Il N’Y A PAS DE « PETIT JÉSUS » DANS LA CRÈCHE !

Chers amis, c’est la période de Noël. On va entendre des musiques et des chants de Noël, aller à des concerts de Noël, où les chants chrétiens vont être mélangés à des chansons de toutes sortes, on va parler de fêtes, de décorations lumineuses et autres, de bons repas, de cadeaux, de trêve et de paix, bref, d’un Noël magique ! Certains vont aller à la messe de minuit, d’autres vont préparer une crèche où l’on va coucher « le petit Jésus ».

Cette appellation, n’est-elle pas condescendante, irrespectueuse, voire méprisante ? Car celui qui est dans la crèche, c’est « Dieu avec nous », la signification d’Emmanuel. « C’est pourquoi le Seigneur, lui, vous donnera un signe : Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel » (És. 7. 14). « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle (ou d’éternité), Prince de paix. À l’accroissement de [son] empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin » (És. 9. 6 et 7). Ces qualificatifs grandioses ne contrastent-ils pas avec « le petit Jésus » ?

Relisons, avec adoration, cette scène merveilleuse de Luc 2. « Dans la même contrée, il y avait des bergers qui demeuraient aux champs, et gardaient leur troupeau pendant les veilles de la nuit. Alors un ange du Seigneur se trouva avec eux ; la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux, et ils furent saisis d’une grande peur. L’ange leur dit : N’ayez pas peur, car voici, je vous annonce une bonne nouvelle, un grand sujet de joie, qui sera pour tout le peuple ; Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. En voici pour vous le signe : vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche. Soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste, qui louait Dieu et disait : Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! Et il arriva, lorsque les anges les eurent quittés pour aller au ciel, que les bergers dirent entre eux : Allons donc jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. Et ils partirent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche… Les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qu’il leur avait été dit ».

Il y a bien un petit enfant emmailloté et couché dans la crèche, mais il s’agissait du Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur, de « notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ » (Tite 2. 13), Cette scène d’humilité profonde et touchante est auréolée de la gloire de Dieu. Alors, nous aussi, soyons respectueux et exprimons-nous avec 2 Corinthiens 9. 15 : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ».

Quelle humilité, quel abaissement ! « Le christ Jésus, lui qui, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, trouvé quant à son aspect comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2. 5 à 8). Ce verset nous parle de sa naissance, de son service pour Dieu et de sa mort.

Le ciel a visité la terre :

Emmanuel vient jusqu’à nous.

Dieu se fait homme : ô saint mystère !

Que son peuple adore à genoux !

Amour impossible à comprendre,

Le Fils de Dieu, le Créateur,

Vers nous, pécheurs, voulut descendre

Sous les traits du vrai Serviteur.

Ce grand amour qui s’humilie,

Plus bas encore est descendu :

Le Fils de l’homme offre sa vie

Et meurt pour un monde perdu !

Quel encens rare et sans mélange

T’offriraient les tiens en retour ?

Le parfum de notre louange

N’est-il pas, Jésus, ton amour ?

Le ciel a visité la terre :

Emmanuel vient jusqu’à nous.

Dieu se fait homme : ô saint mystère !

Que son peuple adore à genoux !

Hymnes et Cantiques n°175

« Marie mit au monde son fils premier-né, et l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » (Luc 2. 7) ; « le Fils de l’homme n’a pas de lieu où reposer sa tête » (Luc 9. 58) ; « il a été crucifié en faiblesse » (2 Cor. 13. 4).

Une crèche pour naître, pas de domicile fixe sur la terre, une croix pour mourir ! Et c’est le Fils de Dieu, le créateur de toutes choses… C’est le sauveur du monde, c’est mon Sauveur !

La suite de Philippiens 2 (9 à 11) : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se plie tout genou des êtres célestes, terrestres et infernaux, et que toute langue reconnaisse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».

Lisons maintenant Matthieu 2. 1 à 11. « Après que Jésus fut né à Bethléhem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici, des mages arrivèrent de l’Orient à Jérusalem, et dirent : Où est le roi des Juifs qui a été mis au monde ? Car nous avons vu son étoile dans l’orient, et nous sommes venus lui rendre hommage… Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Une fois entrés dans la maison, ils virent le petit enfant avec Marie sa mère… ».

Cette scène se passe bien plus tard, le Seigneur n’est plus dans la crèche. Les mages ont vu l’étoile annonçant la naissance de Jésus et ont entamé un long voyage pour lui rendre hommage. La scène se passe donc des mois après celle des bergers, jusqu’à maximum 2 ans après sa naissance, puisque le roi Hérode, par la suite, fit tuer tous les enfants (note : tous les petits garçons) qui étaient dans Bethléhem et dans tout son territoire, depuis l’âge de deux ans et au-dessous, selon le temps dont il s’était enquis exactement auprès des mages (Mat. 2. 16).

Par ce verset nous voyons donc que positionner les « rois mages » {de plus, la Bible ne mentionne pas que ce sont des rois !} dans la crèche est faux. Et nous voyons ces personnalités qui ne faisaient pas partie du peuple d’Israël honorer avec respect le jeune enfant : « alors, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; ils ouvrirent leurs trésors et lui offrirent des dons : de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». Ceux qui respectent la tradition en érigeant une crèche et en y plaçant l’enfant Jésus, respectent-ils le Fils de Dieu, l’honorent-ils de leurs lèvres et par leur marche ?

Un verset qui nous remplit d’incompréhension et d’adoration se trouve en Luc 1. 35 : « celui qui naîtra, saint, sera appelé Fils de Dieu » (autre traduction : ce qui naîtra [de toi] Saint, sera appelé le Fils de Dieu). L’accent est mis sur le caractère saint de cet enfant, de Celui qui n’a pas connu le péché (2 Cor. 5. 21) qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude (1 Pier. 2. 22). Petit enfant, enfant à 12 ans et pendant toute sa vie, Il a été parfait et a toujours honoré Dieu et fait sa volonté.

Le monde occidental fête avec beaucoup de faste la naissance de Christ, alors que sa naissance est passée inaperçue parmi son propre peuple, à l’exception de quelques Juifs fidèles. Le monde religieux fête aussi en grande pompe la Pâque, alors qu’il a poussé le peuple à crucifier le roi des Juifs. « Mais les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent les foules de demander Barabbas et de faire périr Jésus » (Mat. 27. 20) ; Pilate savait que les principaux sacrificateurs l’avaient livré par jalousie (Marc 15. 10) ; « ils insistaient à grands cris, demandant qu’il soit crucifié. Leurs cris et ceux des principaux sacrificateurs eurent le dessus » (Luc 23. 23) ; « Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi ! Mais ils crièrent : À mort, à mort ! crucifie-le ! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n’avons pas d’autre roi que César » (Jean 19. 15). »

N’est-ce pas faire preuve d’une grande hypocrisie ? Le monde religieux, qu’il soit juif, catholique, orthodoxe ou protestant est plus concerné par l’apparat, par un faste de costumes et de tenues les plus dorés et colorés, de grand-messes ou cultes « prestigieux » de chorales superbes, que par un profond respect pour la Personne de Jésus, et de reconnaissance pour sa naissance et sa mort.

Mais loin de moi de critiquer les vrais croyants qui, lors de ces deux fêtes, agissent avec des cœurs pleins d’amour pour le Seigneur et se réjouissent à Noël comme les bergers et plus tard les mages, et se rappellent à Pâques que Jésus est mort pour eux sur la croix et est ressuscité puis remonté au ciel.

Mais, chers amis, pour ceux d’entre nous qui ont encore la possibilité de participer à un culte, quel privilège de pouvoir célébrer chaque dimanche, et pas seulement une fois par an (Noël, Pâques, la fête de l’Ascension) la naissance, la vie, la mort, la résurrection, le retour du Seigneur dans la gloire, et de penser à son prochain retour pour nous prendre auprès de Lui, et de répondre à son désir de nous souvenir de Lui par le pain et le vin ! Que chaque dimanche passé autour du Seigneur soit un moment privilégié et heureux !

Et pour vous qui ne pouvez plus le faire, il y a parfois la possibilité de suivre un culte par Internet ou par téléphone, ou éventuellement de se réunir à deux ou trois le dimanche pendant l’heure du culte de votre « ancienne » assemblée locale, par exemple, et d’avoir un moment d’adoration entre vous et le Seigneur (par exemple si vous êtes à plusieurs croyants dans une maison de repos, ou si vous habitez près d’un(e) voisin(e) chrétien(ne). Et même si vous êtes seul(e), rien ne vous empêche d’avoir un moment de recueillement le dimanche pour vous souvenir de Lui et de son œuvre à la croix.

Lisons maintenant ce que Jean 1 nous dit de la venue de Jésus dans ce monde.

« Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous avons contemplés sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité… de sa plénitude en effet, nous tous nous avons reçu et grâce sur grâce… la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître… la vraie lumière était celle qui, venant dans le monde, illumine tout homme. Il était dans le monde, et le monde fut fait par lui ; et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, les siens ne l’ont pas reçu. » Voilà comme le monde (et le monde religieux) l’a reçu. Cela a t-il changé aujourd’hui ? « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, c’est-à-dire à ceux qui croient en son nom ».

Bien-aimés, qu’à l’évocation de la naissance de Jésus nous soyons remplis de la crainte de Dieu, de respect, d’hommage, de reconnaissance et d’adoration ! Car c’est pour moi qu’Il a quitté le ciel, qu’Il a pris un corps d’homme, qu’Il est né dans une crèche, qu’Il a souffert de la part des hommes, souffert l’abandon de Dieu à la croix, avant d’entrer dans la mort. Et Il est ressuscité pour ma justification puis est remonté au ciel et ma place est prête. Merci Seigneur.

« Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru dans le monde, a été élevé dans la gloire » (1 Tim. 3. 16).

« Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies indiscernables ! » (Rom. 11. 33).

Fils du Très-Haut, toi, l’Admirable…

Tu voulus, mystère insondable !

Quittant la gloire du saint lieu,

Venir dans un monde coupable

Pour y mourir, Agneau de Dieu !

Suprême amour, profond mystère !

Nous te voyons, Homme divin,

De Bethléhem jusqu’au calvaire

Suivre ton douloureux chemin.

Et tu portas, sainte Victime,

Aux heures sombres de la croix,

Le jugement de notre crime,

Du courroux divin tout le poids.

Ô Seigneur ! nous te rendons gloire.

À toujours dans un même accord,

Nos cœurs chanteront ta victoire,

Ton amour vainqueur de la mort.

Hymnes et Cantiques n°45

« Et tu vins dans un corps par Dieu même formé ;

Humble enfant, tu naquis plus bas que nous ne sommes.

Ô mystère profond… !

Tu mis pour nous ta vie, ô Sauveur adorable !

Hymnes et Cantiques n° 47

Oh ! quelle joie éclata dans le ciel,

Lorsqu’ici-bas, Jésus, Emmanuel,

Naquit dans la faiblesse !

Les anges saints disaient : « Gloire au Seigneur !

 Paix sur la terre ! » et le céleste chœur

Tressaillait d’allégresse.

Hymnes et Cantiques n°181

Avec toute mon affection en Christ, Marco. Janvier 2025.