’était possible. C’était uniquement ce sacrifice que le Seigneur Jésus a réalisé. Il me semble que ce sont là aussi les raisons pour lesquelles on ne trouve pas ce grand jour ici. La Parole de Dieu n’en parle pas. Tout simplement la Parole de Dieu se tait sur cette fête, et nous ne la retrouvons plus. Mais prophétiquement, il nous est montré que le jour de la délivrance pour le peuple d’Israël est encore en vue, est un avenir, mais un avenir sûr dont parle cette fête des tabernacles.
D’ailleurs cette fête des tabernacles a une autre signification pour nous. Ces tabernacles, c’étaient des tentes qu’ils ne faisaient pas avec des étoffes de laine ou autre chose comme cela, mais ils les faisaient avec ce que Dieu leur avait donné maintenant dans le pays comme bénédiction, les branches de ces arbustes et arbres qui sont mentionnés.
Cela montre d’une part qu’ils trouveront la bénédiction, mais qu’ils ne devaient pas oublier qu’ils avaient dû faire un voyage à travers le désert – et c’est aussi une application pour nous, nous sommes encore dans un voyage à travers le désert, et les tabernacles nous rappellent cela ; et en même temps la joie d’être dans le pays, donc pour le règne des mille ans.
Verset 14 : « Et ils trouvèrent écrit dans la Loi que l’Éternel avait commandée par Moïse, que les fils d’Israël devaient habiter dans des tabernacles pendant la fête du septième mois ». Le peuple est réuni et instruit de ce qu’il avait oublié. Il découvre alors des vérités nouvelles, qui n’avaient été auparavant annoncées, des vérités qui étaient écrites dans la Loi de Moïse, mais qu’ils avaient oubliées.
Ne pensons pas qu’aujourd’hui il va nous être révélé autre chose que ce que contient la Parole de Dieu. Elle est complète, et ne cherchons pas à imaginer autre chose que ce que contient la parole de Dieu. Gardons la Parole de Dieu telle qu’elle nous est donnée, dans toute son intégrité.
Il y a cette fête des tabernacles, qui est rappelée et qui va être célébrée. Nous savons, par le chapitre 23 du livre du Lévitique, qu’il y avait une série de fêtes qui devaient Lui être offertes. Et on peut dire qu’il y a deux séries de fêtes. On a depuis la Pâque, la fête des pains sans levain, la fête de la gerbe des prémices tournoyée (versets 9 à 14) ; et puis, en comptant cinquante jours depuis la fête de l’offrande tournoyée des prémices, la fête des semaines (versets 15 à 22). Voilà les premières fêtes qui entrent dans l’institution que Dieu a établie.
Puis si nous lisons ce qui est dit de ces fêtes en Exode 23. 16 : « et la fête de la moisson des premiers fruits de tes travaux, de ce que tu auras semé dans le champ ; et la fête de la récolte, à la fin de l’année, quand tu recueilleras du champ [les fruits de] tes travaux ». Cette fête des tabernacles est une fête qui doit être célébrée à la fin de l’année.
Est-ce que cela ne nous parle pas de ce qui nous convient à nous aujourd’hui ? Nous ne sommes pas à la fin de l’année, nous sommes plutôt à la fin d’une époque – on l’a dit à plusieurs reprises. Le moment où le Seigneur va revenir pour enlever son église approche. Ces temps de la fin dans lesquels nous sommes, c’est le temps pendant lequel la fête des tabernacles peut être offerte, une fête qui nous parle de joie.
Mais nous sommes sur la terre, et cette fête, qui peut remplir le cœur de joie, est quand même marquée par les infirmités de la terre. Et si nous considérons ce qui nous est dit de cette fête en Nombres 29 nous voyons au verset 12 : « Le quinzième jour du septième mois, vous aurez une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service, et vous célébrerez une fête à l’Éternel pendant sept jours ». C’était donc une fête qui durait sept jours.
« Et vous présenterez un holocauste, un sacrifice par feu d’odeur agréable à l’Éternel, treize jeunes taureaux, deux béliers, quatorze agneaux âgés d’un an (ils seront sans défaut)… Et le second jour, [vous présenterez] douze jeunes taureaux… Le troisième jour, onze taureaux… et ainsi de suite jusqu’au septième jour où on présentera sept taureaux. Est-ce que nous ne voyons pas là ce qui caractérise nos cœurs : quand il n’y a que le sujet de la joie qui est devant nous, combien nos cœurs rapidement ont leurs affections qui diminuent.
Et au lieu de présenter la totalité des sacrifices, nous voyons bien que le sacrifice est limité à treize taureaux. Ce n’est pas deux fois sept, quatorze, ce n’est pas la perfection, nous sommes sur la terre, c’est encore la faiblesse. Et avec un taureau de moins chaque jour, on peut dire que dans ce qui est apporté à Dieu, nos affections diminuent chaque jour. Est-ce qu’il n’y a pas là pour nous un enseignement ?
