C’EST INJUSTE !

Bonjour chers frères et sœurs.

Ces mots « c’est injuste », ne sont-ils pas souvent sur nos lèvres concernant le décès d’un(e) bien-aimé(e) dans la fleur de l’âge : un enfant, un jeune, tous ceux qui meurent « trop tôt », soit par une disparition brusque et rapide dans un accident, soit à la suite d’une longue et douloureuse maladie…

Nous sommes tous, tôt ou tard, confrontés à de telles situations, et notre première réaction est de dire que c’est injuste. Pourquoi moi, pourquoi mon enfant, pourquoi maintenant, pourquoi si jeune, pourquoi de cette manière-là… ? Que d’interrogations !

Mais, attention, nous oublions qu’en jugeant une situation comme étant injuste, nous sous-entendons que… Dieu est injuste ! C’est ce que le monde pense réellement, et nous ne devons pas réagir de la même manière.

Dès que ces pensées traversent notre esprit, rappelons-nous que Dieu a permis, voire occasionné cette situation. Nous devons alors nous soumettre à sa souveraineté, lui faire confiance et rechercher ses consolations.

Rappelons-nous l’histoire de Job. En un jour, il a tout perdu : toutes ses richesses, puis ses dix enfants ! Qui est derrière ces catastrophes ? Satan. Qui l’a permis ? L’Éternel. Mais ce n’est pas encore fini ; à cause de sa fidélité dans ses terribles épreuves, Satan s’acharne sur Job en lui envoyant une maladie très douloureuse. Nous trouvons tous cette situation injuste et incompréhensible de la part d’un Dieu d’amour.

Job ne comprend pas pourquoi Dieu l’a « abandonné » alors qu’il était parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du mal (1. 1 et 8 ; 2. 3), et qu’il faisait beaucoup de bien autour de lui – « je délivrais le malheureux qui implorait du secours, et l’orphelin qui était sans aide… je faisais chanter de joie le cœur de la veuve… J’étais, moi, les yeux de l’aveugle et les pieds du boiteux ; j’étais un père pour les pauvres… » (ch. 29) !

Sa détresse, ses souffrances, sont immenses : « Je crie à toi, et tu ne me réponds pas… tu t’es changé pour moi en [ennemi] cruel ; tu me poursuis avec la force de ta main… j’attendais le bien, et le mal est arrivé ; je comptais sur la lumière, et l’obscurité est venue. Mes entrailles bouillonnent et ne cessent pas ; les jours d’affliction sont venus sur moi… Je suis devenu le frère des chacals et le compagnon des autruches. Ma peau devient noire [et se détache] de dessus moi, et mes os sont brûlés par la sécheresse (30. 20 à 31).

Son incompréhension est totale. Voici la liste de ses POURQUOI ? : « Pourquoi ne détournes-tu pas les yeux de moi, et ne me laisses-tu pas tranquille ?… pourquoi m’as-tu placé pour être l’objet de tes coups, de sorte que je suis un fardeau à moi-même ?… pourquoi ne pardonnes-tu pas ma transgression…? (7.19 à 21) ; pourquoi me fatigué-je ainsi en vain ? » (9. 29) ; « fais-moi savoir pourquoi tu contestes avec moi. Prends-tu plaisir à opprimer… ? » (10. 2 et 3) ; « pourquoi m’as-tu fait sortir du sein [de ma mère] ? » (10. 18 – cf. 3,11 et 12) ; « pourquoi caches-tu ta face, et me tiens-tu pour ton ennemi ? » (13. 24) ; « pourquoi les méchants vivent-ils, deviennent-ils âgés, et croissent-ils même en force ? » (21. 7) ; « pourquoi des temps ne sont-ils pas réservés par devers le Tout-puissant, et ceux qui le connaissent ne voient-ils pas ses jours ? » (24. 1). Chacun, nous pouvons rajouter à cette liste « nos propres pourquoi ? »

Job trouve injuste sa situation par rapport à ceux qui ne craignent pas Dieu. « Pourquoi les méchants vivent-ils, deviennent-ils âgés, et croissent-ils même en force ? Leur postérité s’établit devant eux, auprès d’eux, et leurs descendants devant leurs yeux. Leurs maisons sont en paix, loin de la frayeur, et la verge de Dieu n’est pas sur eux. Leur taureau engendre sans manquer, leur vache vêle et n’avorte pas. Ils font sortir leurs jeunes enfants comme un troupeau, et leurs enfants s’ébattent. Ils chantent… et se réjouissent… Ils passent leurs jours dans le bonheur, et en un moment descendent dans le shéol. Et ils disent à Dieu : Retire-toi de nous, nous ne prenons pas plaisir à la connaissance de tes voies. Qu’est-ce que le Tout-puissant pour que nous le servions, et que nous profitera-t-il de nous adresser à lui ? » (21. 7 à 15).

