
Ch. 13
Nous voyons les caractères négatifs de l’amour, inhérents à notre vieille nature ; et ses caractères positifs, propres à la nouvelle nature des croyants (v. 4 à 7).
Le v. 7 doit être pris dans son contexte : « il supporte tout », comme le Seigneur, venu en grâce, a tout supporté de la méchanceté des hommes, de leur réjection, jusqu’à Sa crucifixion. « L’amour croit tout » : il est prompt à croire tout ce qui est vrai, et à voir le bien chez nos frères.
« Il espère tout », en ce qui concerne les promesses de Dieu ; mais aussi, il attend patiemment que Dieu produise, chez un frère ou une sœur, quelque bien spirituel.
Enfin, « il endure tout », des épreuves et des souffrances, et l’action de l’Ennemi, en restant fidèle. Colossiens 3. 12 à 15, nous exhorte solennellement, de façon pratique, à user de miséricorde entre nous, comme le Seigneur est miséricordieux envers nous – à nous supporter et à nous pardonner, comme nous-mêmes, nous avons été pardonnés par Dieu, car nous avons été « appelés en un seul corps ». Nous devons donc laisser « l’amour de Dieu qui a été versé dans nos cœurs », se manifester entre nous. « La paix du Christ » présidera alors dans nos cœurs, et au sein de l’assemblée. Nous devons, cependant, rester fermes quant au mal qui peut se manifester parmi nous : la miséricorde n’est pas l’indulgence, et la patience n’est pas le laxisme.
Zacharie 8. 16 nous donne ce commandement : « Parlez la vérité chacun à son prochain », mais avec amour.
L’histoire de Joseph est un exemple pour nous. À l’image du Seigneur, il a travaillé patiemment à la restauration de ses frères qui lui avaient fait tout le mal qu’ils avaient pu. Et Joseph a fait cela avec un amour que rien n’a découragé. « L’amour couvre une multitude de péchés » (1 Pier. 4. 8).
Enfin, l’amour ne périt jamais » : il est l’essence même de la nature de Dieu, car Dieu est amour, et Il est éternel. Quant à nous, nous sommes appelés à aimer nos frères comme le Seigneur nous a aimés (Jean 13. 34). C’est de Lui que le Cantique des cantiques dit : « Beaucoup d’eaux ne peuvent éteindre l’amour, et des fleuves ne le submergent pas » (Cant. 8. 7).
A partir du v. 8, Paul revient sur les dons. En ce qui concerne les prophéties et la connaissance, il emploie l’expression : « elles auront leur fin » ; cela se produira lorsque le Seigneur enlèvera son Église pour être toujours avec Lui.
Quant au don des langues, « elles cesseront » (v. 8). En réalité, elles ont cessé très vite. Dans les Actes, la dernière fois où il en est fait mention, c’est au ch. 19. 6. Certes, Dieu peut, s’Il le veut, produire encore un tel don, de façon ponctuelle, afin de répondre à un besoin particulier. Mais ce don, que les églises charismatiques prétendent pratiquer encore, n’est qu’une manifestation charnelle, sans aucune nécessité spirituelle. Si ce don des langues a été donné par Dieu, au début des Actes, c’est parce que les nombreux Juifs, venus à Jérusalem pour la Pentecôte, de toutes les nations où ils étaient dispersés, ne parlaient plus l’hébreu. Il fallait qu’ils comprennent, selon la volonté de Dieu, la prédication des apôtres. Ce jour-là, trois mille d’entre eux se sont convertis (Act. 2. 41) ! Peu d’années plus tard, ce don des langues a été interrompu. Paul, quant à lui, a été « ravi dans le paradis où il a entendu des choses ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer » (2 Cor. 12. 1 à 4).
Quant à la connaissance, elle ne sera complète que lorsque nous serons dans le ciel, avec le Seigneur. Sur la terre, nous sommes limités, comme le sont les enfants quant à leur connaissance des choses de la vie. Au ciel, « nous connaîtrons à fond, comme aussi nous avons été connus » (v. 12).
Mais, la connaissance sans l’amour, n’est rien.
La fin du chapitre met en relief le contraste entre notre état actuel (comparé à l’enfant), et ce que nous serons, dans le ciel, où « nous verrons face à face » (v. 12), étant alors dans la pleine lumière divine, contrairement au temps de la terre, où nous apprenons peu à peu à connaître la Parole. Malgré tout, notre connaissance reste partielle.
Mais le Seigneur nous encourage : « Sondez les Écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi ». Les v. 9 et suivants se rapportent au v. 8. Destinés aux Corinthiens qui se glorifiaient de leurs connaissances, ils nous concernent également. Tout le savoir que nous sommes capables d’acquérir, sur la terre, en rapport avec la Parole, n’est rien comparé à l’omniscience de Dieu – ni même avec notre compréhension des choses divines, lorsque nous serons au ciel (ch. 8. 1 et 2). Sur la terre, en relation avec notre état spirituel, la Parole distingue trois niveaux. Ceux que la Parole appelle « enfants », jouissant seulement du pardon des péchés, ceux qu’elle reconnaît comme des « pères », et qui connaissent « Celui qui est dès le commencement ». Enfin, ceux qu’elle qualifie des « jeunes gens », qui ont « vaincu le méchant » (1 Jean 2. 12 à 14). Cependant, dans notre chapitre, tous les croyants sont comparés à des enfants, quant à la connaissance, car « nous voyons au travers d’un verre, obscurément », notre vision étant obscurcie par notre état moral, contrairement à la vision de Dieu, qui est pure. Cherchons à « grandir » spirituellement, sans nous décourager. La Parole est notre nourriture dans le chemin terrestre. Ici-bas, nous devons tendre, avec efforts, pour atteindre « l’état d’hommes faits ». Nous n’y parviendrons qu’au ciel, où nous verrons le Seigneur « comme Il est » (cf. 1 Jean 3. 2). Nous contemplerons Sa gloire comme Fils de l’homme, et nous en serons revêtus (Jean 17. 22 à 24). Dieu seul connaît notre cœur (2 Chron. 6. 30). Lorsque nous serons au ciel, notre cœur, alors, sera pur, et nous verrons sans ombre, à notre tour, l’amour du Seigneur qui nous occupera dans l’éternité. L’amour de Golgotha nous sera révélé dans toute sa gloire ! Ici-bas, la foi nous tire en avant dans la vie chrétienne. L’espérance nous fait attendre la réalisation des promesses de Dieu : notre enlèvement au ciel à la venue du Seigneur, pour nous introduire dans la maison du Père. Enfin, l’amour du Seigneur, dont nous jouissons, nous soutient et nous permet d’aimer nos frères, avec « l’amour de Dieu qui est versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5).
