BERACA 45 : DE GÉDÉON À JEPHTÉ

« Et quand Gédéon fut mort, il arriva que les fils d’Israël retournèrent et se prostituèrent après les Baals, et ils s’établirent Baal-Berith pour dieu. Et les fils d’Israël ne se souvinrent pas de l’Éternel, leur Dieu, qui les avait délivrés de la main de tous leurs ennemis tout à l’entour ; et ils n’usèrent pas de bonté envers la maison de Jerubbaal, qui est Gédéon, selon tout le bien qu’il avait fait à Israël » (Jug. 8. 33 à 35).

Le déclin moral et spirituel du peuple est allé en s’accentuant ; Abimélec, un des fils de Gédéon qu’il eut avec sa concubine, après avoir fait tuer ses soixante-dix frères, fut prince sur Israël trois ans. « Et tous les hommes de Sichem s’assemblèrent, et toute la maison de Millo, et ils allèrent, et établirent roi Abimélec » (9. 6). Ce que son père n’avait pas voulu, lui l’a fait. Rappelons-nous que les hommes d’Israël avaient dit à Gédéon : « Domine sur nous, et toi et ton fils, et le fils de ton fils ; car tu nous as sauvés de la main de Madian ». Et Gédéon leur avait dit : « Je ne dominerai point sur vous, et mon fils ne dominera point sur vous ; l’Éternel dominera sur vous » (Jug. 8. 22).

Abimélec était un homme ambitieux, rusé et cruel, sans crainte de Dieu. Sa conduite déclenche une guerre entre les fils d’Israël. Aux jours de Gédéon, c’était leurs ennemis qui s’étaient entre-tués, mais maintenant ce sont les héritiers du pays qui se massacrent ! Quand la chair anime les hommes, et non l’Esprit de Dieu, alors se manifeste ce que nous étions, « nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3. 3). Abimélec est mis à mort par une femme qui, du haut d’une tour, jette sur sa tête « une meule tournante, et lui brisa le crâne » (Jug. 9. 53). « Dieu fit retomber sur Abimélec le mal qu’il avait fait à son père en tuant ses soixante-dix frères » (v. 56) ; « ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7).

 « Et après Abimélec, Thola, fils de Pua, fils de Dodo, homme d’Issacar, … il jugea Israël vingt-trois ans ; et il mourut, et fut enterré à Shamir. Et après lui, se leva Jaïr, le Galaadite ; et il jugea Israël vingt-deux ans » (Jug. 10. 1 à 3).

« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et ils servirent les Baals, et les Ashtoreths, et les dieux de Syrie, et les dieux de Sidon, et les dieux de Moab, et les dieux des fils d’Ammon, et les dieux des Philistins ; et ils abandonnèrent l’Éternel et ne le servirent pas. Et la colère de l’Éternel s’embrasa contre Israël, et il les vendit en la main des Philistins et en la main des fils d’Ammon… » (v. 6 et 7). Pendant dix-huit ans ils furent opprimés jusqu’à ce qu’ils crient à l’Éternel en disant : « Nous avons péché contre toi ; car nous avons abandonné notre Dieu, et nous avons servi les Baals » (v. 10). Et les fils d’Israël dirent à l’Éternel : « Nous avons péché ; fais-nous selon tout ce qui sera bon à tes yeux ; seulement, nous te prions, délivre-nous ce jour-ci. Et ils ôtèrent du milieu d’eux les dieux étrangers, et servirent l’Éternel ; et son âme fut en peine de la misère d’Israël » (v. 16). Oui, notre Dieu est un Dieu de compassions !

« L’Éternel est un Dieu de pardons, faisant grâce, et miséricordieux » (Néh. 9. 17). Il délivre son peuple une fois de plus par la main de Jephté. L’histoire de ce juge commence un peu comme celle d’Abimélec. Mais au lieu de se rebeller, de se venger de ses frères, il renonce à ses droits et se retire au pays de Tob où Dieu sait le retrouver, le moment venu.

Jephté, privé de sa part d’héritage, chassé par ses frères et exilé dans un pays étranger d’où il revient ensuite en libérateur, est sous cet aspect une figure du Seigneur Jésus. Le sauveur du peuple doit impérativement être aussi son chef et capitaine (10. 18 ; 11. 8, 9 et 11) ; Christ est-il l’un et l’autre pour nous ? Après avoir été rejeté par son peuple Israël qui n’a pas voulu reconnaître ses droits, Christ est maintenant absent, monté au ciel d’où Il reviendra avec puissance et en vainqueur (voir Luc 19. 12 à 14). Devant les ennemis d’Israël, Jephté est plein de courage. Comment répond-il à leurs réclamations, à leur mensonge ? En rappelant les vérités du commencement et en s’appuyant sur les bénédictions d’autrefois. Il est un bel exemple à suivre ! Les principes de la Parole qui ont dirigé les croyants des générations passées, il nous faut bien les connaître et les maintenir avec fermeté (2 Thess. 2. 15) » – (J. K.).

Si certains aspects de la vie de Jephté donnent une image de ce que sera le Seigneur Jésus sur la terre, d’autres manifestent la faiblesse de ce juge. « Et Jephté voua un vœu à l’Éternel, et dit : Si tu livres en ma main les fils d’Ammon, il arrivera que ce qui sortira des portes de ma maison à ma rencontre, lorsque je reviendrai en paix des fils d’Ammon, sera à l’Éternel, et je l’offrirai en holocauste » (Jug. 11. 30).

En face de l’ennemi qui résiste à son offre de paix, Jephté, pensant favoriser l’intervention de Dieu, fait un vœu irréfléchi. Il aurait dû placer en l’Éternel une entière confiance, mais un doute surgit dans son esprit. Il croit qu’il s’assurera mieux la victoire en faisant lui-même quelque chose. Il promet solennellement à l’Éternel que, s’il a la victoire, il offrirait en holocauste ce qui sortirait de sa maison à sa rencontre quand il reviendrait en paix. Pourtant, il venait de dire à son adversaire, conduit par l’Esprit de Dieu : « l’Éternel, le juge, jugera aujourd’hui entre les fils d’Israël et les fils d’Ammon » (v. 27). L’Éternel ne demandait rien pour délivrer son peuple et rendre Jephté victorieux. Sa fille qu’il aimait, il dût l’offrir à l’Éternel en regard de la loi : « Ce qui sera sorti de tes lèvres, l’offrande volontaire que tu auras promise de ta bouche, tu prendras garde à le faire, comme tu auras voué à l’Éternel, ton Dieu » (Deut. 23. 23).

« Si la foi a manqué un moment chez Jephté, elle brille chez sa fille. Seule, unique, chérie par son père, sa soumission nous fait penser à celle du Seigneur Jésus (Jean 8. 29). Elle ne tient pas sa vie pour précieuse et se réjouit de la victoire que l’Éternel a donnée à Israël. Elle est obéissante jusqu’à la mort par amour pour l’Éternel, pour son père et pour son peuple. En cela elle est une touchante figure de Christ quoique bien loin derrière Celui qu’elle représente » – (J.K.). Méditons ces choses afin d’en acquérir un cœur sage, plaçons notre confiance « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ».