SONGES ET VISIONS

Une des vérités les plus importantes à retenir, est que Dieu parle à l’homme. Cette vérité se trouve tout au long des Écritures ; les Écritures même en sont la preuve irréfutable. Heureux ceux qui écoutent sa voix.

Ce qui caractérise le méchant, c’est qu’il n’a pas d’oreilles ou qu’il est semblable à l’aspic sourd qui se bouche l’oreille et qui n’entend pas la voix des charmeurs (Ps. 57. 4 et 5). « Prête l’oreille à ma loi, mon peuple ! Inclinez vos oreilles aux paroles de ma bouche. J’ouvrirai ma bouche en paraboles » (Ps. 78. 1 et 2). « Oh ! si mon peuple m’avait écouté ! » (Ps. 81. 13). Nous pourrions multiplier les passages qui nous parlent de cette vérité.

Il a parlé aux hommes de plusieurs manières. Il l’a fait du haut du sommet fumant du Sinaï, alors sa voix ébranla la terre. Il a parlé en Fils, comme il est dit dans le premier chapitre de l’épître aux Hébreux : quelle prédication que celle du Fils devenu un homme au milieu des hommes. Maintenant il parle du haut des cieux, nous faisant entendre la voix de sa grâce et la proclamation d’un plein salut pour ceux qui reçoivent son Fils pour leur sauveur. Bientôt il leur parlera dans sa colère et, dans sa fureur, il les épouvantera. Alors, malheur aux habitants de la terre !

Souvent, il s’est servi d’hommes pieux pour faire entendre sa voix. Conduits par le Saint Esprit, ils pouvaient dire : « Ainsi dit l’Éternel ». Quelquefois sa voix s’est faite entendre directement du ciel. Entre autre lorsqu’il a dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le ! » (Mat. 17. 5).

Il a parlé par des événements ou par des circonstances douloureuses par lesquels il avertit les hommes. Une fois même, il a réprimé la folie d’un prophète par la bouche d’une bête de somme. Souvent, enfin, il a parlé par des songes et par des visions.

C’est de cette manière de parler que nous aimerions entretenir nos lecteurs pendant cette année, si toutefois, Dieu nous accorde la grâce de la passer ici-bas, dans un monde où tout est ébranlé et qui mûrit pour le jugement. Bientôt il n’y aura plus ni songes, ni visions de grâce, ainsi que l’annonce le prophète Michée au chapitre 3 de son livre (v. 6 et 7) : « C’est pourquoi vous aurez la nuit, sans vision, et vous aurez les ténèbres, sans divination ; et le soleil se couchera sur les prophètes, et le jour s’obscurcira sur eux. Et les voyants seront honteux, et les devins seront confondus, et ils se couvriront tous la barbe, parce qu’il n’y a pas de réponse de Dieu. Dieu ne parlera plus, sa voix ne se fera plus entendre et il ne restera plus que le jugement ». Écoutons-donc aujourd’hui ; n’endurcissons pas nos cœurs, croyons sa Parole et nous vivrons !

La vision d’Agar, l’Égyptienne (Gen. 21. 14 à 22)

« Et Abraham se leva de bon matin, et il prit du pain et une outre d’eau, et les donna à Agar, les mettant sur son épaule, et il lui donna l’enfant, et la renvoya. Et elle s’en alla, et erra dans le désert de Beër-Shéba. Et l’eau de l’outre étant épuisée, elle jeta l’enfant sous un des arbrisseaux, et s’en alla et s’assit vis-à-vis, à une portée d’arc ; car elle disait : « Que je ne voie pas mourir l’enfant ». Et elle s’assit vis-à-vis, et elle éleva sa voix et pleura. Et Dieu entendit la voix de l’enfant, et l’Ange de Dieu appela des cieux Agar, et lui dit : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains point, car Dieu a entendu la voix de l’enfant, là où il est. Lève-toi, relève l’enfant et prends-le de ta main ; car je le ferai devenir une grande nation ». Et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d’eau ; et elle alla et remplit d’eau l’outre, et fit boire l’enfant. Et Dieu fut avec l’enfant, et il grandit, et habita dans le désert et devint tireur d’arc. Et il habita dans le désert de Paran ; et sa mère lui prit une femme du pays d’Égypte ».

Pauvre Agar ! La voici qui erre dans un désert ; ses ressources diminuent à vue d’œil, le pain va manquer et l’eau de l’outre est tarie ; devant elle, la mort qui va l’emporter, elle et son enfant. Hélas ! elle pleure, assise, en présence de sa douleur. Il y avait bien de quoi verser des larmes amères. Il semble qu’elle ne voit plus que sa misère et qu’elle a oublié le Dieu dont elle avait entendu parler dans la maison d’Abraham.

Cette triste histoire n’est-elle pas celle de bien des hommes encore aujourd’hui ? Le monde est un vaste désert dans lequel ne se trouve rien qui puisse satisfaire une âme immortelle. De plus les choses que nous avons entre les mains s’en vont les unes après les autres : santé, jeunesse, amis ; tout passe rapidement. Les nuages reviennent après la pluie ; les hommes forts se courbent, on se lèvent à la voix de l’oiseau, car le sommeil fuit les yeux ; la faiblesse nous gagne et nous craignons ce qui est haut et facilement nous tremblons sur le chemin ; bientôt il faudra s’en aller dans la demeure des siècles et notre corps retournera à la poussière. Tout cela, parce que l’homme a oublié son Dieu.

Mais si l’homme l’oublie, Dieu ne l’oublie pas ; il entend nos cris et il n’est pas sourd à nos larmes. Il a entendu la voix d’Agar et aujourd’hui encore il entend ceux qui pleurent : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains pas ». C’est comme s’il lui disait : j’ai des ressources que tu ne connais pas. Il faut, pour cela, qu’il lui ouvre les yeux afin qu’elle soit capable de les voir et d’en profiter.

Oh ! quelle vision : un puits d’eau, là, tout près d’elle, et elle ne le savait pas ! Il n’est pas nécessaire de courir bien loin pour trouver le bonheur ; il est là, à la portée de chacun ; la source des eaux qui donnent la vie, la vie en abondance, la vie éternelle, est près de nous.

Le Seigneur a-t-il ouvert nos yeux ? Avons-nous vu après qu’il s’est révélé à nous ? Les visions de la grâce et de la miséricorde de notre Dieu Sauveur sont infiniment plus merveilleuses que tout ce que l’œil naturel peut contempler et admirer. Avons-nous chanté ? :

Source de lumière et de vie,

Source de grâce pour la foi,

Repos, bonheur, paix infinie,

Nous les avons trouvés en toi.

La vision d’Abram

Abram, plus tard Abraham, est l’un des hommes les plus remarquables de l’Ancien Testament. Dieu s’est révélé à lui d’une manière extraordinaire, et même il n’a pas eu honte de l’appeler son ami. Ces insignes faveurs ont été la conséquence de sa foi. Abram crut Dieu, nous est-il dit ; et cela lui fut compté à justice (Jac. 2. 23).

La foi est le grand principe qui est à la base de toute bénédiction pour l’homme ; sans elle, il est impossible de plaire à Dieu, et, sans elle, il est inutile de penser obtenir quelque chose de lui. La foi glorifie Dieu, et Dieu se plaît à la récompenser.

Au chapitre 12 du livre de la Genèse, nous lisons que l’Éternel fit à Abram de grandes et précieuses promesses, et en retour, Abram bâtit un autel à l’Éternel, et l’adora. Jouissant de ces promesses, il ne fit aucun cas des richesses que lui offrait le roi de Sodome (ch. 14). Puisque le Dieu Très-Haut, souverain possesseur des cieux et de la terre lui avait fait des promesses, cela lui suffisait. En agissant ainsi, il montrait sa foi par ses œuvres, et il était conséquent avec la connaissance qu’il avait de la fidélité de l’Éternel en qui il avait mis sa confiance.

Au chapitre 14, l’Éternel vint confirmer les promesses qu’il avait faites à son serviteur et il lui en élargit le champ. Il voulut ainsi fortifier la foi d’Abram et lui donner encore une part plus grande que celle qu’il avait possédée jusqu’à ce jour. Dieu se plaît à ajouter d’autres bénédictions à ceux qui savent se montrer dignes de ce qu’ils ont reçu de lui.

Qui connaîtra jamais l’étendue des richesses de la grâce de Dieu ? « Regarde vers les cieux, dit l’Éternel, et compte les étoiles, si tu peux les compter ». Précédemment, il lui avait promis des bénédictions pour la terre ; maintenant il dirige ses regards vers les cieux ! Avons-nous, nous aussi, contemplé les choses qui sont dans les cieux ?

Mais, voici le soleil qui se couche, et tout devient ténébreux : une frayeur et une grande obscurité tombent sur Abram. Comme tout est changé en un moment ! Que va devenir sa foi ? Dans ce moment solennel, il a une vision extraordinaire : une fournaise fumante, et un brandon de feu qui passe entre les pièces des animaux qu’il venait de sacrifier à l’Éternel. Tout est-il fini pour l’homme de foi ? L’ardeur de la fournaise va-t-elle tout consumer, détruire et la foi et les promesses ? L’obscurité profonde va-t-elle voiler, aux yeux de celui qui avait cru, les choses glorieuses que Dieu lui avait promises ? La fumée épaisse qui monte de la fournaise va-t elle obscurcir les cieux et lui faire perdre de vue les splendides étoiles qui brillent dans le firmament et oublier celui qui les a créées ? La frayeur va-t-elle être toujours la part d’Abram ? Non. Toutes ces choses, ne sont, dans la main de l’Éternel, qu’un moyen pour éprouver la foi de son serviteur et en faire voir toute la merveilleuse beauté.

