
Nous avons trouvé le peuple de Dieu dans la détresse et la plus profonde misère. Le roi qu’ils avaient demandé ne leur était d’aucun secours : ni lui, ni eux ne savaient se tourner du côté de l’Éternel qui seul pouvait les délivrer de toutes leurs détresses.
Les voici sans ressources en présence des Philistins qui étaient leurs pires ennemis, et ils sont réduits à se cacher dans les lieux désolés de la terre. La différence entre eux et ceux qui ont affaire avec Dieu dans toutes leurs circonstances est grande.
Pauvre Saül ! Dans cette extrémité, il se souvient que Samuel lui avait dit d’attendre à Guilgal pendant sept jours jusqu’à ce qu’il descende vers lui (ch. 10. 8), et qu’il lui ferait savoir ce qu’il aurait à faire. Il attend jusqu’au jour assigné mais, voyant que le peuple se dispersait d’auprès de lui, il dit : « Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices de prospérités ». Et le voici qui offre l’holocauste lui-même, sans que l’homme de Dieu soit avec lui.
Il montre ainsi son manque de confiance en la parole qu’il lui avait dite, et par conséquent en la parole de l’Éternel dont Samuel était le porteur. Il a patienté un moment, mais il n’a pu soutenir l’épreuve jusqu’à la fin.
Comme il achevait d’offrir l’holocauste, Samuel arrive. Quelle confusion pour Saül ! « Qu’as-tu fait ? » lui dit Samuel. Saül avoue qu’il n’a pas fait la seule chose qu’il aurait dû faire en pareille circonstance : il n’a pas supplié l’Éternel.
Quand nous sommes dans les difficultés, dans les peines, dans les détresses, notre ressource est toujours en Dieu Lui-même, et c’est à Lui que nous avons à nous adresser en toute confiance : « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver », disait le psalmiste (Ps. 46. 1). Il est le Dieu des délivrances. Il entend nos cris et Il y répond dans la puissance d’un amour qui ne varie jamais.
Dans tout cela, Saül a montré qu’il n’y avait aucune relation entre son âme et Dieu, et qu’il ne possédait pas cette foi de grand prix sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, et sans laquelle nous ne pouvons que nous égarer. « Tu as agi follement », lui dit Samuel, « tu n’as pas gardé le commandement de l’Éternel ». La conséquence désastreuse pour Saül en a été que son règne n’a pas subsisté et qu’un autre a été roi à sa place.
Nous avons là bien des enseignements pratiques. Premièrement, je vous ferai remarquer, chers enfants, l’importance de la foi qui croit Dieu sur parole et qui agit en conséquence ; ensuite l’obéissance absolue en Sa Parole, obéissance qui ne calcule, ni ne raisonne, mais qui dit simplement : Dieu a parlé, je dois obéir sans me préoccuper des conséquences et des résultats de ce que je ferai.
Le peuple était dans un pauvre état : il n’y avait plus que six cents hommes avec Saül. Où étaient les trois mille qu’il s’était choisis lui-même ? La plus grande partie, n’ayant pas plus de foi en l’Éternel que leur roi, s’étaient enfuis. La peur des ennemis leur avait fait abandonner le roi qu’ils avaient désiré et dans lequel ils s’étaient réjouis quand ils avaient crié : « Vive le roi ! » Voilà le résultat de la confiance en l’homme.
Seul un petit nombre restait attaché au roi ; malgré tout, c’était l’Éternel qui l’avait établi sur eux, et ils lui devaient obéissance et fidélité. Jonathan était avec eux, et, bien différent de son père, il savait se confier en Dieu ; c’est lui qui allait être un instrument puissant dans Sa main pour la délivrance du peuple. Si l’homme montre son incapacité – et il ne saurait faire autre chose – par contre la foi brille dans tout son éclat, lorsqu’en apparence tout lui est contraire. C’est ce que nous verrons dans la suite de notre récit.
Il y a une autre chose que j’aimerais vous faire remarquer : les ennemis avaient réduit le peuple à l’impuissance en l’empêchant de forger des armes. Comment aller à la guerre sans cela ?
Pour nous, deux armes puissantes et invincibles sont entre nos mains. Ne laissons pas nos ennemis nous les ravir.
La première est la Parole de Dieu, qui est l’épée de l’Esprit. Elle est vivante et opérante, plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants ; elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles. Les épées des hommes apportent la mort là où elles pénètrent ; la nôtre produit la vie, la vie éternelle, dans les cœurs qu’elle transperce. Ne négligez pas la lecture de ce saint Livre afin de bien le connaître et de pouvoir vous en servir contre toutes les ruses de votre grand ennemi, Satan.
Vous savez que notre Seigneur s’est toujours servi de cette épée quand il a été tenté par ce redoutable adversaire. Il l’a vaincu simplement en disant : « Il est écrit… » « Il est encore écrit ». « Il est aussi écrit ». Battu sur toute la ligne, Satan a dû Le laisser et s’en aller confus.
La seconde arme est la prière. Par elle nous faisons intervenir Dieu dans nos circonstances. Qui peut résister à ce Dieu puissant quand II intervient en notre faveur ? C’est ce que nous verrons dans le chapitre suivant.
Vous vous souvenez que nous avons vu le peuple de Dieu dans une grande détresse, caché qu’il était dans les cavernes, dans les broussailles, dans les rochers, dans les lieux forts et dans les fosses : un peuple sans armes en présence d’un redoutable adversaire. Sur eux était un roi sans puissance, sans ressources ; même son armée se retirait de lui ; et, ce qui était le pire de tout, ce roi, sans foi, ne savait pas même crier au Dieu qui lui avait donné son trône et qui seul pouvait le délivrer. Voilà le résultat de la folie du peuple qui avait voulu un roi comme les autres nations.
Par contre, Jonathan, le fils de Saül, qui était un homme de foi, avait déjà remporté une victoire sur les ennemis. Cette victoire, loin de les abattre et de les humilier, n’avait eu pour résultat que de mettre la haine dans le cœur de ces ennemis, et les voici qui, de nouveau, rassemblent une armée nombreuse comme le sable qui est sur le bord de la mer. La foi de Jonathan ne se laisse pas arrêter par de telles difficultés ; au contraire, c’est pour elle une occasion de remporter de nouvelles victoires, ainsi que nous allons le voir dans le chapitre 14 que nous lirons ensemble aujourd’hui.
Vous remarquez que, dans le commencement de ce chapitre, Jonathan est seul avec son jeune homme, celui qui portait ses armes. Celui-ci était un homme de foi comme son maître, un inconnu du monde ; nous ne savons pas même quel était son nom, mais soyons certains qu’il était bien connu de Dieu et que, dans un jour à venir, il aura une place glorieuse parmi ses grands hommes. C’était un précieux serviteur qui suivait son maître et qui lui obéissait sans raisonnement, même en présence de difficultés qui paraissaient insurmontables. Il pouvait lui dire : « Fais tout ce qui est dans ton cœur ; va où tu voudras, voici, je suis avec toi selon ton cœur » (v. 7).
Heureux les jeunes qui possèdent en partage une foi de pareil prix et qui la montrent, non en faisant des choses qui brillent aux yeux des hommes, mais simplement dans l’obéissance à la Parole de Dieu, en marchant dans le sentier de la foi. Je dis : « sentier », car le chemin dans lequel les fidèles ont à marcher est toujours un chemin resserré et étroit, comme nous allons le voir. Vous savez, du reste, où conduit le chemin large. Lisez Matthieu 7. 13 et 14 où nous voyons où aboutissent les deux chemins.
Jonathan n’était donc pas avec son père dans ce moment-là et il ne lui fit pas connaître ce qu’il allait faire. La foi ne peut rester associée avec l’incrédulité, ni avoir affaire avec elle dans l’œuvre de Dieu : ce sont deux choses absolument incompatibles. Il vaut mieux, infiniment mieux, être seul avec Dieu que dans la compagnie des incrédules, même avec toute une armée.
Pour Jonathan, voir les ennemis prospérer et le peuple de Dieu dans l’oppression et la souffrance, était une chose insupportable, aussi dit-il à son jeune homme : « Viens, et passons jusqu’au poste des Philistins qui est là, de l’autre côté ». Ignoré du peuple de Dieu et de son roi, il entreprend une œuvre qui pouvait paraître téméraire, même impossible. Mais la foi compte sur un Dieu qui sauve avec beaucoup ou peu de gens.
Les Philistins s’étaient établis dans un poste qui paraissait imprenable. Deux rochers à pic en défendaient l’approche, et seul un passage resserré et abrupt pouvait conduire Jonathan vers eux. Ce chemin était si difficile à escalader qu’il fallait s’y agripper avec les mains et les pieds. Fallait-il donc s’y aventurer ?
C’est Dieu qui va le leur dire, et cela par la bouche même de leurs ennemis ! Si les Philistins leur disaient de se tenir où ils étaient, c’était bien ; ils les attendraient sur place et ils pourraient les recevoir avec la puissance infinie du Dieu qui combattait pour eux et qui fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Si les ennemis leur disaient de monter vers eux, ce qui était encore plus dangereux, il n’y avait qu’à le faire, malgré le rude chemin par lequel il fallait s’approcher d’eux.
Mais comment donc Jonathan et son compagnon pouvaient-ils les combattre, puisque même leurs mains étaient nécessaires pour escalader le rocher ? Soyez sans crainte, glorieux champions de la foi ! C’est Dieu qui combattra pour vous et vous verrez la délivrance qui vient de l’Éternel ; les ennemis de son peuple ne sont devant lui que du chaume emporté par le vent.
