
« Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche. Et Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort.
Et le peuple se tenait là, regardant ; et les gouverneurs aussi se raillaient de lui [avec eux], disant : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, si lui est le Christ, l’élu de Dieu. Et les soldats aussi se moquaient de lui, s’approchant, et lui présentant du vinaigre, et disant : Si toi, tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même.
Et il y avait aussi au-dessus de lui un écriteau en lettres grecques, romaines, et hébraïques : Celui-ci est le roi des Juifs.
Et l’un des malfaiteurs qui étaient pendus l’injuriait, disant : N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. Mais l’autre, répondant, le reprit, disant : Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises : mais celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire. Et il disait à Jésus : Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume.
Et Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Or il était environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure ; et le soleil fut obscurci, et le voile du temple se déchira par le milieu. Et Jésus, criant à haute voix, dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Et ayant dit cela, il expira » (Luc 23. 33 à 46).
Deuxième passage en Matthieu 27. 45 : « Mais, depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Et quelques-uns de ceux qui se tenaient là, ayant entendu [cela], disaient : Il appelle Élie, celui-ci ! Et aussitôt l’un d’entre eux courut et prit une éponge, et l’ayant remplie de vinaigre, la mit au bout d’un roseau, et lui donna à boire. Mais les autres disaient : Laisse, voyons si Élie vient pour le sauver. Et Jésus, ayant encore crié d’une forte voix, rendit l’esprit » (Mat. 27. 45 à 50).
Troisième passage en Marc 15. 33 : « Et quand la sixième heure fut venue, il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui, interprété, est : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Et quelques-uns de ceux qui étaient là présents, ayant entendu cela, disaient : Voici, il appelle Élie. Et l’un d’eux courut, et ayant rempli une éponge de vinaigre et l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donna à boire, disant : Laissez, voyons si Élie vient pour le faire descendre. Et Jésus, ayant jeté un grand cri, expira. Et le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Et le centurion qui était là vis-à-vis de lui, voyant qu’il avait expiré en criant ainsi, dit : Certainement, cet homme était Fils de Dieu » (Marc 15. 33 à 39).
Quatrième passage en Jean 19. 25 : « Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère, et la sœur de sa mère, Marie, [femme] de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus donc voyant sa mère, et le disciple qu’il aimait se tenant là, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela Jésus, sachant que toutes choses étaient déjà accomplies, dit, afin que l’écriture fût accomplie : J’ai soif. Il y avait donc là un vase plein de vinaigre. Et ils emplirent de vinaigre une éponge, et, l’ayant mise sur de l’hysope, ils la lui présentèrent à la bouche. Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli. Et ayant baissé la tête, il remit son esprit » (Jean 19. 25 à 30).
Tout ce qui concerne la Personne du Seigneur Jésus est grand, parfait, gloire. Et nous sommes admis à contempler ce que le Seigneur Jésus a fait dans sa vie. Tout est grand, tout est parfait, tout est beau.
Il nous est permis d’entendre les paroles du Seigneur Jésus, toutes celles qu’Il a prononcées dans son chemin, et là nous avons les dernières paroles que le Seigneur Jésus a prononcées à l’heure de la croix. Tout est grand, tout est beau, tout est parfait.
Et quand nous contemplons la Personne du Seigneur Jésus, quand nous Le voyons agir, quand nous L’entendons, nous ne pouvons que nous prosterner devant Lui et adorer. Et c’est bien ce qui nous est réservé aujourd’hui, de pouvoir nous prosterner devant la grandeur de l’œuvre accomplie à la croix par le Seigneur Jésus.
Nous avons devant nous les sept paroles qu’Il a prononcées. Quelles paroles ! Toutes avaient une portée, une valeur, une signification. Que nous sommes loin des paroles humaines qui, souvent sont sans intérêt. Mais les paroles du Seigneur traduisent tout ce qu’il y a dans son cœur.
Les trois premières paroles qu’Il a prononcées :
– « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font »,
– « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis »,
– « Femme, voilà ton fils… Voilà ta mère »,
sont des paroles qui traduisent toute la douceur divine du cœur du Seigneur, qui expriment toute la tendresse du cœur du Seigneur, au moment où il ne Lui reste que quelques heures à passer sur la terre.
Les paroles suivantes :
– « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »,
– « J’ai soif »,
traduisent la douleur profonde que le Seigneur connaissait à ce moment-là, douleur dans son corps, douleur dans son cœur.
Et puis, il y a ces deux dernières paroles :
– « Père ! entre tes mains je remets mon esprit », et
– « C’est accompli ». Là alors, ce sont des paroles de victoire, des paroles de triomphe, des paroles de satisfaction car alors, le Seigneur a accompli la volonté de son Dieu et Père.
Nous sommes placés devant une scène unique dans les annales de l’histoire et de l’éternité. Et l’œuvre de la croix, c’est l’œuvre de Dieu. Elle est glorieuse et magnifique.
Et ces paroles prononcées par le Seigneur Jésus – que nous venons d’entendre – devraient toutes étreindre profondément nos cœurs.
Au sujet de la croix de Christ, chers amis, un de nos frères autrefois a pu écrire : « Rien ne peut être comparé à la croix, sinon le cœur de Celui qui mourut sur elle ».
Jésus, notre précieux Sauveur, tend aujourd’hui sa main libératrice peut-être vers une âme ici qui sent pour elle-même le fardeau de ses péchés, qui a un poids sur ses épaules ou sur son cœur, et qui ne sait pas vers qui se tourner, ni comment s’en sortir : Jésus, le divin Crucifié du calvaire.
L’œuvre de la croix est là aujourd’hui pour annoncer et proclamer à l’humanité toute entière la grandeur de l’amour de Dieu, pour proclamer son absolue sainteté. Nous sommes sur un terrain d’une extrême sainteté. Nous aimons à le redire, nous nous approchons avec foi, mais en tremblant.
C’est l’Esprit de Dieu qui seul sonde les choses profondes de Dieu. Nous pouvons alors avoir les yeux ouverts, nous pouvons avoir l’intelligence spirituelle comme renouvelée. Nous sommes placés ensemble devant cette œuvre de la croix. Nous sommes placés ensemble devant Celui qui a prononcé de telles paroles.
Nous ne pouvons nous arrêter qu’en tremblant et dans l’adoration, et demander encore à notre Dieu que, dans sa grande miséricorde, Il nous fasse entrer quelque peu dans l’intelligence des choses qui nous sont révélées. La croix, c’est la révélation de Dieu.
Que Dieu est grand ! Quel est-Il ? L’apôtre Jean le proclame, Dieu est lumière, Dieu est amour, et la croix de Christ le proclame encore aujourd’hui à l’humanité toute entière.
Dans les sept paroles du Seigneur que nous étudions, le premier mot du Seigneur a été : « Père », « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » ; et dans la dernière parole du Seigneur, Il dit aussi « Père », « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » ; et cela, on le lit seulement dans l’évangile selon Luc.
Parce que c’est seulement dans cet évangile de Luc que nous lisons du Seigneur Jésus qu’Il vint pour faire les affaires de son Père, et Il vint pour faire et accomplir les choses que son Père Lui avait données à faire.
Dans ces trois paroles de l’évangile selon Luc, nous voyons aussi particulièrement le Seigneur s’occuper de la condition des hommes. Il y avait ceux qui Le crucifiaient, il y avait ces deux brigands qui méritaient ce jugement qui était porté sur eux.
Et puis il y avait la question de la mort qui est le salaire du péché. Et le Seigneur demande à son Père de pardonner à ceux qui Le crucifient, Il donne cette parole de salut au brigand, et Il entre dans la mort pour en sortir victorieux et en briser les portes pour que nous puissions en connaître la victoire pour nous-mêmes, pour tous ceux qui croient.
Il est beau de voir comment le Seigneur, dans cet évangile s’occupe ainsi de la condition de l’homme. Dans l’évangile selon Luc, le Seigneur apporte la grâce et la vérité. Il est la Parole qui devint chair, et Il est Celui qui accomplit les Écritures jusqu’à leur achèvement.
Mais Il est aussi le Fils de Dieu, et, comme tel, tout ce qu’Il est se manifeste. Puis nous avons la parole centrale de la croix, qui est la seule parole que rapportent Matthieu et Marc. Dans l’évangile selon Matthieu, Jésus avait été annoncé comme Celui qui sauverait son peuple de leurs péchés. Et cette parole qui nous est rapportée nous parle de ce que cela Lui a coûté, de sauver son peuple de leurs péchés.
Dans l’évangile selon Marc, Il est le parfait Serviteur, Il est Celui qui a été obéissant jusqu’à la mort, mais Il a appris l’obéissance par les choses qu’Il a souffertes (Héb. 5. 8). Et c’est dans ces deux évangiles que nous trouvons cette parole centrale qui a retenti comme un cri.
Nous osons à peine la prononcer avec force comme nous la lisons, mais Il a dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et nous voulons aussi noter que cette parole, qui est dans le Psaume 22, a été prononcée par le Seigneur dans la langue même dans laquelle elle a été écrite.
Cela touche nos cœurs, et nous confond, même si nous ne mesurons certainement pas la valeur de ce fait, que cela ait été prononcé par le Seigneur dans la langue dans laquelle cette parole avait été écrite.
« Pour mon amour, ils ont été mes adversaires ; mais moi [je me suis adonné à la] prière » (Ps. 109. 4). « Tu es plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres » (Ps. 45. 2). C’est bien ce que notre Seigneur, notre Sauveur bien-aimé, manifeste au moment où Il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Bien sûr, cela est divin. On ne peut pas le comprendre.
Qu’est-ce que le Seigneur voyait ? Il voyait les conséquences de ce que ces hommes faisaient : une grande souffrance pour eux, en particulier pour ce peuple. C’est un peu comme quand Dieu revêt Adam et Ève dans le jardin d’Éden avant de les châtier. Qu’est-ce que Dieu a vu ? Il a vu la grande souffrance de sa créature. C’est là le cœur de Dieu.
Aujourd’hui quand je pèche, la première pensée que je devrais avoir, c’est la souffrance de mon Seigneur. N’avons-nous pas, dans cette parole, ce que la douceur implique ? Le Seigneur a dit : Je suis débonnaire et humble de cœur (Mat. 11. 29). Et Il a dit aussi : [Je suis] « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8. 25).
Et puis nous connaissons cette parole, que le Seigneur ne change pas. Et dans ces circonstances terribles, le mot « doux » exprime la flexibilité, c’est-à-dire la souplesse quelles que soient les circonstances.
Par exemple, nous prenons la toison d’un mouton. Elle est douce, c’est-à-dire : quand nous la touchons elle n’offre pas de résistance. Tout ce qui est doux est agréable aussi. Et si nous imaginons un mouton qui passe dans un buisson d’épines, est-ce que la toison se raidit ? Non, combien moins celle d’un agneau.
