
Il y avait une idole dans la maison du père de Gédéon. Elle avait une influence sur tout le village. La victoire remportée sur l’idolâtrie, Gédéon est placé devant de nouvelles responsabilités. Il doit faire face à une imposante armée : « Et tout Madian, et Amalek, et les fils de l’orient, se réunirent ensemble et passèrent le Jourdain, et campèrent dans la vallée de Jizreël » (Jug. 6. 33). Le déroulement qui suit est d’une haute instruction. « Et l’Esprit de l’Éternel revêtit Gédéon, et il sonna de la trompette, et les Abiézerites furent assemblés à sa suite. Et il envoya des messagers par tout Manassé, et eux aussi furent assemblés à sa suite ; et il envoya des messagers à Aser, et à Zabulon, et à Nephthali ; et ils montèrent à leur rencontre » (v. 34 et 35).
Prendre conscience de la manière dont Dieu agit nous réjouit : 1) l’Éternel choisit l’instrument ; 2) Il se révèle à lui en le libérant de la peur de Dieu ; 3) Il lui donne la force pour détrôner l’idole ; 4) Il le revêt de Son Esprit qui est un esprit de puissance (2 Tim. 1. 7). Sous l’action de l’Esprit de l’Éternel, Gédéon rassemble un peuple nombreux. Malgré cet élan, un combat intérieur intense l’habite : « Et Gédéon dit à Dieu : si tu veux sauver Israël par ma main, comme tu l’as dit, voici, je mets une toison de laine dans l’aire » (Jug. 6. 36 et 37).
Dans le cheminement de son âme, Gédéon demande trois signes, à savoir : 1) que son offrande soit acceptée (v. 19 à 21) ; 2) que la rosée soit sur la toison seule, et la sécheresse sur toute la terre ; 3) que la sécheresse soit sur la toison, et que sur toute la terre il y ait de la rosée. Nous pouvons voir dans ces deux derniers signes comme une anticipation de l’œuvre de la croix. La rosée sur la toison nous fait penser à « … Christ, qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9. 5) ; la sécheresse sur la terre, à la création sous la servitude, à cause du péché (Gen. 3. 17 ; Rom. 8. 20 à 22).
Pour que nous soyons bénis, pour que cette terre connaisse un jour « la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rom. 8. 21), il a fallu que notre Seigneur connaisse la sécheresse sur Son âme sainte : « Ma vigueur est desséchée comme de la terre cuite, et ma langue est attachée à mon palais ; et tu m’as mis dans la poussière de la mort » (Ps. 22. 15) ; notre Seigneur Jésus abandonné de Dieu, sur la croix, c’est la sécheresse sur la toison.
La rosée sur la terre, ce sont les résultats de Son œuvre à la croix, c’est-à-dire, un accès direct à Dieu pour quiconque croit, le don du Saint Esprit pour former l’Église qui sera vue dans la gloire comme l’épouse, la femme de l’Agneau. À cela s’ajoute, pour un jour encore à venir, la connaissance de l’Éternel, « car la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer » (És. 11. 9). Le glorieux règne à venir sera inauguré par Christ. Il est annoncé par les prophètes : « … les cieux donneront leur rosée, et je ferai hériter au reste de ce peuple toutes ces choses » (Zach. 8. 12).
Revenons à Gédéon qui, à la suite de la réception des deux signes, fut assuré que l’Éternel sauverait Israël par sa main. Il « se leva de bonne heure, et tout le peuple qui était avec lui » (Jug. 7. 1). Trente-deux mille hommes pouvaient entrer en guerre ! Une telle armée faisait une forte impression mais l’Éternel va démontrer que c’est Lui qui donnera la victoire. Il ordonne à Gédéon d’épurer le peuple, « de peur qu’Israël ne se glorifie contre moi, disant : ma main m’a sauvé » (v. 2). Un premier test est effectué : « Quiconque est peureux et tremble, qu’il s’en retourne » ; le chiffre tombe à dix mille. Concernant la guerre que les autres nations allaient faire à Israël, l’Éternel avait dit : « Qui est l’homme qui a peur et dont le cœur faiblit ? qu’il s’en aille et retourne en sa maison, de peur que le cœur de ses frères ne se fonde comme le sien » (Deut. 20. 8). Pour le combat ou en face de l’épreuve, sommes-nous prêts à faire confiance au Seigneur ? C’est Lui qui dit à l’assemblée qui est à Smyrne : « Ne crains en aucune manière ce que tu vas souffrir » (Apoc. 2. 10). Aujourd’hui, notre combat est « contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes » (Éph. 6. 10). L’ennemi de nos âmes cherche à nous empêcher de connaître nos bénédictions en Christ et Sa glorieuse Personne. Il veut que nous abandonnions la lecture de la Parole, dans le but de nous ravir la paix et la joie de la communion avec Celui qui l’a vaincu.
Pour l’Éternel, le peuple étant encore trop nombreux, un second test est nécessaire. Alors il dit à Gédéon : « Quiconque lapera l’eau avec sa langue, comme lape le chien, tu le mettras à part, et aussi tous ceux qui se courberont sur leurs genoux pour boire » (Jug. 7. 5). Trois cents hommes seulement burent de l’eau, en passant à la hâte, sans prendre de l’aise. « Et l’Éternel dit à Gédéon : par les trois cents hommes qui ont lapé l’eau je vous sauverai, et je livrerai Madian en ta main » (Jug. 7. 7). Quel réconfort, de savoir que le Seigneur connaît toutes choses à l’avance ! Le résultat de ce test nous dit que neuf mille sept cents hommes n’étaient pas prêts pour le combat : ils n’avaient pas renoncé à leurs aises.
Pour entrer dans l’œuvre du Seigneur, il faut résister à l’attrait des biens de ce monde. Un auteur chrétien a écrit : « Les uns cherchent leur aise pour jouir abondamment des bénédictions que la Providence a placées sur leur chemin, les autres, n’ayant d’autre but que de remporter la victoire, ne s’en laissent pas détourner mais, goûtant l’eau en passant, n’y trouvent qu’un encouragement pour leur service. Il est dit du Seigneur : « Il boira du torrent dans le chemin » (Ps. 110. 7). Quand Il buvait ainsi, Sa face était résolument tournée vers Jérusalem, lieu de Son agonie et de Sa mort (Luc 9. 51) » (H.R.). Soyons de ceux qui, comme Gédéon, se lèvent de bonne heure – de ceux qui usent du monde « comme s’il n’en usaient pas à leur gré » (1 Cor. 7. 31). Faisons nôtres les paroles du Seigneur à Asa, en un temps d’idolâtrie « Fortifiez-vous, et que vos mains ne soient point lâches ; car il y a une récompense pour ce que vous ferez » (2 Chron. 15. 7).