
PREMIÈRE ÉPÎTRE DE JEAN
Dans cette épître, le Saint Esprit montre quels sont les caractères des conseils de Dieu, conseils que, dans sa grâce, le Seigneur est venu accomplir.
La gloire de Dieu, sa sainteté, sa justice sont absolues. ses conseils, à l’égard des siens et de l’humanité en général, sont en relation avec sa nature.
L’apôtre a deux grands sujets devant lui : la vie éternelle (1 Jean 5. 20), qui était auprès du Père (1 Jean 1. 2), que le Seigneur est venu manifester et communiquer aux croyants (Jean 3. 16) et la communion qui s’établit avec le Père et le Fils, et par voie de conséquence, entre les enfants de Dieu.
L’apôtre Jean ne se nomme pas. Toute la place est laissée à Dieu. Cette épître ne s’adresse à personne en particulier, elle a un caractère universel.
Ch. 1er
– v. 1 et 2. Ce « commencement » concerne le moment où le Seigneur est venu apporter sur la terre « la grâce et la vérité » (Jean 1. 17), réalisant ainsi les conseils de Dieu, conçus « dès l’éternité ». Il apportait la vie éternelle à quiconque croit en Lui.
Jean s’associe les autres apôtres pour témoigner de ce qu’ils ont vu : « Bienheureux sont les yeux qui voient ce que vous voyez » (Luc 10. 23), ce qu’ils ont entendu : « les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22), ce qui faisait dire aux huissiers envoyés pour le prendre : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (Jean 7. 46), ce qu’ils ont contemplé : « Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père » (Jean 1. 14) et enfin ce qu’ils ont touché. Après sa résurrection, Jésus dit à ses disciples : « Touchez-moi et voyez » (Luc 24. 39).
Le Seigneur était la Parole vivante (1 Jean 1. 1). Dans cette Personne divine, la vie et la lumière étaient associées (Jean 1. 4). On les retrouve ici (v. 2 et 5). Le Seigneur communique la vie à ceux qui croient en Lui, parce qu’Il a la vie en Lui-même.
– v. 3. Ces témoins nous annoncent ces choses pour que nous ayons communion avec le Père, avec son Fils, avec eux (c’est à dire les apôtres), et les uns avec les autres. Notre communion repose sur cet enseignement des apôtres, « témoins oculaires de sa majesté » (1 Pier. 1. 16). C’est un principe de communion vital, inaltérable : quiconque croit en Lui, reçoit la vie éternelle (1 Jean 5. 1).
– v. 4. Il est question ici de la joie du chrétien. Elle est liée à la possession de la vie et découle de la communion dont on jouit avec le Père et son Fils. Christ est la source bénie de notre joie. Il nous donne sa propre joie, cette joie qui était la sienne sur cette terre (Jean 15. 11).
Si le chrétien pèche, sa conscience le reprend et l’amène à demander à Dieu : « Rends-moi la joie de ton salut » (Ps. 51. 12). Le Seigneur dit : « Personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 22). Rien n’a pu altérer sa joie, pas même la perspective des souffrances de la croix. Il nous est constamment proposé comme modèle : « Fixant les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 2).
– v. 5. Dieu est lumière et Dieu est amour (ch. 4. 8 et 16). Dieu veut que nous manifestions quelques reflets de ses caractères dans notre marche de croyants. Éphésiens 5. 7 à 10 met en évidence un des caractères de la nouvelle nature : « Vous êtes lumière dans le Seigneur » et précise ce qui doit en découler dans notre marche. 1 Thessaloniciens 5. 4 et 5 déclare : « Vous êtes tous des fils de la lumière ».
Le Seigneur s’est présenté comme la lumière du monde (Jean 8. 1 à 12) et Il le montre, par exemple, dans sa réponse aux pharisiens, quand ils lui amènent la femme surprise en adultère. Ses paroles projettent sur eux une telle lumière divine, qu’ils ne peuvent la supporter. On sent la vérité de cette déclaration : « les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3. 19). Mais Dieu est lumière, et dès la création, Il a séparé la lumière d’avec les ténèbres (Gen. 1. 3 et 4).
On voit en 2 Corinthiens 6, dans les v. 14 et suivants, que le croyant doit aussi, dans sa vie, séparer ce qui est de Dieu de ce qui appartient à ce monde, envahi par des ténèbres spirituelles. Au ch. 4. 6 de la même épître aux Corinthiens, c’est Dieu Lui-même qui nous est présenté comme ayant « relui dans nos cœurs ». Ainsi, nous sommes en mesure de contempler sa gloire dans la face de Christ.
– v. 6. Il s’agit du cas d’un professant sans vie. Il marche dans les ténèbres, tout en prétendant être en relation avec Dieu : c’est un mensonge !
– v. 7. Les croyants sont maintenant dans sa merveilleuse lumière et c’est leur privilège d’y marcher, en conformité avec ce que Dieu est dans sa nature. Désormais, dans la lumière, nous avons des joies et des intérêts communs. Nous pouvons goûter une communion qui est le fruit de la connaissance des Personnes divines. D’autre part, dans cette lumière, nous apprenons à connaître l’efficace du sang de Jésus Christ qui nous rend propres pour la lumière.
– v. 8 et 10. Ces versets soulignent deux erreurs possibles. Une fois converti, on peut dire que l’on n’a plus le péché en soi. On prétend avoir atteint une perfection exempte de péché. Pensée erronée, déjà introduite dans la chrétienté, du temps de l’apôtre. Dans ce cas, « nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous ». On peut nier aussi avoir commis des péchés. Ce serait faire Dieu menteur, ce serait montrer que « sa Parole n’est pas en nous ». En fait, nous faillissons tous de plusieurs manières et à plusieurs égards.
– v. 9. L’apôtre nous exhorte à confesser nos péchés. Nous faisons alors appel à la fidélité de Dieu et à sa justice satisfaite par l’œuvre de Christ à la croix. Il pardonne nos péchés, nous purifie de toute iniquité et nous sommes lavés de toute souillure.
Ainsi, dans ce premier chapitre, il est question de la lumière, de la vie et de la vérité.
Ch. 2
– v. 1 et 2. L’apôtre s’adresse à des croyants. « Mes enfants » écrit-il. Comme tels, ils marchent dans la lumière et ils sont appelés à ne pas pécher. Toutefois, « si quelqu’un a péché », il y a une ressource précieuse, et l’apôtre tourne nos regards vers Jésus-Christ le Juste.
Un enfant qui désobéit à son père, ne cesse pas pour autant d’être son enfant. Et le pardon des péchés d’un croyant est rendu possible par l’office d’avocat du Seigneur Jésus. Il se tient continuellement pour nous devant le Père et soutient parfaitement notre cause.
Certes, le péché est une grave offense faite à Dieu, et de plus, il nous souille. Si nous avons péché, confessons-le donc aussitôt, avec sincérité, de façon précise (Ps. 32. 1 à 5) et abandonnons-le (Prov. 28. 13).
Les deux offices actuels du Seigneur Jésus en faveur des siens sont ceux d’avocat (1 Jean 2. 1) et de souverain sacrificateur (Héb. 4. 14). En tant qu’avocat, il plaide en notre faveur, quand nous avons péché (Luc 22. 32). Cet office ne s’exerce pas uniquement à l’égard des croyants d’origine juive, mais en faveur de tous ceux qu’Il s’est acquis par son sang précieux, dans le monde entier.
En Luc 22. 61, le Seigneur, se tournant, regarde Pierre. Et ce dernier, qui vient de renier son Maître, pleure amèrement et se repent. C’était le début d’un travail divin, en vue de sa restauration. Déjà, au ch. 13 de l’évangile de Jean, le Seigneur avait dit à Pierre qui refusait de se laisser laver les pieds : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi » (v. 8). Il exerce en permanence ce lavage, par sa Parole, en faveur de ceux qui Lui appartiennent.
Il faut retenir que Romains 3. 26 présente l’autre aspect, la justification « une fois pour toutes » du pécheur repentant qui s’approche de Dieu par Jésus-Christ. Cette position est acquise, elle ne peut être mise en cause par l’Ennemi.
Le sacrifice parfait du Seigneur a rendu Dieu propice à quiconque s’approche de la croix et accepte d’être lavé dans le sang précieux de Christ. Ce sacrifice n’a d’efficace que pour « tous ceux qui croient » (Rom. 3. 22). Il est vrai que le Seigneur s’est donné en rançon pour tous (1 Tim. 2. 6). Mais son œuvre n’est efficace qu’envers les plusieurs qui viennent à Lui (Mat. 20. 28).
Le péché doit rester un accident chez le croyant. Il doit se hâter de le confesser et de l’abandonner. La grande pensée de la propitiation, par substitution, est présentée déjà dans l’Ancien Testament. En Exode 25. 10 à 22, on voit sur l’arche un couvercle en or, appelé propitiatoire. Le péché de celui qui vient à Dieu, dans la repentance et dans la foi, est « couvert » (Ps. 32. 1). C’est sur ce propitiatoire, qu’une fois l’an, le souverain sacrificateur, entrant dans le lieu très saint, déposait le sang d’une victime devant Dieu. Le Seigneur Jésus, notre grand souverain sacrificateur, a fait propitiation une fois pour toutes pour les péchés du peuple (Héb 2. 17).
Les v. 3 à 6 présentent les fruits de la vie éternelle. Le croyant doit garder les commandements du Seigneur. Les v. 7 à 11 nous incitent à l’amour pour les frères.
– v. 3 à 6. La vie chrétienne est basée sur des certitudes : « Nous savons » (1 Jean 5. 1 à 3). Aimer Dieu et garder ses commandements, c’est montrer que l’on aime aussi les frères. 1 Pierre 1. 22 exhorte les enfants de Dieu à l’obéissance à la vérité et à l’amour des frères. Ces deux choses sont liées.
Jean 14. 21 et Jean 15. 10 exhortent à garder les commandements divins. Ce qui n’implique pas que l’on trouvera toujours dans la Parole une indication précise pour chaque circonstance qui se présente. Mais, en se laissant diriger par le Saint Esprit, nous serons conduits à discerner la volonté de Dieu pour la faire.
Pour certains chrétiens persécutés, garder la Parole supposait d’abord la cacher soigneusement pour être en mesure de la lire au moment opportun. Nous qui avons toute liberté pour la lire, faisons-le journellement pour la mettre en pratique dans la vie quotidienne. Serrons cette exhortation dans notre cœur et notre conscience : « Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » (Apoc. 3. 11).
– v. 7 à 11. C’est avec tendresse que l’apôtre s’adresse aux enfants de Dieu : « Bien-aimés » (ch. 3. 2 et 21), enfants (ch. 2. 1), frères (ch. 3. 13 et 14). Il leur donne un commandement ancien. Le Seigneur l’avait laissé aux siens, lorsqu’il était sur la terre : « Aimez-vous les uns les autres ». Les croyants ayant maintenant la vie de Christ en eux, c’est devenu un commandement nouveau (Jean 15. 12 ; 2 Jean 1. 5). L’amour pour les frères est une pierre de touche. Il permet de montrer si nous gardons sa Parole, si nous sommes réellement en Lui.
Malgré notre faiblesse, cherchons à ressembler à notre modèle (1 Pier. 2. 21). « Voyant Jésus qui marchait », Jean le Baptiseur s’écrie : « Voilà l’Agneau de Dieu », car la marche du Seigneur Le faisait reconnaître (Jean 1. 29).
L’amour, versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint (Rom. 5. 5), doit être vraiment mis en pratique (2 Jean 1) vis à vis du Seigneur et de nos frères. Obéissons à la Parole. Chez le croyant, la vie et la lumière vont de pair, ils sont en Christ (Jean 1. 4).
Dès la création, Dieu avait séparé la lumière d’avec les ténèbres. C’est la chute de l’homme qui a introduit les ténèbres morales dans ce monde : « Le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5. 19). Jésus-Christ dit : « Moi, je suis la lumière du monde » (Jean 8. 12). En tant que croyants, « nous sommes les fils de la lumière » (1 Thess. 5. 5). Il nous appartient de marcher « comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8), et de reluire « comme des luminaires dans ce monde » (Phil. 2. 15).
« Ce qui est vrai en Lui et en vous » précise le v. 8. L’amour doit s’exercer dans la vérité (2 Jean 1). 1 Corinthiens 13. 4 à 8 montre comment agissent les caractères de l’amour. On voit, en 1 Jean 3. 18, l’amour et la vérité en action. Un amour véritable est inséparable de la lumière divine. Haïr son frère, c’est marcher comme le monde.
Ayons un œil simple et notre corps tout entier sera rempli de lumière (Mat. 6. 22). Quelqu’un a fait remarquer : « Si nous tournons le dos à la lumière, elle continuera de luire sur notre dos », ce qui donne une idée de l’étendue de la miséricorde divine. « Sonde-moi, ô Dieu ! et connais mon cœur » s’écrie le psalmiste (Ps. 139. 23). On doit supporter l’action de la lumière, et condamner fermement toute jalousie et toute amertume. Mon frère est « celui pour lequel Christ est mort » (1 Cor. 8. 11). Attachons-nous à discerner ce que Christ a produit en lui.
