
Première manifestation de Jésus devant Pilate (Mat. 27. 1 et 2. 11 à 14 ; Marc 15. 1 à 5 ; Luc 23. 1 à 5 ; Jean 18. 28).
Voici le lever d’un jour à nul autre semblable dans l’histoire du monde. Le corps des anciens du peuple, principaux sacrificateurs et scribes, tiennent conseil contre Jésus pour le faire mourir. Précédemment le sanhédrin l’avait accusé de blasphème, car il avait confirmé qu’il était le Christ, le Fils de Dieu (Mat. 26. 63 à 66).
Après l’avoir lié, ils le conduisent au prétoire où se trouve Pilate, le gouverneur romain détenteur de l’autorité civile. Lui seul peut prononcer la mise à mort. Ces chefs du peuple ne veulent pas entrer au prétoire pour ne pas se souiller chez un incirconcis, car ils voulaient manger la pâque (Jean 18. 28).
Pour eux la souillure cérémonielle est plus grave que le meurtre de leur Messie. Ils observent les formes d’une religion instituée par Dieu, tout en résistant à la vérité, à tel point qu’ils mettront à mort, ce jour même, celui qui est le véritable Agneau de Dieu, Christ notre pâque.
Mais les chefs religieux, dans leur ruse, comprennent qu’ils ne peuvent pas invoquer des motifs religieux auprès du procureur romain pour l’inciter à condamner Jésus. Ils l’accusent de pervertir la nation, de défendre de donner le tribut à César, se disant être lui-même le Christ, un roi.
Avec de tels arguments dont les deux premiers étaient faux, ils pensaient exciter la jalousie de Pilate, accusant Jésus d’être un rival de César. Quelques jours auparavant le Seigneur avait répliqué qu’il fallait rendre les choses de César à César (Luc 20. 25).
Parmi toutes les allégations exprimées, Pilate ne retient que celle relative à la royauté. Il lui dit : « Toi, tu es le roi des Juifs ? » Et répondant, il lui dit : « Tu le dis ». En présence de l’autorité religieuse, Jésus s’est déclaré Fils de Dieu et fils de l’homme, et devant l’autorité civile il reconnaît être le Roi d’Israël.
Malgré la réponse affirmative Pilate ne semble pas convaincu d’avoir en face de lui un usurpateur du pouvoir romain. Bien plus, frappé par la noblesse morale de l’accusé silencieux, il le déclare innocent : « Je ne trouve aucun crime en cet homme » (Luc 23. 4).
Craignant de ne pas réaliser leur dessein meurtrier, les Juifs renforcent leur insistance, apprenant à Pilate que leur accusé était galiléen. Aussitôt le gouverneur saisit cette occasion pour se dérober et renvoyer Jésus à Hérode, tétrarque de Galilée.
Comparution devant Hérode (Luc 23. 8 à 12).
Cet événement n’est rapporté que par l’évangéliste Luc. Ayant entendu parler de Jésus, de son ministère de grâce en Galilée, auprès des pauvres du troupeau, Hérode espérait voir quelque miracle opéré par lui. Ce n’était pas par un besoin de sa grâce qu’il désirait cette rencontre, mais bien poussé par une curiosité à laquelle s’ajoutait de la crainte.
Au moment où le Seigneur avait envoyé ses disciples en mission pour évangéliser et guérir les infirmes, la rumeur en était parvenue à la connaissance d’Hérode qui éprouva un certain malaise dans sa conscience. Elle lui reprochait d’avoir décapité Jean, homme juste et saint. Plus tard Jésus qualifie Hérode de renard, lorsque les pharisiens Lui révèlent son dessein de le tuer. Mais c’est l’occasion pour Jésus de parler de sa mort à Jérusalem (Luc 13. 31 à 34).
Bien qu’interrogé longuement par Hérode, Jésus reste silencieux. Et malgré les véhémentes accusations des principaux sacrificateurs et des scribes, le tétrarque de Galilée, tout comme le procureur romain, rendent témoignage à l’innocence de Jésus.
Cependant Hérode avec ses troupes le traite avec mépris, se moquant de lui. En signe de dérision, il le revêt d’un vêtement éclatant et le renvoie à Pilate. Dès ce jour Pilate et Hérode deviennent amis, alors qu’ils étaient auparavant en inimitié.
Voilà une amitié fondée sur des sentiments de haine communs à l’égard du Fils de Dieu, homme parfait dont ils ont proclamé l’innocence. N’est-ce pas une preuve suffisante de l’inimitié foncière du cœur de l’homme contre Dieu ?
Deuxième comparution devant Pilate.
Barabbas libéré, Jésus condamné (Mat. 27. 13 à 25 ; Marc 15. 6 à 14 ; Luc 23. 13 à 24 ; Jean 18. 29 à 40).
Pilate reste perplexe devant l’accusé dont la dignité et l’innocence lui inspirent une certaine crainte. Il a la conviction d’être en présence d’un juste, surtout après le témoignage de sa femme et celui de sa conscience (Mat. 27. 19 à 24). Il sait aussi que les chefs du peuple, assemblés auprès de lui, l’ont livré par envie, avec une haine implacable. « Qui subsistera devant la jalousie ? » (Prov. 27. 4)
Jean précise que Pilate est sorti trois fois vers les Juifs pour les apaiser (18. 29 à 38 ; 19. 4) alors que Luc, à trois reprises, présente le témoignage de l’innocence de Jésus par Pilate (23. 4, 14 et 22).
Il ne voudrait pas commettre l’infamie de condamner un innocent. C’est pourquoi il utilise un subterfuge : selon la coutume, de relâcher à la fête un prisonnier. Et par quatre questions posées aux Juifs, excités par la jalousie des chefs religieux, le choix de relâcher Barabbas, un meurtrier et un rebelle, est fixé (Mat. 27. 17, 21 à 23).
La crucifixion de Jésus est exigée par Son peuple, qui peut revendiquer les conséquences du crime le plus odieux de l’histoire de l’humanité (Mat. 27. 25). En livrant Jésus à leur volonté, pour contenter la foule, Pilate, représentant le pouvoir absolu de Rome, étouffe la voix de sa conscience. Le juge, par lâcheté, condamne un innocent à être crucifié.
Ainsi tous les hommes, aussi bien les Juifs que les nations, unis dans une haine commune, sont responsables d’avoir crucifié le Seigneur de gloire. Jésus a rendu témoignage à la vérité (Jean 18. 37). Il a été condamné par l’homme pour la vérité.
Mais selon les conseils de Dieu, Jésus devait porter nos péchés en Son corps sur la croix pour nous racheter par Son sang précieux, qui purifie de tout péché.
Est-il ton Sauveur ?
La fin de Judas (Mat. 27. 3 à 10).
Les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple viennent de tenir conseil contre Jésus pour Le faire mourir. Au moment où ils Le livrent à Ponce Pilate, le gouverneur, Judas se présente. Par son moyen ils ont pu réaliser leur dessein pervers.
Constatant que son Maître était condamné, Judas tourmenté par un vrai remords, reporte les trente pièces d’argent, somme pour laquelle il avait livré le Seigneur. Il fait sa confession : « J’ai péché en livrant le sang innocent ».
D’autres hommes ont formulé un aveu semblable, sans la vraie repentance, fruit de la foi. On peut citer le Pharaon (Ex. 9. 27), Balaam (Nomb. 22. 34), Acan (Jos. 7. 20), Saül (1 Sam. 15. 24). Comme Judas, tous ces hommes sont morts dans leurs péchés.
La réplique des interlocuteurs de Judas est cinglante et sans pitié : « Que nous importe ! tu y aviseras ». Judas pouvait supposer que Jésus se dégagerait sans peine de ceux qui voulaient se saisir de Lui, comme ce fut plusieurs fois le cas (Jean 8. 59 ; 10. 39). Mais cette fois Jésus est condamné, et Judas est saisi d’un désespoir fatal. Jetant l’argent dans le temple, le misérable va se pendre, perdant sa vie et son âme immortelle.
Avertissement solennel pour notre conscience : voilà où peut conduire l’amour de l’argent. Pierre décrit cette fin en Actes 1. 17 à 20.
Insensibles au remords de Judas et à l’innocence de Jésus, dans la dureté de leur cœur, les principaux sacrificateurs ont maintenant un scrupule. Ils ne veulent pas que l’argent du traître soit affecté au trésor sacré, car c’est le prix du sang. Ils décident alors d’acheter le champ du potier pour la sépulture des étrangers. Il est appelé le champ du sang, pour proclamer que du sang innocent a été versé par des coupables.
Ainsi ces hommes misérables réalisent une prophétie les concernant (Zach. 11. 12 et 13). Mais ce champ inculte et stérile sera destiné à être un cimetière. Pourtant, lorsque les Juifs ont mis à mort leur Messie, il n’y a plus lieu d’observer une séparation d’avec les étrangers. Dieu allait bientôt disperser Son peuple parmi les nations.
Outrages des soldats (Mat. 27. 26 à 31 ; Marc 15. 15 à 20 ; Jean 19. 1 à 7).
Pilate vient de déclarer devant les Juifs qu’il ne trouve aucun crime en Jésus (Jean 18. 38). Cependant il le fait fouetter par ses soldats qui se moquent de Lui. Par dérision, ayant tressé une couronne d’épines, ils la mettent sur Sa tête avec un roseau dans Sa main droite. Puis ils Le revêtent d’un vêtement de pourpre en Lui adressant un hommage cynique : « Salut, roi des Juifs ! ». Et ils Lui donnent des soufflets.
Dans cette scène d’outrages, nous pouvons considérer « Celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12. 3). « Il a été opprimé et affligé… comme une brebis muette devant ceux qui la tondent, et il n’a pas ouvert sa bouche » (És. 53. 7). Et les soldats du gouverneur, ayant craché contre Lui, prirent le roseau et Lui en frappaient la tête.
Ces hommes avilis et durs, sans cœur et sans conscience, mettent le comble à leur iniquité à l’égard du saint Fils de Dieu. Ainsi se vérifie la parole de Job : « le juste parfait est un objet de risée » (12. 4).
N’oublions pas de quoi est capable notre cœur naturel, sous l’influence de Satan. Que notre prière soit sans cesse : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi » (Ps. 16. 1).
Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre. Et Pilate dit aux Juifs : « Voici l’homme ». C’est notre Sauveur, honni de tous et rejeté, mais aussi l’Homme des conseils de Dieu qui, sous le jugement inexorable de Dieu, représente l’homme perdu, coupable et souillé.
Par la mort de Jésus sur la croix, Dieu en a fini avec l’homme en Adam, et exalte à Sa droite l’Homme Christ Jésus auquel sont associés pour l’éternité des hommes sauvés et parfaits. Quelle réponse glorieuse est donnée à la question du Psaume 8. 4 !
Quand les principaux sacrificateurs et les huissiers virent Jésus, ils s’écrièrent : « Crucifie, crucifie-le ! » Une nouvelle fois Pilate proclame Son innocence, mais les Juifs insistent : « selon notre loi il doit mourir, car il s’est fait Fils de Dieu » (Jean 19. 7).
Jésus condamné par Pilate (Jean 19. 8 à 16).
Cette révélation que Jésus pourrait être le Fils de Dieu, après la proclamation de Sa royauté, ne fait qu’accroître les craintes de Pilate. Il redoute de condamner un tel prisonnier.
Les paroles mêmes du Seigneur sont revêtues d’une autorité morale attestant qu’Il est le maître de la situation. Pilate, malgré sa mauvaise conscience et tout en évoquant son autorité, doit entendre cette affirmation : « Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi, s’il ne t’était donné d’en haut » (v. 11). Le magistrat païen apprend alors par quelle autorité il est établi (Rom. 13. 1).
Encore une fois, Pilate tente de relâcher Jésus à la suite de Ses dernières paroles. Il n’a aucune prise sur cet accusé extraordinaire. Mais les Juifs renforcent leurs cris en présentant un dernier argument : « Si tu relâches celui-ci, tu n’es pas ami de César ; quiconque se fait roi, s’oppose à César » (v.12).
Le gouverneur, assis sur le tribunal, à la sixième heure du jour de la Préparation de la Pâque, pose une dernière question : « Crucifierai-je votre roi ? » Les chefs religieux répondent : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ». Ils ont fait leur choix, qui met en évidence leur apostasie.
Redoutant les représailles des Juifs et le blâme de César, Pilate sacrifie délibérément l’Innocent. Il a préféré plaire aux hommes et renier sa responsabilité devant Dieu. Il commet ainsi l’acte le plus ignoble et le plus injuste de l’histoire de l’humanité. Ainsi les Juifs, comme les nations, partagent la responsabilité du crime le plus odieux qui ait jamais été commis.
Toi qui es accablé par une souffrance injuste, que cette parole te console : « Christ à souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pier. 2. 21).
Jésus crucifié (Mat. 27. 32 à 56 ; Marc 15. 21 à 41 ; Luc 23. 26 à 49 ; Jean 19. 17 à 37).
Jésus conduit au supplice et crucifié (Mat. 27. 32 à 38 ; Marc 15. 21 à 28 ; Luc 23. 26 à 34 ; Jean 19. 17 à 24).
Dans le récit de Jean, où le Saint Esprit excelle à présenter la dignité du Fils de Dieu, il précise que « Jésus sortit portant sa croix ». Il se dirige vers Golgotha, le lieu où il va être cloué sur cette croix. Les autres évangélistes signalent, sans en donner la raison, que les soldats contraignirent un certain homme, Simon, Cyrénéen… qui passait par là, venant des champs, de porter sa croix. Cela fait penser à ces paroles prononcées par Jésus : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour, et me suive » (Luc 9. 23).
Écoutons ce que Paul enseigne au sujet de la croix : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20).
Sur le chemin conduisant au Calvaire, une grande multitude du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et pleuraient, le suivaient (Luc 23. 27). Avaient-elles l’intuition des graves conséquences résultant de la condamnation à mort d’un innocent ? Certes, elles manifestent une certaine sympathie, prises de pitié devant un tel spectacle. Mais le Seigneur les invite à pleurer sur elles-mêmes et sur leurs enfants, à l’annonce du jugement à venir.
La repentance était le seul moyen d’y échapper. Christ a souffert pour nous sous le jugement de Dieu, évoqué à propos du « bois vert », et le feu inextinguible dévorera « le bois sec » des Juifs apostats.
Maintenant, l’homme met le comble à sa haine contre Dieu, en crucifiant Jésus entre deux malfaiteurs. Il est compté parmi les iniques (Marc 15. 28), comme Ésaïe l’avait prophétisé (53. 12).
Alors que Jésus avait refusé le vinaigre mêlé de fiel, au moment même où Il éprouve en Son corps les premières douleurs de la crucifixion, Il intercède pour Ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). A l’outrage cruel des hommes répond une expression sublime de la grâce. Le Seigneur donne à leur meurtre le caractère d’un homicide par mégarde, pour lequel une ville de refuge était accessible (Jos. 20 ; Act. 3. 17).
Cette intercession, révélant les compassions divines, trouvera sa réponse quelques jours plus tard, lorsque des milliers d’âmes, par la prédication des apôtres, seront amenées à la repentance envers Dieu et à la foi au Seigneur Jésus (Act. 2. 41 et 47 ; 4. 4).
Enfin les soldats font le partage des vêtements, sauf de la tunique qui était sans couture, tissée tout d’une pièce depuis le haut jusqu’en bas, et sur laquelle le sort est jeté selon la prophétie du Psaume 22. 18. Quelle image saisissante de la parfaite justice de Christ, dans Sa marche, Son témoignage, Son service !
De plus, l’écriteau placé sur la croix, tout en soulignant la culpabilité des Juifs exigeant la mort de leur roi, met l’accent sur ce qu’est le Seigneur : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs (Jean 19. 19 à 24). Et malgré l’opposition des chefs du peuple, Pilate maintient son inscription, accomplissant à son insu le dessein de Dieu.
Jésus exposé aux injures de tous (Mat. 27. 39 à 44 ; Marc 15. 29 à 32 ; Luc 23. 35 à 43).
Toutes les classes de la société humaine sont représentées aux abords de la croix de Jésus. Elles sont unanimes pour l’insulter par des sarcasmes, provenant de cœurs remplis d’une haine implacable attisée par Satan. L’humiliation du saint Fils de Dieu est complète, mais Il souffre en silence tout ce qu’Il endure de la part des hommes, physiquement et moralement.
À la croix, la perversité de l’homme, vile créature, atteint son point culminant (Act. 2. 23 ; 5. 30). Jésus a enduré la croix, la contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même, mais Il a méprisé la honte (Héb. 12. 2 et 3). Malgré tout, l’Esprit donne ces récits avec sobriété, et c’est l’esprit prophétique qui nous traduit ce que le Seigneur éprouvait dans Son âme (Ps. 22. 11 à 21).
Ceux qui passaient par là, les gens ordinaires, assistent à ce spectacle qu’est le scandale de la croix (Gal. 5. 11). A partir d’un faux témoignage émis devant le sanhédrin (Mat. 26. 61), leur défi moqueur concerne en réalité le corps du Seigneur lorsqu’Il déclara : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » (Jean 2. 19). Il annonçait ainsi Sa mort et Sa résurrection.
L’autre défi de cette foule anonyme touche à la gloire divine de Jésus : « Si tu es Fils de Dieu, descends de la croix » (Mat. 27. 40). Mais Jésus reste là par amour pour tous ceux qu’Il voulait sauver.
Associés à la foule, les chefs religieux, la classe cultivée du peuple, ajoutent leurs propres moqueries : « Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même ». Ils profanent la gloire du Sauveur du monde (Jean 4. 42). Cloué sur une croix infâme, « le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10).
Puis ils adressent un défi insolent à la gloire royale de Jésus : « Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ! » (Marc 15. 32 ; Mat. 27. 42). Or la foi est de ce qu’on entend par la Parole de Dieu et non de ce qu’on voit (Rom. 10. 17). Si Jésus était descendu de la croix à ce moment-là, nous serions encore morts dans nos péchés.
Enfin, le dernier défi est relatif à la gloire morale de Jésus : « Il s’est confié en Dieu, qu’il le délivre maintenant, s’il tient à lui » (Mat. 27. 43).
Quelle provocation de mettre en doute l’amour de Dieu pour Son Fils bien-aimé, qui s’est toujours confié en Lui (Ps. 16. 1). À deux reprises ce défi est démenti dans la vie de Jésus (Mat. 3. 17 ; 17. 5), bien qu’il soit annoncé prophétiquement (Ps. 22. 8). C’est précisément parce que Dieu trouvait Son plaisir en Christ qu’Il L’a délivré de la mort et ressuscité par Sa gloire (Ps. 18. 19 ; Rom. 6. 4).
De plus les brigands, qui avaient aussi été crucifiés avec lui, l’insultent de la même manière. Condamnés avec raison par les hommes à cause de leurs crimes, ils osent joindre leurs propos grossiers à ceux des blasphémateurs. Soutenu par un amour invincible, le Seigneur reste muet. Il était là pour offrir Sa vie en rançon pour plusieurs.
Fais-tu partie de ces bienheureux rachetés, sauvés par la grâce et par la foi ?
Jésus crucifié (Luc 23. 39 à 43 ; Jean 19. 25 à 27 ; Mat. 27. 45 à 49 ; Marc 15. 33 à 36).
Conversion du brigand (Luc 23. 39 à 43).
Deux brigands ont été crucifiés avec Jésus, un de chaque côté, alors que Lui est au milieu. Malgré les douleurs et la honte d’un tel supplice, malgré la voix atténuée de sa conscience endurcie, et sachant qu’il est au terme de sa vie, l’un des malfaiteurs continue d’injurier Jésus disant : « N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ».
Même un mourant peut mépriser le Seigneur. Il représente la classe des hommes impénitents, refusant la grâce de Dieu s’offrant à eux dans le Sauveur mourant à leur côté. Il est perdu pour l’éternité.
Mais soudain le langage du deuxième malfaiteur change complètement. Il traduit une profonde conviction de péché, en se condamnant lui-même tout en justifiant Jésus. Sa conscience réveillée, il devient à l’égard de son compagnon d’infortune un prédicateur de justice. Il le reprend : « Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? » (v. 40)
Tout à coup il est animé par la crainte d’un Dieu juste et saint qui, tout en haïssant le péché, aime le pécheur. Cette crainte de Dieu, commencement de la sagesse et de la connaissance, mène à la vie (Prov. 9. 10 ; 1. 7 ; 19. 23). Sans hésiter il reconnaît sa propre culpabilité : « Et pour nous, nous y sommes justement, car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises ». Ce sont les signes évidents du travail de Dieu dans une âme.
Maintenant qu’il a rendu son témoignage à son compagnon, il se tourne vers son Sauveur proclamant Sa sainteté et Sa justice. Il parle comme s’il avait connu toute la vie de Christ. « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (v. 41). Au moment où tous les hommes étaient d’accord pour condamner le Seigneur, il répond de Lui et revendique Sa gloire, malgré la honte d’une croix, car il Le connaît. Par l’action de l’Esprit, son cœur et son esprit sont absorbés par la Personne de Christ.
Il exprime alors sa demande : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (v. 42). Qui, dans la honte d’une croix, oserait demander qu’on se souvienne de lui ? Toutefois il reconnaît Jésus comme Seigneur et croit en Sa résurrection, pour qu’Il puisse lui donner une part dans Son royaume.
Selon Romains 10. 9 il confesse Jésus comme Seigneur et croit dans son cœur que Dieu le ressuscitera d’entre les morts. Il est sauvé par la foi en la grâce du Seigneur donnant sa vie en rançon pour plusieurs, et il croit en la gloire à venir de Son royaume. Cette parole du brigand repentant a dû être un baume pour le cœur meurtri de Jésus (Ps. 110. 7).
La réponse du Seigneur surpasse ce qu’il espérait : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (v. 43). Encore quelques instants de souffrance intense, mais il n’en parle pas, car Jésus remplit son cœur de grâce. Le jour même, son âme rachetée sera avec Christ dans le paradis, c’est-à-dire le troisième ciel, comme l’indique Paul (2 Cor. 12. 2 à 4).
Cette parole révèle pour la première fois que l’âme d’un croyant après la mort du corps, connaît un état conscient de bonheur ineffable avec Jésus (2 Cor. 5. 8 ; Phil. 1. 23).
Jésus et sa mère (Jean 19. 25 à 27).
Près de la croix de Jésus se tenaient quelques femmes, parmi lesquelles se trouvait sa mère. Elles ont le cœur brisé par la souffrance, assistant impuissantes à ce spectacle de la crucifixion de Jésus. Elles savent bien qu’Il est victime de la haine implacable du monde. Selon la prophétie de Siméon, une épée transperce l’âme de Marie (Luc 2. 35).
Jésus savait ce qui se passait dans son cœur. Maintenant que Son heure est venue, dans un calme parfait, Il prend soin de sa mère, donnant essor à Ses sentiments humains. « Voyant sa mère et le disciple qu’il aimait se tenant là, il dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère » (v. 26 et 27).
Celui qui jouissait de l’amour du Seigneur pouvait comprendre la douleur de cette mère, sympathiser avec elle et la consoler en lui parlant de ce qu’II avait fait et enseigné. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. « L’amour est plein de bonté » (1 Cor. 13. 4).
L’abandon de Dieu (Mat. 27. 45 à 49 ; Marc 15. 33 à 36).
Après tant de blessures physiques et morales subies de la part d’hommes méchants, Jésus va connaître l’abandon de Dieu pendant les trois dernières heures de la croix. C’est la souffrance suprême, infiniment plus profonde que tout ce qu’Il a enduré jusque-là. Il porte « l’éternité de notre châtiment ».
Au moment où le soleil brille de tout son éclat, depuis la sixième heure (midi), il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure. Un voile de ténèbres dérobe cette scène à tous les regards. Dans une solitude totale, fait péché pour nous, alors qu’Il n’avait pas connu le péché, notre cher Sauveur rencontre la colère inexorable d’un Dieu juste et saint. Obéissant jusqu’à la mort, victime parfaite, Christ endure l’abandon de Dieu.
La nature sainte de Dieu est glorifiée dans la nécessité d’un tel sacrifice, et Son amour est exalté dans l’offrande volontaire d’un tel don. Qu’est-ce qui soutenait notre cher Sauveur lorsqu’Il traversait ces heures terribles et insondables de l’expiation ? – La perfection de Son amour invincible pour Son Père et pour Ses élus.
Matthieu et Marc sont les seuls évangélistes rapportant le cri d’angoisse poussé par Jésus vers la neuvième heure : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46 ; Marc 15. 34). C’est la parole centrale, la quatrième parole de la croix, annoncée environ dix siècles auparavant par l’Esprit prophétique (Ps. 22. 1). Une réponse à ce cri est donnée au verset 3 du même psaume : « Et toi, tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d’Israël ».
Seuls des hommes sauvés par la grâce et par la foi en l’œuvre de Christ sont appelés à être de vrais adorateurs. N’oublions jamais ce que le rachat de nos âmes précieuses Lui a coûté, et que désormais nous puissions offrir, par Lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges ! (Héb. 13. 15)
Jésus crucifié.
J’ai soif (Mat. 27. 47 à 49 ; Marc 15. 35 et 36 ; Jean 19. 28 et 29).
Quelques-uns de ceux qui se tenaient aux abords de la croix ont entendu le cri chargé d’angoisse de Jésus, au terme des trois heures de l’expiation. Toute la rigueur du jugement de Dieu pesait sur Lui, qui était abandonné de Celui en qui Il se confiait toujours.
Sans comprendre les paroles sorties de la bouche de notre cher Sauveur, ces hommes donnent une interprétation à ce cri : « Il appelle Élie, celui-ci ! Et aussitôt l’un d’entre eux courut et prit une éponge, et l’ayant remplie de vinaigre, la mit au bout d’un roseau », pour Lui donner à boire.
Il devait supposer que Jésus était tourmenté par la soif intense des crucifiés. C’est à ce moment-là que le Seigneur prononça la cinquième parole : « J’ai soif » (Jean 19. 28). Ainsi se réalisent les Écritures (Ps. 22. 15 ; 69. 21), par le moyen des soldats et à leur insu.
Ayant pris le vinaigre, Jésus est bien conscient que toutes les prophéties le concernant sont accomplies et que l’œuvre de la rédemption est achevée pour la gloire de Dieu. Il a bu la coupe que le Père lui avait donnée, avant d’entrer dans la mort.
« C’est accompli » (Jean 19. 30).
Maintenant Jésus peut prononcer une parole, la sixième, d’un prix inestimable : « C’est accompli ». Il met ainsi le sceau de son approbation divine à son œuvre par laquelle nous avons le salut éternel. « Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10. 14).
De telles affirmations éliminent les doutes qui pourraient ébranler une âme faible. L’expression : « C’est accompli » était aussi utilisée pour déclarer qu’une dette était acquittée. Dieu est glorifié et le pécheur sauvé par la foi en cette œuvre accomplie une fois pour toutes. Quiconque croit au Fils de Dieu a la vie éternelle ; ses péchés sont expiés.
La mort du Seigneur et ses conséquences immédiates (Mat. 27. 50 à 53 ; Marc 15. 37 et 38 ; Luc 23. 45 et 46 ; Jean 19. 30).
Enfin, ayant reçu ce commandement de Son Père, Jésus va donner Sa vie par un dernier acte d’obéissance. Il entre volontairement dans la mort. Luc indique la septième parole prononcée par le Seigneur sur la croix : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (23. 46), alors que Jean précise : « Ayant baissé (ou reposé) la tête, il remit son esprit » (19. 30).
Au moment où la communion avec Son Père est exprimée, par un acte divin, Il détache Son esprit de Son corps pour le lui remettre en toute confiance. Ayant jeté un grand cri, Jésus expire, non pas à la manière des hommes, mais en pleine possession de Ses forces. Cette mort est surnaturelle. Ainsi par le cri de victoire de Jésus, la défaite de Satan est proclamée. « Par sa mort, Jésus a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ».
À ce moment-même, différents événements extraordinaires se produisent. Le voile du temple se déchire en deux par le milieu depuis le haut jusqu’en bas, donnant accès au lieu très saint, dans la présence immédiate de Dieu.
Ce privilège est désormais accordé à tout pécheur sauvé par la foi en l’œuvre de Christ. Il peut user de cette pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair (Héb. 10. 19 et 20). Par cet acte divin se termine l’économie de la loi.
Matthieu ajoute que la terre trembla et que les rochers se fendirent. À la voix puissante de son Créateur dont les hommes ont décidé la mise à mort, la terre est ébranlée. Mais, fondé sur l’œuvre de Christ à la croix, un royaume inébranlable sera établi un jour.
Enfin les sépulcres s’ouvrirent : et beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent après la résurrection de Christ, « prémices de ceux qui sont endormis » (1 Cor. 15. 20). Ils apparurent à plusieurs. Ainsi la mort est vaincue et libère quelques-uns de ses prisonniers. La puissance de Dieu en résurrection est exaltée comme le Seigneur l’avait annoncé (Jean 12. 28).
Témoignage du centurion (Mat. 27. 54 ; Marc 15. 39, Luc 23. 47).
Le centurion, chargé de veiller sur Jésus avec ses soldats, est frappé de constater comment cette mort anormale s’est produite. Jésus avait expiré avec force, alors que les crucifiés succombent à la suite d’une longue et douloureuse agonie. Il ne peut que s’écrier : « Certainement cet homme était Fils de Dieu ».
Ce païen, touché dans sa conscience, attribue une telle mort à la puissance divine. Cette expression met en relief le mystère de l’incarnation. Seul Jésus, vrai homme et vrai Dieu, pouvait accomplir l’œuvre de la rédemption.
Luc rapporte un autre témoignage du centurion qui glorifie Dieu, face à cette mort impressionnante, disant : « En vérité, cet homme était juste » (23. 47). Il joint sa voix à celle du brigand repentant pour proclamer la justice de Celui que Luc présente comme le Fils de l’Homme.
Dieu se sert de deux hommes, un brigand et un païen, pour rendre un témoignage complet à la gloire morale de Son Fils crucifié.
Que peux-tu déclarer au sujet du Seigneur Jésus ?
Jésus crucifié.
Dernier outrage au corps de Jésus (Jean 19. 31 à 37).
A l’approche du sabbat, et dans le but de respecter le rituel de leur religion, les Juifs demandent à Pilate de hâter la fin des suppliciés en leur rompant les jambes. Ce sabbat était grand, car il succédait au jour où l’agneau pascal était sacrifié et il coïncidait avec le premier jour de la fête des pains sans levain.
La loi prescrivait qu’on devait ensevelir le jour même un condamné à mort qu’on avait pendu à un gibet, pour ne pas souiller le pays (Deut. 21. 22 et 23).
Venus pour rompre les jambes des crucifiés, par leur geste brutal les soldats accomplirent, à leur insu, la parole prononcée par Jésus au brigand converti (Luc 23. 43). Mais voyant que Jésus était déjà mort, ils ne mutilèrent pas Son corps comme pour les deux malfaiteurs. Cependant « l’un des soldats lui perça le côté avec une lance ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau ».
Le coup de lance du soldat romain est le dernier outrage de l’homme en révolte contre Dieu. Il met en évidence que Jésus était bien mort pour sauver des pécheurs, par les deux signes que la grâce de Dieu offre à tout homme.
Le sang expie les péchés, fait propitiation pour l’âme (Héb. 9. 14 ; Lév. 17. 11). Il évoque la mort dans son caractère expiatoire et répond aux exigences de la justice divine à l’égard de notre culpabilité. Dieu déclare juste celui qui a la foi au sang de Christ (Rom. 3. 24 et 25).
L’eau, symbole de la Parole de Dieu, purifie le pécheur (Tite 3, 5). Elle parle de la mort de Christ mettant fin à notre état de souillure et de mort morale. Elle répond aux exigences de la sainteté de Dieu (Jean 15. 3, Éph. 5. 26 ; 1 Jean 5. 6 à 8).
Témoin oculaire de cette scène, Jean affirme la véracité de ce qu’il exprime à son lecteur pour qu’il s’approprie, par la foi, l’efficace du sang de Christ purifiant de tout péché.
Croire en un Sauveur mort, ce que souligne le sang séparé du corps, est le moyen divin pour obtenir la vie éternelle. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle » (Jean 6. 54).
Au moment où le corps inanimé de Jésus est encore cloué sur la croix, Dieu parle par les Écritures de l’Ancien Testament : « Pas un de ses os ne sera cassé » (Ex. 12. 46 ; Ps. 34. 20). Et une autre écriture dit : « Ils regarderont vers Celui qu’ils ont percé » (Zach. 12. 10).
Cette dernière parole peut faire penser à tous ceux qui jettent aujourd’hui un regard de foi au Calvaire (Nomb. 21. 9 ; Jean 3. 14 et 15), et elle aura un accomplissement futur (Apoc. 1. 7). A la fin, Israël repentant se lamentera sur Lui, comme sur un fils unique.
L’ensevelissement du corps de Jésus (Mat. 27. 57 à 61 ; Marc 15. 42 à 47 ; Luc 23. 50 à 56 ; Jean 19. 38 à 42).
Le prophète Ésaïe annonce cet événement en ces termes : « On lui donna son sépulcre avec les méchants ; mais il a été avec le riche dans sa mort » (53. 9). Dieu veille à ce qu’il soit pris soin du corps de Son Fils bien-aimé par deux disciples de Jésus qui jusque-là ne s’étaient pas manifestés ouvertement pour Lui. Maintenant ils sont remplis de hardiesse face au crime odieux commis par leur nation.
Joseph d’Arimathée était un homme riche (Mat. 27. 57), un conseiller honorable (Marc 15. 43), un homme de bien et juste qui attendait le royaume de Dieu (Luc 23. 50), disciple de Jésus, en secret toutefois par crainte des Juifs (Jean 19. 38).
Animé de courage, il obtient de Pilate la permission d’ôter le corps de Jésus. Au début du ministère de Jésus, Nicodème, chef des Juifs, était venu à Lui de nuit pour l’interroger. Plus tard il avait essayé de Le défendre devant les pharisiens (Jean 7. 50 à 52). Maintenant il vient à Golgotha, apportant une abondance d’aromates pour embaumer le corps de Jésus avec un saint respect et selon tous les honneurs dus à un descendant de David.
Ainsi le corps du Seigneur n’est pas mis au rang des transgresseurs, ni avec les méchants. Mais les mains de ces deux honorables fils d’Israël l’enveloppent de linges avec les aromates, l’entourent d’un linceul et le déposent dans un sépulcre neuf, taillé dans le roc et proche de Golgotha.
Dieu se sert des personnes et des circonstances au moment opportun, en faveur des Siens, pour accomplir Sa volonté.
Puis Joseph roula une pierre contre la porte du sépulcre. Et des femmes étaient là, assises et regardant où on mettait le corps de Jésus (Marc 15. 47).
La garde du sépulcre (Mat. 27. 62 à 66).
Le jour du sabbat, le corps de Jésus reste dans la tombe. Les chefs du peuple se souviennent d’une parole prononcée par Jésus et qui les inquiète. Aussi s’assemblent-ils auprès de Pilate en lui rappelant que ce « séducteur » disait : « Après trois jours je ressuscite ».
Jésus ne leur avait-il pas donné le signe de Jonas ? (Mat. 12. 40). N’avait-il pas ressuscité Lazare ? La haine de ces hommes religieux mais incrédules, poursuit Jésus jusque dans le sépulcre qui sera scellé et gardé par leurs soins.
Vaines précautions qui ne serviront qu’à mettre en relief l’éclatante réalité de la résurrection, la mort ne pouvant retenir le Prince de la vie, le Fils du Dieu vivant qui avait déclaré : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jean 11. 25) et aussi : « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne » (Jean 10. 17). En la reprenant, Il donne la vie à tous ceux pour lesquels Il est mort.
Fais-tu partie de ces bienheureux rachetés ?
Résurrection du Seigneur Jésus (Mat. 28. 1 à 7 ; Marc 16. 1 à 9 ; Luc 24. 1 à 12 ; Jean 20. 1 à 16).
Apparition de l’ange (Mat. 28. 1 à 4).
Marie de Magdala et Marie, mère de Jacques, étaient présentes lors de l’ensevelissement de Jésus (27. 61). Observant le repos du sabbat, elles s’empressent de venir au sépulcre, au « crépuscule du premier jour de la semaine ». La journée juive s’achevait au coucher du soleil. Tout paraît être dans le même état que la veille : la garde est en place et la pierre obturant le tombeau est scellée. Non sans inquiétude, elles reviendront de bonne heure le lendemain pour embaumer le corps de Jésus.
Pendant la nuit, un grand tremblement de terre se produisit, et un ange du Seigneur, descendant du ciel, vint et roula la pierre, et s’assit sur elle. Son aspect était comme l’éclair, et son vêtement blanc comme la neige. La terre tremble lorsque Jésus, Son créateur, entre dans la mort, et de nouveau elle est ébranlée lorsqu’Il ressuscite par la puissance de Dieu.
Comme était vaine la précaution des Juifs faisant sceller la pierre tombale ! Dès que l’ange est là, le sceau est rompu et la pierre roulée. Le tombeau est ouvert afin que des témoins puissent se succéder et constater que le corps de Jésus n’est plus là.
La mort est vaincue, c’est le triomphe de la résurrection. Devant un tel spectacle, les gardiens tremblèrent et devinrent comme morts de peur.
Témoignage de l’ange aux femmes (Mat. 28. 5 à 7 ; Marc 16. 1 à 8 ; Luc 24. 1 à 11).
Revenant au sépulcre de bon matin avec leurs aromates, les femmes découvrent que la pierre est roulée. Étant entrées, elles ne trouvent pas le corps du Seigneur Jésus. Alors qu’elles étaient en grande perplexité, voici deux anges en vêtements éclatants de lumière. Elles s’épouvantèrent mais furent rassurées, malgré leur ignorance, par les paroles de l’ange : « N’ayez point de peur… vous cherchez Jésus le crucifié… il est ressuscité, comme il l’avait dit… allez promptement, et dites à ses disciples qu’il est ressuscité des morts » (Mat. 28. 5 à 7).
Elles constatent que le corps n’était plus là. Puis elles sont chargées d’un message pour les disciples, afin qu’ils aillent en Galilée où ils rencontreraient le Seigneur.
Le Seigneur ressuscité, mais invisible (Luc 24. 12 ; Jean 20. 1 à 10).
Ici l’évangéliste Jean, sous l’inspiration divine de l’Esprit, fixe son attention sur Marie de Magdala, parmi les autres femmes citées dans les autres évangiles. Comme il faisait encore nuit, elle vint au sépulcre dès le matin, toute seule.
Marie est attachée à Celui qui l’a délivrée d’un terrible esclavage. Si elle ne trouve pas son Seigneur, ce monde n’est plus pour elle qu’un véritable désert. Quand elle voit que la pierre est ôtée du sépulcre, elle court aussitôt vers les disciples Pierre et Jean pour les informer.
Ses paroles révèlent son ignorance, son manque d’intelligence et de foi, malgré son dévouement de cœur pour Celui qu’elle aimait : « On a enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où on l’a mis ». Pierre et Jean accourent immédiatement au sépulcre pour vérifier ces propos. Comme elle, eux non plus n’avaient pas saisi que Jésus devait ressusciter d’entre les morts.
Pierre entrant dans le sépulcre voit, à terre, les linges qui enveloppaient Son corps, et le suaire qui avait été sur sa tête, plié en un lieu à part. Pas de précipitation, tout est rangé avec soin.
Jean aussi entre dans ce tombeau vide, « vit et crut ». Et il est précisé : « ils ne connaissaient pas encore l’Écriture, qu’il devait ressusciter d’entre les morts ». Manquant d’intelligence spirituelle, ils peuvent retourner chez eux.
Comme eux, ne sommes-nous pas parfois « lents de cœur à croire » ? (Luc 24. 25)
Marie et les anges (Jean 20. 11 à 13).
« Mais Marie se tenait près du sépulcre, dehors, et pleurait ». Sans son Seigneur, le monde n’est pour elle qu’un sépulcre vide. Comme elle se baissait dans le tombeau, elle voit deux anges, un à la tête et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché. Ils expriment un témoignage divin à la résurrection de Christ. Aussitôt ils interrogent Marie, qui ne paraît pas effrayée par leur présence, tellement elle est absorbée par son deuil et son amour. « Femme, pourquoi pleures-tu ? »
Sa réponse spontanée est touchante, malgré son ignorance : « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis ». Jésus ne peut que répondre à un attachement aussi fort.
Marie rencontre Jésus (Marc 16. 9 ; Jean 20. 14 à 16).
En se retournant, Marie voit Jésus, qu’elle ne reconnaît pas et Il lui pose la même question que les anges, tout en ajoutant : « Qui cherches-tu ? ». Prenant Jésus pour le jardinier, elle répond : « Si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, je l’ôterai ».
Sans le nommer, elle pense que son interlocuteur connaît qui est l’objet de son cœur. Comme l’a exprimé un homme de Dieu : « Son affection lui donne le droit de disposer du Seigneur ».
Aussitôt le bon Berger appelle Sa brebis par son nom : « Marie ! » Elle reconnaît Sa voix et la réponse est immédiate : « Rabboni, c’est-à-dire Maître ! » Elle cherchait parmi les morts Celui qui est vivant. Ce court dialogue souligne l’amour parfait de Jésus pour Marie, mais aussi tout l’amour de Marie pour son Seigneur. Elle a été la première à voir le Seigneur ressuscité (Marc 16. 9).
Pouvons-nous dire en vérité : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » ? (1 Jean 4. 19)
Seigneur Jésus ne t’aimerions-nous pas ?
Toi qui donnas pour nous ta vie.
Jésus à la rencontre des deux disciples d’Emmaüs (Luc 24. 13 à 35 ; Marc 16. 12 et 13).
Sur le chemin d’Emmaüs (Luc 24. 13 à 24).
En ce premier jour de la semaine proclamant la victoire de Jésus ressuscité, deux disciples, tournant le dos à Jérusalem, s’en allaient sur le chemin conduisant à Emmaüs. Le cœur rempli de tristesse, ils s’en retournent à leurs champs.
Avec la mort de leur Messie, ils avaient perdu toute espérance terrestre pour Israël. Tout en cheminant, ils s’entretiennent et raisonnent ensemble au sujet des événements récents qui s’étaient déroulés à Jérusalem.
« Jésus lui-même, s’étant approché, se mit à marcher avec eux ». Ils ne le reconnurent pas parce que « leurs yeux étaient retenus ». Leurs cœurs étaient absorbés par leurs propres raisonnements.
Et voilà que ce mystérieux compagnon s’intéresse à eux, à leur affliction. N’est-il pas Celui qui lit dans les cœurs ? Il leur dit : « Quels sont ces discours que vous tenez entre vous en marchant, et vous êtes tristes ? » Quelqu’un pouvait-il ignorer ce qui venait de se passer ? Il s’agissait de Jésus le Nazaréen, prophète puissant en œuvre et en parole qui venait d’être condamné à mort et crucifié.
Ils espéraient qu’il délivrerait Israël du joug des Romains et qu’Il établirait Son règne glorieux sur la terre. Pourtant, à plusieurs reprises le Seigneur avait parlé, au cours de Son ministère, de la nécessité de Sa mort et de Sa résurrection, mais ces propos n’avaient pas été saisis par la foi. Ils sont étonnés aussi par le message de quelques femmes qui ont trouvé le sépulcre vide, et de plus, des anges leur ont assuré qu’Il était vivant.
Alors Jésus ne peut que constater leur ignorance liée à leur incrédulité : « O gens sans intelligence et lents de cœur à croire toutes les choses que les prophètes ont dites ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? » (v. 26). C’était une nécessité que Jésus donne Sa vie pour l’abolition du péché par Son sacrifice, et pour expier les péchés de tous Ses rachetés (Héb. 9. 26 à 28).
Jésus révélé dans toutes les Écritures (Luc 24. 25 à 27).
« Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent ». Nul autre ne pouvait parler ainsi. « Qui enseigne comme lui ? » (Job 36. 22). Il leur ouvrait les Écritures.
C’est le thème le plus précieux que de découvrir Christ à travers toute la Parole. Il est en particulier la clé de l’Ancien Testament. Lui-même pouvait dire : « Sondez les écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39).
Comment connaître le Seigneur si ce n’est en recevant avec douceur cette parole vivante ?
Tous les glorieux conseils de Dieu et ce qu’espéraient les disciples, c’est-à-dire le règne du Messie sur la terre, étaient fondés sur ce fait unique : la mort de Christ, offert comme victime expiatoire.
Tous les sacrifices qui avaient précédé n’étaient que des types de celui de Christ. Dieu Se devait, pour Sa gloire, d’exercer Son juste jugement sur l’homme pécheur, car personne n’aurait été sauvé sans l’œuvre de la rédemption.
Il fallait donc que Jésus souffrît sur la croix, sous le jugement divin et pour la gloire de Dieu, pour ouvrir le ciel à des pécheurs sauvés par la grâce et par la foi. Il fallait aussi qu’Il entre dans Sa gloire, dans le ciel, et non dans Son royaume terrestre qui sera établi après l’enlèvement de l’Église.
Jésus à Emmaüs (Luc 24. 28 à 35).
Ils arrivent à l’endroit prévu et vont s’arrêter, mais « Jésus fit comme s’il allait plus loin ». Il ne s’invite pas comme dans le cas de Zachée (Luc 19. 5). Néanmoins, ces cœurs éprouvent un attrait irrésistible pour cet étranger qu’ils supplient : « Demeure avec nous, car le soir approche et le jour a baissé ».
Ils ont besoin de jouir de Sa présence, d’écouter Ses paroles qui leur font du bien. Ils Le forcèrent. Le Seigneur ne peut que répondre à une telle insistance. « Et il entra pour rester avec eux ».
Pendant qu’ils étaient à table, Lui étant leur invité, Il remplit cependant le rôle de maître de maison. C’est Lui qui rendit grâces, rompit le pain et le leur distribua. À ce moment précis « leurs yeux furent ouverts, et ils le reconnurent ; mais lui devint invisible et disparut de devant eux » (v. 30 à 32).
Ils le reconnurent dans cet acte que le Seigneur avait déjà accompli quelques jours auparavant, leur disant : « Faites ceci en mémoire de moi ». À Emmaüs, ce n’était pas la Cène dominicale, mais le pain rompu ne rappelait-il pas la mort du Seigneur nécessaire pour le salut de l’homme ?
Leurs yeux sont ouverts, ils Le reconnaissent comme le Christ ressuscité. Mais s’Il devint invisible, la flamme de leur amour pour Lui a été ravivée. C’est ce qu’ils éprouvent, disant entre eux : « Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait par le chemin, et lorsqu’il nous ouvrait les écritures ? » (v. 32)
Que la Parole de Dieu produise de tels effets dans nos cœurs, sous l’action du Saint Esprit !
A l’heure même, ils comprirent qu’ils devaient retourner à Jérusalem où les disciples étaient assemblés, et leur transmettre le témoignage de la résurrection du Seigneur qui S’était révélé à eux dans la fraction du pain. Ils peuvent parler de ce qu’ils ont vu et entendu (Act. 4. 20). Jésus remplit leur cœur.
Le message de Marie de Magdala aux disciples de Jésus (Jean 20. 17 et 18).
Dès que Jésus s’est révélé à Marie, il lui déclare : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ».
Le Seigneur doit arrêter l’élan spontané de Marie qui, l’ayant retrouvé vivant, pensait reprendre des relations juives avec lui. Elle ignorait tout des conseils de Dieu, de la nouvelle relation et de la nouvelle position dans lesquelles sont introduits désormais les saints, fondées sur la mort et la résurrection de Jésus.
Ils auront communion par la foi avec un Christ élevé dans le ciel et glorifié. Tant que l’œuvre de la rédemption n’était pas accomplie, Dieu ne pouvait pas établir de telles relations avec l’homme naturel.
Le Seigneur confie à Marie ce précieux message à transmettre aux disciples. Elle doit leur annoncer Sa résurrection et la nouvelle relation établie entre Dieu et les hommes.
Comme homme, Jésus seul possédait cette relation, et par la foi en Sa mort et Sa résurrection, des hommes pourront jouir d’une telle part. Dès lors il dit : « J’annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges » (Héb. 2. 12).
Marie s’acquitte promptement de sa mission. Elle transmet ce qu’elle a vu et entendu à « ceux qui avaient été avec lui, qui étaient dans le deuil et pleuraient » (Marc 16. 10). Apprenant qu’Il vivait et qu’Il avait été vu d’elle, ils ne le crurent point.
Comme Marie, n’avons-nous pas quelque chose à communiquer du Seigneur après avoir vécu dans Son intimité ?
Le Seigneur apparaît aux disciples (Marc 16. 14 ; Luc 24. 36 à 43 ; Jean 20. 19 à 23).
Venu au milieu des disciples, le Seigneur leur donne la paix (Luc 24. 36 ; Jean 20. 19).
C’est le soir du premier jour de la semaine, jour mémorable où le Seigneur Jésus a été ressuscité d’entre les morts. Les portes du lieu où les disciples se trouvaient réunis, ont été fermées par crainte des Juifs qui venaient de crucifier le Seigneur. Les disciples d’Emmaüs ont fait le récit des choses qui étaient arrivées.
Tout à coup « Jésus vint, et se tint au milieu d’eux. Et il leur dit : Paix vous soit ! ». Son corps spirituel n’est pas soumis aux lois de la nature, de même qu’à Emmaüs, où Il devint invisible et disparut de devant les deux disciples.
Quoique courante chez les Juifs, cette salutation est pleine de signification en relation avec l’œuvre de la rédemption. Il a fait la paix par le sang de sa croix (Col. 1. 20). C’est lui qui est notre paix (Éph. 2. 14).
Avant d’aller à la croix, Il a prononcé ces paroles : « Je vous donne ma paix » (Jean 14. 27). Au soir de ce premier dimanche, quel beau tableau de la première assemblée autour du Seigneur, comme Lui-même l’a exprimé : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20) !
Les preuves de la résurrection du Seigneur (Luc 24. 37 à 43 ; Jean 20. 20).
Tout effrayés et remplis de crainte, les disciples croyaient voir un esprit. Mais le Seigneur les rassure en leur montrant Ses mains, Ses pieds et Son côté. Il n’y avait pas de doute possible, Il était bien Celui qui avait été crucifié. Les marques de Ses souffrances permettent de L’identifier comme Celui qui a donné Sa vie pour eux.
Il en sera de même du résidu juif des derniers jours lorsqu’il reconnaîtra Celui qu’ils ont percé (Zach. 12. 10 ; 13. 6). Et dans le ciel, la louange des rachetés sera entretenue par la contemplation de l’Agneau qui apparaîtra comme immolé (Apoc. 5. 6).
Le corps de Jésus, homme ressuscité, est désormais spirituel (1 Cor. 15. 44). Il dit à Ses disciples : « Touchez-moi, et voyez ; car un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j’ai ». Ce corps était ainsi identifié avec le corps dans lequel il avait participé « au sang et à la chair », pour souffrir et mourir en rançon pour plusieurs (Héb. 2. 14).
Et le Seigneur mangea devant eux un morceau de poisson et quelque peu d’un rayon de miel. Il était bien ressuscité corporellement, au milieu d’eux. Dès lors la joie remplit leur cœur. Pour la deuxième fois, Il prononce ces paroles si précieuses : « Paix vous soit ».
Le Seigneur donne une vie nouvelle et confie une responsabilité à Ses disciples (Jean 20. 21 à -23).
Ayant la paix avec Dieu (Rom. 5. 12), les disciples sont envoyés par le Seigneur dans le monde, comme Lui-même l’avait été par le Père. Alors Il souffle en eux la vie de résurrection qui, en vertu de Sa mort, est une vie nouvelle, car « le Fils vivifie ceux qu’il veut » (Jean 5. 21). Ressuscité, Il devint un esprit vivifiant (1 Cor. 15. 45). Il insuffle la vie du nouvel homme à ceux qui avaient cru en Lui.
Toutefois ce n’était pas le Saint Esprit comme Personne, qui descendra le jour de la Pentecôte et les remplira, mais c’était la puissance de la vie de Jésus ressuscité, leur accordant la capacité d’agir et de servir.
Puis le Seigneur confère à Ses disciples l’autorité de remettre ou de retenir les péchés. Ainsi ils pourront certifier que les péchés de tous ceux qui reçoivent Jésus comme Sauveur sont pardonnés, et déclarer à ceux qui ne croient pas que leurs péchés ne le sont pas.
Ainsi Pierre retient les péchés de Simon, le magicien, en Actes 8. 20 et 21 et remet ceux de Corneille en Actes 10. 47. Il reste toujours vrai que Dieu seul a le pouvoir de pardonner les péchés. Mais les disciples sont rendus capables de discerner celui qui a cette vie ou ne l’a pas. (Le Seigneur seul connaît ceux qui sont siens ; nous possédons bien la vie de l’Esprit, mais il nous est difficile de dire d’un chrétien si c’est un croyant ou pas).
Possèdes-tu le pardon de tes péchés ?
Message du Seigneur ressuscité aux disciples (Luc 24. 44 à 49).
C’est dans un corps spirituel que Jésus, ressuscité, est apparu aux disciples qui ont été rassurés en voyant les marques indélébiles de Ses souffrances. Il leur rappelle ce qu’Il leur avait déjà dit avant Sa mort, comme aussi aux deux disciples d’Emmaüs, qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de Lui dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les Psaumes soient accomplies. Tout était arrivé selon les Écritures.
« Alors il leur ouvrit l’intelligence pour entendre les Écritures ».
Jean rapporte que le Seigneur ressuscité souffla en Ses disciples, et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ». Ayant une vie nouvelle communiquée par le Saint Esprit, ils comprendront désormais les Écritures divinement inspirées (Jean 16. 14 ; 2 Tim. 3, 16).
Témoins des faits qu’ils avaient vus et des paroles qu’ils avaient entendues, les disciples sont chargés d’une nouvelle mission par le Seigneur : « Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem ».
L’économie de la loi avait pris fin, et ce n’était pas le temps d’établir le royaume en gloire. L’évangile de la grâce et de la gloire, annonçant la mort expiatoire et la résurrection de Christ, devait être prêché à toutes les nations, à partir de Jérusalem, la ville qui a tué bien des prophètes et crucifié son Messie.
Du côté de l’homme ce qui est ordonné, c’est la repentance (Act. 17. 30). La repentance est un profond travail de conscience dans le jugement que l’on porte, avec Dieu, sur soi-même et sur ses actions passées, avec l’abandon de son ancienne conduite. C’est une manifestation de la foi. Elle est un don de Dieu pour accéder à la vie (Act. 11. 18).
Convaincue de péché, se reconnaissant perdue, l’âme reçoit alors, par la foi, l’efficace de l’œuvre de Christ accomplie à la croix. Le croyant peut ensuite jouir du pardon de ses péchés sur la base du sacrifice de Christ.
Enfin le Seigneur annonce la venue prochaine du Saint Esprit comme Personne divine et comme puissance, pour agir et s’acquitter de la nouvelle mission de la grâce avec sagesse, et selon la connaissance qui leur était révélée. Ils devaient demeurer à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils soient revêtus de cette puissance d’en haut, présentée ici comme la promesse du Père.
Cette venue, vérité essentielle du christianisme, est aussi attribuée au Seigneur après Sa glorification (Jean 15. 26) et au Saint Esprit Lui-même (Jean 16. 8). Cet événement se produira en Actes 2.
Le deuxième dimanche.
Le soir du dimanche où Jésus ressuscité était venu au milieu des disciples réunis, Thomas, l’un des douze, était absent. Les autres disciples s’empressent de lui dire : « Nous avons vu le Seigneur ». Il avait manqué l’occasion bénie de Le voir et d’entendre Ses paroles : « Paix vous soit », prononcées à deux reprises.
Son cœur reste incrédule et raisonne : « A moins que je ne voie en ses mains la marque des clous, et que je ne mette mon doigt dans la marque des clous, et que je ne mette ma main dans son côté, je ne le croirai point ».
La première rencontre de Jésus avec les disciples, le jour de Sa résurrection, évoque l’économie actuelle de la grâce. Le Seigneur au milieu des Siens leur communique la paix acquise par le sang de la croix, une vie nouvelle par la puissance du Saint Esprit, puis Il les envoie dans le monde comme témoins pour Lui.
Huit jours après, Thomas est présent avec les autres disciples réunis. Il préfigure le résidu juif qui, plus tard, reconnaîtra son Messie comme Celui qu’ils ont percé (Zach. 12. 10). Il croira en Le voyant. Par son incrédulité, Thomas s’est privé des privilèges de l’Église que Christ ressuscité lui avait communiqués.
En considérant les marques des clous et la trace de la lance du soldat romain, les doutes du résidu juif comme ceux de Thomas disparaîtront, et il prononcera ces paroles sublimes : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est le langage de la foi reconnaissant la divinité de Jésus.
Enfin Jésus dit à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru ». Ceux que le Seigneur déclare bienheureux ont le privilège d’appartenir à l’économie présente de la grâce et ils croiront en se reposant uniquement sur Sa Parole.
Comme l’exprime Pierre, ils aiment Celui qu’ils n’ont pas vu, ils croient en Lui dans le temps de Son rejet (1 Pier. 1. 8). Il est leur Sauveur et leur Seigneur qu’ils attendent du ciel pour qu’Il les introduise dans la Maison du Père. Leur part est céleste avec Jésus dans la gloire. Déjà ils Le contemplent par la foi (2 Cor. 3. 18).
Fais-tu partie de ces bienheureux qui n’ont point vu et qui ont cru ?
Troisième manifestation du Seigneur ressuscité aux disciples (Jean 21. 1 à 14).
La pêche miraculeuse (v. 1 à 3).
Avant Sa crucifixion Jésus avait déclaré à Ses disciples : « Après que j’aurai été ressuscité, j’irai devant vous en Galilée » (Mat. 26. 32). Sept d’entre eux sont bien arrivés en Galilée, près de la mer de Tibérias, mais ne semblent pas préoccupés par cette rencontre fixée par le Seigneur.
Ils vont reprendre leurs occupations antérieures, au point de départ où le Seigneur les avait rencontrés. Il leur avait adressé Son appel au moment où ils jetaient un filet dans la mer : « Venez après moi, et je vous ferai pécheurs d’hommes » (Mat. 4. 19).
Mais la chair est faible et impatiente. Elle ne peut pas attendre que le Seigneur Se présente. Pierre entraîne les six autres disciples sur une barque pour la pêche. Les efforts de ces sept hommes expérimentés, leur capacité de marins, ne servent à rien. « Cette nuit-là ils ne prirent rien ». Comment serait fructueux un travail accompli sous l’impulsion de la propre volonté ? Au matin, près du rivage ils arrivent fatigués, découragés et affamés.
Une nouvelle apparition du Seigneur (v. 4 à 7).
C’est à ce moment-là que le Seigneur Se présente sur la rive du lac, sans qu’ils Le reconnaissent et Il les interroge avec compassion, connaissant leur déception : « Enfants, avez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non ». Alors Il leur indique l’endroit précis où ils devaient jeter le filet qui se remplit aussitôt de gros poissons. C’est le côté droit de la barque désigné par le Seigneur, à deux cents coudées environ de terre, près du Maître.
Ils avaient travaillé péniblement toute la nuit en vain, sans Lui, et maintenant, quand ils obéissent à la parole de Jésus, le filet renferme une grande quantité de poissons. Quelle leçon pour nous ! Les disciples ont reconnu la stérilité de leurs efforts. Ils ont écouté Jésus leur indiquant le lieu où jeter le filet et ils recueillent une provision surabondante.
Le dîner avec Jésus ressuscité (v. 8 à 14).
Arrivés sur la berge, que voient les disciples ? De la braise, et du poisson mis dessus, et du pain. Jésus leur a préparé ce repas. Il leur dit : « Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre ». Et après que Pierre eut tiré le filet, ils sont accueillis par ces paroles : « Venez, dînez ».
Le Seigneur n’avait pas besoin de leurs poissons ; il daigne néanmoins partager avec eux le fruit de leur travail. C’est la communion avec le Maître ressuscité, reconnu en premier par le disciple que Jésus aimait, c’est-à-dire Jean.
Cette scène au bord de la mer de Tibérias a un caractère prophétique. Les poissons sur la braise symbolisent le résidu juif subissant l’épreuve de la grande tribulation, avant que les nations reçoivent l’évangile du royaume (ce qu’évoque la prise de poissons par les disciples). Alors pourra s’établir sur la terre le règne millénaire de Christ.
Complète restauration de Pierre (Jean 21. 15 à 17).
Pierre avait renié trois fois le Seigneur dont le regard plein de grâce et de vérité avait produit les pleurs amers du repentir (Luc 22. 61 et 62). Puis il avait eu un contact intime et personnel avec le Seigneur ressuscité (Luc 24. 34 ; 1 Cor. 15. 5).
Mais pour accomplir en toute liberté le service qui lui serait confié, une restauration publique devant les autres disciples était nécessaire. N’oublions pas que le Seigneur avait prié pour Pierre afin que sa foi ne défaille pas, et qu’il puisse après son retour fortifier ses frères (Luc 22. 32).
Après le dîner, le divin Pasteur, avec une délicatesse parfaite, sans lui faire de reproches à l’égard des fautes passées, va sonder le cœur de Son disciple à trois reprises en l’appelant par son ancien nom : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? ». Le Seigneur veut l’amener à juger la source du mal, la confiance en soi (Marc 14. 29). La réponse de Pierre est immédiate : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime », marquant ainsi son attachement pour lui.
Et il donne la même réponse aux deux premières interrogations du Seigneur qui lui confie Ses brebis et Ses agneaux pour en prendre soin.
Mais la troisième question du Seigneur attriste Pierre qui, profondément remué, s’en remet à l’appréciation de Celui qui sonde les reins et les cœurs : « Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime ».
La chair en nous doit être jugée constamment pour éviter des rechutes, et permettre au Saint Esprit d’agir avec puissance sur la vie divine pour manifester les gloires morales de Christ.
Délivré de toute confiance en lui-même, jouissant sans entraves de l’amour du Seigneur, il entend la voix de son Maître : « Pais mes brebis ». Désormais il pourra dispenser tous les soins dont le troupeau du bon Berger aura besoin, le conduire et lui donner la nourriture appropriée. C’est dans la mesure où nous jouissons de la grâce que nous pouvons en parler à d’autres.
Retenons de cet entretien que l’amour pour le Seigneur est le vrai motif pour tout service utile. Tous les croyants ont besoin de soins pastoraux et de nourriture spirituelle, qu’ils soient jeunes ou plus avancés dans la foi.
Ceux qui composent le troupeau du Seigneur, agneaux ou brebis, Lui appartiennent. Il les forme pour le service auquel Il les destine, et Il met à l’épreuve leur engagement de cœur pour Lui (Jér. 30. 21 fin).
Fais-tu partie du troupeau du Seigneur ?
Pierre et Jean (Jean 21. 18 à 23).
Dans un élan de confiance en lui-même, Pierre avait déclaré au Seigneur qui l’avertissait des intentions de Satan : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort » (Luc 22. 33). Peu de temps après, ces paroles avaient été démenties par un triple reniement. Mais le Seigneur a sondé à fond le cœur de Son cher disciple après avoir prié pour lui.
Ayant perdu toute confiance en lui-même, Pierre a reçu une marque de confiance du Seigneur, qui remet à ses soins pastoraux les agneaux et les brebis de Son troupeau, ce qu’Il avait de plus précieux sur la terre.
Maintenant l’occasion est renouvelée à Pierre de glorifier Dieu dans sa mort, en suivant son Maître, après avoir accompli son ministère auprès des chrétiens d’origine juive, comme il le fait dans ses deux épîtres.
Puis le Seigneur adresse à Pierre une injonction : « Suis-moi » (v. 19). Tout comme Lui, l’apôtre allait connaître la souffrance du rejet de la part de la nation juive, après lui avoir adressé plusieurs appels à recevoir Celui qu’elle avait renié et crucifié. Au terme d’un ministère consacré au Seigneur, il allait laisser sa vie pour Lui, pour entrer dans le paradis et être avec Lui.
Ainsi le ministère de Pierre parmi les Juifs prend fin avec l’histoire de ce peuple placé sous le jugement de Dieu pour avoir mis à mort son Messie et rejeté le témoignage des apôtres.
Enfin Pierre, se retournant, voit suivre le disciple que Jésus aimait et il demande : « Et celui-ci que lui arrivera-t-il ? » Le Seigneur répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ?
Le ministère de Jean se prolongera jusqu’à l’apparition du Seigneur pour établir son règne sur la terre. C’est lui qui adressera les lettres aux sept assemblées d’Asie en Apocalypse 2 et 3, mettant en évidence la faillite de l’Église responsable sur la terre tout au long de son histoire qui se termine par son jugement et celui du monde. Alors s’accomplira pour Christ cette parole : « Il faut qu’il règne » (1 Cor. 15. 25).
Apparition de Jésus en Galilée (Mat. 28. 18 à 20 ; Marc 16. 15 à 18).
Jésus ressuscité a fixé à Ses disciples un rendez-vous en Galilée, et l’ange avait déclaré aux femmes : « Là vous le verrez ». Le Seigneur se présente à ces quelques-uns qui L’aiment pour leur confier une mission de toute importance. Toute autorité Lui a été donnée dans le ciel et sur la terre, et l’évangile de la grâce sera prêché à toute la création.
Les apôtres devaient aller faire disciples toutes les nations et les baptiser pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. De plus, ils devaient les enseigner à garder toutes les choses que Jésus leur avait commandées. (De jeunes âmes comme les vôtres peuvent bien saisir la nécessité d’obéir aux paroles de Jésus).
Enfin le Seigneur ajoute une précieuse promesse : « Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle », c’est-à-dire jusqu’à l’établissement du royaume en gloire.
Dans sa prison à Rome, l’apôtre Paul a réalisé cette promesse : « Le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié » (2 Tim. 4. 17). Aujourd’hui encore, l’Évangile est annoncé à toutes les nations et le baptême chrétien pratiqué. « Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; et celui qui n’aura pas cru sera condamné » (Marc 16. 16).
Crois-tu au Seigneur Jésus ?
L’ascension du Seigneur (Marc 16. 19 et 20 ; Luc 24. 50 à 53).
Jésus mena Ses disciples dehors jusqu’à Béthanie, et « levant ses mains en haut, il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant, il fut séparé d’eux, et fut élevé dans le ciel ». Dans les derniers jours de Son ministère, le Seigneur se retirait dans ce village en dehors de Jérusalem, c’est-à-dire du système juif.
Il y avait dans ce lieu des cœurs qui jouissaient de son amour (Jean 11. 5), dans une communion intime avec Lui. Là, plus que partout ailleurs, Il avait été compris et honoré. En ce lieu et au moment où Il bénit Ses chers disciples, le ciel s’ouvre pour Le recevoir. « Et eux, lui ayant rendu hommage, s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ».
Ils devaient attendre là que se réalise la promesse de la venue de l’Esprit. « Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu ». Leur cœur est rempli de joie et de louange.
Maintenant, le Seigneur élevé dans le ciel est assis à la droite de Dieu. Sur la terre Il a glorifié le Père en accomplissant l’œuvre de la rédemption. Et dans le ciel Il remplit un service sacerdotal dans Son intercession toujours efficace pour les Siens encore sur la terre.
Marc précise qu’Il coopère avec Ses disciples, confirmant la parole par des signes qui l’accompagnaient (16. 20). Si les signes spectaculaires sont bien plus rares aujourd’hui, il y a encore des miracles de la grâce transformant des vies et des caractères à la suite d’une conversion authentique.
Conclusion (Jean 20. 30 à 31 ; 21. 24 et 25).
En terminant son évangile, Jean précise que ces choses ont été écrites pour que la foi les saisisse. Par le témoignage des Écritures et l’action du Saint Esprit, il importe de croire que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et de recevoir la vie par Son nom.
Toutes les paroles et les actes de Jésus ont une portée infinie. La Personne du Fils de Dieu est insondable (Mat. 11. 27). Ce qui est fini ne peut contenir ce qui est infini. Dans les quatre évangiles divinement inspirés, Dieu nous a révélé Son Fils bien-aimé, l’Homme Christ Jésus, notre Sauveur et notre Seigneur.
Il est glorieux au regard de la foi et se tient tout près de ceux qu’Il a rachetés par Son sang précieux et qui attendent Sa venue pour les introduire au ciel.
D’après La Bonne Nouvelle 1997