
Les fils de Joseph.
Après les souffrances de la fosse et de la prison, Joseph devient le seigneur du pays d’Égypte (Gen. 42. 30), le sauveur du monde, ou soutien de la vie devant lequel tous les genoux se ploient.
Outre ses gloires, pour combler les vœux de son cœur, une épouse lui est donnée, image de l’Église prise du milieu des nations. C’est la perle de très-grand prix que le Seigneur est venu acquérir en descendant sur la terre pour y mourir. Et avant que vint l’année de la famine, deux fils naquirent de cette union.
Par les noms qu’il donne à ses deux fils, Joseph exprime les sentiments de son cœur à l’égard de son épouse. Il appelle le premier : Manassé, ce qui signifie : « oubli », car Dieu, dit-il, m’a fait oublier toute ma peine, et toute la maison de mon père. Et il appelle le second : Éphraïm, c’est-à-dire « double fertilité ». Et il peut déclarer : Dieu m’a fait fructifier dans le pays de mon affliction (Gen. 41. 50 à 52).
Christ oublie pour un temps son peuple Israël pour s’attacher à ceux que le Père Lui a donnés, ses chers rachetés, précieux à son cœur. Ainsi le Seigneur ne pouvait avoir une Épouse avant Son élévation dans la gloire.
L’Église est choisie parmi les nations, œuvre que le Saint Esprit poursuit entre la première et la seconde venue du Seigneur. Bientôt elle sera glorifiée avec Lui. Puis II apparaîtra à ceux qui L’ont rejeté et qui seront bénis dans Son règne glorieux, comme ce fut le cas pour les frères repentants de Joseph.
Avec le chapitre 48 de la Genèse, nous avons la scène que résume le passage de Hébreux 11. 21 : « Par la foi, Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph, et adora, appuyé sur le bout de son bâton ». Joseph vient auprès de son père malade avec Manassé et Éphraïm, les deux fils que Dieu lui a donnés au cours de son séjour en Égypte. Quelle vision inoubliable pour ces enfants ! Un grand-père assis sur un lit, mûri par de longues années de discipline à l’école de Dieu, s’adressant à eux pour les bénir, au moment même où il va quitter cette terre.
Peut-être que certains d’entre vous ont le souvenir d’un grand-père pieux et âgé implorant avec foi la bénédiction de Dieu sur eux. C’est une grande faveur de Dieu. Le moment est solennel. Comme toutes les paroles prononcées ont du poids et se gravent dans le cœur !
Le patriarche ne peut que rendre témoignage à la grâce de Dieu qui l’a si richement béni. N’est-ce pas la manière d’agir de Dieu envers tous ceux qu’Il aime ?
N’oublions pas, chers enfants, cette bonté de Dieu qui se déploie continuellement envers nous dans toutes nos circonstances, en tout temps et en tout lieu. Et la discipline, à laquelle nous sommes tous soumis de la part de notre Père, est une marque de Son amour selon Hébreux 12. 6. Pour en recueillir tout le profit, ne la méprisons pas, ou ne soyons pas découragés lorsqu’elle nous est dispensée.
« Et Israël vit les fils de Joseph, et il dit : Qui sont ceux-ci ? Et Joseph dit à son père : Ce sont mes fils, que Dieu m’a donnés ici. Et il dit : Amène-les-moi, je te prie, et je les bénirai. Or les yeux d’Israël étaient appesantis de vieillesse ; il ne pouvait voir. Et Joseph les fit approcher de lui, et il les baisa et les embrassa.
Et Israël dit à Joseph : Je n’avais pas pensé voir ton visage ; et voici, Dieu m’a fait voir aussi ta semence » (v. 8 à 11).
Puis Joseph voulut placer Manassé, l’aîné, à la droite de son père, et Éphraïm à la gauche ; mais Israël croisa ses mains et posa sa main droite sur Éphraïm et sa gauche sur Manassé et dit : « Que le Dieu devant la face duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, le Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour, l’Ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes hommes ; et qu’ils soient appelés de mon nom et du nom de mes pères, Abraham et Isaac, et qu’ils croissent pour être une multitude au milieu du pays » (v. 15 et 16).
Joseph, croyant que son père se trompait, voulut prendre la main qu’il posait sur la tête d’Éphraïm pour la poser sur Manassé, en lui disant : « Pas ainsi, mon père ». Mais « son père refusa disant : Je le sais, mon fils, je le sais ». N’était-il pas enseigné de Dieu pour agir ainsi ?
Comme quelqu’un l’a bien exprimé : « Jacob n’a jamais si bien marché que lorsqu’il est devenu boiteux et n’a jamais vu si clair que lorsqu’il a été aveugle ».
Mieux que Joseph qui savait interpréter les songes avec intelligence et sagesse, Israël discernait pleinement la pensée de Dieu qui agit selon les conseils de Sa souveraineté. Il est dans une entière communion avec Dieu. Il n’y a pas en lui le moindre mouvement de propre volonté pour obscurcir sa vision quant à l’avenir des deux fils de Joseph. Bien que nés de l’épouse étrangère, il les adopte et chacun d’eux allait avoir une part dans l’héritage de l’Éternel, au milieu des fils d’Israël, comme Ruben et Siméon. Toutefois Éphraïm deviendrait une nation plus forte et plus grande que Manassé, alors que ce dernier était le premier-né.
Cette bénédiction est confirmée par d’autres Écritures déclarant que Joseph reçut le droit de premier-né (1 Chron. 5. 2) ; et à propos de l’attribution de l’héritage des douze tribus d’Israël dans le règne millénaire, il est dit : « Joseph aura deux parts » (Ez. 47. 13). Cela est en accord avec ce qui revenait en Israël à tout premier-né : une double portion.
Et nous, nous sommes héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ, selon Romains 8. 17. C’est Christ qui a droit à l’héritage à cause de Son sacrifice, et nous, par grâce, parce que nous sommes enfants de Dieu, nous héritons avec Lui. Puissions-nous avoir une riche entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ! (2 Pier. 1. 11).
« Et Israël dit à Joseph : Voici je meurs ; et Dieu sera avec vous, et vous fera retourner dans le pays de vos pères » (v. 21). La foi active d’Israël s’approprie cette possession de Canaan et il est pleinement assuré que sa postérité l’obtiendra un jour.
Il y a pour nous l’entrée dans la gloire éternelle et, par la foi, nous pouvons jouir dès maintenant de nos bénédictions spirituelles, le Saint-Esprit opérant dans nos cœurs par la Parole.
Chers enfants, puisque notre avenir est le ciel, « amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la teigne ni la rouille ne gâtent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent » ; car l’Écriture ajoute : « Là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (Mat. 6. 20 et 21). Dieu est fidèle, qui mène tout à bonne fin pour les Siens. Celui qui a été le Berger d’Israël, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, ne peut-Il pas vous accompagner, être avec vous jusqu’au bout de votre pèlerinage terrestre ? Confiez-vous en Lui de tout votre cœur, vous ne le regretterez jamais.
Moïse.
Cette fois-ci, chers enfants, nous désirons évoquer avec vous quelques aspects de l’enfance et de la jeunesse de Moïse, cet homme de Dieu dont l’Écriture déclare : « Il ne s’est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse, que l’Éternel ait connu face à face… » (Deut. 34. 10). Dieu seul pouvait écrire un tel récit, du plus haut intérêt pour nos âmes.
Moïse naquit à une époque bien troublée de l’histoire du peuple d’Israël. « Un nouveau roi se leva sur l’Égypte, qui n’avait point connu Joseph » (Ex. 1. 8). Soixante-quatre ans seulement s’étaient écoulés depuis la mort de Joseph, et pourtant celui qui avait été le soutien de la vie de tout un peuple, ayant préservé l’Égypte d’une famine de sept ans, était complètement oublié.
Et le Pharaon, constatant la croissance remarquable des fils d’Israël en Égypte – dans l’ignorance totale de Dieu et avec une prudence et une sagesse diaboliques – rendit la vie amère au peuple de Dieu, le faisant servir avec dureté.
Plus tard, cet esclavage sera qualifié par l’Israélite de fournaise de l’Égypte. Soulignons, chers enfants, que Satan, aujourd’hui prince de ce monde tout comme le Pharaon, n’a aucun intérêt pour le peuple de Dieu et s’oppose toujours à sa prospérité.
En outre, fait humiliant à signaler, l’homme est de plus en plus indifférent à la révélation que Dieu a donnée de Lui-même. Jésus, le Sauveur, n’a aucune place dans le cœur de beaucoup d’hommes, et la conséquence, c’est que ces âmes sont cruellement asservies à Satan, meurtrier dès le commencement et père du mensonge (Jean 8. 44), Satan, un maître impitoyable, ruinant ses esclaves et ne leur donnant rien (Luc 15. 16). Mais Dieu, dans Sa grâce, va délivrer Son peuple par la rédemption, qui est le thème du livre de l’Exode. Moïse, type de Christ, sera le libérateur choisi, préparé et envoyé par Dieu.
La peur et l’aversion des Égyptiens pour les Israélites, dont le nombre ne cesse de se multiplier, incitent le cruel Pharaon à décréter la mise à mort de tous les fils nouveau-nés en Israël.
Mais Dieu a Ses instruments, des femmes faibles et fidèles qui le craignent, sachant qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Act. 5. 29). « Les sages-femmes laissèrent vivre les enfants mâles ».
C’est alors que se vérifie ce principe toujours actuel : si la foi honore Dieu, Dieu honore la foi. Dieu fit du bien à ces femmes, Il leur fit des maisons (Ex. 1. 20 et 21).
Le Pharaon, voyant ses desseins déjoués, donne maintenant l’ordre à tout son peuple de manière impérative : « Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve ». Nous pouvons nous représenter dans quel effroi subit fut plongé le cœur de nombreuses mères en Israël. Quelle consternation pour bien des foyers du peuple de Dieu !
Étant donné que le Libérateur promis, le Seigneur Jésus, devait être issu de l’Israël de Dieu, Satan a fréquemment dirigé tous ses efforts pour ruiner ce peuple et le détruire. Même au temps où le Seigneur naquit dans ce monde, Hérode fait mourir tous les enfants du territoire de Bethléhem, depuis l’âge de deux ans et au-dessous (Mat. 2. 16). Ce sont les premiers martyrs pour le Seigneur Jésus.
De plus, si Satan a réussi à faire clouer Jésus sur la croix, brisant le talon de « la semence de la femme », c’est à la croix qu’il fut vaincu (Gen. 3. 15). Et l’Écriture pour nous encourager nous rappelle : « Or le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds » (Rom. 16. 20). Ainsi, pour la foi, la puissance de Dieu triomphe de celle de Satan.
C’est alors qu’un homme de la maison de Lévi alla et prit comme femme une fille de Lévi, fondant un foyer pour Dieu, malgré les difficultés présentes atteignant le peuple de Dieu. Voilà une union selon Dieu, réalisée par la foi.
Amram et Jokébed (Ex. 6. 20) comptent sur la toute-puissance du Dieu vivant. Ils regardent à Celui qui donne et maintient la vie. Peu avant la naissance de leur troisième enfant, le cruel Pharaon promulgua son édit. Quel exercice de foi pour Jokébed attendant cette naissance ! L’enfant est donné par Dieu : c’était un fils.
La foi de ces parents discerne en lui une beauté particulière, appréciation toute différente de celle de la nature humaine qui pousse chaque mère à penser que son enfant est le plus beau du monde. A trois reprises l’Écriture met l’accent sur la beauté de cet enfant (Ex. 2. 2 ; Act. 7. 20 ; Héb. 11. 23). C’est Étienne qui précise que l’enfant était divinement beau (littéralement beau à Dieu). Dieu avait mis un cachet particulier sur lui et l’œil de la foi le découvre avec satisfaction. Le propos divin s’accomplira. Cet enfant, en sa propre génération, servira au conseil de Dieu.
Et par un acte de foi, ses parents le cachent trois mois, ne craignant pas l’ordonnance du roi. La foi plaît à Dieu dans ses multiples mouvements, et la crainte de Dieu affranchit de la crainte des hommes.
Moïse était condamné à mourir dès avant sa naissance. Il n’y avait pas de place pour lui dans ce monde comme ce fut le cas pour l’enfant Jésus à Bethléhem où il fut emmailloté et couché dans la crèche. « Il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » (Luc 2. 7).
Aujourd’hui encore la foi s’attache à Celui qui est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, notre cher Sauveur. N’est-Il pas aussi, plus beau que les fils des hommes ? « Combien grande est sa beauté ! » (Zach. 9. 17).
Mais, au terme des quatre-vingt-dix jours, une nouvelle épreuve d’un niveau plus élevé se présente pour ces parents qui savent que tout est mesuré par un Dieu fidèle. Il n’est plus possible de cacher l’enfant. C’est comme si Dieu avait dit à cette mère : Peux-tu me confier ton trésor maintenant sans réserve ? N’est-il pas à moi ?
Avec quels soins attentifs Jokébed tresse le petit coffret de joncs, l’enduit de bitume et de poix, met dedans l’enfant, et le pose parmi les roseaux sur le bord du fleuve, sous la surveillance de Marie, la sœur aînée !
Quelle foi vivante animait cette noble femme qui savait comment Noé avait préparé l’arche pour avoir un abri contre les eaux du déluge ! Elle plaçait son enfant dans les eaux de la mort, d’où elle le reçut en figure comme Abraham reçut Isaac après l’avoir offert à Dieu en sacrifice.
C’est de la mort que surgit la vie pour le croyant. Le Seigneur est entré dans la mort, subissant le jugement qui nous était réservé et il en sortit vainqueur par la résurrection.
Jokébed ayant communion avec le Dieu qui ressuscite les morts n’a peur de rien : ni des eaux du fleuve, ni de la famine. Elle regarde la mort en face et nous pouvons ajouter : « Grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ ! » (1 Cor. 15. 57).
Pendant les premières années de son existence, l’enfant de parents chrétiens est placé auprès de sa mère qui lui prodigue tous les soins, la protection et la tendresse dont il a besoin. Elle préserve l’enfant des mauvaises influences du monde extérieur. Elle veille sur lui dans un saint exercice de foi et de prières.
Puis il y a un moment où il faut « exposer » l’enfant au milieu extérieur. Comme vous le savez, c’est le temps de l’école, et les relations sont inévitables avec des camarades, des voisins. Nouvelle épreuve pour la mère chrétienne qui ne peut plus garder son enfant auprès d’elle. Avec quelles précautions elle veillera pour son enfant à la séparation du monde où il risque de recevoir de pernicieuses influences !
C’est aussi un temps précieux où elle prie avec son enfant et grave dans son jeune cœur les beaux récits de l’Écriture en y ajoutant des hymnes et des cantiques spirituels. Par la foi, elle le confie au Seigneur qui est puissant pour le garder de tout mal.
Chers enfants, le désir le plus cher de vos parents qui ont la foi comme les parents de Moïse, n’est-il pas que vous apparteniez au Seigneur dès votre jeune âge et que vous viviez pour celui qui pour vous est mort et a été ressuscité ?
Moïse.
La dernière fois, nous avons évoqué les circonstances dans lesquelles naquit Moïse en Égypte. C’était un temps difficile pour ses parents. Mais par la foi, ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi stipulant que tout fils en Israël, à sa naissance, devait être jeté dans le Nil.
Discernant que l’enfant était divinement beau, ils le cachèrent trois mois. Au terme de cette période, la mère le plaça dans un coffret de joncs enduit de bitume et de poix, et le posa parmi les roseaux sur le bord du fleuve.
Cette activité nous a rappelé le rôle de vos parents à votre égard pour vous élever sous la discipline et les avertissements du Seigneur : enseignement de la Parole de Dieu, séparation pratique du mal et du monde, foi active comptant sur Dieu pour qu’Il vous garde sur les eaux du fleuve de ce monde.
Dans la suite du récit, en Exode 2. 5 à 10, nous avons la réponse de Dieu à la foi des parents de Moïse. N’est-ce pas une délivrance admirable ? Cela nous rappelle cette parole du Seigneur Jésus à un père dans la détresse pour son enfant : « Crois ! toutes choses sont possibles à celui qui croit » (Marc 9. 23).
Et nous pouvons ajouter : « la main de notre Dieu est en bien sur tous ceux qui le cherchent » (Esd. 8. 22).
Il n’est pas un seul événement qui soit insignifiant pour notre Dieu. Pas un seul passereau ne tombe en terre sans Sa volonté. Cet enfant Moïse a été confié à Dieu, Dieu l’abandonnera-t-il ? Non, cela est impossible d’après le Psaume 27. 10. Ne devons-nous pas reconnaître que le Dieu tout-puissant conduit toutes choses ?
Ce jour-là, à une heure précise, à un endroit déterminé, la fille du Pharaon vient se baigner au bord du fleuve. Dieu conduit ses pas et dirige ses yeux vers le coffret flottant au milieu des roseaux. Que voit-elle ? « Un petit garçon qui pleurait ».
Pourquoi ces pleurs ? Avait-il faim ? Était-il déçu, espérant voir sa mère qui pouvait lui donner du lait à boire ? Celle qu’il voit n’est pas sa mère.
Ne pouvons-nous pas ajouter aussi que l’homme pécheur pleure dès son entrée dans le monde ? Que de larmes sont versées, suscitées par le deuil, la souffrance, les regrets, la repentance !
Cher enfant, as-tu versé des larmes aux pieds de ton Sauveur ? Si c’est ton cas, alors sache que Dieu essuiera toute larme de tes yeux lorsque tu occuperas ta place dans la sainte cité, la nouvelle Jérusalem.
Dieu permet que s’éveillent dans le cœur de la fille du Pharaon des sentiments de compassion, bien qu’elle reconnaisse un des enfants des Hébreux. Elle aurait pu partager les sentiments de haine et de cruauté de son père en voyant cet enfant hébreu voué à la mort dans ce frêle coffret. Elle aurait pu le jeter impitoyablement dans le fleuve. Non, Celui qui a dirigé ses pas vers cet enfant crée dans son cœur une tendresse naturelle pour lui. Elle est l’instrument de Dieu pour préserver sa vie.
Cependant elle est aussi une image de la séduction du monde probablement plus dangereuse pour l’enfant de Dieu que sa méchanceté. Et le monde ne peut en aucun cas nous donner la nourriture, la joie et la paix dont nos âmes ont besoin.
Dieu utilise maintenant une jeune servante, la sœur de Moïse. Elle n’a pas cessé de fixer ses yeux sur le petit coffret. Elle intervient promptement auprès de la princesse, pour lui proposer une nourrice d’entre les Hébreues afin d’allaiter l’enfant. La fille du Pharaon, inclinée par Dieu à la bienveillance, accepte cette offre.
Vous supposez toute la joie et la reconnaissance envers Dieu de cette mère qui peut à nouveau serrer son enfant dans ses bras et le nourrir elle-même. Elle retrouve son enfant tout en entendant ces paroles : « allaite-le pour moi, et je te donnerai ton salaire » (v. 9).
Retenez l’exemple donné par la jeune Marie, dans sa sagesse et sa promptitude à servir. Tout ce qu’elle dit et fait à ce moment-là est dicté par le cœur. Elle sait qui peut nourrir cet enfant et l’entourer de tendresse et de soins vigilants : c’est sa vraie mère, celle qui va recevoir la récompense de la foi. Et ainsi l’enfant d’Israël sera nourri par une digne fille d’Abraham qui autrefois avait entendu cette parole de Dieu : « Ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta très-grande récompense » (Gen. 15. 1).
« Et l’enfant grandit » (v. 10). Mis à part pour Dieu dès sa naissance, il reste au foyer maternel ; profitant de l’éducation spirituelle de ses parents. Et malgré toute l’hostilité de Satan et du monde, ce jeune enfant sera conservé pour Dieu et pour Son témoignage. Mais le jour est venu de se séparer à nouveau de celui qui est alors conduit au palais royal, où la fille du Pharaon l’élève pour elle-même (Act. 7. 21). « Elle appela son nom Moïse, et dit : car je l’ai tiré des eaux » (Ex. 2. 10).
En lui donnant un nom, elle l’adopte comme son enfant. Et elle, comme sa mère, le délivre de la mort à laquelle le vouait le Pharaon.
Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens. Bien que réputée à l’époque, cette sagesse tout humaine ne lui était d’aucun secours pour connaître le vrai Dieu qui Se révèle moyennant la foi en Sa Parole.
Elle ne lui était d’aucune utilité non plus pour être le libérateur d’Israël et conduire ce peuple à travers le désert jusqu’aux frontières de Canaan, car pour accomplir un tel service il fallait la foi.
L’éducation divine aura lieu pour Moïse quand il gardera le troupeau de son beau-père, derrière le désert. C’est à cette école que Dieu l’instruira, le disciplinera, le préparera à prendre soin du troupeau de l’Éternel.
L’éducation de l’Égypte pour Moïse nous rappelle celle qui vous est dispensée à l’école. Elle est sans doute nécessaire, mais vous y recevez l’instruction et la sagesse du monde. Cette instruction-là exalte l’homme, développe son orgueil, sa soif de domination, son besoin de paraître, d’avoir de l’influence et d’être couvert d’honneurs.
Moïse devint puissant dans ses paroles et dans ses actions et connut les délices de l’Égypte. À l’école de Dieu, nous apprenons à connaître Dieu, qui est amour et lumière, et à nous connaître nous-mêmes à travers le brisement de notre volonté propre, de notre esprit et de notre cœur.
Dans le cas de Moïse, quelle éducation l’emportera ? Celle qu’il a reçue à la maison paternelle où ses parents pieux lui ont communiqué les révélations et les promesses divines, en relation avec Israël ? Ou celle des sages égyptiens de la cour qui aurait pu effacer tout ce que ses parents lui avaient inculqué au cours de sa tendre enfance ?
Chers enfants, ces questions n’ont-elles pas pour vous un sens très actuel ? N’y a-t-il pas un danger réel, si vous n’avez pas une foi personnelle au Seigneur Jésus, à ce que l’éducation reçue par la Parole de Dieu au foyer paternel ne s’estompe rapidement sous l’influence de ce qui vous est enseigné dans le monde ?
Que fit Moïse quand il devint grand ? « Par la foi, il refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte » (Héb. 11. 24 et 26). Ce choix est-il le vôtre ?
Les interrogations des enfants d’Israël.
Dieu a prévu dans l’Écriture que les enfants des Israélites auraient l’occasion de poser des questions à leurs parents. Enseignés de Dieu, ces derniers n’avaient-ils pas une prompte réponse à donner à leurs enfants ayant de vrais besoins dans leur âme ?
Sachez user de cette liberté auprès de vos parents. Un vrai dialogue avec eux vous instruira au sujet des secrets de l’Éternel, qui sont pour ceux qui le craignent.
La première de ces questions est posée à propos de la pâque à l’Éternel, en Exode 12. 26 : « Et quand vos enfants vous diront : Que signifie pour vous ce service ? il arrivera que vous direz : C’est le sacrifice de la pâque à l’Éternel, qui passa par-dessus les maisons des fils d’Israël en Égypte, lorsqu’il frappa les Égyptiens et qu’il préserva nos maisons ».
Ce statut de la pâque devait être célébré de génération en génération, le premier mois, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs (Lév. 23. 5). Ainsi, chaque enfant assistant à cette fête était en droit de poser à ses parents cette question : « Que signifie pour vous ce service ? » L’Israélite devait alors raconter ce qui s’était passé au cours de cette terrible nuit, lorsque la colère de l’Éternel s’était abattue sur tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né du Pharaon qui était assis sur son trône jusqu’au premier-né du captif qui était dans la maison de la fosse, car il n’y avait pas de maison où il n’y eut un mort. Mais contre tous les fils d’Israël, depuis l’homme jusqu’aux bêtes, pas un chien ne remua sa langue. Pourquoi l’Éternel avait-il fait une telle distinction entre les Égyptiens et Israël ?
Dans chaque maison de père en Israël, un agneau par maison avait été immolé à la place du premier-né. Le sang de cet agneau devait être aspergé à l’aide d’un bouquet d’hysope sur les deux poteaux et sur le linteau des portes de chaque foyer.
Dieu avait déclaré : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point de plaie à destruction au milieu de vous, quand je frapperai le pays d’Égypte » (v. 13).
Pour Dieu, ce sang répondait pleinement aux exigences de sa justice. L’homme pécheur, Israélite ou Égyptien, méritait la mort (Rom. 5. 12). Grâce au sacrifice de l’agneau, tout premier-né en Israël pouvait être épargné du jugement de Dieu. C’est par la mort d’un autre qu’ils obtenaient le salut. Alors tout Israël était à l’abri du jugement et se nourrissait de l’agneau qui avait fourni à Dieu le sang répondant à Sa justice.
La chair de la victime était rôtie au feu et elle était mangée avec des pains sans levain et des herbes amères. Cela nous parle en figure de Christ, l’Agneau de Dieu, qui a subi toute l’ardeur du jugement que nous avions tous mérité comme pécheurs. Christ a connu l’abandon de Dieu pendant les trois heures de l’expiation, alors qu’Il était frappé pour des coupables.
Remarquez aussi que cet agneau devenait la nourriture de ceux qui étaient à l’abri dans les maisons d’Israël. Ils mangèrent la pâque cette nuit-là « avec des pains sans levain de sincérité et de vérité », comme l’exprime 1 Corinthiens 5. 8, c’est-à-dire dans la séparation pratique d’avec le mal.
Le levain dans l’Écriture est le symbole du mal, du péché dont se nourrit l’homme naturel pour le plaisir de satisfaire sa propre volonté et ses convoitises. Et les herbes amères nous font penser à cette douleur que nos cœurs éprouvent en évoquant les souffrances inexprimables que le Seigneur Jésus endura sous la colère de Dieu, à notre place.
Pour nous, la délivrance, un salut éternel dont nous jouissons dès maintenant, et pour Lui, les souffrances infinies de la croix. L’agneau était entièrement soumis à l’action du feu : la tête, les jambes et l’intérieur. Christ, dans Ses pensées, Sa marche et Ses affections intimes, a été éprouvé par le feu et trouvé parfait.
Puissions-nous réaliser ce que signifie pour nous la Pâque ! L’agneau de la Pâque est bien un type de Christ comme l’affirment plusieurs passages. « Notre Pâque, Christ, a été sacrifiée » (1 Cor. 5. 7). « Vous avez été rachetés de votre vaine conduit… par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pier. 1. 18 et 19).
Justifiés par son sang, nous sommes sauvés de la colère par lui (Rom. 5. 9). Son sang est versé pour plusieurs en rémission de péchés (Mat. 26. 28). Ce qui importe, c’est l’appréciation de Dieu quant au sang de l’Agneau qui a été immolé : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (Ex. 12. 13).
Et Dieu peut ajouter : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 10. 17). En effet, le sang de Jésus purifie de tout péché (1 Jean 1. 7). Il est la propitiation pour l’âme.
Dieu voit le sang de Christ et Il passe sans frapper, épargnant tout pécheur qui croit en Jésus.
Il ne suffit pas de connaître ces choses, mais il importe de croire en la vertu du sang précieux qui a coulé du côté percé du Seigneur Jésus. L’Israélite qui n’aurait pas immolé l’agneau ou aspergé son sang sur la porte de sa maison, aurait vu la mort s’emparer de son premier-né, comme chez un Égyptien. Quelle coupable négligence, quel mépris de la Parole de Dieu ! Comment échapperons-nous si nous négligeons un si grand salut ?
Cher enfant, aurais-tu négligé jusqu’ici la question primordiale du salut de ton âme ? Précieux est le rachat de ton âme ! Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé.
Et pour tous ceux qui croient, il n’y a plus à redouter le jugement de Dieu, la mort, la seconde mort. Jésus lui-même déclare : « Celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement (Jean 5. 24).
Désormais, pour tous ceux qui sont dans le Christ Jésus, il n’y a aucune condamnation et rien ne peut les séparer de l’amour du Christ. Est-ce là ta part, cher jeune lecteur ? Puisses-tu approfondir ce que signifie la mort de Christ ! C’est la nourriture de tes parents croyants, accompagnée des pains sans levain.
Nous ne sommes pas sauvés seulement pour aller au ciel, mais pour vivre dans ce monde comme ceux qui ont été délivrés du juste jugement de Dieu et qui sont les témoins de Sa grâce et de Sa justice. Quel privilège pour toute la vie, si dès le jeune âge, nous sommes instruits dans les vérités de l’évangile et si nous avons en horreur le mal, en tenant ferme au bien (Rom. 12. 9) !
Les interrogations des enfants d’Israël. 2)
Le mois dernier, nous avons examiné la première question, en rapport avec la Pâque, que pouvait poser à ses parents l’enfant israélite.
Ne pourrait-elle pas s’exprimer ainsi pour vous, chers enfants : quel est le moyen du salut ? – Dieu apprécie le sang de l’Agneau qui a été immolé et peut épargner de Son juste jugement tous ceux qui, quoique pécheurs, croient en l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus. « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6. 23).
La mort inexorable a frappé tout premier-né des Égyptiens et Dieu a épargné tout premier-né en Israël. Vous pouvez vous identifier aux sentiments de ces enfants aussi merveilleusement délivrés. La prompte obéissance de leurs parents à la parole de l’Éternel leur a valu un tel salut fondé sur le sang de l’agneau.
Ils ont dû être très attentifs à tout ce qui s’est passé dans leur propre foyer en cette nuit mémorable.
Connaissez-vous la valeur infinie du sacrifice de Christ ? Vous souvenez-vous de ce jour où vous avez accepté Jésus pour votre Sauveur ? Ou bien quelque jeune lecteur n’aurait-il pas encore connu ce point de départ de toute vie chrétienne véritable : la conversion ?
Au chapitre 13 de l’Exode, une deuxième question surgit dans le cœur de l’enfant israélite assistant à la fête des pains sans levain, succédant immédiatement à la Pâque.
L’Éternel avait déclaré : « Pendant sept jours tu mangeras des pains sans levain, et le septième jour il y aura une fête à l’Éternel (v. 6). « Qu’est-ce que ceci ? » demandait à présent le fils (13. 14). Et dans sa réponse, le père rattachait le rachat à la position de service et de sainteté pratique qui en découlait. Il ne pouvait que rappeler les droits d’un Dieu saint sur Son peuple racheté.
N’hésitez pas, chers enfants, à interroger vos parents au sujet de leur conduite marquée par la séparation du mal et du monde. La Parole divine est très précise sur ce point : « On mangera pendant les sept jours des pains sans levain ; et il ne se verra point chez toi de pain levé, et il ne se verra point de levain chez toi, dans tous tes confins. Et tu raconteras ces choses à ton fils, en ce jour-là, disant : C’est à cause de ce que l’Éternel m’a fait quand je sortis d’Égypte » (v. 7 et 8).
Ces sept jours évoquent-ils toute la vie chrétienne consacrée au Seigneur ? Comme nous sommes loin de cet état d’âme, vrai de certains croyants ! Peut-être, même en étant enfants de parents chrétiens, affirmons-nous qu’il suffit d’être sauvé. Nous oublions que Dieu a en vue pour nous, dès ici-bas, le bonheur de notre âme en communion avec Lui, étant séparés de tout mal, et consacrés à Son service dans un vrai dévouement produit par l’amour du Seigneur.
L’apôtre Paul souligne, en 2 Corinthiens 8. 5, quel était le réel mobile de la consécration des saints des assemblées de la Macédoine : « Ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur » : c’est lorsque l’âme reconnaît les droits du Seigneur sur elle, répondant à la pensée de Dieu : « Sanctifie-moi tout premier-né… il est à moi ».
Dieu se complaît à nous bénir : « Notre Sauveur Jésus Christ s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres » (Tite 2. 14).
En Exode 13. 9 il est question des mains de l’Israélite, de ses yeux et de sa bouche, qui sont des membres livrés à Dieu comme instruments de justice (Rom. 6. 13).
Qu’en est-il, chers enfants, de notre activité pour Dieu, de notre discernement de Sa volonté, du témoignage proclamé par nos bouches ?
Recherchons-nous avant toute chose l’approbation du Maître ? Les bonnes œuvres, c’est ce que Dieu prépare pour nous, ce qu’Il fait par nous, faibles instruments, le Saint Esprit communiquant Sa puissance à la vie divine qui est en nous.
Il en est ainsi lorsque le cœur est rempli du bien, c’est-à-dire de Christ. Nous apprenons que la mise à l’abri du jugement de Dieu par le sang de Christ se lie à une vie de sainteté pratique, d’obéissance à Dieu, de dépendance pas après pas.
Pendant sept jours, le peuple mangeait des pains sans levain. N’est-ce pas l’âme qui se nourrit, en figure, de la parfaite humanité de Christ ? N’a-t-Il pas glorifié Dieu dans une marche exempte de tout péché, étant éprouvé jusqu’à la mort ?
Notre cœur renouvelé ne fait-il pas ses délices de Sa sainteté, de Sa justice, de Son obéissance, de Son amour ? « Notre Pâque, Christ, a été sacrifiée : c’est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité » (1 Cor. 5. 7 et 8).
C’est une fête mettant les âmes en rapport avec le Dieu saint : Ne rassemble-t-Il pas Son peuple pour le bénir, le nourrir des gloires morales du Seigneur Jésus ?
Ceux qui se sont appropriés par la foi la valeur du sang de Christ sont sans levain devant Dieu, revêtus comme Christ d’une sainteté parfaite. Ils veillent avec soin à ce que leur marche ici-bas, l’état de leur âme, correspondent à leur position en Christ. Et par la puissance du Saint Esprit, ils reçoivent toute capacité pour cela. Ils célèbrent la fête des pains sans levain pendant sept jours, en traversant ce monde souillé. Le croyant dispose d’un temps complet pour sa marche, pour sa vie terrestre, qui est comparée à une fête de sainteté pratique pour Dieu.
Point de pain levé, point de levain dans la maison de l’Israélite pendant les sept jours de la fête, telle était la devise de la part de Dieu. Ce qui souille, c’est le péché : un mouvement d’orgueil, de vanité, une pensée folle entretenue, un mensonge, une parole dure, un geste de colère, les convoitises du cœur.
Comme le levain peut vite s’introduire dans un foyer par les multiples moyens de communication qu’utilise le monde pour atteindre notre esprit et notre cœur.
N’oublions pas que « un peu de levain fait lever la pâte tout entière ». Notre responsabilité n’est-elle pas d’ôter le vieux levain, c’est-à-dire de nous séparer et de nous purifier par la confession de tout ce qui a pu nous priver de la communion avec Dieu ?
Mais quelques-uns d’entre vous pourraient se décourager, estimant que la vie chrétienne est bien contraignante. Il y a bien des camarades dont la vie parait plus facile. Et ces questions assaillent votre cœur : pourquoi cette continuelle séparation du monde ? Ou bien quel mal y a-t-il en ceci ou en cela ? Celui qui nous a appelés est saint, et nous adresse cette parole : « Soyez saints dans toute votre conduite » (1 Pier. 1. 15 à 17).
N’oublions pas les droits que le Seigneur S’est acquis sur nos cœurs. La vraie force est en Christ, dans une vie de communion avec Lui. Qu’est-ce que la communion, sinon se réjouir en Dieu ? La joie du croyant est ineffable et glorieuse, car il a Christ pour objet. Veillons à ne pas tolérer le péché dans nos voies pour connaître cette joie continuelle dans nos cœurs, nos yeux étant fixés sur Jésus dans le ciel.
L’autorité de la Parole dans la vie de famille.
En lisant le chapitre 6 du Deutéronome, vous remarquerez une nouvelle fois que les fils interrogent leurs pères. La première question avait été posée en Exode 12. 26, à propos de la Pâque. Elle équivaut à celle-ci : Quel est le chemin du salut ?
Chers enfants, pouvez-vous donner une réponse nette, sans équivoque ?
En Exode 13. 14, nous avons examiné la deuxième question au sujet de la mise à part, conséquence du fait que nous sommes sauvés par la grâce et par la foi. Elle revient à celle-ci : Pourquoi cette continuelle séparation du monde ? N’est-ce pas en vue du témoignage que nous avons à rendre dans ce monde par la puissance du Saint Esprit et pour la gloire de Dieu ?
La question suivante est posée à propos de la place souveraine que la Parole de Dieu est appelée à occuper dans le foyer et dans le cœur du croyant d’après l’enseignement de Deutéronome 6. 6 à 9. « Ces paroles que je te commande aujourd’hui, seront sur ton cœur ». Voilà le cœur rempli de la Parole de Dieu !
Remarquez toute l’importance que Dieu attache à l’état de nos cœurs en relation avec Lui et avec Sa Parole. Si j’aime Dieu de tout mon cœur, cela se traduira par l’obéissance positive à Sa Parole, dont je reconnaîtrai toute l’autorité divine.
Rappelez-vous l’exhortation saisissante de Barnabas aux jeunes croyants d’Antioche : « Il les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur » (Act. 11. 23). Et nous pouvons ajouter : « Que la parole du Christ habite en vous richement, en toute sagesse vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels, chantant de vos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce » (Col. 3. 16).
Il est précisé à l’Israélite au sujet des paroles de l’Éternel : « Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras par le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ; et tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles te seront pour fronteau entre les yeux, et tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes ». Ce passage fait bien ressortir toute la place que devait tenir la parole de l’Éternel dans le cœur et la vie de l’Israélite.
Soyez certains, chers enfants, que cette divine Parole n’a pas moins d’importance pour notre vie quotidienne aujourd’hui, car vos chers parents désirent que vous appreniez à connaître Jésus et Son amour et que vous soyez sauvés comme eux. Dieu veuille produire et entretenir dans vos cœurs un amour profond et croissant pour sa précieuse Parole, pour que vous soyez prêts et prompts à tout acte d’obéissance par la foi ! Cela est capital pour la prospérité de votre âme, dès votre jeune âge.
Que votre vie soit gouvernée par la Parole de Dieu, et que vos cœurs soient pénétrés par l’esprit de l’Écriture ! Ne devrait-elle pas être davantage le sujet de nos conversations dans nos vies familiales, dans nos moments de loisirs, ou lorsque nous prenons nos repas ? Si nous aimons la Parole de Dieu qui nous parle du Seigneur Jésus, nous n’aurons pas de peine à parler de Lui.
Bien souvent l’état de nos cœurs se révèle dans nos entretiens, quand nous exprimons des paroles vaines, légères ou même des médisances. Relisez attentivement Éphésiens 4. 29 et 5. 18 à 20.
En gardant soigneusement le commandement de l’Éternel, en faisant ce qui est bon et droit aux yeux de l’Éternel, l’Israélite pieux pouvait s’attendre à des interrogations de la part de son fils : « Que sont les témoignages, et les statuts et les ordonnances que l’Éternel, notre Dieu, vous a commandés ?» (Deut. 6. 20).
Quelle satisfaction pour des parents de découvrir, par des questions intelligentes, l’intérêt de leur enfant pour les enseignements divins ! Ne craignez pas d’importuner vos parents ou vos amis chrétiens par de telles questions. Elles peuvent même être pour eux une source d’encouragement, d’édification ou de consolation.
L’enfant perçoit ici qu’il y a différents aspects de la Parole de Dieu, comme nous les retrouvons dans le Psaume 119 avec cette belle exclamation : « Combien j’aime ta loi ! Tout le jour je la médite » (v. 97).
Les témoignages sont l’expression de la pensée de Dieu à l’égard de l’homme. Il y a le témoignage des œuvres de la création (Rom. 1. 20), celui des Écritures et celui de Christ.
Quant aux statuts ils constituent des règles en vue d’une marche collective. C’est ainsi qu’il y avait les statuts de la Pâque.
Les ordonnances sont des règles revêtues d’une autorité divine. Ce sont les jugements de Dieu pour que nous puissions apprécier et juger toutes choses comme Lui-même le fait.
Chers enfants, puissiez-vous lire et relire le saint Livre avec prière et avec un cœur attentif et sensible ! Sondez les Écritures pour y découvrir les gloires variées du Seigneur Jésus et les multiples aspects de Son œuvre à la croix.
Le père devait ensuite raconter à son fils l’histoire de la délivrance de l’Égypte et quels étaient les signes opérés en faveur de son peuple. Il rappelait ainsi toute la puissance et la grâce de Dieu. « Il nous a fait sortir de là, pour nous faire entrer dans le pays qu’il avait promis par serment à nos pères, pour nous le donner » (v. 23).
Dans son amour pour nous, le Seigneur Jésus a opéré une bien plus grande délivrance que celle de l’Égypte. Il est mort pour nous délivrer de la puissance du péché, de Satan et de la mort (Rom. 6. 6 et Héb. 2. 14 et 15).
C’est alors que l’âme rachetée, possédant la vie divine, se plaît à obéir à Dieu (1 Jean 4. 19 et 5. 1 à 4. Jean 15. 10). « Et l’Éternel nous a commandé de pratiquer tous ces statuts, de craindre l’Éternel, notre Dieu, pour notre bien, toujours, pour nous conserver en vie » (v. 24).
Chers enfants, puissiez-vous aimer votre Bible, trouvant tout votre plaisir dans la lecture et la méditation du saint Livre selon ce qu’exprime le Psaume 1. 2. Cherchez à la connaître tandis que vous êtes jeunes et que vous êtes capables d’apprendre et d’enregistrer dans votre mémoire. « Souviens-toi… » tel est le leitmotiv du Deutéronome pour l’Israélite pieux.
Conscients de leur devoir, vos parents ne se lassent pas de vous instruire et de vous répéter chaque jour les enseignements de l’Écriture ; mais pour qu’ils vous soient vraiment profitables, il est indispensable que vous vous en occupiez vous-mêmes.
Ce travail personnel fait penser à l’activité des princes de l’Israël de Dieu qui, en Nombres 21. 18, ont creusé des puits avec leurs bâtons. Il s’agit de chercher, de creuser, de glaner pour vous-mêmes. Si nous prenons régulièrement la nourriture pour notre corps, qu’en est-il de notre âme ? Ne la laissons-nous pas parfois périr de faim ? C’est la Parole de Dieu seule qui est cette nourriture de nos âmes.
N’oublions pas que « l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu » (Luc 4. 4). Il suffit de quelques versets de l’Écriture pour que se répandent dans votre cœur et dans votre conscience des flots de lumière divine en réponse à toute question. Ainsi des nuages sont dissipés, des doutes chassés, et les pensées de Dieu s’imposent avec toute leur autorité.
Chers enfants, sondez les Écritures qui rendent témoignage du Seigneur Jésus.
Les douze pierres retirées du Jourdain.
C’est à propos d’un monument sans apparence aux yeux des hommes qu’était posée une quatrième question par les enfants d’Israël.
Ce monument était visible sur la rive cananéenne du Jourdain et composé de douze pierres brutes recueillies dans le lit du fleuve et posées en Guilgal selon l’ordre de l’Éternel. Nous lisons en Josué 4. 6 et 7 : « Lorsque dans l’avenir vos fils demanderont, disant : Que signifient pour vous ces pierres ? alors vous leur direz que les eaux du Jourdain furent coupées devant l’arche de l’alliance de l’Éternel ; lorsqu’elle passa dans le Jourdain, les eaux du Jourdain furent coupées. Et ces pierres serviront de mémorial aux fils d’Israël pour toujours ».
Comme plusieurs d’entre vous le savent, trois grands faits essentiels ont marqué l’histoire d’Israël entre sa sortie de l’Égypte et son entrée en Canaan, ce pays ruisselant de lait et de miel que l’Éternel avait promis en héritage à Son peuple.
En premier lieu, c’est la Pâque. Un agneau par maison a été égorgé à la place de tout premier-né en Israël. L’Éternel n’avait-il pas déclaré : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous ? » Un Autre, notre cher Sauveur, a subi à la croix le jugement de Dieu que nous avions mérité pour l’éternité.
Puis, c’est la traversée de la Mer Rouge, où le peuple apprend sa délivrance de son cruel adversaire. Dieu a divisé en deux la mer Rouge… il a fait passer Israël au milieu d’elle… il a précipité le Pharaon et son armée dans la mer Rouge, car sa bonté demeure à toujours (Ps. 136. 13 à 15). Pour nous, par la mort de Christ, la puissance de Satan a été détruite. Cette mort n’effraie plus le croyant (Héb. 2. 14 et 15).
Enfin, au terme d’un voyage de quarante ans dans le désert, c’est le passage du Jourdain qui fermait l’accès en Canaan. Le fait capital, c’est que l’arche de l’Éternel, le Seigneur de toute la terre, est là, portée par les sacrificateurs, et pénètre la première dans les eaux. Les eaux reculèrent, frayant un passage au peuple : et tout Israël passa à sec jusqu’à ce que toute la nation eut achevé de passer le Jourdain.
Le psalmiste rappelle ce fait glorieux : « Ils passèrent le fleuve à pied : là nous nous réjouîmes en lui » (Ps. 66. 6). L’arche resta dans le lit du fleuve tout le temps nécessaire pour que la nation puisse passer. Elle garantit une entière sécurité au peuple de Dieu que le fleuve de la mort ne pouvait engloutir.
De même Christ s’est tenu dans le fleuve de la mort. Par la grâce de Dieu, Il goûta la mort pour tout. Le Prince de la vie a livré Son âme à la mort (És. 53. 12). Cher Sauveur ! Pour Lui la souffrance, l’abandon de Dieu et la mort ; pour nous, la délivrance de tous nos ennemis et la jouissance d’un bonheur ineffable. Beaucoup d’eaux n’ont pu éteindre son amour et le fleuve de la mort n’a pu le submerger.
La traversée du Jourdain nous apprend une vérité d’un prix inestimable. Si, à la mer Rouge, j’apprends que Christ est mort pour moi, au Jourdain, je réalise que je suis mort avec Christ. C’est alors que le racheté du Seigneur est invité à posséder le ciel et à en jouir, dès maintenant par la foi, ce qui correspond pour Israël à son entrée en Canaan.
L’apôtre, dans une expression lapidaire, déclare : « Je suis crucifié avec Christ » (Gal. 2. 20). Il est absolument vain de corriger le vieil homme. Par la foi, je réalise qu’il a été cloué à la croix où mon Sauveur a laissé Sa vie. Ma volonté propre est condamnée.
Quelle merveilleuse et complète délivrance me procure la croix ! Le croyant délivré se tient pour mort au péché (Rom. 6. 11), mort à la loi (Gal. 2. 19), mort au monde (Gal. 6. 14). « Ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises » (Gal. 5. 24). Et nous pouvons ajouter : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8. 36).
C’est alors que le ciel nous est ouvert pour y contempler Jésus, glorifié à la droite de Dieu, comme l’Objet de notre cœur.
Sur l’ordre de l’Éternel, douze pierres sont enlevées par douze hommes, du milieu du Jourdain et posées à Guilgal. Que signifient pour nous ces pierres ? « Identifiés avec lui dans la ressemblance de sa mort, nous le serons donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection ; sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui » (Rom. 6. 5 et 6).
Les douze pierres n’évoquent-elles pas les douze tribus d’Israël, proclamant l’unité du peuple de Dieu dans ce monument insignifiant, mais précieux pour la foi ? Ces pierres étaient arrachées au fleuve de la mort par la victoire de l’arche. Elles sont en Canaan sur la rive de la résurrection. L’œuvre de Christ est accomplie en faveur de tous les rachetés.
Le monument de Guilgal, c’est Christ ressuscité et glorifié, objet de la foi, assis pour nous dans les lieux célestes et nous associant à Lui. « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés… nous a vivifiés ensemble avec le Christ… et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Éph. 2. 4 à 6).
Quelle force cela donne à la vie chrétienne, de penser que tout est en haut pour Lui et pour nous ! Que cette contemplation ait un effet durable sur nos consciences, car « ces pierres serviront de mémorial aux fils d’Israël pour toujours » (Jos. 4. 7).
Souvenons-nous que ce monument des douze pierres à Guilgal est le mémorial de la mort et de la résurrection, vu en Christ ressuscité et entré dans la gloire. Puissions-nous saisir le langage de ces pierres pour nous-mêmes : « Tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le christ Jésus ! » (Rom. 6. 11).
Les douze pierres dans le Jourdain.
Le monument de douze pierres, érigé en Canaan, à Guilgal, près du Jourdain suscitait la quatrième question des enfants des Israélites.
Dressées en un seul monceau, d’apparence insignifiante, ces pierres ne rappelaient-elles pas tout à la fois ce que l’Éternel avait fait pour eux, et leur unité comme peuple de Dieu établi dans l’héritage ? Symboles de la résurrection, n’étaient-elles pas comme les trophées visibles, enlevés au fleuve de la mort par la victoire de l’arche de l’Éternel, le Seigneur de toute la terre ?
Pour nous aussi, il y a un précieux souvenir dans la Cène instituée par le Seigneur lui-même avant que soit consommé Son sacrifice. C’est le mémorial de Ses merveilles (Ps. 111. 4).
La Cène rappelle aux chrétiens l’amour de Jésus dans Sa mort expiatoire et leur unité comme faisant partie du Corps de Christ. Ces questions peuvent surgir dans votre esprit lorsque vous accompagnez vos parents à la réunion pour le culte : Que signifient ce pain, cette coupe, ce rassemblement d’une minorité de croyants, en toute simplicité et sans cérémonies ?
Le seul pain évoque le seul corps de tous les rachetés du Seigneur, unis à Lui, la Tête glorifiée dans le ciel. Même si les chrétiens sont divisés, dispersés, dans l’ignorance de leur unité en Christ comme membres de Son corps, la pensée de Dieu est clairement exprimée par ces paroles : « Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps du Christ ? Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps » (1 Cor. 10. 17).
Et le sang de Jésus nous ouvre ce chemin nouveau et vivant, consacré à travers le voile, qui nous introduit par la foi dans le sanctuaire céleste où nous pouvons célébrer en esprit et en vérité le culte des vrais adorateurs. « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang du Christ ? »
C’est dans l’obéissance à un Christ glorifié que, par la puissance du Saint Esprit, l’Église rappelle ce précieux mémorial, le souvenir de la mort du Seigneur. Elle est unie à Celui qui mourut pour elle et qui est ressuscité. Elle peut jouir désormais de la communion avec Christ dans la gloire. Tout est grâce et gloire pour elle en vertu de la mort du Seigneur.
Nous souhaiterions poser une question aux plus grands parmi vous : Avez-vous répondu au désir du cœur du Seigneur Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi » ? (1 Cor. 11. 24)
En Josué 4, un deuxième monument est élevé au-milieu du Jourdain. Cela est signalé au verset 9 ; « Et Josué dressa douze pierres au milieu du Jourdain, à la place où s’étaient tenus les pieds des sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance ; et elles sont là jusqu’à ce jour ».
Les eaux furent coupées devant l’arche de l’alliance de l’Éternel et tout Israël passa à sec alors que les pieds des sacrificateurs étaient arrêtés au milieu du Jourdain (Jos. 3. 17). Puis, lorsque les sacrificateurs se retirèrent du lit du fleuve, les eaux du Jourdain retournèrent en leur lieu, et coulèrent par-dessus tous ses bords comme auparavant (Jos. 4. 18).
Ainsi ce monument recouvert par les eaux échappait aux regards des Israélites, de sorte que seule la foi, par la Parole de Dieu, pouvait en discerner l’existence. Ces pierres-là n’étaient pas le symbole de la résurrection, mais elles constituaient le monument de la mort. Seul le cœur du racheté étreint par l’amour du Seigneur peut s’en souvenir.
Les pierres en Guilgal soulignent les privilèges, les bénédictions des rachetés, associés à Christ, ayant traversé le fleuve de la mort avec Lui et ressuscités en Lui.
Les pierres dans le Jourdain rappellent à nos cœurs la communion avec Lui dans la mort.
C’est comme si Christ nous conduisait au bord de la rivière pour y contempler l’endroit où Ses pieds s’arrêtèrent. Voilà le lieu de la mort ! Chaque racheté peut dire avec reconnaissance : Cher Sauveur, tu es entré dans ce fleuve de la mort pour la gloire de Dieu que j’avais offensée, et par amour pour moi, Tu as dû t’écrier : « Toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi » (Jonas 2. 4 ; Ps. 42. 7). « Je suis entré dans la profondeur des eaux, et le courant me submerge » (Ps. 69. 2). Ne puis-je pas me souvenir de ce que signifiait la mort pour Ton âme sainte ? Quelle amertume, quelles douleurs dans cette coupe que le Père T’avait donnée à boire !
C’est à la croix que je découvre l’amour infini de mon Rédempteur. La mort est vaincue, mon vieil homme est condamné, je suis mort avec Christ.
L’arche sainte a traversé le fleuve de la mort et tout le peuple est passé en Canaan.
Ce Jourdain, qui était un obstacle avant la traversée, devient pour la foi une frontière infranchissable faisant séparation d’avec la lointaine Égypte.
Et pour nous, quelle délivrance merveilleuse nous procure la mort de Christ vis-à-vis du monde et de nous-mêmes ! A cette condition, notre foi s’emparant d’une telle vérité, nous pouvons jouir des richesses de Sa grâce et de la gloire de Son héritage dans les saints. C’est la part de ceux qui, par la foi, sont assis ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus (Éph. 1. 7 et 18 ; 2. 6).
Nous ne saurions trop vous conseiller, chers enfants, d’être très attentifs à la vie spirituelle du peuple de Dieu. N’hésitez pas à poser des questions à vos parents et à tous ceux qui sont engagés dans le sentier de la foi. Il plaira à vos aînés de découvrir par ce moyen l’attachement de votre cœur pour le Seigneur, pour Sa Parole et pour la vie d’assemblée. Il ne s’agit pas bien entendu de questions oiseuses pour satisfaire une vaine curiosité, mais de l’intérêt de l’âme pour discerner la pensée de Dieu en toutes choses.
Après Josué et les anciens se leva une autre génération qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre qu’Il avait faite pour Israël (Jug. 2. 10). Et cette génération fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel et servit les idoles. Et la Parole ajoute : « Ils abandonnèrent l’Éternel ». Quelle ignorance coupable !
On peut supposer que les questions examinées dans les quatre passages que nous avons étudiés n’avaient pas été posées par la jeune génération aux anciens d’Israël. Elle ne connaissait plus les récits pieux et les hauts faits exaltant la grande œuvre de l’Éternel.
Puissiez-vous, chers enfants, vous approprier une parole souvent citée : La grâce présente la vérité, la foi la saisit, le cœur en jouit et la marche la manifeste !
La vie chrétienne est marquée de différentes étapes : nouvelle naissance ; consécration à Dieu liée à l’affranchissement en Christ, Cène et Table du Seigneur… Où en sommes-nous ? Que le Seigneur nous fasse goûter combien il est bon !
Fils privilégié et fils rebelle.
Nous vous invitons aujourd’hui à lire Deutéronome 21. 15 à 21 où deux enseignements forts utiles devraient retenir toute notre attention et nous instruire dans les voies de Dieu.
D’après les versets 15 à 17, vous constatez combien grand était le privilège de tout fils premier-né en Israël. Il devait recevoir en héritage une double portion de tout ce qui appartenait à son père. Il était le commencement de sa vigueur, le droit d’aînesse lui revenait.
Qu’est-il pour vous, ce droit d’aînesse ? En quoi êtes-vous des fils privilégiés ?
Appartenant à une famille chrétienne, vous êtes placés dans une position de sainteté, de mise à part (1 Cor. 7. 14). Vous êtes considérés comme faisant partie de la maison de Dieu sur la terre pour avoir part à toutes les bénédictions dispensées.
Dans une telle sphère, nous avons tous un droit d’aînesse, c’est-à-dire un immense privilège. Quel cas faisons-nous des promesses de Dieu contenues en si grand nombre dans Sa Parole ? Dieu nous offre un Sauveur, Sa Parole, Son Esprit pour nous conduire dans toute la vérité.
À beaucoup d’entre nous, Il donne encore un foyer chrétien, des réunions d’assemblée autour du Seigneur. Que de privilèges ! Quelle faveur d’être au bénéfice de l’enseignement des Écritures, à la maison et dans l’assemblée ! Toutes ces grâces sont comme un véritable droit d’aînesse. Peut-être avez-vous négligé la lecture personnelle quotidienne de la Parole ou avez-vous trouvé longs ces moments de lecture en famille, et pénible l’assiduité régulière aux réunions ! Mais avez-vous songé que ces grâces faisaient de vous des fils privilégiés ?
La foi de vos parents guide vos premiers pas, puis un jour une relation personnelle, directe, de votre âme s’établit avec le Seigneur. La lecture de la Parole n’est plus un simple devoir, mais un besoin réel de votre âme, illustré par l’impérieuse nécessité de nourrir votre corps chaque jour.
Puissiez-vous dépendre de Dieu et de Sa Parole toujours plus ! L’attrait pour les Saintes Écritures grandira à l’aide des précieux écrits que vous pouvez vous procurer facilement, soit une étude suivie par livres de la Parole, soit une esquisse par sujets ou biographies.
N’hésitez pas à prendre des notes personnelles dans une recherche diligente où votre âme, nourrie des saintes vérités, s’attache étroitement au Seigneur pour Lui plaire à tous égards.
Le fils aîné en Israël recevait en héritage de son père une double portion. Que de vérités précieuses ont été retrouvées au siècle dernier par ceux qui nous ont précédés dans le témoignage du Seigneur ! Nous en sommes les héritiers privilégiés, tout en les retenant parfois avec des mains bien lâches, car nous oublions de les vivre et nous risquons d’en perdre toute la valeur.
En Ésaü, le profane, nous avons le cas d’un fils qui a méprisé son droit de premier-né. Entré dans le monde avec un privilège, il a profané ce que Dieu lui avait donné pour le prix d’un potage de lentilles.
Il sacrifie son avenir éternel pour le plaisir d’un moment. Il satisfait son égoïsme, son besoin immédiat, tout charnel, comme le font beaucoup d’hommes qui déclarent : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (1 Cor. 15. 32). Il trahit son manque de foi, méprisant le don et les promesses de Dieu faites à Abraham.
Quelles conséquences solennelles découlèrent de ce choix ! Plus tard, désirant hériter de la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il l’eût recherchée avec larmes, car il ne trouva pas lieu à la repentance (Héb. 12. 17).
Point de retour pour lui vers ces merveilleuses voies de la grâce ! Il vivra et mourra dans son péché, méprisant jusqu’au bout de sa carrière terrestre les seuls vrais biens.
Jacob au contraire estimait ce droit d’aînesse, sachant que Dieu avait fait à Abraham et à sa semence de précieuses promesses (Gen. 22. 16 à 18). Il pensait, comme bien des hommes religieux aujourd’hui, qu’il pouvait acheter ce privilège.
Les moyens utilisés par Jacob pour obtenir la bénédiction ne pouvaient être approuvés de Dieu et il a dû en conséquence traverser « de grandes et amères détresses ». Mais Dieu lisait dans son cœur, souvent indocile et rusé, le besoin réel d’être béni. Ainsi Jacob est inscrit dans la lignée du Christ.
Dieu déclare à la fin de l’Ancien Testament, plus de douze siècles après la mort de ces deux frères : « J’ai aimé Jacob, et j’ai haï Ésaü » (Mal. 1. 3). Sanction terrible pour Esaü qui, après avoir épuisé toute la patience de Dieu, est un vase de colère tout préparé pour la destruction (Rom. 9. 22). Grâce surabondante à l’égard de Jacob, qui termine sa vie de foi en adorant appuyé sur le bout de son bâton !
N’oublions pas que la foi au Seigneur Jésus nous donne ce privilège de faire partie de « l’assemblée des premiers-nés écrits dans les cieux » (Héb. 12. 23).
Nous évoquerons, maintenant, le cas du fils indocile et rebelle considéré dans les versets 18 à 21 en Deutéronome 21. Malgré tant de privilèges accordés par Dieu aux enfants de parents chrétiens, plusieurs, hélas, ont suivi le chemin de ce fils insoumis.
Rejetant toute autorité, croyant ne pas être aimé de ses parents dont le joug lui est insupportable, il s’engage, dans sa folie, sur un chemin de propre volonté qui descend vers l’abîme. Dans une illusion d’indépendance, il désire être son propre maître, vivre pour lui-même, mais il est l’esclave de ses convoitises et de ses passions dans un monde où personne ne lui donne rien.
Comme quelqu’un l’a exprimé : « La libre volonté est l’esclavage de Satan ». C’est « un fils indocile et rebelle, qui n’écoute pas la voix de son père ni la voix de sa mère », bien « qu’ils l’aient châtié, et qu’il ne les ait pas écoutés ». Il ne voit pas les larmes qui ont coulé sur ces visages sillonnés de rides, dans l’attente d’un retour toujours espéré. Il n’entend pas les supplications ferventes de leurs cœurs affligés et humiliés.
Mais n’y a-t-il à aucun moment, dans ce cœur rebelle, le regret nostalgique des prières, des cantiques chantés dans son enfance et des joies saintes auxquelles il a pu participer autrefois ? Un tel chemin en Israël se terminait par la mort sans merci de celui qui était désobéissant, débauché et ivrogne. Ce fils devait être lapidé sur le témoignage de ses propres parents, pour que le mal soit ôté en Israël.
Mais comme l’activité de la grâce nous confond dans la fin du fils prodigue en Luc 15 ! Et pourtant il n’y a pas de différence quant à l’état moral entre ce dernier et le fils rebelle sous la loi. Tous deux ont péché et sont dignes du jugement de Dieu.
Le fils aîné de Luc 15. 25 à 30, n’avait jamais quitté le foyer paternel. Mais ce privilège n’a pas empêché l’égoïsme, l’amertume, la jalousie, la propre justice de se développer dans son cœur.
La méconnaissance totale de la grâce du père, malgré sa proximité, l’exclut de la bénédiction. Rebelle, il refuse d’entrer.
Mais la grâce opère dans le cœur et la conscience du fils prodigue, le poussant à la repentance. Et au lieu d’être frappé par la pierre d’un juste jugement, il devient le fils privilégié, accueilli à bras ouverts par son père qui le couvre de baisers. Il entre dans la maison où tout est amour, joie et paix, avec une abondance de biens. Ce fils prodigue « était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ».
As-tu discerné, un jour, dans ta propre expérience, l’image de ce fils prodigue ? Sais-tu que Dieu a sacrifié Son propre Fils pour te donner la vie éternelle ? Accepte cette bonne nouvelle pour être préservé du sort terrible réservé au fils rebelle en Deutéronome 21.
Samson, l’enfant nazaréen.
Nous souhaiterions, ce mois-ci, tirer instruction du chapitre 13 du livre des Juges, où nous assistons à la naissance d’un enfant privilégié en Israël.
Il s’agit de Samson qui, dès sa naissance, devait être nazaréen de Dieu. Cet enfant devenu adulte commencerait à sauver Israël des Philistins (Jug. 13. 5).
Les fils d’Israël avaient de nouveau besoin d’un juge pour les délivrer du joug des Philistins qui dominaient sur eux. Pour la septième fois dans ce livre des Juges, il est rappelé que « les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; et l’Éternel les livra en la main des Philistins pendant quarante ans ».
Il est bien affligeant de constater que le peuple de Dieu puisse être ainsi subjugué par ses ennemis établis dans les limites mêmes du pays promis. Mais cette fois-ci, aucun cri ne monte du cœur du peuple opprimé vers Dieu. Il n’éprouve pas le besoin d’être sauvé et semble s’accommoder de cette dure et misérable servitude. Sa conscience n’est pas travaillée.
Comme quelqu’un l’a bien exprimé : « Ce sont les chaînes les plus lourdes qu’on sent le moins », quand l’ennemi est arrivé à nous assujettir à notre insu.
Cependant, Dieu qui a compassion de la misère de Son peuple, s’est réservé quelques témoins qui le craignent comme en Malachie 3. 16. C’est ainsi qu’apparaissent Manoah et sa femme, de la tribu de Dan, parmi les plus faibles en Israël.
Ce couple pieux n’a pas d’enfant, image frappante de l’état de stérilité du peuple d’Israël pour Dieu. Mais Dieu a en vue de délivrer Son peuple et rien n’empêche Sa grâce et Sa puissance de se déployer à travers de faibles instruments choisis et préparés par Lui. Rappelons que Sa grâce nous suffit et Sa puissance s’accomplit dans l’infirmité (2 Cor. 12. 9).