Et nous pensons à la parole de Jean, qui a dit, après avoir eu la révélation qu’il avait devant lui l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, peu de versets après, en regardant Jésus marcher : « Voilà l’agneau de Dieu ! » (Jean 1. 29 et 36)
Ici, nous avons devant nos yeux ce caractère de la douceur malgré les circonstances terribles. Pour son amour, ils Lui ont rendu la haine. Quelle beauté de notre Seigneur dans ces paroles. Et puis un autre point : nous sommes admis à entendre ces paroles entre le Père et le Fils. Jean a écrit : « Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1. 3). Même dans ces circonstances, quelle bonté, quelle marque d’amour !
Quel contraste absolu il y a entre le verset 33 et le verset 34 [de Luc 23]. Comme dans toute cette scène, la Parole est d’une extrême sobriété. « Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne ». Cela souligne, pour nous, toute l’horreur de ce lieu des exécutions ; mais cela nous rappelle aussi notre condition d’hommes pécheurs.
Lorsque, en Éden, l’Éternel avait dit à Adam : De l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas… nous connaissons tous bien la suite : le péché est entré dans le monde, et avec le péché la mort.
« Ils le crucifièrent là » – c’est tout ce qui est dit dans cet évangile – « et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche ». Cela a été souvent souligné, c’était comme si le Seigneur Jésus, le Seigneur de gloire, le saint Fils de Dieu fait homme, était le plus coupable.
Voilà ce que nous sommes. Voilà notre cœur à chacun. Qu’est-ce qui répond à cet état misérable, désespéré ? L’immense grâce de Dieu, la bonté d’un Dieu qui pousse encore chacun de ceux qui n’ont pas encore cru au Seigneur Jésus à la repentance et à la foi en Lui, en cette heure-même – qui sauve pour l’éternité celui qui confesse ses péchés et croit que le Seigneur Jésus est mort pour lui.
Que dit le Seigneur ? Verset 34 : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Le pardon de Dieu est offert aujourd’hui. Demain n’appartient à personne. C’est aujourd’hui le temps favorable. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur (Héb. 3. 15 ; 4. 7). Nous nous souvenons de Saul de Tarse sur le chemin de Damas, il le dit lui-même : persécuteur et outrageux (1 Tim. 1. 13). Que répondit le Seigneur à sa question : « Qui es-tu Seigneur ? » – « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 5). C’est la grâce divine qui est là, qui brille, qui a brillé pour Saul de Tarse, qui a brillé pour beaucoup d’entre nous ici, pour tous nous le souhaitons, qui est encore là. Que personne ne laisse passer ce moment où Dieu présente, à l’âme encore dans ses péchés, son saint Fils, le Fils de son amour, Celui qu’Il avait en réserve pour chacun dans cette humanité pécheresse et perdue.
Le Seigneur est venu, Il est là, Il est sur la croix devant chacun de nous, Il est glorifié, Il est dans le ciel, Il prie, Il intercède. Que chacun voie là où il en est devant Dieu, ce Dieu sauveur « qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité », qui est le Seigneur Lui-même.
Deux pensées concernant la première parole que le Seigneur a dite quand Il était sur la croix. Nous avons lu qu’« ils le crucifièrent là ». Nous ne pouvons pas nous imaginer ce que c’était pour le Seigneur, un vrai homme, corps, âme, esprit, d’être crucifié.
Dans le Psaume 109, quelques expressions qui nous parlent de l’amour du Seigneur.
– Déjà au v 2, il est dit : « Car la bouche du méchant et la bouche de la fraude se sont ouvertes contre moi : ils parlent contre moi avec une langue menteuse, et ils m’ont entouré de paroles de haine, et ils me font la guerre sans cause » (Ps. 109. 2 et 3).
– Et au verset 5 : « Et ils m’ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour mon amour ». C’est ce que nous voyons ici.
Il est remarquable que l’évangéliste Luc ne parle pas d’abord de tout ce que ces offenseurs ont fait et ont dit. Nous lisons au v. 35 et 36, au sujet des soldats, de la foule qui regarde, qui trouve son plaisir dans ce Sauveur qui est crucifié – comme d’ailleurs nous trouvons cette pensée dans le Psaume 22 : « Ils me regardent » (Ps. 22. 17) ; et nous avons bien compris avec quel motif ils regardaient le Seigneur.
Nous, par grâce, aujourd’hui nous pouvons regarder le Seigneur avec un tout autre motif : voir en Lui tout cet amour divin dans cette Personne. Mais alors, c’était des regards de haine. Tout cela est mentionné après, mais l’évangéliste commence par cette parole du Seigneur, qui dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
Cela donne ici le sujet, le thème principal, c’est-à-dire l’amour du Seigneur qui, dans ses souffrances, a encore une pensée de pardon pour ceux qui L’outrageaient, ceux qui L’ont crucifié. C’est surhumain, c’est divin. Cette attitude d’amour que le Seigneur a montrée est un amour divin.
Et maintenant la seconde pensée que je voudrais juste mettre devant nous, c’est le peuple juif, qui avait entendu les paroles du Seigneur, qui avait vu aussi tout son amour, dont beaucoup avaient profité – non seulement de ses paroles d’amour pour eux – mais qui avaient profité aussi dans toutes les difficultés, les chagrins, les maladies de la vie, ils ont vécu tout cela. Est-ce que cela les a impressionnés ?
On se le demande quelquefois, mais nous sommes comme cela. Il y a certainement beaucoup de personnes qui ont appris comment le Seigneur a ressuscité le fils de la veuve de Naïn, également, que le Seigneur a aussi ressuscité la fille de Jaïrus. Est-ce que cela les a impressionnés ?
Ils sont là maintenant pour se moquer et pour être contre le Seigneur. C’est un peuple qui est vraiment très coupable mais quelle est la conséquence de cette culpabilité ?
« Et lorsque vous aurez péché par erreur, et que vous n’aurez pas fait tous ces commandements que l’Éternel a dits à Moïse, tout ce que l’Éternel vous a commandé par Moïse, depuis le jour que l’Éternel a donné ses commandements, et dans la suite en vos générations, s’il arrive que la chose a été faite par erreur, loin des yeux de l’assemblée, alors toute l’assemblée offrira un jeune taureau en holocauste, en odeur agréable à l’Éternel, et son offrande de gâteau et sa libation, selon l’ordonnance, et un bouc en sacrifice pour le péché.
Et le sacrificateur fera propitiation pour toute l’assemblée des fils d’Israël, et il leur sera pardonné, car c’est une chose arrivée par erreur, et ils ont amené devant l’Éternel leur offrande, un sacrifice par feu à l’Éternel, et le sacrifice pour leur péché, à cause de leur erreur.
Et il sera pardonné à toute l’assemblée des fils d’Israël et à l’étranger qui séjourne parmi eux, car [cela est arrivé] à tout le peuple par erreur ».
Mais nous lisons ensuite, au v. 30 : « Mais l’âme qui aura péché par fierté, tant l’Israélite de naissance que l’étranger, elle a outragé l’Éternel : cette âme sera retranchée du milieu de son peuple, car elle a méprisé la parole de l’Éternel, et elle a enfreint son commandement : cette âme sera certainement retranchée ; son iniquité est sur elle » (Nomb. 15. 22 à 26, 30 et 31).
Nous avons là, dans la loi que Dieu a donnée, une différence entre le péché par erreur et le péché par fierté. Et ce que le peuple fait ici en réalité, si nous le regardons bien, c’est un péché par fierté. Et le Seigneur, par ses paroles, change le péché commis par fierté en un péché commis par erreur. Quel amour de sa part pour son peuple parce que le péché par fierté aurait signifié la fin de la nation.
Le Seigneur, dans sa grâce et son amour pour son peuple, change ce péché par fierté en péché par erreur. Voilà l’amour du Seigneur pour son peuple. Quel Sauveur !
Quels sont les motifs intérieurs de notre Seigneur pour chacun de nous et pour son peuple, et cela doit toucher nos cœurs, que le Seigneur ait prononcé ces paroles-là dans cette circonstance, circonstance où toute cette infamie qui était contre Lui, cette cruauté qu’ils ont commises contre Lui. Nous entendons : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
« Et maintenant, frères, je sais que vous l’avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi » (Act. 3. 17).
Et puis cette parole d’Étienne en Actes 7. 60, quand Étienne est lapidé : « Et s’étant mis à genoux, il cria à haute voix : Seigneur, ne leur impute point ce péché ».
On voit comment, autant Pierre qu’Étienne, ont les mêmes pensées que le Seigneur. Cette parole du Seigneur a de l’influence sur leurs pensées. Est-ce qu’il en est de même pour nous ? Elle nous remplit, bien sûr, d’adoration. Mais, est-ce qu’elle agit sur nos cœurs naturellement durs, nos cœurs naturellement rancuniers ? Nous avons parlé de la douceur du Seigneur. Est-ce que ces paroles du Seigneur ont de l’influence sur nos cœurs et sur nos pensées ?
À propos du péché par erreur, nous pouvons ajouter en Lévitique 4. 3 : « Si c’est le sacrificateur oint qui a péché selon quelque faute du peuple, alors il présentera à l’Éternel, pour son péché qu’il aura commis, un jeune taureau sans défaut, en sacrifice pour le péché ».
Verset 13 : « Et si toute l’assemblée d’Israël a péché par erreur et que la chose soit restée cachée aux yeux de la congrégation, et qu’ils aient fait, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et se soient rendus coupables, et que le péché qu’ils ont commis contre le [commandement] vienne à être connu, alors la congrégation présentera un jeune taureau en sacrifice pour le péché » (v 13 et 14).
« Si un chef a péché, et a fait par erreur, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, son Dieu, ce qui ne doit pas se faire, et s’est rendu coupable, si on lui a fait connaître son péché qu’il a commis, alors il amènera pour son offrande un bouc, un mâle sans défaut » (v. 22 et 23).
« Et si quelqu’un du peuple du pays a péché par erreur, en faisant à l’égard de l’un des commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et s’est rendu coupable, si on lui a fait connaître son péché qu’il a commis, alors il amènera son offrande, une chèvre, une femelle sans défaut, pour son péché qu’il a commis » (v. 27 et 28).
Nous sommes frappés de voir mentionnées, toutes les catégories du peuple, depuis le sacrificateur, toute l’assemblée, un chef du peuple, et quelqu’un du peuple, qui ont commis par erreur un péché. Il n’y a pas une catégorie de personnes qui puisse dire : Je suis à l’abri en raison de mon rang. Ce que je commets par erreur n’est pas grave.
Nous ne devons jamais oublier que l’ignorance n’enlève pas la culpabilité. Et c’est ce que nous avons dans ces paroles du Seigneur, qui prie le Père et dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34).
C’est tout à la fois l’amour du Seigneur qui est manifesté, mais quand le Seigneur manifeste son amour, Il ne met pas de côté la justice et la sainteté de Dieu. Et dans cette parole que le Seigneur prononce à l’heure de la croix, il y a à la fois la manifestation de l’amour de Dieu, et la justice de Dieu qui serait satisfaite.
Et si, dans le livre du Lévitique, nous voyons qu’il y avait un sacrifice qui devait être offert pour que le péché commis par erreur puisse être pardonné, à l’heure de la croix il y a cette parole du Seigneur s’adressant à son Père : « Pardonne-leur », et peu de temps après la victime sera offerte, le sang sera versé et le pardon pourra être offert.
Qu’il est magnifique de voir la perfection de l’accomplissement de tout ce que Dieu a prévu, accompli de manière complète et parfaite, par le Seigneur Jésus.
Le Seigneur, à ce moment-là, s’adresse [à son Père] : « Père, pardonne-leur ». Nous trouvons en Luc 2. 24 : « Le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés ».
Le Seigneur allait accomplir l’œuvre de la croix, Il allait verser son sang, Il avait toute autorité pour pardonner les péchés. Non, Il ne le fait pas bien sûr, mais Il s’en remet à son Père, Il remet toutes choses entre les mains de son Père. Si nous voyons briller la douceur, la puissance du Seigneur, nous voyons briller aussi son humilité.
Dans les deux évangiles, de Luc et de Matthieu, nous avons sept classes de personnes qui sont représentées, toutes les classes de la société, de l’humanité.
Dans l’évangile de Luc, nous avons :
– les gouverneurs
– les soldats.
Dans l’évangile de Matthieu, nous avons :
– les principaux sacrificateurs,
– les scribes,
– les anciens,
– les brigands,
– ceux qui passaient par là.
Toutes les classes de la société.
Par rapport à ces trois croix qui sont placées devant nous, il y avait le divin Crucifié, le Seigneur Jésus, puis un brigand de chaque côté. Notre frère Jean Muller, dans une méditation, pouvait dire : Les deux brigands qui étaient là, l’un à la droite l’autre à la gauche du Seigneur, c’est parce qu’ils en avaient trop fait, et ils étaient là crucifiés. Le divin Crucifié, le Seigneur Jésus, Lui en avait trop dit et c’est pour cela que les hommes L’ont rejeté, L’ont haï, et L’ont mis à mort.
En Jean 1. 11 : « Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu ». C’était son peuple, c’étaient les siens. Et quelles sont ces paroles qui sortent de la bouche du Seigneur ?
La grâce qui est répandue sur ses lèvres, mais aussi dans le bien-aimé dont il est parlé dans le Cantique des cantiques « ses lèvres, des lis distillant une myrrhe limpide » (Cant. 5. 13), c’est la grâce, la grâce du Seigneur.
Nous voyons au début de cet évangile de Luc, Luc 4. 22 : le peuple « s’étonnait des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche », c’était tout au début de son ministère.
Maintenant, son ministère était terminé, et qu’est-ce qui sortait encore de la bouche du Seigneur Jésus ? Des paroles de grâce, et toute sa vie sur la terre a démontré qu’il y avait des paroles de grâce qui étaient dans la bouche du Seigneur Jésus.
Nous venons de dire : Il en avait trop dit. C’est pour cela que les hommes L’ont rejeté, L’ont haï. En Jean 8. 25 : « Ils lui disaient donc : Toi, qui es-tu ? Et Jésus leur dit : Absolument ce qu’aussi je vous dis ». Qu’est-ce qui est donné dans la note au bas de la page ? « Sa parole, son langage, le présentaient lui-même, étant la vérité ».
Il leur a apporté la grâce et la vérité. Et à cet instant ultime, Il prononce encore des paroles de grâce et de vérité, Il apporte encore cela. En Exode 28, au bas de la robe du souverain sacrificateur, qu’y avait-il ? Il y avait une clochette et une grenade et les disciples ont pu dire sur le chemin d’Emmaüs : « Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole » (Luc 24. 19).
Et dans le Psaume 17. 3, le Seigneur pouvait dire prophétiquement : « Ma pensée ne va pas au-delà de ma parole ». Nous avons là le cœur du Seigneur Jésus dans ces paroles. Tout était dans un parfait équilibre.
En Ésaïe 50 le Seigneur Jésus était réveillé chaque matin pour qu’Il ait la langue des savants. On voit encore ces paroles de grâce qui sortent de sa bouche à cet instant ultime sur la croix. Cela nous sonde.
Toujours en liaison avec les clochettes et grenades en alternance, le Seigneur Jésus en qui tout était en parfait équilibre, avait pu enseigner en Matthieu 5. 44 : « Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent], et priez pour ceux qui [vous font du tort et] vous persécutent ».
Le Seigneur Jésus a orné parfaitement cette parole qu’Il avait prononcée. Il a aimé ses ennemis, Il a prié pour ceux qui Lui faisaient du tort. Que nous reste-t-il quant à nous bien-aimés ?
En Jean 13. 34 : « Comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre ». Colossiens 3. 13 : « Comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi [faites] de même ». Voilà ce que le Seigneur Jésus veut laisser sur chacun de nos cœurs aujourd’hui. La mesure est insondable et nous n’y atteignons pas, mais c’est aimer comme Christ nous a aimés, pardonner comme Christ nous a pardonnés.
À la lecture des chapitres 4 de Lévitique et 15 des Nombres, on note que, lors d’un péché par erreur, que ce soit le peuple, les principaux ou le commun du peuple, il fallait amener un sacrifice. Et le Seigneur tourne ce péché qui était un péché par fierté en un péché par erreur ; mais il faut amener un sacrifice.
En Ésaïe 53. 6 : « Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ». Les mots « errants » ou « erreur » ont la même racine, et il est bien dit « nous avons tous été errants ».
Qui est-ce qui se présente comme le sacrifice ? C’est le Seigneur. Et Dieu frappe à la place de ceux qui sont placés sous le privilège d’avoir agi par erreur son Fils Lui-même. « Il plut à l’Éternel de le meurtrir » (És. 53. 10).
« L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ». Nous avons dit que cette prière du Seigneur concerne d’une manière particulière son peuple, et cela se voit dans les deux passages du livre des Actes qui nous ont été lus : l’un dans la bouche de Pierre, l’autre dans la bouche d’Étienne, mais ceux qui crucifiaient le Seigneur, c’était ceux des nations.
Et dans un autre passage du livre des Actes, il nous est dit que les nations et les Juifs sont responsables de la mort du Seigneur, et nous aussi, nous sommes au bénéfice de cette prière. Le prophète a dit : « L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ». Il y a le sacrifice.
Ceux qui L’avaient livré savaient très bien qu’Il n’avait rien fait de mal. Et Pilate avait dit trois fois qu’Il n’était pas coupable, qu’il n’y avait rien qui mérite la mort, mais il avait dit juste quelques versets auparavant qu’il faisait ce qu’ils demandaient.
Alors ils emmenèrent Jésus et Le crucifièrent. Ils L’ont mis sur le bois maudit, sur ce bois où il avait été dit que, si quelqu’un avait mérité la mort, il irait sur ce bois. Ils L’ont mis dessus. D’abord, ils L’avaient fouetté, ils Lui avaient craché au visage, et toutes les exactions qu’ils pouvaient imaginer, ils l’avaient fait contre Lui mais Il n’a rien dit. Les hommes n’auraient pas supporté cela. Lui n’a pas ouvert sa bouche. Voilà ce qui nous est dit de Lui.
Maintenant, Il est sur la croix, cloué sur le bois entre deux malfaiteurs, et nous entendons cette première parole : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). On a bien dit que ce ne sont pas seulement les Juifs, mais aussi les nations qui L’ont mis là c’est-à-dire nous tous. Nous avons tous péché, et nous ne l’avons pas fait par erreur. Ils savaient très bien ce qu’ils faisaient.
Nous n’avons pas voulu de Lui, mais nous voyons cette grâce, cette grâce qui brille sur la croix. Naturellement, nous la voyons encore davantage dans les trois heures de ténèbres. Mais déjà cette première parole nous montre cette grâce infinie. « Père, pardonne-leur ». Qu’est-ce que cela a dû être pour le Père de voir son Fils, ce Fils unique, ce Fils qui avait toujours fait sa volonté, ce Fils qui était pur, sans péché, ce Fils de Dieu, le Saint, cloué sur la croix comme un malfaiteur !
Normalement, ce Père saint aurait dû juger tout de suite toute cette humanité. Mais cette parole, cette première parole du Seigneur nous montre déjà que le Seigneur voulait pleinement accomplir cette œuvre, qu’Il voulait faire la volonté de son Père. Et déjà là Il intercède pour ces malfaiteurs, pour ceux qui L’ont mis sur la croix, Il intercède pour eux : « Père, pardonne-leur ».
En Nombres 35. 9 à 12 : « Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Quand vous aurez passé le Jourdain [et que vous serez entrés] dans le pays de Canaan, alors vous vous désignerez des villes ; elles seront pour vous des villes de refuge, et l’homicide qui, par mégarde, aura frappé à mort quelqu’un, s’y enfuira. Et ce seront pour vous des villes de refuge de devant le vengeur, afin que l’homicide ne meure point qu’il n’ait comparu en jugement devant l’assemblée ».
Voilà, il nous est donné ces villes de refuge pour l’homicide. Voilà, ils l’ont fait par mégarde ; « ils ne savent pas ce qu’ils font », dit-Il. Leurs yeux étaient vraiment aveuglés. Satan avait tellement aveuglé leurs yeux, à eux qui étaient dans les ténèbres. Et Lui, le Seigneur, est allé dans les ténèbres pour que Lui qui était la lumière puisse leur donner la lumière.
Il nous a donné ces villes de refuge, et Lui, le sacrificateur, pouvait offrir ce sacrifice pour le péché. En Ésaïe 53. 10 : « S’il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence ». C’est Lui qui offrit sa vie en sacrifice pour le péché.
Il y a un lien étroit entre ces deux paroles du Seigneur qui sont citées dans l’évangile selon Luc. Le Seigneur avait dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
Et ensuite, l’évangéliste Luc nous rapporte cet entretien du Seigneur avec ce brigand qui était crucifié là. Et que dit le brigand ? Il reprend son compagnon [crucifié de l’autre côté], et lui dit : « Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises ». Ce brigand reconnaît sa culpabilité dans le fait d’être attaché à la croix. Et peut-être aussi, sans l’exprimer clairement, sa culpabilité quand auparavant il insultait le Seigneur.
Et une fois qu’il a confessé sa culpabilité, que lui répond le Seigneur ? « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23. 41 et 43). « Il lui sera pardonné ». C’est ainsi que se concluent tous ces paragraphes de Lévitique 4 et aussi de Nombres 15.
Celui qui apporte son sacrifice est maintenant celui qui se présente en vertu de la valeur du sacrifice que le Seigneur présente Lui-même. Il lui est pardonné. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Quelle beauté ! Et est-ce qu’une telle pensée ne pousse pas nos cœurs à la reconnaissance et dans l’adoration ?
Le Seigneur invoque l’erreur, le brigand (nous sommes tous des brigands ; nous avons tous ravi la gloire de Dieu ; tandis que le Seigneur a dit prophétiquement « Ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu » (Ps. 69. 4), ce brigand reconnaît sa culpabilité, se tourne vers le Seigneur, et il lui est pardonné.
Ce n’est pas seulement un péché par erreur, mais un homicide. Et nous devons lire en Matthieu 27 ce que le peuple a dit. Matthieu 27. 25 : « Et tout le peuple, répondant, dit : Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! ».
