LES RENCONTRES DE JÉSUS

Les rencontres de Jésus : Simon Pierre (Luc 5. 1 à 12)

« Or il arriva, comme la foule se jetait sur lui, pour entendre la parole de Dieu, qu’il se tenait sur le bord du lac de Génésareth. Et il vit deux nacelles qui étaient au bord du lac. Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Et montant dans l’une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre ; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle.

Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : Mène en pleine eau, et lâches vos filets pour la pêche. Et Simon, répondant, lui dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole je lâcherai le filet. Et ayant fait cela, ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait.

Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre nacelle de venir les aider – et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient. Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux .qui étaient avec lui, (à cause de la prise de poissons qu’ils venaient de faire ; de même que Jacques et Jean aussi, fils de Zébédée, qui étaient associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes. Et ayant mené les nacelles à terre, ils quittèrent tout et le suivirent ».

Livré à lui-même et à sa science, l’homme ne peut rien ; nous en avons un tableau saisissant dans le récit de la « pêche miraculeuse », qui nous est fait au commencement de Luc 5. Simon et ses associés, Jacques et Jean, avaient fourni un gros effort, ils avaient travaillé toute la nuit mais en vain, car ils n’avaient rien pris. Pourtant ils étaient pêcheurs de métier, ils connaissaient, par expérience, le moment et l’endroit les plus favorables, tous trois étaient bien organisés pour la pêche, ils avaient des nacelles et des filets ; ils ne manquaient ni de méthode, ni de courage ; aussitôt rentrés, nous les voyons occupés à vérifier et à laver leurs filets, en vue d’une nouvelle pêche qu’ils espéraient, sans doute, plus heureuse.

Cependant le Maître est là qui les observe, il les connaît à fond et il va au-devant même des désirs de leur cœur. Montant dans la nacelle de Simon, il s’adresse d’abord à la foule avide de l’entendre, puis, avec son autorité de créateur des mondes et de ce qu’ils contiennent, il dit : Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche.

Simon ne peut s’empêcher de faire remarquer qu’il a travaillé toute une nuit et, à vue humaine, dans les conditions les plus favorables, cependant il obéit, et dans sa confusion, sa foi, si faible soit-elle, ne va pas être déçue : aussitôt lâché, le filet se trouve rempli d’une surabondance de poissons telle qu’il commence à se rompre. Les pêcheurs de l’autre nacelle doivent vite venir se porter au secours du pêcheur émerveillé, et même, les deux nacelles enfoncent sous la charge !

Simon a compris, mais voici que cette pêche merveilleuse qui aurait dû être pour lui un sujet de joie et une bénédiction, devient un sujet de frayeur ; il se jette aux pieds de Jésus : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ». Jésus lui, dit : « Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes ».

Maintenant les choses du monde ne comptent plus, non seulement pour lui, mais aussi pour ses associés ; ils quittèrent tout et le suivirent.

Chers amis, vous est-il arrivé de vous jeter aux pieds du Seigneur et de vous écrier : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ? » Aujourd’hui, c’est encore le temps de la grâce et, comme sur le bord du lac de Génésareth, le Sauveur se tient près de vous et sa voix se fait entendre : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).

Vous qui travaillez et qui gémissez, vous qui vous confiez en vous-même, dans votre travail et dans votre science, dans vos biens ou dans vos amitiés, ne restez pas sourds et indifférents aux appels de la grâce. Venez au Sauveur tels que vous êtes, dans vos misères, dans vos infirmités, dans vos péchés, acceptez le salut qui se donne gratuitement à « quiconque » veut.

Ne travaillez pas en vain, seuls, loin de Lui, loin de la bénédiction ; obéissez à sa Parole, confiez-vous entièrement en Lui et non pas dans vos propres ressources. N’a-t-il pas donné sa vie pour vous à la Croix ? Ses mains et ses pieds troués, son côté percé, son sang répandu, tout cela ne parle-t-il pas à votre cœur de l’amour de Christ pour le pécheur ?

Avec Christ vous viendrez à bout de tout ; la bénédiction sera là, dans votre travail, dans vos affaires, et vous pourrez la conserver et en jouir pleinement ; le filet ne se déchirera pas et la nacelle tiendra ; vous serez parfaitement heureux et votre joie débordante sera un témoignage puissant à la gloire de Dieu.

Les rencontres de Jésus : Nicodème (Jean 3)

« Mais il y avait un homme d’entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs. Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui. Jésus répondit et lui dit : en vérité, en vérité, je te dis : si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?

Jésus répondit : en vérité, en vérité, je te dis : si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas de ce que je l’ai dit : il vous faut être nés de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. Nicodème répondit et lui dit : comment ces choses peuvent-elles se faire ? Jésus répondit et lui dit : Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ?

En vérité, en vérité, je le dis : nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si je vous ai parlé des choses terrestres, et que vous ne croyez pas ; comment croirez-vous, si je vous parle des choses célestes ? Et personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de l’homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.

Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises ; mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu ».

Jésus, poursuivant sa carrière terrestre, étonnait la ville de Jérusalem par ses miracles, et quelques-uns de ceux qui en étaient témoins, enthousiasmés par eux, déclaraient croire en lui. Mais, est-il dit, « Jésus ne se fiait pas à eux, car lui-même savait ce qui était dans l’homme ». Que voyait-il donc dans l’homme ? Comment l’appréciait-il ? Sa conversation avec Nicodème nous l’apprend. Elle nous apprend aussi de quoi l’homme, de quelque origine, de quelque pays, de quelque situation sociale qu’il soit, a besoin d’avoir de la foi, non pas en une vague puissance surnaturelle, mais en un Sauveur, et cela parce qu’il est perdu.

Voici un homme intelligent, instruit dans la religion judaïque, dans la Loi de Dieu, que celui-ci avait donnée à son peuple Israël ; il est versé plus que quiconque dans ses exigences, il l’enseigne au peuple. C’est de plus un homme considéré, un chef des Juifs. C’est un sage parmi les plus sages. Il a vu Jésus à l’œuvre. Il a été saisi. Alors que ses collègues, les pharisiens et les principaux du peuple, tiennent Jésus pour un imposteur, lui est convaincu qu’il s’agit d’un prophète authentique, et, poussé par un besoin plus profond qu’il ne le pense lui-même, il se rend auprès de Jésus, secrètement toutefois, de nuit, de peur de se compromettre.

Nicodème croit faire beaucoup et honorer Jésus en mettant pour ainsi dire sa sagesse à son service : « Maître, dit-il, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui ».

Assurément, Nicodème disait vrai. Les miracles montraient en Jésus un envoyé de Dieu, Mais, s’en tenant là, il savait bien peu de chose ! Ce n’est pas la sagesse humaine qui peut nous révéler ce qu’est Jésus.

Jésus met à nu l’ignorance profonde du docteur de la Loi en dévoilant devant lui tout un monde nouveau.

Tout d’abord ceci : que la nature humain incorrigible, impossible à amender, étrangère aux choses de Dieu, est à mettre de côté. En effet, il faut naître de nouveau pour obtenir la faveur divine, entrer dans le royaume de Dieu. On entend souvent parler, de nos jours, du royaume de Dieu, de l’avancement du royaume de Dieu de l’amélioration du monde en vue du royaume de Dieu. Disons nettement, fondés sur la Parole de Dieu, que ce royaume ne peut pas s’établir par le progrès de l’homme, mais par sa mise de côté entière : il faut naître de nouveau pour y entrer.

Une nouvelle naissance ? Nicodème s’étonne. La sagesse humaine élève son « Comment ? »

Il faut être nés de nouveau, répète Jésus, né d’eau et de l’Esprit. Il faut une œuvre nouvelle opérée non par le sang et la chair, mais par la Parole qui purifie, par l’Esprit qui donne la vie Si haut que l’homme paraisse s’élever à se propres yeux, il n’accomplit aucun progrès moral véritable, il n’a aucune entrée dans les choses divines sans la nouvelle naissance.

Le sage Nicodème va d’étonnement en étonnement. « Comment ces choses peuvent-elles faire ? »

Et voici balayées toutes les prétentions de sagesse humaine, même de la sagesse la plus religieuse, la plus orthodoxe comme celle de Nicodème : « Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ! »

Ah c’est que ces choses sont les choses du ciel. Et qui en parlera, sinon celui qui est descendu du ciel ?

« Tu es un docteur venu de Dieu », avait dit Nicodème. Il ne faut pas en rester là. D’où vient-il, ce docteur ? D’où, cet homme qui parlait comme jamais ne parla aucun homme, qui faisait des miracles que nul autre ne pouvait faire ? Qui était-il ? Nous entendons ici la réponse. Le Fils de l’homme qui est descendu du ciel… et puis : le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Par-là, Jésus énonce le mystère de sa personne, le mystère de la Parole faite chair. Il est un vrai homme, le fils de l’homme, mais descendu du ciel, le Fils de Dieu venu sur la terre, et qui est toujours dans le ciel quoique marchant sur la, terre. Le ciel visite la terre…

Et pourquoi est-Il là ?

Ses miracles et ses paroles rendent témoignage de ce qu’Il est. Mais cela ne sauverait pas l’homme, ne le tirerait pas de son état moral inguérissable, cela ne lui donnerait pas le pardon, le repos, la vie. Cela ne le ferait pas naître de nouveau. Cela ne tirerait pas de la chair pécheresse, la vie de l’Esprit.

Pour donner la vie, il faut que Jésus meure. Il faut que dans sa mort nos péchés soient expiés. « Il faut », reprend-il, « il faut que le fils de l’homme soit élevé, comme Moise éleva le serpent dans le désert, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Le serpent d’airain mis par Moïse sur une perche aux yeux du peuple afin que ceux qui, regarderaient vers lui fussent guéris de la blessure mortelle des serpents brûlants, n’est-ce pas la figure même du péché recevant son jugement ? Le fils de l’homme, Jésus, l’homme parfait, devra être élevé comme tel, traité comme le péché même à la place de l’homme pécheur.

Oh ! mon cher lecteur, avez-vous compris qu’il fallait, pour votre salut à vous, la mort du Sauveur sur la croix, avez-vous cru qu’Il a été fait malédiction pour vous ?

Jésus va plus loin. Il dévoile le secret même de Dieu, le cœur de Dieu ; Il donne le pourquoi de cette œuvre de l’expiation. Il ne parle plus cette fois à l’intelligence, Il ne confond plus la sagesse humaine, Il parle au cœur. Il lui parle de l’amour de Dieu ! « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Qu’ajouter à ce message béni, répété tant de fois, qui a été le moyen de salut de tant d’âmes, et qui vient une fois encore vous offrir ce salut ? Il l’offre à quiconque. Une seule condition est requise : croire. Qui croit au Fils de Dieu a la vie éternelle.

Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais sa conversion et sa vie. Dieu a tant aimé le monde… Ils errent, ceux qui représentent sans cesse Dieu comme courroucé, s’acharnant au malheur de sa créature coupable. Non, Dieu veut son bonheur éternel. Il a pour cela donné son propre Fils. Mais il faut être d’accord avec Lui et sur l’état de l’homme, pécheur perdu, et sur la Personne de Jésus, son Fils bien-aimé, le don de son amour. « Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (ch. 3. 18).

C’est Lui qui vous est présenté aujourd’hui, Lui, la lumière du monde. Dans la nuit, elle brillait devant Nicodème. Elle brille maintenant devant vous. Elle éclaire votre état misérable, mais elle vous montre le salut. Voulez-vous la fuir ? Le cœur naturel, d’instinct, la fuit, car la conscience parle, et dans la lumière nos œuvres apparaissent mauvaises. Mais Celui qui a l’autorité de juger, c’est Celui-là même qui sauve, et qui vous appelle à venir à Lui pour avoir la vie.

La fin de l’entretien ne nous est pas rapportée dans les évangiles. Mais nous voyons par la suite (Jean 7. 49 à 52) que Nicodème a compris, qu’il est venu à la lumière. Il est devenu disciple de Jésus, quoique en secret ; il ose élever la voix pour le défendre devant les pharisiens, sans avoir cependant la décision de cœur voulue pour le suivre.

Et plus tard (ch. 20), nous le retrouvons au pied de la croix, le soir du jour où fut consacré le sacrifice, où l’Agneau de Dieu fut offert ; où, comme le serpent de Moïse élevé dans le désert, le Fils de l’homme fut élevé sur la croix. Ses yeux virent son Sauveur mort pour lui ; le soir tombait sur le monde coupable, mais à la face de ce monde, Nicodème put rendre un pieux hommage à Celui qu’autrefois il était venu trouver de nuit, et qu’il retrouvait dans l’immense lumière de la croix.

Ô Christ, ta charité profonde

Touche et pénètre notre cœur !

Tu meurs pour le salut du monde,

Toi seul es notre Dieu Sauveur !

Mon cher lecteur, croyez-vous au nom du Fils unique de Dieu ?

Pécheur, tu marches à la mort et au jugement ; mais Jésus – si tu l’acceptes – a été ton substitut sous la colère, et Il t’offre la vie, par sa mort accomplie.

Ne termine pas ta vie dans la tristesse d’un rebelle, mais dans la joie du croyant qui peut chanter :

Je vois ainsi venir le terme

De mon voyage en ces bas lieux,

Et j’ai l’attente vive et ferme

Du saint héritage des cieux.

Sur moi si la tombe se ferme,

J’en sortirai tout glorieux.

Les rencontres de Jésus : le jeune homme riche (Marc 10. 17 à 27)

« Et comme Jésus sortait sur la route, un homme accourut, et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : Bon Maître, que ferais-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu. Tu sais les commandements : ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère. Et répondant, il lui dit : Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse.

Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix. Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Et Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à ses disciples : combien difficilement ceux qui ont des biens entreront ils dans le royaume de Dieu !

Et les disciples s’étonnèrent de ses paroles ; et Jésus, répondant encore, leur dit : enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile qu’un chameau passe par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu. Et ils s’en étonnèrent excessivement, disant entre eux : et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit : pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu car toutes choses sont possibles pour Dieu ».

Quel empressement, quelle humilité, quelle confiance, caractérisent cet homme riche ! Il accourt au-devant de Jésus, se jette à ses genoux. Comblé des biens de ce monde, il s’incline aux pieds de Celui qui n’a pas même un lieu où reposer sa tête, l’appelant : Bon Maître…

Juif zélé, attentif observateur de la Loi de Moïse, il en a gardé les commandements dès sa jeunesse ; mais il se dit qu’il doit, sans doute, faire plus encore pour « hériter » de cette vie autrefois promise par Dieu à qui accomplirait toute sa volonté. Il s’est gardé du mal, il a honoré ses parents. Que lui manque-t-il ? « Bon Maître, que ferai-je… ? »

Jésus le regarde, – et quel regard tendre et pénétrant ! – appréciant la simple et confiante droiture, les qualités de cet homme jeune et riche. Il lui donne comme une marque d’estime, Une mesure particulière de son amour. Puis il tourne ses pensées vers le chemin étroit qui mène à la vie : une chose te manque, une seule, mais combien importante ! Tu as servi le Dieu de sainteté, sachant qu’Il est lumière, sers-Le maintenant comme le Dieu d’amour, aimant ton prochain comme toi-même ; vends tes biens, tout ce que tu as, donne aux pauvres. Le trésor céleste doit avoir plus de prix pour ton cœur que tous les biens de la terre ! Dès lors, plus rien ne pourra t’empêcher de venir après moi ; tu me suivras, chargeant la croix.

Solennelle instruction ! Mais le Maître, – un bon Maître, en vérité, – n’a-t-il pas prêché d’exemple. Il était riche, terre et ciel Lui appartenant, et Il vit dans la pauvreté, marchant vers la croix, où Il doit mourir pour nous sauver, par un chemin de renoncement et de douleurs. Toutefois, la vie, en résurrection et en gloire, doit en être le terme final. « Jeune homme aimable, viens, suis-moi, charge la croix. Les trésors du ciel, la vie éternelle t’appartiendront ! »

Affligé, le riche se relève et s’en va. Renoncer à tout ici-bas, tout perdre, souffrir, quelle impossibilité ! Ses grands biens, hélas, possèdent son âme plus qu’il ne les possède lui-même ; ses grands biens lui ferment l’entrée du royaume de Dieu.