En attendant l’accomplissement des promesses, et alors qu’il ne possédait encore rien, victorieux au travers de toutes les souffrances qui seront sa part, et la part de sa semence, il peut dire : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur ? L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ? » (Ps. 27. 1) Fournaise, fumée, obscurité, frayeur, ne sauraient détruire ce que possède la foi ; et rien ne pourrait en voiler la contemplation aux yeux de celui qui croit, car le brandon de feu inextinguible, que Dieu a allumé, les éclaire sans cesse.

Les songes de Joseph (Gen. 37. 5 à 11)

Joseph, le fils bien-aimé de Jacob, eut deux songes lorsqu’il était encore auprès de son père et de ses frères, dans le pays de Canaan ; songes si simples à expliquer que ces derniers mêmes n’eurent aucune peine à les interpréter.

« Écoutez, je vous prie, dit Joseph à ses frères, ce songe que j’ai songé : voici, nous étions à lier les gerbes au milieu des champs ; et voici, ma gerbe se leva, et elle se tint debout ; et voici, vos gerbes l’entourèrent, et se prosternèrent devant ma gerbe. Et ses frères lui dirent : Est-ce que tu dois donc régner sur nous ? Domineras-tu sur nous ? » L’interprétation est des plus faciles à saisir : Joseph doit être exalté, et ses frères devront lui rendre honneur et obéissance.

Le second songe ne présente pas plus de difficultés que le premier : « Voici, j’ai encore songé un songe ; et voici, le soleil, et la lune, et onze étoiles, se prosternaient devant moi. Et il le conta à son père et à ses frères. Et son père le reprit, et lui dit : qu’est-ce que ce songe que tu as songé ? Est-ce que moi et ta mère, et tes frères nous viendrons nous prosterner en terre devant toi ? » Ces deux visions parlent de la gloire future de Joseph : il sera exalté très haut et, tous les genoux se plieront devant lui.

Il est évident que si ces choses n’avaient concerné que le fils de Jacob, le Saint Esprit ne nous les eût pas rapportées. Son but est de nous faire connaître le divin Joseph, le Fils unique et Bien-Aimé du Père, dont les Écritures, rendent témoignage du commencement à la fin.

Dans l’épître aux Philippiens il nous est dit que Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 9 à 11). Si les gerbes qui sont sur la terre, le soleil, la lune et les étoiles qui sont dans les cieux devaient se prosterner devant Joseph, de quelle gloire Celui qui a mis sa majesté au-dessus de la terre et des cieux ne doit-il pas être entouré ?

Autrefois, il a été abaissé et humilié et, il est devenu obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. Lui qui s’est abaissé plus qu’aucun, sera bientôt le plus élevé. Maintenant, il est caché dans les cieux, le Saint Esprit, par l’Évangile, nous fait connaître sa gloire : ceux qui le confessent de leur bouche comme Seigneur et qui croient dans leurs cœurs que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts seront sauvés. Bientôt, il descendra des cieux dans toute sa gloire et tout œil le verra. Alors, tous devront le reconnaître comme Seigneur, tous les genoux se ploieront devant lui, mais ce sera pour le jugement. Celui qui est maintenant le Sauveur sera alors le Juge !

Les songes du grand échanson et du grand panetier du roi d’Égypte

Il nous est dit, dans le chapitre 41 du livre de la Genèse, que l’échanson et le panetier du roi d’Égypte péchèrent contre leur Seigneur. Il fut irrité contre eux et les mit sous garde dans la tour ; ils furent là plusieurs jours. Nous pouvons nous représenter quelle était leur angoisse, en attendant ce que le monarque puissant décréterait, contre eux.

Or, voici, que tous deux songèrent un songe en une même nuit. Leur perplexité est grande : est-ce que Dieu, par ce moyen, va leur apporter quelque lumière pour les éclairer au sein des ténèbres qui enveloppent leurs âmes ? Si, au moins, il y avait quelqu’un pour leur interpréter ces songes ! Mais ils sont en prison et ils ne connaissent personne capable de le faire. Or, il y a un Dieu dans les cieux qui conduit toutes choses : celui qui leur avait envoyé les songes avait aussi placé auprès d’eux celui qui leur en donnerait l’explication. C’était Joseph, alors prisonnier comme eux. Je vous prie, leur dit-il, contez-moi vos songes.

Et le chef des échansons conta son songe à Joseph, et lui dit : « Dans mon songe, voici, un cep était devant moi, et sur ce cep, trois sarments ; et il était bourgeonnant, sa fleur monta, ses grappes produisirent des raisins mûrs ; et la coupe du Pharaon était dans ma main, et je pris les raisins, et les pressai dans la coupe du Pharaon, et je mis la coupe dans la main du Pharaon ». Joseph donne une heureuse interprétation : dans trois jours le chef des échansons va être tiré de la maison de la fosse et rétabli dans son office d’échanson. Quel heureux message pour le pauvre captif ! Nous nous représentons facilement la joie qui inonda son cœur en entendant les paroles de Joseph.

Le panetier vit qu’il interprétait favorablement, et il dit à Joseph : « Moi aussi, j’ai vu dans mon songe, et voici, trois corbeilles de pain blanc étaient sur ma tête ; et dans la corbeille la plus élevée il y avait de toutes sortes de mets pour te Pharaon, d’ouvrage de paneterie ; et les oiseaux les mangeaient de la corbeille ». Hélas ! Trois jours, et il serait tiré de sa prison pour être pendu à un bois !

Pour l’un la parole de Joseph était un message de joie, pour l’autre elle était un message de jugement. De fait, ces deux hommes sont une image de ce que sont tous les hommes en rapport avec Jésus, le divin Joseph. Tous sont coupables, tous attendent une sentence : celle de Dieu, le Souverain juge, qu’ils ont offensé ; les ténèbres morales les enveloppent, et nul parmi les hommes ne saurait leur révéler le sort qui les attend.

Mais Jésus s’est abaissé jusqu’à nous et de sa bouche sont sortis une bonne nouvelle, un message de grande joie. Mais de cette même bouche sortira bientôt une parole de jugement, de condamnation éternelle. La question qui se pose pour chacun de nous est celle-ci : sommes-nous avec le grand échanson qui avait entendu une bonne nouvelle ? En un mot : sommes-nous sauvés ? Sinon, comme le grand panetier, nous entendrons une affreuse sentence : perdus pour l’éternité !

Les songes du Pharaon

Si Dieu s’occupe de pauvres prisonniers, comme nous venons de le voir, il s’occupe aussi des grands de la terre : un Pharaon, un esclave ont, tous deux, du prix pour son cœur. Il s’occupe aussi des événements de ce monde et il les dirige selon sa sagesse et sa puissance, faisant concourir toutes choses pour le bien de ceux qui l’aiment. Il fait faire un songe au grand échanson et au grand panetier, il envoie aussi une vision au Pharaon. En une même nuit, il eut deux songes qui le troublèrent dans son esprit ; et il envoya, et appela tous les devins de l’Égypte, et tous les sages. Et le Pharaon leur raconta ses songes ; et il n’y eut personne qui les interprétât au Pharaon. Tous durent constater leur ignorance et leur incapacité pour lui annoncer ce qui devait arriver dans le pays d’Égypte.

C’est Dieu qui donnera la réponse, et, chose précieuse, une réponse de paix, par la bouche de Joseph. Le grand échanson se souvint de Joseph et parla de lui au Pharaon, qui envoya, et le fit sortir de sa prison.

Le Pharaon dit à Joseph : « Dans mon songe, voici, je me tenais sur le bord du fleuve ; et voici, du fleuve montaient sept vaches grasses de chair, et belles à voir, et elles paissaient dans les roseaux. Et voici, sept autres vaches montaient après elles, chétives, et très laides à voir, et maigres de chair : je n’en ai pas vu de semblables en laideur dans tout le pays d’Égypte. Et les vaches maigres et laides mangèrent les sept premières vaches, les grasses : elles entrèrent dans leur ventre, et il ne paraissait point qu’elles fussent entrées dans leur ventre, et leur aspect était aussi laid qu’au commencement. Et je m’éveillai. Et je vis dans mon songe ; et voici, sept épis montaient sur une seule tige, pleins et bons ; et voici, sept épis desséchés, pauvres, brûlés par le vent d’orient, germaient après eux; et les épis pauvres dévorèrent les sept bons épis ».

L’interprétation ne présente pas de difficultés pour Joseph : « Par les songes, dit-il, Dieu déclare au Pharaon ce qu’il va faire. Il va envoyer sept années de grande abondance dans tout le pays ; la terre rapportera à pleines mains du blé en quantité, comme le sable de la mer. Ces sept années d’abondance seront suivies de sept années de famine : une famine telle qu’elle consumera le pays, car elle sera très intense. La chose est assurée et Dieu se hâte de la faire.

Émerveillé de la sagesse unique de Joseph, le Pharaon l’exalte aussitôt bien haut et lui donne un nom remarquable : révélateur des secrets, sauveur du monde : devant lui tous doivent s’agenouiller. Quelle gloire que la sienne ! L’histoire de l’Égypte est aussi l’histoire du monde et celle de Joseph nous donne quelques rayons de la gloire de Jésus : n’est-il pas le Sauveur du monde, le Révélateur des secrets de Dieu ?

Ce que Joseph a dit est arrivé et ce qui est sorti de la bouche de Jésus s’accomplira aussi à la lettre. L’abondance de la grâce répandue sur le monde depuis que Jésus est exalté sur le trône du Père dépasse, en richesse, toute l’abondance de l’Égypte. Tous ceux qui fléchissent les genoux devant lui sont mis au bénéfice de cette grâce ; une grâce qui est plus grande que toute la misère de l’homme.

De même que le temps d’abondance s’est terminé, le temps de grâce, lui aussi, prendra fin. Alors Dieu enverra une famine ; non une famine de pain, ni une soif d’eau, mais d’entendre les paroles de l’Eternel. Et ils erreront d’une mer à l’autre, et du nord au levant ; ils courront çà et là pour trouver la parole de l’Éternel, et ils ne la trouveront pas (Amos 8. 2).