Ne jetons pas la pierre à Job car nous penserions certainement comme lui.

Mais Job a dû passer par ces moments très difficiles pour apprendre à mieux se connaître lui-même (« Voici, je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? Je mettrai ma main sur ma bouche » (39. 37) => humilité), et surtout à mieux connaître Dieu (« Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu » (42. 5) => omniscience et souveraineté de Dieu).

Au chapitre 34. 5 Job a dit : « Je suis juste, et Dieu a écarté mon droit ». Élihu (qui avait la pensée de Dieu alors que les trois amis de Job l’écrasaient) doit lui répondre : « Certainement Dieu n’agit pas injustement », et le Tout-puissant ne pervertit pas le droit » (34. 12). « Que dirons-nous donc ? Y aurait-il de l’injustice en Dieu ? Absolument pas ! » {ou : loin de moi de penser une telle chose !} (Rom. 9. 14). « L’Éternel est juste » (Ex. 9. 27 ; 2 Chron. 12. 7 ; Lam. 1. 18 ; Ps. 129. 4). « L’Éternel est plein de grâce et juste, et notre Dieu est miséricordieux » (Ps. 116. 5).

Que nous puissions dire avec conviction et en toute circonstance : « L’Éternel est droit. Il est mon rocher, et il n’y a point d’injustice en lui » (Ps. 92. 15). « Tu es juste, ô Éternel ! et droit dans tes jugements » (Ps. 119. 137 + cf. Esd. 9. 15).

Comment réagir lorsque nous apprenons qu’un être cher appartenant au Seigneur est décédé, alors qu’il ou elle était encore jeune ?

Tout d’abord, répandons notre âme devant le Seigneur en Lui faisant part de notre sentiment d’injustice, d’incompréhension, voire de révolte. Parlons-lui de notre souffrance, de nos craintes, de notre désespoir… et laissons-nous consoler par Lui. Il nous répond par sa Parole, par des feuillets de calendrier, par des cantiques, par des croyants et par des passages qu’il mettra dans nos pensées. Rappelons-nous ces versets évoqués plus haut : « Certainement Dieu n’agit pas injustement et il n’y a point d’injustice en lui ». Nous devons accepter sans comprendre, en étant persuadés « qu’il fait toutes choses bien » (Marc 7. 37).

Pour la personne que Dieu a reprise à lui, il n’y a pas de meilleure chose qui puisse lui arriver. Lisons Philippiens 1. 21 à 23 : « pour moi, vivre c’est Christ ; et mourir, un gain… être avec Christ… cela est de beaucoup meilleur ». Et 2 Corinthiens 5. 1 nous dit : « Car nous savons que, si notre maison terrestre qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de main, éternelle, dans les cieux ». => « Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur… afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent » (Apoc. 14. 13).

Oui, être dans le repos près de Jésus notre Sauveur (il s’agit de notre âme en attendant la résurrection du corps avec tous les saints endormis), quel bonheur ! Et en plus, nos œuvres faites pour le Seigneur nous suivent. « Car Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints » (Héb. 6. 10) ; « ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » (Mat. 6. 18) ; « Et quiconque aura donné à boire seulement un verre d’eau fraîche à l’un de ces petits, en qualité de disciple, en vérité, je vous le dis : il ne perdra point sa récompense » (Mat. 10. 42).

Nous devons nous persuader que Dieu n’est jamais injuste, même si nous ne comprenons pas pourquoi Il agit de cette manière-là. « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel : car [comme] les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (És. 55. 8 et 9). Nous avons à suivre le conseil de Jacques 4. 7 : « Soumettez-vous donc à Dieu ».

Dieu n’agit jamais de manière inconsidérée, il a un ou plusieurs buts, que nous ne percevons souvent pas. Si nous passons par une maladie qui mène à la mort, et souvent avec des souffrances, nous n’avons qu’une seule chose à faire : nous remettre à Dieu. Ne perdons jamais de vue qu’Il est tout-puissant et qu’il peut guérir n’importe quelle maladie « inguérissable ». Mais, qu’il y ait une guérison miraculeuse ou pas, Dieu désire que nous (ré)agissions pour sa gloire !

Il est de mon ressort, de ma volonté sanctifiée, de vivre de telle manière que Christ sera magnifié dans mon corps, soit par la vie, soit par la mort (Phil. 1. 20). Pensons aussi à la maladie et à la mort de Lazare, lorsque Jésus dit : « Cette maladie n’est pas pour la mort, mais en vue de la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11. 4).

Notre premier réflexe, lors d’une maladie, c’est de demander à Dieu la guérison. Et ce n’est pas une mauvaise chose. Mais ne devrions-nous pas demander à Dieu qu’il soit glorifié dans cette circonstance, soit en effectuant une guérison miraculeuse, soit par notre témoignage chrétien d’acceptation, de dépendance et de confiance en Dieu dans cette épreuve ?

Lorsque l’apôtre Paul était emprisonné, il s’adresse aux Philippiens en disant : « je veux que vous sachiez : les circonstances que je traverse sont plutôt arrivées pour l’avancement de l’évangile… et la plupart des frères, encouragés dans le Seigneur, par mes liens, ont beaucoup plus de hardiesse pour annoncer la Parole sans crainte » (Phil. 1. 12 à 14). Il voyait que l’épreuve difficile par laquelle il passait était pour la gloire de Dieu (l’évangile qui croissait), et un témoignage encourageant pour les croyants.

Dans nos difficultés, implorons Dieu pour qu’il nous donne ses forces afin que nos paroles et nos actes soient en témoignage pour Lui et à sa gloire !

Si Dieu nous éprouve, c’est pour que nous nous rapprochions de Lui, pour que nous apprenions à mieux le connaître comme le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console à l’égard de toute notre affliction (2 Cor. 1. 3). Cela concerne autant celui qui est atteint d’un mal incurable, que ses proches qui souffrent moralement avec lui, et qui souffriront lors de sa disparition. Et si nous nous laissons consoler par Dieu, alors nous pourrons être une aide pour les autres, puisque le verset continue : « afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés par Dieu ». De la manière dont nous aurons goûté les consolations divines (« si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon » – 1 Pier. 2. 3), Dieu pourra nous utiliser pour consoler les autres ; n’est-ce pas merveilleux ? Et le paragraphe se termine par : « sachant que, comme vous avez part aux souffrances, de même aussi vous avez part à la consolation ».

Et un autre résultat de nos épreuves concerne notre perfectionnement personnel : « sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne manquant de rien » (Jac. 1. 3 et 4).

« Car notre légère tribulation d’un moment, produit pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 17). De la manière dont nous aurons « accepté » et « géré » les épreuves envoyées par Dieu, nous jouirons de fruits dans le ciel.

Dans la maladie ou le deuil, nous nous sentons bien malheureux. Et pourtant Jacques 5. 11 nous dit : « Voici, nous disons bienheureux ceux qui endurent [l’épreuve avec patience. Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin accordée par le Seigneur, que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux ». Ceux et celles qui se sont confiés dans le Seigneur, qui se sont abrités dans les bras de leur Père céleste au sein de leurs épreuves les plus cruelles savent combien c’est une chose merveilleuse que de jouir des consolations, des compassions et de l’amour divins. S’en remettre à Celui qui a pleuré au tombeau de Lazare, à Celui qui a dû abandonner son Fils à la croix pour nos péchés, n’est-ce pas le refuge parfait ?

Et si nous trouvons injuste ce qui nous arrive, qu’est-ce, comparé à la plus grande injustice que le terre ait connue, la condamnation et la mort du Seigneur Jésus, [le] juste pour les injustes (1 Pier. 3. 18) ? N’oublions jamais que c’est Lui qui a souffert la plus grande injustice de la part des hommes, et de… Dieu ! « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22. 1 ; Mat. 27. 46 ; Marc 15. 34) s’est-il écrié à la croix, Celui qui avait pu dire : « moi, je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8. 29) et « que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (Luc 22. 42). C’est parce qu’« il a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs… il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (Lire És. 53). MERCI, Seigneur.

Lorsque nous passons par le deuil, qu’il est réconfortant de relire les passages de 1 Corinthiens 15. 51 à 58 et de 1 Thessaloniciens 4. 13 à 18, « afin que vous ne soyez pas affligés comme les autres qui n’ont pas d’espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus » (v. 13 et 14). « Consolez-vous (ou encouragez-vous) donc l’un l’autre par ces paroles » (v. 18).

Recevez mon affection en Jésus, Décembre 2024