Et quand les disciples s’étonnent de la parole de Jésus, le Maître regarde tout à l’entour ; ayant tout quitté pour Le suivre, les siens sont là, sa seule richesse présente, chères brebis du troupeau de Dieu dont Il est le Bon Berger… « Enfants, dit-il, combien il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Et ils s’étonnent excessivement : qui donc peut être sauvé, si même les objets de la faveur divine, les riches en Israël, les bénis sur la terre de la promesse, ne peuvent entrer là ? Tout quitter, dit Jésus, tout laisser pour l’amour de moi et l’amour de l’Évangile… Puis, la vie éternelle, après les souffrances, les persécutions même. Mais combien des premiers seront les derniers ; comblés des biens qui passent, ils n’auront pas même la goutte d’eau pour rafraîchir sa langue, que désirait en vain le riche dans les tourments éternels (Luc 16. 24).

Quelles richesses d’ici-bas, ami lecteur, t’ont jusqu’ici barré le chemin du ciel ? Auxquels des biens de ce monde ton cœur s’est-il voué ? Ne sais-tu pas que Jésus dit : « Encore que quelqu’un soit riche, sa vie n’est pas dans ses biens » ? Fortune, honneurs, gloire humaine ; joies légitimes de la famille ; joies de l’esprit fécond en travaux, calculs et projets; quels biens sont ton trésor, ton but, ta raison de vivre ? Où est Jésus en tout cela ? Lui seul est la vie éternelle et Il nous donné cette vie en se donnant Lui-même. « Celui qui a le Fils de Dieu a la vie » (1 Jean 5. 12).

Mais celui qui n’a .pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Le jeune homme riche est venu jusqu’aux pieds du Bon Maître, et il s’en est allé tout triste. L’appât de ses biens fut plus fort que l’appel divin ; il a fait la perte irrémédiable, celle de son âme immortelle, eût-il possédé le monde entier. Il a laissé Jésus, retournant à ses biens pour son malheur éternel.

Bien des fois, peut-être, tu t’es aussi approché de Jésus.

– Viens, suis-moi, disait-Il. Mais te suivre, Sauveur méprisé, c’est connaître la croix et la haine du monde ; c’est la mort à soi-même dans l’entier renoncement ; quel douloureux chemin !

– Viens, suis-moi ! L’appel était pressant et la promesse ferme : trésors du ciel. Ma présence pour l’éternité, joie et bonheur ineffables !

Ah! pourquoi n’as-tu pas répondu ? Que puissant est donc l’attrait d’un présent fugitif et d’incertaines réalisations, qui ne laisseront pas ton cœur satisfait ; car tout le travail de l’homme est pour sa bouche, pour lui-même, et cependant son désir n’est pas satisfait (Eccl. 6. 7).

Écoutez cette histoire véridique. Avant la révolution russe, la fille d’un noble immensément riche, lisant les Saintes Écritures, fut saisie par le récit de l’Évangile qui nous occupe aujourd’hui. Elle vint trouver son père, et lui mettant sous les yeux le Livre divin, demanda :

– Père, le Livre dit-il vrai, toujours ?

– Toujours, mon enfant.

– Si le Livre dit vrai, une chose nous manque. Vends, donne aux pauvres…

Un silence embarrassé ; la flèche du carquois de Dieu fut vite détournée. On parla d’autre chose. Mais le cœur de l’enfant ne connut plus la paix.

Vint la tourmente soviétique. Privée de tous ses biens, sans famille, sans aucune ressource que le pain assuré par un travail mercenaire, la fille de ces nobles déchus, exilée, est maintenant heureuse, plus riche qu’aux temps de sa fastueuse jeunesse. Elle a trouvé Jésus, vie de son âme rachetée. Elle a dès ici-bas cent fois autant, car la paix et la joie que Jésus donne sont infiniment plus précieuses que les biens dont on l’a dépouillée ; cent fois autant, – avec les persécutions qui abondent là-bas pour les chrétiens fidèles, – et vie Éternelle en Jésus son Sauveur.

Dieu, sans doute, ne t’imposera pas une telle épreuve. Mais ce qui importe devant Lui, c’est être prêt à renoncer à tout pour saisir Jésus par la foi et le suivre ici-bas dans le renoncement à soi-même ; car c’est là charger la croix. Lui l’a portée dans toute son horreur ; sur la croix, Il s’est offert, le Juste pour nous injustes, afin de nous amener à Dieu. Et la part des siens ici-bas, de ceux qui vraiment lui appartiennent dans ce monde, c’est de réaliser pratiquement ce dépouillement entier d’un moi qui a pris fin en Lui à la croix.

Ami, qu’un tel chemin, en vérité pénible et redoutable pour ton cœur non renouvelé, non encore amené à la vie divine, ne te fasse point reculer comme le jeune homme riche. S’il te faut, pour l’amour de Jésus, renoncer à ce qui a captivé jusqu’ici toutes tes affections, laisse-toi attirer par la grâce parfaite de Celui qui te dit, une fois encore : viens, suis-moi…

Les rencontres de Jésus : la femme samaritaine (Jean 4)

« Il y avait là une fontaine de Jacob. Jésus donc, étant lassé du chemin, se tenait là assis près la fontaine ; c’était environ la sixième heure. Une femme de la Samarie vient pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : donne-moi à boire » (car ses disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter des vivres). La femme samaritaine lui dit donc : comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme Samaritaine ? (Car les Juifs n’ont point de relations avec les Samaritains). Jésus répondit et lui dit : si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de eau vive. La femme lui dit : Seigneur, tu as rien pour puiser, et le puits est profond ; où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; lui-même en a bu, et ses fils, et son bétail ? Jésus lui répondit et lui dit : quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.

La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser. Jésus lui dit : va, appelle ton mari, et viens ici. La femme répondit et dit : je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : tu as bien dit : je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari en cela tu as dit vrai. La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer.

Jésus lui dit : femme, crois-moi : l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. Vous, vous adorez, vous ne savez quoi ; nous, nous savons ce que nous adorons ; car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. La femme lui dit : je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses. Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle ».

Habituée au péché où elle s’était plongée, la Samaritaine avait perdu tout sentiment de pudeur ; pour elle, la fidélité n’avait aucune existence réelle et semblait n’être qu’un mot sans valeur ; « la vérité » lui apparaissait vaguement, dans les nuages d’un avenir lointain, quand viendrait « le Messie », dont elle avait entendu parler, mais duquel personne ne savait dire quand Il arriverait. Aussi ne s’en inquiétait-elle pas davantage.

Jamais, dans le monde qui l’entourait, elle n’aurait eu la pensée de chercher la vérité ; en fait de religion, elle ne connaissait que le mensonge, et sa vie intérieure et extérieure en portait l’empreinte. Sa préoccupation était de passer ses jours avec le moins d’ennui possible ; aussi, pour éviter l’expression du mépris des personnes plus honnêtes qu’elle, elle s’en va à la fontaine, puiser de l’eau à midi, heure inaccoutumée aux autres.

C’est là qu’elle rencontre cet étranger inconnu qui allait bientôt opérer un changement radical dans sa vie entière. La réponse de la femme à la première parole que Jésus lui adresse : « donne-moi à boire », montre la difficulté immense, ou plutôt l’impossibilité pour l’homme, d’atteindre un tel cœur, un cœur qui, endurci dans son avilissement, était, en même temps, orgueilleux au point de refuser le plus léger service à un étranger, parce qu’il était Juif.

« Comment, toi, qui es Juif, dit-elle, me demandes-lu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? » La femme partageait toute la haine de sa nation contre les Juifs, et leur rendait mépris pour mépris. Sa position morale, si triste soit-elle, ne l’empêchait nullement de manifester cette inimitié.