Au ciel, la foi et l’espérance disparaîtront, car nous posséderons ce qui nous est promis : « une espérance qu’on voit n’est plus une espérance » (Rom. 8. 24). Dans le monde, une espérance est un désir qu’on aimerait voir se réaliser, mais dont on n’est pas sûr. La foi chrétienne, qui est « l’assurance des choses que l’on espère », « attend » l’obtention de ce qui est promis . L’amour, lui, demeure éternellement. « C’est pourquoi… nous nous appliquons avec ardeur à lui être agréables ; car il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ » (2 Cor. 5. 9 et 10). Cette perspective est sanctifiante dans notre vie pratique. Mais la plénitude de la grâce envers nous nous sera révélée, et nous serons « d’accord » avec notre Seigneur. « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 8. 39). L’amour est la nature même de Dieu.
Ch. 14
Selon 2 Timothée 1. 7, le ch. 12 concerne la doctrine des dons s’exerçant dans l’Assemblée : on y trouve « l’Esprit de puissance ».
Le ch. 13 introduit « l’Esprit d’amour » sans lequel les dons seraient stériles.
Le ch. 14 indique la manière convenable d’exercer les dons, au profit de tous, par « l’Esprit de conseil », de sobre bon sens. Notre chapitre se divise en deux parties : les v. 1 à 25, parlent de l’exercice des dons pour « l’édification, l’exhortation et la consolation ». Les v. 26 à 40, donnent l’ordre voulu de Dieu dans l’assemblée, car « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (v. 33). Poursuivons l’amour, et désirons « avec ardeur de prophétiser » (v. 1 ; ch. 12. 31 ; 1 Tim. 3. 1), pour l’utilité. C’est un saint désir, s’il débouche sur la recherche du bien pour tous. Le prophète, dans l’assemblée, n’annonce plus des choses nouvelles, car la Parole est complète ; mais il applique les vérités et touche les cœurs au bon moment. Le « docteur » explique la Parole et la fait comprendre spirituellement.
La fin du ch. 13 met l’accent sur ce qu’il y a de plus grand, dans la vie chrétienne et dans l’Assemblée : l’amour. Sans l’amour, l’exercice des dons les meilleurs n’a pas l’impact souhaitable sur les âmes. Le ch. 14. 1, en tire les conséquences : « Poursuivez l’amour, et désirez avec ardeur les dons spirituels, mais surtout de prophétiser ». Nos relations, comme les dons en activité, doivent être empreints d’amour. Lorsque les Corinthiens parlaient en langues dans l’assemblée, ils ne manifestaient pas d’amour pour leurs frères, car nul ne les comprenaient ! Un ministère exercé dans l’amour a toute son utilité. La prophétie est mise en contraste avec le don de langues ou de guérison, en ce que le premier est donné pour les croyants, alors que le second est suscité pour les incrédules (v. 22). Bien qu’à notre époque il n’y ait plus ce don de langues, il est important que l’exercice de tous les dons (de prophète, ou de docteur), se fasse de façon à se faire comprendre clairement, dans le seul but d’édifier l’assemblée (v. 12). Par opposition avec la prophétie, le don des langues, s’il n’y avait pas d’interprète, n’apportait aucune édification, mais de la confusion, et était inutile.
Le v. 4 montre que celui qui parlait en langues sans qu’il y ait d’interprète, s’édifiait lui-même. Sans doute, savait-il, seul, ce qu’il voulait dire, conduit par l’Esprit, mais il était sans fruit pour l’assemblée. Dieu veut l’édification des Siens, d’où l’importance du don de prophète conduit par l’Esprit Saint. Cela doit être notre désir ardent (v. 2), afin qu’il y ait de l’édification pour tous. Plusieurs versets, dans ce chapitre, mettent l’accent sur cette nécessité (v. 3, 5, 12, 19 et 26).
Le don de prophète se caractérise par trois effets complémentaires : « l’édification, et l’exhortation, et la consolation » (v. 3), et même la répréhension, et s’adresse au cœur et à la conscience ; tandis que le docteur explique la Parole, et fait comprendre le sens profond de la pensée de Dieu. Le Seigneur est le seul « fondement » sur lequel nous devons édifier l’assemblée (ch. 3. 11). Nous devons apporter de bons matériaux : « de l’or, de l’argent, des pierres précieuses », toutes choses émanant directement de l’action du Saint Esprit. Le « bois, le foin, le chaume », produits par des pensées humaines, seront brûlés au feu du jugement, au tribunal de Christ. Prions afin que nous soyons attentifs et soigneux, pour apporter ce qui vient du Seigneur. Un enfant de Dieu est un canal qu’utilise le Saint Esprit ; mais ce « canal » ne doit pas être obstrué par les pensées de la chair.
Paul s’appliquait à donner ce qui était bon pour l’édification de l’assemblée ; et il exhorte les croyants à rechercher la même chose, ajoutant que « celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues » (v. 5). Certes, il n’est pas question de grandeur personnelle, mais de grandeur spirituelle des dons exercés devant Dieu, dans la fidélité et l’humilité.
Ce n’était pas pour le bien des frères si les Corinthiens parlaient en langues, mais pour se faire valoir aux yeux de tous. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu ? » Devant l’ampleur du mal, Paul prend l’exemple d’instruments de musique qui rendraient des sons confus : impossible de reconnaître ce qui est joué. De même, si l’on ne distingue pas le sens de l’appel de la trompette, « qui se préparera pour le combat ? » (v. 8) Elle est inutile en pareil cas. Puis, il les exhorte à parler l’un après l’autre, et deux ou trois tout au plus, si toutefois, il y a un interprète ; sinon, cela ne sert à rien, bien que cela fût un don de l’Esprit, mais que l’apôtre s’efforçait de canaliser pour l’utilité. Ces dons-signes avaient pour but de révéler la puissance de Christ accompagnant la prédication de l’évangile par les apôtres (ch. 13. 8 ; Marc 16. 19 et 20). Dieu peut toujours susciter de tels dons, dans un cas particulier. Mais Il donne souvent la facilité d’apprendre la langue du pays, à ses missionnaires qu’Il envoie.
Dans des milieux chrétiens, on prône le parler en langues, appuyant la réalité du salut sur cette manifestation-là ! Beaucoup de croyants en ont souffert. Mais ces choses ne sont pas selon la Parole. Un frère qui prie ou qui prend la parole dans l’assemblée doit être compréhensible pour tous. Au v. 19, Paul remet les choses à leur vraie place. De même, dans un pays étranger, il n’est pas sage de prendre la parole, s’il n’y a pas d’interprète.
Le désir des Corinthiens, de posséder des dons de grâce, était louable, et l’apôtre les y encourage. Cependant, il y met cette condition : que ce soit pour l’édification de l’assemblée (v. 3, 12 et 26). C’est le seul motif approuvé de Dieu et justifiant pleinement l’exercice des dons dans l’assemblée. Chaque frère doit sonder son propre cœur, afin de discerner ses vrais motifs. Édifier l’assemblée signifie participer à sa construction spirituelle. Parler dans une langue que personne ne comprenait restait donc stérile (v. 8 et 9), s’il n’y avait pas d’interprète (v. 28). Quoique en faiblesse, dans l’exercice des dons, ayons à cœur d’être utiles à l’assemblée, en tenant compte du niveau spirituel de celle-ci, mais en apportant quelque chose d’un peu plus élevé, afin d’aider à progresser. Cela vaut aussi dans notre étude personnelle de la Parole.
Philippe a commencé par « servir aux tables », puis est devenu évangéliste (Act. 6. 1 à 6 ; 21. 8). Étienne, également, a servi aux tables, et, quel témoignage a-t-il eu comme martyr (cf. Act. 6. 8 à 60) ! La vie de Paul donnait un poids moral exceptionnel à son enseignement (Phil. 4. 9). Dans ses nombreux voyages, placé devant des publics différents, il savait adapter son enseignement à chacun d’eux, en restant fidèle à la Parole, qui demeure la même pour tous. De même, il est indispensable que l’enseignement, dans l’assemblée, soit adapté à son état, le Saint Esprit seul nous le fait discerner.
Paul avait à cœur d’affermir et de consoler ceux qu’il avait évangélisés (Rom. 1. 11 et 12). Un don de grâce doit être employé « les uns pour les autres » (1 Pier. 4. 10 et 11), « en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service » c’est-à-dire : pour être utile à la formation du serviteur (Éph. 4. 12).
Nulle part la Parole n’émet la pensée qu’un frère ou une sœur ne recevrait aucun don de grâce. Nous avons tous reçu un don spirituel que nous sommes responsables d’exercer pour le bien de tous, même si les sœurs ne peuvent le faire valoir durant les réunions. Servir l’assemblée, c’est servir le Seigneur, non seulement durant les réunions, mais en tout temps. Timothée, bien qu’il n’ait pas reçu le don spécial, devait « faire l’œuvre d’un évangéliste » (2 Tim. 4. 5).
Il nous faut être fidèle dans les « petites choses », et le Seigneur nous en confiera de plus importantes (Luc 16. 10). Parler « en langues » devait donc se faire « avec l’esprit » mais aussi avec « l’intelligence » (v. 14 à 16). Quelque don que l’on exerce, il doit se réaliser par notre esprit formé et dirigé par le Saint Esprit, mais « les esprits des prophètes sont assujettis aux prophètes. Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre mais de paix, comme dans toutes les assemblées des saints » (v. 32 et 33). Notre esprit doit contrôler, en permanence, si ce que nous disons provient bien du Saint Esprit, et nous devons rester compréhensibles pour tous. Nul ne peut dire, après avoir parlé : « je n’ai pas pu m’en empêcher ! »
Un simple cantique spirituel, indiqué au début d’une réunion, est primordial, car si nous sommes à l’écoute de l’Esprit Saint, Il nous indiquera le bon cantique qui introduira la pensée que Dieu veut placer devant nous, concernant Son Fils. L’intelligence nous conduit, même dans la manière de chanter (Ps. 47. 6 ; 1 Chron. 15. 20 à 22). Cantiques, lecture de la Parole, prières ou actions de grâces doivent être dirigés par l’Esprit, mais chacun doit contrôler ses propres interventions.
Un silence fervent fait partie de l’adoration. L’action spirituelle, dans une réunion, n’a rien de miraculeux, mais doit provenir d’une ferme conviction que la pensée qui est formée dans notre esprit est utile à ce moment-là. Moment solennel, dans la présence de Dieu, devant lequel nous avons « la liberté d’un fils devant son Père, mais aussi, le saint tremblement d’un mortel devant Dieu ». Notre liberté doit rester sous notre propre contrôle. Dans une réunion de prières, tous les frères connaissant les nombreux besoins dans l’assemblée, devraient être entendus, et s’exprimer avec simplicité. Et les « Amen », affirmant l’approbation de l’assemblée, seraient plus encourageants, s’ils étaient prononcés bien distinctement par les frères et les sœurs.
Parmi les dons que l’apôtre exerçait, il usait de celui des langues à bon escient, pour annoncer l’évangile aux nombreux peuples qu’il avait visités. Le grec, langue internationale de son époque, n’était pas forcément compris par les populations auxquelles il s’adressait. Au contraire de Paul, les Corinthiens en usaient de façon désordonnée. Un don exercé pour les croyants, non édifiant, n’a pas sa place. « Dans l’assemblée, j’aime mieux prononcer cinq paroles avec mon intelligence, afin que j’instruise aussi les autres, que dix mille paroles en langue » (v. 19), dit Paul, voulant être compris par tous. Cette disposition, pour nous, est selon la volonté de Dieu. Paul dit aux Corinthiens qu’il parlait en langues plus qu’eux tous, mais lui n’en usait qu’en cas de nécessité absolue, leur ôtant toute occasion de jalousie. Il s’efforçait, simplement, de canaliser l’abus que les Corinthiens en faisaient.
Nous devons toujours, conduits par l’Esprit Saint, présenter la Parole de façon compréhensible pour tous. L’édification est à ce prix. Mieux vaut une réunion courte qui édifie, qu’une longue intervention qui n’apporte rien. Les Corinthiens ne « manquaient d’aucun don de grâce » (ch. 1. 7), mais ils gâtaient tout par l’usage désordonné qu’ils en faisaient, car ils étaient « enflés d’orgueil » (ch. 5. 1). Tout, dans l’assemblée, doit se faire en vue de l’édification. Rien de l’homme ne doit transparaître (v. 26).
Parler ou se taire doit être accompli sous la seule direction de l’Esprit, sans lequel nous ne pourrions pas apporter « de l’or, de l’argent, des pierres précieuses », mais « du bois, du foin, du chaume » (ch. 3. 12 à 15).