L’Ange de l’Éternel apparaît à la femme de Manoah pour lui annoncer la naissance d’un fils, avec la promesse de sauver Israël de ses ennemis par son moyen.
Ce jeune garçon devait être nazaréen de Dieu dès sa naissance, mis à part pour Lui.
Tout d’abord cette mère devait observer les prescriptions de l’Ange, s’abstenir de vin, de boisson forte et ne rien manger d’impur. C’était ce qui était requis pour son fils.
Vous voyez quelle importante leçon nous est donnée par ces versets 4 et 5. Vous élever pour le Seigneur dans la séparation du monde signifie pour votre mère, pour vos parents, qu’ils en soient séparés eux-mêmes, et cela avant votre naissance.
Les plus belles leçons que nous, parents, puissions vous donner sont celles de l’exemple, lorsque sont reflétées dans nos vies les gloires morales du Seigneur Jésus, Sa vie de dépendance, d’obéissance, d’humilité, de soumission à la sainte volonté du Père.
En quoi consistait ce nazaréat auquel Samson devait être soumis ? C’est le chapitre 6 des Nombres qui indique la loi du nazaréat, pour se séparer afin d’être à l’Éternel (v. 2 et 3). Il exprimait sa consécration pour un temps limité en observant trois conditions :
1. Il s’abstenait de tout ce qui provient de la vigne : vin, boisson forte, raisin.
C’est le symbole de la joie que l’homme trouve dans ce monde, dans ses rapports sociaux (Ps. 104. 15). Le péché ayant ruiné le monde, Dieu ne peut se réjouir avec l’homme pécheur, sauf quand ce dernier se repent. Celui qui est consacré au service de Dieu ne peut trouver sa joie dans la société des hommes pécheurs ni participer à leurs plaisirs, alors que Dieu n’y est pas.
Quel danger présente, pour nous croyants, le fait de cultiver la société d’amis mondains qui peuvent nous procurer certains agréments, mais au détriment de la prospérité de nos âmes. Pour Paul, en Galates 6, le monde était crucifié, et Paul était un homme crucifié pour le monde. Dieu ne donne rien au nazaréen qui puisse exciter la chair. En figure, il était mort au monde (Gal. 6. 14 ; Col. 2. 20).
2. Il devait laisser croître sa chevelure. Par ce signe chacun en Israël pouvait le reconnaître aisément.
Selon 1 Corinthiens 11. 14 « si un homme a une longue chevelure c’est un déshonneur pour lui ». C’est la mise de côté de soi, le renoncement à toute dignité naturelle, l’abandon de toute volonté propre pour n’avoir qu’un objet : la volonté de Dieu. Cela n’évoque-t-il pas toute la vie de dépendance du disciple de Jésus ? En figure, nous avons ici la mort au moi (Gal. 2. 20).
3. Il devait fuir tout contact avec la mort, salaire du péché (Rom. 6. 23). Même un ossement n’ayant qu’un lointain rapport avec un corps frappé de violence était la preuve de la mort.
Par une seule désobéissance, Adam a été chassé du jardin d’Éden. Un simple contact avec un mort de sa proche famille rendait impure la tête du nazaréen. Quelle sainte vigilance devait-il exercer pour ne pas se souiller ! En figure, il était mort au péché (Rom. 6. 2).
Malgré les trois caractères extérieurs de cette vocation, n’oublions pas que ces conditions correspondaient à un vœu du cœur, une consécration au service de l’Éternel, une séparation intérieure de l’âme pour Dieu. Un tel dévouement à Dieu est essentiel dans le nazaréat chrétien selon Romains 12. 1 où nous sommes exhortés, par les compassions de Dieu, à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est notre service intelligent.
Ne pas être séparé dans son cœur, tout en professant être nazaréen d’une manière extérieure, même en possédant pour un temps une grande puissance, nous expose à une chute certaine. Ce fut le cas de Samson et de bien d’autres croyants après lui.
Le nazaréat en Israël était temporaire, facultatif. Pour nous chrétiens, il est permanent et nous concerne tous depuis notre conversion jusqu’au retour du Seigneur. Fixons nos regards sur le parfait Nazaréen, le Seigneur Jésus.
Depuis Sa naissance jusqu’à Sa mort sur la croix, Sa consécration à Dieu était totale. N’était-Il pas, à douze ans, occupé des affaires de Son Père ? N’étant pas de ce monde, tout en vivant dans le monde, Il restait séparé de ses joies et de ses fêtes (Jean 7. 8). Son ministère n’était pas entravé par les circonstances familiales (Luc 8. 20 ; Jean 2. 4). Sa dépendance de Dieu ressortait à chacun de Ses pas (Jean 5. 19). Et tout au long de sa vie, Il n’a pas commis de péché (1 Pier. 2. 22).
Suivons les traces d’un tel modèle, sachant qu’Il a pu exprimer en parlant de son Père : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8. 29).
Informé par sa femme des paroles du céleste visiteur, Manoah supplie l’Éternel pour qu’Il vienne encore vers eux : « Qu’il nous enseigne ce que nous devons faire au jeune garçon qui naîtra ».
Quelles heureuses dispositions de cœur pour des parents pieux espérant la naissance d’un enfant, lorsqu’ils exposent au Seigneur Jésus le besoin d’être dirigés et formés pour leur nouvelle tâche !
Comme il importe de se laisser instruire à l’avance par le Seigneur, pour connaître et appliquer à soi-même et à l’enfant les principes de l’Écriture ! Le souci de ce père n’est-il pas d’élever son enfant pour Dieu ? Ainsi ceux qui sont marqués par la simplicité de la foi reçoivent la révélation de Dieu quant au salut de l’homme par le moyen d’un sauveur qui, en figure ici, nous rappelle le Christ Jésus.
Manoah, adorateur, apporte une offrande à l’Éternel, l’holocauste, le gâteau sur le rocher. C’est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel. En type, c’est Jésus se donnant de plein gré à Dieu dans un parfait dévouement jusqu’à la mort.
Désirant instamment connaître le nom de l’Ange de l’Éternel, Manoah obtient pour toute réponse : « Il est merveilleux ». En Ésaïe 9. 6, ce nom est attribué à la même Personne. Car L’Ange qui monte dans la flamme de l’holocauste et Jésus qui, après avoir achevé l’œuvre de la rédemption a été élevé au ciel (Act. 1. 2, 9, 11 et 22), sont la même Personne, notre cher Sauveur.
Quel privilège pour Samson de naître dans une famille où Dieu était connu et craint ! La plupart d’entre vous, chers enfants, avez ce privilège. Alors, prenons garde à l’histoire de cet homme devenu adulte.
Enfant, il grandit et l’Éternel le bénit (v. 24). Heureux auprès de ses parents, un lien est établi entre son âme et Dieu : « L’Esprit de l’Éternel commença de le pousser » (v. 25). Tout semble préparé pour une vie bénie, consacrée à l’Éternel. Hélas Samson, adulte, n’a pas su garder son cœur selon Proverbes 4. 23. Il a livré ses secrets au monde. Il a perdu tout à la fois sa force, sa liberté, sa vue et enfin sa vie. Pauvre Samson !
Chers enfants, nous avons reçu beaucoup de privilèges : la connaissance du Seigneur Jésus, de Sa Parole, la puissance du Saint Esprit. Dans une telle position, nous sommes tenus à un « nazaréat » qui implique la séparation de cœur d’avec le monde, par la puissance de l’Esprit.
Obed.
Ce nom d’Obed n’est peut-être pas inconnu de quelques-uns d’entre vous, chers enfants. Il est donné par les voisines de Naomi au fils qui naquit de Ruth, la Moabite, venue en Canaan s’abriter sous les ailes du Dieu d’Israël. Le récit concernant la naissance de cet enfant se trouve en Ruth 4. 13 à 22.
Au cours des quatre chapitres composant ce beau livre, nous pouvons admirer comment s’affirme la foi de Ruth, jeune femme étrangère.
Quittant les champs de Moab, où se trouvaient son père, sa mère, son peuple, ses dieux, et dans la compagnie de sa belle-mère Naomi, elle vient dans les champs de Boaz, conduite par son Dieu auquel son cœur s’était attaché résolument (Ruth 1. 16).
C’est la puissance de la grâce qui anime tout son être et l’attire vers le peuple de Dieu. N’en voyons-nous pas déjà l’expression touchante dans la bonté dont elle use envers sa belle-mère ?
Chers enfants, qu’une telle foi, opérante par l’amour, puisse se développer dans vos cœurs ! C’est alors que Dieu conduit Ruth auprès d’un homme puissant et riche, tout préparé pour lui donner repos et consolation. Elle glane avec persévérance dans les champs de Boaz jusqu’à ce que la moisson des orges et la moisson des froments soit achevée (ch. 2. 23). Quelle figure saisissante de la rencontre personnelle que chacun de nous doit avoir un jour, dans sa vie, avec le Seigneur Jésus ! Il parle à notre cœur et nous rassasie des biens de Son amour.
Soumise aux conseils pieux de sa belle-mère, Ruth comprend qu’elle ne peut trouver le repos et le bonheur qu’aux pieds de Boaz. C’est pourquoi elle descend dans l’aire où Boaz vanne les orges. Il avait prié que l’Éternel bénisse l’œuvre de Ruth et c’est lui-même qui récompense sa foi. Mais il faut que Ruth soit rachetée (Ruth 3. 9 ; 4. 5).
Au chapitre 4, Boaz s’occupe activement de cette question, poussé par l’amour. Quelle évocation de toute la grâce divine pour nous ! Nous avons été achetés à prix (1 Cor. 6. 20), ayant changé de maître, et nous avons été rachetés par le sang précieux de Jésus (1 Pier. 1. 18), ce qui souligne notre changement de condition, d’état moral, pour jouir d’une pleine liberté en Christ (Jean 8. 36). Alors que toute ressource est épuisée du côté de l’homme, la grâce de Dieu se manifeste dans la Personne de notre glorieux Rédempteur.
Maintenant Ruth entre dans la maison de Boaz comme son épouse bien-aimée. Celui en qui est la force (1 Rois 7. 21) procure toute satisfaction à Ruth, cette femme vertueuse, pour laquelle tout est grâce. Elle, une Moabite, appartenait à ce peuple au sujet duquel il avait été déclaré qu’il n’avait pas le droit d’entrer dans la congrégation de l’Éternel (Deut. 23. 3). Introduite dans l’Israël de Dieu, elle s’inscrit dans la famille qui donnera naissance à David, le roi selon le cœur de Dieu, et même elle fait partie de la généalogie du Seigneur Jésus selon Matthieu 1. 5.
Quelle prière fervente monte devant Dieu à l’occasion du mariage de Boaz et de Ruth ! (Ruth 4. 11 et 12). Chers enfants, n’oublions pas d’implorer notre Dieu en toutes circonstances, sachant que nous dépendons de Lui pour toute bénédiction.
