BERACA 48 : SAMSON

Samson a tué un lion et quelques temps après « il y avait dans le corps du lion un essaim d’abeilles, et du miel » (Jug. 14. 8). Les victoires que les croyants en Jésus Christ remportent sur Satan, vu comme le lion rugissant ou le serpent ancien, leur procurent nourriture et douceur parce qu’ils les remportent par la seule force que Dieu fournit. En Apocalypse 5. 5, notre Seigneur Jésus Christ est présenté comme le lion de la tribu de Juda qui a vaincu. Il a vaincu Satan, le monde et la mort qu’il a dû connaître. Et, comme les enfants que Dieu lui a donnés, « ont eu part au sang et à la chair, lui aussi, de la même manière, y a participé, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivre tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, tenus en esclavage » (Héb. 2. 14 et 15). De sa mort jaillit la vie par sa résurrection et l’effusion du Saint Esprit par sa glorification.

Samson est donné au peuple d’Israël pour l’aider en des temps d’égarement ; il agit avec une force surhumaine qui lui vient de Dieu. À cause de ce que son beau-père, un Philistin, lui a fait comme affront en donnant sa femme à un autre, il « s’en alla, et prit trois cents chacals ; et il prit des torches, et tourna les chacals queue contre queue, et mit une torche entre les deux queues, au milieu. Et il mit le feu aux torches, et lâcha les chacals dans les blés des Philistins ; et il brûla tant les tas de gerbes que le blé sur pied et les plantations d’oliviers. Et les Philistins dirent : Qui a fait cela ? » (Jug. 15. 4 à 6). Ces derniers jugent la situation et tuent sa femme et son beau-père ; Samson n’accepte pas cela et les frappe « d’un grand coup, à leur casser bras et jambes » (v. 8).

Il s’en suit que les Philistins viennent en assez grand nombre, sur les terres occupées par la tribu de Juda, comme pour livrer bataille mais ils veulent seulement Samson « pour lui faire comme il nous a fait » (v. 10). Les fils d’Israël sont tombés au plus bas, ils ne souffrent apparemment pas de la domination des Philistins et sont même honteux du libérateur que Dieu leur a donné. Alors des hommes de Juda montent pour lier Samson et s’en débarrasser. « Ne sais-tu pas que les Philistins dominent sur nous ? » v. 11). Cela revenait à lui dire : Nous sommes satisfaits de la situation présente, pourquoi viens-tu nous attirer des difficultés ? Alors, ses propres compatriotes, qui auraient dû prendre position contre l’ennemi, « le lièrent avec deux cordes neuves, et le firent monter hors du rocher. Il vint jusqu’à Lékhi, et les Philistins poussèrent des cris à sa rencontre. Et l’Esprit de l’Éternel le saisit ; et les cordes qui étaient à ses bras devinrent comme de l’étoupe qui brûle au feu, et ses liens coulèrent de dessus ses mains » (v. 14).

Ne pas accepter celui que l’Éternel employait, pour les délivrer du joug de l’adversaire, c’était s’être détourné bien loin du seul vrai Dieu. Délié par la force que Dieu fournit, Samson « trouva une mâchoire d’âne fraîche, et il étendit sa main et la prit, et en frappa mille hommes » (v. 15). Ils étaient nombreux ceux qui avaient l’espoir de l’anéantir et, seul en face d’eux, comme David que ses frères méprisaient fut seul devant Goliath, il remporte une victoire sur les ennemis du peuple de Dieu.

Notre Seigneur Jésus, lui aussi, fut seul et combien seul (voir Ps. 102. 6). Seul au désert, seul en Gethsémané, seul sur la croix.

« Tu fus seul sur la croix, buvant la coupe amère,

Sans qu’un cœur vînt répondre à ton cri douloureux ;

Maintenant exalté sur le trône du Père,

De ta louange, ô Christ, retentissent les cieux »

(Hymnes et Cantiques n°11).

Il y a une grande différence entre les héros de la foi et notre Seigneur. S’ils furent des types d’un plus grand à venir, ils l’ont été seulement en certains aspects. Jésus est plus grand que tous car il est Dieu. C’est un mystère appelé « le mystère de la piété » ; il est grand en ce que Dieu qui « est esprit » s’est manifesté aux hommes dans un corps d’homme (Jean 4. 24). Les victoires des hommes de foi ne se comparent pas avec celles de notre Seigneur, toutefois, elles sont enregistrées dans les Écritures (Héb. 11. 32).

Le rocher spirituel qui suivait les fils d’Israël était le Christ. Ce rocher a été frappé pour qu’un peuple de plus de deux millions d’âmes soit désaltéré. Christ a dû mourir pour que nous ayons la vie et la puissance vivifiante de l’Esprit Saint par sa résurrection et sa glorification. Samson, la victoire remportée, « eut une très grande soif et il cria à l’Éternel, et dit : Tu as donné par la main de ton serviteur cette grande délivrance, et maintenant je mourrais de soif, et je tomberais entre les mains des incirconcis ! Et Dieu fendit le rocher creux qui était à Lékhi, et il en sortit de l’eau ; et il but, et son esprit revint, et il vécut » (v. 18 et 19). Cette source fut appelée : la source de celui qui crie !

Nous pensons aux paroles de notre Seigneur, par les prophètes et par lui-même :

« J’ai dit : Mon Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours ! » (Ps. 102. 24).

« Et s’en allant un peu plus avant, il se jeta contre terre, et il priait que, s’il était possible, l’heure passât loin de lui » (Marc 14. 35).

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15. 34).

Jésus a dû passer par la mort pour que la victoire fut totale et définitive : « Tu m’as répondu d’entre les cornes des buffles. J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation » (Ps. 22. 21 et 22).

L’apôtre Jean, exilé sur l’ile de Patmos, entend une voix ; il se retourne et voit « … quelqu’un de semblable au Fils de l’homme, … son visage était comme le soleil quand il luit dans sa force. Lorsque je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il mit alors sa main droite sur moi et dit : Ne crains point ; moi, je suis le premier et le dernier, et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles » (Apoc. 1. 12 à 18). C’est à Lui que Samson a crié, c’est à Lui que nous devons crier pour être délivré dans tous nos combats. L’Esprit de Christ nous vivifie, sa Parole nous désaltère, poursuivons la course en « fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 2).