« Monte après moi », dit le valeureux Jonathan à son serviteur, « car l’Éternel les a livrés en la main d’Israël ». Parole merveilleuse. Il ne dit pas : l’Éternel les a livrés en mes mains, ce qui pourtant était le cas, mais en la main d’Israël. Dans sa victoire il reste associé au peuple de Dieu. Ce n’est pas sa propre personne qui est en jeu dans toute cette scène, mais bien le peuple bien-aimé de Dieu. Lui, Jonathan, n’était qu’un instrument dans la main de ce Dieu tout puissant. La cause n’était pas celle de Jonathan, mais bien celle de tout le peuple. Jonathan n’était rien à ses propres yeux ; il ne voyait que le bien du peuple.
La frayeur de Dieu est sur tous les ennemis : Où est Saül et son armée ? Loin du lieu de la victoire de la foi. Ainsi sont toujours les incrédules : ils ne voient, ni ne connaissent les merveilles du Dieu tout puissant.
Voici donc Jonathan et son serviteur qui ont remporté une grande victoire. Les sentinelles de Saül regardèrent et virent la multitude des ennemis qui s’en allaient et s’entre-tuaient. Ignorant ce qui s’était passé, Saül montre son incapacité en présence de la victoire comme il l’avait montrée en présence des ennemis.
Non seulement cela, mais aussi, il est une entrave aux résultats définitifs de la victoire. Il montre ici comme toujours ce qu’est la chair lorsqu’elle s’ingère dans les choses de Dieu et veut s’associer à Son œuvre dans le monde.
Peut-être ne comprenez-vous pas bien ce que veut dire ce mot « la chair ». Lisez à ce sujet le chapitre 8 de l’épître aux Romains ; là vous trouverez plusieurs fois ce mot en contraste avec « l’Esprit ». Dieu appelle « la chair », la mauvaise nature qui est dans l’homme à cause de sa désobéissance à la volonté de Dieu. Adam avait été créé innocent, ne connaissant pas le mal ; dans le paradis terrestre il était capable de jouir de Dieu, son Créateur, et de tout ce que ce Dieu plein de bonté avait mis à sa disposition ; mais, ayant écouté la voix de l’ennemi, qui l’a trompé, l’homme est devenu pécheur, aimant le mal, craignant Dieu, le haïssant et s’éloignant de Lui de plus en plus. Ses pensées sont obscurcies et il ne sait discerner, ni ce qui est bon, ni ce qui est agréable à Dieu. Sa nature est mauvaise et incurable. C’est cette nature mauvaise qui est appelée la chair.
Elle peut avoir une belle apparence, comme c’était le cas chez Saül ; mais, malgré cette apparence, il était toujours opposé aux pensées de Dieu. C’est pourquoi il est dit que « la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Rom. 8. 6 et 7).
C’est pourquoi aussi le Seigneur dit à Nicodème : « Il faut être né de nouveau ». Pourtant Nicodème était un docteur de la loi et, par conséquent, un homme très religieux (Jean 3. 1 à 10). Malgré tous ses privilèges, il lui fallait une nouvelle nature, une nouvelle vie pour pouvoir entrer dans le royaume. Il lui fallait être né de nouveau Cette nouvelle vie s’acquiert par la foi au Seigneur Jésus. Lisez le v. 16 de ce chapitre 3 de Jean et vous verrez que celui qui croit a la vie éternelle. Il est donc né de nouveau puisqu’il possède une vie qu’il n’avait pas auparavant.
Avez-vous la vie éternelle ? Êtes-vous nés de nouveau ? C’est une des questions des plus solennelles. Pour en avoir la certitude, il ne faut pas regarder au dedans de soi, mais croire simplement ce que Dieu dit. Croyez-vous au Seigneur Jésus ? Oui ? Eh bien ! Vous avez la vie éternelle, vous êtes nés de nouveau. C’est Dieu qui le dit ; le Dieu qui ne peut mentir le déclare dans Sa Parole.
Cette vie nouvelle aime Dieu, se réjouit en Lui, Le sert et Lui obéit, Lui est agréable. Ceux qui la possèdent ne sont pas dans la chair, mais dans l’Esprit, car c’est le Saint Esprit qui produit cette vie, par le moyen de la Parole qui opère en puissance dans le cœur et la conscience de l’homme qui est né de nouveau. J’aime à penser que vous croyez simplement ces choses. C’est par la foi qu’on les possède. Or « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » Rom. 10. 17).
Vous voyez la différence bien marquée entre Saül et Jonathan ? Le premier, malgré ses aimables qualités, n’agissait jamais avec Dieu ; c’était un homme dans la chair. Jonathan, son fils, au contraire, était un homme de foi. Il faisait intervenir Dieu dans ses actes et Dieu lui manifestait Ses pensées et déployait devant lui Sa puissance. Il était un instrument de bénédiction pour le peuple de Dieu, ainsi que nous l’avons déjà vu deux fois. Il a manifesté par la suite de nouvelles manifestations de sa foi.
D’après La Bonne Nouvelle 1945