Une grande vision

Lorsqu’il gardait le troupeau de Jéthro, son beau-père, derrière le désert, Moïse eut une vision extraordinaire : l’Ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson d’épines (Ex. 3). Il regarda, et voici le buisson était tout ardent de feu, et le buisson n’était pas consumé. Moïse dit : « Je me détournerai et je verrai cette grande vision, pourquoi le buisson ne se consume pas ». En effet, c’était chose étrange, car les épines brûlent rapidement et, du reste, elles ne sont bonnes que pour le feu, on ne saurait en faire aucun autre usage. Venues sur la terre à la suite du péché, elles sont l’image de ce que l’homme est aux yeux de Dieu ; ainsi qu’il nous est dit : le meilleur d’entre eux est comme une ronce, et le plus droit pire qu’une haie d’épines (Michée 7. 4). Moïse aurait aimé, avoir la solution de ce grand mystère et il s’approche pour voir.

Si le buisson demeurait intact au milieu des flammes, c’est que l’Éternel, lui-même, était au milieu du buisson. Le Dieu saint, en la présence duquel Moïse devait ôter ses sandales et se cacher la face était descendu au milieu du buisson, non pour juger, mais pour sauver. « J’ai vu, j’ai vu, dit-il, l’affliction de mon peuple, j’ai entendu le cri qu’il a jeté à cause de ses exacteurs, je connais ses douleurs, et je suis descendu pour le délivrer. Délivrer qui ? Des méchants qui n’étaient bons que pour le feu.

Le pain d’orge de Gédéon (Jug. 7. 13)

L’Éternel a conféré à Gédéon un honneur qui n’a été décerné qu’à un très petit nombre d’hommes. Il l’a mis sur la liste des hommes de foi qui ont combattu les combats de l’Éternel ; nous le trouvons mentionné au chapitre 11. 32 de l’épître aux Hébreux. Il l’a aussi appelé : fort et vaillant homme (Jug. 6. 12).

Pourtant, dès le début de son histoire, nous voyons en Gédéon un homme des plus craintifs. Il battait son froment dans le pressoir par crainte des Madianites. Lorsque l’Éternel l’envoie, de nouveau il montre sa crainte en pensant que son millier est le plus pauvre en Manassé et qu’il est le plus petit dans la maison de son père. Lorsqu’il voit que c’est l’Ange de l’Éternel qui lui parle, il a peur et l’Ange est obligé de le rassurer en lui disant : « Paix te soit, ne crains point, tu ne mourras pas ».

Lorsqu’il fallut renverser l’autel de Baal et couper l’ashère, il craignit son père et les hommes de la ville et n’osant le faire de jour, il le fit de nuit. Après cela, il demande un signe : « Que la rosée soit sur la toison et le sec sur la terre » ; un contre signe : « Que la toison soit sèche et la rosée sur la terre ». Après tous ces témoignages, nous aurions pensé que, sans crainte maintenant, il allait livrer bataille à l’ennemi. Non.

Au moment suprême, l’Éternel lui dit encore « Si tu crains d’y descendre, descends vers le camp et tu entendras ce qu’ils diront, et ensuite tes mains seront fortifiées ». Et il descendit, montrant ainsi qu’il craignait encore malgré les signes que l’Éternel lui avait donnés ; que, de fait, il ne valait pas mieux que les vingt-deux mille hommes du peuple qui s’en retournèrent à cause de la crainte qui remplissait leurs cœurs.

Lorsqu’il arriva vers le camp des ennemis, voici, un homme racontait un songe à son compagnon ; et il disait : « Voici, j’ai songé un songe ; et voici, un gâteau de pain d’orge roulait dans le camp de Madian, et il arriva jusqu’à la tente et la heurta, et elle tomba ; et il la retourna sens dessus dessous, et la tente était là renversée ». Et son compagnon lui répondit et dit : « Ce n’est pas autre chose que l’épée de Gédéon, fils de Joas, homme d’Israël : Dieu a livré Madian et tout le camp en sa main ». Et il arriva que lorsque Gédéon entendit le récit du songe et son interprétation, il se prosterna… ».

Nous comprenons facilement qu’il pouvait adorer en la présence de la fidélité du Dieu qui, avec tant de patience, chassait toutes les craintes de son pauvre serviteur ; et qui, pour fortifier sa foi chancelante, se servait même de la bouche d’un ennemi pour lui annoncer la victoire qu’il allait remporter. Et quelle victoire ! Une armée nombreuse comme des sauterelles, ayant des chameaux sans nombre, qui fuit éperdument devant trois cents hommes qui n’ont d’autres armes que des trompettes et des flambeaux.

Le songe et son interprétation se sont donc accomplis à la lettre : le gâteau de pain d’orge a donc renversé la tente et mis en déroute l’ennemi. À juste titre, Gédéon a été appelé : fort et vaillant homme. Comment donc se fait-il que l’Éternel a pu lui accorder une telle victoire et un tel honneur lui qui était si craintif ?

C’est là un secret précieux que j’aimerais confier à tous ceux qui craignent en pensant à leur faiblesse, à ceux qui tremblent en pensant à la puissance de l’ennemi de leurs âmes : Gédéon, malgré toutes ses craintes, a toujours obéi à la parole de l’Éternel ; malgré ses craintes, il faisait ce qu’Il lui avait commandé. Le secret des hommes forts et vaillants, c’est leur obéissance.

La vision merveilleuse de Manoah (Jug. 13.)

L’Ange de l’Éternel, voilant sa gloire sous une forme humaine, apparut un jour à un homme nommé Manoah et à sa femme comme ils étaient aux champs ; il leur annonça la naissance d’un fils qui serait nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ; c’est lui, dit-il, qui commencera à sauver Israël de la main de ses ennemis. Ce fils, nommé Samson, fut un homme renommé par sa force extraordinaire.

Manoah dit à l’Ange de l’Éternel : « Laisse-nous te retenir, et t’apprêter un chevreau. Et l’Ange de l’Éternel dit à Manoah : si tu me retiens, je ne mangerai pas de ton pain ; et si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Eternel. Car Manoah ne savait pas que ce fût l’Ange de l’Éternel. Et Manoah dit à l’Ange de l’Éternel : Quel est ton nom, afin que nous t’honorions, quand ce que tu as dit arrivera ? Et l’Ange de l’Eternel lui dit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux. Et Manoah prit le chevreau et le gâteau et il les offrit à l’Éternel sur le rocher. Et il fit une chose merveilleuse, tandis que Manoah et sa femme regardaient. Et il arriva que, comme la flamme montait de dessus l’autel vers les cieux l’Ange de l’Éternel monta dans la flamme de l’autel, Manoah et sa femme regardant ; et ils tombèrent sur leurs faces contre terre ».

Ils avaient vu un homme dont le nom est merveilleux qui a fait une chose merveilleuse. Manoah a bien compris que cet homme était Dieu lui-même lorsqu’il dit à sa femme : « Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu ». Dieu devenu un homme !

Profond mystère, dans lequel aucune sagesse humaine ne pourrait pénétrer. En Le contemplant, seule l’adoration convient à l’homme mortel et pécheur. Là, sur la terre, cet homme dont le nom est Merveilleux, a accompli une chose merveilleuse (tout est merveilleux dans cette page du saint livre). Il est monté dans la flamme qui consumait l’holocauste et de là, il est monté vers les cieux ! Nous sommes ici dans les ombres de l’Ancien Testament ; ombres dont le corps est du Christ, et qui nous sont pleinement révélées à la lumière du Nouveau Testament.

Chers lecteurs, permettez-moi de vous poser quelques questions, non par vaine indiscrétion, mais dans le but de vous faire mieux comprendre, en les méditant, les glorieuses réalités cachées derrière cette merveilleuse vision. Connaissez-vous celui qui a été le vrai nazaréen de Dieu ? Qui est Celui dont le nom est Merveilleux, Dieu et homme tout à la fois? Savez-vous que cet homme est entré dans le feu du jugement de Dieu à votre place ? Savez-vous qu’Il est monté dans les cieux ? Si vous savez ces choses, certainement vous adorerez.

Le Dieu qui parle dans la nuit

Dans le premier livre de Samuel nous avons le récit de la vie de celui dont le livre porte le nom : Samuel. Sa naissance fut la réponse à l’ardente supplication de sa pieuse mère, Anne. Aussi, l’appela-t-elle de ce nom qui veut dire « Dieu a exaucé ». Non seulement la naissance de cet homme de Dieu, mais aussi toute sa vie, a été la récompense de la foi de cette femme. Elle l’avait prêté à l’Éternel, pour tous les jours de sa vie, et jusqu’à sa blanche vieillesse il a servi l’Éternel et son peuple fidèlement.

Heureuses les mères qui peuvent dire, comme Anne : « J’ai prié pour cet enfant, et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite ». Mais Anne ne s’est pas seulement contentée de prier pour son enfant, mais elle l’a aussi amené, lorsqu’il était encore un très jeune garçon, dans la maison de l’Éternel, afin qu’il paraisse devant lui et qu’il habite là pour toujours. Elle a voulu le bonheur de son fils et elle a mis toute son énergie pour obtenir les choses excellentes qu’elle désirait pour lui.

Samuel a donc vécu dès sa plus tendre enfance et a grandi dans l’atmosphère bénie du sanctuaire de Dieu ; là il a appris à Le servir. C’était une vie bien différente de celle de bien des jeunes gens qui gaspillent dans le péché leurs plus belles années. Malgré tout cela, il manquait encore quelque chose à Samuel : de fait, il ne connaissait pas encore l’Éternel, et la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée. Toute la piété d’une mère ne peut sauver son enfant, il faut que celui-ci ait affaire avec Dieu personnellement, et que Dieu se révèle à lui.

Samuel était couché dans le temple de l’Éternel durant les veilles de la nuit. Cela nous fait penser au merveilleux Psaume 134 : « Voici, bénissez l’Éternel, vous, tous les serviteurs de l’Éternel, qui vous tenez durant les nuits dans la maison de l’Éternel ! Élevez vos mains dans le lieu saint, et bénissez l’Éternel ! Que l’Éternel qui a fait les cieux et la terre, te bénisse de Sion ! »

L’Éternel, en effet, allait lui faire part de la plus excellente des bénédictions, en se révélant Lui-même à son jeune cœur. Dans le silence solennel du sanctuaire, lorsque les ténèbres couvraient la terre, une voix se fait entendre : « Samuel ! Samuel ! » Celui-ci pense que c’est la voix d’un homme, celle du grand sacrificateur, Eli ; il court vers lui et lui dit : « Me voici ». Le grand sacrificateur ne l’avait pas appelé. Cela a lieu par trois fois. Qui donc était celui qui faisait entendre sa voix et qui persistait à appeler Samuel ? C’était l’Éternel Lui-même.

Oui, Dieu parle aux hommes, Il les appelle de diverses manières : dans un songe, dans une vision de nuit, par des événements divers. L’avons-nous entendu et avons-nous dit : « Parle, Éternel ? »

La vision du prophète Ézéchiel

Nombreux sont les lecteurs du prophète Ézéchiel qui se sont demandé quelle pouvait bien être la signification de la vision extraordinaire qu’il nous raconte dans le premier chapitre de son livre. Dans ses paroles, comme dans ses œuvres, Dieu nous fait sentir sa grandeur et notre petitesse.

Qui peut sonder les profondeurs de l’océan, et qui peut compter le nombre des étoiles ? Qui, parmi les hommes, peut entrer dans toute la révélation que Dieu nous a laissée de Lui-même dans sa Parole ? Puisque nous sommes en présence de l’infini, devons-nous nous décourager et négliger la lecture et la méditation du Saint Livre qu’Il a bien voulu placer entre nos mains ? Non, Il nous l’a confié pour notre bénédiction ; et s’Il a caché aux sages et aux intelligents les choses qui y sont renfermées, Il veut bien les révéler aux petits enfants. Il est écrit : « considère ce que je dis ; car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses » (1 Tim. 2. 7).

Les astronomes ont découvert bien des merveilles en considérant avec patience la voûte étoilée ; et le lecteur diligent, humble et dépendant, en méditant les Écritures, trouvera des merveilles à ne pouvoir les raconter, et cela même dans les pages qui lui paraissent les plus obscures et les plus fermées.

La vision du prophète Ézéchiel, si compliquée et difficile à comprendre qu’elle puisse paraître au premier abord, nous a été donnée pour notre profit comme, du reste, toutes les pages de la Parole de Dieu. Faisons comme le Psalmiste qui disait : « Ouvre mes yeux, et je verrai toutes les merveilles qui sont dans ta Loi ». Voyons donc un peu ce chapitre qui nous dépeint cette vision.

Sans doute, nous n’avons pas la prétention d’entrer dans les nombreux détails qui nous sont donnés ; cependant il nous sera facile de découvrir les grandes lignes du sujet et cela, pour la joie et la bénédiction de nos âmes, car les Paroles de notre Dieu illuminent et donnent de l’intelligence aux simples.

Premièrement, nous distinguons quatre animaux symboliques qui marchent au milieu d’une tempête. La description de leur face est en rapport avec les attributs de Dieu révélés en jugement : 1° l’intelligence représentée par un homme ; 2° la force, par le lion ; 3° la marche ferme que rien n’arrête par le bœuf ; 4° la rapidité, par l’aigle qui fond sur sa proie en un clin d’œil. Voyez à ce sujet Apocalypse 4. 6 à 8.

Ces animaux marchent droit devant eux, (qui pourrait les arrêter ?) et au milieu du feu ; le feu qui consume tout ce qui est incompatible avec la sainteté de Dieu. Ces animaux conduisent un char dont les roues ont des jantes d’une hauteur effrayante : que l’homme est petit en leur présence ! Elles sont aussi pleines d’yeux tout autour, rien ne leur est caché, et ce n’est pas aveuglement qu’elles écrasent ce qui est sur leur passage. Ces roues ont une structure si remarquable qu’elles peuvent aller de tous côtés : aussi bien à droite et à gauche qu’en avant et en arrière ; leur structure est comme si une roue eût été au milieu d’une roue.

Ce char a aussi des ailes, de telle manière qu’il peut aller, s’arrêter et s’élever de dessus la terre. Sa course est donc aussi bien dans les cieux que sur la terre. Enfin, celui qui conduit ce char merveilleux a la ressemblance d’un homme, qui est assis, bien haut, au-dessus de l’étendue (l’étendue, ce sont les cieux : Gen. 1. 8). Quel personnage glorieux, et quel char que Celui qu’il conduit par son esprit, dans sa sagesse et dans sa puissance ! Il est « plus beau que les fils des hommes, la grâce est répandue sur ses lèvres ».

Dans sa majesté et dans sa magnificence, il mène en avant ce char que rien ne peut arrêter, ni dans les cieux, ni sur la terre. C’est le char de son gouvernement par lequel Il écrasera tous ses ennemis avec une parfaite connaissance de toutes leurs actions. Sa droite lui enseignera des choses terribles et ses flèches transperceront le cœur de tous ses ennemis. Cher lecteur, connaissez-vous cet Homme auquel Dieu a remis tout jugement, car Il est fils de l’homme ? Savez-vous que cet humble Jésus, que les hommes ont rejeté, mais que Dieu a exalté et fait Seigneur et Christ, va venir dans sa gloire, manifesté aux yeux de tout l’univers ? Vous réjouissez-vous à la pensée de son triomphe, ou les roues de son char sont-elles pour vous un sujet d’épouvante ?

Le songe de Nebucadnetsar

Le livre du prophète Daniel contient le récit d’un grand nombre de songes, visions et révélations extraordinaires. Dieu, par ce moyen, faisait connaître à son peuple coupable, ses pensées à son égard, et à l’égard des nations auxquelles il était asservi à cause de ses péchés. C’était encore un témoignage de sa fidélité envers eux, malgré le châtiment qu’Il leur avait infligé en les chassant de ce bon pays qu’Il leur avait donné autrefois et dans lequel II devait les ramener plus tard.

Le premier de ces songes se trouve au chapitre 2 du livre de Daniel; il est si remarquable que nous voulons le rapporter ici dans son entier : Nebucadnetsar eut un songe et il voyait « et voici une grande statue : cette statue était grande, et sa splendeur, extraordinaire ; elle se tint devant toi, et son aspect était terrible. La tête de cette statue était d’or pur ; sa poitrine et ses bras, d’argent ; son ventre et ses cuisses, d’airain ; ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile. Tu vis, jusqu’à ce qu’une pierre se détacha sans mains ; et elle frappa la statue dans ses pieds de fer et d’argile, et les broya ; alors, furent broyés ensemble le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or, et ils devinrent comme la balle de l’aire d’été ; et le vent les emporta, et il ne se trouva aucun lieu pour eux ; et la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne qui remplit toute la terre. C’est là le songe ».

Mais qui en donnera l’interprétation ? Babylone ne manque pas de sages, de devins, d’enchanteurs et de magiciens pour se tenir devant le roi. Mais de beaux discours et des choses extraordinaires ne suffisent pas au roi ; ce qu’il veut, c’est une parole de vérité ; celui qui pourra lui raconter le songe, montrera par ce moyen, qu’il est aussi capable d’en donner l’interprétation. De grands honneurs seront sa récompense, sinon, un jugement inexorable les atteint tous : un décret rigoureux les condamne tous à la peine de mort. Grand émoi parmi tous ces sages : toute leur sagesse est venue à néant, et ils doivent avouer que Dieu seul peut révéler un tel secret ; mais, hélas ! ce Dieu n’habite pas avec eux et ils ne le connaissent pas. Pauvres ignorants que ceux qui sont sages sans Dieu. Comme leur folie, tôt ou tard, est rendue manifeste !

Mais le Dieu inconnu des sages, est un Dieu qui se révèle à l’humble disciple qui se confie en lui : Il entend les prières de ceux qui Le craignent et qui Lui obéissent. Daniel et ses compagnons, qui n’étaient que de pauvres captifs dans une terre étrangère, implorent le Dieu des cieux. Heureux ceux qui L’invoquent au jour de la détresse. Ce. Dieu qui avait envoyé le songe à Nebucadnetsar – par le moyen d’un songe aussi envoie la réponse à son fidèle serviteur. Son secret est pour ceux qui Le craignent. Daniel peut se présenter devant le roi et lui dire le songe, et lui en faire connaître l’interprétation par une parole de vérité. Nebucadnetsar, malgré toute sa grandeur, tombe sur sa face et se prosterne devant le serviteur du Dieu vivant. Où sont les sages ?

Le grand arbre de Nebucadnetsar

Lisez encore, cher lecteur, le récit que le roi Nebucadnetsar fit d’un autre songe : il s’adresse à tous les hommes (Dan. 4).

« Nebucadnetsar, le roi, à tous les peuples, peuplades et langues, qui habitent sur toute la terre : que votre paix soit multipliée. Il m’a semblé bon de faire connaître les signes et les prodiges que le Dieu Très-haut a opérés à mon égard. Ses signes, combien ils sont grands ! Et ses prodiges, combien ils sont puissants ! Son royaume est un royaume éternel, et sa domination est de génération en génération. Moi, Nebucadnetsar, j’étais en paix dans ma maison, et florissant dans mon palais. Je vis un songe, et il m’effraya, et les pensées que j’avais sur mon lit, et les visions de ma tête, me troublèrent… Or, les visions de ma tête sur mon lit, étaient celles-ci : je voyais, et voici, un arbre au milieu de la terre, et sa hauteur était grande. L’arbre crût et devint fort ; et sa hauteur atteignit jusqu’aux cieux, et on le voyait jusqu’au bout de toute la terre. Son feuillage était beau et son fruit abondant, et en lui, il y avait de la nourriture pour tous ; sous son ombre se tenaient les bêtes des champs, et dans ses branches habitaient les oiseaux des cieux ; et de lui toute chair se nourrissait. Je voyais, dans les visions de ma tête, sur mon lit, et voici un veillant, un saint, descendit des cieux. Il cria avec force, et dit ainsi : abattez l’arbre et coupez ses branches, faites tomber son feuillage et dispersez son fruit ; que les bêtes s’enfuient de dessous lui, et les oiseaux de ses branches. Toutefois, laissez dans la terre le tronc de ses racines, avec un lien de fer et d’airain autour de lui, dans l’herbe des champs ; et qu’il soit baigné de la rosée des cieux, et qu’il ait, avec les bêtes, sa part à l’herbe de la terre ; que son cœur d’homme soit changé, et qu’un cœur de bête lui soit donné; et que sept temps passent sur lui. Cette sentence est par le décret des veillants, et la chose, par la parole des saints, afin que les vivants sachent que le Très-haut domine sur le royaume des hommes, et qu’il le donne à qui il veut, et y élève le plus vil des hommes. Ce songe, moi, le roi Nebucadnetsar, je l’ai vu ».

Songe effrayant ; le roi en fut troublé. Daniel, lui aussi, en fut stupéfié pendant une heure environ, et ses pensées se troublèrent. L’interprétation qu’il allait donner était bien de nature à produire un tel effet sur tous ceux qui entendaient ces choses. Ce grand arbre était Nebucadnetsar lui-même. Il était grand dans son élévation, dans sa puissance, mais aussi dans son orgueil. Toute cette grandeur allait disparaître sous la puissante main de Dieu. Par ce songe, il lui fait savoir ce qui va lui arriver. Toute sa splendeur va lui être enlevée, et il va être abaissé au niveau des bêtes des champs, et chassé du milieu des hommes, il mangera de l’herbe, comme les bœufs, lui, le grand roi qui se glorifiait de la puissance de sa force et de la grandeur de sa magnificence. Il fut baigné de la rosée des cieux, jusqu’à ce que ses cheveux fussent devenus longs comme les plumes du gypaète, et ses ongles, comme ceux des oiseaux… Tous les peuples doivent l’entendre : le Dieu Très-haut est puissant pour abaisser ceux qui marchent avec orgueil.

La vision de Belshatsar

Le roi Belshatsar fit un grand festin à mille de ses grands, et il but du vin devant les mille. Dans ce festin le roi montra toute l’iniquité qui remplissait son cœur – iniquité qui revêtait un caractère particulièrement odieux d’insolence contre le seul vrai Dieu. Pendant ce festin, il loue les dieux d’or, d’argent, d’airain, de fer, de bois et de pierre ; des choses inanimées qui ne voient, ni n’entendent ; qui ne peuvent délivrer et ne sont d’aucun secours. Où la folie d’un homme peut-elle le conduire lorsqu’il est aveuglé par son orgueil ! Non content de cela, il envoie chercher les vases sacrés du temple de l’Éternel, vases que Nebucadnetsar avait fait transporter de Jérusalem à Babylone, et il y boit du vin, lui et ses grands, ses femmes et ses concubines ; se moquant ainsi de l’Éternel et insultant par ce fait le Dieu des cieux et de la terre qui lui avait donné le royaume.

Pourtant ce Dieu tenait son souffle dans sa main, et bientôt Il allait le lui retirer. On ne se moque pas de Dieu, et ce qu’un homme sème, il le moissonne aussi. En ce même moment les doigts d’une main d’homme sortirent et écrivirent, vis-à-vis du chandelier, sur le plâtre de la muraille du palais du roi ; et le roi vit l’extrémité de la main qui écrivait. Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent ; et les liens de ses reins se détachèrent, et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre. Quatre mots seulement étaient tracés sur la muraille : Mené, Mené, Thekel, Upharsin. Quelle était donc cette main mystérieuse ? Que voulaient dire ces mots tracés sur la muraille ?

On fit venir tous les sages de Babylone, mais les voici dans l’impossibilité même de lire l’écriture, et bien plus encore, d’en donner l’interprétation ; tous sont bouleversés, les forts, les grands, les sages ; leur incapacité, leur impuissance sont manifestes pour pénétrer dans le mystère qui est là, sous leurs yeux. Avec tout cela, leur mauvaise conscience leur crie bien haut que ces quatre mots ne leur annoncent rien de bon. Il en est toujours de même lorsque le pécheur se trouve en présence d’une manifestation de la puissance de Dieu : il a peur.

Dieu permet que son serviteur Daniel vienne pour lire l’écriture et en donner l’interprétation. Hélas ! Il n’a rien de favorable à annoncer, seulement un jugement prononcé qui ne laissait même pas lieu à la repentance. Tout était perdu pour ceux qui s’étaient moqué de Dieu. Dieu avait compté toute chose, il avait pesé leurs actions, le royaume allait passer en d’autres mains. Et cette nuit même, Belshatsar s’en fut vers le roi des épouvantements, faire son entrée à toujours dans le lieu où même une goutte d’eau froide est refusée. Une nuit d’orgie, une éternité de malheur !

Les songes de l’échanson et du panetier (Gen. 40)

Les songes de ces deux serviteurs infidèles du Pharaon nous présentent une image frappante de la condition morale de tous les hommes devant Dieu, et une illustration des vérités de l’Évangile. Dans la scène que l’Esprit de Dieu ouvre devant nous dans ce chapitre, nous trouvons ces deux hommes dans la prison, attendant anxieusement la sentence que le roi allait prononcer à leur égard en punition de leurs fautes.

N’est-ce pas là Le tableau de l’état de la race humaine tout entière dont la condamnation a été déclarée par la Parole divine à cause de sa désobéissance ? Car il n’y pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu (Rom. 3. 23). Ainsi toute bouche est fermée et tout le monde est coupable devant Dieu (v. 19).

Considérons un peu les songes de ces deux hommes. L’échanson vit un cep et sur ce cep trois sarments… Ses grappes produisirent des raisins mûrs… « et je pris les raisins et les pressai dans la coupe du Pharaon et je mis la coupe dans la main du Pharaon » (Gen. 41. 9 à 11). Le vin versé dans la coupe du roi nous rappelle le fruit du vrai Cep dans lequel Dieu trouve ses délices, tandis que la vigne d’Israël n’avait produit que des raisins sauvages et avait dû être arrachée (És. 5).

La coupe que le Seigneur institue et donne à ses disciples la nuit qu’Il fut livré est la communion de son sang versé pour la rémission de nos fautes. En instituant ce précieux mémorial de ses souffrances et de sa mort expiatoire, notre adorable Sauveur ajoute ces paroles : « Faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi » (1 Cor. 11. 25).

Ainsi, nous avons, chez l’échanson, une figure de ceux que Dieu amène à la jouissance du pardon de leurs fautes, non en vertu de quelque mérite qu’Il ait trouvé en eux, mais à cause de l’excellence d’une œuvre de rédemption accomplie en leur faveur par la sainte Victime, en laquelle Dieu a trouvé la réponse aux exigences de sa gloire. De même que l’échanson fut rétabli, le troisième jour, dans la faveur du Pharaon, de même, sur le terrain de la résurrection (dont le troisième jour est l’image), le croyant est délivré de la condamnation qui pesait sur lui, en vertu de l’œuvre de Christ ; il jouit de la paix avec Dieu et de sa faveur par la foi en cette œuvre et se glorifie dans l’espérance de sa gloire.

L’échanson rappelle ses fautes devant le roi (Gen. 41. 9). Il ne s’appuie sur aucun mérite personnel et ne doit son salut qu’à la miséricorde du souverain. Compagnon de Joseph, dans la prison où ce dernier avait été jeté à la suite des accusations mensongères d’une méchante femme, il ressemble à celui qui était cloué sur une croix à côté de la sainte Victime et qui pouvait dire : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 41).

Objet de grâce, il échappe à la condamnation qu’il avait méritée et son histoire nous enseigne la vérité que nous trouvons exprimée, de diverses manières, dans toutes les pages de l’Écriture et qui sera le thème de la louange éternelle des rachetés. Nous ne voulons cependant pas dire qu’il y eût, chez l’échanson, une œuvre divine, lui permettant de comprendre et d’apprécier la grâce de Dieu envers lui, mais plutôt que le récit fait ressortir la leçon typique que nous présentent son songe et sa délivrance.

Le cas du panetier est bien différent ; c’est une image solennelle du jugement qui attend les propres justes. Il vit dans son songe trois corbeilles de pain blanc sur sa tête… Et dans la corbeille la plus élevée, il y avait toutes sortes de mets pour le Pharaon, d’ouvrage de paneterie (v. 7). C’est l’image d’une vie de propre justice, remplie des œuvres de l’homme, que celui-ci présente à Dieu, dans son aveuglement, pour être agréé de Lui. C’est ainsi que fit Caïn, qui offrit des fruits d’une terre maudite, sans se souvenir du jugement qui pesait sur lui.

La corbeille la plus élevée, remplie d’ouvrage de paneterie est celle sur laquelle s’abattent les oiseaux, image du jugement qui atteindra les œuvres de la chair, apparemment les plus belles et les plus propres à être présentées au souverain. Le jugement que Dieu prononce sur toute l’activité religieuse de l’homme dans la chair est abondamment exprimé dans la Parole : « Je ne puis supporter l’iniquité et la fête solennelle. Vos nouvelles lunes et vos assemblées, mon âme les hait, elles me sont à charge, je suis las de les supporter. Vos mains sont pleines de sang (És. 1. 14 et 15).