Au sujet des dons exercés dans l’assemblée même, l’apôtre n’en a pas fini avec ses exhortations, qui sont aussi pour nous. Quant à notre entendement spirituel, il veut que nous soyons « des hommes faits », non « des petits enfants » comme les Corinthiens, qui « jouaient » avec les dons de l’Esprit ! Quant au mal, au contraire, nous devons être simples, c’est-à-dire, nous éloigner du mal, en toute simplicité, afin de nous attacher au bien, sans raisonnement (Rom. 16. 19). Nous avons besoin de progresser dans la connaissance de la grâce de Dieu dont nous sommes les objets, et dans la compréhension de la Parole. Dieu nous destine tous à être des « hommes faits », ce que nous serons en perfection dans le ciel (Éph. 4. 12 et 13). Mais c’est le but que Dieu place devant chacun de Ses enfants, dès ici-bas, malgré notre vieille nature qui s’y oppose : c’est le témoignage qu’Il a placé entre nos mains.
Nos « entendements », c’est la faculté qui nous permet de discerner la pensée de Dieu. Au contraire, le monde a son « entendement obscurci » (cf. Éph. 4. 17 et 18) ; et Paul, s’adressant aux croyants, dit, dans le Seigneur : « que vous ne marchiez plus comme le reste des nations marche » (v. 17). Juste après « vos entendements », l’apôtre parle de la « malice ». Elle nous est naturelle, mais il faut la « rejeter » (1 Pier. 2. 1 et 2). Demandons au Seigneur qu’Il nous donne la force morale de le faire. Quant à « l’entendement », les chrétiens hébreux étaient devenus « paresseux à écouter » : Paul ne pouvait leur donner que du « lait » pour seule nourriture spirituelle, car ils étaient comme de petits enfants qui ne peuvent pas supporter la nourriture solide (Héb. 5. 12).
« Il est écrit dans la loi », dit Paul au v. 21, en citant Ésaïe 28. 11 et 12. Comme le Seigneur, en Luc 24. 44 le démontre, « la loi » désigne, d’une manière générale, tout l’Ancien Testament. Paul cite ces versets d’Ésaïe, en relation avec notre paragraphe, montrant la réalisation de cette prophétie, en ce que les Juifs, en Actes 2, avaient entendu l’évangile « en d’autres langues », et l’avaient rejeté. Le don des langues était donc « donné non à ceux qui croient, mais aux incrédules » (v. 22). Ce qui était annoncé pour les Juifs, en Ésaïe, avait une projection prophétique pour l’ère chrétienne. Paul ne diminue en rien le don des langues, mais il montre que ce don n’a été donné que pour un temps limité. Dans l’assemblée, nous avons besoin de prophètes. L’exercice des langues au milieu des croyants, sans nécessité, ferait dire à un incrédule présent que nous sommes « fous » (v. 23). La prophétie exercée avec ordre, est pour l’édification des croyants (v. 30 et 31). Et, un incrédule l’entendant, se prosternerait, dans le sentiment que Dieu est là au milieu de nous (v. 24 et 25).
Au ch. 2 des Actes, les apôtres, dans la puissance de l’Esprit Saint, avaient parlé dans les langues de tous les Juifs nés dans les pays d’alentour, annonçant les merveilles de Dieu, et avaient été compris de tous. « La multitude s’assembla, et fut confondue… et ils étaient tous hors d’eux-mêmes » (v. 6 et 7). Mais aussitôt, le diable intervient et cherche à détruire l’effet béni de cette action puissante de l’Esprit, en suggérant que les apôtres étaient ivres (v. 13). Du v. 23 à 25 de notre chapitre, Paul met l’accent sur la nécessité de l’édification qu’il doit y avoir, dans l’assemblée. Les Corinthiens qui parlaient en langues, tous à la fois et de façon incompréhensible, seraient passés pour fous, si un incrédule était entré à ce moment-là. Si, au contraire, ils avaient tous prophétisé, le même incrédule aurait été convaincu par tous, jugé par tous, les secrets de son cœur étant rendus manifestes ; et ainsi, tombant sur sa face, il aurait rendu hommage à Dieu, publiant que Dieu était véritablement au milieu des Corinthiens.
Si quelqu’un parlait en langues, il devait y avoir un interprète, sinon, le silence était requis dans l’assemblée (v. 27 et 28), afin de garder un bon témoignage.
Du temps des Corinthiens, l’Assemblée de Dieu, sur la terre, n’était pas encore divisée, comme elle l’est aujourd’hui. Tous les croyants pouvaient se réunir « ensemble » (en un même lieu), et représentaient l’Assemblée de Dieu, à Corinthe.
Malgré la situation humiliante qui découle de la division, nous avons le privilège d’apprécier les réunions autour du Seigneur, reconnaissant Sa seule autorité.
Sous la direction de l’Esprit, les « docteurs » enseignent la Parole et la font comprendre.
Les « prophètes » s’en servent pour toucher les cœurs et les consciences des saints ; et un incrédule qui entrerait, pourrait être touché et convaincu que Dieu est là ! Et il y aurait de la gloire pour Lui. Dans nos réunions, lorsque l’Esprit est libre d’agir, il y a de la gloire pour Dieu, et de la bénédiction pour nous. Même les incrédules, convaincus dans leur conscience que Dieu est parmi les croyants, et que ceux-ci font le bien, alors qu’ils sont accusés de faire le mal, peuvent Lui rendre gloire (1 Pier. 2. 12). Et Dieu peut accepter la louange de ceux qui, d’abord incrédules, sont touchés dans leur conscience par la conviction de Sa présence parmi les croyants. C’est un premier pas vers la conversion.
Si le Seigneur n’a jamais accepté l’hommage des démons, il n’en est pas moins vrai que « tout genou » devra se ployer devant le Seigneur de gloire (Phil. 2. 10). Dans le livre de Jonas, les marins des nations ont rendu grâces à Dieu (Jonas 1. 16). Le Seigneur ne se fie pas à ceux qui prétendent Le suivre, mais dont le cœur n’est pas engagé avec Lui (Jean 2. 23 à 25) ; cependant Il apprécie la sincérité d’un cœur qui lui rend hommage. L’exemple de Nébucadnetsar, d’abord châtié par Dieu, pour son orgueil incrédule, revenu à la raison après une période d’épreuve dégradante, a fini par rendre gloire à Dieu, acceptant Sa domination.
En Luc 23. 47, le centurion rend gloire à Dieu, convaincu que le Seigneur qui venait d’expirer, après avoir remis Son esprit à haute voix entre les mains du Père, déclare : « en vérité, cet homme était juste ». Dans le millénium, même les nations viendront à Jérusalem pour rendre gloire à Dieu (Zach. 8. 21 à 23).
Nous réalisons la présence du Seigneur, lors de nos réunions, dans la mesure où nous sommes vraiment réunis « à Son nom », sous Son autorité, dans l’obéissance à Sa Parole.
Les Juifs, autrefois répétaient : « C’est ici le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel », mais l’Éternel n’y était plus.
