
Les Juges se succèdent, le peuple s’habitue au calme et, malheureusement, s’abandonne à ses mauvais penchants. « Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; et l’Éternel les livra en la main des Philistins pendant quarante ans » (Jug. 13. 1). Autrefois libérés de l’esclavage, les fils d’Israël sont sous la domination des Philistins (Jug. 14. 4).
Malgré l’égarement du grand nombre, il y avait certainement des âmes attachées à l’Éternel. Dans toutes les époques, Dieu s’est gardé des fidèles comme plus tard, aux jours d’Ézéchiel quand, dans une vision le prophète voit un homme vêtu de lin, ayant un encrier d’écrivain à ses reins, qui reçoit l’ordre de marquer « les hommes qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui se commettent au-dedans de Jérusalem » (Éz. 9. 4).
C’est ainsi qu’aux temps des derniers juges d’Israël, « il y avait un homme de Tsorha, de la famille des Danites, et son nom était Manoah ; et sa femme était stérile et n’enfantait pas. Et l’Ange de l’Éternel apparut à la femme, et lui dit : Voici, tu es stérile et tu n’enfantes pas ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils. Et maintenant, prends garde, je te prie, et ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange rien d’impur ; car voici, tu concevras, et tu enfanteras un fils ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins » (Jug. 13. 2 à 5).
Et la femme parla à Manoah, son mari, décrivant l’homme qui l’avait visitée comme « un ange de Dieu, très-terrible » (v. 6). Elle ne lui avait pas demandé son nom, ni d’où il venait. Après une longue espérance, un enfant viendrait les réjouir – un enfant qui devra être entièrement séparé pour Dieu, tel devait être le nazaréen (voir Nomb. 6. 2).
« Et Manoah supplia l’Éternel, et dit : Ah, Seigneur ! que l’homme de Dieu que tu as envoyé, vienne encore vers nous, je te prie, et qu’il nous enseigne ce que nous devons faire au jeune garçon qui naîtra. Et Dieu exauça la voix de Manoah ; et l’Ange de Dieu vint encore vers la femme, comme elle était assise aux champs, et Manoah, son mari, n’était pas avec elle. Et la femme se hâta et courut et rapporta à son mari, et lui dit : Voici, l’homme qui était venu vers moi l’autre jour m’est apparu. Et Manoah se leva et suivit sa femme ; et il vint vers l’homme, et lui dit : Es-tu l’homme qui a parlé à cette femme ? Et il dit : C’est moi » (Jug. 13. 8 à 14).
Cette scène nous amène au début de l’Évangile de Luc, où l’ange Gabriel annonce à Marie la venue glorieuse du Sauveur ici-bas. Seulement, il y a des conditions à remplir pour la mère comme pour l’enfant : s’abstenir d’une forme de joies qui sont la part des autres hommes, représentées par le fruit de la vigne : une séparation pour Dieu qui conduit les enfants de Dieu à vivre pour Christ dans ce monde sans suivre les principes qui gouvernent le monde, car « tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père » (1 Jean 2. 16).
Manoah désirait voir ce visiteur extraordinaire, et l’Ange s’est manifesté à eux deux. Alors, il lui dit : Laisse-nous te retenir, et t’apprêter un chevreau. « Et l’Ange de l’Éternel dit à Manoah : si tu me retiens, je ne mangerai pas de ton pain ; et si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Éternel. Car Manoah ne savait pas que ce fût l’Ange de l’Éternel » (Jug. 13. 16). Toutefois il veut connaître son nom et l’interroge : « Quel est ton nom, afin que nous t’honorions, quand ce que tu as dit arrivera ? Et l’Ange de l’Éternel lui dit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux » (v. 17 et 18).
Comme Gédéon autrefois, Manoah apporte un holocauste mais avec un discernement spirituel plus élevé : contrairement à Gédéon, il n’a pas cuit le chevreau, mais l’a apporté tel quel, prêt à être passé au feu et accompagné d’un gâteau (voir Ex. 12. 9 ; Lév. 1 et 2). L’holocauste, « un mâle sans défaut » ; l’offrande de gâteau, « de fleur de farine pétrie à l’huile, sans levain » annonçait les perfections de Christ, l’Homme venu du ciel qui est sans péché et qui marcha « dans la puissance de l’Esprit » (1 Jean 3. 5 ; Luc 4. 14).
Ces deux éléments du sacrifice sont posés par Manoah sur le rocher, et le rocher évoque Celui qui devait venir pour être frappé à notre place afin que nous ayons la vie éternelle et l’Esprit Saint en nous. Nous lisons : « … et le rocher était le Christ » (1 Cor. 10. 5). Considérez aussi : Exode 17. 6 ; Ésaïe 53. 4 et 12 ; Jean 7. 38 et 39, tous ces passages manifestant Christ. Manoah, qui avait désiré voir le visiteur céleste et connaître son nom, obtient pour seule réponse : « Mon nom ? Il est merveilleux » (v. 18). Pour connaître vraiment qui était cet Ange, ouvrons nos Bibles en Ésaïe 9. 6 : « On appellera son nom : Merveilleux » ! Et parce qu’Il est merveilleux, Il ne pouvait faire qu’une « chose merveilleuse » par laquelle nous Le connaissons aussi. « Il arriva que, comme la flamme montait de dessus l’autel vers les cieux, l’Ange de l’Éternel monta dans la flamme de l’autel » (Jug. 13. 20). Notre Seigneur Jésus, son œuvre achevée, après avoir parlé aux disciples « fut élevé en haut dans le ciel » (Marc 16. 19). L’Ange et Jésus sont donc une seule et même Personne.
Si la vision du Seigneur, entrant dans la gloire du ciel, a réjoui les disciples (Luc 24. 52), l’Ange montant dans la flamme a suscité la peur dans le cœur de Manoah, qui « dit à sa femme : Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu » (Jug. 13. 22). En ce moment-là, la femme est pour son mari l’aide qui lui correspond : elle lui dit : « Si l’Éternel eût pris plaisir à nous faire mourir, il n’aurait pas accepté de notre main l’holocauste et le gâteau, et il ne nous aurait pas fait voir toutes ces choses, et ne nous aurait pas fait entendre, dans ce moment, des choses comme celles-là » (v. 23).
Qu’il est précieux d’avoir la paix avec Dieu ! Cette paix découle de la croix : « ayant fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20). « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons trouvé aussi accès, par la foi, à cette faveur dans laquelle nous sommes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu » (Rom. 5. 1 et 2). « Et la femme enfanta un fils, et appela son nom Samson ; et l’enfant grandit, et l’Éternel le bénit ».