
Suite et fin sur Moïse :
Qu’il est touchant de suivre les épreuves de ce serviteur de Dieu dont l’Esprit Saint déclare à la suite de sa mort : « Et il ne s’est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse, que l’Éternel ait connu face à face, selon tous les signes et les merveilles que l’Éternel l’envoya faire dans le pays d’Égypte contre le Pharaon et tous ses serviteurs et tout son pays, et selon toute cette main forte, et selon tous les terribles prodiges que fit Moïse aux yeux de tout Israël » ! (Deut. 34. 10 à 12)
Quelle vie de combats ! Non pas un combat comme celui de David contre Goliath, ou tant d’autres avec des épées. Il dut faire face aux murmures des fils d’Israël, ces révoltes du cœur naturel. Alors, quelle arme utilisa-t-il ? Ce fut l’intercession dans la présence de l’Éternel ! Sa guerre n’était pas « contre le sang et la chair » mais contre Satan s’opposant à Dieu (Éph. 6. 12).
À deux reprises, l’Éternel lui dit qu’Il devrait détruire ce peuple et tout recommencer avec lui : à l’occasion du veau d’or, et du rejet d’entrer en Canaan. Que fit Moïse ? Était-il rempli d’orgueil pour dire : je suis là ? Non ! Il est tellement associé de cœur à son peuple qu’il intercède en faveur des rebelles. Deux raisons fondamentales sont évoquées :
1) Comment l’Égypte et les autres nations estimeront-elles un Dieu qui n’a pas pu faire ce qu’Il avait dit qu’Il ferait ? Elles diront : « Parce que l’Éternel ne pouvait pas faire entrer ce peuple dans le pays qu’il leur avait promis par serment, il les a tués dans le désert. Et maintenant, je te prie, que la puissance du Seigneur soit magnifiée » (Nomb. 14. 16 et 17).
2) La seconde raison se trouve en ce que Moïse s’offre à la place du peuple : « Et Moïse retourna vers l’Éternel, et dit : Hélas ! ce peuple a commis un grand péché, et ils se sont fait un dieu d’or. Et maintenant, si tu pardonnes leur péché… ; sinon, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit » (Ex. 32. 31 et 32).
« Et je me prosternai devant l’Éternel, comme au commencement, quarante jours et quarante nuits ; je ne mangeai point de pain et je ne bus point d’eau, à cause de tout votre péché que vous aviez commis, en faisant ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, afin de le provoquer à colère ; car j’eus peur de la colère et de la fureur dont l’Éternel était courroucé contre vous, pour vous détruire ; et l’Éternel m’écouta aussi cette fois-là. Et l’Éternel fut fort irrité contre Aaron, pour le détruire ; et j’intercédai aussi pour Aaron, en ce temps-là » ; et je suppliai l’Éternel, et je dis : Seigneur Éternel ! Ne détruis pas ton peuple, et ton héritage, que tu as racheté par ta grandeur, que tu as fait sortir d’Égypte à main forte ! » (Deut. 9. 18 à 20, 26).
C’est ainsi que Moïse est, par anticipation, un type du Seigneur Jésus qui dira en Son temps : « Moi, je suis le bon berger : le bon berger laisse sa vie pour les brebis… ; à cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie afin que je la reprenne… » (Jean 10. 11 à 18). Sept fois, nous voyons Moïse suppliant afin d’obtenir grâce pour ce peuple infidèle, et en plus, deux autres fois particulières : la première pour délivrer son frère Aaron de la colère de l’Éternel, et la seconde en faveur de sa sœur Marie qui s’était élevée contre lui et qui était devenue lépreuse. Quelle leçon pour nous qui, voyant notre frère ou notre sœur faire une faute, avons trop souvent une pensée de jugement au lieu de nous « prosterner devant l’Éternel » ! (Deut. 9. 25)
Retraçons les nombreuses étapes qui ont marqué ce serviteur de Dieu : Quarante années à la cour de l’Égypte, qu’il a quittée « ayant estimé l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte » (Héb. 11. 26).
Quarante années derrière le désert à garder les moutons de son beau-père, pour apprendre qu’il n’était rien par lui-même et que Dieu peut toutes choses.
Quarante années dans le désert, à cause de l’infidélité d’un peuple pourtant délivré de l’esclavage. De là il montera sur le mont Sinaï pour recevoir la loi et les ordonnances concernant le tabernacle, cette maison d’or, et le culte rendu au seul vrai Dieu.
À la fin de ce long pèlerinage, marqué par tant d’épreuves, il faillira, exaspéré, en frappant le rocher par deux fois alors qu’il devait seulement lui parler, pour que l’eau jaillisse une fois de plus dans le désert. Pour nous, l’image donnée par le rocher frappé en Horeb parle de la mort de Christ, tandis que la seconde occasion nous amène devant le trône de la grâce que Christ occupe comme Homme ressuscité et glorifié. La mort de Christ ne peut être renouvelée ! Son œuvre à la croix est parfaite. (À comparer : Ex. 17. 6 ; Nomb. 20. 8 et Héb. 10. 10 ; 1 Pier. 3. 18).
Au buisson ardent, Moïse avait été seul avec Dieu. Terre sainte, où le grand JE SUIS se révélait, et donnait à Son serviteur la mission de délivrer le peuple de l’esclavage de l’Égypte.
Au Sinaï, le législateur avait été seul avec l’Éternel, deux fois quarante jours.
Dans la fente du rocher, il avait appris à connaître Ses pensées de grâce (Ex. 33. 22).
Dans la tente d’assignation, quand Moïse entrait « pour parler avec Lui, il entendait la voix qui lui parlait de dessus le propitiatoire qui était sur l’arche du témoignage, d’entre les deux chérubins ; et il Lui parlait » (Nomb. 7. 89). Arrivé au terme de son service, il instruit Israël par un cantique : « Je proclamerai le nom de l’Éternel : attribuez la grandeur à notre Dieu ! Il est le Rocher, son œuvre est parfaite ; car toutes ses voies sont justice. C’est un Dieu fidèle, et il n’y a pas d’iniquité en lui ; il est juste et droit » (Deut. 32. 3 et 4).
Sur le sommet du Pisga, à l’heure du départ, l’Ami fidèle est là, présent aux côtés de Son serviteur : « l’Éternel lui fit voir tout le pays… Je te l’ai fait voir de tes yeux, mais tu n’y passeras pas » (Deut. 34. 1 et 4).
Sur la sainte montagne, il sera vu apparaissant en gloire avec Élie, pour parler avec Lui, Jésus, et s’entretenir « de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem » (Luc 9. 30). Bientôt, face à face, nous verrons Celui qui est mort pour nous et, devant Lui, nous chanterons le cantique nouveau.