Dans la conscience que le Seigneur est parmi nous, le frère qui parle à l’assemblée, doit le faire « comme oracle de Dieu » : c’est Sa pensée qui doit s’exprimer, et non celle du frère. Par contre, lorsque l’assemblée est en prière ou dans l’adoration, c’est la pensée de l’assemblée tout entière qui doit s’exprimer, par la bouche du frère qui prend la parole. Nous pouvons attrister le Saint Esprit en exprimant ce qu’Il n’a pas donné, ou en n’exprimant pas ce qu’Il veut donner. « Chacun de vous » (v. 26), montre que tous, nous sommes appelés à apporter quelque chose, sous la direction de l’Esprit.
Même les jeunes frères doivent y être attentifs : « cinq paroles », selon les capacités, prononcées au bon moment, peuvent ouvrir la voie aux autres, pour aller plus loin. Un silence obstiné n’est pas selon Dieu.
Dieu avait discerné « avoir « un grand peuple » à Corinthe (Act. 18. 10), et avait fait aux Corinthiens la grâce particulière de ne manquer « d’aucun don de grâce » (1 Cor. 1. 7). Et il semble que tous les frères avaient quelque chose à apporter ; mais ils le faisaient dans un grand désordre qui déshonorait Dieu, parlant en langues ou prophétisant tous à la fois, sans souci d’être compris. Paul pose donc des limites quant au nombre des actions, obligeant les frères à intervenir « chacun à son tour » (v. 27), et de manière à édifier l’assemblée, et à être compris de tous ; ce qui n’était pas le cas à Corinthe (v. 8).
Les dons que Dieu nous accorde sont un pur effet de Sa grâce, et cela doit nous tenir dans l’humilité. N’en faisons pas un mauvais usage. Dès que l’orgueil se manifeste, le désordre s’installe. Agissons donc de manière à « ne pas avoir une haute opinion de nous-mêmes… mais selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun » (Rom. 12. 3). L’attitude des Corinthiens était contraire à la pensée du Seigneur, et faisait fi de la crainte qui Lui est due. Paul n’interdit pas l’usage des langues, mais tout devait se faire de manière à être compris de tous. En Néhémie 8. 4 à 8, Esdras lisait « distinctement » la loi aux oreilles du peuple ; les lévites la faisaient clairement comprendre, et chacun était attentif. Nous avons, maintenant, la Parole complète, et seule la direction de l’Esprit nous la rend intelligible, si elle nous est présentée clairement, pour l’édification, avec bienséance, avec ordre, avec amour (v. 26, 33 et 40).
Prendre de l’action dans l’assemblée doit se faire avec mesure et avec ordre, dans l’amour et au nom du Seigneur (ch. 16. 14 ; Col. 3. 17).
L’interprétation des langues était donnée par l’Esprit de Dieu, qui doit diriger tout ce qui se fait dans l’assemblée. Et, s’il n’y avait pas d’interprète, c’était un signe clair que Dieu ne permettait pas qu’on parlât en langues. Dieu ne donne jamais un ordre sans donner aussi les moyens d’y obéir.
Au v. 39, Paul encourage les Corinthiens – nous-mêmes – à rechercher le don précieux de prophétie, par lequel le Seigneur nous encourage, nous exhorte ou nous reprend. Mais, là aussi, « deux ou trois, et que les autres jugent » (v. 29), et sous le contrôle de notre esprit (v. 32) : personne ne peut dire : j’ai été poussé par le Saint Esprit, et je n’ai pas pu me maîtriser. Seuls, les prophètes de l’Ancien Testament, étaient poussés par l’Esprit, et ne pouvaient s’y dérober (2 Pier. 1. 21 ; Jér. 20. 7 à 9). Il n’en est plus ainsi, aujourd’hui, et nous sommes responsables de nos actions dans l’assemblée. Ceux qui écoutent doivent juger, avec la Parole, si ce qui est présenté est conforme aux Écritures (v. 29 ; Act. 17. 11). Jean 4. 1 nous exhorte à « discerner les esprits ». Au contraire d’un abus d’action dans l’assemblée, aucun frère ne doit rester toujours passif. On peut attrister le Saint Esprit en « donnant » ce qu’Il n’a pas donné ; mais aussi, en ne donnant pas ce qu’Il veut donner pour le bien de l’assemblée.
Bien que nous ne devrions pas avoir un esprit critique envers les frères, en particulier sur la manière dont les choses sont présentées (chacun a son vocabulaire et sa tournure d’esprit), nous devons, cependant, veiller à ce que ce qui est présenté soit selon les Écritures. Une erreur peut se glisser par inadvertance, mais n’est grave que dans la mesure où elle serait répétée par la suite, plusieurs fois par le même frère. Alors, il faudrait le lui dire pour le bien de tous.
Lorsque plusieurs frères sont susceptibles de prendre la parole, il convient de laisser du temps aux autres, et de ne pas prendre toute la place : « N’éteignez pas l’Esprit » (1 Thess. 5. 18 à 21).
Au temps de Paul, la Parole n’était pas encore complète, et un frère pouvait encore avoir une « révélation » (v. 30). Il n’en est plus ainsi pour nous. Nous pouvons, pourtant, lorsque nous présentons la Parole, avoir, à un certain moment, cette conviction qu’il est temps de nous arrêter, afin de laisser la place à un autre. Souvent, lorsqu’un autre frère parle, en reprenant le même sujet, il y a une heureuse complémentarité.
Un frère de passage peut, ou non, avoir un message à donner de la part du Seigneur. Quoi qu’il en soit, nous devons lui en laisser le temps. Le danger, ce serait que nous ne soyons pas conduits par l’Esprit pour nous lever, et de donner, dès lors, ce que le Seigneur n’a pas donné. En toutes circonstances, recherchons la pensée de l’Esprit qui, seul, peut et veut nous conduire dans la pensée du Seigneur.
Les v. 32 et 33 sont en contraste avec l’action de l’Esprit de Dieu qui, dans l’Ancien Testament, survenait sur un homme, et le contraignait à délivrer le message que Dieu lui confiait. C’était, pour lui, une obligation absolue, parfois très lourde à assumer. Il arrivait que Dieu oblige certains hommes du peuple à prophétiser, malgré eux (Balaam le devin, Saül le roi profane).
Dans le Nouveau Testament, les prophètes ont cette liberté de contrôler le message que Dieu leur confie. « Ayant cru, nous sommes scellés du Saint Esprit de la promesse », dont l’activité est de « prendre de ce qui est à Christ, et de nous le communiquer » (Jean 16. 12 et 13). Il agit, dans le chrétien, comme un fleuve tranquille.
Les Corinthiens se conduisaient de façon anarchique ; Paul doit leur rappeler que « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix ». Recherchons la paix, dans l’assemblée, dans notre comportement et dans nos paroles, afin d’éviter les contestations (1 Cor. 11. 16), dans l’assemblée locale, et dans toute l’Assemblée de Dieu, corps de Christ : que tout se fasse sans précipitation et sans tumulte. Dieu est un Dieu de paix, et nous sommes appelés à « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 1 à 3). La paix divine, inaltérable, nous est donnée, dans nos cœurs et au milieu de nous, dans la mesure où nous laissons le Saint Esprit nous conduire en toutes choses : c’est « l’unité de l’Esprit » qui nous garde du désordre. Ayons davantage conscience de la présence du Seigneur, lors de nos réunions, et de ce qu’Il est le directeur de tout ce qui s’y passe. Là où Il est, il y a la liberté, certes, mais aussi la crainte. Si nous sommes ainsi conduits, « le fruit de l’Esprit », (dont la paix), sera produit.
En contraste avec les fruits de la chair, toujours prête à se manifester, le fruit de l’Esprit est formé de « grains exquis » (Gal. 5. 22). C’est en nous laissant conduire par l’Esprit, avec humilité (Mat. 11. 29), que nous serons édifiés et fortifiés. Le v. 34 s’adresse aux sœurs, et leur enjoint de se taire dans les réunions. Il semble que les sœurs, à Corinthe, participaient au désordre, en prenant la parole pour enseigner. L’apôtre les rappelle à l’ordre établi de Dieu, dès le commencement. Adam a été créé le premier et « Ève, ayant été trompée est tombée dans la transgression » (1 Tim. 2. 13 et 14). De plus, Adam et Ève sont une image symbolique de Christ et de Son Épouse, l’Assemblée (Éph. 5. 32).
Or, ce n’est pas l’Assemblée qui enseigne le Seigneur, mais le Seigneur qui enseigne l’Assemblée. Les sœurs peuvent enseigner dans des réunions entre femmes, ou avec des enfants, mais pas dans les réunions d’assemblée. Dans la chrétienté, cette pensée de Dieu a largement été remplacée par des pensées humaines. Quant à l’égalité des frères et des sœurs, aux yeux de Dieu, elle est exprimée en Galates 3. 27 et 28. Mais sa réalisation prendra corps dans l’avenir, où « il n’y a ni Juif, ni Grec… ni esclave ni homme libre… ni mâle ni femelle ; car vous tous vous êtes un dans le christ Jésus ». Mais pour le temps de la terre, il y a un ordre, établi de Dieu, qu’il faut respecter, contrairement au monde qui revendique l’égalité entre hommes et femmes.
Il n’est pas selon Dieu, non plus, que l’homme cherche, par orgueil, à dominer la femme. Une sœur qui veut apprendre quelque chose, doit interroger son mari chez elle (v. 35). Et celle qui n’a pas de mari, peut interroger un frère, en privé.
La responsabilité des frères est absolument sérieuse : ils doivent se laisser conduire par l’Esprit, lorsqu’ils enseignent, et dans toutes leurs interventions. Chacun, alors, doit contrôler, avec la Parole, et s’assurer que ce qui est présenté est selon la pensée de Dieu. Conduits par l’Esprit, les Corinthiens pouvaient reconnaître que ce que Paul leur écrivait, était « l’enseignement du Seigneur » (v. 37). Paul était plein de douceur pour eux, mais, par l’Esprit, il savait aussi se montrer incisif, quand il le fallait. Il fustige leur orgueil, eux qui étaient richement pourvus de dons de l’Esprit, en leur rappelant que la Parole ne procédait pas d’eux, et qu’elle n’était pas parvenue qu’à eux seuls (v. 36) !
Laissant l’Esprit agir, nous devons chercher à connaître et à comprendre toujours mieux la Parole, qui possède une grande richesse. Et Dieu veut que nous croissions tous, spirituellement, jusqu’à « l’état d’hommes faits » (Éph. 4. 11 à 13).
Les v. 39 et 40 sont la conclusion du chapitre. Tout doit être fait « avec bienséance et avec ordre ». Les contestations viennent de « l’esprit d’erreur » (1 Jean 4. 6).
Les jeunes frères peuvent apporter, selon leur mesure spirituelle, et contribuer à l’édification de tous. À Timothée, Paul écrit : « Que personne ne méprise ta jeunesse » (1 Tim. 4. 12). Tout serviteur commence « petit », et reçoit ensuite un service plus grand. Philippe a commencé par « servir aux tables », puis est devenu évangéliste (Act. 6. 1 à 6 ; 21. 8). Étienne, également, a servi aux tables, et, quel témoignage a-t-il eu comme martyr (cf. Act. 6. 8 à 60) ! La vie de Paul donnait, à son enseignement, un poids moral exceptionnel (Phil. 4. 9). Dans ses nombreux voyages, placé devant des publics différents, il savait adapter son enseignement à chacun d’eux, en restant fidèle à la Parole qui demeure la même pour tous. De même, il est indispensable que l’enseignement, dans l’assemblée, soit adapté à son état. Seul, le Saint Esprit nous le fait discerner. Paul avait à cœur d’affermir et de consoler ceux qu’il avait évangélisés (Rom. 1. 11 et 12). Un don de grâce doit être employé « les uns pour les autres » (1 Pier. 4. 10 et 11), « en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service » signifie : pour être utile à la formation du serviteur (Éph. 4. 12).
Ch. 15
Certains Corinthiens niaient le principe même de la résurrection (v. 12). C’était, anéantir tout le plan de Dieu quant au christianisme : toute l’œuvre du Seigneur à la croix : rédemption, vie éternelle, introduction des croyants dans la présence divine, était rendue vaine, par l’impossibilité, pour Christ Lui-même, d’être ressuscité. Une simple pensée humaine peut détruire, dans le cœur, le fondement de la vérité. Paul a réservé pour la fin de l’épître, de démontrer l’erreur de cette négation.
Si Christ n’était pas ressuscité, les piliers mêmes du christianisme étaient anéantis. Dès les premiers versets, Paul rappelle les fondements de l’évangile : que « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures, et qu’Il a été enseveli, et qu’Il a été ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » (v. 3). Puis, qu’il y a eu de nombreux témoins de sa résurrection (v. 5 à 8). La mort et l’ensevelissement du Seigneur sont facilement admis ; mais la résurrection heurte l’intelligence humaine, et conduit les incrédules à la négation de cette vérité. D’autres fausses doctrines existaient : les Thessaloniciens, eux, pensaient que la venue du Seigneur avait déjà eu lieu ; et Paul leur rappelle la saine doctrine, que nous devons garder (2 Thess. 2. 1 à 12). La doctrine est comme un support, un fondement stable sur lequel toute vérité est fondée : sans cela, la vérité se dilue dans l’erreur des pensées humaines. Les premiers chrétiens « persévéraient dans la doctrine (en premier) et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (Act. 2. 42). Le Seigneur, le « fils de l’homme qui a la vie en lui-même », ne pouvait que ressusciter : Il est « le vivant ». Et, s’Il a été « mort », Il est « vivant au siècle des siècles » (Apoc. 17. 18).
