LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (5)

Le séjour à Sichem n’a pas été profitable à Jacob ni à sa famille, bien au contraire. Au lieu d’y passer seulement, comme je vous l’ai dit dans notre précédente leçon, il s’y est établi, il a acheté un champ, il y a dressé sa tente et même bâti un autel au Dieu d’Israël, le Dieu de son père. En apparence, tout allait bien : il était riche, il avait des troupeaux, il possédait des terres, il adore le Dieu qu’adorait son père, mais dans tout cela il ne jouissait pas de la communion avec Dieu, et Dieu ne pouvait pas le bénir ni le faire jouir de Sa faveur.

Le chapitre 34 de la Genèse nous fait le récit de choses profondément tristes qui se sont passées pendant que Jacob était établi dans ce lieu où il n’aurait dû être qu’un étranger et un voyageur. Sa fille Dina sortit pour voir les filles du pays. La voici dans le monde.

Hélas ! Le monde est trompeur et méchant, Satan en est le prince. Oh ! N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Ne jetez jamais un regard de convoitise sur les choses que le monde vous offre, et surtout, ne vous associez jamais avec le monde, que ce soit sous une forme ou sous une autre, pas même avec le monde religieux.

Je pourrais vous raconter de bien tristes histoires qui se sont passées dans beaucoup de familles de chrétiens parce que les enfants ont voulu aller voir ce qui se passait dans le monde. Croyez que je vous aime et que je veux votre bien en vous avertissant ainsi. Dina en a fait l’amère expérience.

Un mal en engendre un autre, et voici Siméon et Lévi, les frères de Dina qui, furieux de l’outrage fait à leur sœur, usent de violence et de ruse. Ils deviennent des meurtriers et attirent sur eux la malédiction de leur père. Lisez à ce sujet dans le chapitre 49 de la Genèse les v. 5 à 7.

Enfin, Jacob doit s’enfuir d’un lieu où il n’aurait jamais dû s’arrêter. Il s’en va chassé par la peur et y abandonne le champ qu’il avait acheté à prix d’argent. Qu’a-t-il donc récolté à Sichem ? De la honte, de la crainte et de la frayeur.

Le voici qui reprend son voyage et, malgré tout, la main de Dieu est sur lui pour le protéger ; il met la frayeur sur les villes qui l’entourent et on ne le poursuit pas. Mais quel déshonneur la famille de Jacob a jeté sur le nom du Dieu d’Abraham et d’Israël dans les lieux où il a voulu séjourner. A quoi servait la belle profession religieuse qu’il avait faite en dressant un autel à Sichem ?

Nous ne pouvons que déshonorer le nom du Seigneur si notre conduite n’est pas en rapport avec la sainteté du Dieu que nous professons servir. Souvenez-vous sans cesse que c’est votre manière d’être et de faire qui seule peut être en témoignage autour de vous. A quoi servirait, par exemple, de distribuer des traités, de parler de Jésus, si votre conduite ne glorifie pas le Seigneur ? Il vaut mieux montrer sa foi par ses œuvres que par des paroles.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 35 de notre livre de la Genèse. La première chose sur laquelle je veux attirer votre attention, c’est sur la fidélité invariable de Dieu envers son pauvre serviteur Jacob. Malgré toutes ses fautes, malgré les choses pénibles et humiliantes qui se sont passées à Sichem, le Dieu plein de bonté s’occupe de lui pour son bien.

Nous aurions pensé que Dieu aurait dit : Maintenant, que Jacob aille seul un bout de chemin et qu’il récolte un peu les conséquences de sa folie… Non ! « Lève-toi, monte à Béthel, et habite là », lui dit-il.

Vous vous souvenez sans doute de Béthel dont le nom veut dire : « Maison de Dieu ». Il y avait donc en ce moment-là une maison où l’on pouvait rencontrer l’Éternel, un lieu où Il habitait. C’était là qu’Il s’était révélé à Jacob lorsqu’il s’enfuyait de devant Ésaü, son frère. Je pense que vous n’avez pas oublié ce que je vous ai dit au sujet de l’échelle de Jacob au chapitre 28 de notre livre. Béthel est souvent mentionné dans l’Ancien Testament. Chaque fois que vous en trouvez le nom en lisant les Écritures, pensez à ce que ce nom signifie. Cela vous aidera à comprendre l’enseignement que Dieu veut vous donner dans ce passage.

Dieu a voulu habiter au milieu des hommes, il prend Son plaisir en eux et Il veut les bénir. Lorsque le peuple d’Israël a été délivré de l’Égypte et introduit dans le désert, l’Éternel a donné des ordres à Son peuple afin qu’il lui construise un tabernacle. Il voulait ainsi habiter au milieu d’eux. Les chapitres 25 à 40 du livre de l’Exode nous donnent les ordonnances concernant le tabernacle : il était merveilleux !

Une fois entré dans le pays de la promesse, Salomon a bâti un temple magnifique et la gloire de l’Éternel l’a rempli. Lisez le livre des Psaumes et notez les passages où il est question de cette maison et des bénédictions qui s’y rattachent, et qui sont la part de ceux qui sont dans cette maison. Vous verrez comme elles sont grandes.

Lisez beaucoup la Parole de Dieu, elle est remplie de merveilles !

Dans le Nouveau Testament nous trouvons aussi une maison de Dieu, un lieu où Dieu habite et où nous pouvons jouir de Sa présence et des bénédictions qui sont dans Son sanctuaire. Ce n’est pas une maison matérielle comme celle que Salomon a bâtie, mais une maison spirituelle composée de pierres vivantes. Tous ceux qui croient au Seigneur Jésus sont les pierres vivantes de ce glorieux édifice. Ils sont unis les uns aux autres par le Saint Esprit, et lorsque deux ou trois, et naturellement aussi un plus grand nombre, sont assemblés au nom de Jésus, Il est là au milieu d’eux. Lisez quelques passages à ce sujet : Matthieu 18. 19 à 20, puis 1 Corinthiens 14. 23 à 25, dans 1 Pierre aussi, chapitre 2. 5 et 6. Vous trouverez des enseignements concernant cette maison. Il y en a aussi beaucoup d’autres que vous trouverez au fur et à mesure que vous lirez les épîtres.

Il y a bien des choses que je ne puis vous enseigner dans ce moment concernant cette maison, cela prendrait trop de temps et il y en a plusieurs que vous auriez encore de la peine à comprendre, mais soyez bien pénétrés de cette pensée que l’assemblée est la maison de Dieu sur la terre, et que là où deux ou trois sont assemblés au nom de Jésus, Il est là au milieu d’eux et là, par son Saint Esprit, Il bénit, réjouit et console ceux qui viennent chercher Sa présence.

J’aimerais aussi que vous lisiez les trois premiers versets du chapitre 5 du livre de l’Écclésiaste. Vous verrez là qu’il y a donc une maison de Dieu sur la terre, ou si vous aimez mieux, sous le soleil, comme nous le dit ce livre. Il est dit de s’approcher pour entendre. Qu’entend-on dans une telle maison, si ce n’est la voix de Dieu Lui-même ? Nous comprenons que nous devons nous approcher avec un saint respect, conscients de la grandeur de Dieu, nous qui sommes de pauvres mortels, pécheurs et coupables.

Jacob, en allant à Béthel, a compris qu’il devait purifier sa maison de tout ce qui était incompatible avec la sainteté de Dieu. C’est pourquoi il a dit : « Ôtez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et purifiez-vous, et changez vos vêtements ». Souvent il arrive qu’il y a dans notre vie ou dans nos maisons bien des choses qui sont peu en harmonie avec la gloire de Dieu. Nous avons à les juger, à les confesser et à nous en débarrasser si nous voulons jouir de la bénédiction du Seigneur.

Mais, je vois que je m’allonge beaucoup aujourd’hui. Il faut que je m’arrête et nous reviendrons sur ce chapitre la prochaine fois.

Nous avons laissé Jacob à Béthel, la maison de Dieu, dans le pays de Canaan, où il est monté et tout le peuple qui était avec lui. Là il bâtit un autel au Dieu qui s’était révélé à lui ; il est ainsi devenu un adorateur. C’est le glorieux privilège de tous les rachetés de pouvoir adorer Dieu dans la mesure où Il s’est révélé à leurs âmes.

Jacob connaissait le Dieu qui s’était révélé à Abraham comme le Dieu Fort tout-puissant ; nous, maintenant, nous connaissons le Dieu qui s’est révélé à nous dans la Personne de Son Fils sous le nom de Père. C’est Lui que nous pouvons adorer en esprit et en vérité.

J’aime à penser que le plus grand nombre d’entre vous connaissent le Seigneur Jésus comme leur Sauveur ; mais permettez-moi .de vous demander si vous avez pensé que, en vous amenant à lui, Dieu a voulu faire de vous des adorateurs ? Il veut que tous ceux qui sont à Lui accomplissent ce précieux service dans Sa sainte présence. L’adorer, c’est L’aimer par-dessus toutes choses, c’est Lui témoigner sa reconnaissance par des actions de grâces et le chant de Ses louanges. C’est Lui parler de Son Fils bien-aimé, de ce qu’Il a fait, de Son amour et de Sa grâce, rappeler Son œuvre à la croix, Ses souffrances et Sa résurrection glorieuse. Si nous faisons cela, Dieu est glorifié et Son cœur est réjoui.

Jacob à Béthel pouvait rappeler à l’Éternel comment Il s’était révélé à lui lorsqu’il s’enfuyait de devant son frère, comment Il lui avait fait de précieuses promesses, comment Il avait pris soin de lui pendant son long séjour chez Laban, comment Il l’avait comblé de richesses et ramené dans le pays de la promesse.

N’avez-vous rien à dire au Seigneur pour tous les bienfaits dont Dieu vous a comblés dès votre enfance ? N’avez-vous pas à Le bénir pour le don du Seigneur Jésus et pour la glorieuse espérance d’être bientôt pour toujours avec Lui dans le ciel même ? Ne pouvez-vous pas vous réjouir de ce que ce divin Sauveur a glorifié Dieu sur la terre et a accompli le plus grand des sacrifices pour nous délivrer de notre misère et pour glorifier Dieu, là où nous l’avions déshonoré de tant de manières ?

Pendant que Jacob séjournait à Béthel, Débora, la nourrice de sa mère, meurt et il faut l’enterrer sous un chêne, en pleurant. Vous vous souvenez que Rebecca, lorsqu’elle a quitté sa famille pour aller à la rencontre d’Isaac, a pris sa nourrice avec elle (Gen. 24. 59). Jacob, qui avait cette femme avec lui dans ce moment, est dépouillé de ce dernier souvenir de sa mère ; une mère qu’il ne devait plus revoir ici-bas. Il y avait bien de quoi pleurer.

Ici-bas les choses les plus précieuses nous sont reprises les unes après les autres. Ce que nous aimons doit tôt ou tard nous être retiré, et c’est ainsi, dépouillés d’une chose puis d’une autre, que nous avançons dans la vie. Mais il est un Ami fidèle, plus attaché qu’un frère, qui nous reste et qui ne fait jamais défaut. Il demeure le même lorsque tout passe, et Il suffit à tout en toutes circonstances : c’est Jésus. Puissiez-vous l’avoir pour l’Objet suprême de vos cœurs.

Ce chapitre 35 du livre de la Genèse contient de telles richesses que nous nous en occuperons encore aujourd’hui.

Vous vous souvenez que nous avons laissé Jacob enterrant la nourrice de sa mère, Débora, sous un chêne dont le nom fut appelé Allon-Bacuth, ce qui veut dire : Chêne des pleurs. Souvent, après une épreuve, Dieu répand sur nous de nouvelles bénédictions ; du reste s’Il éprouve, Son but est toujours de nous bénir.

Or, voici Dieu qui apparaît de nouveau à Jacob et qui le bénit. Il lui rappelle que son nom ne sera plus Jacob, mais Israël, ce qui veut dire : prince de Dieu. Quelle grâce de lui avoir ainsi changé son nom, faisant pour ainsi dire disparaître ce qu’il avait été autrefois, un supplanteur, de telle manière qu’on ne voyait plus rien de ce que la grâce de Dieu avait produit en lui. Dieu est un Dieu de grâce, Il se plaît à bénir ceux qui reconnaissent devant Lui leur culpabilité. Vous savez que la grâce n’est que pour les coupables ; confessez-Lui donc vos fautes et demandez-Lui toutes les choses dont vous avez besoin. En venant ainsi à Lui, jamais vous ne serez confus. Peut-être qu’Il vous fera attendre la réponse à vos prières afin d’éprouver votre foi et afin de voir si vous savez vous confier pleinement en Lui, mais ne doutez jamais de Sa fidélité.

L’Éternel renouvelle les promesses qu’Il a faites à Jacob, Il lui en fait encore d’autres et Il lui annonce que des rois sortiraient de lui. Vous savez que David, Salomon et d’autres grands rois sont des descendants de Jacob, mais le plus glorieux de tous est sans conteste le Seigneur Jésus, le Roi de gloire qui a bien voulu naître de Marie qui était de la postérité de Jacob, par le roi David.

De nouveau Jacob érige une stèle, un monument qui rappelle ce qui s’est passé dans ce lieu. Son cœur devait être bienheureux en pensant à tout ce que Dieu avait fait pour lui et à tout ce qu’il avait vu et entendu à Béthel. Il part de là et continue son chemin ; mais voici une nouvelle épreuve plus douloureuse que la première, c’est Rachel, son épouse chérie, qui meurt à Bethléhem. Elle lui laisse un fils qui sera pour lui un souvenir précieux de cette femme qu’il a aimée et pour laquelle il a été serviteur pendant sept ans. Il doit enterrer Rachel sur le chemin d’Éphrath.

Vous lirez dans le prophète Michée, ch. 5. 2, ce qui nous est dit d’Éphrath. Vous lirez aussi le commencement du chapitre 2 de l’évangile selon Matthieu et vous verrez que c’est là que le Seigneur est né, chose qui a été annoncée par le prophète plus de sept cents ans à l’avance. Comment donc les incrédules lisent-ils les Écritures ? Qui peut dire à l’avance ce qui doit arriver si ce n’est Dieu seul ?

Rachel, en mourant, appelle son fils Ben-Oni, ce qui veut dire : « fils de ma peine » ; mais la foi de Jacob dans ce moment s’élève au-dessus des choses visibles et l’appelle : Benjamin, « fils de ma droite ». Nous pouvons dans toute cette scène distinguer des rayons de la gloire de Christ : si Sa venue a été un grand sujet de souffrance pour la nation juive, et cela à cause de leur incrédulité, nous savons par contre que Jésus est le Fils de la droite du Père et que par Lui tous Ses conseils auront leur plein accomplissement.

A la fin de sa vie Jacob rappelle ce qui s’est passé dans ce moment-là (ch. 48. 7). C’est une douleur qui l’a accompagné pendant le reste de sa vie ; une blessure qui ne s’est jamais cicatrisée. Que de choses pénibles nous portons souvent avec nous pendant notre voyage ici-bas. Dieu se sert de toutes ces choses pour notre profit et pour nous amener à prendre conscience que le bonheur n’est pas ici-bas, mais bien là-haut, dans la maison du Père.

Pour finir Jacob arrive à Mamré, à Kiriath-Arba où était son père. Il le retrouve vivant, après un si long temps d’absence. Ce devait être une bienheureuse rencontre, mais ici-bas rien ne dure ; son père meurt et il doit l’enterrer.

Souvenez-vous que tout passe dans ce monde et que, tôt ou tard, vos parents vous seront repris si le Seigneur tarde encore. Dans ce jour-là, que Dieu veuille que vous n’ayez pas le regret d’avoir causé du chagrin à ces parents qui ont pris soin de vous dans votre enfance.

Vous remarquez que dans ce chapitre nous n’avons pas moins de quatre enterrements : Le premier au v. 4 où Jacob enterre les idoles, le second au v. 8 où il enterre Débora, le troisième au v. 7 où il enterre Rachel, enfin le quatrième au v. 29 où il enterre son père. Que d’enseignements dans ce chapitre ! Soyez bien certains qu’il en contient encore beaucoup d’autres que nous n’avons pas su voir. La Parole de Dieu est infinie.

En continuant la lecture de notre livre de la Genèse, nous arrivons au chapitre 36 que nous considérerons un peu aujourd’hui. Peut-être que plus d’un d’entre vous va dire : « Mais, ce chapitre ne contient guère que des noms, quel profit retirerions-nous de sa lecture ? » C’est vrai, il y a beaucoup de noms, mais puisque Dieu s’est donné la peine de nous écrire ce chapitre, le moins que nous pouvons faire est de nous donner la peine de le lire, et de le lire avec attention. J’ajouterai même que souvent j’ai pensé que les enfants et les jeunes gens devraient le lire fréquemment, il est rempli d’instructions pour eux.

Nous avons donc laissé Ésaü et Jacob enterrant leur père. Maintenant nous allons voir ce que firent ces deux frères une fois qu’ils sont laissés à eux-mêmes. Ils vont montrer le véritable état de leurs âmes et quelles sont les relations qu’ils ont avec Dieu. Jusqu’à ce jour ils peuvent peut-être avoir marché sur les traces d’Isaac ou, par égard pour lui, avoir agi comme lui ; maintenant que vont-ils faire ?

Notre chapitre commence par ces mots : « Et ce sont ici les générations d’Ésaü », de même que le v. 2 du chapitre suivant nous dit : « Et ce sont ici les générations de Jacob ».

Donc, dans notre chapitre, Dieu va nous faire connaître ce qu’ont été les générations d’Ésaü, qui est Édom.

Pourquoi Dieu nous rappelle-t-il ici que le nom d’Ésaü a été changé en celui d’Édom ? Vous vous souvenez que ce nom lui a été donné après le marché qu’il a fait avec Jacob, lorsque, pour un plat de lentilles, il a vendu son droit de premier-né. Ce nom rappelle donc qu’il était un profane et que les promesses divines n’avaient pas de prix pour son cœur.

Hélas ! ce chapitre qui est devant nos yeux nous le montre tout du long. Ce n’est pas dans un moment de défaillance qu’il a montré ce qu’il était en vendant son droit de premier-né, mais toute sa vie en a été la manifestation. Ici nous voyons qu’il prend ses femmes d’entre les filles de Canaan. Ce que son père Abraham avait dit à propos des filles des Cananéens n’avait pas de sens pour lui (ch. 24. 3). Par ses mariages, il montre qu’il ne possédait pas la foi de ses pères.

Maintenant, il va plus loin dans le chemin de l’incrédulité et il prend ses femmes, et ses fils, et ses filles, et toutes les personnes de sa maison, et ses troupeaux, et tout son bétail et tout le bien qu’il avait acquis dans le pays de Canaan, et s’en va loin de son frère, loin du pays de la promesse, loin de la terre que l’Éternel avait donnée à Abraham et à sa postérité. Pour Ésaü, le bon pays que l’Éternel avait choisi pour Son peuple ne valait pas mieux que la montagne de Séhir.

Pauvre Ésaü ! Il ne comprenait rien aux choses qui sont du domaine de la foi. Pour lui, le présent seul avait de l’importance ; il était le même que lorsque, pour un seul mets, il avait vendu son droit de premier-né.

Il pouvait alléguer de bonnes raisons pour agir ainsi : ses troupeaux étaient nombreux, ceux de son frère aussi ; il semblait même faire preuve de désintéressement en s’en allant ainsi, mais le fond de tout cela était simplement de l’incrédulité. C’est, pourquoi il nous est dit : « Et Ésaü habita dans la montagne de Séhir : Ésaü, c’est Édom (un profane).

Là, dans ce pays, il a prospéré, et sa famille aussi. Ses fils, qui étaient nombreux, sont tous devenus des chefs ainsi que vous le voyez dans les versets 15 à 19. Il est de nouveau répété : « Ésaü, c’est Édom ». Triste refrain, comme une complainte sur Ésaü et sur sa famille.

Dans ce pays de Séhir on trouve des sources chaudes. Elles ne désaltèrent guère, bien loin de ressembler aux eaux de Siloé qui coulent dans le pays de la promesse. Des sources chaudes ! On peut mourir de soif auprès de sources pareilles.

Dans ce pays aussi, on a régné avant qu’il y eut un roi sur Israël. Là on règne et là on meurt. Nous lisons : « Et il mourut et un autre régna à sa place, et il mourut, et un autre régna à sa place ». C’est là ce qu’ont trouvé Ésaü et sa postérité : c’est là la part qu’ils ont eue. Ils sont bien loin d’avoir confessé qu’ils étaient étrangers et forains sur la terre et qu’ils attendaient la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur. Ils n’ont pas eu une tente et un autel, comme Abraham, qui est mort dans la foi et qui régnera avec Christ. Nous ne voyons ni Ésaü, ni aucun des siens enterrés dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté des fils de Heth.

Vous voyez que ce chapitre contient plus d’un enseignement important. Que voulez-vous choisir pour vous-même : les choses présentes qui passent ou une part avec un Christ rejeté et, dans l’avenir, la gloire éternelle avec Lui ? C’est une question importante entre toutes ; il y va de votre bonheur éternel. Les choses qui se voient : troupeaux, richesses, honneurs ne sont que pour un temps, mais les choses qui ne se voient pas : Christ et Sa gloire, sont éternelles.

Maintenant nous arrivons à l’histoire de Joseph, récit merveilleux que, sans doute, plus d’un d’entre vous a lu avec intérêt. Puissions-nous recevoir ensemble beaucoup de joie et de bénédiction par la lecture de la fin de ce livre de la Genèse qui nous fait connaître ce fils bien-aimé de Jacob, et par ce moyen nous amène à mieux connaître le Seigneur Jésus ; le divin Joseph, car toutes les Écritures nous parlent de Lui.

Le Seigneur, étant sur la terre, a dit : « Sondez les Écritures, ce sont elles qui vous parlent de moi ». Essayez donc de lire cette histoire de Joseph en mettant le nom de Jésus à la place du nom de Joseph, et vous verrez comment ce récit deviendra merveilleux, et comment, par ce moyen, vous apprendrez à connaître bien des choses concernant ce divin Sauveur.

C’est donc le chapitre 37 qui commence ce récit au v. 2. Le premier verset nous dit que Jacob habita dans le pays de Canaan où son père avait séjourné. Ceci est en contraste avec ce que nous avons vu dans le chapitre précédent où Ésaü est allé habiter dans la montagne de Séhir. Malgré toutes ses fautes, Jacob appréciait les promesses divines ; elles avaient du prix pour son cœur, et le pays de la promesse valait mieux pour lui que toute autre partie du monde entier. Lorsqu’il était à Charan chez Laban, son désir était de revenir dans le pays de ses pères. Il montre sa foi aux promesses divines en agissant ainsi.

Maintenant, au v. 2, ainsi que nous venons de le voir, commence le récit de la vie de Joseph : « Ce sont ici les générations de Jacob : Joseph, etc. » Je pense que si je vous avais demandé de mentionner les générations de Jacob, vous auriez certainement commencé en mentionnant Ruben, Siméon, Lévi, Juda, etc., et vous auriez terminé en mentionnant les deux plus jeunes, Joseph et Benjamin. Dieu nous parle d’une tout autre manière. Pour Lui, il n’y a ici qu’un seul des fils de Jacob qui compte comme génération : c’est Joseph, car il est un type de Christ.

Au milieu de la multitude d’hommes qui ont été sur la terre, il y en a un seul qui compte devant Lui, un seul dans lequel Il a trouvé toute Sa satisfaction, tout Son bon plaisir : c’est Jésus ! Lui seul a glorifié Dieu sur la terre, sur Lui le ciel s’est ouvert lorsque le Père a fait entendre Sa voix, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).

J’aimerais que vous vous réjouissiez en pensant à ce fait, qu’il y a eu un Homme qui a glorifié Dieu sur la terre. L’évangile nous fait connaître Sa personne et toute l’excellence de cette vie qui a commencé dans la crèche de Bethléhem et qui s’est terminée sur la croix du Calvaire. Dans Sa vie et dans Sa mort Il a toujours fait les choses qui étaient agréables à Dieu : c’était comme un parfum précieux et de bonne odeur qui montait continuellement vers le ciel.

Joseph ici, au v. 2, nous est présenté comme paissant le menu bétail. Certainement, en lisant ce verset, vous avez pensé au bon Berger, le souverain Pasteur dont nous parle souvent la Parole. Vous connaissez le Psaume 23, le ch. 10 de Jean et d’autres portions des Écritures qui nous parlent de Lui.

J’aime à penser que tous vous pouvez dire : Le Seigneur est mon Berger. Il ne faut pas dire : Il est notre Berger. C’est trop général ; il nous faut quelque chose de plus positif, de plus sûr, de plus personnel. Il est mon Berger ! Que c’est précieux ! Si peut-être parmi les lecteurs de la « Bonne Nouvelle » il y a un enfant qui ne puisse pas dire avec certitude qu’il est une brebis du bon Berger, je l’engagerais à lire avec attention dans l’évangile de Luc les v. 4 à 7 du chapitre 15. Là nous entendons le Seigneur qui nous parle de Ses brebis. Vous remarquerez qu’il nous est dit une seule chose de sa brebis : c’est qu’elle était perdue.

En considérant la chose, nous pouvons savoir si nous sommes une de ses brebis. Avons-nous, un jour dans notre vie, dit : Je suis perdu ? Il est évident que c’est une découverte effrayante lorsque nous apprenons que nous sommes perdus. Cela remplit le cœur de frayeur ; mais quelle joie lorsque nous apprenons que le bon Berger est précisément venu chercher cette brebis parce qu’elle était perdue !

Il n’y a pas de bonheur comparable à celui-ci. Qui peut dépeindre le bonheur que l’on éprouve en sachant que l’on est sur les épaules du bon Berger, Lui qui nous porte, bien joyeux, jusque dans la maison du Père ?

Vous voyez ainsi que dès les premiers mots du récit de la vie de Joseph, le Saint Esprit veut nous occuper de la Personne du Seigneur Jésus. Nous Le voyons comme au travers des ombres de l’Ancien Testament. Mais lorsque nous arrivons dans le Nouveau Testament, ces ombres fuient et nous pouvons Le contempler dans toute Sa gloire.

Avant de continuer l’histoire de Joseph, je dois attirer votre attention sur la conduite des fils de Bilha et de Zilpa, les frères de Joseph : ils avaient une mauvaise renommée. Leur conduite jetait du déshonneur sur le nom de l’Éternel que Jacob invoquait.

Il arrive souvent que les enfants des chrétiens se conduisent plus mal même que les enfants qui n’ont pas le privilège d’entendre parler du Seigneur dans leur maison. Soyez bien pénétrés de la pensée que votre manière d’être, de faire, que vos paroles et vos actions peuvent être en bénédiction, ou aussi des pierres d’achoppement pour les personnes qui vous voient et vous entendent. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11).

Joseph rapporta ces choses à leur père. Évidemment il ne le fit pas dans un esprit de critique ou de supériorité vis-à-vis de ses frères, mais il souffrait de voir leur conduite. Ce n’est pas bien de cacher le mal pour favoriser ceux qui le font. L’amour ne peut pas supporter ce qui n’est pas bien, surtout chez ceux que l’on aime.

Cela nous fait penser au divin Joseph, Lui le saint et le juste ; II était dans un monde méchant. Ainsi qu’il est écrit : « Il était dans le monde, et le monde fut fait par lui, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». Il a été haï de Son peuple Israël, malgré toute Sa bonté envers eux. Israël était loin de Dieu, malgré toutes ses prétentions religieuses et il nous est dit que le nom de Dieu est blasphémé à cause d’eux (Rom. 3. 24). Lorsque le Seigneur est venu au milieu de Son peuple, il n’y a trouvé que des transgresseurs de la loi.

Israël aimait Joseph plus que tous ses fils. Nous voyons ici un des rayons merveilleux de la gloire du Seigneur Jésus. Jésus est le Fils bien-aimé de Son Père. Nous sommes incapables de connaître la satisfaction, le bon plaisir que le Père a trouvé dans le Fils de Son amour, Celui qui a toujours fait les choses qui Lui plaisent.

Nous lisons dans Jean 3. 35 : « Le Père aime le fils ». Vous êtes-vous demandé pourquoi Il nous le dit ? C’est afin que nous aussi nous L’aimions et que nous trouvions nos délices et notre joie en Lui. Notre communion est avec le Père, est-il dit en 1 Jean 1. 3, ou, si vous comprenez plus facilement, nous avons une part en commun avec le Père ; et quelle est cette part sinon son Fils lui-même ? Dieu nous l’a donné. Vous réjouissez-vous en Lui chaque jour ?

Nous pouvons bien L’aimer, car c’est Lui qui nous a aimés le premier. Dans Son grand amour, Il est descendu sur la terre pour nous sauver par Ses souffrances et par Sa mort, cette mort qu’Il a endurée sur le mont Calvaire.

Jacob a revêtu Joseph d’une tunique bigarrée, ou si vous préférez, d’une tunique de diverses couleurs. Cette tunique devait être fort belle puisque c’était son père qui la lui avait faite : elle était un témoignage de tout son amour pour lui. Elle nous fait penser aux gloires variées de la Personne du Seigneur. Combien ces gloires sont diverses : Il est le Roi de gloire, le Messie d’Israël, l’Homme parfait, l’Homme des conseils éternels de Dieu, Celui qui doit régner sur tout l’univers, Il est le Fils unique et bien-aimé du Père, Il est le parfait Serviteur…

Je n’en mentionne que quelques-unes, vous pouvez vous-même regarder tous les titres glorieux qui lui sont donnés dans les Écritures. Tout, dans Sa personne adorable est amour, grandeur et beauté, chantons-nous quelquefois.

Voyez vous-même dans le chapitre 28 du livre de l’Exode la description des vêtements de gloire et de beauté d’Aaron, le grand souverain sacrificateur. Tout ce que nous connaissons de plus beau et de plus précieux était employé dans la confection de ces vêtements précieux qui nous parlent, eux aussi, des gloires de notre divin Seigneur.

Les frères de Joseph virent que leur père l’aimait plus que tous ses frères et ils le haïssaient et ne pouvaient lui parler paisiblement. De même, les Juifs qui haïssaient le Seigneur Jésus L’entendant lorsqu’Il leur parlait de Son Père, prirent des pierres pour Le lapider.

Mais nous ne faisons que commencer l’histoire de Joseph. Vous voyez que, dès le début, nous pouvons y voir quelque chose du Seigneur Jésus, car Lui est le vrai, le divin Joseph, Celui que le Père aime de toute éternité. Lisez ce récit et notez d’avance ce qui vous semble parler de Jésus, et vous verrez si vos notes sont justes et si elles correspondent avec ce que je vous dirai de Lui dans la suite.

Voici déjà bien longtemps depuis que je vous ai parlé de Joseph la dernière fois. Depuis lors bien des choses se sont passées sur notre pauvre terre. Avez-vous un peu pensé à la quantité de larmes qui coulent pendant une seule journée : que d’accidents, que de morts, et que de cris de détresse qui montent vers le ciel dans un seul jour. Dieu voit tout cela, rien n’échappe à Son œil et à Son oreille. Il connaît aussi toutes les fautes de Ses créatures, Il entend tous les blasphèmes que les hommes impies profèrent chaque jour. Sa patience est grande. Il nous est dit, dans la seconde épître de Pierre, que cette patience est salut. Ce qui veut dire que, s’Il attend, c’est qu’Il veut que des âmes soient sauvées.

Dieu ne vous demande peut-être pas d’annoncer l’évangile pendant que vous êtes jeunes, mais vous pouvez néanmoins collaborer à son travail d’amour en priant pour ceux qui périssent, afin que Dieu les sauve pendant qu’il en est encore temps.

Mais je vois que je ne vous parle pas encore des songes de Joseph comme je vous avais promis de le faire lors de notre dernière leçon. Certainement vous avez eu des songes et même plusieurs fois. Ces songes sont souvent oubliés, mais d’autres fois ils ont produit sur vous une impression plus ou moins profonde ; vous y avez repensé, peut-être même que vous les avez racontés. Dieu se sert quelquefois de ce moyen pour parler aux hommes. « Car Dieu parle aux hommes dans un songe, dans une vision de nuit, quand un profond sommeil tombe sur les hommes, quand ils dorment sur leurs lits », lisons-nous dans le livre de Job, ch. 33. 14 et 15.

Joseph eut deux songes qui produisirent sur lui une profonde impression, puisqu’il les raconta à ses frères. Dans le premier, il était à lier des gerbes au milieu des champs ; et voici, sa gerbe se leva et les gerbes de ses frères l’entourèrent et se prosternèrent devant sa gerbe. Il raconta le songe à ses frères et ceux-ci le haïrent encore davantage. Ce songe annonçait d’avance la gloire future de Joseph, et il s’est réalisé à la lettre lorsque ses frères, poussés par la famine, descendirent plus tard en Égypte pour y chercher du blé ; alors ils se prosternèrent en terre devant Joseph, car lui seul pouvait leur donner du blé. C’étaient bien les gerbes de ses frères qui se prosternaient devant la sienne.

L’autre songe parlait d’une gloire plus grande encore : le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant lui. Un jour, plus tard, ainsi que nous le verrons dans une autre leçon, Joseph parcourait l’Égypte monté sur son char et on courait devant lui en criant : Abrec ! ce qui veut dire : Qu’on s’agenouille et, bon gré, mal gré, tous devaient s’agenouiller lors de son passage.

Certainement en lisant ces choses, vous pensez à un plus grand que Joseph, le Seigneur Jésus Lui-même. Oui, longtemps à l’avance, le Saint Esprit faisait connaître quelques rayons de Sa gloire. C’est Lui que Dieu a haut élevé et auquel Il a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus est seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 9 à 11).

Ceux qui confessent le nom de Jésus et le reconnaissent comme Seigneur maintenant, c’est pour leur délivrance et leur bonheur éternel. Car : « Si tu confesses Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10. 9). Mais ceux qui ne le font pas maintenant seront forcés de le faire plus tard dans le jour du jugement. Alors de Sa bouche, il faudra entendre prononcer une condamnation éternelle. J’aime à penser que nul d’entre vous ne devra entendre une telle sentence de Sa bouche. Vous repenserez, je l’espère, aux songes de Joseph.

Aujourd’hui, nous voulons encore nous occuper de Joseph tel que nous le trouvons dans le chapitre 37 du livre de la Genèse. Je pense que vous vous souvenez de ce que je vous ai déjà dit à son sujet et que vous avez repensé à sa robe bigarrée et à ses songes.

Les frères de Joseph faisaient paître le menu bétail de leur père à Sichem. Ce nom ne vous est pas inconnu. C’est là que Jacob avait acheté une portion de champ pour cent késitas. Le késita est un morceau d’or ou d’argent servant de monnaie et dont on ignore la valeur, nous le trouvons encore mentionné clans le livre de Job au dernier chapitre. Cherchez-le vous-même et vous le trouverez facilement.

Jacob possédait donc à Sichem une portion de champ et c’est là évidemment que Jacob pensait que son troupeau se trouvait. Il dit à Joseph, son fils : « Tes frères ne paissent-ils pas le troupeau à Sichem ? Viens, et je t’enverrai vers eux. Et il dit : Me voici ». Vous remarquez l’empressement dont fait preuve Joseph pour obéir à son père. Immédiatement il est prêt à répondre à sa volonté, et cela sans tarder.

Je ne saurais trop vous recommander une obéissance absolue à vos parents. Jamais vous ne regretterez de l’avoir fait. Il est aussi important de le faire sans tarder. Si vous remettez à plus tard, il est fort probable que vous ne ferez jamais ce qu’on attend de vous : l’ennemi aura vite fait de trouver un empêchement à ce que vous le fassiez : un oubli, un jeu qu’on ne veut pas interrompre, des raisonnements, etc., il est rusé pour conduire dans le chemin de la désobéissance.

N’oubliez jamais l’exhortation du Seigneur aux enfants : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère, c’est le premier commandement avec promesse, afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre » (Éph. 6. 1 et 2).

Jacob lui dit : « Va, je te prie, voir si tes frères se portent bien, et si le bétail est en bon état, et rapporte-m’en des nouvelles ». Et il l’envoya de la vallée d’Hébron ; et il vint à Sichem. Joseph savait parfaitement quels étaient les sentiments de ses frères à son égard, et qu’ils le haïssaient, mais il va. Puisque son père l’avait envoyé, il a obéi sans faire d’objections. Quelle belle leçon il nous donne à chacun de nous.

Ce qui est dit ici nous fait penser à Celui que le Père a envoyé dans un monde méchant. Obéissant à la volonté de Celui qui l’avait envoyé, Il a dit : « Voici, je viens ; il est écrit de moi dans le rouleau du livre : c’est mes délices, ô Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 7 et 8). Divin Sauveur ! Pour Lui, obéir c’était souffrir ; mais rien ne L’a arrêté dans le chemin où Il a marché en glorifiant Dieu depuis la crèche de Bethléhem jusqu’à la croix du mont Calvaire. Vous remarquez ici de nouveaux rayons de la gloire du divin Joseph, le Seigneur Jésus. Ayez constamment devant vos yeux ce divin modèle, afin que vous puissiez suivre Ses traces, et faire comme Il a fait.

Joseph ne trouva pas ses frères au lieu où son père l’avait envoyé ; il aurait pu dire : Puisque je ne les trouve pas, je vais rentrer à la maison ; j’ai fait ce que mon père m’a commandé. Au lieu de cela, il erre dans les champs et s’informe où sont ses frères. Il ne veut pas s’en retourner sans avoir accompli sa mission. Souvent, lorsque vous accomplissez une tâche qui vous a été confiée, vous vous découragez à la première difficulté que vous rencontrez.

Joseph a persévéré jusqu’au bout et a atteint le but que son père lui avait assigné. Mais, pauvre Joseph ! son obéissance lui a coûté cher. C’est ce que nous verrons la prochaine fois, si le Seigneur n’est pas venu.

Nous avons laissé Joseph allant vers ses frères. Vous vous demandez sans doute comment il fut reçu par eux. Il les trouva en Dothan, loin du lieu où il pensait qu’ils étaient. C’est là qu’ils faisaient paître le troupeau. Ils le voient venir de loin ; et, au lieu de se réjouir de voir leur frère qui venait de la part de leur père s’enquérir de leur bien-être, ils complotèrent contre lui pour le faire mourir. Cela nous fait penser au passage bien connu que nous trouvons dans le premier chapitre de l’évangile de Jean en rapport avec le Seigneur Jésus : « Il vint chez soi et les siens ne l’ont pas reçu ».

Une pensée de haine gardée dans le cœur peut conduire aux choses les plus affreuses, même au meurtre. Du reste il est dit que celui qui hait son frère est un meurtrier (1 Jean 3. 15). Les frères de Joseph parlent de le jeter dans une citerne et de tromper leur père en lui disant qu’une mauvaise bête l’avait déchiré.

Malgré tout, Dieu veillait sur Joseph et il s’est servi de Ruben pour le délivrer de leurs mains. Il semble qu’un travail de conscience s’opérait dans le cœur de ce fils aîné de Jacob. Non seulement il cherche à délivrer Joseph, mais, quand il trouve la citerne vide, il dit : L’enfant n’y est pas, et moi, où irai-je ? Quelle question solennelle : Où allait-il ? Il avait de graves péchés sur la conscience. Qu’en serait-il de lui lorsqu’il faudrait rendre compte de ses fautes ?

Vous êtes-vous posé cette question un jour dans votre vie ? Où pensez-vous que vous allez ? Dieu, le Dieu miséricordieux pouvait faire de Ruben un objet de Sa grâce ; il ne repousse pas le plus grand des coupables qui vient à Lui et qui reconnaît sa misère.

Les frères de Joseph le jettent dans une citerne qui ne contenait pas d’eau, et sans se soucier de sa détresse, le laissent là. Après cela ils s’assirent pour manger le pain comme si tout allait bien. Nous pouvons bien penser qu’ils n’ont pas rendu grâce à Dieu pour ce pain qu’Il leur donnait. Quand on est dans le mal, on ne se soucie pas de Dieu. J’aime à penser que jamais vous n’oubliez de témoigner à Dieu la reconnaissance qui lui est due pour tous les bienfaits qu’Il vous dispense chaque jour.

Après cela, voici une caravane de chameaux conduits par des Ismaélites qui se rendaient en Égypte pour y vendre leurs marchandises. Ils tirèrent Joseph de la citerne et le vendirent à ces marchands. Voilà Joseph emmené bien loin de sa maison paternelle. Ses frères avaient dit au v. 20 : Nous verrons ce que deviendront ses songes. Ces malheureux ne pensaient guère qu’en envoyant Joseph en Égypte, ils préparaient ainsi le chemin pour l’accomplissement de ces songes, et que bien des années plus tard ils devraient eux-mêmes descendre en Égypte pour y chercher du blé, et qu’ils s’y prosterneraient en terre devant Joseph. Alors leurs gerbes seraient bien prosternées devant la sienne. Le méchant fait toujours une œuvre qui le trompe ; et toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.

Voici Joseph en Égypte. Les frères se sont débarrassés de lui, et Jacob pleure son fils bien-aimé. Nous pouvons un peu nous représenter la douleur de ce vieillard. Pauvre Jacob ! Il récoltait les conséquences de ses fautes. Il avait trompé son père, trompé Laban, et voici que ses propres fils le trompent sans cœur et sans conscience, ils lui mentent et lui rapportent la tunique bigarrée de Joseph toute ensanglantée. Hélas ! Que de larmes versées ! Pendant bien des années Jacob mène deuil. Dieu doit se servir de ce moyen douloureux pour l’amener à juger tout un passé dans lequel il n’a pas glorifié le Dieu qui l’avait comblé de bienfaits. Lorsque Dieu a commencé une œuvre dans le cœur et la conscience de quelqu’un, Il ne le laisse pas jusqu’à ce que le but qu’Il s’est proposé soit pleinement atteint. Il lui faudra peut-être des années pour y arriver, mais un jour celui dont Il s’occupe pourra, comme le roi David, dire : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert ! » (Ps. 32. 1).

Vous remarquez que Dieu, dans Sa parole, nous donne un récit véridique de la vie de ceux dont Il nous raconte l’histoire. Il ne nous cache pas leurs fautes, car Il est le Dieu de vérité. En le faisant, Il nous montre ce que nous sommes, et de quoi nous sommes capables. Sa Parole est comme un miroir qui nous montre ce que nous sommes. En la lisant, nous sommes amenés à dire : « Garde-moi, car je me confie en toi ! »

Je suis certain qu’il vous tarde de savoir ce qu’est devenu Joseph lorsqu’il a été emmené en Égypte. Les marchands l’ont vendu à un nommé Potiphar, officier du roi d’Égypte. Les rois d’Égypte possédaient le titre de Pharaon. Vous trouverez souvent ce nom dans la suite, mais généralement ce sont des personnages différents, car les Pharaons ont été très nombreux.

Joseph pouvait se demander le pourquoi de toutes ces choses qui lui arrivaient. Pourquoi ces songes ? Pourquoi les épreuves qu’il devait traverser ? C’était Dieu qui par ce moyen voulait éprouver sa foi.

Si parfois dans votre vie les choses semblent aller tout à l’encontre de ce que vous avez pensé, si des épreuves douloureuses surviennent, si tout semble devenir obscur et ténébreux sur votre chemin, ne soyez jamais découragés et ne doutez jamais de l’amour de Dieu. C’est dans Sa fidélité qu’Il soumet votre foi au feu ardent de l’épreuve. Il a un but d’amour en le faisant, un but digne de Lui. Les résultats en seront d’autant plus précieux que l’épreuve aura été plus grande.

J’aimerais pouvoir vous raconter bien des choses que j’ai vues, mais cela n’est pas possible maintenant ; du reste, je pense qu’elles ne vous seraient pas d’un grand profit ; il vaut mieux que vous-mêmes vous ayez affaire personnellement avec le Seigneur ; nul n’enseigne comme Lui. Son plan est bien tracé dans le ciel en faveur de chacun de nous et Il l’accomplit fidèlement pour notre bien et en vue du but qu’Il s’est proposé, en vue de Sa gloire et de notre bonheur éternel.

Lisez, je vous prie, quand vous aurez un moment disponible, le psaume 77. Vous verrez qu’au v. 13 Sa voie (le chemin qu’Il a tracé d’avance) est dans le lieu saint : là, Son plan est établi avec une parfaite sagesse ; puis au v. 19 « sa voie est dans la mer, ses sentiers dans les grandes eaux ; et ses traces ne sont pas connues ».

C’est bien ce qui en était de Joseph dans ce moment-là. Dieu voulait l’élever dans une grande gloire ; Il lui en avait même fait entrevoir quelque chose dans ses songes, mais pour arriver là il fallait qu’il traverse les grandes eaux de l’affliction et de la souffrance. Vraiment, les traces du chemin dans lequel Dieu le faisait passer n’étaient pas connues. Il semblait que tout allait à l’encontre de ce que Dieu s’était proposé en sa faveur. Au lieu de la gloire, c’était la souffrance ; au lieu de l’autorité, c’était l’esclavage.

Malgré tout, Dieu veillait sur Joseph avec une tendresse infinie. L’Éternel était avec lui et faisait tout prospérer sous sa main. Il trouva grâce aux yeux de son seigneur qui lui confia tout ce qui était dans sa maison. Certainement il avait vu que Joseph était fidèle. S’il n’en avait pas été ainsi, il ne lui aurait pas confié ses biens. S’il s’était révolté, prétextant qu’il avait été volé, vendu et envoyé injustement en Égypte, son maître n’aurait pas pu avoir une confiance illimitée dans son esclave, et Joseph n’aurait pas glorifié l’Éternel, le Dieu des Hébreux, dans ce milieu où il n’était pas connu.

Soyez bien assurés pour vous-mêmes que si vous êtes fidèles dans les petites choses qui vous sont confiées, et même en présence de l’injustice, vous en serez récompensés et le Seigneur vous en confiera de plus grandes. Soyez toujours fidèles en tout temps et en toutes circonstances.

De nouvelles épreuves devaient atteindre Joseph. Vous avez à vous souvenir que le monde dans lequel vous êtes est un monde souillé par le péché et la corruption, et que Satan a divers moyens pour faire broncher. Ici, c’est la femme même de Potiphar qui est l’instrument choisi par l’adversaire pour essayer de le faire tomber. Chaque jour elle renouvelle ses assauts. Comme la position de Joseph était dangereuse ! Il n’y a que ceux que le Seigneur garde qui peuvent échapper aux dangers sans nombre qui assaillent la jeunesse. Tenez-vous bien près de Lui et priez-Le jour et nuit. Ayez en horreur le mal sous toutes ses formes. Non seulement le monde est plein de corruption, mais aussi de mensonges. Celui qui est le prince de ce monde est aussi le père du mensonge.

Or voici Joseph qui est accusé bien à tort. Cette femme se sert du mensonge pour assouvir sa vengeance, car elle n’a pu arriver à ses desseins. Pauvre Joseph ! Il semble que, de nouveau, tout est contre lui. Dieu l’a-t-il oublié ? Non. Il veut encore éprouver sa foi. Maintenant, le voici dans la tour, enfermé avec des malfaiteurs : « On lui serra les pieds dans les ceps, son âme entra dans les fers. Jusqu’au temps où arriva ce qu’il avait dit : la parole de l’Éternel l’éprouva » (Ps. 105. 18 et 19). Dieu l’avait-il trompé par ses songes ? N’accomplirait-II pas Ses promesses ? Sa foi était soumise à une rude épreuve.

De la même manière que dans la maison de Potiphar, Dieu avait les yeux sur lui et Il ne l’abandonnait pas. Bien au contraire, Sa main était sur lui pour le protéger et le bénir.

Voici donc Joseph en prison, souffrant injustement. Que de choses pénibles il a dû traverser et qui étaient bien propres à éprouver sa foi ! Il a pu souvent repenser à son père, à ses frères ; que de souvenirs devaient souvent se presser dans son cœur ! La plupart d’entre vous avez encore des parents qui prennent soin de vous et qui vous entourent d’affection. Savez-vous apprécier un tel privilège ? Vous pouvez leur témoigner votre reconnaissance en leur obéissant en toutes choses ; cela réjouit leur cœur et c’est agréable au Seigneur.

Pendant que Joseph était en prison, deux des officiers du Pharaon, le grand échanson et le grand panetier, furent enfermés dans la même prison à cause de leurs fautes. Tous deux avaient offensé leur seigneur, le Roi d’Égypte. Dieu, par le moyen de songes, leur révéla en une même nuit ce qui devait leur arriver.

Ce fut Joseph qui leur interpréta leurs songes. Il annonça au grand échanson l’heureuse nouvelle de sa prochaine délivrance et au grand panetier un jugement effrayant : dans trois jours il devait être pendu à un bois. Or il est écrit : Maudit quiconque est pendu au bois. Ce passage se trouve même deux fois dans les Écritures ; le premier dans le livre du Deutéronome, chapitre 21. 23 ; vous trouverez facilement l’autre dans l’épître aux Galates. Pour l’un, Joseph a donc été un messager de bonnes nouvelles, pour l’autre il n’a eu qu’une parole de condamnation.

Ces deux hommes sont ici une image de toute l’humanité en rapport avec la Personne du Seigneur Jésus. Pour les uns, il est le Sauveur qui annonce de bonnes nouvelles aux coupables, pour les autres, bientôt, Il sera le Juge et c’est de Sa bouche que les perdus entendront leur propre condamnation.

Nous pouvons nous demander pourquoi ces deux hommes ont eu une fin si différente l’un de l’autre, puisqu’ils étaient coupables tous deux. Il nous est donné peu de détails sur ce qui les concernait, mais nous en avons néanmoins assez pour nous rendre compte de l’état de chacun d’eux. Le grand échanson, dans le chapitre suivant dit : « Je rappelle aujourd’hui mes fautes ». Il savait donc qu’il était coupable, il le reconnaissait.

C’est tout ce que Dieu réclame de l’homme. C’est une parole certaine et digne de toute acceptation que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs (1 Tim. 1. 15). Le Seigneur n’est pas venu chercher des justes, mais des pécheurs. Si nous reconnaissons nos fautes, Dieu nous pardonne ; Il trouve sa satisfaction en le faisant, car Il aime le pécheur.

Par contre, celui qui se justifie lui-même, Dieu ne peut que le condamner. On ne fait grâce qu’à des coupables. Dans le grand panetier nous ne voyons rien qui montre une œuvre de repentance. Les oiseaux qui venaient manger les mets qui étaient dans la corbeille qui était sur sa tête nous font penser aux oiseaux de la parabole du semeur qui venaient dévorer ce qui avait été semé sur le chemin. Puis il nous est dit qu’il vit que Joseph interprétait favorablement, et il a raconté son songe. Il semble qu’il ne se souciait que d’une interprétation favorable, comme ceux qui reçoivent la Parole aussitôt avec joie. Il faut que la Parole pénètre dans la conscience et y opère un profond travail, autrement elle est sans fruit. Il semble aussi qu’il n’avait aucun souci de la vérité : une parole favorable lui suffisait. Il était comme ces personnes nombreuses encore aujourd’hui qui aiment entendre des prédicateurs qui plaisent aux oreilles et ne leur parlent jamais de péché, de jugement, de condamnation. Pour ceux-là, il n’y a qu’une condamnation inévitable.

Ce que Joseph avait dit arriva à ces deux hommes, et certainement ce que le Seigneur a annoncé va arriver : la délivrance pour les uns, le jugement pour les autres. Avec lequel de ces deux hommes vous trouverez-vous ? Attendez-vous avec joie le moment de la délivrance qui est assurée, ou n’avez-vous devant vous qu’un jugement certain, la malédiction éternelle d’un Dieu que vous avez offensé par vos nombreux péchés ? C’est une question solennelle entre toutes. Il faut qu’elle soit réglée aujourd’hui même. Qui sait si vous avez encore trois jours d’attente comme ces deux hommes.

Maintenant, encore un mot en terminant. Joseph avait dit au grand échanson : Tu te souviendras de moi quand tu seras dans la prospérité. Mais le grand échanson ne se souvint pas de Joseph et l’oublia. Quelle ingratitude dans son cœur ! Tâchons de ne pas lui ressembler, et que le souvenir d’un Sauveur qui a souffert pour nous et qui nous a annoncé de bonnes nouvelles soit précieux à tous nos cœurs. Voulons-nous oublier le divin Joseph ?

D’après La Bonne Nouvelle 1938