Il est inutile à l’homme de venir, en la présence du Dieu saint, avec le fruit de son propre travail, en faisant un vain étalage de l’ouvrage de ses mains, tout en méprisant et en rejetant la grâce qui lui apporte le salut dans le Christ Jésus. C’était ce que faisaient les chefs de la nation juive, tout en haïssant le Seigneur et en se préparant à Le mettre à mort. Sept fois le Seigneur rejeté prononce sur eux un solennel : « Malheur à vous ! » (Mat. 23)

Le panetier nous rappelle le malfaiteur impénitent qui, cloué comme son compagnon à côté de l’Homme obéissant, ne pensait qu’à échapper à son sort sans aucune repentance, ni aucun sentiment du jugement de Dieu qui allait l’atteindre à cause de ses crimes. Tous deux furent atteints par la main du juste Juge, comme le seront tous ceux qui s’avancent avec insouciance et dans une vaine confiance en leurs propres mérites, à la rencontre de la colère du Dieu saint : « Méprises-tu les richesses de sa bonté et de sa patience et de sa longue attente, ne connaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? » (Rom. 2. 4)

Joseph, ayant été jeté en prison, pouvait faire connaître à ses compagnons de captivité le chemin de la vie et celui de la mort. S’il n’avait pas été plongé dans les eaux de l’affliction, il n’aurait pu interpréter leurs songes. Il en fut de même du précieux Sauveur dont il était le faible type. Il descendit dans la sombre vallée de la mort afin d’ouvrir devant nous le sentier de la vie et du salut. Il nous dit maintenant à tous : « qui croit au Fils a la vie éternelle, mais celui qui désobéi au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).

Les quatre grandes bêtes du prophète Daniel

La vision dont nous allons nous occuper se trouve dans le chapitre 7 du livre du prophète Daniel. Le récit en est trop long pour que nous puissions le transcrire ici en entier. Nous engageons vivement nos lecteurs à le lire : le temps consacré à la lecture de la Parole de Dieu n’est jamais perdu.

Cette vision est effrayante. Daniel, lui-même en fut troublé et sa couleur fut changée en lui. Il y a bien de quoi trembler : des ténèbres, les quatre vents des cieux déchaînés, la mer en furie, les nuées des cieux, quatre grandes bêtes effrayantes à voir, un trône de feu, un fleuve de feu, l’Ancien des jours dans sa majesté, le jugement, les livres ouverts et d’autres choses semblables, sont bien de nature à faire frémir même les hommes les plus forts et les plus vaillants.

Daniel était un fidèle prophète de l’Éternel qui, par le moyen de cette vision, lui a révélé les grandes lignes de l’histoire des quatre grandes monarchies auxquelles Il a donné l’autorité sur la terre prophétique pendant le temps où Israël est laissé de côté à cause de ses péchés. Pourquoi si peu de personnes s’intéressent-elles à la prophétie ? Négliger la recherche des révélations que Dieu a bien voulu nous faire, c’est se rendre coupable d’indifférence, et s’exposer à rencontrer le jugement qui va être exécuté sur le monde.

Les événements actuels devraient, semble-t-il, éveiller en nous le désir d’en savoir davantage sur ce qui va arriver. Car Dieu n’a rien caché et ceux qui cherchent trouveront. Sa parole prophétique n’est-elle pas comme une lampe qui éclaire dans un lieu obscur ?

Dans la vision qui nous occupe, Dieu nous dépeint, sous la forme de quatre bêtes féroces, les quatre monarchies dont nous avons parlé plus haut. Elles sortent de la mer en furie. La mer représente souvent les peuples dans leur agitation.

La première de ces bêtes était comme un lion, caractérisant la noblesse et l’énergie ; elle avait des ailes d’aigle, symbolisant la rapidité de ses conquêtes. C’est l’empire de Babylone. C’est cet empire qui a détruit Jérusalem et a emmené le peuple juif en captivité.

La seconde de ces bêtes, semblable à un ours, dévorait beaucoup de chair. De stature plus lourde que la première, elle était aussi plus féroce, mais n’en n’avait ni l’énergie, ni le vol rapide. C’est l’empire Médo-Perse qui a succédé à l’empire babylonien.

La troisième bête, semblable au léopard agile, avait quatre ailes sur le dos. Elle semblait voler plutôt que marcher ; elle avait quatre têtes. Lorsqu’on a compris ce que représentent les deux premières bêtes, il n’est pas difficile de discerner, dans la troisième, l’empire d’Alexandre le Grand et ses rapides conquêtes – empire qui, à sa mort, a été partagé entre les quatre généraux.

La quatrième bête, qui occupe la plus grande place dans notre récit, est particulièrement effrayante. Il n’y a pas, sur la terre, d’animal assez féroce pour la représenter. Excessivement forte, elle dévorait et écrasait et, ce qui restait, elle le foulait avec ses pieds. Tout ce qui peut caractériser la méchanceté de l’homme, sa voracité, son orgueil, sa hardiesse, son intelligence pour faire le mal semble être concentré dans cette bête. C’est l’empire romain qui nous est ainsi dépeint, surtout dans sa dernière forme encore à venir.

Toutes ces monarchies ont eu un instant de puissance et de gloire. Mais comme tout passe ici-bas ! La mort arrive et il ne reste que le jugement – souvent, pour son malheur, l’homme l’oublie. Après ces bêtes, le prophète voit un trône qui est dressé ; un trône de jugement : il est de flammes de feu, ses roues sont un feu brûlant, et devant lui coule un fleuve de feu. Qui pourrait subsister devant ce trône ? L’Ancien des jours y est assis : Lui seul demeure éternellement. Que les rois de la terre sont petits devant Lui, et que leur règne est éphémère devant Celui qui vit aux siècles des siècles ! Les livres sont ouverts : toutes choses, même les plus cachées, sont mises au grand jour et estimées à leur juste valeur. En ce jour-là, les saints posséderont le royaume, un royaume éternel.

La vision du bélier et du bouc

Le nom du Dieu de l’Évangile est merveilleux. Sa gloire se montre dans toutes ses œuvres et dans toutes ses paroles. Heureux ceux qui ont des yeux pour contempler ses merveilles et des oreilles pour écouter sa voix. Il conduit les astres dans l’espace et Il donne la vie à un moucheron. Dans un court chapitre de son livre, il nous raconte la création des cieux et de la terre et, par l’image d’un simple animal, il dépeint un empire avant sa formation, mieux que ne pourront le faire les chroniqueurs, lorsque son histoire sera terminée.

Nous venons de voir quatre animaux qui dépeignent, par leurs caractères respectifs, celui des grandes puissances auxquelles Dieu a donné, sur la terre, l’autorité qu’Il ôta à son peuple Israël.

Dans le chapitre 8 du livre du prophète Daniel dont nous allons nous occuper, nous trouvons la vision que vit le prophète, de deux autres animaux symboliques, bien différents des quatre premiers. D’abord parut un bélier ayant deux cornes, l’une plus haute que l’autre – la plus haute s’éleva la dernière. Ce bélier heurtait vers l’occident, vers le nord et vers le midi. Il était doué d’une telle puissance qu’aucune bête ne pouvait tenir devant lui et qu’il n’y avait personne qui puisse délivrer de sa main ; il agit selon son gré et devint grand. Dans les Écritures, les cornes sont le symbole de la puissance, et celles de cet animal étaient hautes ; mais la puissance de l’homme est de courte durée.

Ensuite survint un bouc, à la marche si rapide qu’il ne touchait pas la terre. Il s’approcha du bélier et s’exaspéra contre lui. Ce bouc n’avait qu’une seule corne, entre les yeux ; mais cette corne était de grande apparence. Il frappa le bélier et brisa ses cornes, et le bélier fut sans force pour tenir devant lui ; il le jeta à terre et le foula aux pieds, et il n’y eut personne qui put délivrer le bélier de sa main. Le bouc devint grand et lorsqu’il fut devenu fort, sa grande corne fut brisée. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails historiques, mais nous voulons simplement faire remarquer que, dans le bélier, nous avons une figure de l’empire des Mèdes et des Perses, et dans le bouc, une figure de celui d’Alexandre.

L’histoire rapporte qu’Alexandre, jeune encore, mourut brusquement, et que son empire passa à quatre de ses généraux : ce sont les quatre cornes de grande apparence. De l’une d’elles, sortit une petite corne, et elle grandit extrêmement vers le midi et le levant, et vers le pays de beauté (la terre d’Israël) ; mais cette petite corne, un roi au visage audacieux, fut brisée sans main : le souffle de l’Éternel passe sur elle, et, comme les autres, elle disparaît. Les cornes, les grandes cornes sont brisées ! En fait, l’homme puissant ne vaut pas mieux que l’éphémère qui voltige, un instant, sur la surface des eaux. Leurs jours sont comptés et, du soir au matin, ils disparaissent.

Les chevaux du prophète Zacharie

Dans les six premiers chapitres de son livre, le prophète Zacharie nous raconte huit visions qu’il a eues pendant la nuit – visions qu’il ne comprenait pas lui-même ; les ténèbres environnaient son âme aussi bien que son corps. Souvent il nous arrive, à nous aussi, de ne pas comprendre les choses que Dieu nous dit. Aussi nous en perdons le profit, parce que nous ne sommes pas aussi sages que Zacharie, le prophète.

Lorsqu’il ne comprenait pas, il demandait. Sans cesse, dans son livre, nous trouvons des questions telles que celles-ci : « Que sont ceux-ci ? Que viennent-ils faire ? Que sont ces choses ? » De même, il n’avait pas honte de confesser son ignorance, et lorsque le messager céleste qui parlait avec lui, disait : « Ne sais-tu pas quelles sont ces choses ? » En toute humilité, il répondait : « Non, mon Seigneur ». La foi a de précieux secrets qui lui permettent d’entrer dans la connaissance des choses profondes de Dieu : celui qui demande reçoit, et Dieu donne la grâce aux humbles.

