BERACA 47 : SAMSON

Pour Samson, venir au monde dans un foyer pieux, être élevé par des parents qui ont connu personnellement l’Éternel, qui ont marché dans la crainte de Lui déplaire, était une bénédiction. Nous lisons, de son enfance : « l’enfant grandit, et l’Éternel le bénit » (Jug. 13. 24). Pour notre Seigneur, venu du ciel, s’abaissant Lui-même pour prendre un corps d’homme, nous lisons des expressions semblables : « Et l’enfant grandissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur lui » (Luc 2. 40). Avant d’entrer dans son ministère public, Il fut tenté quarante jours, par Satan, dans un désert. En citant la Parole, à trois reprises, Il remporta la victoire sur le tentateur. Il était, bien sûr, sans péché car, « il n’y a pas de péché en Lui » (1 Jean 3. 5).

C’est bien différent pour Samson qui « jugea Israël, aux jours des Philistins, vingt ans » (Jug. 15. 20). Lorsqu’il entre dans son service, il est dit de lui : « l’Esprit de l’Éternel commença à le pousser, (cela eut lieu) – à Mahané-Dan, entre Tsorha et Eshtaol » (13. 25). Ensuite, « Samson descendit à Thimna ; et il vit à Thimna une femme d’entre les filles des Philistins. Il remonta et il raconta à son père et à sa mère : J’ai vu à Thimna une femme d’entre les filles des Philistins ; et maintenant, prenez-la-moi pour femme. Son père et sa mère lui dirent : N’y a-t-il pas de femme parmi les filles de tes frères, et dans tout mon peuple, que tu ailles prendre une femme d’entre les Philistins, les incirconcis ? Et Samson dit à son père : Prends celle-là pour moi, car elle plaît à mes yeux. Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de l’Éternel ; car Samson cherchait un prétexte venant des Philistins. Or en ce temps-là les Philistins dominaient sur Israël » (14. 1 à 4).

Nous pouvons évaluer cette action sous deux aspects :

1) « cela venait de l’Éternel » en des temps de ruine spirituelle quand « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux ». Cela fut permis mais ce n’était pas la volonté de Dieu pour son peuple.

2) Abraham envoya son serviteur Éliézer chercher une femme pour Isaac au pays de sa parenté et, à sa suite, Isaac a dit à son fils Jacob : « Tu ne prendras pas de femme d’entre les filles de Canaan » (Gen. 28. 6). La loi donnée par Moïse disait, en parlant des autres nations : « Tu ne t’allieras point par mariage avec elles, tu ne donneras pas ta fille à leur fils, et tu ne prendras pas leur fille pour ton fils ; car ils détourneraient de moi ton fils, et il servirait d’autres dieux » (Deut. 7. 3).

Les parents de Samson s’étaient interposés pour le dissuader de prendre une femme au milieu des Philistins. Samson se laissa guider par ce que le monde offre : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2. 16). Cédant aux convoitises de sa propre nature, il ne récolta que trouble et déshonneur. Celle qui plaisait à ses yeux, lui fut ôtée, et par la suite il aima une autre femme du nom de Delila (Jug. 16. 14). Il n’a pas jugé son action charnelle et sa décision l’amena, par la suite, à la perte de son service, de son nazaréat. Écoutons plutôt la voix de la sagesse : « Mon fils, donne-moi ton cœur, et que tes yeux se plaisent à mes voies » (Prov. 23. 26).

Malgré les ombres qui planent sur la vie de Samson, il y a la grâce de Dieu qui se manifeste et que cela est beau ! Sur le chemin, Samson rencontre un jeune lion rugissant et « l’Esprit de l’Éternel saisit Samson : celui-ci déchira, (le lion), comme on déchire un chevreau, quoiqu’il n’ait rien eu en sa main ; cependant il ne déclara point à son père ni à sa mère ce qu’il avait fait » (Jug. 14. 6). Par la suite, il retourna sur le même chemin « et fit un détour pour voir le cadavre du lion : il y avait dans le corps du lion un essaim d’abeilles et du miel. Il en prit dans ses mains et s’en alla, mangeant en chemin. Arrivé auprès de son père et vers de sa mère, il leur en donna, et ils en mangèrent » (v. 8 et 9). Ce que Dieu accomplit par Samson, un homme fort mis à part pour délivrer Israël, nous amène à penser à notre Seigneur Jésus, le vrai Nazaréen, le grand vainqueur du combat sur Satan, le serpent ancien, au désert, et sur le lion « déchirant et rugissant » à Gethsémané et à Golgotha (Ps. 22. 13). Ainsi vaincu, le terrible adversaire n’a plus de force contre le croyant qui peut lui résister en s’appuyant sur le Seigneur (1 Pier. 5. 8 ; Jac. 4. 7).

« Les victoires du croyant, au lieu de le fatiguer et de l’affaiblir, lui procurent au contraire nourriture et douceur. Voilà ce que signifie le miel trouvé dans la carcasse du lion. Mais c’est un secret que le monde ne peut pas comprendre, car ses propres joies, il les trouve plutôt dans les fêtes (Jug. 14. 10). Pour l’homme inconverti il y a là un mystère : Comment un chrétien peut-il trouver ses plaisirs et la nourriture de son âme là où lui-même ne discerne que la terreur et la mort ? Le pouvoir de Satan est annulé par la mort de Christ et le croyant le sait et s’en réjouit (voir : Héb. 2. 14). Samson pose son énigme aux Philistins et, sans la trahison de sa femme, ceux-ci n’auraient pu l’expliquer. Un peu plus tard, c’est son beau-père qui le trahit (15. 2). Le monde est toujours trompeur, toujours décevant. S’il nous arrive comme à Samson de lui faire confiance, ou de nous mêler à ses joies, nous connaîtrons d’amères déceptions » – (J. K.).

Samson voulait cette fille des Philistins pour femme, alors « son père descendit vers la femme, et Samson fit là un festin ; car c’est ainsi que les jeunes gens avaient l’habitude de faire. Quand ils le virent, ils prirent trente compagnons, pour être avec lui. Samson leur dit : Je vous proposerai, s’il vous plaît, une énigme ; si vous me l’expliquez dans les sept jours du festin et si vous la trouvez, je vous donnerai trente chemises et trente vêtements de rechange… Ils lui dirent : Propose ton énigme, … Il leur dit : De celui qui mange est sorti le manger, et du fort est sortie la douceur… Le septième jour, ils dirent à la femme de Samson : persuade ton mari de nous expliquer l’énigme » (Jug. 14. 10 à 15). À la suite de ses supplications, elle le fait dévoiler son énigme, et lui se vengea en tuant trente Philistins pour procurer les vêtements promis car « l’Esprit de l’Éternel » l’avait saisi. Malgré la faiblesse de son serviteur, Dieu agit en délivrance, car sa femme « fut donnée à son compagnon » (v. 20). En priant nous pouvons dire : Seigneur Jésus, garde-nous de l’esprit de ce monde et réjouis-nous par ton Esprit de vérité que tu as envoyé pour qu’Il soit avec nous éternellement. Ce sera la douceur du miel tiré du corps mort du lion.

Mais notre Seigneur est vivant ! Il est « le lion de la tribu de Juda, qui a vaincu » (Apoc. 5. 5).