En Actes 3, on voit Pierre en Actes 3 qui dit au v 15 : « Et vous avez mis à mort le prince de la vie ». En fait, ils sont sous la condamnation d’un homicide. Le peuple d’Israël se met sous la condamnation d’un homicide, le sang est sur eux. Et le Seigneur, dans cette parole, « ils ne savent ce qu’ils font », les met sous un homicide involontaire, dans cette ville de refuge.
« Et qu’ainsi le sang ne soit pas sur toi » (Deut. 19. 10). On peut voir ainsi que le Seigneur transforme cet homicide volontaire en homicide involontaire, et cela prend tout le sens qu’on voit dans les passages qui parlent du résidu futur comme des réfugiés ; nous trouvons là, la ville de refuge.
C’est toujours dans un esprit de prière et de supplication que nous devons nous pencher sur les paroles écrites du doigt de Dieu, cette révélation que nous avons entre les mains, qui nous parle de ce fait si grand, si merveilleux.
Dieu est lumière et Dieu est amour. La croix du Seigneur Jésus le proclame. Les paroles qu’Il a prononcées, nous le redisons, resteront gravées sur les tablettes de nos cœurs.
Nous nous approchons aussi toujours avec un esprit d’adoration. Nous nous sentons tellement petits, tellement limités. Dieu seul est grand, et aussi Celui que nous avons devant les yeux, dans ces paroles qu’Il a prononcées.
Ce qu’Il désire – chers amis, nous le ressentons tous – c’est attacher réellement nos cœurs à Lui, à l’unisson.
Ce qui brille, entre autres, dans cette deuxième parole que le Seigneur prononce sur la croix, c’est de considérer une fois de plus comme les paroles du Seigneur étaient toujours à propos. Il savait comment parler à chacun, à chaque instant, dans chaque circonstance.
Le Seigneur ne se trompait jamais dans ce qu’Il disait ni au moment où Il parlait. Il est, tout à la fois le Fils de Dieu, le Fils de l’homme, l’Homme parfait. Nous avons vu, dans cette première prière où Il a autour de Lui une foule qui Le menace et qui Le fait souffrir, qu’avec toute la grâce qu’Il a dans son cœur, Il fait monter vers son Père cette prière.
Maintenant, Il a à côté de Lui ce brigand qui manifeste une foi remarquable. On a dit à juste titre que c’était un brigand pardonné parce qu’il avait une foi réelle et vivante, une foi d’une très grande beauté, qui lui a fait discerner en quelques instants Qui il avait à côté de lui.
La foi de ce brigand ne repose pas sur les miracles qui ont pu avoir lieu autour de la croix, parce que ces miracles n’avaient pas encore eu lieu, le voile n’avait pas été déchiré, le tremblement de terre n’avait pas eu lieu, la pierre devant la porte du sépulcre n’avait pas été roulée : non, l’œuvre de la croix ne s’était pas encore produite. Mais ce brigand, qui est aux derniers instants de sa vie, utilise ces derniers instants pour discerner Qui il a à côté de lui.
Et il le fait avec une intelligence absolument remarquable. Il peut dire : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (Luc 23. 42). Il a discerné qu’il avait à côté de lui Celui qui allait régner, un Roi, et pourtant il avait à côté de Lui, au centre, un crucifié.
Rien ne pouvait faire penser que c’était un roi qui était là. Et il peut Lui dire : « quand tu viendras dans ton royaume ». Mais comment pouvait-il savoir qu’Il allait revenir, si ce n’est qu’il avait, en quelques instants compris, saisi par la foi, que Celui qui était à côté de lui, le Seigneur Jésus, allait ressusciter.
Et quand nous considérons cette prière si belle de ce brigand, nous pouvons aussi considérer la réponse que le Seigneur lui fait, qui est d’une très grande valeur. Le brigand Lui dit : « Souviens-toi de moi », il demande seulement que le Seigneur se souvienne de lui, que le Seigneur ait une pensée pour lui et le Seigneur lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi ». Le brigand demande une pensée, pour réponse il aura une présence.
« Quand tu viendras dans ton royaume ». Qu’est-ce qu’il demande ? Il demande une place dans un royaume, un royaume terrestre. Il aspire à avoir une place sur la terre. Et le Seigneur lui déclare : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », un paradis céleste. Le Seigneur lui donne une place, non pas sur la terre, mais dans le ciel avec Lui.
Le brigand Lui avait dit : « Quand tu viendras », c’est plus tard. Il n’aspirait pas à autre chose que d’avoir une réponse plus tard. Et le Seigneur répond : « Aujourd’hui », une réponse immédiate ! Quelle beauté dans la foi de ce brigand et dans la réponse que le Seigneur lui accorde !
Si le Seigneur répond ainsi à la foi de ce brigand, Il répond toujours à la foi de chacun des siens. Mais quand le Seigneur avait autour de Lui ces hommes qui Le faisaient souffrir, le Seigneur s’exprimait à haute voix – à plusieurs reprises il est fait mention de parler à haute voix, de ces grands cris – et cela témoigne que le Seigneur, jusqu’aux derniers instants de la croix, était dans la plénitude de sa force et de toutes ses capacités.
Plénitude de sa force, cela veut dire qu’Il ressentait pleinement les souffrances qu’Il pouvait endurer. Ce n’étaient pas la fatigue et le déclin qui atténuaient les souffrances. Non, le Seigneur les goûtait toutes pleinement. Et de la plénitude de son cœur, Il pouvait prononcer à haute voix tout ce qu’Il exprimait, dans une pleine intelligence, une pleine communion encore avec son Père. Et quand le brigand s’exprime et fait cette demande, le Seigneur est là sur la croix, et Il n’avait autour de Lui que des hommes qui L’insultaient, qui Le menaçaient.
Quelle souffrance pour le cœur du Seigneur qui ressentait tout. Mais là, voilà une parole qui a pu réjouir le cœur du Seigneur !
Il y avait un changement dans ce brigand. Il était parmi ceux qui L’insultaient. Il L’insultait aussi comme tous les autres. Il était semblable à eux. Nous voyons cela dans l’évangile selon Matthieu 27. 44 : « Et les brigands aussi qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière ». Il L’insultait donc. Mais tout à coup, qu’est-ce qui l’a fait changer ? – Il a entendu la voix de Celui qui disait : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font », et il a vu le Seigneur souffrir là, comme Il était tranquille quand ils L’ont mis sur la croix. Il a vu ce Seigneur est saint, est pur, et il a entendu cette voix, et cela l’a fait changer. Il avait vu et entendu ; et puis il avait vu, dans ce Crucifié à qui on avait même enlevé les vêtements et à qui on avait mis sur la tête une couronne d’épines, il avait vu dans Celui-là le Roi qui allait venir, Celui qui était annoncé depuis des siècles, le Messie.
Il L’avait vu dans le Seigneur, et on voit sa foi, une foi qui lui fait dire : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (Luc 23. 42), une foi qu’il montre dans ce qu’il dit au Seigneur. Et le Seigneur lui répond, lui révèle quelque chose de beaucoup plus grand que le royaume à venir sur la terre. Il lui dit qu’il y a quelque chose de céleste dans ce condamné à mort – bien qu’Il soit ce Messie rejeté, crucifié et qui va mourir, non pas seulement pour ce peuple, mais qui va mourir pour tous ces pécheurs qui vont se tourner vers Lui – qu’ils auront un avenir avec Lui – et non pas seulement un royaume sur la terre, mais avec Lui. Et quel avenir c’est pour nous ! Peut-être que nous aussi, un jour, nous allons mourir, mais nous attendons plutôt le Seigneur qui va nous enlever – mais aussi quelle consolation pour ceux qui se sont endormis : ils sont avec Lui dans le paradis. Quelle consolation pour ce brigand d’avoir reçu cette vérité. « En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
Et nous savons que ce brigand ne pouvait rien faire, il n’avait fait que du mal. Mais à la fin de cette carrière de mal, il eut cette foi, et cette foi l‘a sauvé. On voit alors qu’on n’a nul besoin de bonnes œuvres, ni d’une onction, ni de quoi que ce soit – il n’a même pas pu se faire baptiser. Mais le Seigneur lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
Cela nous amène à une question. Qu’est-ce qui a fait que ce brigand ait cette foi en lui ? Pourquoi a-t-il eu cette foi ? Était-il un très bon frère, bien spirituel, ayant compris beaucoup de choses ? Pas du tout ! Il n’a pas eu le temps pour tout cela. Nous, pour certains d’entre nous, cela fait peut-être cinquante et quelques années que nous sommes sur les bancs des rassemblements et que nous écoutons la Parole de Dieu jour après jour, depuis notre plus tendre enfance. D’autres bien plus, d’autres moins.
Mais il y a quelque chose qui s’appelle la grâce, la grâce de Dieu. Pourquoi Dieu a-t-Il choisi ce brigand et pas l’autre ? C’est une question qui pour nous reste sans réponse. La grâce de Dieu est quelque chose qui nous est accordé sans que nous ne méritions absolument rien. Et nous, nous sommes comme ce brigand-là. Nous n’avons rien mérité, et Dieu nous a donné cette grâce. Et avec la grâce, Il nous a donné aussi la foi et tout ce qui vient avec. Donc on peut, comme on l’a souligné plusieurs fois, déchausser nos pieds, nous agenouiller et adorer.
Les deux brigands avaient les mêmes possibilités, c’est vrai, mais Dieu a ouvert les yeux de l’un d’eux, qui était prêt aussi à se laisser ouvrir les yeux. Qu’est-ce qu’il avait vu ? Première chose : nous méritons d’être ici sous ce jugement. C’est la première chose, de reconnaître notre culpabilité et ce que nous sommes devant Dieu. Il l’a reconnu.
La deuxième chose, c’est qu’il a vu cette différence tellement grande entre lui et Celui qui était au milieu. Celui-ci, il L’avait entendu dire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Qu’est-ce que cet homme au milieu a dit et quels en sont les motifs pour parler ainsi ? Comment Celui-là a-t-il parlé d’un Père ? Alors la question a été posée : qu’est-ce qui a amené cet Homme à cela ? Et je crois aussi que, ce qu’il avait vu, contemplé et entendu maintenant, au milieu des trois croix, c’était une Personne extraordinaire.
Cela me rappelle quelque chose que nous lisons dans l’évangile selon Luc 19. 12 : c’est le Seigneur Jésus qui parle : « Il dit donc : Un homme noble s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit : Trafiquez jusqu’à ce que je vienne » (v. 12 et 13).
Un homme noble était au milieu des trois. Un homme noble, c’était un tout autre Homme. Alors Dieu a permis qu’Il ouvre les yeux sur cette Personne-là, que c’était vraiment cet homme noble. Nous ne savons pas s’il avait entendu aussi peut-être ces paroles-là, mais Dieu a mis dans son cœur que cet Homme noble va revenir, Celui qui est maintenant sur la croix, qui allait mourir. Alors, est-ce la fin de la vie, la fin de la carrière, la fin de tout ? Non, Il va revenir ; et ce qu’il voit, c’est qu’Il va revenir en Roi, dans un royaume, exactement ce que nous trouvons au chapitre 19.