Il y a dans cette épître un contraste complet entre l’amour et la lumière, d’une part, et la haine et les ténèbres, d’autre part. Il y a incompatibilité entre ce qui est de Dieu et ce qui vient du diable (2 Cor. 6. 14 à 16). Voilà qui aide à discerner le vrai chemin. La vie chrétienne n’est pas une vie de repos ni de facilité. Une grande responsabilité se lie au nom de frères.
La seconde épître de Pierre (ch. 1. 5 à 8) trace le sentier que suit la foi, à mesure qu’elle avance. Notre salut est une certitude précieuse (1 Jean 3. 1) ; et Dieu veut que cette vie divine reçue abonde en fruit porté pour Lui (Jean 15. 8). Ces fruits seront visibles vis à vis de nos frères mais aussi à l’égard des gens de ce monde. N’oublions pas que « Dieu veut que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9). « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4. 18). Puisse notre sentier présenter un tel caractère !
C’est la nature même de Dieu, d’être lumière et amour. Or le v. 11 parle de « celui qui hait son frère » ! On a peine à accepter qu’une telle assertion puisse désigner quelqu’un d’autre qu’un professant sans vie ! Et pourtant, ce peut être le cas. Une telle personne est dans les ténèbres et elle y marche. Elle est sous la domination de Satan.
– v. 12. Il faut être pardonné au nom du Seigneur, pour être appelé un enfant de Dieu. Nous sommes ramenés au début de ce chapitre, où l’on voit que les enfants de Dieu peuvent encore pécher, mais il est précisé ici : « Vos péchés vous sont pardonnés par son nom ».
Ce mot : « enfant » évoque notre relation de famille avec le Père. En 1 Pierre 5. 3, les croyants sont considérés comme un troupeau, en relation avec le Berger. Le nom du Seigneur est le seul nom qui sauve (Act. 4. 10 à 12 ; 10. 43 ; 3. 6). Dans l’Ancien Testament, c’est le nom de l’Éternel qui est invoqué (Ps. 23. 3 ; 25. 11 ; 31. 3).
On devient enfant de Dieu par la nouvelle naissance : c’est un don de l’amour de Dieu (1 Jean 3. 1). Cette nouvelle naissance est opérée par l’Esprit Saint (Jean 3. 3 et 5) sur le fondement du pardon des péchés (1 Jean 1. 9).
– v. 13. L’apôtre s’adresse à toute la famille : aux pères, aux jeunes gens et aux petits enfants. Ces expressions évoquent des degrés différents de maturité spirituelle. Les sœurs, évidemment, sont concernées tout autant que les frères.
Concernant les « pères », Jean souligne chez eux une connaissance approfondie du Seigneur : « Celui qui est dès le commencement ». Cette connaissance s’acquiert par une riche expérience, qui est le fruit d’une marche avec Lui. Toutefois, l’apôtre leur écrit aussi, car ils ont besoin, comme les autres, d’être fortifiés et renouvelés dans leur être intérieur. Une réelle connaissance de Celui qui est dès le commencement confère aux pères une certaine autorité. Les autres membres du troupeau de Dieu attendent d’eux des directions, de la sympathie et de la sagesse. Que le Seigneur nous aide à ne pas rester de petits enfants spirituels (1 Cor. 3. 2) ou, pire encore, de le redevenir (Héb. 5. 11 à 13). Même jeune, un enfant de Dieu peut être appelé à servir le Seigneur qui le fortifiera (Jér. 1. 4 à 8).
Énoch, après avoir marché trois cents ans avec Dieu, a été enlevé auprès de Lui, sans passer par la mort. C’était la preuve irréfutable qu’il avait plu à Dieu (Héb. 11. 5).
– v. 14. Les jeunes gens sont l’expression de la vigueur spirituelle, parce qu’ils ont vaincu Satan. C’est une force qui s’acquiert par la Parole de Dieu : elle demeure en eux. Ils sont appelés à se séparer du monde. Un avertissement solennel leur est adressé : « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15).
On pense à Timothée, ce fidèle serviteur de Dieu, dont personne ne devait mépriser la jeunesse (1 Tim. 4. 12). Pour être en permanence un vainqueur (Apoc. 2 et 3), il faut imiter le Seigneur. Il a vaincu Satan au désert, répondant chaque fois à ses attaques par la Parole.
Dans les v. 18 à 27, les « petits enfants » dans la foi, qui ont encore peu avancé avec Christ, sont plus longuement exhortés. Cependant, nés de nouveau, ils connaissent Dieu comme leur Père, après avoir été des « enfants de colère » (Éph. 2. 3).
Il faut avoir le désir d’atteindre le développement spirituel des « hommes faits » (Éph. 4. 11 à 13), en puisant dans la Parole une plus grande connaissance du « vrai Dieu et du Seigneur Jésus Christ » (Jean 17. 3).
-v. 13 et 14. Les jeunes gens ont vaincu Satan et ils sont victorieux. C’est un combat continuel, mais ils sont forts, parce que la Parole de Dieu demeure en eux. « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Éph. 6. 10). Il faut résister, tout surmonter et tenir ferme (Éph. 6. 13). Dans ce même passage, le v. 17 parle de l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. Pour être fort, il faut connaître la Parole. Elle doit avoir autorité sur nous, s’implanter en nous (Jac. 1. 21). D’après 1 Jean 5. 18 et 19, le Méchant ne touche pas celui qui est né de Dieu, même s’il vit dans un monde qui, tout entier, « gît dans le méchant ».
Pères et petits enfants ont connu et connaissent : ces différents temps du même verbe rendent compte d’un progrès vers un état définitif.
– v. 15. Comme les jeunes gens, n’aimons pas le monde ni les choses qui y sont. Le monde s’applique à être séduisant, mais aimer le monde, c’est se constituer ennemi de Dieu (Jac. 4. 4). Dans ce verset, les adultères, après avoir connu le Seigneur, s’éloignent de lui, pour trouver des satisfactions charnelles dans le monde. « Je vous ai fiancés à un seul mari » écrit Paul (2 Cor. 11. 2). « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15). C’est la source évidente d’une grande partie de nos maux.
On trouve dans l’Écriture trois significations de ce mot « monde » :
1 – Le monde créé (Gen. 1. 1).
2 – Toute l’humanité (Jean 3. 16).
3 – Un système organisé, sans Dieu (1 Jean 2. 15). C’est le monde de Lémec (Gen. 4. 19 à 24). Dans ce sens, le monde est orné, paré, il se veut séducteur. L’Écriture recommande : « Ne vous conformez pas à ce siècle, mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement » (Rom. 12. 2).
Moïse a renoncé au monde (dépeint sous les traits de l’Égypte) et il a choisi l’opprobre du Christ (Héb. 12. 24 à 26). Satan, le chef du monde actuel, n’avait rien en Christ, notre Seigneur, Homme ici-bas (Jean 14. 30 et 31). Ne nous mettons pas sous un joug mal assorti avec les incrédules (2 Cor. 6. 14). « Notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). 1 Corinthiens 7. 31 recommande de ne pas user de ce monde « à notre gré », car nous n’en faisons plus partie (Jean 17. 14). D’ailleurs, le monde s’agite en vain. « Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence » (Ps. 39. 6).
– v. 16. Ève et Adam n’ont pas résisté à la triple tentation de Satan, dans le jardin d’Éden : elles étaient l’expression des choses qui sont dans le monde : « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (Gen. 2. 6). Le Seigneur a été tenté de la même manière, mais au désert et après quarante jours de jeûne. Mais « il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3. 5). En tant que chrétiens, nous rencontrons dans ce monde les mêmes tentations.
Mais loin de n’avoir qu’un caractère négatif, la vie de la foi doit être remplie de ces « bonnes œuvres, préparées à l’avance, pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 9).
– v. 17. Faire la volonté de Dieu, c’est marcher sur les traces du Seigneur (Jean 4. 34). Ce sont de tels vrais disciples qu’il appelle « mon frère, ma sœur, ma mère » (Mat. 12. 50).
Détournons nos yeux de la vanité de ce monde (Ps. 119. 37). Nos convoitises sont bien souvent le levier dont Satan se sert pour nous éloigner de Dieu. Son but est de nous pousser à négliger la Parole. Il cherchera même à la falsifier et voudrait nous amener à la tordre. Écoutons l’avertissement très solennel d’Apocalypse 22. 18 et 19.
v. 18 à 22. L’apôtre s’adresse longuement aux « petits enfants ». Ils étaient particulièrement en danger d’être séduits par l’esprit de l’Antichrist.
Moralement, c’était déjà la dernière heure. Cette expression ne se trouve qu’ici. 2 Pierre 3. 3 et 2 Timothée 3. 1 parlent des « derniers jours », expression qui désigne les temps « fâcheux », qui préparent la venue de l’Antichrist, qui apparaîtra en personne, après l’enlèvement de l’Église.
Il est appelé « l’homme de péché, le fils de perdition ». Il s’élève et s’oppose à Dieu. Il se présentera dans le temple de Dieu et se fera adorer comme dieu (2 Thess. 2. 3 et 4). Il est encore appelé « l’Inique ». Sa venue a lieu par « l’opération de Satan ». Il fait des miracles, des signes, des prodiges de mensonge (2 Thess. 2. 8 et 9). Il séduit les incrédules par l’injustice. Apocalypse 13. 11 le décrit comme une « bête qui monte de la terre », apparaissant en Israël, peut-être du milieu de la tribu de Dan (Gen. 49. 16 et 17). Jean est le seul à l’appeler l’Antichrist.
À l’inverse du Seigneur, que l’on a pu voir sur la terre comme un petit Enfant, couché dans une crèche, l’Antichrist sera « révélé » comme un homme, rempli de puissance satanique. Son activité diabolique caractérise déjà la « dernière heure ». De faux docteurs apparaissent : « Ils n’étaient pas des nôtres… ils sont sortis du milieu de nous » (1 Jean 2. 19). Paul parle de « loups redoutables », d’hommes qui se lèvent d’entre les croyants, annonçant « des doctrines perverses pour attirer des disciples après eux » (Act. 20. 29 et 30).
Ce sont des séducteurs « qui ne confessent pas Jésus Christ venu en chair » (2 Jean 7). L’esprit de l’Antichrist procède du « Menteur », de Satan (Jean 8. 44). Il nie que Jésus est le Christ, il « nie le Père et le Fils » (1 Jean 2. 22). On se souvient pourtant que le Seigneur a dit : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14. 6).
Dieu ne veut pas que ses enfants se laissent troubler par des fausses doctrines et Il leur donne les ressources, en particulier celles que l’on trouve dans ces versets de 1 Jean 2. 20 et 21 : « Vous avez l’onction de la part du Saint ». Le Saint Esprit nous communique la vérité et nous scelle (Éph. 1. 13 et 14 ; 2 Cor. 1. 21 et 22 ; Jean 16. 13).
Les petits enfants dans la foi connaissent le Père, ils ont donc l’essentiel. Ils reconnaissent la voix du Bon Berger (Jean 10. 4), ils L’écoutent (Jean 10. 27). En revanche, ces brebis du Seigneur n’écouteront pas la voix des « voleurs et des larrons » (Jean 10. 8).
L’Esprit de Dieu, dans ce passage de 1 Jean 2, instruit les petits enfants. Il leur montre clairement le vrai rôle de ceux qui, tout en se trouvant parmi les croyants, sont en fait dirigés par l’esprit de l’Antichrist.
L’onction du Saint Esprit ne dépend pas du degré de maturité spirituelle, mais il faut veiller ensuite à ne pas attrister le Saint Esprit, cette Personne divine qui daigne habiter en nous (Éph. 4. 30).
La Parole de Dieu distingue : « l’homme animal », l’incrédule (1 Cor. 2. 14) ; celui qui est « charnel », un croyant qui laisse la chair agir habituellement en lui (1 Cor. 3. 1) – l’homme « spirituel », un croyant qui est conduit par le Saint Esprit (1 Cor. 2. 15).
Dans l’évangile de Jean, au ch. 9, on trouve le récit d’un aveugle-né guéri par le Seigneur. Il fait des progrès spirituels rapides et apprend à distinguer les mauvais bergers du Bon Berger. Apprenons aussi à éprouver les esprits pour « voir s’ils sont de Dieu » (1 Jean 4. 1).
– v. 22 à 25. Aux Juifs incrédules, le Seigneur dit : « Vous avez pour père le diable. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). L’Antichrist a les mêmes caractères que le diable. « Il nie le Père et le Fils » (1 Jean 2. 22).
Les « plusieurs » antichrists mentionnés au v. 18 viennent de la même source mauvaise et sont animés par le même esprit. De nos jours, où nous manquons de crainte et de sagesse, il nous faut parfois beaucoup de temps pour reconnaître l’esprit de mensonge qui se répand dans l’Église, où l’on respecte de moins en moins la Parole (Jude 3). Si nous cherchons avec ferveur à acquérir une bonne connaissance de l’Écriture, nous serons rendus capables de reconnaître la voix du Bon Berger, et notre cœur sera tenu fermé aux diverses voix qui s’élèvent dans ce monde mauvais.
1 Jean 4. 2 et 3 et 2 Jean 7 et 9 enseignent comment discerner les esprits. « Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu ». « Dieu a été manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16). Jésus disait à ses détracteurs : « Avant qu’Abraham fût, je suis » (Jean 8. 58). Et Pierre reconnaît : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 16).
Le Fils révèle le Père (Jean 20. 17). Mais, même si nous croyons au Fils, le mystère de sa Personne reste insondable (Mat. 11. 27). Le Père a envoyé le Fils (Jean 14. 24). Ils sont liés d’une manière indissociable (Jean 14. 1 et 10).