Rachel, la femme bien-aimée, est mentionnée la première dans ces souhaits. La puissance est demandée pour Boaz dans Ephrata, le « lieu de la fertilité », et un nom dans Bethléhem, « la maison du pain », là où la grâce s’est pleinement déployée.
Et comme pour la maison de Pérets, seule l’élection de la grâce peut établir la postérité de Ruth. De même aujourd’hui, seule la pure grâce de Dieu peut introduire un pécheur misérable dans la famille de la foi en lui donnant un Rédempteur, Jésus, notre Sauveur. Cher jeune lecteur, Jésus est-il ton Rédempteur ?
Maintenant que Ruth habite le pays, elle peut faire ses délices de l’Éternel et, enseignée par la foi, elle sait qu’il peut lui donner les demandes de son cœur (Ps. 37. 3 et 4). C’est ainsi que Dieu lui donne un fils appelé Obed, nom dont nous avons la signification, en note, dans nos Bibles : « qui sert ».
Quelques-uns d’entre vous, chers enfants, portez un nom choisi avec foi par vos parents et qui n’est pas sans importance, soit quant à sa signification dans l’Écriture, soit quant à la vie de foi de celui dont il parle.
Des femmes pieuses entourent Naomi, partageant sa joie à l’occasion de cette naissance. Elles évoquent un rachat futur en reportant sur son « fils » le droit de rachat exercé par Boaz. Elles ajoutent : « il sera pour toi un restaurateur de ton âme, et un soutien de ta vieillesse » (v. 15).
Quelles bénédictions reposent sur cet enfant pour le réconfort de Naomi qui n’avait que des plaintes à formuler à son retour ! Il est le fils de cette Ruth qui s’est attachée à elle par la foi, ayant plus de valeur pour elle que sept fils. Quelle explosion de joie lorsque les femmes s’exclament : « Un fils est né à Naomi ! ».
Toutes ces paroles ont une portée prophétique. Elles nous rappellent la venue du Seigneur Jésus dans ce monde pour y accomplir l’œuvre de la rédemption, par l’effusion de Son sang précieux, Lui, l’Agneau de Dieu. Il est notre délivrance de toute la puissance de Satan, notre cruel adversaire (Héb. 2. 14 et 15). Les affections naturelles et maternelles de Naomi longtemps contenues s’épanchent dans la joie, car elle se propose spontanément comme nourrice de cet enfant, lui assurant protection et instruction.
Le choix du nom d’Obed est plein d’intérêt pour nous croyants : « Celui qui sert ». Nos pensées sont aussitôt concentrées sur le Serviteur parfait, thème particulier de l’évangile selon Marc, dont un passage donne le résumé : « Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Marc 10. 45).
Résistant à une subtile tentation de Satan lui offrant tous les royaumes du monde et leur gloire, le Seigneur déclare : « Il est écrit : Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Mat. 4. 10). Comme l’esclave hébreu en Exode 21. 1 à 6, à cause de son amour pour Dieu et pour l’Assemblée, Jésus est serviteur à toujours. Hier à la croix, Il a donné Sa vie pour Ses chers rachetés, aujourd’hui Il remplit son office de Sacrificateur et d’Avocat, et demain, Il servira Lui-même au souper de la grâce, dans le ciel, ceux qu’Il aime et qui L’auront servi et attendu sur la terre (Luc 12. 37).
Le Seigneur de gloire n’est-Il pas digne que nous Le servions fidèlement ici-bas, répondant dès maintenant à Son amour infini ? Le secret de la perfection morale de Jésus comme Serviteur n’est-il pas contenu dans cette déclaration : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » ? (Ps. 40. 8)
Il y a deux aspects essentiels dans le service.
C’est d’abord la part de l’adorateur, de celui qui rend culte à Dieu. Combien est précieux le service de l’adoration, le seul qui ne prendra jamais fin ! Le cœur rempli de joie et de reconnaissance, nous louons Dieu pour ce qu’Il est, et pour ce qu’Il a fait en sacrifiant Son propre Fils.
Et puis, le service, c’est aussi la fonction remplie par l’esclave à l’égard de son maître. Nous avons le service particulier de tous les jours, à la maison, à l’école, au bureau ou à l’atelier. La plus humble tâche, avons-nous conscience de l’accomplir par amour pour le Seigneur, en communion avec Lui ? Quelle valeur aura-t-elle alors à nos yeux et, bien plus, aux yeux du Seigneur ! Comme tout devient plus facile lorsque nous le faisons de cœur, pour le Seigneur, et avec joie (Ps. 60. 2 ; Éph. 6. 6 et 7 ; Col. 3. 17, 23 et 24 ; 1 Cor. 10. 31).
Et ce qui est requis avant tout de l’esclave, c’est l’obéissance à son maître. Que le Seigneur inscrive cette parole en chacun de nos cœurs : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » ! (Jean 14. 23). « Garder sa parole », c’est aussi réaliser l’exhortation : « Faites toutes choses sans murmures et sans raisonnements » (Phil. 2. 14).
Puissions-nous être sondés par ces paroles et que Dieu opère en nous le vouloir et le faire selon Son bon plaisir !
Samuel.
Le récit de la petite enfance de Samuel est l’un des plus attachants de l’Écriture, pour les plus jeunes enfants, mais aussi pour tout lecteur assidu du Saint Livre.
Il est relaté dans les trois chapitres 1, 2 et 3 du premier livre de Samuel que nous vous invitons à lire avec attention. Bien des détails sont donnés par l’Esprit de Dieu pour notre instruction. Nous supposons que la plupart d’entre vous avez lu ou entendu ce que la Parole nous enseigne au sujet de la piété si frappante de l’enfant Samuel qui naquit dans une période bien sombre de l’histoire des Juges en Israël, marquée par cette expression rappelée deux fois : « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (Jug. 17. 6 ; 21. 25).
Quelle triste condition lorsque toute liberté est donnée à la propre volonté de l’homme ! II n’y a plus de crainte de Dieu. Le jugement est imminent. Il devra commencer par ceux qui servent dans la maison de Dieu, les deux fils rebelles d’Éli, le souverain sacrificateur.
Dieu nous entretient d’abord de la famille dans laquelle naquit Samuel. Son père Elkana, dont le nom signifie « Dieu de la grâce », était un lévite pieux qui montait avec sa famille, chaque année, de sa ville Rama située dans la montagne d’Éphraïm pour adorer l’Éternel des armées et Lui sacrifier à Silo (1 Sam. 7. 3).
Silo était le lieu où se trouvaient l’arche et les sacrificateurs (Jos. 18. 1). Elkana rendait culte à Dieu avec les siens car il Le connaissait et Lui donnait gloire. Cet homme avait compris, selon l’enseignement de Deutéronome 12, qu’il y avait un lieu choisi par Dieu pour Le louer et Lui offrir des sacrifices. Et il se rendait là chaque année fidèlement, chaque membre de sa famille ayant sa part aux sacrifices mangés en la présence de Dieu.
N’y a-t-il pas aussi pour nous aujourd’hui un lieu où le Seigneur nous a fixé un précieux rendez-vous pour adorer le Père en esprit et en vérité ? Là aussi parents et enfants ont une part bénie dans la communion avec Dieu et dans le rappel du sacrifice parfait du Seigneur Jésus.
Vous réjouissez-vous en chantant les louanges du Seigneur, chaque dimanche, dans la compagnie de Ses chers rachetés ? Mais l’homme de foi connaît aussi bien des épreuves et des souffrances dans un monde qui est sous les conséquences du péché.
Le comportement impie des fils d’Éli qui entraînaient à la transgression le peuple de l’Éternel (2. 24), n’était-il pas une cause de souffrances pour lui ? Ces hommes méchants méprisaient l’offrande de l’Éternel. Ils ne connaissaient pas l’Éternel (2. 12). Et ils n’écoutèrent pas la voix de leur père (2. 25).
Et pourtant Elkana allait chaque année à Silo pour adorer Dieu. En outre, une douleur continuelle étreignait son cœur, dans son propre foyer. Anne, dont le nom signifie « grâce », était la femme bien-aimée d’Elkana, mais elle était stérile alors que Peninna avait des enfants. Peninna est appelée l’ennemie d’Anne, car elle la chagrinait aigrement afin de la pousser à l’irritation parce qu’elle n’avait pas d’enfants. Est-il possible que l’ennemie d’Anne soit si proche d’elle, dans sa propre maison ?
Qu’en est-il, chers enfants, de nos relations entre frères et sœurs ? L’homme dans son état naturel, que la Parole appelle la chair, est incapable de porter du fruit pour Dieu, et toute l’imagination des pensées de son cœur n’est que méchanceté en tout temps (Gen. 6. 5). Que cette parole s’inscrive dans nos cœurs : « Je sais qu’en moi, c’est-à-dite en ma chair, il n’habite point de bien » (Rom. 7. 18).
Chagrinée par Peninna, Anne pleurait à Silo et ne mangeait pas. Son mari ne parvenait pas à la consoler. Malgré toute l’amertume de son âme, elle prie longuement devant l’Éternel. Elle parle dans son cœur à son Dieu. Elle verse d’abondantes larmes en exposant simplement son chagrin à Celui qui écoute la prière.
Imitons cette foi vivante d’Anne s’exprimant dans la prière. Ne sommes-nous pas invités à prier sans cesse, et à rendre grâces en toutes choses ? (1 Thess. 5. 17 et 18).
Mais prenons garde de bien discerner le but de nos prières : est-ce pour la gloire de Dieu ou pour nos propres intérêts ? Anne demande un fils, non pas pour sa propre satisfaction égoïste, mais afin de le donner à l’Éternel pour tous les jours de sa vie, comme un vrai nazaréen, séparé du monde et du mal pour Dieu, selon les prescriptions de la loi en Nombres 6. 5.
N’y a-t-il pas eu de telles prières de la part de vos chers parents en vue de vous consacrer au Seigneur ? Que Dieu crée dans votre cœur le désir de répondre à l’appel divin ! N’oublions jamais que notre responsabilité est à la mesure de notre privilège, d’appartenir à une famille chrétienne.
Éli ne discerne pas ce qu’il en est de l’esprit accablé d’Anne. Et lorsqu’il l’interpelle, pensant qu’elle était ivre, Anne répond avec douceur et crainte. N’a-t’elle pas vraiment répandu son âme devant l’Éternel ? (1. 15). Dieu connaît l’exercice profond de son âme.
Maintenant qu’elle a exposé sa requête à Dieu par des prières et des supplications, la paix de Dieu remplit son cœur (Phil. 4. 6 et 7). Elle mange et n’a plus le même visage. Elle connaît désormais le Dieu de toute consolation (2 Cor. 1. 3). L’Éternel se souvient d’elle, répond à sa foi en lui donnant cet enfant qu’elle appelle Samuel, ce qui veut dire : « demandé à Dieu » ou « Dieu a exaucé ».
L’enfant de la prière deviendra un homme de prière. Quelle place tient la prière dans votre vie ?
D’après La Bonne Nouvelle 1980