Cet homme noble, c’était Lui qui était au milieu. Et c’est quelque chose que ce brigand a compris et qui l’a rendu capable de dire ces quelques mots pour la joie du Seigneur. Et on peut être sûr que c’est l’Esprit Saint qui a mis dans la bouche de ce malfaiteur ces mots-là : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (23. 41), et ce qu’il dit là est étonnant. Pilate avait dit qu’Il était innocent, qu’il ne trouvait pas de culpabilité en Lui. « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire ».
Tout était à sa place. On ne comprend même pas qu’il ait pu dire cela. Mais c’est le jugement de Dieu que ce brigand exprime ici : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire ». Il a répondu en tout à ce que Dieu attendait. Quel beau témoignage que cet homme rend.
Et cette Personne qui est à côté de lui, il sait qu’Il va revenir dans son royaume. Il va ressusciter. Lui-même croyait qu’il allait mourir : « Nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises », nous méritons la mort, nous allons passer par la mort, l’un comme l’autre des malfaiteurs. Mais pourtant il sait là qu’Il pourra se souvenir de moi, Il ne m’oubliera pas.
C’est aussi sa propre résurrection. Quelle foi nous pouvons voir dans cet homme ! Et quelle réponse courte mais si importante et si merveilleuse il reçoit ! Nous en avons parlé déjà. « Je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Le paradis, notre frère l’a dit, ce n’est pas sur la terre, c’est dans le ciel. C’est quelque chose de plus élevé encore qui lui est promis ici. Et encore quelque chose, il ne sera pas seulement dans le paradis, mais le Seigneur dit : « tu seras avec moi dans le paradis ». Le Seigneur se lie avec cet homme. Quelle réponse reçoit cet homme !
– Et pourquoi ? Parce qu’il s’était laissé ouvrir les yeux de la foi par l’Esprit Saint, par le Père aussi, qui lui a fait exprimer des choses que jusque-là encore personne n’avait jamais dites du Seigneur. Un brigand, un malfaiteur, amené dans la lumière de Dieu, peut témoigner ainsi ; et quant à la réponse du Seigneur, nous ne pouvons qu’admirer cette façon de parler maintenant à cet homme, de lui donner cette promesse. Nous pouvons nous représenter aussi peut-être un peu comment c’était maintenant pour cet homme. Il avait maintenant un avenir que son Seigneur, cet homme noble, lui avait donné.
On peut aussi poser cette question : comment cet homme, ce brigand a-t-il discerné la noblesse de Celui qui était crucifié au milieu d’eux ?
On a fait remarquer que les brigands avaient entendu cette parole du Seigneur : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». En présence de la mort, l’homme qui a un certain discernement pense au fait qu’il va comparaître devant Dieu ; et après la mort, le jugement.
Mais pour le Seigneur, Il n’est pas inquiet. Cet homme qui était là au milieu n’était pas inquiet pour Lui, pour ce qui allait advenir de Lui ; mais Il s’inquiétait – si j’ose employer ce mot – de ceux qui Le crucifiaient. Et il y avait là une noblesse du Seigneur que le brigand a reconnue.
Le Seigneur prie, non pas pour Lui-même, mais pour ceux qui Le crucifient et aussi pour tous ceux qui L’insultaient. Cela a été pour cet homme quelque chose qui a certainement frappé son esprit, son cœur, et l’a amené à se tourner vers le Seigneur et à Le reconnaître comme Celui qui allait venir dans son royaume. On a noté aussi tout à l’heure que nous ne pouvons invoquer que la grâce de Dieu pour être sauvé.
Mais on peut remarquer aussi qu’il y avait deux brigands. Et il y en a un qui a dit : « N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi » (Luc 23. 39), et en fait, il emploie une expression qui met en doute ce qu’est le Seigneur. « N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ». Et le doute est le contraire de la foi.
Le brigand qui a confessé sa culpabilité montre sa foi, l’autre reste dans le doute. Et ainsi il y a celui à qui le Seigneur peut dire : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », et puis l’autre qui est mort dans ses péchés.
Une autre remarque. Il n’est plus parlé du brigand ensuite. La fin de son histoire est résumée dans ces paroles du Seigneur : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Et c’est la fin de tout croyant qui doit passer par la mort. Et on l’a dit, c’est une précieuse consolation pour tous ceux qui connaissent le deuil, de savoir que pour eux aussi, « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
Et ce n’est pas la fin, si j’ose parler ainsi, de l’histoire du Seigneur sur la terre. Et c’est après, que la Parole nous parle des trois heures sombres de la croix. C’est après, que la Parole nous parle du prix qui a dû être payé pour que le Seigneur puisse dire à cet homme : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
La culpabilité du brigand est ôtée, le Seigneur la porte à sa place. Et pour nous qui, par grâce, et c’est une grâce infinie de Dieu, avons cette certitude que notre place est prête dans le ciel, nous prenons conscience que la Parole, après nous avoir donné cette espérance, cette certitude, vient nous parler du prix qui a été payé pour que cette place nous soit acquise.
« Or il était environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure » (Luc 23. 44). Je le répète, l’histoire du brigand est terminée. Sa place est dans le paradis. L’histoire du Seigneur sur la terre n’est pas terminée. Sa place, c’est les trois heures sombres.
En rapport avec ce brigand qui s’est converti, il peut dire à son compagnon : « Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? Et pour nous, nous y sommes justement ».
Proverbes 1 7 : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la connaissance ». Proverbes 9. 10 : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse, et la connaissance du Saint est l’intelligence ».
Le Seigneur Jésus, selon les expressions qui sont données dans l’épître aux Hébreux, au chapitre 7, était saint, innocent, sans souillure (7. 26). Voilà ce que le brigand a su discerner dans le Seigneur Jésus, le divin Crucifié. Et il a eu cette intelligence, cette connaissance du Seigneur Jésus. Pourquoi ? Parce qu’il a eu la crainte de Dieu dans son cœur.
Il est dit au début du livre des Actes, où toute âme était ajoutée à l’assemblée : « Toute âme avait de la crainte » (2. 43). Et aujourd’hui, le Seigneur pourrait nous dire à chacun : « Où est la crainte qui m’est due ? » (Mal. 1. 6).
En Romains 10. 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé ».
Il a confessé que le Seigneur Jésus était le Juste par excellence, il a pu discerner qu’Il était innocent, sans péché. Dans l’évangile de Luc, c’est le sixième témoignage à l’innocence du Seigneur Jésus. Le dernier sera celui du centurion qui reconnaîtra que « cet homme était juste » (Luc 23. 47), et dans un autre évangile, qu’Il était le Fils de Dieu (Mat. 27. 54). Donc, il a confessé de sa bouche qu’il était un pécheur perdu.
Aujourd’hui, nous disons cela parce qu’il y a des personnes venant régulièrement dans les rassemblements autour du Seigneur Jésus et qui n’auraient pas été saisies par cette conviction de péché, et ensuite par cette conviction que le Seigneur Jésus a aimé le pécheur repentant qui confesse ses péchés et qui les abandonne pour obtenir miséricorde.
Mais c’est ce qui s’est réalisé pour ce brigand sur la croix, c’est ce à quoi toute âme doit être amenée pour saisir encore aujourd’hui à la grâce qui est à la portée de chacun, qui entend aujourd’hui l’appel du Seigneur. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 15).
Alors il y a ce brigand qui a saisi la grâce de Dieu. Et il y a l’autre brigand qui n’a pas su la saisir et qui a été perdu pour l’éternité. L’un entre dans le paradis, et l’autre entre dans les tourments éternels. C’est solennel !
Le brigand a su discerner que Celui qui était là, le divin crucifié, allait non seulement mourir, mais ensuite ayant un royaume, Il allait ressusciter. Le passage de Romains 10 dit : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur », le brigand a pu lui dire : « Seigneur, souviens-toi de moi » ; et ensuite il a su discerner la gloire du Seigneur Jésus qui allait ressusciter. Il a été sauvé pour l’éternité. Ne restons pas insensible en entendant l’appel de la grâce de Dieu.
Juste encore un mot en rapport avec cette expression que nous avons déjà lue : « Aujourd’hui », « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23. 43). On a déjà relevé ce regard de la foi qui était tourné vers le Seigneur Jésus qui était à côté de ce brigand ; cette conviction de péché ; cette repentance qui naît dans son âme ; ce regard de quelqu’un qui sent tout son besoin et qui se tourne vers le Seigneur Jésus comme son seul refuge, comme sa seule espérance.
Il avait encore une espérance, pour plus tard, mais il n’osait pas espérer qu’elle ait un effet immédiat : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (Luc 23. 42). Et le Seigneur lui montre quelque chose de plus élevé ; non pas un règne terrestre, mais une gloire, une place céleste avec Lui.
Et puis : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Nous avons maintenant une espérance céleste, mais nous savons aussi que le Seigneur désire que les résultats de son œuvre à la croix, dans une vie nouvelle, une vie qui vient d’en haut et qu’Il nous a communiquée, puissent être réalisés, manifestés et grandir dans nos vies déjà aujourd’hui.
« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », dit-Il à ce brigand ; et aujourd’hui, de même, le Seigneur désire que les résultats de son œuvre, de sa victoire à la croix, puissent descendre d’en haut dans la vie de chacun d’entre nous.
Mentionnons un verset dans les Psaumes en rapport avec les deux mots « avec moi », dans le Psaume 73. C’est Asaph qui l’écrit et il est dans des circonstances difficiles. Et au verset 17, il dit : « Jusqu’à ce que je fusse entré dans les sanctuaires de Dieu » ; et au verset 25, il dit : « Qui ai-je dans les cieux ? Et je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en toi ».
Quand le Seigneur nous amènera dans la gloire, nous Le verrons. Et quand quelqu’un est décédé, facilement nous disons : il est auprès du Seigneur. Et c’est une bonne chose, la meilleure des choses. Nous désirons souvent être avec Lui quand les circonstances de notre vie sont difficiles, comme chez Asaph peut-être. Mais le désir dans notre cœur devrait être que nous verrons le Seigneur quand Il nous aura amenés dans la gloire. Le brigand était avec Lui dans la gloire.
« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». On l’a déjà entendue, on peut la répéter.
– « Aujourd’hui » – quelle promptitude, pas d’attente.
– « Tu seras » – c’est une certitude.
– « Avec moi » – quelle compagnie. Et
– « dans le paradis » – quel lieu !
Le Seigneur a pu dire à ce brigand : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Aujourd’hui encore, Il nous dit à chacun : « Moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20). Il est là !
Dans le Psaume 121, je rappellerai une pensée qui me revient, exprimée par notre frère Finet. Psaume 121. 8 : « L’Éternel gardera ta sortie et ton entrée, dès maintenant et à toujours ».
Concernant les enfants de Dieu, maintenant les rachetés du Seigneur, qui sont près de s’en aller et d’entrer dans la maison du Père, ceux qui les entourent jusqu’à leurs derniers moments, qui peuvent les accompagner jusqu’à cette sortie définitive de ce monde ; mais quant à leur entrée, c’est-à-dire, leur introduction dans le paradis – on peut prendre ce mot, le Seigneur seul est là avec eux.