Comment faire naître, dans une âme animée de semblables sentiments, le désir de connaître la grâce, chose dont elle ignorait la valeur et dont elle ne sentait pas le besoin ? Tel est le problème que nous voyons résolu, dans cette touchante histoire, par l’amour divin du Sauveur. Les paroles de la femme auraient repoussé tout autre, mais elles ne peuvent ni froisser Jésus, ni le détourner de son but. Il voulait gagner ce cœur, et, avec une délicatesse exquise, Il sait y trouver et toucher la corde qui pouvait vibrer.

Sa seconde parole fait ressortir la divine beauté de la première. En ne dédaignant pas de prendre vis-à-vis de la Samaritaine, l’humble attitude de quelqu’un qui demande, le Seigneur lui enseigna quelle est la vraie, la seule manière de recevoir de la part de Dieu, savoir, de demander. Pour cela, il fallait que son orgueil fût humilié. Il la place donc dans la présence de Dieu, non pas en jugement, mais en grâce.

Il voile, pour ainsi dire la tendre répréhension que renferment ses paroles derrière la parfaite bonté du caractère de Dieu qu’Il lui fait entrevoir : « Si tu connaissais, lu dit-Il, le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ».

Quelle profondeur ne trouverons-nous pas dans ces paroles, si nous arrêtons notre pensée sur Celui qui les prononça ! C’était le Fils du Dieu vivant, descendu ici-bas pour nous faire connaître Dieu et nous révéler l’étendue infinie de l’amour dont il jouissait de toute éternité, Lui, le Fils unique dans le sein du Père. C’est Lui, qui pouvant gagner une âme à Dieu son Père, condescend à s’humilier devant une misérable pécheresse telle qu’était la Samaritaine. Le caractère du Dieu qui est amour trouve ainsi sa parfaite expression, dans la manière dont Jésus agit.

Cet appel produit son effet ; mais qu’elles ne sont pas les contradictions étranges du cœur humain ! Plus la misère est grande, plus on voit trop souvent comme une sorte de désespoir qui ôte à l’âme le désir d’en sortir.

La femme se sent mal à l’aise en la présence de Dieu; elle n’aime pas à entendre parler d’un don gratuit qui exclut les efforts de l’homme, et elle se hâte de changer de terrain pour tranquilliser sa conscience.

Ce qui concerne les besoins matériels est plus simple et a pour elle plus d’attraits que ce qui tient à Dieu, et elle s’efforce, si possible, de ramener l’entretien à ce niveau des choses tangibles et pratiques : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond d’où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; et lui-même en a bu, et ses fils et son bétail ? »

Jésus répondit et lui dit : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif, mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissante en vie éternelle. La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif, et que je ne vienne pas ici pour puiser ».

La réponse du Seigneur dissipe entièrement la défiance du cœur de la Samaritaine ; elle l’amène à se placer elle-même dans la position qu’Il avait d’abord prise pour l’instruire. À son tour, elle demande. Sans doute, elle ne comprend pas encore ce qui est l’objet de sa requête, mais son cœur est gagné par Jésus, et elle est préparée pour recevoir dans sa conscience la sonde divine.

Les dernières paroles de la pauvre femme décèlent son état véritable ; la tristesse cachée qui remplissait son âme se fait jour, et montre combien elle avait besoin de l’eau vive qu’elle demanda. Être obligée de sortir pour puiser de l’eau, exposer sa honte, combien cela devait être pénible, effet, pour celle qui n’osait affronter les regards et les mépris des autres.

Pour la première fois elle rencontre Quelqu’un qui veut bien sympathiser avec sa misère, et son cœur, altéré d’un bonheur qu’elle a vainement cherché dans un monde qui ne le possède pas, trouve un asile dans le cœur de Christ. Elle peut verser sa tristesse dans le cœur de cet étranger inconnu, et, bien qu’elle ignore encore qu’Il était descendu de la gloire du ciel pour rechercher des misérables comme elle, son âme se sent attirée vers Lui.

L’instant était venu de toucher sa conscience Jésus lui dit : « va, appelle ton mari, et viens ici » Elle veut parer le coup et dit : « Je n’ai point mari ». Elle ne savait pas être en la présence Celui qui est la lumière du monde. Jésus lui dit « Tu as bien dit : je n’ai pas de mari ; car tu eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai ».

La conscience de la femme est atteinte et réveillée, et, par-là, une certaine intelligence pénètre dans son âme : « Seigneur, dit-elle à Jésus, je vois que tu es un prophète » elle comprend que les circonstances de sa vie lui sont connues ; ce qui fait sa honte est dévoilé par Celui qui lui a parlé avec une si parfaite bonté ; elle ne peut le quitter mais, se sentant serrée de trop près, elle cherche à détourner la question personnelle en s’engagea dans une polémique religieuse.

Que d’âmes, ainsi remuées dans leur conscience s’efforcent d’échapper de la même manière ! Une forme religieuse en vaut une autre, dit-on, pour quelques différences secondaires, on n’est pas dans une pire position que ceux qui se vantent d’une religion meilleure et plus vraie ; c’est une affaire de convenance, de naissance, d’habitude ou bien d’école où les docteurs doivent décider, et, ceux-ci diffèrent entre eux, qui osera affirmer que l’un a raison plus que l’autre ? Voilà ce que pensent tant de gens de nos jours, et c’est ainsi que pensait la femme samaritaine : « Nos pères, dit-elle, ont adoré sur cette montagne-ci, et vous (vous autres Juifs), vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer ».

Mais le Seigneur ne se laisse point écarter du but qu’Il poursuit. Il fait entendre à la femme des choses nouvelles et glorieuses, dans les profondeurs desquelles elle ne pouvait entrer alors, et qui ne devaient lui être pleinement révélées que plus tard.

Mais ces choses étaient une partie des bénédictions que Dieu donnait gratuitement et que son Fils était venu faire connaître dans ce monde (v. 21 à 23). Connaître Dieu, le Dieu vivant ; le connaître comme Père ; être rendu capable de l’adorer en esprit et en vérité : telles étaient les grandes et merveilleuses choses que Jésus annonçait, à la femme de Sichar.

Elle semblait presque en possession de ces grâces. Le Seigneur de gloire la sollicitait de croire. Mais cela paraissait trop grand, trop excellent pour être vrai ; en tout cas, il semblait que ce fût impossible à réaliser sur l’heure. Comme le roi Agrippa et tant d’autres depuis, elle voulait renvoyer à un autre temps le moment de se rendre et de se soumettre pleinement à la vérité. Ce serait à la venue du Messie, pensait-elle, et jusque-là elle pouvait bien attendre. Voilà son dernier effort contre la grâce, alors qu’elle se trouvait presque entre les bras de son Sauveur. « Je sais, dit-elle que le Messie, qui est appelé le Christ, vient. Quand celui-là sera venu, il nous- fera connaître toutes choses ». Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle ». Telle est la parole suprême de Jésus, et la Samaritaine, forcée dans son demi-retranchement, devient la captive du Seigneur.

L’arrivée des disciples interrompt l’entretien mais l’œuvre de la grâce était accomplie ; ce pauvre cœur, naguère si vide, était rempli et débordait. Le puits, la cruche, tout est oublié. Elle retourne à la ville et dit aux habitants : « venez voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait, celui-ci n’est-il point le Christ ? »

Elle n’a plus rien à cacher maintenant ; elle peut parler hardiment de sa vie passée, car Celui qui connaît tout, qui pénètre au fond des cœurs, lui a révélé les richesses de la grâce de Dieu. Elle ne dit rien des choses nouvelles que le Seigneur lui avait annoncé, et qui auraient été de nature à exciter la curiosité des hommes de Sichar.

C’est la personne même de Christ qui remplit sa pensée ; c’est à Lui qu’elle veut les amener. Sa conscience avait été atteinte, sa vie de péché mise à nu ; par là, elle avait connu le Sauveur ; c’est de la même manière qu’elle veut agir sur les autres. L’amour qu’elle avait trouvé en Christ était un trésor trop grand pour qu’elle le gardât pour elle seule, il fallait qu’elle en fît part à d’autres, et la pauvre pécheresse est transformée en une messagère de la bonne nouvelle.

La lumière et l’amour divins avaient accompli leur œuvre bénie. Un vase de louanges à Dieu le Père avait été cherché et trouvé parmi les plus vils, une race méprisée.

Il y a plus : la grâce qui avait sauvé la Samaritaine, la fait aussi entrer dans cette joie qui est inséparable des activités de l’amour divin – la joie qui remplit le cœur du Berger lorsqu’il retrouve sa brebis perdue et appelle ses amis à se réjouir avec Lui – la joie qui se trouve au ciel devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent Luc 15). Voici ce que nous dit le récit divin :

« Or, plusieurs Samaritains de celte ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait. Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux; et il demeura là deux jours. Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde ».

Deux choses étaient indispensables pour avoir cette connaissance personnelle du Sauveur : l’exercice de conscience produit dans l’âme par la lumière qui manifeste tout, en sorte que l’on soit amené à confesser : il m’a dit tout ce que j’ai fait ; puis, l’action bénie de l’amour de Dieu qui attire le cœur, en lui apprenant que le même Jésus qui dévoile les pensées secrètes du pécheur est le Sauveur du monde. En Lui est la lumière ; en Lui est la vie.

Mais, bien que les Samaritains eussent fait la connaissance personnelle du Sauveur, ils n’en sentent pas moins le besoin de faire part à la femme, de la paix qu’ils avaient trouvée en Christ.

Elle conserve la position que la grâce lui avait donnée, celle d’avoir été le héraut de la bonne nouvelle pour la ville de Sichar. D’une manière toute spéciale, elle avait part à la joie du Sauveur du monde.

Qu’il est beau cet amour qui, ayant saisi le cœur d’un pauvre pécheur, le remplit tellement que celui qui vient d’être sauvé n’a rien de plus pressé que d’aller chercher d’autres âmes pour les amener à la source de sa joie nouvelle !

La femme de Sichar reçoit de Jésus la vie éternelle, et elle sera dans la gloire un témoin de ce que l’amour de Dieu a opéré sur la terre.

Bien-aimé lecteur, la même grâce vous est présentée, car c’est maintenant le jour du salut. Ne voulez-vous pas entrer aussi dans la jouissance de cet amour qui a atteint une des plus viles, aussi bien qu’elle avait pu, en d’autres circonstances (Nicodème, Jean) atteindre l’un des plus honorables parmi les hommes, tout en montrant que l’une et l’autre étaient des pécheurs perdus ?

Ne vous laissez pas détourner par la pensée que ces âmes étaient particulièrement favorisées par le Seigneur, tandis que vous êtes privé de leurs avantages. Rappelez-vous que cette histoire se trouve dans la Parole de Dieu, qu’elle est écrite pour vous, s’adressant directement à vous, pour faire voir comment le Dieu d’amour attend pour vous faire grâce (És. 30. 18).

Une remarque en terminant. Nous trouvons dans ce chapitre 4 deux : il faut, une double nécessité, qui sert à mettre en évidence le caractère de l’œuvre de la grâce. « Car Dieu est Esprit, dit le Seigneur Jésus, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » Mais où trouver ces adorateurs réels ? Pour cela, il fallait (v. 4) que Jésus traversât la Samarie et qu’il rencontrât personnellement la femme de Sichar.

Il connaissait la nécessité divine de l’amour qui voulait absolument trouver le chemin du cœur du pécheur même le plus endurci. Il poursuit son but et l’atteint. Quel bonheur pour nous, de savoir que cette nécessité divine est la raison suprême de notre salut, et qu’elle est la cause qui fait que Dieu cherche et trouve encore actuellement sur la terre de vrais adorateurs.

Puissions-nous, cher lecteur, être du nombre de ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité, et être toujours plus pénétrés du caractère qui appartient au véritable culte que demande le Père.

Les rencontres de Jésus : la pécheresse (Luc 7. 36 à 50)

« Et un des pharisiens le pria de manger avec lui. Et entrant dans la maison du pharisien, il se mit à table. Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum ; et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à les arroser de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum.

Et le pharisien qui l’avait convié, voyant cela, dit en lui-même : Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme que le touche, car c’est une pécheresse. Et Jésus, répondant, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Et il dit : Maitre, dis-le. Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante ; et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre. Dis donc lequel des deux l’aimera le plus ?

Et Simon, répondant, dit : j’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit : tu as jugé justement. Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison ; tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, n’a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers. Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum.

C’est pourquoi je te dis : ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu. Et il dit à la femme : tes péchés sont pardonnés. Et ceux qui étaient à table avec lui, se mirent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? Et il dit à la femme : ta foi t’a sauvée va-t-en en paix.

« Une femme dans la ville, qui était une pécheresse… » Nous ne savons rien de plus d’elle, de son nom, de sa vie. Elle reste désignée par cette appellation dégradante. « C’est une pécheresse », dit le pharisien Simon. Et Jésus ne scelle pas ses « nombreux péchés ».

Elle avait suivi ses instincts coupables, et cherché le bonheur par des voies impures. Elle avait voulu, comme on dit aujourd’hui, vivre sa vie, la vivre à sa guise, la vivre dans la joie et l’indépendance, sans retenue.

Et, à la fin du, compte, elle avait trouvé ceci : qu’elle était une pécheresse, et que c’était là quelque chose d’affreux. Elle l’avait compris, elle l’avait senti tristement, amèrement. Et le jour où elle s’était trouvée sur le chemin de Celui qui était la sainteté même, l’homme parfait, l’homme divin, Jésus, elle avait vu toute la profondeur de sa misère morale, et son cœur avait éclaté.

Elle n’a pas une parole. Que dirait-elle ? Plaiderait-elle une cause perdue ? Elle est une pécheresse. Ses larmes disent sa repentance, le retour douloureux sur sa vie perdue. Son attitude aux pieds du Maître, derrière, disent son humiliation. Elle ne fait aucun cas d’elle-même, mais attirée par Lui, certaine qu’Il ne la repoussera pas, elle est venue. Elle ne s’est pas laissé arrêter par le mépris public : en plein jour, elle est entrée dans la maison du pharisien, elle a traversé les groupes de gens respectables qui se détournaient… Mais ce qu’elle fait, dit en quel honneur elle tient la personne de Celui qui est là : pour ses pieds, le parfum, indigne même d’oindre sa tête ; et cette gloire de la femme, cette chevelure que si souvent elle avait ornée avec art, elle l’emploie à essuyer les pieds saints sur lesquels coulent ses pleurs.

Que dirait-elle ? C’est de Lui qu’elle attend une parole, la parole libératrice, celle qui donnera la paix à son âme.

Or, quelqu’un a hâtivement, témérairement, porté un jugement sur cette scène. Il l’a fait en lui-même, mais Jésus lit dans les cœurs. Simon le pharisien avait reçu Jésus chez lui : les foules tenaient ce dernier pour un prophète, il faisait des miracles. Par curiosité, peut-être, ou par vague sympathie, ou simplement pour se rendre populaire, Simon invite chez lui l’homme du jour.

Du reste, il ne lui témoigne aucun de ces égards qu’en ce temps et en ce pays on rendait aux hôtes de distinction : pas d’eau pour laver ses pieds, nul baiser de bienvenue, point de parfum pour oindre sa tête. Et maintenant, Simon, regardant la femme aux pieds de Jésus, conclut que s’il était un prophète il ne souffrirait point cet avilissant contact… Une pécheresse !

Jésus prend la parole.

Une parabole limpide place devant son hôte, devant les conviés, devant tous, devant nous, mes chers lecteurs, la question capitale, celle de la dette humaine vis à vis de Dieu : la dette de nos péchés. Simon n’y avait point songé pour lui-même ; il se croyait juste, il était de ceux qui, contents d’eux et de leur valeur morale, pensent que Dieu est bien aise d’agréer leurs bonnes œuvres, et qui n’ont point besoin d’un Sauveur. Ils n’ont jamais pleuré sur leurs péchés ; comment aimeraient-ils Celui qui les pardonne ? Comment le reconnaîtraient-ils ?

Pour eux « il n’y a point d’apparence en lui pour le faire désirer… On n’a pour lui aucune estime ». Simon n’a aucune idée de la gloire de Jésus, encore moins de la grâce. « Celui à qui il est peu pardonné aime peu ». Cela voudrait-il dire que Simon eût peu à se faire pardonner, que quelqu’un, que vous-même soyez si peu pécheur qu’il ne vaille pas la peine de parler de cela, tellement moins pécheur que les autres que le pardon soit pour vous de peu de conséquence ? Dieu vous garde de vous laisse abuser ainsi ! Quiconque s’est réellement vu devant Lui a dit comme Job, l’homme qui, cependant, avait eu une vie parfaite et droite entre toutes : « J’ai horreur de moi ! » (Job 42. 6)

Ce qui est exact, hélas, c’est que des milliers et des milliers d’hommes se croient justes, comme Simon le pharisien et ne pensent, en aucune manière, aux droits de Dieu sur eux, à la dette du péché, qu’ils ne peuvent acquitter. Ils sont en bonne santé, croient-ils, et n’ont pas besoin de médecin. L’Évangile n’a rien à dire à ceux-là, sinon les avertir qu’ils se trompent et les supplier de revenir de leur erreur tandis qu’il n’est pas trop tard, avant de comparaître devant le créancier, Jésus ne les intéresse pas. Ils passent indifférents, à peine un peu curieux, souvent hostiles, auprès de Celui qui est venu du ciel pour chercher et sauver ce qui était perdu.

Mais elle, la pécheresse, elle, perdue, mais vous qui avez senti le poids de vos péchés et qui gémissez sur eux, où irait-elle, où iriez-vous, sinon à Lui ? Ayez en Lui la foi qu’elle montre : pour Simon, Jésus pouvait, tout au plus, être un prophète ; mais un prophète n’aurait pu remettre ses péchés à une pécheresse !

Ce qu’il lui faut, ce qu’elle vient chercher, ce qu’elle trouve, c’est le Sauveur de pécheurs perdus ! Le peu de cas qu’elle fait d’elle-même, l’honneur qu’elle rend à la sainte Personne, prouvent qu’elle a compris pourquoi Il est là, sur la terre, l’Homme parfait, le Fils de Dieu qui s’est fait « l’ami des publicains et des pécheurs ». Elle a compris qu’elle, la pécheresse, est aimée du Sauveur. Et comment son cœur brisé ne déborderait-il pas ? Ce qu’elle fait montre son amour à elle répondant à l’amour dont elle est l’objet.

« Ses nombreux péchés sont pardonnés », dit-Il. Et à elle directement : « Tes péchés sont pardonnés ». C’est là ce qu’il lui fallait, la parole dont elle avait besoin. Quelle grandeur était là, inconnue de ceux qui se trouvaient à table avec Lui et qui murmurent : il y avait là Celui qui peut pardonner les péchés !

La femme a tout écouté, sans mot dire. Objet du débat, elle n’y a pris aucune part. Mais la conclusion est pour elle : « Ta foi t’a sauvée va-t-en en paix ». Voilà ce qu’il lui fallait, la paix. Le pardon est assuré. Il l’est à la foi. Aux témoins, Jésus peut dire que l’amour montré par cette pécheresse prouvait qu’elle avait trouvé le Sauveur et qu’elle était pardonnée de ses nombreux péchés. Mais la cause, le secret de son pardon est dans sa foi.

Elle est venue en pleurant, mais avec foi. Elle a témoigné de son amour pour Celui l’a sauvée. Elle s’en ira en paix.

Je désire m’adresser à ceux dont les péchés ne sont pas pardonnés, pour leur dire : avez-vous eu affaire avec Celui qui les pardonne ? Affaire avec larmes, avec humiliation, avec reconnaissance, enfin, en l’entendant vous dire : « Ta foi t’a sauvé, va-t-en en paix ». Vous avez besoin de croire seulement en Lui, le Sauveur mort sur la croix pour vos péchés. À ce prix, la dette a été acquittée.

Mais je m’adresse à vous aussi, lecteurs chrétiens, qui vous savez pardonnés, car la leçon est grande aussi pour nous. Si nous avons le sentiment de l’immensité de la grâce qui nous a été faite, et si nous avons conscience de ce qu’étaient nos péchés qui ont été expiés, ah, de quel amour devons-nous être étreints envers Celui qui donné sa vie pour nous !

Notre tiédeur coupable à son égard ne vient-elle pas de ce que nous n’avons pas pleuré à ses pieds comme a pleuré la pécheresse ? La sagesse doit être justifiée par ses enfants (v. 35). Notre amour pour Lui doit se voir ; notre attitude doit en témoigner. « Vois-tu cette femme ? » dit Jésus à Simon. Il peut être dit de nous : « Voyez comme ils aiment Jésus », et si nous sommes pénétrés de ceci : il nous a été beaucoup pardonné.

Les rencontres de Jésus : la femme adultère (Jean 8. 3 à 11)

« Et au point du jour, il vint encore au temple, et tout le peuple vint à lui; et s’étant assis, il les enseignait. Et les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère ; et l’ayant placée devant lui, ils lui disent : Maître, cette femme a été surprise sur le fait même, commettant adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent de quoi l’accuser.

Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Et comme ils continuaient à l’interroger, s’étant relevé, il leur dit : Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant encore baissé, il écrivait sur la terre. Et eux, l’ayant entendu, sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ; et Jésus fut laissé seul avec la femme devant lui.

Et Jésus, s’étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit : femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, dorénavant ne pèche plus ».

La Loi était formelle : « Moïse nous a commandé dans la Loi de lapider de telles femmes ». La Loi donnée par Moïse était la Loi de Dieu, dont les dix commandements expriment les injonctions morales, la Loi sainte, juste, bonne, mais terrible, inexorable pour quiconque la transgresserait. Ayant porté atteinte à la sainteté de Dieu, le transgresseur devait mourir.

Les scribes et les pharisiens, zélés pour la Loi qu’ils enseignaient, ennemis de Jésus qui dénonçait leur hypocrisie, se flattent de le mettre dans une situation critique. Voici une femme coupable selon la loi. L’absoudra-t-il ? Il se trouvera en contradiction avec la Loi divine. La condamnera-t-il ? N’est-ce pas alors se condamner lui-même, qui s’est constitué « l’ami des publicains et des pécheurs » ? Qu’apporte-t-il de nouveau, s’il revendique les droits de la Loi au même titre que les docteurs d’Israël ?

Jésus écoute avec une apparente indifférence leurs accusations pressantes. Il écrit sur la terre… Mais n’était-ce pas là le doigt de Dieu lui-même, le doigt qui, autrefois, avait écrit la Loi sur les tables de Sinaï ? Sans que ses adversaires s’en doutent, le Maître de la Loi est là… Ils insistent. Il se relève et parle.

Il parle comme Celui qui est la vérité. À ceux qui se réclament ainsi de la loi, Il présente la Loi dans toute son étendue, Il donne à cette arme tout son tranchant. Moïse a commandé ? Que l’on exécute sa parole ! Seulement, y a-t-il sur la terre quelqu’un qui puisse saisir cette arme sans en être lui-même blessé ? « Que celui qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ». Et, se baissant de nouveau, Il laisse la Parole divine opérer sur les consciences.

Cette courte phrase, dans sa terrible simplicité, donne, en effet, à la Loi de Moise sa place, comme étant la Loi de Dieu. Et devant elle il n’y a pas de grand et de petit péché, il y a « le péché » qui entraîne toujours la condamnation. Les hommes jugent de la gravité des fautes selon leur appréciation particulière, en se comparant les uns aux autres, toujours à leur propre avantage : il est humain, n’est-ce pas, d’exagérer les fautes de son voisin et d’excuser les siennes propres.

Et d’autre part, il est exact que la société, sous peine de disparaître, doit réprimer les formes les plus grossières du mal, graves par leur répercussion, si l’on veut conserver la famille, la propriété, l’État, il faut bien réprimer l’adultère, le vol, le meurtre, l’immoralité ouverte. C’est dans ce sens que sont faites les lois humaines, et on peut à bon droit s’en référer à la Loi de Dieu.

Mais les fautes soigneusement cachées, les actes secrets qui laissent, si honteux soient-ils, la conduite extérieure satisfaisante aux yeux des hommes, sans parler des intentions mauvaises qui foisonnent dans le cœur, tout cela est-il moins coupable parce que cela ne s’étale pas au grand jour ? Pour Dieu à Qui rien n’échappe, il n’est pas de degrés dans la culpabilité. La simple convoitise qu’interdit le dernier commandement et dont aucun cœur pourtant ne peut se défendre, est aussi grave que le meurtre ou l’adultère. Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la Loi pour les faire (Deut. 27. 26).

Il suffit à la morale humaine que les apparences soient respectées. Mais devant Celui qui sonde les cœurs, dans la lumière qui révèle tout, nul n’osera dire : je suis sans péché. Et la Loi de Dieu, inflexible, juste, vient dire : qui a péché doit mourir.

C’est ainsi que Jésus donne à la Loi toute son autorité. Bien loin d’affaiblir cette loi, Il l’établit, en rangeant sous elle tous les hommes, accusés et accusateurs. Contre tous, le glaive se trouve tourné. Tous sont rendus « inexcusables », comme le dit l’apôtre dans cette épître aux Romains, dont nous recommandons vivement la lecture des premiers chapitres, à cette occasion, montrent précisément avec force qu’il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu.

Les scribes et les pharisiens sont bien forcés de, s’en rendre compte. Mais leur orgueil ne veut pas l’avouer. Silencieusement, sans arguer encore de cette Loi sous le coup de laquelle ils tombent eux-mêmes, ils sortent ; ils ne peuvent supporter cette lumière trop vive. Ils ont leur réputation à conserver, ils ne sauraient s’abaisser à la confession humiliante qu’eux aussi sont des pécheurs. Ils quittent la partie, en commençant par les plus anciens, les plus respectés sans doute, chargés de savoir et d’autorité morale, chargés aussi, hélas, d’un passé de culpabilité qu’ils ne veulent pas avouer.

Jésus reste seul avec la femme coupable. Lui seul, qui est sans péché, a le droit d’user de ce glaive de la Loi que les accusateurs ont laissé tomber de leurs mains impures.

Mais il n’est pas venu sur la terre pour cela.

Certes, Il n’excuse point le péché. Et Il est bien venu à cause du péché de l’homme. Mais s’Il exécute le jugement demandé par la loi, qui subsistera ? Tous, la femme adultère et ses accusateurs dont Lui connaît à fond la vie et la culpabilité, auraient dû être immédiatement balayés par ce jugement. Car Il est venu apporter la grâce, aussi bien que la vérité.

Et la coupable qui est demeurée là, sous la pénétrante lumière, entend des mots de pardon. Le terrain était déblayé du côté des hommes : nul n’avait le droit de la frapper sans se condamner soi-même comme transgresseur de la même loi. Et Jésus, l’Homme Dieu, Jésus, retient le glaive, car s’Il est le seul Juge, Il est d’abord le seul Sauveur.

Il n’enlève rien à la Loi qui avait été donnée par Moïse, mais il y a là un plus grand que Moïse, Celui qui, lui-même, avait donné la Loi à Moïse et qui vient de la grandir à son vrai niveau, le niveau divin, en faisant ressortir par elle l’état de culpabilité de tous les hommes, à commencer par les pharisiens les plus respectés.

Mais Dieu est là justement parce que l’homme ne peut échapper à la condamnation. Il n’y a qu’un moyen pour le soustraire aux justes exigences de la Loi de Dieu : et ce moyen est la rédemption. Jésus est venu pour porter Lui-même la malédiction due à nos péchés. Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous (Gal. 3. 13). Il peut pardonner parce qu’il est venu porter, sur la croix du Calvaire, le châtiment de notre péché.

Quelle puissante leçon dans ce simple récit de l’Évangile ! L’avons-nous tous comprise ? Il nous faut apprendre que nous sommes tous condamnés sans appel par la juste Loi de Dieu que nous avons offensé par nos péchés ; il nous faut ensuite recevoir, par la foi, le pardon de la bouche de Celui qui, ayant seul le pouvoir de nous juger, a, dans son insondable amour, voulu porter Lui-même notre jugement, expier nos péchés, nous sauver.

Connaissons-nous tous Jésus comme notre Sauveur ? Il n’y a de salut en aucun autre.

Les rencontres de Jésus : la femme cananéenne (Mat. 15. 21 à 28)

« Et Jésus, partant de là se retira dans les quartiers de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne de ces contrées-là, sortant, s’écria, lui disant : Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon. Et il ne lui répondit mot. Et ses disciples, s’approchant, le prièrent, disant : renvoie-la, car elle crie après nous. Mais lui, répondant, dit : Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Et elle vint et lui rendit hommage disant : Seigneur, assiste-moi. Et lui, répondant, dit : il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. Et elle dit : oui, Seigneur ; car même les chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus, répondant lui dit : ô femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et dès cette heure-là sa fille fut guérie ».

Quelle détresse s’exprime dans cette supplication : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ! » C’est à Jésus, l’Homme-Dieu compatissant à tous les maux de sa créature souffrante, qu’est adressé cet émouvant appel. Et cette fois, le cri d’une mère angoissée semble rester sans réponse. « Jésus ne lui répondit mot ». La miséricorde dont Il use envers tous lui serait-elle refusée ? Elle crie après les disciples ; peut-être seront-ils plus accessible que le Maître ? « Seigneur, renvoie-la », disent-ils…

Pas de pitié pour cette pauvre femme cananéenne. Elle appartient à une race maudite vouée à l’extermination, car Moïse avait dit au nom de l’Éternel : « Tu ne leur feras pas grâce (Deut. 7. 2). Étrangère aux promesses faites aux Juifs, elle n’a point de droit au secours qu’elle implore en vain du Fils de David, du Messie d’Israël.

Mais elle ne se lasse pas de crier sa peine. Elle sait que Jésus seul peut délivrer sa fille, cruellement tourmentée d’un démon. Sans s’arrêter à l’apparente dureté d’un tel refus, elle se tient là, obstinément confiante en Celui qui peut d’un mot chasser l’esprit malin. Sa douleur est grande, son besoin pressant, et elle est venue pleine d’espoir. Quand Jésus, mettant sa foi à l’épreuve, déclare qu’il est envoyé seulement aux brebis perdues de la maison d’Israël, elle s’approche et lui rend hommage : « Seigneur, dit-elle, assiste-moi ! »

C’est le simple, mais l’émouvant appel d’un cœur de mère brisé par les souffrances de sa fille. Ah ! si le Fils de David ne peut rien pour elle, pauvre étrangère, qu’au moins l’entende le Seigneur de tous ! « Seigneur, assiste-moi ».

Mais l’épreuve se prolonge : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux chiens (aux petits chiens) ». Est-ce vraiment là le langage de Celui qui est doux et humble de cœur ? La suppliante devrait être découragée. Mais parce que ses besoins sont pressants, parce que sa peine est immense, rien ne coûtera à la pauvre femme pour recevoir la réponse ardemment désirée. S’il faut s’abaisser, elle le fera. N’est-elle pas déjà courbée par la douleur ? « Oui, Seigneur, dit-elle ; car même les chiens (les petits chiens) mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ».

Elle comprend, pauvre Cananéenne maudite, que sa place ne peut être qu’aux pieds de la table servie par le Fils de David aux enfants d’Abraham. Elle se tient donc là, prenant l’attitude profondément humiliée de ceux qui ne peuvent attendre que des miettes, mais qui les apprécient comme leur seul espoir et leur seul bien.

Ah ! Seigneur, qu’il y ait quelques miettes pour moi !…

« Ô femme, dit-il, ta foi est grande, qu’il te soit fait comme tu veux ». Et dès cette heure-là sa fille fut guérie.

Grande foi que celle qui pense d’aussi grandes choses du Dieu d’amour. Foi éprouvée, à laquelle Jésus répond, dans la joie de la grâce pressée de se déployer, dès que l’âme chargée de sa misère accepte la seule place où elle puisse être bénie, la place d’une entière humiliation.

Cette place, l’avez-vous prise, cher lecteur ? Autrement dit, votre cœur touché à salut a-t-il accepté la sentence divine : « Tous ont péché » ? (Rom. 3. 23)

De même que cette pauvre Cananéenne n’avait point de droit à la bénédiction des fils d’Israël, de même le pécheur ne peut s’attendre qu’à la miséricorde divine, Mais s’il n’a point d’autre titre à faire valoir que ce titre de pécheur, son seul espoir c’est la grâce du Sauveur : son amour s’exerçant envers ceux qui en sont indignes. Or, cette grâce parfaite a conduit Jésus à opérer une œuvre de salut que tous sont maintenant invités à accepter. Il a fait la paix par le sang de sa croix, et cette paix est l’heureux partage de la foi. Maintenant la justice de Dieu est manifestée, la justice de Dieu par la foi de Jésus Christ envers tous et sur tous ceux qui croient…, étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus (Rom. 3. 21 à 25).

La femme cananéenne, par sa touchante insistance, montrait que tout son espoir reposait sur la compassion du Seigneur, même si sa grande foi était mise à l’épreuve. Elle s’attachait de tout son cœur au Seigneur Lui-même, comme Jacob le fit près du gué de Jabbok, disant : « Je ne te laisserai point aller que tu ne m’aies béni ! » Et la bénédiction n’a pas manqué : dès cette heure-là sa fille fut guérie.

Peut-être, cher lecteur, attendez-vous depuis longtemps la réponse divine à votre prière instante : « Ô Dieu, accorde-moi le sentiment de ton pardon ! » Peut-être avez-vous souvent déjà demandé au Seigneur qu’Il vous délivre du poids oppressant de votre péché, du lourd fardeau de votre misère morale ? Dans ce combat douloureux, ne vous lassez pas ; criez sans cesse au Sauveur, qui est prêt à vous répondre, quoi qu’il en paraisse. Il conduit Lui-même le travail de Sa grâce en votre cœur et Il ne laissera pas cette œuvre inachevée.

Puissiez-vous seulement lui confesser toute votre indignité ; quant à sa riche bénédiction, soyez assuré que dès lors Il vous dira : « qu’Il te soit fait comme tu veux ». « Que celui qui veut, dit Jésus, prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22. 17). Il s’agit du vouloir de l’âme, que rien ne détourne de l’objet de sa foi : Jésus le Sauveur, et qui trouve en Lui seul salut, délivrance et vie éternelle.

Les rencontres de Jésus :  le jeune homme riche (Marc 10. 17 à 27 ; voir aussi Mat. 19. 16 à 26 et Luc 18. 18 à 27)

« Et comme il sortait sur la route, un homme accourut, et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : bon Maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu. Tu sais les commandements : ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère. Et répondant, il lui dit : Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse. Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix.

Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Et Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à ses disciples : combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! Et les disciples s’étonnèrent de ses paroles ; et Jésus, répondant encore, leur dit : enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile qu’un chameau passe par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu. Et ils s’en étonnèrent excessivement, disant entre eux : Et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit : pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu ».

Voici un homme dont la situation ici-bas est on ne peut plus enviable. Matériellement, il est riche. Moralement, il est d’une conduite exemplaire ; il peut dire en toute droiture qu’il a observé les commandements de la Loi dans tous ses rapports avec ses semblables. Si quelqu’un croit avoir le droit d’entrer au ciel en raison de sa bonne conduite, c’est bien lui.

Et pourtant il n’est nullement assuré de son avenir, ni parfaitement satisfait de lui-même. Dans son cœur, un trouble persiste. Quelque chose lui manque. Il recherche la certitude de la vie éternelle, à laquelle il est encore étranger ; il voudrait connaître ce qu’il a encore à faire pour l’obtenir. Ni ses richesses, dans lesquelles cependant, en bon Israélite, il pouvait voir un témoignage d’approbation de Dieu, ni sa vie honorable entre toutes aux yeux des hommes ne sauraient lui donner une pleine sécurité. Mais il se croit capable de faire tout ce que Dieu peut exiger.

Or, voici qu’une suprême bénédiction lui est accordée : il fait la rencontre de Jésus, il peut L’entendre ; mieux encore, il nous est dit que Jésus, reconnaissant et appréciant tout ce qu’il y avait d’attrayant chez lui, l’aima. Ah, certes, il est bien près de la porte du ciel à ce moment. Entrera-t-il ?

Il reconnaît que Jésus peut l’enseigner, lui dire enfin ce dont il a besoin. Mais il ne voit en Lui qu’un homme, bon entre les hommes, à qui il peut espérer s’égaler en cultivant ce qu’il y a de bon en lui-même. Aussi Jésus commence par diriger ses pensées vers Celui qui seul est bon, et auprès duquel tout ce qui est humain pâlit. Même le vrai Fils de l’homme, Jésus lui-même, homme parfait, approuvé de Dieu en toutes choses, pouvait dire, dans sa parfaite dépendance : « Tu es le Seigneur, ma bonté ne s’élève pas jusqu’à toi ».

Combien donc les meilleures actions des hommes paraîtront-elles « comme un linge souillé » devant ce Dieu seul bon. Au vrai, si cet homme avait saisi ce qu’avait d’unique la bonté du « bon maître » auquel il s’adresse ici, il aurait reconnu en Lui la divinité descendue ici-bas en grâce.

Sans tarder, Jésus met le doigt sur la « chose qui manque » à cet homme, ce jeune homme, comme l’appelle l’évangile selon Matthieu. Il met en évidence la fêlure de ce cœur, semblable à tous les cœurs d’hommes pécheurs, et incapable du vrai bien devant Dieu. Qui peut supporter l’épreuve de la lumière divine ? Il apparaît vite que ce jeune homme, doué de si belles qualités, n’est en réalité que le misérable esclave de ses richesses.

Pour faire cette épreuve de son cœur, Jésus n’a que quelques paroles à dire :

« Vends tes biens et donne aux pauvres ». On verra ainsi si vraiment tu aimes ton prochain plus que tes richesses.

« Tu auras un trésor dans le ciel ». Il s’agit donc de savoir si tu tiens au ciel plus qu’à tes richesses.

« Et viens, suis-moi ». On verra ainsi quel cas tu fais de moi-même, si tu me préfères, moi, à tes richesses.

Il y a un choix à faire, et ce choix est déchirant pour ce jeune homme. Il s’en va, triste, mais il s’en va. Il préfère ses « grands biens ». Il les préfère à son prochain, il les préfère au ciel, il les préfère à Jésus. Il choisit l’éphémère jouissance des biens d’ici-bas. Il les garde, mais il garde avec eux, inguérissable cette fois, la plaie de son cœur. Ils ne lui donneront pas le bonheur sur la terre : il s’en va tout triste. Et ils le priveront de la bénédiction éternelle.

Lecteur, que préférez-vous ? Ce monde périssable, ou Christ ? Avez-vous la seule chose nécessaire, le trésor dans le ciel, la vie éternelle, et déjà durant cette vie terrestre, le trésor de la connaissance de Jésus – le vrai bonheur ?

En quoi vous confiez-vous ? À quoi que ce soit des « choses qui se voient » ? Richesses, position, considération ? Tout cela n’est que pour un jour, et tout cela ne saurait même remplir votre cœur durant cette vie passagère. Et il y a devant vous l’éternité, au seuil de laquelle il faudra tout laisser. Ne voulez-vous pas y prendre garde ?

D’après Le Salut de Dieu 1931