Rejeter le Fils, c’est rejeter Celui qui l’a envoyé (Luc 10. 16).
Les apôtres ont été les témoins oculaires de ce que le Seigneur a annoncé dès le commencement (Marc 1. 1 ; Luc 1. 1 et 2). La scène de la transfiguration, à laquelle ils ont eu le privilège d’assister (2 Pier. 1. 16 à 18) a confirmé sa majesté.
« Ayant cru à l’évangile de notre salut », nous sommes scellés par le Saint-Esprit (Éph.1. 13 et 14). Ne pensons pas que la réception du Saint-Esprit soit comme une sorte de baptême supplémentaire indispensable !
L’évangile de la grâce, annoncé par le Seigneur, a été confirmé « par ceux qui l’ont entendu » (Éph. 2. 3). Nous devons le garder tel que Dieu nous l’a confié. Veillons à ne pas porter atteinte à l’étendue de l’œuvre du Seigneur Jésus en faveur des pécheurs (Gal 1. 8).
Si la divinité du Seigneur était souvent voilée pendant les jours de sa chair, elle s’est montrée clairement en plusieurs occasions : quand II reprend le vent et la mer, et ils s’apaisent – quand II multiplie les cinq pains et quelques poissons, pour rassasier une grande foule – ou encore quand Il guérit des malades, des infirmes, ou ressuscite des morts, montrant qu’Il est le maître de la vie, qu’Il est Dieu. Les apôtres ont été témoins de ses miracles et leur témoignage est précieux pour la foi.
Les « saintes lettres qui peuvent nous rendre sages à salut » (2 Tim. 3. 15). Elles nous introduisent, par pure grâce, dans l’intimité de Dieu. Et nous avons la responsabilité de garder « ce que nous avons entendu dès le commencement ». Nous pouvons « demeurer dans le Fils et dans le Père ».
– v. 25. « C’est ici la promesse que Lui nous a promise, la vie éternelle ». L’accent est mis sur « Lui ». Sa promesse est sûre et ferme (Jean 5. 24 ; 1 Jean 5. 13). Mais nous devons saisir les bénédictions qui s’y rattachent : « Poursuivre la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit », et « combattre le bon combat de la foi » (1 Tim. 6. 11 et 12).
– v. 27. Le Saint-Esprit nous enseigne par le moyen de la Parole. Il dénonce l’activité de ceux qui cherchent à nous égarer. Déjà, dans l’Ancien Testament, l’Éternel déclarait : « Ma Parole… et mon Esprit demeurent au milieu de vous » (Aggée 2. 5). Dans le Nouveau Testament, le Saint Esprit s’est servi de plusieurs apôtres pour compléter le canon des Écritures (Éph. 4. 11 et 12) « en vue du perfectionnement des saints ». L’Esprit travaille pour nous faire croître « dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 3. 18). Il « prend de ce qui est à Christ, et nous l’annonce » (Jean 16. 13 et 14). Lui seul peut faire comprendre les Écritures. En dépit de la diversité des dons (1 Cor. 12. 28), l’Esprit est un, et Il ne peut pas conduire les croyants à avoir des pensées qui s’opposent (1 Cor. 2. 16).
« L’onction est vraie et n’est pas mensonge » (1 Jean 2. 27). C’est « l’Esprit de vérité » (Jean 16. 13). Le serviteur doit se laisser diriger pour être « propre à enseigner » (2 Tim. 2. 24). « L’onction demeure en nous » – c’est une affirmation, et nous devons aussi « demeurer en Lui » – c’est une exhortation. Il est indispensable que le Saint Esprit soit libre d’agir en nous. C’est seulement par son moyen que les choses spirituelles se discernent (1 Cor. 2. 12 à 16).
En 1 Cor. 2. 12, nous connaissons « les choses divines par le moyen de l’Esprit qui est de Dieu ». En 1 Corinthiens 2. 13, ces choses spirituelles nous sont « communiquées » par des « moyens spirituels », par des paroles enseignées de l’Esprit (1 Cor. 12. 14). Ces choses spirituelles sont discernées par l’Esprit de « puissance, d’amour et de conseil » (2 Tim. 1. 7).
Que l’Esprit demeure en nous ne nous dispense nullement de veiller et de poursuivre la sainteté. Notre corps est le temple du Saint-Esprit (1 Cor. 3. 16). Il faut que la Parole habite en nous ; ainsi l’Esprit sera libre d’agir et nous pourrons croître, ne pas rester des « petits enfants » dans la foi (Éph. 4. 14).
– v. 28. Après avoir parlé aux « petits enfants », l’apôtre Jean s’adresse maintenant à tous les enfants de Dieu pour les exhorter à demeurer en Lui, c’est à dire en Christ. Ainsi, ils ne seront pas « couverts de honte » à sa venue, au tribunal de Christ (2 Cor. 5. 10). C’est là que toutes nos œuvres seront manifestées (1 Cor 3. 12 à 15).
L’ouvrier du Seigneur, qui se sera laissé conduire par l’Esprit Saint, aura apporté de bons matériaux à la construction de l’édifice : « de l’or, de l’argent, des pierres précieuses ». Tandis que le mauvais ouvrier, sous l’influence de sa propre volonté, aura apporté de mauvais matériaux : « du bois, du foin, du chaume ». Il ne perdra pas son salut, mais bien sa récompense (Apoc. 22. 12). Peut-être peut-on penser que sa place sera plus éloignée du Seigneur qu’il ne l’aurait souhaité ? Retenons les exhortations de 1 Pierre 1. 3 et 4, 10 et celles de 2 Jean 8. Tous les rachetés recevront la couronne de vie, mais il y a d’autres couronnes, et nous pouvons les perdre par notre faute. Nous ne pourrons pas les jeter aux pieds du Seigneur (Apoc. 4. 10). Ayons le désir de parvenir « à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude de Christ » (Éph. 4. 13).
– v. 29. « Si vous savez » : c’est d’une connaissance intuitive qu’il s’agit. « Sachez que quiconque pratique la justice est né de Lui ». Ici, il s’agit par contre d’une connaissance acquise par l’expérience. Le verbe connaître en français, dans les écrits de Jean en particulier, est la traduction de deux verbes qui, dans la langue originale, ont un sens assez différent (gindskij et oïda). On peut même les trouver parfois réunis dans le même verset, en Jean 13. 7 par exemple : Pierre ne savait pas encore, mais il saurait plus tard, par expérience, la portée pratique du lavage des pieds.
Le croyant qui, par la nouvelle naissance, a reçu la nature même de Dieu (Jean 3. 3 ; Jac. 1. 18), doit pratiquer la justice, montrant ainsi sa foi (Jac. 2. 24). L’incrédule, lui, pratique le péché (1 Jean 3. 7 à 9). Le caractère de Celui auquel nous appartenons maintenant est d’être le Juste (1 Jean 3. 7), d’où cette exhortation, adressée au croyant, de pratiquer, lui aussi, la justice. Lire l’exhortation de Romains 6. 12 : « Que le péché ne règne point dans votre corps mortel ».
Ch. 3
– v. 1. Nous sommes appelés à contempler l’amour que Dieu montre à l’égard de sa propre famille, formée de tous ceux qui ont reçu son Fils comme Sauveur et Seigneur (Jean 1. 12). On lit aussi en Jean 3. 16 : « Dieu a tant aimé le monde ». Jean nous invite à admirer l’immensité de l’amour divin. C’est la même expression qui est employée quand les disciples admirent la beauté des pierres du temple (Marc 13. 1).
Pierre met en évidence ce que doit être la sainte conduite des gens de la maison de Dieu (2 Pier. 3. 11). À l’inverse, les enfants du diable manifestent les caractères de celui dont ils sont les esclaves. Ce sont l’injustice et la haine (1 Jean 3. 10). Nous faisions tous partie à l’origine de ces enfants du diable, mais par grâce, nous nous sommes « tournés vers le Dieu vivant et vrai » (1 Thess. 1. 9).
Les enfants que Dieu aime, ces « frères aimés de Dieu » (1 Thess. 1. 4), sont aussi « aimés du Seigneur » (2 Thess. 2. 13). Le Seigneur dit : « ils étaient à toi, et tu me les a donnés » (Jean 17. 6) ; et encore : « Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés » (Héb. 2. 13). De même aussi, l’Assemblée est présentée comme la future épouse de Christ, mais ce n’est pas le sujet des épîtres de Jean.
Dieu est le grand Donateur. L’amour est un don de Dieu (Jean 3. 16 ; 17. 23 et 26) et « Il a versé son amour dans nos cœurs » (Rom. 5. 5). Nous sommes rendus capables d’aimer le Seigneur et de nous aimer les uns les autres. Le Père de notre Seigneur Jésus Christ est devenu notre Père (Jean 20. 17).
De même que le monde n’a pas connu Dieu (Jean 17. 25), il ne nous connaît pas. Comme il a haï le Seigneur, il nous hait aussi (Jean 15. 18). « L’esclave n’est pas plus grand que son maître » (Jean 15. 20). Sommes-nous animés du même esprit que les apôtres ? « Ils se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom » (Act. 5. 41).
– v. 2. « Bien-aimés » : cette expression se retrouve trois fois dans le ch. 4, aux v. 1, 7 et 11. Quand le Seigneur sera « manifesté », notre ressemblance avec Lui deviendra parfaite, « car nous le verrons comme il est » et non plus « comme à travers un verre, obscurément » (1 Cor. 13. 12). « Ceux qui aiment Dieu… » (Rom.8. 28), nous serons « conformes à l’image de son Fils » (Rom. 8. 29). Même « le corps de notre abaissement sera transformé en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3. 21). « Semé corps animal, il ressuscite corps spirituel » (1 Cor. 15. 44).
Il fera partager aux siens sa gloire de Fils de l’homme, mais non pas celle qui n’appartient qu’à Dieu. Il est devenu et reste un homme, mais Il n’a jamais cessé d’être Dieu (1 Jean 5. 20).
D’ores et déjà, cherchons à Lui ressembler, en purifiant notre marche ici-bas, car Lui est pur (1 Jean 3. 3).
L’apôtre passe sans transition du Père au Fils, manifestant ainsi l’unicité des Personnes divines.
– v. 3. Notre espérance est en Lui et nous sommes appelés à nous purifier « comme Lui est pur ». De nombreuses Écritures établissent la pureté de Celui qui est notre modèle. Citons Jean 8. 46 ; 1 Pierre 2. 22 ; 2 Corinthiens 5. 21 et Hébreux 7. 26. Notre responsabilité est de chercher à Lui ressembler dans notre vie pratique – alors que, de son côté, le v. 7 du chapitre 1er établit que nous avons été purifiés une fois pour toutes par le sang de Jésus Christ. Enfants de Dieu désormais, cette purification constante nous gardera du péché, par la pratique de la justice (1 Jean 3. 7).
– v. 4. L’iniquité (une marche sans frein) caractérise celui qui pratique habituellement le péché, tandis que, chez le croyant, le péché doit toujours être un accident.
De fait, les v. 4 à 10 établissent le contraste entre les enfants de Dieu qui pratiquent la justice, et les enfants du diable qui vivent dans l’iniquité. L’exhortation de Romains 6. 12, déjà mentionnée, est en relation avec notre responsabilité : « Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel, pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci ».
La vieille nature est toujours dans le croyant et Romains 7. 14 à 24 décrit les vains efforts d’un croyant pour se libérer de ce marécage du péché, dans lequel il reste embourbé à son grand désespoir. Il se rend compte qu’il est sans force et que le péché, contre son gré, le retient captif. Il pèche, tout en ayant le désir de ne plus pécher. Et cela, jusqu’au moment où, à bout de forces, il s’en remet à un Autre pour être délivré de ce corps de mort. Oui, comprenant son incapacité totale, il se tourne enfin vers le Seigneur (Rom. 7. 25).
Les gnostiques, qui prétendaient parvenir à la perfection par une connaissance absolue des choses de Dieu, niaient que le croyant puisse encore pécher. L’incrédule n’a pas conscience de ses péchés, donc il ne s’en inquiète pas. Mais le croyant, qui a la vie de Christ en lui, a sa conscience troublée par un péché et doit le confesser pour rétablir la communion avec Dieu. L’état normal du croyant, c’est de ne pas pratiquer le péché, mais la justice. La nouvelle naissance change tout dans nos relations avec Dieu.
Les incrédules font la volonté de leur père, le diable (Jean 8. 41 à 44). Le Seigneur est « venu détruire les œuvres du diable » (1 Jean 3. 8). Le Seigneur est présenté comme ayant vaincu l’homme fort et pillé ses biens (Mat. 12. 29). À la croix, le Seigneur a triomphé en public des « principautés et des autorités » et Il a anéanti les œuvres du diable (Col. 2. 14 et 15).
Que le Seigneur nous aide à porter, habituellement, les vrais caractères des enfants de Dieu, en pratiquant des actes de justice pratique, pour ressembler à notre divin Modèle.
– v. 10. Le croyant, qui a reçu la vie de Dieu, est comparable à un arbre sauvage qui aurait reçu un excellent greffon. Il produira désormais de « bons fruits » auxquels Dieu prend plaisir ; mais sur le vieux tronc peuvent encore pousser des rejets, producteurs de fruits sauvages. La « semence de Dieu » (1 Jean 3. 9) est semblable à ce greffon qui, en se développant, ne porte que de bons fruits. L’incrédule, n’ayant pas la vie divine, ne produit rien de bon pour Dieu, même si ses apparences sont aimables.
Pour la « semence de Dieu », pour ces croyants « participant à la nature divine », il y a de « très grandes et précieuses promesses » (2 Pier. 1. 4). Parmi les fruits portés, citons la marche dans la lumière (1 Jean 1. 7) ; la connaissance de Christ, en gardant ses commandements (1 Jean 2. 3) ; on désire marcher « comme Lui a marché » (1 Jean 2. 6). Le croyant demeure dans la lumière, en aimant son frère (1 Jean 2. 10) ; il ne pratique pas le péché (1 Jean 3. 9). Cet amour pour les frères est réaffirmé (1 Jean 3. 14) et porte des conséquences visibles : le croyant est prêt à laisser sa vie pour les frères (1 Jean 3. 16) et à les assister s’ils sont dans le besoin (1 Jean 3. 17).
– v. 11. L’amour est le thème central de l’épître. Souvenons-nous de ces paroles du Seigneur : « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 3). L’amour de Dieu, versé dans nos cœurs (Rom. 5. 5), doit se manifester à l’égard de tous nos frères, le degré de communion n’entre pas en jeu.
C’est le message « entendu dès le commencement » de la bouche du Seigneur : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35 ; 15. 12 et 17).
En contraste, les incrédules ne pratiquent pas la justice, n’aiment pas les frères. Ce sont, en puissance, des « meurtriers », comme Caïn qui haïssait son frère et le tua (1 Jean 3. 12), car de la haine peut germer le meurtre. La haine est inscrite dans nos cœurs naturels (Tite 3. 3). Le monde haïssait le Seigneur. Pilate et Hérode devinrent amis entre eux le jour où ils condamnèrent Jésus. Caïn, averti par Dieu qui l’engage à accepter le sacrifice pour le péché « couché à la porte » (Gen. 4. 7), refuse d’écouter, devient un meurtrier et, pour finir, sort de devant l’Éternel (Gen. 4. 16).
Personne ne sera jugé et condamné sans avoir d’abord été averti qu’il y a un sacrifice, une ressource pour être délivré du péché. Quant aux « œuvres justes » d’Abel, il faut comprendre que, par la foi, il a compris qu’il devait apporter les premiers-nés de son troupeau et leur graisse pour être agréé. C’était, pour Dieu, une figure de Christ, mourant sur la croix pour les péchés – tandis que Caïn apporta le fruit du sol, tiré d’une terre maudite par Dieu à cause du péché (Gen. 3. 17 ; 4. 3).
v. 13. Comme le monde hait le Seigneur, il hait aussi le croyant. La Parole nous en avertit (Jean 15. 18 à 20 ; 1 Pier. 4. 4 ; Jean 17. 14).
– v. 14. Aimer les frères prouve que nous sommes passés de la mort à la vie. Par contre, celui qui n’aime pas son frère demeure dans la mort. C’est un meurtrier et aucun meurtrier n’entrera dans la sainte cité (Apoc. 22. 15). Veillons donc à marcher dans la lumière (1 Jean 1. 7), dans l’amour pour le Seigneur et pour tous les frères.
– v. 15. 1 Samuel 18. 5 à 11 illustre ce verset. : Saül avait commencé par aimer David, mais ensuite, sa jalousie transforme cet amour en haine, et il tente plusieurs fois de le faire mourir. La haine fait de l’homme un meurtrier, même s’il ne parvient pas à ses fins.
– v. 16 et 17. À l’inverse, Dieu place devant nous le modèle parfait, le Seigneur Jésus. « Lui a laissé sa vie pour nous ». C’est par ce sacrifice que nous avons connu, et que nous connaissons l’amour. Il s’agit d’une connaissance permanente. Elle nous pousse à laisser aussi, si le Seigneur nous y conduisait, notre vie pour nos frères.
Il y a dans l’Écriture des exemples concrets : Prisca et Aquilas avaient exposé leur propre cou pour l’apôtre (Rom 16. 3) ; Épaphrodite, pour l’œuvre, avait été « proche de la mort » (Phil 2. 25 à 30). Romains 12. 1 nous exhorte à « offrir nos corps en sacrifice vivant ». Mais, même si le Seigneur ne nous place pas dans ces situations extrêmes, notre dévouement pour les frères peut se manifester de façon pratique : prier les uns pour les autres, porter les charges les uns des autres (Gal. 6. 2), faire part de nos biens à ceux de nos frères que l’on sait être dans le besoin.
– v. 18. Jean nous met en garde contre le fait de manifester de la sollicitude pour nos frères, en paroles seulement (Jac. 2. 15 et 16). La réalité de notre vie chrétienne doit se manifester pratiquement (Éz. 33. 31). Unis en Christ, agissons à l’égard de nos frères et sœurs comme envers ceux « pour lesquels Christ est mort » (1 Cor. 8. 11). Aimer en pratique est un commandement du Seigneur (Jean 15. 14 ; 13. 35).
Regardons le modèle afin que nous suivions ses traces (1 Pier. 2. 21). Soyons fidèles dans les petites choses matérielles, et Dieu nous confiera les bénédictions spirituelles, nos vraies richesses (Luc 16. 9 à 12). Dieu « prend plaisir à de tels sacrifices », auxquels se lie la bienfaisance (Héb. 13. 16). Le sacrifice de nos biens est lié à celui de la louange dans le culte. Dieu voit « dans le secret » ce que nous donnons – ou plutôt gardons pour nous-mêmes (Mat. 6. 1 à 4). Les Macédoniens s’étaient « donnés premièrement au Seigneur », puis aux apôtres. Et malgré leur grande pauvreté, Paul parle de « la richesse de leur libéralité » (2 Cor. 8. 2 à 5).
– v. 18 et 19. C’est avec une douceur affectueuse que l’apôtre s’adresse aux croyants, comme à des « frères » (v. 13) et à des « enfants » (v. 18) pour les exhorter à aimer « en action et en vérité ». Lui-même les aimait de cette manière-là (2 Jean 1). L’amour est le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22). Il doit être sans hypocrisie (1 Pier. 1. 22).
Ananias et Sapphira avaient voulu mentir en mettant secrètement de côté une partie du prix de la terre vendue. Ils sont immédiatement démasqués (Act. 5. 1 à 10) car ils ont, en fait, « menti à l’Esprit-Saint ». « Aucune créature n’est cachée devant Dieu. Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui auquel nous avons affaire » (Héb. 4. 12 et 13).
L’obéissance et la fidélité mettent notre cœur à l’aise devant Dieu pour demander et obtenir selon nos besoins, parce que « nous gardons ses commandements et pratiquons ce qui est agréable devant lui » (1 Jean 3. 20 à 22).
– v. 19 à 21. En aimant nos frères « en action et en vérité », nous nous fondons sur Dieu lui-même et sur sa Parole, et non sur notre conscience qui n’est pas toujours un guide sûr : elle peut être altérée et peu sensible. « Si notre cœur (ici, il s’agirait plutôt de la conscience ?) nous condamne », suite à un péché ou à une manifestation de la chair, tel que l’égoïsme par exemple, « Dieu est plus grand que notre cœur », sa grâce couvre notre misère, et « Il sait toutes choses ».
Pierre, en reniant son Seigneur, avait donné toute apparence de ne plus l’aimer ; mais il avait la ferme assurance de la connaissance parfaite du Seigneur : « Tu sais que je t’aime » (Jean 21. 17).
C’est en aimant que nous assurons nos cœurs devant Dieu, car nous avons la ferme conviction d’être « de la vérité ». Pensons aussi à Jean 2. 28. Ne soyons pas craintifs de façon irraisonnée, mais ne négligeons pas de chercher à avoir une bonne conscience, bien que ce ne soit pas ce qui nous justifie (1 Cor. 4. 4 ; 11. 31). Aimer « en action et en vérité » doit être mis premièrement en pratique dans la maison de la foi (Gal. 6. 9 et 10), où la bienfaisance a sa place (Héb.13. 16). Voir aussi 3 Jean 5 à 9.
– v. 22. Comme David (2 Sam. 24. 14), reposons-nous avec confiance sur les grandes compassions de Dieu et confessons-Lui nos fautes. Si l’on garde et si l’on met en pratique ses commandements, « quoi que ce soit que nous lui demandions », nous le recevrons de Lui (1 Jean 5. 14 et 15).
Dans la scène de Luc 5. 8, Pierre exprime sa crainte : « Retire-toi de moi, Seigneur », mais en même temps, il manifeste sa confiance en se jetant à genoux devant le Seigneur. La pratique habituelle de la piété rendra nos prières intelligentes. Nous apprenons à discerner la pensée de Dieu. Les enseignements de sa Parole sont éminemment pratiques.
– v. 23. Ce verset est une sorte de résumé de l’essentiel de la foi chrétienne : « Nous croyons au nom du Fils de Dieu » (c’est la conversion) et « nous nous aimons l’un l’autre » (la marche dans l’amour).
– v. 24. Il y a une joie réciproque dans cette communion entre le Seigneur et le croyant qui garde ses commandements. Le Seigneur présente les conditions pour qu’une telle communion s’établisse, en Jean 14. 23 et en Apocalypse 3. 20. On trouve l’exemple suprême dans Jean 14. 10, entre le Père et le Fils.
C’est l’habitation de l’Esprit Saint en nous qui rend possible cette précieuse intercommunion, et nous en donne l’assurance. Mais, pour en jouir, il faut chercher Dieu de tout notre cœur et Lui obéir (Ps. 119. 2).
Laissons-nous conduire par l’Esprit de Dieu, et nous porterons le caractère de « fils de Dieu » (Rom. 8. 14). C’est en obéissant à sa Parole, éclairée dans nos cœurs par l’Esprit Saint, que nous ferons des progrès, et jouirons de la communion avec notre Dieu.
Ch. 4
– v. 1 à 5. Le chapitre montre la nécessité d’apporter par nos actes la preuve de notre relation avec Dieu. Ici, la confession de « Jésus Christ venu en chair » est la preuve que nous Lui appartenons réellement. Par ces paroles : « Bien-aimés », l’apôtre met en évidence la qualité de notre relation avec Dieu.
Les croyants sont mis en garde contre les faux prophètes. Ils nient cette vérité de « Jésus Christ venu en chair ». Ils s’opposent ainsi à l’enseignement du Saint Esprit, qui veut nous conduire dans toute la vérité (Jean 16. 13) et qui communique des « choses spirituelles par des moyens spirituels » (1 Cor. 2. 12 à 16).
Tandis que la doctrine de ces faux prophètes, dirigés par l’esprit de l’Antichrist (chap. 2. 18 et 19), est un danger mortel, spirituellement parlant, pour le chrétien. En niant que le Seigneur Jésus soit « Dieu, manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16), une doctrine qui était déjà soutenue par les gnostiques, on plaît à ce monde. Les gnostiques prétendaient que le Seigneur n’était qu’un homme et que, de ce fait, il pouvait pécher. C’était contredire la Parole qui affirme : « qu’il n’y a pas de péché en Lui » (1 Jean 3. 5), qu’il « n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5. 21), que « nous avons un souverain sacrificateur… qui a été tenté en toutes choses, à part le péché » (Héb. 4. 15).
Il y a donc opposition absolue entre le témoignage de l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’Antichrist qui anime ces faux prophètes. Les enfants de Dieu les ont vaincus, du fait de la présence en eux de l’Esprit de Dieu (1 Jean 4. 4). À noter que les égarements ne se limitent pas à nier la divinité de Christ. Mais retenons que pour les discerner, la Personne du Seigneur est la pierre de touche (1 Cor. 12. 3). Jean 15. 26 met en évidence le témoignage que le Saint Esprit rend actuellement au Seigneur, durant le temps de son absence. 1 Corinthiens 12. 10 cite, parmi les dons, celui du « discernement des esprits » ; mais chacun d’entre nous est appelé à « éprouver les esprits » (1 Jean 4. 1). « Celui qui est spirituel discerne toutes choses » (1 Cor 2. 15). Tous les dons de l’Esprit sont pour « l’édification du corps de Christ ». Dieu désire que nous parvenions « tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » (Éph. 4. 11 à 13).
Le conseil que donnait, en son temps, Akhitophel, était pour ceux qui l’écoutait, « comme si l’on se fût enquis de la parole de Dieu » (2 Sam. 16. 23). Mais son véritable état d’esprit fut révélé aux fidèles quand il parla contre David, type de Christ. Balaam aussi, contraint par Dieu à dire des choses merveilleuses au sujet du peuple élu, suivait pourtant un chemin « pervers » devant Dieu (Nomb. 22. 32). Gardons « le bon dépôt » (2 Tim. 1. 13 et 14), car cet esprit, qui est celui de l’Antichrist, est plus actif encore dans ces temps de la fin.
Dans les paroles entendues, puis-je retrouver mon Seigneur, dans toute l’excellence de sa Personne et de son œuvre ? Ne nous fions pas à nos émotions, à nos sentiments, à nos pensées, et même à nos exercices. Ils peuvent être produits par l’homme naturel et, dans ces conditions, ils troubleront toujours l’eau pure de la Parole de Dieu.
L’Antichrist cherche à plaire à ceux qui font partie de ce monde, mais aussi à la chair qui est encore dans le croyant. L’Esprit de Dieu, qui agissait sans entrave chez l’apôtre Paul, se comporte tout autrement (1 Thess. 2. 3 et 4 ; 2 Tim. 4. 1 à 3). Il veut que « toutes nos pensées soient amenées captives à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10. 5).
– v. 6 à 10. L’Esprit d’erreur est populaire, et le monde l’écoute (1 Jean 4. 5), mais celui qui connaît Dieu, confesse « Jésus Christ venu en chair » et il est attentif à ce que disent les apôtres. Ces derniers, conduits par l’Esprit Saint, ont l’intelligence des pensées de Dieu. Ainsi, Paul peut parler de son « intelligence dans le mystère de Christ » (Éph. 3. 4).
Sans nul doute, les apôtres font partie de ces « saints hommes de Dieu qui ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 21). Ce sont des « collaborateurs de Dieu » (1 Cor. 3. 9) et ils sont dans la lignée des écrivains sacrés de l’Ancien Testament. En fait, Dieu a produit les apôtres « les derniers sur la scène » (1 Cor. 4. 9), pour « compléter la Parole de Dieu » (Col. 1. 25).
– v. 6. Si nous sommes de Dieu, nous devons écouter et recevoir pleinement l’enseignement des apôtres. Les croyants à Thessalonique ont agi de cette manière (1 Thess. 2. 13). Il faut se laisser conduire par l’Esprit de vérité (Jean 14. 15). « Celui qui n’est pas de Dieu, ne nous écoute pas » (1 Jean 4. 6). L’esprit d’erreur conduit le monde à la perdition (2 Thess. 2. 13). Ceux qui n’ont pas aimé la vérité pour être sauvés, restent sous la domination de Satan. Ce dernier est une créature, et il reste sous le contrôle de Dieu, auquel il doit rendre des comptes sur son activité et Dieu lui assigne des limites à ne pas franchir (Job 1. 12 ; 2. 6).
Les enfants de Dieu ont reçu « l’Esprit de puissance, d’amour et de conseil » (1 Tim. 1. 7), et ils sont donc capables et responsables de discerner les esprits.
– v. 7. Comme enfants de Dieu, nous devons manifester quelques traits de sa nature. Dieu est amour et Il a versé cet amour dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Nous sommes appelés à nous aimer l’un l’autre. C’est la preuve que nous sommes nés de Dieu et que nous Le connaissons. Cette connaissance est la conséquence d’une profonde intimité, de liens d’amour avec Dieu lui-même. Les caractères de l’amour sont décrits en 1 Corinthiens 13. 4 à 8. Il nous faut aimer tous les hommes, car ils sont aimés de Dieu (Jean 3. 16).
Les deux caractères de la nature divine sont présentés dans cette épître : « Dieu est lumière et il n’y a en lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1. 5), et « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16). Le péché faisait obstacle entre Dieu et les hommes. Les ténèbres morales humaines, apportées par le péché, ont dû être ôtées, pour que l’amour de Dieu puisse se manifester librement. Avec quelle joie Jean le Baptiseur s’écrie : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).
Dieu est un « Dieu d’amour et de paix » (2 Cor. 13. 11). Ne pas manifester d’amour, c’est montrer que l’on ne connaît pas Dieu (1 Jean 4. 8).
– v. 9 et 10. Dans l’Ancien Testament, c’était une des exigences de la Loi : « Tu aimeras l’Éternel ton Dieu » (Deut. 6. 5). Tandis que dans le Nouveau Testament, c’est Dieu qui manifeste son amour envers nous. Ne négligeons pas, bien-aimés, de nous aimer l’un l’autre (1 Jean 4. 7), et soyons occupés de l’amour de Dieu (Rom. 5. 8).
On trouve ici trois motifs pour lesquels Dieu a envoyé son Fils : « Afin que nous vivions par lui », car nous étions morts (Col. 2. 13), « Pour être la propitiation pour nos péchés », car nous étions coupables (Tite 3. 4), « pour être le Sauveur du monde », car nous étions perdus (Luc 19. 10).
Cette expression « Fils unique » se retrouve en Jean 1. 14 et 18 ; 3. 16 et 18 ; Genèse 22. 2 ; Psaume 22. 20 ; 35. 17. Le Fils est « unique » dans l’amour du Père. En Le donnant pour notre rachat, Dieu a montré l’immensité de cet amour (Marc 12. 6). Il a trouvé en Lui-même des motifs pour nous aimer. Dès lors « il convenait pour Lui que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances » (Héb. 2. 10). Ce sont de grands mystères que nous adorons, sans pouvoir en mesurer l’étendue, mais ce sont tout autant de motifs pour l’aimer un peu à notre tour.
– v. 11 et 12. On trouve en Jean 13. 34 la vraie mesure de l’amour entre les frères : le Seigneur dit : « comme je vous ai aimés ». Dieu « n’a pas épargné son propre Fils » : voilà la mesure de l’amour de Dieu pour nous. Et c’est le commandement d’amour du Seigneur : « Que nous nous aimions l’un l’autre » (1 Jean 4. 21 ; 5. 1).
Aimer Dieu, aimer les frères, apportent la preuve de notre nouvelle naissance (1 Jean 4. 7). L’amour que Dieu a versé dans nos cœurs crée des liens divins entre des frères qui ne se connaissent pas ; ils se manifesteront lors d’une rencontre. C’est le même Père qui nous a engendrés. L’amour de Dieu est consommé (rendu parfait) en nous par l’action du Saint Esprit.
En Jean 1. 18, le Fils révèle le Père que « personne n’a jamais vu » et fait connaître son amour. Ici, en 1 Jean 4. 12, c’est par notre amour l’un vis à vis de l’autre que l’amour de Dieu est consommé en nous. Nous pouvons ainsi être la « lettre de Christ… connue et lue de tous les hommes » (2 Cor. 3. 2 et 3). Les hommes de ce monde peuvent voir Dieu à travers l’amour des croyants entre eux (Jean 13. 35) : c’est un témoignage rendu dans ce monde, où la haine a tout envahi.
– v. 13. C’est par l’Esprit Saint que nous avons reçu, que nous garderons ses commandements. Sa présence est l’assurance que Dieu demeure en nous (1 Jean 3. 24). Nés de Lui, nous pouvons aimer « en action et en vérité » (1 Jean 4. 18) et pratiquer la justice (1 Jean 2. 29).
Dieu « ne donne pas l’Esprit par mesure » (Jean 3. 34). Ce n’est pas une puissance, comme beaucoup le croient, mais une des Personnes divines. Il habite dans le croyant et dans l’Assemblée (Jean 14. 16 ; Éph. 2. 22).
– v. 14. La Parole présente le Dieu unique, en trois Personnes : Père, Fils et Saint-Esprit. C’est par l’Esprit que nous rendons le témoignage que « le Père a envoyé le Fils, pour être le Sauveur du monde » (Jean 4. 42) ; c’est un de ses titres de gloire. Il est le Sauveur pour Israël, mais aussi pour le monde entier (1 Jean 2. 2 ; És. 49. 6). L’Évangile aussi est présenté à « toute la création » (Marc 16. 15). Le salut par Jésus-Christ est offert à tous les hommes, mais seuls ceux qui l’acceptent sont sauvés (Jean 3. 16).
– v. 15. Jésus doit être confessé comme le Fils de Dieu. Ce verset est à rapprocher de Romains 10. 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur ».
Après sa résurrection, le fils de la veuve de Naïn parle. Il peut rendre témoignage (Luc 7. 11 à 15). Chez Lazare, c’est une autre manifestation de la vie. Ressuscité et délié, il se lève et il marche (Jean 11. 44). À la fille de Jaïrus, Jésus ordonne qu’on donne de la nourriture, car la vie à besoin d’être fortifiée (Marc 5. 42 et 43).
– v. 16. La connaissance et la foi doivent aller de pair. S’il n’y a pas la foi, la connaissance ne peut sauver personne. Mais elle sert d’aliment, là où la foi se trouve.
Le Seigneur ne se fiait pas à ceux qui, voyant ses miracles, avaient acquis une certaine connaissance de Lui. Ce n’était pas la foi (Jean 2. 23 à 25). On trouve déjà la foi dans le livre de Job (ch. 33. 23 à 28 ; 19. 25). « Moi, je sais que mon Rédempteur est vivant, et que le dernier, il sera debout sur la terre ».
– v. 16 et 17. Si nous connaissons et croyons à cet amour de Dieu pour nous, nous demeurons en Dieu et Dieu demeure en nous. La communion est réalisée.
« Comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ». « Nous savons que nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3. 2). Nous avons toute assurance quant au jour du jugement. « Nous serons manifestés devant le tribunal de Christ pour recevoir ce que nous avons fait dans le corps, soit bien, soit mal » (2 Cor. 5. 10). Mais le Seigneur sera à nos côtés (Zach. 2. 1 à 4) et, déjà revêtus de nos corps glorifiés, nous serons d’accord avec Lui. La plénitude de sa grâce et de son amour seront mis en évidence.
Il a payé notre dette : « C’est accompli » (Jean 19. 30), Il en a fini avec le péché (Rom. 6. 5 à 10 ; 1 Pier. 4. 1 et 2). Romains 14. 10 et 11 décrit aussi cette séance du tribunal (appelé ici le tribunal de Dieu) et nous sommes avertis que nous devrons Lui rendre compte – tandis qu’Apocalypse 20. 11 à 15 concerne seulement le jugement des incrédules, prononcé au grand trône blanc. Jugés « chacun selon ses œuvres », n’étant pas écrits dans le livre de vie, ils sont jetés dans l’étang de feu.
Dieu manifeste son amour « pour nous », en envoyant son Fils « pour que nous vivions par lui » (v. 9), et « pour être la propitiation pour nos péchés » (v. 10). Son amour « en nous » est source de communion avec Lui et avec les frères (1 Jean 4. 12). Cet amour « avec nous », nous donne l’assurance que nous ne serons pas jugés. Apprendre que nous sommes identifiés avec le Seigneur, déjà dans ce monde, nous montre toute la perfection de la manifestation de l’amour de Dieu en nous.
– v 18. « La crainte et le tourment » peuvent provenir de ce que l’on a pas confessé certains péchés, ou de ce que l’on n’a pas pleinement saisi la grandeur de l’amour de Dieu pour nous. Les frères de Joseph n’avaient pas compris à quel point il les aimait. Il avait pourtant longtemps travaillé pour leur entière restauration. Devant leur repentance, il avait ouvert ses bras et son cœur et les avait comblés de bénédictions. Leurs doutes, à la mort de Jacob, brisent son cœur et lui font verser des larmes (Gen. 45. 1 à 7 ; 50. 15 à 21). Craignons d’attrister notre Dieu par notre incrédulité.
– v. 19 à 21. « Nous, nous aimons Dieu, parce que lui nous a aimé le premier ». Ce fait nous rappelle un commandement : « Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (1 Jean 4. 21). C’est un solennel avertissement pour celui qui dit : « J’aime Dieu » et qui hait son frère : il est menteur. Aimons nos frères en Christ. Dieu a mis son sceau, sa nature, son amour, son Esprit en eux. Dans nos frères, nous voyons Christ.
Ch. 5
Ces versets complètent l’enseignement précédent, en mettant d’abord en relief la victoire de la foi (1 Jean 5. 4 et 5), en rappelant « le témoignage de Dieu au sujet de son Fils » (v. 9), témoignage que celui qui croit au Fils de Dieu a au dedans de lui-même (1 Jean 5. 10). Suit alors ce témoignage que Dieu a scellé : Il nous a donné la vie éternelle dans son Fils (1 Jean 5. 11 et 12).
Affermissons notre « appel et notre élection » afin de recevoir une riche entrée « dans le royaume éternel de notre Seigneur et sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 1. 10 et 11). Les couronnes que nous recevrons de sa grâce, nous les jetterons devant son trône de gloire (Apoc. 4. 10).
– v. 1 à 5. Croire que « Jésus est le Christ » nous introduit dans la famille de Dieu. Nous recevons la capacité d’aimer Dieu, « celui qui engendre » et nos frères, « ceux qui sont engendrés » du Père. Nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, si nous aimons Dieu et obéissons à ses commandements, qui ne sont pas pénibles.
C’est par la foi, en croyant que Jésus est le Fils de Dieu, que nous serons vainqueurs de ce monde incrédule.
La foi, cet œil qui voit l’invisible, génère un véritable amour pour Dieu et pour les frères. Dirigée par l’Esprit Saint, la foi est mise en contact avec « les choses profondes de Dieu » (1 Cor. 2. 10), et en particulier avec tout ce qui touche à la manifestation de son amour pour nous (1 Jean 4. 9). La nouvelle naissance « par l’eau, par la Parole et par l’Esprit » a lieu par la foi en Jésus Christ (Jean 3. 3 à 5). La force de garder les commandements de Dieu et d’y prendre plaisir vient aussi de la foi (Ps. 112. 1 ; 119. 35).
L’amour humain, qui s’appuie sur les seuls liens familiaux et sur l’attirance réciproque que l’on peut éprouver, peut être un piège (Mat. 5. 46). Tandis que l’amour divin ne fait pas acception de personnes. Si un frère ou une sœur marchent dans la désobéissance, ce n’est pas les aimer que de fermer les yeux sur leurs fautes ; mais on doit prier pour eux et les avertir. S’ils refusent d’obéir à la Parole, je dois m’en éloigner pour rester obéissant à la pensée du Seigneur : « Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur. Tu ne manqueras pas à reprendre ton prochain et tu ne porteras pas de péché à cause de lui » (Lév. 19. 17). Si moi-même, je désobéis et que j’entraîne d’autres frères dans ce chemin, je ne marche pas dans l’amour. À la différence de l’amour humain, l’amour de Dieu ne périt jamais (1 Cor. 13. 4 à 8).
Si nous aimons Dieu, Il nous gardera du monde (1 Jean 5. 5). « L’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jac. 4. 4). Certes, nous sommes « dans le monde mais nous ne sommes pas du monde » (Jean 17. 14). Nous en sommes vainqueurs parce que le Seigneur a « vaincu le monde » (Jean 16. 33).
Maintenant « notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). Tous les ennemis du croyant : la chair, le monde, Satan, la mort – gages du péché – (Rom. 6. 23) sont vaincus. Mais des difficultés surgissent lorsque nous manquons de foi et que nous ne réalisons pas pratiquement que « la foi est opérante par l’amour » (Gal. 5. 6). C’est elle qui « purifie le cœur » (Act. 15. 9).
La foi d’Abraham a été victorieuse du monde et de ses convoitises, elle reçoit sa récompense (Gen. 13. 8 et 9, 14). Abraham est béni par Melchisédec (Gen. 14. 19) et repousse énergiquement les tentations du roi de Sodome (v. 22 et 23). Dieu l’encourage ensuite et se présente à lui comme « son bouclier et sa très grande récompense » (Gen. 15. 1). Comme Abraham, n’acceptons rien de ce monde corrompu. Dieu tient en réserve pour les siens « des biens meilleurs et permanents » (Héb. 10. 34).
Dans les v. 6 à 20 de ce ch. 5, nous avons le témoignage de Dieu au sujet de son Fils et il est question aussi de la puissance de la foi. Le v. 13 est comme un résumé de toute l’épître : Jésus Christ, le Fils de Dieu, donne la vie éternelle à quiconque croit en Lui.
– v. 6 à 8. L’Esprit rend témoignage de la puissance de l’eau et du sang sortis du côté percé du Seigneur mort. Le sang est pour l’expiation des péchés, et l’eau, pour la purification de la conscience. Le v. 6 rappelle l’ordre chronologique et historique des choses : l’eau, le sang et l’Esprit rendant témoignage. Dans le v. 8, c’est plutôt le ministère de l’Esprit qui est mis en avant. Dans l’Ancien Testament, il fallait deux ou trois témoins pour juger une affaire. Ici, il y a trois témoins, d’accord pour un même témoignage.
L’état de souillure de l’homme en Adam nécessitait une purification de sa souillure et de sa culpabilité. La mort de Christ était indispensable pour cela. Romains 6. 3 à 5 montre notre identification à un Christ « mort et ressuscité ». Le Seigneur a enseveli le péché dans la mort pour que nous en soyons quitte, et que nous entrions dans sa vie de résurrection. Tite 3. 5 parle du « lavage de la régénération » ; « nous avons été lavés… sanctifiés… justifiés » (1 Cor. 6. 11).
Nous méritions le jugement de Dieu, mais Christ a été, pour nous, la victime expiatoire. Moïse lave Aaron et ses fils tout entiers, une fois pour toutes (Ex. 29. 4), avant qu’ils ne s’approchent pour servir pour la première fois. Ensuite, ils devaient seulement se laver les mains et les pieds (Ex. 30. 19). Le Seigneur montre aussi à Pierre que « celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds » (Jean 13. 10). En ce qui concerne l’Assemblée, « Christ l’a aimée » (hier), Il la sanctifie, en la purifiant (aujourd’hui), afin de se la présenter (demain) (Éph. 5. 25). L’Esprit est Dieu, c’est donc un témoin irréfutable : Il est la vérité (1 Jean 5. 6). Le Seigneur aussi est la vérité (Jean 14. 6) et, de même, la Parole est la vérité (Jean 17. 17). Cet « Esprit de vérité » (Jean 1. 17) nous « conduit dans toute la vérité » (Jean 16. 13). Il rend témoignage du Seigneur (Jean 15. 26). « Que Dieu soit vrai » (Rom. 3. 4).
– v. 9 et 10. C’est une parenthèse. Elle met en relief notre responsabilité de recevoir le témoignage de Dieu au sujet de son Fils. Ne pas croire Dieu, c’est Le faire menteur, Lui faire injure.
– v. 11 et 12. Le témoignage de Dieu porte sur une Personne, Christ ; sur son œuvre à la croix, et sur les résultats de cette œuvre : la vie éternelle pour celui qui croit en Lui. Elle est en nous comme don, elle est en Lui comme source.
Nous devons porter le témoignage du Seigneur devant ce monde. Jean devait rendre témoignage « de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus Christ » (Apoc. 1. 2). Le Seigneur nous associe à son propre témoignage et se présente Lui-même comme « le témoin fidèle et véritable » (Apoc. 3. 14). Les apôtres avaient « contemplé » Celui qui est dès le commencement (1 Jean 1. 1) et qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5. 20).
– v. 13 à 16. Cette expression « nous savons » revient plusieurs fois dans ce chapitre : c’est une épître de certitudes. Déjà, du temps de l’apôtre, l’on s’attaquait à la divinité du Seigneur et à la vie éternelle. Mais le christianisme repose sur des certitudes, basées sur la Parole et reçues par la foi (Rom. 10. 17). Il ne se fonde pas sur des sentiments ou des expériences. « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 36). C’est la base de la foi, clé de l’épître.
Nous avons de la confiance pour prier (1 Jean 5. 14 et 15). Nous savons qu’Il nous écoute « si nous demandons quelque chose selon sa volonté ». Pour cela, nous avons besoin de discernement. Il faut que nous soyons à l’aise dans notre conscience vis à vis de Dieu, et que nous gardions ses commandements (1 Jean 3. 21 et 22). « Que nous soyons remplis de la connaissance de sa volonté » (Col. 1. 9 et 10). C’est la connaissance de sa Parole et le désir sincère d’obéir qui nous fera discerner les besoins de la vie divine en nous.
Marchons bien près de Lui. L’amour, si important soit-il, ne suffit pas. Il faut aussi la connaissance de la volonté de Dieu pour la faire. Un encouragement pour nous, c’est « qu’il nous écoute », si nous demandons « selon sa volonté », et il nous exauce (1 Jean 5. 15) ; mais, de notre côté, il faut de l’obéissance. « Qui détourne son oreille pour ne pas écouter, sa prière même est une abomination » (Prov. 28. 9). La Parole nous exhorte à prier de façon assidue (Luc 11. 5 à 13 ; 1 Tim. 2. 1 à 8 ; Phil. 4. 6 et 7).
Dieu est seul juge du moment opportun pour répondre à nos prières (Dan. 10. 12 et 13), et notre attitude doit être : « Que ta volonté soit faite » (Mat. 6. 10). Le Seigneur est, pour nous, l’exemple parfait (Mat. 26. 42). En contraste, on trouve en Jacques 4. 2 et 3 et 1. 6 à 8 les raisons pour qu’une prière ne soit pas exaucée. 1 Jean 5. 16 et 17 nous exhorte à manifester de l’intérêt pour un frère qui pèche, en priant pour lui. Abraham n’a pas laissé son neveu Lot entre les mains de l’Ennemi. Contrairement aux protestations de Caïn, nous sommes les gardiens de nos frères.
Un péché « à la mort » peut être n’importe quel péché, mais commis dans de telles conditions, qu’au lieu d’éveiller la compassion, il excite l’indignation et exclut la prière d’intercession. Ananias et Sapphira, en Actes 5. 1 à 10, ont péché à la mort (il s’agit de la mort physique, en gouvernement, de la part de Dieu). On n’a pas prié pour eux. Un autre exemple nous est donné, en relation avec la cène du Seigneur prise indignement (1 Cor. 11. 28 à 30). La ressource, c’est la confession et l’abandon du péché qui rendent possible le pardon (Jac. 5. 14 à 16 ; Prov. 28. 13). « Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5. 16, 19 et 20).
– v. 18 à 21. Trois fois il est écrit : « Nous savons ». Que savons-nous donc ? Que la nouvelle nature ne pèche pas ; que le monde est gouverné par l’Ennemi ; et que le Fils de Dieu est venu et nous a donné une intelligence. Il est Dieu, le Véritable et la vie éternelle. Celui qui est né de Dieu ne pratique pas habituellement le péché (1 Jean 3. 9). Ici, c’est une affirmation absolue : la nouvelle nature ne pèche pas. S’il fait des chutes, c’est qu’il a laissé agir le vieil homme. Toutefois, il y a des ressources pour le croyant. La communion avec le Seigneur est rétablie par la confession.
« Celui qui est né de Dieu se conserve lui-même » (1 Jean 5. 18 ; Jac. 1. 27 ; Jude 20 et 21 ; 1 Pier. 1. 4). Ces différentes citations montrent deux aspects : ce que Dieu fait en notre faveur, et ce que nous sommes appelés à réaliser dans notre vie (Prov. 22. 5).
Le contraste est complet entre le croyant et le monde (1 Jean 5. 19). « Nous sommes de Dieu, et le monde entier gît dans le Méchant » : il le gouverne, le monde est en quelque sorte couché, il gît, sous sa domination.
Sous des aspects parfois attrayants, le monde et la chair ne peuvent rien produire de bon qui soit selon Dieu (És. 64. 6). À l’opposé, la nouvelle nature ne peut faire que le bien, selon la volonté de Dieu, et le croyant écoute la voix du Seigneur (Jean 10. 27). Vivons dans la lumière, séparés du péché, marchant selon les exigences de la lumière de Dieu (Rom. 6. 9 à 11) et Satan s’enfuira comme un oiseau de proie effrayé par la lumière divine ! L’incrédule est sous la domination du péché, qui règne sur lui de façon absolue. Le croyant, lui, est affranchi de la loi du péché par le Saint Esprit (Rom. 8. 2 et 4). Mais il faut d’abord être passé par la nouvelle naissance (Jean 3. 6).
Le v. 20 tourne nos regards vers le Fils de Dieu, venu dans ce monde gâté par le péché, afin de nous en retirer, et de nous donner aussi une intelligence spirituelle, pour que « nous connaissions le Véritable ». Ce titre du Seigneur est très précieux, dans un monde où tout est faux. Il revêt aussi ce caractère dans l’Apocalypse (3. 7 et 14). Dans cette épître, le Seigneur est identifié avec Dieu, Il est Dieu, la vie éternelle, et nous sommes en Lui, le Véritable.
Soyons humbles et remplis de compassion vis à vis de ce monde qui périt, à la ressemblance du Seigneur Homme ici-bas.
L’intelligence spirituelle, cet « entendement renouvelé » (Rom. 12. 2), permet d’entrer dans la connaissance des choses divines et de décider d’obéir à sa Parole, faisant ainsi des progrès. J.N. Darby dit, au sujet de l’entendement, que « c’est la faculté qui nous permet de décider », mais il ajoute « je ne dis pas que nous le sommes ».
– v. 21. L’épître, adressée à tous les enfants de Dieu, se termine par une mise en garde contre les idoles. Après tout, une idole, c’est tout ce qui prend dans mon cœur la place qui appartient au Seigneur. Toutes choses ont été faites pour le Créateur, à sa gloire (Col. 1. 16 ; 2. 9). Il est aussi le Dieu rédempteur (Col. 1. 19 et 20) ; II est assis à la droite de la majesté (Héb. 1. 3) ; II est encore « Dieu manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16).
Le Seigneur est le Véritable, c’est dire que tout en dehors de Lui est sans valeur (1 Cor. 10. 14). « Ceux qui se confient dans les idoles sont comme elles » (Ps. 115. 8). L’on peut être sa propre idole, être dominé par son égoïsme et son orgueil.
DEUXIÈME ÉPÎTRE DE JEAN
– v. 1 à 6. La première épître présente le Seigneur comme le Fils de Dieu et la Vie éternelle, et se termine par une mise en garde contre les idoles. La seconde avertit les croyants de ne pas recevoir ceux qui n’apportent pas la saine doctrine. Ils ne doivent pas même les saluer (2 Jean 10 et 11). La troisième et dernière est une exhortation à recevoir ceux qui apportent la bonne doctrine et marchent dans la vérité.
La vérité est mise en évidence dans ces épîtres. C’est « Christ venu en chair » (1 Jean 4. 2). Maintenir cette vérité doit s’accompagner de l’amour « les uns pour les autres » (2 Jean 5). L’amour se réjouit avec la vérité (1 Cor. 13. 6).
La seconde épître est adressée à une sœur. On y voit le prix que Dieu attache à la maison chrétienne. C’est une sphère où peut se développer l’amour entre les membres de la même famille, dans la crainte de Dieu.
Le bien ou le mal, dans nos familles, a des répercussions dans l’Assemblée. La Parole nous met en garde contre ceux qui « s’introduisent dans les maisons », entraînant les faibles à pécher (2 Tim 3. 1 à 6) et contre ceux qui « renversent des maisons entières » (Tite 1. 10 et 11).
L’amour dans la vérité qui animait l’apôtre à l’égard de ces croyants est l’amour de Dieu lui-même. C’était la joie de l’apôtre d’apprendre que ses enfants marchaient dans la vérité (2 Jean 4 ; 3 Jean 3 et 4).
Cinq fois, dans cette épître, il est question de la vérité, étroitement liée à l’amour qui est ce « commandement que nous avons eu dès le commencement » (1 Jean 3. 11 ; Jean 15. 12). Il ne faut pas de compromis ; il faut marcher résolument dans la vérité et dans l’amour (1 Pier. 1. 22 ; Éph. 5. 1 à 9).
Ces chrétiens étaient sans doute très vulnérables, et nous le sommes aussi. Mais nous devons nous attacher à la vérité pour la vivre, dans l’amour : « que, étant vrais dans l’amour, nous croissions… jusqu’à Christ » (Éph. 4. 15). Il est le seul but du croyant.
La Parole est la vérité (Jean 17. 17) ; le Saint Esprit, qui demeure en nous, est la vérité (Jean 14. 17) ; Christ est la vérité (Jean 14. 6).
Les croyants, élus de Dieu en Christ (Éph. 1. 3 et 4), ont reçu la grâce, le pardon gratuit de Dieu. Ils sont constamment aussi les objets de sa miséricorde, de ses compassions à l’égard de nos faiblesses ; de la paix que Dieu donne, inaltérable quant à la conscience. La paix du cœur peut être troublée si nous péchons, mais Dieu peut la rétablir. Remarquons que la miséricorde est généralement mentionnée, dans les épîtres adressées à une personne en particulier.
L’expression au v. 3 : « le Fils du Père » est unique. Il est aussi le Fils de Dieu, et les faux docteurs niaient cette vérité fondamentale. On comprend pourquoi, à cinq reprises dans cette seconde épître, la vérité est mise en avant. Elle l’est six fois dans la troisième épître.
La Loi mosaïque disait : « Tu aimeras ton Dieu ». Sous l’économie de la grâce, nous disons : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19). Aimer selon Dieu, c’est marcher dans ses commandements. Le Saint Esprit, qui nous a été donné, « verse » constamment en nous une capacité renouvelée d’aimer (Rom. 5. 5).
– v. 7 à 9. Nous sommes mis en garde contre les attaques de l’Ennemi, de l’esprit de l’Antichrist, du « séducteur ». Il prêche « un autre Jésus », par « un autre esprit », et présente « un autre évangile » (2 Cor. 11. 3 et 4). Ses envoyés sont appelés de « faux apôtres car ils se transforment en apôtres de Christ » ; comme « Satan se transforme en ange de lumière » (2 Cor. 11. 13 et 14), ces « impies… renient notre seul maître et Seigneur Jésus Christ » (Jude 4).
Dans le combat du chrétien qui commence à la maison, pour la défense de la vérité, la conscience de notre faiblesse doit nous inciter à revenir sans cesse à la Parole et à répondre, comme le Seigneur Lui-même a répondu à Satan : « II est écrit… il est encore écrit » (Mat. 4. 4 à 7). C’est « l’épée de l’Esprit » (Éph. 6. 17) à laquelle Satan ne peut pas résister. Des ennemis extérieurs, et d’autres, intérieurs, qui ne sont pas moins redoutables, s’attaquent au troupeau de Dieu. « C’est pourquoi, veillez » recommande l’apôtre Paul (Act. 20. 28 et 29). Puis il confie les anciens d’Éphèse, et chacun de nous, « à Dieu et à la Parole de sa grâce » (Act. 20. 32).
L’influence de ces séducteurs, qui sont « sortis », se fait sentir dans le monde. Ils nient que le Seigneur Jésus Christ soit Dieu venu – ou manifesté – en chair (1 Tim. 3. 16). C’est le mystère de la piété, renié par l’esprit de l’Antichrist (2 Thess. 2. 9). Dans le livre de Job, Satan montre sa méchanceté foncière.
Et la Parole ici nous avertit : « Prenez garde » (2 Jean 8 ; Marc 13. 15). Oui, prenez garde, disent les apôtres, « afin que nous ne perdions pas ce que nous avons opéré » (2 Jean. 8). Craignons d’être « menés en avant » (2 Jean 9), dans « l’erreur des pervers » (2 Pier. 3. 17), de transgresser l’enseignement de la Parole. Ne recevons pas ceux qui n’apportent pas la saine doctrine (2 Jean 10). Dieu est jaloux quant à tout ce qui concerne son Fils.
Prenons garde qu’un serviteur du Seigneur « n’ait pas travaillé en vain en nous » (Gal. 4. 11). Désirons « une riche entrée dans le royaume » (2 Pier. 1. 11), en « demeurant dans les choses que nous avons apprises » (2 Tim. 3. 14). Les vérités nouvelles, que Satan présente, font régresser et tomber le croyant qui les accepte. Seul, l’Esprit Saint conduit dans toute la vérité (Jean 16. 13), concernant Christ et son œuvre.
La fidélité recevra sa récompense, mais cherchons l’approbation du Seigneur sur notre conduite, et Il donnera son appréciation au temps convenable. « Tu as été fidèle en peu de chose, entre dans la joie de ton Maître » (Mat. 25. 21).
La Parole de Dieu est complète et ne change pas. Mais nous sommes appelés à croître dans sa connaissance dans le cadre, bien défini, de la vérité révélée (2 Pier. 3. 17). Demeurer dans la doctrine du Christ, c’est avoir « le Père et le Fils » (2 Jean 9 ; Jean 14. 9 ; Mat. 11. 27).
La Parole exhorte à « redresser un homme qui s’est laissé surprendre par quelque faute » (Gal. 6. 1), et à « enseigner avec douceur les opposants » (2 Tim. 2. 14 et 25). Mais elle ne parle pas ainsi des séducteurs, animés par l’esprit de l’Antichrist. L’injonction est claire : « Ne les recevez pas… ne les saluez pas » (2 Jean 10). « Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, vous rendra lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable » (1 Pier. 5. 10).
– v. 10 à 13. Ne minimisons pas le mal doctrinal en insistant sur le mal moral. 1 Corinthiens 5. 9 à 13 montre quel doit être notre comportement vis à vis d’un frère, convaincu d’un mal moral. Il convient de n’avoir « aucun commerce avec lui », de ne pas même « manger avec lui », et quant à l’Assemblée, elle doit « ôter le méchant » pour être une nouvelle pâte.
Quand il s’agit du mal doctrinal, qui porte souvent atteinte à la Personne même du Seigneur, il ne suffit pas de marquer son désaccord avec les paroles de celui qui cherche à entrer, mais « ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez pas » (2 Jean 10). Nous sommes vulnérables ; évitons soigneusement de recevoir de tels hommes, ce serait exprimer une communion qui est impossible. Les saluer avec affection, d’une manière chrétienne, « Dieu vous garde », « Dieu vous bénisse »… c’est participer à leurs mauvaises œuvres. Notre salutation aurait le caractère d’une caution donnée à leur égard et à leurs mauvaises œuvres.
On se souvient des paroles de Paul à Élymas : « Ô homme plein de fraude et de toute méchanceté, fils du diable, ennemi de toute justice… voici, la main du Seigneur est sur toi et tu seras aveugle… pour un temps » (Act. 13. 6 à 10). Au contraire, entre enfants de Dieu, saluons-nous « par un saint baiser » (Rom. 16. 16 ; 1 Cor. 16. 20 ; 2 Cor. 13. 12 ; 1 Pier. 5. 14). C’est l’expression chrétienne d’une réelle communion. Quant à l’hospitalité, elle doit être en honneur parmi nous, exercée envers ceux qui apportent la saine doctrine du Christ (3 Jean).
Si un frère s’égare, cherchons, avec amour, à le ramener (Jac. 5. 19 et 20 ; Gal. 2. 11 à 14). S’il persévère dans le mal et que la communion soit rompue, nous devons marquer de la réserve à son égard, et laisser Dieu opérer en restauration.
L’attitude d’Élie vis à vis d’Abdias, qui servait Achab, ce roi impie, mais qui, pourtant « craignait l’Eternel », est un exemple de cette attitude réservée (1 Rois 18. 7 et 8). Mais ce n’est pas une simple divergence de pensée qui doit engendrer une telle attitude (2 Tim. 2. 25 ; 2 Pier. 3. 1). Nous sommes exhortés à croître « dans la grâce » (2 Tim. 2. 25 ; 2 Pier. 3. 1) et à marcher soigneusement (Éph. 5. 15).
Conduit par l’Esprit Saint, Jean écrit seulement ce qui est nécessaire pour fortifier notre foi. Dieu donne toujours, par le moyen de ses serviteurs, ce qui est utile pour notre croissance spirituelle. Que Dieu parle ou se taise, c’est toujours avec sagesse (Dan. 12. 8 à 10).
Jean avait beaucoup d’autres choses à dire mais il attendait de parler plutôt « de bouche à bouche » (2 Jean 12 ; 3 Jean 13 et 14). Saisissons aussi l’occasion de parler entre nous de ce qui édifie l’âme (Mal. 3. 16), afin que notre joie soit accomplie (complétée). Étudions avec ferveur la Parole, car elle est inspirée (2 Tim. 3. 16 et 17). Dieu, dans sa grâce, s’adresse à nous personnellement. Ne Lui faisons pas l’affront de négliger ou de mépriser ce qu’Il nous dit. Dieu parlait bouche à bouche avec Moïse. Nous avons le privilège de pouvoir nous entretenir avec Lui, par la prière, et de nous nourrir de sa Parole.
Dans les liens de la foi et de la communion en Christ, l’épître se termine par des salutations « de la part des enfants de la sœur élue » à la « dame élue ». « Que la Parole du Christ habite en vous richement, en toute sagesse, vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre » (Col. 3. 16), et « le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4. 8).
TROISIÈME ÉPÎTRE DE JEAN
La deuxième épître contient une exhortation à ne pas recevoir les faux apôtres, les séducteurs. La troisième, au contraire, exhorte à recevoir les frères qui apportent la vérité, et à pratiquer l’hospitalité envers eux. Ils servent véritablement le Seigneur et ne reçoivent rien des nations (v. 7). Cette épître insiste sur le bon témoignage de deux serviteurs : Gaïus (v. 1 à 8) et Démétrius (v. 12). Elle parle d’un troisième, Diotrèphe (v. 9 à 11), dont le comportement était tout à fait fâcheux.
– v. 1 à 3. Jean, le dernier apôtre sur la scène, apporte un message important. Les « temps fâcheux » avaient déjà commencé. Il faut garder la vérité. Elle était déjà nommée cinq fois dans la deuxième épître, elle l’est six fois dans la troisième. La deuxième épître met l’accent sur la connaissance de la vérité – la troisième sur le témoignage rendu à la vérité, et la marche dans la vérité. Christ Lui-même est la vérité (Jean 14. 6). On voit le Seigneur prendre note de tout ce qui se passait dans le temple (Marc 11. 1).
Dieu prend note de tout, et particulièrement de la manière dont nous gardons la vérité touchant son Fils. Rien ne Lui échappe, que ce soit dans nos cœurs ou dans l’Assemblée. Quand Il parle, mettons en pratique ce qu’Il dit. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Gaïus, le modèle des fidèles, marche dans la vérité (v. 3), et le témoignage en était venu aux oreilles de l’apôtre. Il s’en réjouissait, d’une joie produite dans son cœur par l’Esprit de Dieu.
Dieu se réjouit lorsque ses enfants gardent la vérité et y marchent. Imitons ce serviteur. Il n’avait peut-être pas reçu de don spécial, mais son service, l’hospitalité, était fort utile (v. 5 ; Rom 12. 13 ; 16. 23). Soyons les imitateurs des apôtres, et des modèles « pour tous ceux qui croient » (1 Thess. 1. 6 à 8). Gaïus est appelé « bien-aimé » à cause de son témoignage fidèle à la vérité. Ce titre, si précieux, est donné d’abord au Seigneur Lui-même, par son Père : « Tu es mon Fils bien-aimé » (Marc 1. 11), et aux enfants de Dieu en général (1 Jean), c’est-à-dire à ceux qui portent les mêmes caractères que le Seigneur : « Saints, mis à part, et bien-aimés » (Col. 3. 12 ; Dan. 10. 11).
Jean dit, touchant Gaïus : « Le bien-aimé, que j’aime dans la vérité » (v. 1). Expression qui montre à quel point l’amour et la vérité sont indissociables. L’amour sans la vérité n’est qu’un amour de complaisance, et la vérité sans l’amour deviendrait vite du pharisaïsme. On peut s’estimer fidèle et manquer d’amour.
L’amour divin ne fait pas acception de personnes. Gaïus marchait dans la vérité et dans l’amour, avec grâce. Son âme prospérait et Jean souhaite qu’il prospère de plus en plus. Le souhait du chrétien est une prière. Gaïus était-il maladif ? Ce n’est qu’une conjecture. En tout cas, Jean semble désirer que sa prospérité visible de l’extérieur et la santé de son ami aillent de pair avec son bien être spirituel. Encore faut-il se rappeler qu’une mauvaise santé et la souffrance sont des moyens, dans la main de Dieu, de nous amener à nous rejeter sur Lui et à faire par ce moyen des progrès spirituels. Les vents du nord et du midi sont appelés à souffler sur sa plantation, pour que ses aromates s’exhalent (Cant. 4. 16).