Peut-être qu’on peut voir pour ce brigand que c’est à la fois pour la sortie de ce monde où il n’avait comme compagnon qu’un autre brigand et aucune consolation, aucune présence apaisante. Mais il avait finalement le Seigneur à côté de lui, qui a pu lui parler de son entrée dans cet autre monde, dans le paradis.
Nous venons de nous arrêter sur cette deuxième parole du Seigneur, et cette promesse qu’Il fait à ce brigand qui va quitter cette terre. La part de ce brigand est maintenant la part de tous ceux qui délogent dans le Seigneur. C’est une part précieuse, merveilleuse d’être auprès du Seigneur, avec le Seigneur.
Alors on pourrait peut-être s’interroger et se dire : le Seigneur s’occupe de ceux qui sont dans le paradis, mais qu’en est-il des siens qui sont sur la terre ? Et nous voyons que le Seigneur pense à tout et a une réponse à nos interrogations avant même que nous y pensions.
Dans cette parole que nous avons lue en Jean 19, quand Il s’adresse à sa mère, et Il lui dit : « Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19. 26 et 27). Quelle puissance de la parole du Seigneur, qui en quelques mots exprime ce qu’Il a à dire, et qui peut consoler un cœur et fortifier la foi.
Le Seigneur sait tout. Il savait à ce moment-là, sans aucun doute, ce que Marie pouvait penser. Il se souvenait de cette prophétie qui avait été annoncée à sa naissance par Siméon et que nous avons dans l’évangile selon Luc 2. 34 : « Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira (et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées » (Luc 2. 34 et 35).
Marie, à ce moment-là, ne se souvenait-elle pas de cette parole ? N’y avait-il pas cette épée qui transperçait sa propre âme de voir sur la croix celui qui avait été son fils ? Et le Seigneur est là pour venir l’apaiser par une parole, en disant simplement : « Femme, voilà ton fils ». Quelle parole !
Le Seigneur est toujours là pour, du haut du ciel, s’occuper de chacun de nous. Il sait exactement ce que nous pouvons traverser, connaître, avoir au plus profond de notre cœur comme souffrances, comme peines, et Il a la parole qui vient nous apaiser. Et sans doute, Il s’adresse aussi à Jean, lui disant : « Voilà ta mère ».
Une parenthèse : nous voyons l’attitude que le Seigneur a à l’égard de Marie. S’il y avait eu un moment où Il aurait pu honorer Marie et lui donner une place particulière, cela aurait été probablement à ce moment-là. Le Seigneur ne fait là aucune mention, il n’y avait pas de mention à faire. Il pense à la souffrance que Marie peut éprouver dans son cœur, et par une parole Il vient la fortifier et la consoler.
Il nous montre dans cet exemple, dans cette parole, les liens qui maintenant nous unissent, nous croyants, les uns aux autres. Il dit à Marie : « Femme, voilà ton fils », et au disciple Jean : « Voilà ta mère ». Et ce sont ces liens que nous avons entre membres du corps et entre tous ceux qui sont liés à Christ la tête.
Dans la suite de ce verset : « Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19. 27), l’attitude du disciple est très belle parce qu’il ne nous est pas simplement dit que le disciple la prend dans sa maison, ce qui est exact, ce qu’il fait n’est pas simplement d’introduire Marie dans sa maison, mais « chez lui » : c’est-à-dire que journellement, continuellement, il y avait une relation entre Marie et le disciple, et le disciple a veillé sur Marie.
Il y a eu entre Marie et le disciple Jean sans aucun doute des communications heureuses, bénies. Pourquoi ces communications étaient-elles bénies ? Parce qu’elles étaient dirigées sur la Personne du Seigneur Jésus. Et c’est bien le privilège que nous avons aujourd’hui, de savoir que du haut du ciel le Seigneur ne nous oublie pas, qu’Il nous voit chacun dans nos circonstances, et que nous pouvons, les uns et les autres, nous encourager et nous fortifier, en comptant sur le Seigneur, en étant occupés de Lui.
Le Seigneur avait dit à ce brigand : « Tu seras avec moi dans le paradis ». Cet état c’est un état transitoire.
C’est un état qui est bien meilleur que celui que nous connaissons sur la terre, mais ce n’est pas l’état de perfection dans lequel nous serons amenés. Cet état de perfection sera quand les saints ressusciteront et seront introduits par le Seigneur dans les places qui nous sont préparées dans la maison du Père.
Les corps des saints qui ont été portés dans le tombeau ressusciteront ; leur âme et leur esprit sont dans le paradis ; mais leurs corps participent à la corruption et attendent le jour de la résurrection, où nous serons introduits avec le Seigneur dans ces places qui sont prêtes.
Le Seigneur a connu cet état, si j’ose dire, transitoire puisqu’Il a remis son esprit entre les mains du Père en attendant la résurrection au troisième jour.
Encore un détail pour les jeunes qui sont là, qui n’ont peut-être pas encore donné leur cœur au Seigneur. En Romains 2. 4 : « La bonté de Dieu te pousse à la repentance ».
Quelle différence y a-t-il entre moi avant ma conversion et le brigand ? – Il n’y a pas de différence, sinon que j’ai eu des parents chrétiens et qui m’ont peut-être dit un jour : Tu pèches, le Seigneur t’aime. Nous savons qu’après la mort, c’est le jugement pour ceux qui n’ont pas cru.
Mais cette crainte de Dieu par rapport au jugement, ce n’est pas la crainte du croyant. Bien sûr on a peur de Dieu quand on n’est pas un croyant, parce qu’il y a quelque part en nous cette pensée – Dieu a placé en nous cette pensée dans nos consciences – on a peur de Dieu parce qu’après la mort, il y a le jugement parce qu’on n’a pas cru. Mais c’est « la bonté de Dieu qui te pousse à la repentance ». Oui, je pèche, je mens, je dis des mensonges. « La bonté de Dieu te pousse à la repentance ».
Le brigand a entendu la prière du Seigneur. Cela a commencé là. Je suis un pécheur, mais Il m’aime. C’est cela qui touche la conscience. Ce n’est pas le jugement. On le voit bien dans le premier homme. Si tu fais cela, tu mourras. Cela n’a pas eu d’effet. C’est la bonté de Dieu qui m’a poussé à la repentance. Et c’est toujours ainsi aujourd’hui. Quelle grâce !
Un musulman m’a dit : Le Seigneur Jésus n’a pas aimé sa mère. Il a dit : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ? » (Jean 2. 4), quand elle a dit qu’il n’y avait pas de vin à Cana. Son heure n’était pas encore venue, alors Il doit la reprendre parce qu’elle allait trop vite. Elle Le connaissait comme Celui qui était l’Oint de Dieu, qui pouvait faire des miracles, et elle espérait aussi que Lui aussi comme Messie fasse quelque chose, que cette joie pour le peuple allait venir.
Mais son heure n’était pas encore venue. C’est pourquoi il fallait qu’Il lui dise : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue ». Une autre fois, sa mère et ses frères étaient là, et ils voulaient L’empêcher de parler aux foules : « Il est hors de sens » (Marc 3. 21). « Ses frères ne croyaient pas en Lui » (Jean 7. 5). Alors là aussi Il dit : « Qui est ma mère, ou [qui sont] mes frères ? » (Marc 3. 33). Là aussi, un non-croyant pourrait dire : Il a renié sa mère.
Mais là aussi ils n’ont pas vu que c’était Celui qui était le rejeté, qui allait souffrir. Même ici peut-être elle espérait encore. Elle savait qu’Il est le Messie, qu’Il était venu de Dieu, la sainte Chose qui est appelée le Fils de Dieu. Maintenant elle voit son fils qu’elle aime, qu’elle a certainement admiré, dont elle a vu tous les miracles qu’Il avait faits, elle avait peut-être espéré qu’Il allait aussi établir le royaume sur cette terre, et maintenant elle Le voit sur cette croix. Il y avait vraiment cette épée qui transperçait son cœur.
Quelle douleur pour une maman de voir son fils qui n’a fait que du bien, un fils exceptionnel qui obéissait à ses ordres, à ses parents – on le lit dans l’évangile selon Luc, cet enfant de douze ans qui obéissait à ses parents – nous avons aussi des enfants de douze ans, il y en a aussi ici des enfants qui n’ont pas du tout obéi, moi non plus. Mais Celui-là, Il obéissait, Il était parfait.
Maintenant cet homme parfait, qui n’avait fait que du bien, était sur la croix, et quelle épée transperçait ce cœur de mère. Et quelle douceur, quel amour du Seigneur vis-à-vis de cette mère, vis-à-vis de sa mère. Il y avait ses frères qui ne croyaient pas encore en Lui, je suppose au moins. Plus tard ils croiront en Lui.
Cette mère était vraiment bénie, elle n’était pas la mère de Dieu, elle était la mère du Fils de Dieu, selon la chair. Alors elle est restée une femme comme les autres, mais qui croyait en ce Fils de Dieu. Maintenant ce fils, son fils, allait disparaître, n’allait plus être là.
Mais il y avait un disciple qu’Il aimait et qui répondait à cet amour, ce disciple qui se tenait près du Seigneur, qui était là à son côté pendant le repas, le dernier repas, qui était maintenant là au pied de la croix. De tous ses disciples, il n’est parlé que de celui-là, qui était là, et de sa mère. Il y avait encore des autres femmes, mais on n’entend rien des autres disciples, on n’entend rien de ses frères ou sœurs. Mais ce disciple qu’Il aimait était là, et c’était le seul auquel Il pouvait confier sa mère.
Et quelle tendresse ! C’était deux personnes qu’Il aimait et qu’Il voulait joindre ensemble, pour s’occuper l’un de l’autre, qui aimaient cette même Personne. S’ils étaient ensemble, qu’est-ce qui les unissait ? Cette même Personne, et c’est un lien que nous connaissons aussi, nous frères et sœurs, nous connaissons ce Seigneur, et c’est Jésus qui nous unit en amour et Il veut que nous nous occupions l’un de l’autre aussi. Mais ici c’est spécialement avec ces deux-là qu’Il aimait.
Alors ce disciple la prit chez lui et prit soin d’elle. Le Seigneur lui avait confié cela, et nous sommes sûrs qu’il l’a fait autant qu’il le pouvait. C’est le disciple qui probablement est devenu le plus vieux. Il avait d’abord occupé son temps à s’occuper de cette mère, et il avait aussi occupé son temps à servir le Seigneur dans la famille de Dieu et Il parlera plus tard de la famille de Dieu. Il a montré ce que sont les liens dans la famille de Dieu.
La parole est très sobre, dans l’évangile, sur ce que le Seigneur a connu de la sixième à la neuvième heure. Il nous est simplement dit, nous l’avons lu : « il y eut des ténèbres sur tout le pays », et la parole nous rapporte ce que le Seigneur a prononcé à la fin de ces trois heures sombres de la croix. Nous aimerions lire quelques passages de l’Ancien Testament qui nous montrent un peu ce que le Seigneur a rencontré.
Ésaïe 53. 8 : « Il est ôté de l’angoisse et du jugement ; et sa génération, qui la racontera ? Car il a été retranché de la terre des vivants ; à cause de la transgression de mon peuple, lui, a été frappé ».