Jean 10. 18 montre qu’Il avait le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre. Dieu nous a donné la vie du corps. Le Seigneur ressuscité, nous communique la vie éternelle. Dans les évangiles, le Seigneur ressuscité a pris soin de se montrer à ses disciples durant quarante jours, avant de remonter au ciel, sous leurs yeux (Act. 1. 9).
Quant à Paul, il était le seul apôtre à avoir vu le Seigneur déjà dans la gloire (cf. Act. 9. 3 et suivants). Paul rappelle aux Corinthiens ce qu’il leur avait enseigné, et qu’ils avaient reçu, l’évangile dans lequel ils étaient, et par lequel ils étaient sauvés, s’ils tenaient ferme son enseignement (v. 2). Lui-même était resté au milieu d’eux durant « un an et six mois » (cf. Act. 18. 11). Certains avaient peut-être adhéré superficiellement aux vérités du christianisme, sans que le cœur soit engagé : ils auraient « cru en vain » (Mat. 13. 20 et 21 ; Héb. 6. 4 à 6).
Mais le salut est fermement assuré à ceux qui ont cru en l’œuvre du Seigneur, et ils ont la vie éternelle ; sinon ses souffrances auraient été vaines.
Dans nos réunions, tous les assistants sont-ils convertis ? L’enseignement de l’apôtre reposait sur ce qu’il avait « reçu » (v. 3) « par révélation de Jésus Christ » (Gal. 1. 11 et 12). La mort du Seigneur, son ensevelissement et sa résurrection, indispensables afin d’assurer le salut aux croyants, étaient annoncés par les écritures de l’Ancien Testament. Dans Ésaïe 53, par exemple, dans les Psaumes etc… il y a un danger, si l’on est mal affermi dans la vérité, d’écouter ou de participer à des polémiques sur la Parole mal comprises (1 Tim. 6. 20 et 21). « Ces discours vains et profanes » conduisent « à l’opposition de la connaissance faussement ainsi nommée », et aboutissent à « s’écarter de la foi » (la vraie connaissance). Ayant toute la Parole, laissons-nous conduire par le Saint Esprit, seul capable de nous faire comprendre la pensée de Dieu, et non les raisonnements « vains et profanes », relevant des pensées humaines. La résurrection du Seigneur est attestée par les Écritures ; par Céphas ; par les douze ; par cinq cents frères à la fois ; par Jacques ; par tous les apôtres ; et enfin, par Paul lui-même (v. 5 à 8). Ces sept témoignages constituent un témoignage complet. Dans leurs prédications, les apôtres ont toujours prêché la résurrection du Seigneur sur laquelle l’évangile est fondé : ils en étaient les témoins de visu (1 Jean 1. 1 à 3). C’est sur cette vérité qu’est fondée notre foi. Sans la résurrection du Seigneur, notre foi est vaine (v. 19) ; et nos seules perspectives seraient celles des incrédules (v. 32). Christ est « les prémices » de la résurrection, gage de notre « justification » (Rom. 4. 25) ; et la promesse de notre propre résurrection (cf. Rom. 8. 11).
Conscient de ce que le Seigneur avait fait de lui, Paul, qui s’estimait être « le premier des pécheurs » (1 Tim. 1. 12 à 16), était humilié de ce qu’il avait, autrefois, persécuté l’Assemblée (Act. 8. 3 ; 9. 1), et il le confesse (cf. Act. 22. 1 à 5 ; 26. 9 à 11). Mais, il reconnaissait qu’il était un objet de la grâce de Dieu, et qu’il était un « apôtre appelé de Jésus Christ par la volonté de Dieu » (1 Cor. 1. 1). Ainsi, son service découlait de la miséricorde de Dieu envers lui (v. 10). De plus, c’est à lui que le Seigneur a révélé le grand mystère de l’Assemblée.
Notre position d’enfants et de serviteurs de Dieu est un fruit béni de Sa grâce envers nous, et nous devons tenir ferme les vérités du christianisme, ainsi que le mystère de l’Assemblée révélé à Paul. Une de ces vérités concerne la réalité de la résurrection du Seigneur, gage de notre propre résurrection future : sinon, nous avons « cru en vain » (v. 2) – notre « foi est vaine » (v. 14 et 17). Ce serait le résultat d’une fausse hypothèse. Mais la résurrection du Seigneur est attestée par de nombreux témoins (v. 6 à 8), de sorte que notre foi repose sur des certitudes.
Paul reconnaît humblement que, s’il a beaucoup travaillé pour Christ, c’est par pure grâce de Dieu, « grâce qui n’a pas été vaine » (v. 10) ; et il a pu porter beaucoup de fruits pour la gloire de Dieu. Sa grâce nous donne la vie, car Il est notre Père, et la force de faire des œuvres pour Christ. Au contraire, la loi exigeait de faire des œuvres pour vivre sur la terre. Paul, conscient de la grâce dont il était l’objet, avait « travaillé beaucoup plus qu’eux tous » ; c’est-à-dire que tous les autres apôtres et les nombreux témoins de la résurrection de Christ. Les Actes et les épîtres qu’il a écrites en attestent la réalité ; et cela s’est accompagné de beaucoup de souffrances, comme le Seigneur l’avait révélé (Act. 9. 16). Paul, objet de nombreuses persécutions, avait, en outre, travaillé de ses propres mains pour subvenir à ses besoins, tout en prêchant l’évangile.
Si nous désirons servir le Seigneur, à notre mesure, comme Paul, nous devons être appelés, formés, et envoyés par notre Maître. Mais avant tout, il nous faut être humbles, comme l’apôtre l’était ; car s’il met plusieurs fois en avant ce qu’il avait fait, c’est toujours en s’effaçant derrière le Seigneur, et il nous exhorte à l’imiter, comme lui-même imitait son Seigneur (cf. 1 Cor. 10. 33). Quant à la résurrection, donc, Paul prêchait la même chose que les autres. On peut penser que le Seigneur ne serait pas venu sur la terre pour y mourir, si la résurrection n’existait pas. Car Il déclare Lui-même : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jean 11. 25 et 26). Dans l’éternité, nous jouirons pleinement de la vie de résurrection que le Seigneur nous a donnée par Sa propre résurrection, Lui, les prémices de la nouvelle création.