Mais ne restons pas indifférents, si quelqu’un parmi nous est malade (1 Tim. 5. 23). Souvent, quand tout va bien, nous nous éloignons de Dieu. Mais Il dit toujours : « Perfectionnez-vous » (2 Cor. 13. 11). Notre corps est le temple du Saint-Esprit. Utile à peu de chose, l’exercice physique ne doit pas supplanter la piété. Celle-ci aura des effets sur toute notre vie ici-bas et pour l’éternité (1 Tim 4. 8).
La piété nous engagera à prier pour ceux qui sont encore dans leurs péchés (Rom. 10. 1). Elle nous rendra obéissants, « sages quant au bien, et simples quant au mal » (Rom. 16. 19). Dieu veuille qu’il puisse être dit que nous marchons dans la vérité, « ornant l’enseignement qui est de notre Dieu Sauveur », par notre conduite (Tite 2. 13).
v. 4 à 7. La vie de Gaïus était pleinement en accord avec l’enseignement du Psaume 1. 1 à 3 : il marche dans la séparation du monde – un tel état est déclaré bienheureux (v. 1) ; il se nourrit de la Parole, jour et nuit (v. 2) ; il est comme un arbre planté près des eaux, il prospère, sa croissance est harmonieuse (v. 3).
Jean était encouragé d’entendre un si bon témoignage rendu au sujet de Gaïus, alors que tant de dangers menaçaient l’assemblée, au milieu de laquelle sévissait aussi un Diotrèphe. Ce dernier prenait peut-être pour prétexte la prudence, pour chasser les frères étrangers visiteurs, hors de l’Assemblée. Mais ses vrais motifs étaient loin d’être bons.
Comme Paul le fait constamment et le recommande (Phil. 4. 8 et 9), Jean commence par parler de ce qui glorifie Dieu. La conduite de Gaïus était le reflet de sa piété intérieure. Dans une période de sécheresse spirituelle, il portait du fruit pour Dieu, selon la promesse de Jérémie 17. 7 et 8. Gaïus aimait « en action et en vérité » (1 Jean 3. 18), il agissait fidèlement envers tous les frères, même les étrangers, quand ils apportaient la vérité quant à Christ. Il mettait en application l’enseignement du Seigneur dans Matthieu 25. 31 à 40, où II s’identifie aux Siens. Il le fait aussi dans Actes 9. 5 : « Je suis Jésus que tu persécutes ».
On se souvient que Joab n’est pas nommé parmi les « hommes forts » de David. Mais son porteur d’armes l’est, car Dieu avait discerné les vrais motifs de ce cœur dévoué. Il prenait part avec amour et simplicité aux combats de l’Éternel. Gaïus agissait de la sorte. Est-ce aussi notre cas ?
Israël est comparé à une vigne, que Dieu a soigneusement cultivée mais qui n’a produit que des raisins sauvages (És. 5. 1 à 3). Le Seigneur seul est le « vrai cep ». Les croyants, qui sont semblables à des sarments, participent à la vie de Christ lui-même (Jean 15. 1 à 8). Ils sont appelés à porter « beaucoup de fruit » à la gloire de Dieu. Comme Gaïus, prenons « le joug du Seigneur » et « apprenons de lui » (Mat. 11. 29 et 30), pour refléter quelques traits de ses caractères, même dans ce temps de « petites choses », qu’il ne faut pas « mépriser » (Zach. 4. 10).
On voit en Matthieu 10. 40 à 42 que celui qui donne est identifié aux yeux de Dieu avec celui qui reçoit de sa part ; il recevra la même récompense de la part du Seigneur. Mais il faut que le mobile soit l’amour (Jean 15. 12).
Dieu désire que nous ouvrions toutes grandes les portes de notre maison à un frère fidèle qui est de passage. Et l’apôtre exhorte Gaïus à leur faire aussi la conduite, comme s’il s’agissait de Dieu Lui-même. De telles exhortations sont fréquentes dans les épîtres : Tite 3. 13 et 14 ; 1 Corinthiens 16. 6 ; 2 Corinthiens 1. 15 et 16 ; Romains 1. 24 ; 2 Corinthiens 8. 23 et 24. C’est toujours encourageant pour un frère, d’être accueilli et accompagné (Act. 28. 15), en particulier s’il est jeune et craintif (1 Cor. 16. 10 et 11).
Abraham est vu faisant la conduite à l’Éternel lui-même, et apprenant à cette occasion ce que Dieu s’apprêtait à faire et qu’il ne voulait pas lui cacher (Gen. 18. 16 à 22). En 2 Timothée 1. 16 à 18, Onésiphore cherche soigneusement, jusqu’à ce qu’il ait trouvé l’apôtre Paul alors en prison. Quel encouragement pour ce dernier de voir un tel zèle !
Même les étrangers vivant en Israël devaient être traités comme des Israélites de naissance (Lév. 19. 34). La Parole nous exhorte à faire « du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10). C’est une manière de prendre part à l’évangile (Phil. 1. 3 à 5). Nous sommes responsables de recevoir, d’accompagner et d’honorer avec amour, ceux qui « sont sortis pour le nom », restant entièrement dépendants du Seigneur.
Leur responsabilité est de se montrer digne de tels soins. Nous devons demeurer fidèles et humbles devant Dieu et les hommes, toujours conscients que nous sommes « des serviteurs inutiles ». Notre modèle, le Seigneur lui-même, « n’avait pas un lieu où reposer sa tête » (Mat. 8. 20 ; Luc 9. 58), et l’on voit plutôt un village de Samaritains refuser de Le recevoir, parce que sa face était tournée vers Jérusalem.
v. 8 à 10. Si nous sommes exhortés à recevoir ceux qui marchent dans la vérité, c’est afin de « coopérer avec la vérité » (v. 8 ; 2 Cor. 1. 11). Nous le ferons aussi par des supplications. Il ne faut jamais oublier que « nous sommes collaborateurs de Dieu » (1 Cor. 3. 9).
L’hospitalité est l’un des devoirs de l’amour que Dieu place devant nous (1 Jean 4. 11 ; Rom. 15. 1 ; Act. 5. 29). C’est un privilège que Dieu nous accorde (Héb. 13. 1).
Tous les dons doivent s’exercer pour la bénédiction du corps de Christ (Rom. 12. 4 à 8). Il est parlé des « aides » en même temps que des plus grands dons (1 Cor. 12. 28). Soyons disponibles, pour répondre à la volonté de Dieu qui a « préparé à l’avance les bonnes œuvres, afin que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10). Ce service doit s’exercer spécialement envers des serviteurs qui dépendent entièrement du Seigneur pour leurs besoins. Mais dans ce service aussi, ne laissons pas de place à notre propre volonté. Sinon, nous pourrions suivre les pensées de la chair. Ce serait « du bois, du foin, du chaume », destinés à être brûlés (1 Cor. 3. 11 à 15).
Recevoir les envoyés du Seigneur, c’est Le recevoir lui-même (Mat. 10. 40), ou comme si l’on recevait un ange (Gal. 4. 14). On reçoit « à la gloire de Dieu » (Rom. 15. 7).
Diotrèphe était tout l’opposé de Gaïus et Dieu met à nu ses vrais motifs. La vanité de notre chair non jugée peut gâter une vie chrétienne tout entière. Rien ne permet de supposer que Diotrèphe n’était pas un chrétien. Mais il voulait occuper « la première place » et affirmait violemment son autorité. Il se montrait jaloux de ses prérogatives et le sentiment de sa propre importance l’amenait à rejeter les serviteurs itinérants qui auraient voulu visiter l’assemblée. Retenons l’avertissement que nous trouvons dans la conduite de Diotrèphe. Par nature, nous sommes tous « remplis de nous-mêmes ».
Cet homme avait oublié que le parfait modèle, Christ, a pris volontairement la dernière place. C’est Lui qui est seul Chef sur la Maison de Dieu (Éph. 5. 23 ; Col. 1. 18). Pierre met en garde les anciens – il l’était lui-même, tout comme Jean – de ne pas « dominer sur des héritages mais d’être les modèles du troupeau » (1 Pier. 5. 3).
Faire sciemment du mal à des croyants, c’est comme « toucher la prunelle de son œil » (Zach. 2. 8). Diotrèphe « débitait de méchantes paroles » contre l’apôtre.
Jacques stigmatise l’usage pernicieux que l’on peut souvent faire de notre langue (Jac. 3. 6) et produire ainsi beaucoup de mal. « Ne parlons pas l’un contre l’autre » (Jac. 4. 11).
C’est souvent l’oisiveté qui pousse à aller « de maison en maison », à être « causeur », à se « mêler de tout » et à « dire des choses qui ne conviennent pas » (1 Tim. 5. 13).
L’orgueil spirituel se manifestait dans le comportement de Diotrèphe, devenu un instrument dans la main de Satan, tout comme cet Alexandre, l’ouvrier en cuivre (2 Tim. 4. 14).
Jean, qui avait une autorité apostolique, se propose, s’il visite ces croyants, de se souvenir de ce mauvais conducteur. On retrouve la même autorité chez Paul (1 Cor. 4. 21). C’est une autorité qui peut aller très loin (1 Cor. 5. 5). Jean respecte l’Assemblée et la laisse à sa responsabilité, avant d’agir lui-même, si l’Assemblée manque à exercer la discipline. Elle doit agir lorsque les droits du Seigneur ne sont pas respectés (Act. 5. 1 à 10). « Quiconque voudra être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave » (Mat. 20. 27).
v. 11 à 15. Dieu a noté soigneusement tout ce qui se passait dans cette assemblée : il s’y trouvait en tout cas deux croyants qui marchaient à la gloire du Seigneur et un autre qui le déshonorait. Si le Seigneur entre au temple, regarde tout ce qui s’y passe, sans dire un mot, le lendemain, il chasse dehors les marchands et les changeurs (Marc 11. 11). Plus tard, il purifiera tout ce qui Lui appartient. Il prend note et agit en conséquence.
Le christianisme doit être positif. Nous sommes exhortés à « imiter le bien » qui est de Dieu (1 Jean 3. 9), et non le mal qui est du diable. Faisons du bien avec sagesse, et soyons simples, en appelant mal ce qui est mal (Rom. 16. 19).
L’apôtre s’adressant de nouveau à Gaïus, l’appelle « Bien-aimé », terme qui suppose une profonde communion et prend une résonance particulière, quand on lit ce qui précède, concernant Diotrèphe. Si le mal est contagieux, inversement, le bien a un effet stimulant et apaisant.
Malgré de brillantes qualités, Gaïus, devant l’autorité écrasante d’un Diotrèphe, aurait pu se décourager. Quand la chose est nécessaire, nous devons savoir dire non, et même nous opposer au mal (Gal. 2. 11). Le Psaume 34. 12, cité en 1 Pierre 3. 11 et 12, exhorte le croyant à se détourner du mal et à faire le bien. Dieu est très attentif à tout ce que nous faisons.
L’état de Diotrèphe pouvait résulter d’un réel manque de soins à son égard. Avertissons nos frères avec amour, et pratiquons le lavage des pieds (Jean 13. 14). Il faut imiter la conduite de ceux de nos frères qui sont de bons exemples (Phil. 3. 17 ; 1 Cor. 11. 1), et être attentifs l’un à l’autre.
Démétrius n’était pas un homme présomptueux, il avait le témoignage de tous. En lui, la vérité était démontrée dans une mesure telle qu’elle témoignait en sa faveur.
Sa marche conforme à son enseignement, faisait que l’apôtre aussi rendait témoignage de son intégrité et de son dévouement. Dans cet ordre d’idées, on pense à ce qu’il est dit d’Étienne (Act. 6. 8) et de Corneille (Act. 10. 1 et 2).
Dans la deuxième épître de Jean, les faux docteurs mettaient l’amour en avant, pour rejeter la vérité ! Diotrèphe, lui, manquait d’amour, sous le prétexte de préserver la vérité, mais ses vrais motifs étaient de satisfaire son orgueil. Gardons de façon équilibrée ces deux piliers de la vie chrétienne, la vérité et l’amour, pour la gloire de Christ.
Luc 6. 26 nous met en garde, cependant, contre ce désir de vouloir plaire indistinctement à tous les hommes : nous ne serions plus « le sel de la terre » (Mat. 5. 13). Peut-être que Démétrius faisait partie de ceux que Diotrèphe rejetait ? Mais sa vie s’identifiait à la vérité. Comme en ce temps-là, la vérité malmenée a besoin de tels témoins pour être maintenue. C’est important aux yeux de Dieu, car le témoignage du Seigneur nous est confié.
L’apôtre préférait « parler bouche à bouche » avec Gaïus. Il faut se souvenir que tout n’est pas forcément bon à écrire.
Le but de l’apôtre, dans ces deux épîtres, était d’apporter des exhortations de la part de Dieu. Il ne cherche pas à nommer tous ceux qu’il voudrait que Gaïus salue. Il diffère à cet égard de Paul, dans ses épîtres (Rom. 16. 1 à 16 ; Col. 4. 10 à 18).
Appelons amis, ceux auxquels la Parole reconnaît ce caractère. On les distingue de trois manières : Christ est mort pour eux (Jean 15. 13) ; ils obéissent au Seigneur (Jean 15. 14), et connaissent tout ce que le Seigneur a entendu de son Père (Jean 15. 15).
D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac