
Les ouvriers de la vigne (Mat. 20. 1 à 16).
Cette parabole fait suite à la question de Pierre posée au chapitre précédent (v. 27). Il attendait du Seigneur une promesse de récompense, vu qu’il avait tout quitté pour le suivre, comme d’ailleurs les autres disciples.
Répondant à Son appel, Christ était le vrai motif de leur engagement. Cependant la récompense, pour un travail accompli, n’est jamais un droit, mais un encouragement lorsque le disciple s’est engagé dans le chemin pour l’amour de Christ. Si nous oublions que tout est grâce dans l’économie présente, nous risquons d’accuser Dieu d’injustice.
Cette parabole fait ressortir la souveraineté de Dieu qui dispense ses dons, ses récompenses, comme Il lui plaît. Il est bon et juste dans tout ce qu’Il fait.
L’engagement des ouvriers.
Un maître de maison engage des ouvriers pour un certain travail dans sa vigne. Avec les ouvriers de la première heure, il convient du prix d’un denier par jour. Puis il sort encore à la troisième, à la sixième, à la neuvième heure, et même à la onzième heure, c’est-à-dire une heure avant la fin de la journée.
Chaque fois il rencontre sur la place du marché des ouvriers qui ne faisaient rien, et il les envoie avec ces paroles : « Je vous donnerai ce qui sera juste » (v. 4 et 7). Ils s’en vont dans la vigne sans convenir d’un prix. Nous comprenons qu’ils s’en remettent à l’appréciation du maître, ayant confiance en sa justice et en sa bonté.
Mécontentement des ouvriers de la première heure.
Le soir étant venu, à la demande du maître, l’intendant commence par payer les ouvriers de la onzième heure en leur donnant un denier. Quand les ouvriers de la première heure se présentent, ils croyaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. Voyant cela, ils ne purent s’empêcher de murmurer contre le maître, disant : « Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les as faits égaux à nous qui avons porté le faix (fardeau) du jour et la chaleur » (v. 12).
Le maître, en leur rappelant ce qui avait été convenu, ajoute : « Mais je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est mien ? Ton œil est-il méchant parce que moi je suis bon ? » (v. 14 et 15)
Ces ouvriers de la première heure n’avaient pas lieu de se plaindre, ayant reçu le denier convenu, mais ils ne pouvaient accepter de voir les autres recevoir autant qu’eux, surtout ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure. Quel ouvrier n’aurait pas tenu de semblables raisonnements ?
La bonté de Dieu révèle que l’homme est toujours prêt à accuser Dieu d’injustice ; mais « le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ? » (Gen. 18. 25) Il est souverain pour attribuer ses biens comme cela Lui convient.
Dans sa grâce, Il appelle des ouvriers à la onzième heure et leur donne autant qu’à ceux qui ont été appelés plus tôt. Car les derniers venus ont eu confiance en sa parole, en sa justice et en sa bonté. C’est ce qu’Il apprécie par-dessus tout. Ainsi les derniers sont les premiers, et les premiers les derniers.
Enseignement de la parabole en relation avec les voies de Dieu.
Les ouvriers de la première heure tombés d’accord avec le maître sont une figure d’Israël sous le régime de la loi, alors que les ouvriers de la onzième heure représentent les nations, étrangères aux alliances de la promesse, et qui étaient les objets de la grâce de Dieu.
Paul est arrivé tard dans l’œuvre, s’estimant le moindre des apôtres, mais il peut déclarer : « J’ai travaillé beaucoup plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi » (1 Cor. 15. 10).
Gardons-nous de nous comparer les uns aux autres selon les dons reçus du Seigneur. Il sait estimer le travail accompli pour Lui, mais il apprécie encore plus la foi en Lui, en Sa parole, en Son amour et en Sa sagesse. Cette foi opérante par l’amour ne se préoccupe pas de la récompense. L’ouvrier est satisfait d’occuper la place assignée par Dieu, comptant sur la grâce pour être envoyé travailler fidèlement dans Sa vigne, même si le jour est avancé.
De plus, il apprécie la grâce communiquée aux autres par le moyen des dons que Dieu leur a confiés. Il était dit aux Hébreux : « Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore » (6. 10). « Chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail » (1 Cor. 3. 8).
Cela est arrivé aux premiers appelés, mais n’oublions pas que la grâce récompense au-delà de tout mérite du travail, grand principe de tout vrai service accompli pour l’amour du Seigneur.
Avez-vous remarqué l’inversion de la sentence entre le début de la parabole (19. 30) et la fin (20. 16) : « Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers les derniers » ? Dans le premier cas est évoquée la pensée de l’homme demandant une récompense, et dans le dernier il s’agit de la souveraineté du Dieu qui se plaît à bénir selon les richesses de Sa grâce et de Sa bonté. Ouvriers de la onzième heure, puissions-nous répondre à l’appel du Seigneur en comptant sur sa pure grâce pour le servir en toute humilité (Act. 20. 19).
En chemin, montant à Jérusalem (Mat. 20. 17 à 28 ; Marc 10. 32 à 45 ; Luc 18. 31 à 34).
Jésus annonce sa mort et sa résurrection (Mat. 20. 17 à 19 ; Marc 10. 32 à 34 ; Luc 18. 31 à 34).
A plusieurs reprises déjà, Jésus avait entretenu ses disciples de ses souffrances, de sa mort et de sa résurrection. Maintenant ils étaient en chemin, montant à Jérusalem où Il allait mourir sur une croix infâme. Stupéfiés et remplis de crainte, ils le suivaient.
C’est alors qu’Il leur parle à nouveau des choses qui vont Lui arriver : la trahison de Judas, sa condamnation par les principaux sacrificateurs et les scribes, les Juifs le livrant aux nations, à Pilate et à ses soldats, les injures, les coups de fouet, les crachats, la crucifixion avec sa mort et, au troisième jour, sa résurrection. N’avait-il pas dressé sa face résolument pour aller à Jérusalem ? (Luc 9. 51)
Méditons avec un saint recueillement ces paroles du Seigneur Jésus en nous disant : « Cher Sauveur tu as tant souffert pour moi ! »
Luc précise que les disciples ne comprirent rien à ces choses ; et cette parole leur était cachée (18. 34). Ils étaient encore tout occupés de la gloire du royaume qu’ils allaient partager avec Lui, comme Il le leur avait déclaré au chapitre précédent. Mais ils ne comprenaient pas que le chemin pour y arriver passait par la croix, où Il devait mourir après avoir souffert sous le jugement de Dieu.
Fondement de toutes nos bénédictions présentes et futures, cette œuvre marque-t-elle toute notre vie ?
Demande des fils de Zébédée (Mat. 20. 20 à 24 ; Marc 10. 35 à 41).
Les paroles de Jésus, relatives à ses souffrances et à sa mort, n’auraient-elles pas dû sensibiliser le cœur des disciples et y produire une vraie sympathie ?
Pourtant deux d’entre eux, Jacques et Jean, fils de Zébédée, accompagnés de leur mère, expriment le désir d’occuper une place d’honneur dans le royaume, étant assis l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, dans sa gloire. Ne traduisaient-ils pas ainsi leur égoïsme, leur ambition charnelle, la vanité incurable du cœur naturel ?
La réponse du Seigneur manifeste qu’Il est le parfait Serviteur, obéissant à la volonté de son Père. Il allait bientôt boire la coupe des souffrances et subir le baptême de la mort. Et c’était à ceux qui le suivraient dans un chemin de renoncement, de souffrances et de mort pour l’amour de son Nom, que seront attribuées des places d’honneur dans le royaume, par le Père ; car Jésus garde sa place de Serviteur.
Certes Jésus seul a traversé les souffrances et la mort expiatoires. Mais ceux qui le suivent seront identifiés avec Lui dans sa réjection, pouvant aller jusqu’au martyre pour certains chrétiens.
Cela nous fait penser à Paul, dont le cœur était attiré par Christ vers la gloire (Phil. 3. 10 et 11). Le chemin qui conduit à la gloire passe par la croix (Act. 14. 22 ; Rom. 8. 17 ; 1 Pier. 4. 12 et 13).
Ces paroles du Seigneur prennent tout leur sens pour son disciple : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur : si quelqu’un me sert, le Père l’honorera » (Jean 12. 26).
Nous savons que Jacques fut le premier des apôtres à donner sa vie pour son Maître (Act. 12. 2) et Jean, qui se désigne par l’expression touchante « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13. 23), a consacré toute une longue vie à Son service. Le Seigneur avait déclaré à ses disciples qu’ils seraient assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël (Mat. 19. 28).
Jacques et Jean soulèvent l’indignation des dix autres disciples. Mais le Seigneur saisit cette occasion pour déployer sa parfaite grâce.
La vraie grandeur des disciples de Jésus (Mat. 20. 25 à 28 ; Marc 10. 42 à 45).
En appelant les disciples auprès de Lui, avec une patience incomparable, le Seigneur va leur donner, ainsi qu’à chacun de nous, une leçon d’humilité. Il met en contraste la grandeur selon les hommes et la grandeur selon Dieu, sur cette terre.
Ceux qui gouvernent les nations dominent sur elles, et les grands de ce monde usent d’autorité, mais le Seigneur ajoute : « Il n’en est pas ainsi parmi vous, mais quiconque voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et quiconque d’entre vous voudra devenir le premier, sera l’esclave de tous » (Marc 10. 42 à 44).
Parmi les disciples de Jésus, la vraie grandeur c’est de prendre l’humble place de celui qui sert les autres, tout en servant le Seigneur (Col. 3. 23 et 24). Souvenons-nous de Celui qui s’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, et que Dieu a haut élevé, Lui donnant un nom au-dessus de tout nom (Phil. 2. 8 à 11).
C’est le parfait modèle, source de la grâce nécessaire pour être l’esclave de tous, c’est-à-dire de n’importe qui, du plus faible, du plus misérable, du plus vil, comme de chacun. Une telle leçon a d’autant plus de prix que Jésus la donne sur le chemin le conduisant à la croix.
Au verset 45, le Seigneur donne une signification à sa mort. Il va donner sa vie en rançon pour plusieurs. Ces plusieurs sont tous les rachetés placés au bénéfice de son œuvre expiatoire (Héb. 9. 28).
Fais-tu partie de ces plusieurs ?
Par contre, il est écrit en 1 Timothée 2. 6, que l’homme Christ Jésus s’est donné Lui-même en rançon pour tous. C’est la propitiation. La rançon ayant été payée, Dieu est favorable à tout homme qui peut venir à Jésus, le Sauveur.
Ainsi, le Seigneur meurt pour payer notre rançon, et nous apprendre à aimer et à servir (Éph. 5. 2).
Guérison des deux aveugles de Jéricho (Mat. 20. 29 à 34 ; Marc 10. 46 à 52 ; Luc 18. 35 à 43).
Les deux aveugles.
Poursuivant son chemin vers Jérusalem, Jésus, suivi d’une grande foule, sort de Jéricho. C’était la première ville rencontrée par les fils d’Israël après leur traversée du Jourdain. Cette ville avait été longtemps frappée de malédiction.
Avec ce double miracle commencent les dernières scènes de la vie de notre cher Sauveur sur la terre, et sa dernière présentation à Israël, comme Fils de David, le vrai Roi de ce peuple.
Assis au bord du chemin, mendiant, deux aveugles, dans un complet dénuement, apprennent que Jésus passait. Un ardent désir les pousse à s’écrier : « Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ».
Tout en reconnaissant sa dignité qu’ignoraient les pharisiens (Mat. 22. 41 à 46), ils sont convaincus qu’il peut répondre à leur besoin. Malgré l’opposition de la foule qui essaie de les faire taire, dans leur persévérance ils crient d’autant plus fort : « Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ». Ils saisissent l’ultime occasion où le Fils de David montait pour la dernière fois à Jérusalem.
Matthieu – l’évangile du Messie, du Roi d’Israël – est le seul à signaler la présence des deux aveugles, deux témoins de la grâce et de la puissance de Jésus répondant à leur foi. Car par la bouche de deux ou trois témoins toute chose sera établie (Deut. 19. 15). Cela avait son importance pour les Juifs attachés à la loi.
Par contre Marc dénomme l’un de ces aveugles : Bartimée. Devant son insistance pour implorer sa pitié, Jésus le fait appeler. Aussitôt, jetant loin son vêtement, il se lève en hâte et vient à Lui. Spontanément il se débarrasse de toute entrave pour aller au plus vite près de Celui qui peut le guérir.
Le Seigneur met à l’épreuve la foi de ces deux aveugles par sa question : « Que voulez-vous que je vous fasse ? Ils lui disent : Seigneur, que nos yeux soient ouverts. Et Jésus, ému de compassion, toucha leurs yeux ; et aussitôt leurs yeux recouvrèrent la vue ; et ils le suivirent » (Mat. 20. 32 à 34).
C’est l’exemple saisissant d’une âme éprouvant le besoin ardent d’être sauvée et qui trouve son Sauveur par la foi en Jésus, avec le pardon et la paix, malgré tous les obstacles rencontrés. Quel privilège ensuite de suivre Jésus, par amour, sur le chemin conduisant à la gloire éternelle !
Cher lecteur, possèdes-tu le salut de ton âme par la foi en Jésus après avoir été convaincu de péché et de ton état de perdition ?
Sur le plan prophétique, malgré l’aveuglement du peuple, aux derniers jours, un résidu d’Israël aura les yeux ouverts pour reconnaître par la foi son vrai Messie, le Fils de David, son Roi.
Zachée (Luc 19. 1 à 10).
Aux abords de Jéricho, Jésus vient de guérir deux pauvres aveugles qui, sauvés par la grâce et par la foi, n’ont qu’un désir : Le suivre dans son chemin. Maintenant Jésus, en grâce, s’introduit dans une maison de cette ville maudite, et y apporte le salut.
Jésus approche Zachée.
Zachée éprouvait un besoin intense : « il cherchait à voir Jésus, quel il était », et pourtant que d’obstacles se dressaient sur son chemin.
Chef de publicains, il collectait les impôts pour les Romains et cette position déshonorante lui valait le mépris des Juifs, supportant mal leur asservissement aux nations.
Riche, il faisait partie de ceux dont le Seigneur venait de dire : « Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! » (18. 24)
Petit de taille, il est conscient de son incapacité naturelle, et la foule qui entoure Jésus l’empêche de réaliser son désir. Mais qu’importe, il surmonte toute crainte de l’opinion de ses semblables, court et monte sur un sycomore pour Le voir. Mais il ne pouvait échapper au regard de Jésus qui l’interpelle : « Zachée, descends vite ; il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison ».
C’est le langage de la grâce qui comble bien au-delà de tout ce qu’il pouvait supposer, celui que Jésus appelle par son nom. Zachée saisit, par la foi, l’aujourd’hui de Dieu.
Jésus entre dans la maison de Zachée.
Obéissant avec promptitude au Seigneur, Zachée l’accueille avec joie dans sa maison. Mais tous ceux dont les cœurs sont remplis de propre justice murmurent, disant qu’il était entré chez un pécheur pour y loger.
Or chaque fois que Jésus entrait dans un foyer, n’était-ce pas chez un pécheur ? Quelle dureté marque le cœur de l’homme étranger à la grâce !
Dans l’entretien où Zachée ouvre son cœur au Seigneur apparaissent et sa délicatesse de conscience et sa générosité, malgré sa fausse position. Mais cela ne pouvait le sauver. Il était inutile de se justifier.
S’abstenant de toute accusation, Jésus parle uniquement du salut venu à cette maison. Zachée était par la foi fils d’Abraham, et le Fils de l’homme était venu chercher et sauver ce qui était perdu.
Le verbe « chercher » absent en Matthieu 18. 11, où il s’agit des petits enfants, évoque le travail de conscience d’une âme qui s’est égarée, étant responsable devant Dieu des péchés commis. À travers une profonde repentance envers Dieu, elle découvre son état de perdition et son besoin d’un Sauveur qu’elle reçoit comme un petit enfant croyant simplement ce qu’on lui dit.
Ainsi l’égarement n’est pas mis en compte avant l’âge de la responsabilité. Seule la foi en Jésus a sauvé Zachée.
Cher lecteur est-ce bien ton cas ?
La parabole des mines (Luc 19. 11 à 27).
En réponse aux pharisiens qui l’interrogeaient pour savoir quand, viendrait le royaume de Dieu, Jésus avait déclaré : « Voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17. 21). Alors qu’Il était près de Jérusalem, ceux qui Le suivaient pensaient que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître à la suite de cette parole : « Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10).
Or pour sauver le pécheur, Jésus devait d’abord être rejeté de son peuple, souffrir et mourir pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Ainsi le royaume de Dieu ne pouvait qu’être différé comme le montre la parabole des mines. Avant son établissement, la terre sera purifiée par les jugements.
La mission confiée aux dix esclaves (v. 11 à 14).
« Un homme noble s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit : Trafiquez jusqu’à ce que je vienne » (v. 12 et 13).
Cet homme noble, c’est Jésus, qui après son rejet comme roi (v. 14), va aller au ciel, ce pays éloigné. Comme homme glorifié, Il reçoit le royaume, étant investi de la domination universelle, puis II reviendra revendiquer ses droits de souverain sur la terre.
Au moment où Il remet sa mine, quel écho a l’injonction du maître dans le cœur de chaque serviteur : « Trafiquez jusqu’à ce que je vienne ? » Chaque serviteur est responsable vis-à-vis du Seigneur de ce qui lui a été donné. Comment va-t-il se conduire à l’égard du dépôt remis par le maître ? Sera-t-il fidèle à sa parole ou oisif ?
Dans cette parabole chaque esclave reçoit le même don, une mine. Cela ne nous parle-t-il pas des dons en relation avec la profession du christianisme ? Quel cas faisons-nous de la Parole de Dieu à la portée de tout chrétien, des opérations du Saint Esprit venu comme personne divine sur la terre depuis la Pentecôte ?
Le vrai croyant conscient de sa responsabilité quant à ce qu’il a reçu, par la grâce de Dieu, va faire fructifier le don du maître au temps de son absence ; vivre de toute parole de Dieu, proclamer la vérité dans le monde et dans l’assemblée, exalter Christ dans sa vie, par la puissance du Saint Esprit, tout en attendant avec ferveur son retour.
Sans doute les fruits produits seront différents selon le zèle de chaque esclave.
Dans les concitoyens exprimant leur haine de l’homme noble par leurs paroles : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » (v. 14), ressort la culpabilité des Juifs. Jésus a été rejeté comme roi (Jean 19. 15) et condamné à la crucifixion. Puis après sa mort, malgré les discours de Pierre et d’Étienne manifestant toute la patience de Dieu, dans le livre des Actes, le peuple juif dans son ensemble a confirmé le refus définitif de son roi.
C’est aussi le comportement de tout incrédule vis-à-vis de Christ.
L’appréciation du maître et la rétribution des esclaves fidèles (v. 15 à 19).
A son retour le maître désire savoir combien chacun avait gagné par son trafic pour le rétribuer en conséquence.
Dans cette parabole la responsabilité de l’esclave est bien soulignée à partir du don reçu de la part du maître. L’amour pour le maître absent que l’on sert, va produire le dévouement et la fidélité.
Le premier esclave, loin de s’attribuer quelque mérite à son travail, reconnaît que la mine du maître a produit dix mines. En ce qui nous concerne, le bien que Dieu produit dans nos vies est le fruit de sa pure grâce. Le maître donne aussitôt son appréciation : « Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très-peu de chose, aie autorité sur dix villes » (v. 17).
Sa récompense sera d’exercer l’autorité sur autant de villes qu’il a gagné de mines. Ici le Seigneur est vu comme roi venant établir son royaume. Puissions-nous aussi nous consacrer aux intérêts du Seigneur, alors qu’Il est encore rejeté et absent de cette terre ! Sa récompense sera à la mesure de notre dévouement.
Le deuxième esclave présente à son maître le profit de son travail, soit cinq mines, et reçoit la récompense correspondant à sa mesure de fidélité, étant établi sur cinq villes. Ce que nous aurons acquis ici-bas dans la jouissance personnelle de Christ, de sa grâce, et dans les résultats d’un service fidèle envers Lui, nous le conserverons pour le ciel.
Le sort réservé à l’esclave infidèle (v. 20 à 26).
Le troisième serviteur est méchant, car il ne connaît pas son maître, l’estimant sévère, exigeant, et injuste. Il n’a rien fait pour lui, tout en proclamant son autorité.
Il portait bien le titre d’esclave, tout comme bien des chrétiens qui se contentent de la seule profession, sans avoir la vie divine, c’est-à-dire la foi en l’œuvre de Christ. Il est reproché au méchant esclave, économe infidèle, de ne pas avoir mis son argent à la banque pour qu’il soit retiré avec l’intérêt.
Si son jugement n’est pas prononcé, toutefois son sort sera assimilé à celui des ennemis du roi (Mat. 25. 30). La mine lui sera ôtée et donnée à celui qui a les dix mines.
Ainsi plus on est fidèle dans la mise en valeur de ce que le Seigneur nous a confié, plus on reçoit, déjà ici-bas, et pour l’éternité. Mais si un homme énonce la vérité qui lui a été présentée, sans qu’elle soit accompagnée d’une foi réelle, cela même qu’il a lui sera ôté.
Le jugement des ennemis du roi (v. 27).
Les ennemis du roi qui n’ont pas voulu de son règne sont amenés et tués devant lui. Ce jugement solennel frappera les Juifs incrédules et apostats, génération issue de celle qui rejeta le Seigneur, tout en ayant les mêmes caractères.
Ne craignons pas l’opprobre de Christ au temps de son rejet. Que nous soyons fidèles dans l’administration de ce qu’Il nous a confié ! Bientôt nous aurons en partage sa joie et son autorité dans le royaume.
Parabole des talents (Mat. 25.14 à 30).
Cette parabole, souvent mise en rapport avec celle des mines (Luc 19. 11 à 27), souligne toute l’importance du service pour ceux que le Seigneur emploie. Elle se rattache à la parabole précédente pour présenter deux aspects de la vie chrétienne : servir le Seigneur en l’attendant, comme le réalisaient les jeunes croyants Thessaloniciens (1 Thess. 1. 9 et 10).
Avant son départ, le Maître remet ses biens à ses esclaves (v. 14 et 15).
Le Seigneur s’en va hors du pays, c’est-à-dire d’Israël, et confie à ses propres esclaves une partie de ses biens pour qu’ils les fassent prospérer au cours de son absence. Rejeté par les hommes, Christ a quitté cette terre. Les biens qu’il a distribués à ses esclaves, selon sa sagesse et sa souveraineté, sont liés à sa venue ici-bas pour accomplir l’œuvre de la croix.
Il appartient au Maître d’adapter le don à la capacité du vase, si bien que l’un reçoit cinq talents, un autre deux, et un autre un. Tous n’ont pas la même capacité, ni le même don comme en Luc 19, à propos des mines où il est question de la responsabilité du serviteur. Mais ils ont le même Seigneur et devraient avoir le même zèle pour Le servir.
Le Maître n’exprime pas ici ce qu’ils doivent faire des talents reçus, car tout est grâce dans l’exercice des dons, dès l’instant où il y a la connaissance de son cœur plein de bonté.
Ne négligeons pas le don que nous avons reçu, même s’il ne s’agit que d’un talent. Ne devrions-nous pas plutôt nous attribuer cette parole : « Qu’as-tu, que tu n’aies reçu ? » (1 Cor. 4. 7). Ainsi nos facultés naturelles et spirituelles constituent nos capacités, et le don de grâce est communiqué par le Maître à chacun selon sa propre capacité.
L’objectif de l’esclave fidèle ne sera-t-il pas de faire fructifier un tel don qu’il soit grand ou petit, à la gloire de son Seigneur ? Des dons de grâce différents à l’adresse des croyants sont énumérés en Romains 12. 6 à 16.
Comment les esclaves ont utilisé les biens du Maître ? (v. 16 à 18).
Conscients que les intérêts du Maître leur ont été confiés, deux esclaves fidèles ont fait valoir les talents reçus. Celui qui avait eu cinq talents, a pu en acquérir cinq autres, et celui qui avait reçu les deux, en gagne deux autres. Avec la même diligence ils ont doublé ce qu’ils avaient reçu au départ, sans avoir la même capacité.
Mais quel contraste avec l’esclave infidèle n’ayant reçu qu’un talent ! Il s’est contenté de le cacher dans la terre, au lieu de s’en servir dans l’intérêt de son Maître que, malgré toutes ses prétentions, il ne connaissait pas.
Appréciation du Maître à son retour et récompense des esclaves fidèles (v. 19 à 23).
A son retour, longtemps après, le Maître règle compte avec ses esclaves. Ils avaient eu du temps pour faire valoir les talents reçus de sa main. Leur amour pour le Maître soutenait leur fidélité, leur patience et leur persévérance.
Nous serons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal (2 Cor. 5. 10).
Les deux premiers esclaves ayant doublé les sommes confiées, entendent chacun la même appréciation du Maître : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître » (v. 21 et 23). Matthieu met l’accent sur la fidélité. Ces deux esclaves, outre leur établissement dans le royaume, reçoivent la suprême récompense : entrer dans la joie du Maître qu’ils ont aimé et connu, tout en le servant.
Destinée de l’esclave inutile (v. 24 à 30).
Le troisième esclave avait caché le talent du Maître dans la terre. Il n’a rien fait, c’était un paresseux. De plus il est déclaré méchant, car il ne connaissait pas son Maître et sa bonté, n’ayant aucune confiance en lui, méprisant même le don reçu.
Il accuse son Maître de dureté, d’injustice, prétendant le connaître, alors qu’il est le seul à ne pas le connaître. Il professe être un esclave tout en étant incrédule. Il ne reconnaît ni les droits de Dieu, ni son amour.
Cet esclave représente tous ceux qui possèdent des privilèges chrétiens sans en jouir d’une manière vitale. Ils ont la profession sans la vie de Dieu. Ils perdent tout ce qui leur a été confié, comme cela est confirmé au v. 29, et en Hébreux 6. 4 à 6. Dieu fait une distinction entre les dons reçus et la grâce opérant dans le cœur.
Le talent de l’esclave infidèle est donné à celui qui en avait dix. Ainsi ceux qui sont fidèles obtiennent toujours davantage. C’est comme étant inutile que l’esclave méchant et paresseux est condamné. Il est jeté dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents (v. 30). C’est le jugement éternel.
Toi qui appartiens au Seigneur Jésus, puisses-tu faire valoir pour sa gloire le don que tu as reçu. La récompense par excellence du fidèle sera de partager la joie du Maître.
Hélas ! caché dans une aride terre,
Plus d’un talent, Seigneur, n’a rien produit !
Autour de nous, notre faible lumière
N’a pas brillé pour éclairer la nuit.
Oh ! puissions-nous pendant la dernière heure,
Porter du fruit pour toi, travailler tous
Jusqu’au moment d’entrer dans ta demeure.
Réveille-nous, Seigneur, réveille-nous !
(Hymnes et Cantiques n°244 strophe 3)
Le souper de Béthanie (Mat. 26. 6 à 13 ; Marc 14. 3 à 9 ; Jean 12. 1 à 11).
Un souper pour le Seigneur (Jean 12. 1 et 2).
Alors que se trame à Jérusalem le complot meurtrier des méchants (Mat. 26. 3 à 5), un repas est préparé pour le Seigneur par les siens dont le cœur est rempli de son amour. Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie. On lui fit là un souper.
Même si Lazare, le mort que Jésus avait ressuscité d’entre les morts, est présent, ce repas est toutefois préparé en l’honneur du Maître qui y occupe la place centrale.
L’Esprit de Dieu dans l’évangile de Jean déroule une scène symbolique des résultats bénis découlant de l’œuvre expiatoire de Jésus et de son triomphe remporté sur la mort. La preuve en est donnée dans la résurrection de Lazare.
Jésus apparaît ici comme le Prince de la vie (Act. 3. 15) et comme le roi de gloire (Ps. 24. 7 à 10).
Lazare est un type de la résurrection future d’Israël (Éz. 37), et Marthe représente ceux qui, traversant vivants la grande tribulation, entreront dans le règne millénaire de Christ, sur la base de sa mort et de sa résurrection.
En attendant que le peuple terrestre jouisse des bénédictions le concernant, les rachetés de l’économie (période) présente de la grâce goûtent une précieuse part dans l’intimité avec leur Seigneur.
Ils Lui rendent culte par l’Esprit, réalisant par grâce différents caractères de la vie chrétienne, comme les représentent Lazare, Marthe et Marie.
« Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui ». C’est l’expression de la communion. Mort et ressuscité, il avait reçu une vie nouvelle.
C’est aussi le cas de chaque racheté du Seigneur. Mort au monde et au péché, il vit à Dieu (Rom. 6. 10 et 11).
Lazare ne prononce pas une parole, mais il lui suffit d’être là où est son Seigneur pour partager avec lui ce repas. Il est le témoin bien vivant de ce que Jésus a fait pour lui.
« Marthe servait ». Elle exerçait sans bruit le don de grâce reçu du Seigneur. Autrefois le Seigneur l’avait blâmée, car elle était distraite par beaucoup de service (Luc 10. 40). Jésus n’était pas son seul objet. Maintenant qu’elle le connaît comme la résurrection et la vie (Jean 11. 25 à 27), elle sert, de cœur, spontanément (Col. 3. 23).
Acte de foi et d’amour de Marie (Jean 12. 3).
Marie réalise le privilège par excellence de la vie chrétienne : l’adoration, le culte, ayant Jésus pour seul Objet, alors que dans le souper fait en son honneur, la communion est avec Lui et le service accompli pour Lui.
« Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum ».
Comme quelqu’un l’a exprimé : « Jésus seul remplit son âme, elle fixe les yeux sur Lui ; son cœur ne bat que pour Lui, ses mains et ses pieds sont d’accord avec ses yeux et son cœur. Elle oint les pieds de Jésus, et Lui essuie les pieds avec ses cheveux, la gloire de la femme » (1 Cor. 11. 15).
Consciente de la dignité de Celui qui est Dieu manifesté en chair, son geste démontre que ce parfum pur de grand prix n’a pas encore assez de valeur pour demeurer sur les pieds adorables de son Sauveur. Mais en l’essuyant, Marie en imprègne sa chevelure, et le parfum remplit de son odeur toute la maison.
Dans cet acte de foi et d’amour, le cœur s’épanche comme le parfum du vase brisé, procurant au Seigneur un rafraîchissement bienfaisant avant les heures terribles de la croix.
Dans les évangiles de Matthieu et de Marc, Marie n’est pas nommée. C’est une femme qui, dans les deux cas, répand le parfum sur la tête du Seigneur.
Selon le caractère de Matthieu, elle oint la tête du Roi, fils de David, le Messie rejeté, au moment où Il va mourir. Son parfum se répand de la tête sur le corps du Seigneur (Mat. 26. 12). Par une intuition spirituelle, elle discerne que le corps de Jésus sera enseveli, mais avec l’assurance qu’Il ne pourra rester dans le tombeau.
Dans l’évangile de Marc, le parfum est répandu sur la tête du Prophète et du parfait Serviteur, venu sur la terre pour accomplir la volonté de Dieu dans l’œuvre de la rédemption (Marc 14. 3). Et cette gloire n’est pas moindre que celle du Roi.
Dans l’évangile de Jean, Marie, dans sa muette ferveur, ne pouvait oindre que les pieds du Fils de Dieu. Selon son habitude elle occupe sa place aux pieds du Seigneur (Luc 10. 38 ; Jean 11. 32).
Intervention des disciples et approbation du Seigneur (Jean 12. 4 à 8).
Indignés, les disciples reprennent vivement la femme qui a osé faire la perte d’un tel parfum estimé par Judas Iscariote à trois cents deniers. Selon eux, on aurait pu distribuer cet argent aux pauvres. Mais l’Écriture précise que Judas était voleur, et qu’il avait la bourse et portait ce qu’on y mettait. En fait, pour lui, l’amour de l’argent passait avant les pauvres (1 Tim. 6. 9 et 10).
Mais le Seigneur honore Marie de son approbation devant tous. Elle a fait une bonne œuvre envers Celui qui doit déclarer : « Permets-lui d’avoir gardé ceci pour le jour de ma sépulture ».
Ce privilège n’a pas été accordé aux femmes venues au tombeau vide pour embaumer le corps du Seigneur avec les aromates, car Il était déjà ressuscité.
Sans négliger l’exercice de la bienfaisance (Gal. 6. 10), offrons sans cesse au Seigneur un sacrifice de louanges, sachant combien Il apprécie l’adoration d’un cœur qui l’aime.
Les chefs du peuple veulent faire mourir Lazare, car après sa résurrection plusieurs des Juifs croyaient en Jésus. Ne voulaient-ils pas se débarrasser d’un témoin gênant ? Mais Dieu poursuit son œuvre en dépit de l’incrédulité des hommes.
Entrée de Jésus à Jérusalem (Mat. 21. 1 à 11 ; Marc 11. 1 à 11 ; Luc 19. 29 à 44 ; Jean 12. 12 à 19).
Jésus acclamé comme Roi entre à Jérusalem.
Jésus, accompagné de ses disciples, s’approche de Jérusalem. Arrivant à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Il envoie deux de ses disciples chercher dans le village voisin, l’ânon sur lequel Il devait faire son entrée à Jérusalem, comme Zacharie l’avait prophétisé (9. 9).
Tout en sachant qu’Il allait mourir près de cette ville qui tue les prophètes, Jésus se présente ici à son peuple dans l’humilité et la grâce, comme le Roi, le fils de David. L’ânesse et l’ânon sont à sa disposition, au moment voulu, et le propriétaire répond au besoin du Seigneur.
Dans cette scène éphémère tout semble se soumettre à l’autorité du Seigneur.
La citation en Matthieu 21. 5 (de Zacharie 9. 9), ne retient que le caractère de débonnaireté du Seigneur et omet les deux expressions : « Il est juste et ayant le salut », c’est-à-dire qu’il exécutera le jugement à l’égard de ses ennemis, et comme Sauveur, il délivrera le résidu pieux de son peuple. Mais ce n’était pas encore le temps où le Fils de l’homme viendrait sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire (Mat. 24. 30).
Dans sa souveraineté le Seigneur savait qu’un ânon était tenu en réserve pour lui seul (Luc 19. 30), et les disciples l’amenèrent à Jésus. Ayant jeté leurs vêtements sur l’animal, ils mirent Jésus dessus. Et une immense foule étendit ses vêtements sur le chemin, et d’autres coupaient des rameaux des arbres, les répandant sur la voie royale qui conduisait le fils de David dans la ville du grand Roi.
N’y avait-il pas dans cette scène une esquisse de la fête des tabernacles, annonçant le Millénium ?
À la descente de la montagne des Oliviers, la multitude des disciples se réjouissant par l’Esprit, se mit à louer Dieu disant : « Hosanna (mot signifiant « Sauve, je te prie ») au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts » (Mat. 21. 9 ; Marc 11. 9 et 10 ; Luc 19. 37 et 38).
C’est la prophétie remarquable du Psaume 118. 22, dont l’accomplissement se réalisera entièrement à l’entrée du règne millénaire. Mais maintenant, à cause du rejet de Christ, la paix est ôtée de la terre, alors qu’elle avait été proclamée à sa naissance, par les anges aux pauvres du troupeau (Luc 2. 14).
Désormais Christ ressuscité, élevé dans le ciel, est notre paix (Éph. 2. 14). Et lorsqu’Il régnera sur la terre, « Lui sera la paix » (Michée 5. 5).
Luc fait ressortir le contraste entre la joie communicative des disciples et les réactions incrédules des pharisiens s’opposant au témoignage rendu au fils de David, le roi, le Messie promis. Et Jésus répond : « Si ceux-ci se taisent, les pierres crieront » (19. 40). Au moment du rejet de son Fils, Dieu ne pouvait pas se taire. Un témoignage à la gloire du Messie devait être proclamé, en accord avec les Écritures.
Si Jésus entre dans la ville avec le calme de sa majesté royale, toutefois l’élan enthousiaste des foules qui l’accompagnent est de courte durée. La réalité de leur foi va être testée en réponse à une question posée : « Qui est celui-ci ? » Elles déclarent : « Celui-ci est Jésus, le prophète, qui est de Nazareth de Galilée » (Mat. 21. 11). Réponse exacte certes, mais qui pouvait être celle de personnes n’ayant pas la foi.
Jésus pleure sur Jérusalem et signale son sort (Luc 19. 41 à 44).
En présence de la ville bien-aimée, Jésus ressent douloureusement les souffrances qui l’atteindraient, parce qu’elle n’avait pas connu le jour de sa visitation en grâce, par son roi.
Cette vision de la cité, renversée par terre avec ses enfants, fait couler les larmes de l’homme de douleur, étreint par l’Esprit de grâce. L’Éternel n’avait-il pas déclaré à ce peuple : « Oh ! si tu avais fait attention à mes commandements, ta paix aurait été comme un fleuve » (És. 48. 18).
Que de fois le Seigneur avait voulu rassembler les enfants de cette cité, comme une poule ses poussins sous ses ailes et ils ne l’avaient pas voulu ! (Luc 13. 34)
Il ne restait plus que le jugement destructeur en l’an 70, lors du siège des Romains par Titus, mais aussi, après l’enlèvement de l’Église, celui qui aura lieu lors des évènements de la fin, avant l’instauration du règne de Christ.
Nous sommes confondus par la patience de Dieu à l’égard de son peuple et envers le monde ; et pourtant Dieu n’est pas indifférent à tout le mal commis par l’homme, et à toute la souffrance poignante qui en résulte. « Le Seigneur est patient… ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).
Le message de Jésus présenté au début de son ministère reste toujours actuel : « Repentez-vous et croyez à l’évangile » (Marc 1. 15).
L’as-tu reçu par la foi ?
Mais pour le maintien en équilibre de ses perfections, Dieu devra mettre un terme au déploiement de sa grâce, afin d’exécuter ses jugements, même si c’est son œuvre étrange et son travail inaccoutumé (És. 28. 21). L’homme ne peut pas toujours se moquer de Dieu et résister aux appels de sa grâce impunément.
Cependant, tant que dure l’économie de la grâce, appliquons-nous à exercer la miséricorde et la patience envers tous, comme Dieu notre Père nous en donne l’exemple parfait.
L’évangéliste Marc est seul à préciser que Jésus entra « dans le temple ; et après avoir promené ses regards de tous côtés sur tout, comme le soir était déjà venu, il sortit et s’en alla à Béthanie avec les douze » (11. 11). Rien n’échappe à son regard scrutateur. Sans prononcer une parole, Il ne peut que s’éloigner de la cité incrédule et rebelle pour trouver refuge avec ses disciples auprès de ceux qui L’aiment et ont été témoins de la puissance de la résurrection.
Peux-tu dire en vérité au Seigneur : « Je suis à mon bien-aimé, et son désir se porte vers moi » ? (Cant. 7. 10)
Jésus purifie le temple (Mat. 21. 12 à 17 ; Marc 11. 15 à 19 ; Luc 19. 45 à 48).
De retour à Jérusalem, dès le matin, Jésus entre dans le temple. Il va déployer son autorité royale pour purifier Sa maison.
Ceux que le Seigneur chasse du temple (Mat. 21. 12 et 13).
Après sa présentation comme Roi à Jérusalem, Jésus se rend au temple, centre religieux de ce peuple. Son zèle pour la maison de son Père le porte à purifier ce lieu profané par la présence de vendeurs et d’acheteurs qu’Il chassa.
On peut penser que le trafic et le change de la monnaie pratiqués dans le temple trouvaient une justification dans ce qu’énonçait la loi en Deutéronome 14. 24 à 26. Ceux qui venaient de loin pour sacrifier à l’Éternel pouvaient acheter du bétail ou des colombes sur place. Et des hommes impies avaient profité de ces dispositions légales pour faire de l’enceinte du temple une caverne de voleurs, se livrant à de honteuses escroqueries, déshonorant le nom de Dieu.
Sous une forme interrogative l’Éternel avait déjà fait ce reproche à leurs pères en Jérémie 7. 11. Mais le Seigneur rappelle quelle était la destination de cette maison d’après les Écritures : « Ma maison sera appelée une maison de prière » (És. 56. 7). Cela sera pleinement réalisé lors de la deuxième venue du Seigneur pour établir sa bénédiction selon cette prophétie.
Aujourd’hui encore il est extrêmement grave de corrompre le temple actuel de Dieu dans lequel le Saint Esprit habite. Quiconque le fait sera détruit (1 Cor. 3. 17). Des maux semblables à ceux dénoncés par le Seigneur ont affecté la chrétienté. On a estimé que la piété est une source de gain et l’apôtre déclare : « C’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent » (1 Tim. 6. 5 à 10).
En Apocalypse 18. 21 à 23 sont présentés les terribles jugements devant atteindre ce qui est appelé la maison de Dieu sur la terre, là où le mal a été toléré et le monde s’est infiltré.
Guérison des infirmes (Mat. 21. 14).
Alors qu’Il vient d’intervenir avec autorité contre le mal introduit dans la maison de son Père, Jésus se met aussitôt à la disposition de ceux qui, conscients de leur état, éprouvent le besoin d’aller à Lui. Il s’agit des aveugles et des boiteux.
De tels infirmes étaient privés du privilège de servir dans le sanctuaire comme sacrificateurs selon Lévitique 21. 18. Il leur était interdit d’entrer dans la maison lorsque David prit la forteresse de Sion (2 Sam. 5. 8). Mais le vrai Fils de David, posant ses pieds en Sion, accueille en grâce ces infirmes et les guérit en exerçant sa puissance divine.
Dans ces infirmes nous avons deux traits de l’homme naturel. Il est incapable de voir et de marcher selon Dieu. Mais il lui suffit d’aller à Jésus dans une entière confiance en sa grâce et en sa puissance pour être délivré.
Louange des enfants et protestations des chefs religieux (Mat. 21. 15 à 17).
Au moment où Jésus manifestait le cœur de Dieu plein de grâce pour l’homme infirme et pécheur, voilà des enfants dont le cœur était rempli de louanges, et ils criaient dans le temple : « Hosanna au Fils de David ! »
C’était l’écho des cris jetés par les foules entourant le Seigneur lors de son entrée royale à Jérusalem. Mais les principaux sacrificateurs et les scribes à la vue des merveilles qu’Il faisait, et à l’écoute des accents de louanges des enfants, en furent indignés et dirent à Jésus : « Entends-tu ce que ceux-ci disent ? » Mais Jésus leur dit : Sans doute ; n’avez-vous jamais lu : « Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tettent, tu as établi ta louange ? » (Ps. 8. 2)
Malgré l’opposition de l’homme incrédule, Dieu accomplit ce qui est son bon plaisir, et reçoit la louange de ce qui est petit et faible. Force et louange sont produites par Lui et pour Lui.
En présence des œuvres merveilleuses de Jésus et du témoignage qui Lui est rendu, ces hommes religieux restent endurcis dans leur cœur rempli de haine, ennemis de la vérité qui les condamne. Jésus les laisse, sort de la ville rebelle et s’en va à Béthanie, le lieu où Il est aimé de quelques cœurs dévoués ; mais quel sort terrible est réservé à celui qui rejette la grâce de Dieu !
Ces petits enfants qui avaient entendu que Jésus était le Fils de David n’ont pas besoin de beaucoup d’explications pour exprimer spontanément la louange annoncée prophétiquement au Psaume 8. Il en est ainsi de ceux qui reçoivent dans la simplicité d’une foi vraie, la Parole de Dieu.
Pensons à la réponse immédiate de l’aveugle-né guéri, lorsque le Seigneur s’est révélé à lui comme le Fils de Dieu : « Je crois Seigneur ! Et il lui rendit hommage » (Jean 9. 35 à 38). « Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai… Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 33 et 36).
Cher jeune lecteur, possèdes-tu la vie éternelle ?
Le figuier stérile maudit (Mat. 21. 18 à 22 ; Marc 11. 12 à 14 ; 20 à 26).
Malédiction prononcée par Jésus sur le figuier (Mat. 21. 18 et 19 ; Marc 11. 12 à 14).
Comme Jésus sortait de Béthanie, il eut faim. Et, voyant de loin un figuier, il s’en approcha pour voir s’il y trouverait des figues, mais il ne vit que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Voyant cela, il dit : « Que désormais personne ne mange jamais de fruit de toi. Et ses disciples l’entendirent ».
Le figuier est une figure du résidu d’Israël, revenu en Canaan après la captivité babylonienne pour accueillir son Messie. Le figuier était planté dans la vigne du Seigneur, représentant la nation dans son ensemble (Luc 13. 6). Lorsque le roi se présente, il ne trouve que des feuilles. Ce n’était pas la saison des figues, s’écoulant d’août à octobre.
Pourquoi est-ce que Jésus le maudit puisque ce n’était pas la saison des figues ? Or on sait que des figues précoces peuvent apparaître au printemps (saison à laquelle se rapporte le récit), en particulier dans les vallons abrités. On comprend l’étonnement de Jésus de ne trouver aucune figue sur cet arbre vigoureux, couvert de feuilles.
Stérile, ce figuier est l’image d’Israël et de l’homme dans la chair, dont Dieu s’est occupé à travers son peuple terrestre, avec beaucoup de soin, comme l’évoque le prophète : « Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? » (És. 5. 4) L’histoire d’Israël, c’est notre histoire écrite de la main de Dieu.
Avec quelle patience et quelle grâce il a supporté ce peuple qui, se plaçant volontairement sous le régime de la loi, n’a produit que des feuilles, une profession religieuse, une apparence de piété, sans fruit pour Dieu ! Ayant rejeté et crucifié Christ, lapidé Étienne, il est mis de côté pour toujours.
L’homme naturel doué de facultés admirables, en donnant essor à son génie, se surpasse sans cesse dans le domaine des sciences et des techniques. Quelle humiliation de constater, à la fin de la civilisation chrétienne, que sur le plan moral et spirituel il est un arbre sec, stérile pour Dieu ! L’imagination de son cœur est mauvaise dès sa jeunesse (Gen. 8. 21). Il est incurable. La seule issue pour lui est la repentance.
Or Dieu veut du fruit comme l’exprimait le Seigneur : « En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit » (Jean 15. 8). Mais la nature de l’homme en Adam et celle d’Israël sous la loi est incapable d’en produire.
Le temps de la loi n’était pas celui de la saison des fruits. Seul le temps de la grâce peut en produire en abondance. Le vieil homme étant condamné définitivement à la croix, Dieu communique une nouvelle nature sur le principe de la foi. Elle produit le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22) et de même, sur le pied de la grâce, l’Israël de Dieu sera restauré à la fin.
Puissance de la foi (Mat. 21. 20 à 22 ; Marc 11. 20 à 24).
Le lendemain matin, passant près du figuier maudit la veille par le Seigneur, les disciples constatent qu’il est séché depuis les racines. Le jugement de Dieu l’avait frappé d’une manière surnaturelle, et Pierre en fait la remarque au Seigneur.
N’est-ce pas une image frappante du jugement solennel de Dieu à l’égard de notre nature pécheresse ? Pour la foi il a été porté par Christ à la croix.
S’Il cherche dans votre cœur les fruits d’une vraie repentance, les trouvera-t-Il ?
Jésus répondit à Pierre : « Ayez foi en Dieu », c’est-à-dire appuyez-vous sur la fidélité immuable de Dieu, en dépit de ce qui peut sécher et disparaître autour de vous. La foi est cette faculté spirituelle du croyant qui reçoit la Parole de Dieu dans son cœur (Jean 3. 33 ; Rom. 10. 17).
Puis le Seigneur ajoute : « Quiconque dira à cette montagne : Ôte-toi, et jette-toi dans la mer, et qui ne doutera pas dans son cœur, mais croira… tout ce qu’il aura dit lui sera fait… Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et il vous sera fait » (Marc 11. 23 et 24).
Les paroles aussi bien que la prière sont l’expression d’une foi authentique qui reçoit ce qu’elle désire, en accord avec la volonté de Dieu.
La montagne est le symbole d’une grande puissance terrestre, d’un obstacle à surmonter, d’une difficulté à vaincre, mais la foi dispose de la puissance de Dieu et peut obtenir tout ce qu’Il approuve.
En rapport avec le jugement prononcé par Jésus sur le figuier, l’exhortation adressée aux disciples prévoit l’opposition acharnée des Juifs qu’ils affronteraient après son départ (1 Thess. 2. 14 à 16). Seule la foi triompherait.
Mais Israël à cause de son incrédulité a été comme une montagne jetée dans la mer des nations, après la destruction de Jérusalem par les Romains en 70.
Dieu exauce la prière de la foi. Ce principe est de toute importance pour notre marche, notre service, nos combats. Il importe de vaincre par la foi, en bannissant le doute et en fixant nos yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi (c’est à dire : Celui qui amène la foi à son accomplissement). Il suffit à la foi de faire intervenir Dieu dans l’attente de sa réponse dont elle est assurée.
Pour cela la communion avec un Dieu d’amour est à cultiver soigneusement. C’est pourquoi le Seigneur ajoute une nouvelle condition : l’esprit de pardon envers ceux qui ont pu nous léser (Marc 11. 25 et 26).
Il s’agit ici du pardon gouvernemental et non du pardon des péchés que Dieu octroie une fois pour toutes à ceux qui acceptent par la foi l’œuvre expiatoire de Christ. Dans son juste gouvernement Dieu tient compte de la conduite des siens. Il n’approuve jamais le mal dans nos voies. Le péché porté à notre connaissance doit être confessé et abandonné pour que nos prières soient exaucées (Prov. 28. 13 ; 1 Jean 1. 9).
Si quelqu’un te fait tort, pardonne-lui, et n’oublie pas de confesser ta faute à quelqu’un que tu as offensé. « Vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Éph. 4. 32).
Les dernières paroles de Jésus en public (Jean 12. 20 à 36).
Des Grecs désirent voir Jésus (v. 20 à 26).
Au moment où le service public de Jésus est presque achevé, et avant qu’Il laisse Sa vie sur la croix, Dieu permet qu’un triple témoignage soit rendu à différentes gloires de Son Fils :
– Sa gloire de Fils de Dieu est manifestée lors de la résurrection de Lazare (Jean 11. 41 à 44).
– Puis Il est reconnu par une grande foule comme le Fils de David, le roi d’Israël entrant à Jérusalem (Jean 12. 12 et 13).
– Enfin la demande des Grecs, hommes des nations, fournit l’occasion au Père de proclamer la gloire de Jésus comme Fils de l’homme qui jugera le monde et son chef – mais ceux qui croiront en Lui participeront aux bénédictions de Son règne.
Après Son rejet comme Messie, Jésus ne pouvait pas porter le titre de Fils de l’homme sans passer par la mort, pour régner sur tout l’univers et introduire des hommes avec Lui dans la gloire. Mais sans avoir besoin de mourir, Il était Fils de Dieu (Luc 1. 36) et Fils de David (Mat. 1).
Ces Grecs, venus à Jérusalem pour adorer pendant la fête, expriment à Philippe leur désir de voir Jésus, au moment où les principaux sacrificateurs tiennent conseil pour Le faire mourir. Puis André étant informé, les deux disciples le disent à Jésus qui donne comme réponse : « L’heure est venue pour que le Fils de l’homme soit glorifié » et pour cela, Sa mort était nécessaire.
Le grain de blé tombant en terre devait mourir pour porter beaucoup de fruit, des grains de la même nature que la semence. Quoique en vertu de Son humanité parfaite Il aurait pu remonter au ciel tout seul – comme artisan des conseils de Dieu – Il s’engage à porter le jugement de la multitude de rachetés dont Il s’entourera au ciel.
Puis le Seigneur souligne les conséquences immédiates de Sa mort pour les compagnons de Sa gloire (v. 25 et 26). Le suivre implique le fait de charger sa croix, c’est-à-dire la mort au péché et au monde. C’est abandonner une vie de vanité, en portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre corps (2 Cor. 4. 10).
N’y a-t-il pas trop de personnes qui veulent servir le Seigneur, faire de grandes choses pour Lui, évangéliser même, et qui redoutent de Le suivre dans un chemin de fidélité où elles rencontreront l’opprobre des systèmes religieux, tout comme le Maître l’a connu au sein du Judaïsme ?
Le Seigneur, modèle parfait, a ouvert aux Siens un chemin en dehors du monde. Si nous nous souvenons de Son amour le poussant à venir nous sauver, en subissant le terrible jugement de Dieu qui devait nous atteindre, alors nous ne pouvons pas désirer ici-bas une autre part que la Sienne.
Prière de Jésus dans le pressentiment de Sa mort et réponse du Père (v. 27 et 28).
Troublé dans Son âme, le Seigneur éprouve le sentiment angoissant quant à la coupe amère que le Père Lui donnerait à boire : être abandonné d’un Dieu juste et saint, lorsqu’Il porterait nos péchés en Son corps sur la croix et donnerait Sa vie en rançon pour plusieurs.
Mais aussitôt l’homme parfait se soumet à la volonté parfaite de Son Père en disant : « Père, glorifie ton Nom » (v. 27). Là où l’homme pécheur avait déshonoré le nom de Dieu, Il accomplit l’œuvre de la rédemption, revendiquant à tout prix la gloire de Dieu. Dans Son amour invincible Il permet à des coupables repentants de pouvoir jouir de l’amour de Son Père pendant l’éternité.
Aussitôt une voix vint du ciel : « Et je l’ai glorifié et je le glorifierai de nouveau ». Glorifié lors de la résurrection de Lazare, Il allait l’être encore par la résurrection de Christ Lui-même (Rom. 6. 4). Ayant délié les douleurs de la mort, il n’était pas possible qu’Il fût retenu par elle.
Si ce cher Sauveur a enduré la mort pour d’autres, Il en sortira vainqueur en vertu de Ses propres perfections.
Interventions de la foule et avertissements de Jésus (v. 29 à 36).
A la foule étonnée d’entendre cette voix, Jésus annonce les conséquences solennelles de Sa mort et de Sa résurrection :
– Le jugement du monde qui se condamne définitivement en rejetant le Seigneur de gloire.
– La puissance de Satan, chef de ce monde, est brisée pour toujours, il sera jeté dehors ;
– Enfin, la croix où mourut le Sauveur reste le point d’attraction pour tous les hommes à la place d’un Messie vivant pour les Juifs seulement.
« Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » (v. 32).
La croix de Christ marque la rupture complète avec le monde. Il n’y avait plus de place pour Lui sur la terre qui Le rejetait. Mais acceptant par amour de prendre sous le jugement de Dieu la place de l’homme pécheur, Il ne pouvait être élevé dans le ciel qu’en passant par la mort.
Sur la croix Il est situé entre le ciel et la terre. Rappelons que l’autel d’airain où l’on offrait les sacrifices à l’Éternel était dans le parvis, mais en dehors du tabernacle. C’était le lieu de rencontre entre le Dieu saint et l’homme pécheur.
A l’approche de Son départ, le Seigneur annonce à Son peuple que la lumière était là pour peu de temps. Croire en la lumière, c’était être fils de la lumière.
De même aujourd’hui, à la fin du jour de la grâce, l’Esprit Saint dit : « Si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 7). « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi » (Éph. 2. 8).
Est-ce ton cas, cher jeune lecteur ?
Endurcissement du peuple et dernier avertissement du Seigneur (Jean 12. 37 à 50).
Les derniers versets du chapitre 12 de Jean marquent la fin du ministère public de Christ auprès du peuple juif. Malgré l’incrédulité obstinée de cette nation, Jésus adresse un dernier appel à ceux qui avaient été les témoins de Ses miracles et les auditeurs de Son enseignement.
Endurcissement de la nation juive (v. 37 à 43).
« Et quoiqu’il eût fait tant de miracles devant eux, ils ne crurent pas en lui » (v. 37). C’est à propos de l’eau devenue du vin aux noces de Cana que Jésus manifesta Sa gloire ; et Ses disciples crurent en lui (2. 11).
En proie au doute au fond de sa prison, Jean le baptiseur envoie deux de ses disciples auprès de Jésus, qui leur confie un message pour lui : « Allez, et rapportez à Jean les choses que vous entendez et que vous voyez : les aveugles recouvrent la vue les boiteux marchent ; les lépreux sont rendus nets et les sourds entendent, et les morts sont ressuscités, et l’évangile est annoncé aux pauvres » (Mat. 11. 4 et 5).
Ces miracles prouvaient que Dieu était en Christ, qu’Il était l’envoyé du Père pour délivrer Son peuple. Et malgré le déploiement de puissance divine, le peuple dans son ensemble a persisté jusqu’à maintenant dans l’incrédulité, même si quelques-uns crurent en Lui au cours de Son ministère.
Déjà le prophète Ésaïe pose la question dans le chapitre qui évoque le chemin de l’homme de douleurs rejeté de Son peuple et souligne l’incrédulité de la nation en prononçant le jugement de Dieu : « Qui a cru à ce que nous avons fait entendre, et à qui le bras de l’Éternel a-t-il été révélé ? » (53. 1)
Quels ont été les effets produits par Son enseignement, et la vue de Ses miracles, sur l’ensemble de la nation ?
Et l’évangéliste ajoute : C’est pourquoi ils ne pouvaient croire parce qu’Ésaïe dit encore : « Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, afin qu’ils ne voient pas des yeux, et qu’ils n’entendent pas du cœur, et qu’ils ne soient convertis, et que je ne les guérisse » (6. 9 et 10).