« Je suis l’homme qui ai vu l’affliction par la verge de sa fureur. Il m’a conduit et amené dans les ténèbres, et non dans la lumière. Certes c’est contre moi qu’il a tout le jour tourné et retourné sa main » (Lam. 3. 1 à 3) ; « Il a bandé son arc, et m’a placé comme un but pour la flèche. Il a fait entrer dans mes reins les flèches de son carquois » (Lam. 3. 12 et 13). Souvenons-nous, et gardons cela dans nos cœurs, que pendant ces heures de ténèbres le Seigneur a porté le châtiment de notre paix, comme nous le lisons aussi dans le prophète Ésaïe (53. 5).
Mais nous préférons rester très sobres, et nous en tenir à ce que dit l’Écriture concernant ces trois heures sombres de la croix. Les témoins n’ont vu que des ténèbres : « il y eut des ténèbres sur tout le pays » (Mat. 27. 45) ; et les témoins n’ont entendu que ce que le Seigneur a prononcé à la fin de ces trois heures sombres, comme nous l’avons lu : « Vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46).
David disait dans ses vieux jours dans un Psaume : « J’ai été jeune, et je suis vieux, et je n’ai pas vu le juste abandonné » (Ps. 37. 25) ; et pourtant Celui qui, dans le livre de Job est appelé « le juste parfait » (Job 12. 4), ou « le tout juste », a été abandonné de Dieu. Et pourquoi ? Parce qu’à cette heure-là Il prenait la place des coupables, de ce brigand auquel Il avait donné cette parole, mais de nous tous aussi, et nous ne pouvons que nous ranger derrière ce brigand qui, par la foi, a saisi la grâce de Dieu.
Nous sommes placés devant quelque chose qui restera pour nous un mystère pour l’éternité. Dans le Psaume 42. 7 : « Un abîme appelle un autre abîme à la voix de tes cataractes ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi ».
« Délivre mon âme de l’épée, mon unique de la patte du chien. Sauve-moi de la gueule du lion » (Ps. 22. 20 et 21).
Le Seigneur a connu des souffrances, pour ainsi dire, de la patte du chien. Tout ce que l’homme a pu manifester comme méchanceté, comme cruauté même envers le Seigneur, Il l’a connu.
Il y avait bien le lion qui était là, qui poussait ainsi l’homme et qui voulait empêcher le Seigneur d’accomplir son œuvre. Et aussi nous avons cette expression : « Délivre mon âme de l’épée », dans le livre de Zacharie, chapitre 13 verset 6 : « Et on lui dira : Quelles sont ces blessures à tes mains ? Et il dira : Celles dont j’ai été blessé dans la maison de mes amis ».
Et : « Épée, réveille-toi contre mon berger, contre l’homme [qui est] mon compagnon, dit l’Éternel des armées ; frappe le berger, et le troupeau sera dispersé » (Zach. 13. 7). Enfin au chapitre 11, au verset 17 : « Malheur au pasteur de néant qui abandonne le troupeau ! L’épée [tombera] sur son bras et sur son œil droit ».
Cette épée, qui était destinée au pasteur de néant, s’est réveillée contre le divin berger, notre Seigneur, notre Sauveur. Cela fait partie de ces nombreux contrastes. Dieu n’a pas épargné son propre Fils, mais L’a livré pour nous tous.
Et pourtant, « un homme épargne son fils qui le sert » (Mal. 3. 17). Et quel homme a mieux servi son Père que le Seigneur ? Et au verset 25 du Psaume 37 : « J’ai été jeune, et je suis vieux, et je n’ai pas vu le juste abandonné ». Et voilà que nous entendons ce cri que le Seigneur a poussé sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46). Et aussi : « Les hommes de sang et de fourbe n’atteindront pas la moitié de leurs jours » (Ps. 55. 23), mais le Seigneur a dû, dans le Psaume 102, demander : « Mon Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours ! » (Ps. 102. 24). Il se trouvait dans la situation comme s’il était un homme de sang et de fourbe.
Que de contrastes, que de choses profondes qui nous montrent un peu ce que le Seigneur a dû connaître à ce moment où Il a fait l’abolition du péché par son sacrifice. Il a porté nos péchés en son corps sur le bois, Il les a confessés comme étant les siens, et le poids de la colère divine est tombé sur Lui, Il a été abandonné, et nous comprenons bien que c’est pour que nous, nous ne soyons jamais abandonnés.
Assurément, le Seigneur Jésus a souffert, Il était l’homme de douleurs, II a souffert de la part des hommes, mais Il a aussi souffert de la part de Dieu. Ici pendant les trois heures sombres sur la croix, quand Il a crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », oui, Il a été abandonné par son Dieu, Lui le Bien-aimé de son cœur, l’objet de ses délices.
Et pourtant Il a été abandonné pour vous et pour moi. Celui qui n’a pas connu le péché, en qui il n’y avait aucun péché, qui n’a jamais péché, a été fait péché pour vous et pour moi, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu.
Oui, si quelqu’un, vieux ou jeune, ne connaît pas le Seigneur Jésus comme son Sauveur personnel, laissez-moi vous dire : le Seigneur vous aime, et Il est mort sur la croix pour vous et pour moi. N’attendez pas trop tard ; ne dites pas : je suis trop jeune, j’ai le temps, j’aimerais finir mes études, j’aimerais avoir un bon travail, j’aimerais me marier, j’aimerais voyager autour du monde. « Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ? » (Mat. 16. 26). Ne remettez pas à plus tard, venez à Lui maintenant.
Frères et sœurs, ne traitez pas le péché légèrement. Cela a coûté à Dieu l’abandon de son Fils.
« Mais, depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure ». La Parole de Dieu ne dit pas autre chose : les ténèbres sur tout le pays, de la sixième à la neuvième heure. Il ne nous est rien rapporté de ce qui s’est passé pendant ces trois heures, si ce n’est, à la fin, la parole du Seigneur : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46).
Nous comprenons peu combien nous devons être sobres, ne pas laisser notre imagination essayer de penser à ce qui a pu avoir lieu pendant ces trois heures. Nous comprenons un peu, vraiment très peu, toute la souffrance que le Seigneur a pu connaître pendant cette éternité qui a duré trois heures.
Nous pensons à ce que Caïn a pu exprimer alors qu’il venait de tuer son frère Abel en Genèse 4 : L’Éternel dit à Caïn… « Qu’as-tu fait ? », et Caïn entend la malédiction que l’Éternel fait tomber sur lui. Alors Caïn prononce cette parole au verset 13 : « Mon châtiment est trop grand pour que j’en porte le poids. Voici, tu m’as chassé aujourd’hui de dessus la face de la terre, et je serai caché de devant ta face » (Gen. 4. 13 et 14).
Il y a probablement dans cette expression : « Je serai caché de devant ta face », l’expression de la plus grande souffrance qu’une âme pourra connaître quand, éternellement, elle sera loin de Dieu, quand la face de Dieu lui sera cachée. Nous avons pu voir dans les paroles précédentes, le bonheur du croyant d’être avec Jésus. Mais pour celui qui sera éternellement loin, il sera caché de devant la face de Dieu. C’est d’une très grande solennité.
Nous devons rester muets devant ces trois heures de ténèbres ; et nous ne pouvons que penser à ce que nous trouvons dans l’Ancien Testament en Deutéronome 21. 18 : « Si un homme a un fils indocile et rebelle, qui n’écoute pas la voix de son père ni la voix de sa mère, et qu’ils l’aient châtié, et qu’il ne les ait pas écoutés, alors son père et sa mère le prendront et l’amèneront aux anciens de sa ville, à la porte de son lieu ; et ils diront aux anciens de sa ville : Voici notre fils, il est indocile et rebelle, il n’écoute pas notre voix, il est débauché et ivrogne ; et tous les hommes de sa ville le lapideront avec des pierres, et il mourra » (Deut. 21. 18 à 21).
Voilà ce qui était enseigné en ce temps-là concernant un fils indocile, que les parents devaient prendre et amener aux anciens de la ville, et qui devait être lapidé. Et quand nous lisons la Parole de Dieu, des fils indociles il y en a eu sans aucun doute, mais jamais nous ne trouvons un exemple d’un fils indocile amené par son père et sa mère aux anciens de la ville et qui ait été lapidé. Jamais ! Il n’y a pas d’exemple.
Et nous l’avons dit, des fils indociles il y en a eu. On pourrait citer un fils particulièrement rebelle, Absalom ; Absalom qui détournait le cœur de ceux qui passaient près de lui et qui a voulu prendre le royaume à David son père. Qu’a fait David ? A-t-il amené Absalom ? Non. Il y a un verset très sérieux en 2 Samuel 18. 5 : « Et le roi commanda à Joab, et à Abishaï, et à Itthaï, disant : Usez-moi de douceur envers le jeune homme, Absalom ».
Voilà la conduite de David, qui se laisse guider par ses sentiments humains naturels, on pourrait dire bien compréhensibles, et qui épargne son fils Absalom. Et puis quand nous tournons les pages, nous arrivons au Nouveau testament où il y a un Fils qui a été obéissant, Celui dont le Père a toujours été satisfait et qui a pu rendre ce témoignage : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).
Et c’est Lui qui a été sur la croix, c’est Lui que le Père n’a pas épargné.
Si nous voulons mesurer la gravité du péché aux yeux de Dieu, il faut bien que nous venions à la croix. Le Seigneur a porté nos péchés en son corps sur le bois. Par l’Esprit prophétique, Il a dit : « mes iniquités m’ont atteint » (Ps. 40. 12).
Tous les actes contraires à la pensée de Dieu, pas forcément jugés mauvais par les hommes, mais contraires à la pensée de Dieu, que j’ai pu commettre, le Seigneur en a répondu à la croix. Nous avons lu : « À cause de la transgression de mon peuple, lui, a été frappé » (És. 53. 8) ; et je peux dire : À cause de ma transgression, lui, a été frappé.
Et puis il a été dit que le Seigneur a été fait péché pour nous (2 Cor. 5. 21) ; c’est-à-dire qu’Il a été traité selon la nature qui nous caractérise, qui est une nature de péché. Et Il a porté en son corps la condamnation que nous méritions à cause de ce que nous sommes par nature. Et pendant ces trois heures sombres de la croix, le Dieu qui a les yeux trop purs pour voir le mal a voilé sa face, Il s’est enveloppé d’un nuage comme d’un manteau, Il a fermé l’accès à sa prière.
Dieu est juste, Il frappe Celui qui prend nos péchés sur Lui. Dieu est saint, Il détourne sa face de Celui qui est fait péché à notre place. Et nous le répétons, Dieu est amour, Il n’épargne pas son propre Fils, Il Le livre pour nous.
Il y eut des ténèbres. Ce n’est pas seulement la nuit, c’est l’obscurité totale, c’est l’absence totale de lumière. Dieu est lumière, et Il a détourné sa face.
En Matthieu 25, il est parlé des « ténèbres de dehors » : « Et jetez l’esclave inutile dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents » (Mat. 25. 30). Les ténèbres de dehors, à l’extrémité, aussi loin que possible. Il y avait des ténèbres sur la terre avant que la lumière vienne éclairer cette terre, avant que Dieu dise : « Que la lumière soit » (Gen. 1. 3). Il y avait des ténèbres sur la terre avant que le Seigneur vienne ici-bas, Lui qui était la lumière, mais les ténèbres ne L’ont pas reçu.
Mais maintenant Celui qui était la lumière entre dans ces ténèbres. Ce Dieu qui habite une lumière inaccessible, qui ne peut pas voir le péché, a dû faire que son propre Fils soit fait péché, a dû détourner sa face de ce Fils, et ce Fils était dans les ténèbres.
Lamentations de Jérémie 3. 2 : « Il m’a conduit et amené dans les ténèbres, et non dans la lumière ». L’éternité de notre châtiment était sur Lui pendant ces trois heures de ténèbres. L’éternité que nous méritions était sur Lui. Nous ne pouvons pas mesurer ce que Lui a enduré, c’est insondable.
Il est bien vrai que nous ne pouvons pas comprendre ce qui s’est passé pendant ces trois heures de ténèbres. Dieu a mis ce voile sur la terre. Personne ne pouvait voir quand le Dieu saint a exercé son jugement saint contre Celui qui portait nos péchés.
L’éternité de nos péchés, de notre châtiment. Nous ne pouvons pas comprendre mais nous pouvons adorer, admirer ce que le Seigneur a souffert.
Très souvent nous cherchons des mots pour exprimer un peu ce que nous ressentons en ce qui concerne ces trois heures. Il me semble qu’un des auteurs de cantiques l’exprime. Strophe 3 de ce cantique 46 : « Tu souffris, ô Jésus, Sauveur, Agneau, Victime ! Ton regard infini sonda l’immense abîme », ton regard infini, personne sauf Lui n’a un regard infini qui sonde jusqu’au fond ce qu’il y a aussi dans son âme, dans son cœur ; Il a senti jusqu’au plus profond ce que c’était que le péché. Quel péché ? Le péché de toi et de moi.
Et puis, « Et ton cœur infini », son cœur infini. Personne n’a un cœur infini. « Sous ce poids d’un moment », un moment, trois heures… « Porta l’éternité de notre châtiment ». Quand nous chantons ce cantique, soyons très attentifs aux mots que nous prononçons. Ils sont vraiment selon l’Écriture et d’une profondeur inouïe.
Ces paroles de ce cantique se rapprochent de ce qu’on trouve en Exode 30, lorsqu’il est parlé de l’encens composé qui était fait de stacte, de coquille odorante et de galbanum.
Le stacte, nous le savons, c’est une goutte de myrrhe limpide qui se trouve au cœur d’une goutte de myrrhe qui a durci ; et seul Dieu pouvait discerner la profondeur des souffrances du Seigneur Jésus. « Tu souffris, ô Jésus, Sauveur, Agneau, Victime ! ».
La coquille odorante va se chercher au fond de la mer : « Ton regard infini sonda l’immense abîme ».
Le galbanum est quelque chose d’une odeur répulsive : « Et ton cœur infini, sous ce poids d’un moment, porta l’éternité de notre châtiment ».
Et souvenons-nous que cet encens composé ne devait être présenté que devant Dieu. Seul Dieu pouvait en apprécier la valeur. Nous ne pouvons pas entrer dans ce qu’ont été les souffrances du Seigneur pendant ces heures sombres de la croix, mais nous les présentons devant Dieu qui les apprécie et y entre pleinement.
Si nous ne pouvons comprendre, et si nous n’avons pas cherché à comprendre ce que furent pour le Seigneur les douleurs de ces trois heures de ténèbres, nous ne pouvons comprendre la douleur que le Seigneur a exprimée dans la parole suivante qu’Il a prononcée : « J’ai soif » (Jean 19. 28).
C’est une douleur liée à son humanité ; et ce qui est remarquable c’est que, quand le Seigneur Jésus commença son ministère sur la terre, Il a eu avant même, pourrait-on dire, de le commencer, ces trois tentations de la part de l’ennemi, et quand nous lisons le début de l’évangile selon Matthieu, nous trouvons au chapitre 4 ce verset : « Et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, après cela il eut faim » (Mat. 4. 2).
Le Seigneur commence sa vie en ayant faim, Il termine sa vie en ayant soif. Nous voyons là la parfaite humanité du Seigneur, qui nous fait quelque peu saisir que dans chacun de ses pas Il a éprouvé tout ce qu’un homme, un être humain peut connaître dans son corps.
Sans doute, à la croix quand Il prononce cette parole : « J’ai soif », c’était une soif combien profonde liée aux douleurs qu’un crucifié peut connaître. Quand effectivement nous lisons le livre du frère Paul Regard sur les sept paroles de la croix, il décrit d’une manière frappante, saisissante, les douleurs qu’un crucifié peut connaître, mais ce n’est pas sur ce point-là que nous avons à nous arrêter, mais plutôt toucher du doigt les souffrances que le Seigneur a éprouvées.
Et quand Il prononce ce cri : « J’ai soif », il est ajouté : « afin que l’écriture fût accomplie » (Jean 19. 28). Et peut-être que c’est là ce qui peut être le plus beau car, si le Seigneur n’avait connu que la soif dans son corps, probablement qu’Il n’aurait rien dit, parce qu’Il ne s’est jamais plaint de ce qu’Il a rencontré, mais il est souligné : « afin que l’écriture fût accomplie ».
Du commencement à la fin de sa vie, le Seigneur a accompli les Écritures, quel que soit le prix qu’Il devait en payer. Et là, à l’heure de la croix, rien ne L’arrête : « afin que l’écriture fût accomplie ». Quelle valeur, quel prix l’Écriture avait pour le Seigneur.
Au début de l’évangile de Jean, le Seigneur a dit à une femme, une pécheresse : « Donne-moi à boire » (Jean 4. 8 et 10), et la Parole ne nous dit pas qu’elle Lui ait donné à boire. Il peut lui dire : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais » (Jean 4. 14).
À la fin de l’évangile, le Seigneur dit : « J’ai soif ». Et qu’est-ce que l’homme Lui donne ? – Du vinaigre. « Dans ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre » (Ps. 69. 21) : il fallait que cette Écriture soit accomplie, et elle montre que l’homme ne peut donner au Seigneur que quelque chose qui est gâté, du vin aigri.
Cela nous montre que, jusque dans les derniers moments du Seigneur sur la terre, Il n’a reçu de l’homme que de la méchanceté, ou des choses gâtées. Il est celui qui a pu dire qu’Il a bu du torrent dans le chemin. Et c’est vrai que la confession de cette femme qui a pu dire au début de l’évangile : « Celui-ci n’est-il point le Christ ? » (Jean 4. 29) a été pour Lui comme un baume au milieu du chemin, de la même façon que la conversion de ce brigand à l’heure de la croix. Mais de l’homme en Adam, le Seigneur n’a reçu rien de bon.
Il faut aussi que nous nous arrêtions sur cette dernière parole du Seigneur, puis sur ce que la Parole nous en dit en particulier dans l’évangile selon Jean. « Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli » (Jean 19. 30). Il avait accompli l’œuvre, Il avait accompli les Écritures. Il était venu pour accomplir l’œuvre que le Père Lui avait donnée à faire, et Il était venu pour accomplir les Écritures, parce que les Écritures parlent de Lui.
Et quand le Seigneur parle aux deux disciples sur le chemin menant à Emmaüs, Il leur dit : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent » (Luc 24. 26 et 27).
Le Seigneur est Celui qui, dans la perfection, a accompli ce que le Père Lui avait donné à faire et a accompli les Écritures qui parlent de Lui. Et nous remarquons que c’est Lui qui met le sceau sur son œuvre.
Au chapitre 17, Il avait pu dire : « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17. 4), anticipant ce moment où l’œuvre allait être achevée ; et ici au chapitre 19, il dit : « C’est accompli ». Ce n’est pas Dieu qui fait entendre sa voix et dit : « C’est accompli », mais c’est le Seigneur qui peut le dire.
L’œuvre est achevée, le Seigneur en a fini avec ce pour quoi Il était venu sur la terre, et Il met le sceau de sa parole sur son œuvre et sur ce qu’Il a été. Et ensuite, Il remet son esprit ; et c’est bien un acte divin que le Seigneur accomplit : Il remet son esprit.
Des hommes qui sont morts, il nous est dit par exemple de Rachel : « comme son âme s’en allait » (Gen. 35. 18), son esprit sort, mais il n’est pas au pouvoir de l’homme de remettre son esprit. Mais le Seigneur avait dit : « Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre » (Jean 10. 18).
Et dans le fait de remettre son esprit, Il montre qu’Il accomplit ce qui est en son pouvoir, Il laisse volontairement sa vie ; et ainsi ce n’est pas l’homme qui Lui a ôté la vie, c’est Lui qui l’a donnée volontairement. Dans l’évangile selon Jean, Il remet son esprit.
Dans l’évangile selon Luc où nous trouvons : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23. 46), c’est l’expression de son entière confiance en Dieu. Celui qui avait pu dire : « Tu m’as donné confiance sur les mamelles de ma mère » (Ps. 22. 9), exprime cette confiance en son Père jusqu’à la fin, Lui qui a pu dire : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi » (Ps. 16. 1).
Et toute cette scène de la croix nous parle de ce que le Seigneur a rencontré pendant les trois heures sombres de cet abandon, avant elles et après elles, et l’accent est mis sur cette confiance que le Seigneur avait en son Père, malgré les souffrances, et ce qu’Il a pu rencontrer de la part de son Dieu.
Concernant cette dernière parole du Seigneur : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23. 46), on a déjà rappelé que dans la première parole, le Seigneur s’adresse à son Père, et que dans la dernière parole Il s’adresse à nouveau à son Père, dans une communion qu’Il a pleinement goûtée et manifestée de manière publique.
« Père ! entre tes mains je remets mon esprit ». C’est entre les mains du Père, et nous lisons en Actes 2 : « comme vous-mêmes vous le savez, ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, – lui, vous l’avez cloué à [une croix] et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité » (Act. 2. 22 à 24).
Voilà ce que les mains des hommes sont capables de faire. Dans l’épître aux Hébreux, il nous est dit : « C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » (Héb. 10. 31), qui nous parle de la solennité de rencontrer Dieu quand on ne Le connaît pas comme un Dieu sauveur.
Mais le Seigneur, là, à la fin des heures de la croix, quand Il remet son esprit, c’est entre les mains du Père. Que ces mains du Père sont douces, qu’elles sont précieuses ; précieuses pour le Seigneur qui peut remettre son esprit entre les mains du Père ; et pour nous, nous savons ce que nous avons dans l’évangile selon Jean au chapitre 10, cette promesse que le Seigneur peut faire : Personne ne peut ravir les brebis de la main de mon Père (Jean 10. 29).
Nous, nous sommes entre les mains du Père ; et l’ennemi peut nous accabler, nous assaillir, nous attaquer, quelquefois nous faire tomber, mais jamais il ne pourra nous enlever des mains du Père qui sont des mains d’amour, et des mains fortes.
Études de Pâques 2018 région de Pau