Autre remarque, le prophète Zacharie lève sans cesse les yeux : « Et je levai les yeux, et je regardai; et de nouveau, je levai les yeux », lisons-nous dans son livre. Il avait bien compris ce qu’un poète a exprimé en ces termes : « C’est d’en-haut que vient la lumière » – vérité que la Parole nous enseigne du commencement à la fin. Il savait qu’en regardant vers la terre, il n’y découvrirait que ténèbres et confusion. Nous aussi, levons en haut les yeux et nous serons illuminés, et nos faces ne seront pas confuses ; nous retirerons ainsi un vrai profit en lisant les visions du prophète Zacharie.

La première de ces visions évoque à nos yeux une scène dont la partie principale, le fond du sujet, est un homme monté sur un cheval roux qui se tient au milieu des myrtes. Cet homme est l’Ange de l’Éternel Lui-même. Ce nom est toujours donné, dans l’Ancien Testament, au représentant symbolique de Christ avant sa manifestation en chair.

Après Lui, sont des chevaux de diverses couleurs. « Que sont ceux-ci ? » dit le prophète. Son ignorance ne le décourage pas. – Ce sont ceux que l’Éternel a envoyés pour se promener par la terre. Ils avaient reçu une mission de la part de l’Éternel, mais comment s’en étaient-ils acquittés ? Se trouvant devant le Seigneur, ils doivent Lui rendre compte de ce qu’ils ont fait. Hélas ! Au lieu de faire le bien, ils avaient aidé au mal ; et avec cela, ils pensaient que tout allait pour le mieux : à leurs yeux, toute la terre était en repos et tranquille. Ils s’attirent ainsi le courroux de l’Ange de l’Éternel, et sa colère allait fondre sur eux.

Ici, comme dans toutes les pages du saint Livre, Dieu nous parle pour notre profit ; Il veut nous instruire. Qui que nous soyons : grands ou petits, que nous allions à pied ou que nous soyons montés sur des chevaux comme les personnages de notre récit, nous aurons, un jour ou l’autre, à rendre compte de ce que nous aurons fait. En ce jour-là, entendrons-nous la voix du courroux de Dieu, d’un Dieu que nous aurons offensé ? Ou sera-ce la voix du Maître qui dira : « Cela va bien, bon et fidèle esclave ?

La vision des quatre cornes

Le récit de la seconde vision du prophète Zacharie, à la fin du premier chapitre de son livre, est si court que nous pouvons la donner ici, en entier ! « Et je levai les yeux et regardai ; et voici quatre cornes. Et je dis à l’ange qui parlait avec moi : que sont celles-ci ? Et il me dit : ce sont ici les cornes qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem. Et l’Éternel me fit voir quatre ouvriers. Et je dis : que viennent faire ceux-ci ? Et il parla, disant : ce sont là les cornes qui ont dispersé Juda, de manière que personne ne levait la tête ; mais ceux-ci sont venus pour les effrayer, pour jeter loin les cornes des nations qui ont levé la corne contre le pays de Juda pour le disperser ».

Nous avons déjà fait remarquer, à propos des visions du prophète Daniel, que les cornes sont le symbole de la puissance. Les quatre cornes que nous trouvons ici représentent donc la puissance des quatre empires si souvent mentionnés par les prophètes, et qui ont dominé sur la terre d’Israël. C’est leur force brutale qui s’est montrée dans la dure oppression qu’ils ont exercée sur le peuple de Dieu ; sans aucun ménagement, ils ont assujetti, dispersé, de telle manière que nul d’entre le peuple n’osait lever la tête.

Mais Dieu est le Dieu des délivrances ; Il a les yeux sur les opprimés ; Il a, dans sa main, des instruments, des ouvriers, comme ils sont appelés ici, pour accomplir son œuvre de salut. Serions-nous comme entourés par les cornes des buffles, environnés d’ennemis puissants ; Satan et tous ses agents seraient-ils unis en bataille contre nous, n’oublions pas que notre Dieu est puissant : Il combat pour les siens, Il entend ceux qui crient à Lui. Il a détruit, dispersé, anéanti les quatre grandes cornes ; pour Lui, détruire un empire est une chose plus facile que pour un charpentier de scier une corne.

La vision de l’homme au cordeau à mesurer

La troisième vision du prophète Zacharie se trouve au chapitre 2 de son livre. Elle est aussi simple que la seconde. Mais, dans l’une comme dans l’autre, il est nécessaire d’avoir la lumière et le secours divins pour les comprendre : « Et je levai les yeux, et je regardai ; et voici un homme, et dans sa main un cordeau à mesurer. Et je dis : où vas-tu ? Et il me dit : je vais pour mesurer Jérusalem, pour voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur ».

Au moment où le prophète avait sa vision, Jérusalem était dévastée depuis plus de soixante-dix années ; quelques personnes pieuses étaient remontées de Babylone, avaient rebâti l’autel de l’Éternel sur son emplacement et avaient posé les fondements du temple ; mais la ville était encore en ruines ; murailles et remparts menaient deuil, ils languissaient ensemble, nous dit le prophète Jérémie dans le sublime langage de ses lamentations ; ses portes étaient enfoncées dans la terre, ses barres étaient brisées et une grande partie du peuple se trouvait encore en captivité parmi les nations ennemies.

Tout est perdu, ce n’est que de l’orgueil et de la présomption que de vouloir relever ces ruines, pouvait dire l’incrédulité. Rien n’est perdu, tout est assuré, pouvait répondre l’humble fidèle qui se confiait dans les promesses de Dieu qui ne peut changer.

C’est dans ce moment même que l’Éternel vient encourager ces pauvres bâtisseurs par le moyen de la vision du prophète : la ville était donc dévastée. Elle sera de nouveau bâtie, et sur quelle étendue ! Il faudra le cordeau d’un ange pour en prendre les dimensions ! Le peuple était dispersé aux quatre vents des cieux « Ho, ho ! », c’est l’Éternel lui-même qui l’appelle et le rassemble : « Fuyez de Babylone et du milieu de nations où vous êtes dispersés ; Jérusalem sera encore habitée ; une multitude d’hommes et même de bétail sera encore en elle ».

Ils étaient dans le deuil et pleuraient : « Exulte, dit l’Éternel, et réjouis-toi, fille de Sion, car voici, je viens, et, je demeurerai au milieu de toi ». Ils étaient dans l’humiliation : « Je serai ta gloire au milieu de toi », leur crie encore l’Éternel. Et cette pauvre muraille ruinée de toutes parts, hélas ! Comment pourrait-elle protéger le peuple contre les attaques de leurs ennemis ? « Moi, l’Éternel, je serai pour elle une muraille de feu tout autour ». C’est Lui qui protège ceux qui se confient en Lui. Quand Dieu parle, toute chair fait silence devant Lui, Il accomplit tout ce qui plaît à sa bonté. Heureux ceux qui se confient en Lui !

La vision du grand sacrificateur

Le troisième chapitre du prophète Zacharie nous donne le récit de sa quatrième vision. De nouveau, il voit l’Ange de l’Éternel, mais cette fois, c’est le grand sacrificateur Joshua qui se tient devant lui. Malgré la haute position qu’il occupe dans le sanctuaire de l’Éternel, il doit, tout aussi bien que les chefs des grands empires, rendre compte de ses actes ; personne ne peut échapper au jugement de Celui que Dieu a établi juge des vivants et des morts. Comment subsister devant le Dieu saint, car les vêtements de Joshua sont sales ? Avec tout cela, un accusateur redoutable, Satan lui-même, vient s’opposer à lui.

Dans ce récit, nous avons, de fait, l’histoire de tous les hommes : tous sont coupables et, de mille manières, ils ont fourni à l’ennemi l’occasion de les accuser. Que répondre ? Comment se justifier ? Pas plus que Joshua, nous ne le pouvons. Ses vêtements sales témoignaient contre lui, et nos fautes crient contre nous-mêmes. Le Dieu saint va-t-il nous jeter dans le feu éternel comme nous ne l’avons que trop mérité ? Satan voudrait bien qu’il en soit ainsi et que nous soyons précipités dans le malheur avec lui. N’y a-t-il personne qui vienne plaider pour le coupable, personne qui puisse le délivrer ?

Merveilleuse grâce, c’est le Dieu même qui a été offensé qui va prendre en mains la cause de celui qu’Il devrait condamner ; c’est Lui qui va fermer la bouche à l’accusateur : « Que l’Eternel te tance, Satan ». L’ennemi est confus, le coupable est délivré; c’est Dieu lui-même qui le justifie. Qui donc pourrait le condamner ? « J’ai fait passer de dessus toi ton iniquité ; ôtez de dessus lui ses vêtements sales… je te revêts d’habits de fête ». C’est Dieu qui a tout fait pour lui. Il glorifie sa miséricorde envers des pécheurs. Un tison a été sauvé du feu et personne ne pourra l’y jeter de nouveau. Bienheureux qui a cru ces choses !

La vision du chandelier et des deux oliviers (Zach. 4)

« Et l’ange qui parlait avec moi revint et me réveilla comme un homme qu’on réveille de son sommeil. Et il me dit : Que vois-tu ? Et je dis : je vois, et voici un chandelier tout d’or, et une coupe à son sommet ; et ses sept lampes sur lui ; sept lampes et sept conduits pour les lampes qui sont à son sommet, et deux oliviers auprès de lui, l’un à la droite de la coupe, et l’autre à sa gauche.

Et je pris la parole et dis à l’ange qui parlait avec mot, disant : que sont ces choses, mon Seigneur ? Et l’ange qui parlait avec moi répondit et me dit : ne sais-tu pas ce que sont ces choses ? Et je dis : non, mon Seigneur. Et il répondit et me parla, disant : c’est ici la parole de l’Éternel à Zorobabel, disant : ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Éternel des armées. Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel ? Tu deviendras une plaine : et il fera sortir la pierre du faite avec des acclamations : grâce, grâce sur elle !

Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : les mains de Zorobabel ont fondé cette maison, et ses mains l’achèveront ; et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé vers vous. Car qui a méprisé le jour des petites choses ? Ils se réjouiront, ces sept-là, et verront le plomb dans la main de Zorobabel : ce sont là les yeux de l’Éternel qui parcourent toute la terre.

Et je répondis et lui dis : que sont ces deux oliviers, à la droite du chandelier, et à sa gauche ? Et je répondis une seconde fois et lui dis : que sont les branches des oliviers qui, à côté des deux conduits d’or, déversent l’or d’elles-mêmes ? Et il me parla, disant : ne sais-tu pas ce qu’elles sont ? Et je dis : non, mon Seigneur. Et il dit : ce sont les deux fils de l’huile, qui se tiennent auprès du Seigneur de toute la terre ».

Nous avons trouvé bon de transcrire ici, en entier, la cinquième vision du prophète Zacharie ; elle vaut la peine d’être lue, relue et méditée. Elle semble être la plus merveilleuse des huit visions du prophète ; elle est aussi la plus difficile à comprendre. Lui-même confesse plusieurs fois son ignorance et son incapacité à comprendre le tableau que le Saint Esprit plaçait devant ses yeux. Ne sais-tu pas ce que sont ces choses ? lui dit le messager céleste qui parlait avec lui. Non, mon Seigneur, répond-il.

Notre ignorance est-elle une raison pour que nous nous découragions et que nous négligions ces choses que Dieu nous a données ? Pour l’incrédule ou le paresseux peut-être, mais non pas pour la foi. Elle regarde en haut, elle demande, elle sait que Dieu nous parle pour notre profit, que la gloire de Dieu est de cacher une chose et que la gloire du roi est de sonder une chose.

Tout d’abord, l’ange qui parlait au prophète doit le réveiller comme un homme qu’on réveille de son sommeil. Souvent il nous arrive de dormir même en présence des choses les plus merveilleuses et dans les moments les plus solennels. Les trois disciples, sur la montagne de la transfiguration, dormaient en présence de la gloire magnifique ; ils dormaient encore dans le jardin de Gethsémané, lorsque le Seigneur était dans l’angoisse du combat. Jonas, le prophète, dormait profondément lorsque le navire, sur lequel il était monté, menaçait d’être englouti dans les eaux de la mer en furie, à cause de la désobéissance du prophète. Bien des coupables dorment lorsque la mort et le jugement sont près de les atteindre. Zacharie, lui-même, dormait, et si l’ange ne l’avait réveillé, il n’aurait pu contempler la merveilleuse vision de laquelle nous nous occupons.

L’objet principal de la scène qu’il est admis à contempler est un chandelier d’or et ses sept lampes sur lui. Il est à peine nécessaire de dire que ce chandelier avec sa plénitude de lumière symbolise Christ. Lui est la lumière du monde ; quiconque croit en lui ne demeure pas dans les ténèbres et celui qui le suit aura la lumière de la vie. La scène que nous contemplons nous fait penser au passage bien solennel que nous lisons dans l’épître aux Éphésiens chapitre 5. 14 : « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi ».

Zacharie, une fois réveillé, contemplait le chandelier, et les sept lampes brillaient sur lui de tout leur éclat. À l’examen, ce chandelier est merveilleux. Il est tout d’or, le métal le plus précieux et qui est le symbole de la justice divine. En lui, rien ne manque. Deux oliviers fournissent sans cesse l’huile qui remplit la coupe d’or placée à son sommet ; les sept conduits d’or alimentent les sept lampes qui brillent au milieu des ténèbres enveloppant les mortels.

« Par devers Toi est la source de la vie, en ta lumière nous verrons la lumière », dit le psalmiste. Lorsque nous voulons nous approcher de Christ, l’ennemi de nos âmes met sur notre chemin des obstacles pour nous empêcher d’aller nous réjouir à sa lumière ; ces obstacles semblent aussi infranchissables que de grandes montagnes, mais devant celui qui croit Dieu, ils deviennent comme des plaines unies. Il n’est nécessaire ni de force, ni de puissance. Au reste, quelle force avons-nous ?

Mais, par la puissance de l’Esprit de Dieu qui a créé les mondes, nous sommes délivrés de la puissance des ténèbres et amenés dans sa merveilleuse lumière. C’est Lui qui commence l’œuvre et c’est Lui qui l’achève. C’est Lui qui a posé la pierre de fondement d’un glorieux édifice et c’est Lui qui posera la pierre du faîte, et cela au milieu des acclamations : « Grâce, grâce sur elle ! » Le Seigneur de toute la terre se glorifie en faisant briller toute l’étendue de sa grâce.

La vision du rouleau qui volait (Zach. 5. 1 à 3)

Les visions du prophète Zacharie dont nous nous sommes occupés précédemment portaient un caractère de grâce bien manifeste. Nous avons pu y constater la grâce d’un Dieu qui vient consoler son peuple opprimé, le délivrer, lui faire des promesses, justifier un coupable, réveiller un pauvre dormeur, et faire briller, sur lui, la lumière divine. La vision que nous allons étudier maintenant porte, par contre, un caractère de jugement.

De nouveau, le prophète lève les yeux. C’est bien là, le vrai moyen d’être instruit dans les pensées de Dieu. Il voit un rouleau qui volait. Ce rouleau est long de vingt coudées et large de dix coudées. L’ange lui dit : « C’est la malédiction qui sort sur la face de toute la terre ». Cette malédiction atteindra nécessairement tous ceux qui n’auront pas accepté la grâce de Dieu. Elle est inévitable, puisqu’elle sort sur la face de toute la terre. Prendre les ailes de l’aube du jour et aller se cacher au haut de la terre ne servirait de rien car, là encore, la main puissante de Dieu y saisirait le coupable.

Ce rouleau était écrit sur ses deux côtés : de l’un étaient les sentences contre ceux qui ont causé du tort à leurs semblables : les voleurs. De l’autre, étaient les sentences contre ceux qui ont offensé le Dieu saint : ceux qui jurent faussement par son nom, ceux qui pensent pouvoir associer Dieu au mal. Ce sont là les deux grands caractères du mal : ces offenses envers nos semblables et celles envers Dieu, le Dieu saint. Cette malédiction doit être effrayante, à en en juger par les dimensions extraordinairement grandes de ce rouleau ; et avec quelle rapidité elle vient sur les coupables : elle vole ! Elle va se loger dans la maison du pécheur et tout y consumer de telle façon qu’il n’y restera rien, ni bois, ni pierre. Malheur à ceux qu’elle atteindra !

La vision de la femme assise au milieu de l’épha (Zach. 5. 5 à 11)

« Et l’ange qui parlait avec moi sortit et me dit : « Lève tes yeux et regarde ; qu’est-ce qui sort là ? » Et je dis : « Qu’est-ce ? » Et il dit : « C’est l’épha qui sort ». Et il dit : « C’est ici leur aspect dans toute la terre ». Et voici, un disque de plomb fut soulevé : et il y avait là une femme assise au milieu de l’épha. Et il dit : « C’est la méchanceté ». Et il la jeta au milieu de l’épha, et il jeta le poids de plomb sur l’ouverture. Et je levai mes yeux, et je vis ; et voici, deux femmes sortirent, et le vent était dans leurs ailes, et elles avaient des ailes comme des ailes de cigogne, et elles soulevèrent l’épha entre la terre et les cieux. Et je dis à l’ange qui parlait avec moi : « Où celles-ci emportent-elles l’épha ? » Et il me dit : « Pour lui bâtir une maison dans le pays de Shinhar ; et là elle sera fixée et posée sur sa base ».

Nous avons ici la septième vision du prophète Zacharie. Elle peut paraître compliquée et difficile à comprendre. Toutefois, souvenons-nous que, nous aussi, nous pouvons lever les yeux, et Celui qui demeure en haut nous fera entrer, non dans les choses qui pourraient satisfaire notre curiosité, mais dans celles qui seront profitables à nos âmes et qui répondront à leurs besoins. Tout est infini dans les visions du prophète Zacharie comme, du reste, dans toute la Parole de Dieu. Nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie ; bientôt, ce qui est en partie aura sa fin.

Le sujet principal de toute cette vision est représenté par une femme appelée méchanceté. Généralement, dans les Écritures, une femme est un symbole représentant un principe moral ou religieux, soit bon, soit mauvais. Par exemple, nous trouvons la femme vertueuse du livre des Proverbes (ch. 31. 10 à 31) ; la femme qui a introduit le levain parmi les trois mesures de farine (Mat. 13. 33). Ici, elle représente la méchanceté ; elle est assise au milieu de l’épha.

L’épha est une grande mesure de capacité. Bientôt, ayant comblé la mesure de sa méchanceté, elle sera comme saisie et enlacée dans les cordes de son péché. Enfermée et captive dans sa propre iniquité, elle est transportée dans le pays de Shinhar, là où se trouve Babylone, la mère des prostituées et des abominations de la terre, pour y recevoir, avec elle, le juste châtiment qu’elle a mérité.

Nous avons vu, dans la vision du rouleau qui volait, le jugement du mal moral ; ici, c’est le mal religieux qui, lui aussi, sort pour être jugé. Le mal religieux revêt toujours le même caractère par toute la terre : il met de côté ce que Dieu a fait pour l’homme pécheur et il enseigne une foule de choses que l’homme devrait faire pour être sauvé. Il ignore la justice de Dieu et cherche à établir la justice de l’homme. Sous tous les cieux, toutes les religions des hommes ont le même aspect : des ordonnances qui peuvent peut-être changer quant à ce qu’elles exigent, mais qui toujours se résument par ce seul mot : faire ; tandis que Dieu dit : croire.

Que peut bien faire, pour son salut, un être pécheur, perdu et déjà condamné ? C’est un fol orgueil qui peut conduire le cœur ignorant sa misère, son incapacité en présence de la sainteté de Dieu, à écouter la parole de la femme méchante, et à être entraîné par ses séductions dans « les voies conduisant au shéol, descendant dans les chambres de la mort ». Hélas ! « Cette femme a fait tomber bien des blessés à mort, et ceux qu’elle a tués sont très nombreux ».

D’après Le Salut de Dieu 1932