Ces paroles peuvent nous étonner. Elles font ressortir que la longue patience de Dieu envers ce peuple, dans le déroulement de son histoire, était à son terme. En envoyant Son Fils dans le monde, le dessein de Dieu n’était pas d’endurcir et de vouer les hommes à la perdition éternelle, mais de les sauver. Et Jésus avait offert à tous la grâce et le salut.
Mais le jugement de Dieu commence à s’exercer là où Sa miséricorde rencontre une incrédulité et un endurcissement invétérés. Nous avons ainsi la preuve effrayante de la complète dépravation du cœur de l’homme.
Lorsque le prophète prononce l’aveuglement judiciaire du peuple, il est précisé : « Ésaïe dit ces choses parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de lui » (v. 41 ; És. 6. 1 à 5). Celui que le prophète considère dans toute Sa majesté et Sa sainteté est bien le Seigneur Jésus, Celui qui serait crucifié quelques jours plus tard.
Ainsi l’épreuve de l’homme, et pas seulement du Juif, est terminée à la croix. L’homme a condamné le Saint et le Juste : un homme parfait, Dieu manifesté en chair, apportant la vie, la lumière et l’amour. L’homme pécheur ayant rejeté une telle grâce, Dieu devait à Sa gloire d’exécuter Son jugement.
Mais, insondable mystère de la grâce, Jésus a subi le jugement de Dieu à la croix pour sauver d’indignes humains, ceux qui se repentent et acceptent par la foi cette œuvre rédemptrice.
Il est ajouté que plusieurs chefs crurent en Lui mais que, craignant les pharisiens, ils ne le confessaient pas, aimant la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu (v. 42 et 43). Or selon Romains 10, 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé ».
Ce passage souligne bien l’importance de la confession de bouche du Seigneur Jésus. Ne craignons pas d’affirmer que nous appartenons au Seigneur, si cela est vrai.
Dernier appel du Seigneur en public (v. 44 à 50).
Ce dernier appel de Jésus constitue un condensé de l’évangile selon Jean. Il rappelle Sa mission en venant dans le monde, avec l’inévitable jugement atteignant celui qui le rejette.
Celui qui croit en Lui et Le voit, croit et voit Celui qui l’a envoyé, c’est-à-dire Son Père, dont Il est la parfaite expression.
Ensuite Jésus déclare : « Moi, je suis venu dans le monde, la lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (v. 46). La lumière révèle Dieu et dévoile l’état de l’homme (8. 12 ; 9. 5). Celui qui croit en Jésus a la lumière de la vie. Il est délivré des ténèbres, du pouvoir de Satan (Col. 1. 13).
De plus, le Seigneur n’est pas venu pour juger, mais afin de sauver le monde.
Touchés par les paroles de Jésus, les Samaritains crurent et connurent qu’Il est véritablement le Sauveur du monde (4. 42).
Enfin le Seigneur annonce le jugement inexorable, au dernier jour, pour celui qui Le rejette et ne reçoit pas Ses paroles. C’est Sa parole qui prononcera cette condamnation. Or le Père qui L’a envoyé, Lui a commandé ce qu’Il devait dire et comment le dire. Ses paroles et Ses actes étaient la parfaite expression de Dieu Lui-même, en grâce.
Le commandement de Dieu, c’est de croire au nom de Son Fils Jésus Christ (1 Jean 3. 23) et celui qui croit à son nom a la vie éternelle (1 Jean 5. 13). « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).
As-tu la vie éternelle ?
L’autorité de Jésus (Mat. 21. 23 à 27 ; Marc 11. 27 à 33 ; Luc 10. 1 à 8).
Jaloux de leur autorité officielle comme conducteurs du peuple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens survinrent auprès de Jésus alors qu’Il enseignait et évangélisait dans le temple. Ils lui disent : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné cette autorité ? »
Il venait de purifier le temple, et durant Son ministère Il agissait et parlait avec une puissance divine à laquelle ils ne pouvaient s’opposer (Marc 1. 22 et 27).
La double question de ces chefs religieux se présente comme un défi agressif à l’autorité de Jésus. Il leur était insupportable de penser que leur influence auprès du peuple pouvait être affaiblie par l’autorité divine de Jésus.
Le Seigneur leur répond par une question qui va les plonger dans l’embarras. « Le baptême de Jean, d’où était-il ? du ciel, ou des hommes ? »
Un trait pénétrant de vérité transperce leur conscience. Ils sont livrés à leur propre raisonnement, soulignant leur détermination à ne pas croire.
S’ils avaient accepté le caractère céleste de la mission de Jean, ils étaient condamnés par les paroles de ce fidèle témoin de Dieu qu’ils n’avaient pas crues (Mat. 3. 7 à 12). Jean n’avait-il pas été envoyé de Dieu ? (Jean 1. 6 ; Luc 7. 26 à 28). Il avait annoncé le Messie, L’avait vu, et le Seigneur le déclare le plus grand des prophètes. Ainsi, accepter le baptême de Jean et son ministère comme étant de Dieu conduisait à reconnaître l’autorité divine de Jésus. Ceux que Jean baptisait étaient convaincus de péché à l’écoute de sa prédication et se repentaient. Ils étaient prêts à croire au Sauveur annoncé par Jean.
Si les chefs religieux rejetaient le baptême de Jean, le considérant comme étant des hommes, ils craignaient le peuple, car tous estimaient que Jean était réellement un prophète.
En réalité ces hommes tenaient à leur influence et voulaient préserver leur popularité, car « ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu » (Jean 12. 43).
Ne pouvant répondre au dilemme posé par Jésus, ils n’ont pas d’autre issue que d’avouer leur ignorance humiliante et leur totale incompétence, disant : « Nous ne savons ». Et le Seigneur leur répond : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses ».
C’était inutile, vu leur incrédulité obstinée. Le Seigneur leur ferme la bouche et ils étaient disqualifiés pour émettre quelque appréciation que ce soit sur Sa mission.
Ainsi est démontrée cette parole de l’Écriture : « La sagesse de ce monde est folie devant Dieu » et les raisonnements des sages sont vains devant Celui qui les prend dans leurs ruses (1 Cor. 3. 19 et 20).
Parabole des deux fils (Mat. 21. 28 à 32).
Maintenant le Seigneur, à l’aide d’une parabole que seul Matthieu mentionne, va soumettre à leur jugement le misérable état dans lequel ces chefs religieux se trouvent.
C’est un effet de Sa grâce que de leur fournir l’occasion de se condamner eux-mêmes, ce qui était relativement facile sous le régime de la loi, à la seule lumière des dix commandements et en particulier du dixième (Ex. 20. 1 à 17).
L’homme adresse les mêmes paroles à ses deux enfants. « Mon enfant, va aujourd’hui travailler dans ma vigne ». Il y a dans cette demande, tout à la fois l’expression de la tendresse et de l’autorité d’un père honoré par l’obéissance de son enfant.
Dans l’Ancien Testament la vigne évoque Israël sous la loi qui déclarait : « Celui qui aura fait ces choses vivra par elles » (Gal. 3. 12). Mais nulle chair n’a jamais été justifiée par des œuvres de loi.
Ce n’est pas l’obéissance complète qui caractérise ces deux enfants.
Le premier oppose un refus catégorique, mais plus tard il se repent et obéit. Il représentait en Israël, les pécheurs endurcis et les publicains ne se préoccupant pas de la loi. Mais au puissant appel à la repentance de Jean le Baptiseur, ils eurent du remords. S’ils ne pratiquaient pas la loi de Moïse en croyant les paroles de Jean, ils étaient concernés par cette parole de Jésus : « La sagesse est justifiée par ses enfants » (11. 19).
Le second enfant fait une belle profession en paroles, mais désobéit. Les principaux sacrificateurs et les anciens avaient apparemment une conduite honorable. Ils se contentaient d’une profession religieuse sans la foi. Avec la prétention d’aller travailler à la vigne de Dieu, ils ne firent rien. Mis de côté, il n’y avait pour eux d’autre issue que le jugement.
L’état misérable de l’homme désobéissant l’exposait à une condamnation éternelle. Mais « là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20).
Dieu n’attend plus de l’homme naturel qu’il fasse quelque chose, mais qu’il croie ce qu’Il dit par le moyen de Ses serviteurs comme Jean. Aujourd’hui il suffit de croire au Seigneur Jésus qui a expié nos péchés sur la croix pour être sauvé (Act. 16. 31).
As-tu accepté le salut gratuit que t’offre la grâce de Dieu ?
D’après La Bonne Nouvelle 1994