Jusqu’au bout nous avons besoin d’être vigilants, sinon nos affections vont continuer d’aller en diminuant. Mais, malgré ce que nous sommes, malgré notre grande misère, il y a toute la grâce de Dieu qui brille, parce qu’au verset 17, il nous est dit : « Il y eut une très grande joie ». Il est remarquable de voir cette part bénie qui est accordée à ce peuple à la fin de ce moment, une très grande joie.
Au verset 12, il était question de faire de grandes réjouissances. On pourrait dire : c’est un temps de faiblesse, c’est un temps de ruine ; et tout le peuple, c’était ceux qui étaient remontés de la captivité en un tout petit nombre, quarante-deux mille personnes. Qu’est-ce que c’était par rapport au nombre qu’ils étaient du temps de Salomon ? Eh bien, il y a une très grande joie. C’est l’immensité de la bénédiction que Dieu veut donner.
Et d’où vient cette très grande joie ? Elle vient de ce que nous avons au verset 6 : « Esdras bénit l’Éternel, le grand Dieu ». C’est Dieu qui est grand. Dieu est grand, et les bénédictions qu’Il donne sont à la mesure de ce qu’Il est. Alors, à quoi allons-nous nous attacher ? Aux bénédictions qui sont grandes ? Bien sûr que nous sommes heureux d’en jouir. Mais ce qui est encore plus privilégié, et encore plus béni que tout ce que Dieu peut nous dispenser, c’est le Donateur, c’est Dieu Lui-même.
Et Dieu est grand dans tout ce qu’Il est, Il est grand dans sa puissance, Il est grand dans son amour, Il est grand dans sa miséricorde, Il est grand dans sa patience, Il est grand dans tout son être. Et notre plus grand bonheur est de jouir de ce qu’Il est.
La fête des tabernacles se célébrait après la moisson et les vendanges qui nous parlent des jugements. Elle nous parle donc de cette bénédiction du règne millénaire. Il y en a ici des signes quand il est parlé des branches de myrte. Nous savons que c’est le signe de la bénédiction. Dans un autre passage il est dit : « au lieu de l’ortie croîtra le myrte » (És. 55. 13). On pourrait appliquer plusieurs signes dans ce qui est donné ici. Mais ces branches nous parlent de la bénédiction du règne millénaire.
Mais en même temps ils devaient se souvenir de toute la grâce de Dieu tout au long du chemin dans le désert. C’est pourquoi pendant ces jours, ils faisaient des tentes, des cabanes, avec ces branches. Et pour nous, on peut se souvenir aussi qu’au temps du réveil il y a une vérité qui avait été oubliée depuis longtemps, et qu’on a retrouvée, la venue du Seigneur. On a découvert tout à coup que le Seigneur allait venir.
C’est quelque chose qui a réveillé très fortement les affections de nos frères et sœurs, évidemment qui réveillent aussi nos affections dans la pensée que le Seigneur va venir. Et nous devons nous souvenir, nous nous souviendrons de toute la grâce du Seigneur tout au long de notre chemin.
Jean 7. 1 et 2 : « Après ces choses, Jésus se tenait en Galilée, car il ne voulait pas se tenir en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. Or la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche ». Le Seigneur est absent, c’est la fête des Juifs. Alors les frères du Seigneur Lui disent : Mais va, « montre-toi au monde toi-même. Car ses frères ne croyaient pas en lui non plus. Jésus donc leur dit : Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. Le monde ne peut pas vous haïr ; mais il me hait » (Jean 7. 4 à 7).
Pour nous, c’est un peu la même chose. On nous sollicite : montre-toi au monde, montre tes capacités. Il ne faut pas rester enfermé dans ton petit cercle. Mais notre temps n’est pas venu non plus. Ce n’est pas le temps de nous montrer au monde, c’est le temps de souffrir avec Christ. Si nous souffrons avec Lui, nous règnerons avec Lui (2 Tim. 2. 12).
Mais ce qui est beau c’est que, si le Seigneur peut dire que son temps n’est pas venu : « Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié) » (Jean 7. 37 à 39).
C’est l’amour de Dieu, l’amour du Seigneur Jésus pour ce peuple jusqu’à la fin, ce peuple qui cherchait à Le faire mourir. Si ce n’est pas le temps de nous montrer au monde, qu’il y ait aussi ce désir dans nos cœurs de proclamer cette bonne nouvelle : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie ». C’est la fin du livre de la Parole de Dieu qui se termine par ces exhortations. Que ce soit au chapitre 21 comme au chapitre 22, il y a encore cet appel qui est donné.
« Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées. Moi, je suis la racine et la postérité de David, l’étoile brillante du matin. Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22. 16 et 17).
Au chapitre 21. 6 il est dit : « À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la fontaine de l’eau de la vie ». Il y a une main qui se tend vers le ciel, qui dit : Viens, Seigneur ! « Que celui qui entend dise : Viens ». Mais il y a une autre main qui se tend encore vers mon prochain, vers mon voisin, qui lui dit : « Que celui qui a soif vienne ». Viens à Jésus, c’est peut-être le dernier jour !
Réunion d’études près de Pau (2012)