Si la résurrection n’existe pas : Christ n’est pas ressuscité ; notre prédication est vaine ; votre foi est vaine ; nous sommes de faux témoins ; nous sommes encore dans nos péchés ; ceux qui sont endormis ont péri. Conclusion : « nous sommes plus misérables que tous les hommes » (v. 13, 14, 15, 17, 18 et 19). Nous serions sans espérance, n’ayant, devant nous que la terrible perspective de comparaître devant le grand trône blanc (Apoc. 20. 11 à 15) ! Dans les évangiles, contrairement à notre chapitre, les premiers témoins de la résurrection du Seigneur étaient des femmes (Jean 20. 13 à 16 ; Luc 24. 1 à 6 ; Marc 16. 9 ; Mat. 28. 1 à 9).
Sa résurrection prouve que Dieu est pleinement satisfait de l’œuvre de Christ. Le Seigneur, ressuscité, par Sa propre puissance ; par la gloire du Père ; par l’Esprit Saint (Jean 10. 18 ; Rom. 6. 4 ; 8. 11), conserve ce titre de « crucifié » (cf. Mat. 28. 5). On trouve aussi les déclarations mêmes du Seigneur, concernant Sa résurrection en Matthieu 27. 63, en Jean 2. 19. Étant Lui-même, à la fois Dieu et homme, Il avait le pouvoir de reprendre Sa vie de Lui-même, et Il dépendait du Père et de l’Esprit pour cela.
Nier le principe de la résurrection, ce serait laisser Christ dans la mort ! La rédemption, la grâce, la vie éternelle pour les croyants et l’Assemblée de Dieu, reposent sur la mort du Seigneur, Son sang versé et Sa résurrection. Les croyants morts, sont « endormis en Christ » (v. 18). On trouve cette douce pensée en Jean 11. 11 ; en 1 Corinthiens 11. 30 et en 1 Thessaloniciens 4. 13 et 14, où une pensée encore plus douce se trouve : « endormis par Jésus ».
Les v. 20 à 28 sont une parenthèse interrompant la démonstration de l’apôtre, sur les conséquences de la négation de la résurrection. Il reprend ce sujet au v. 29, où il met en lumière les ultimes conséquences d’une telle assertion : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (v. 32).
Mais les v. 20 à 28 affirment la réalité de la résurrection de Christ. Les disciples L’ont vu, L’ont touché et entendu. Il a mangé devant eux, non qu’Il en ait besoin, quant à Lui, mais les disciples, lents à croire, avaient besoin de comprendre que Son propre corps était bien ressuscité (Luc 24. 42 et 43).
Cette parenthèse développe, en peu de mots, les plans de Dieu, quant à l’homme Christ Jésus, qui doit régner mille ans, et auquel Dieu assujettira tous les ennemis, puis, à la fin du millénium, le « jugement des morts », et le dernier ennemi (la mort), jetés dans l’étang de feu (Apoc. 20. 29) – ensuite, l’état éternel, où « Dieu sera tout en tous » (v. 28).
Ces versets confirment que, sans la mort et la résurrection de Christ, aucun des plans de Dieu n’aurait pu se réaliser ! Christ est « le premier-né d’entre les morts » (Col. 1. 18), « le premier-né d’entre plusieurs frères », de ceux qui sont « préconnus » (Rom. 8. 28 et 29), ayant ainsi toute autorité sur ceux qui ressusciteront.
Deux familles humaines sont rappelées aux v. 21 et 22 : descendants d’Adam, (le premier homme qui a péché, et par qui la mort est entrée dans le monde). Nous sommes assujettis à la mort, ayant nous-mêmes péché (Rom. 5. 12). Cette « famille » est caractérisée par la mort.
Mais le v. 18, montre que la seule justice de Christ, ouvre la voie à la « justification de vie », à la portée de tous les hommes. Les croyants hériteront de la résurrection de vie. Comme la résurrection de Christ, la nôtre est définitive. Les ressuscités des évangiles ont connu de nouveau la mort. Job avait une foi clairvoyante, ayant discerné la réalité d’un rédempteur vivant, et le « dernier, debout sur la terre » (Job 19. 25). Le Seigneur dit : « Moi je suis le premier et le dernier, et le vivant ». « Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin » (Apoc. 1. 17 ; 21. 6). En Jean 11. 25, le Seigneur se révèle à Marthe, comme étant en Lui-même « la résurrection et la vie ».
Aux sadducéens incrédules quant à la résurrection, le Seigneur leur rappelle la déclaration de Dieu : « Moi, je suis le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mat. 22. 32). L’homme Christ Jésus, ayant été fait semblable à nous (à part le péché), a pu mourir. Mais la mort ne pouvait retenir dans ses liens Celui qui était le seul juste sur la terre. Il y est entré en vainqueur, ayant « goûté la mort pour tout », et Il en a triomphé. La mort, cet ennemi de Dieu et des hommes, sera « abolie » (v. 26). C’est la gloire de Dieu de vaincre tous les ennemis, définitivement, afin de pouvoir établir, à la fin du millénium, l’état éternel.
Dans ces versets, Christ est vu comme homme, chef de la famille de la foi. En tant qu’Il est Dieu Lui-même, Il a pu ressusciter par Sa propre puissance ; mais en tant qu’homme, Dieu L’a ressuscité. Prémices de la résurrection, Il communique la vie à « ceux qui sont du Christ, à sa venue » (venue pour enlever les croyants de la terre, et sa deuxième venue en gloire). Puis, « la fin », où les incrédules seront ressuscités pour le jugement, après le millénium. A Sa venue en grâce, les croyants morts de l’Ancien Testament et de l’Église seront ressuscités ensemble. Puis, les martyrs mis à mort pour avoir accepté l’évangile du royaume, prêché après l’enlèvement des croyants, et ceux qui seront mis à mort pour leur refus de prendre la marque de « la bête » (Apoc. 6. 9 à 11 ; 7. 4 à 17). Ceux-là aussi feront partie de la première résurrection, mais dans un deuxième temps, et « ils régneront avec Christ, mille ans » (cf. Apoc. 20. 6). Les derniers, dans la résurrection, les incrédules de tous temps, seront jugés. Ces deux catégories sont rappelées en Jean 5. 28. Les jugements du monde commencent au ch. 6 de l’Apocalypse, par le Fils de l’homme, méprisé et crucifié (cf. Apoc. 1. 12). Durant Son règne, on montera à Jérusalem, de toutes les nations, pour y adorer Dieu (Zach. 14. 16).
Le v. 25 affirme la nécessité, pour Christ, de régner, lorsque le temps sera venu, pour Lui, de voir Ses ennemis mis « sous ses pieds ». Celui-là même qui a été méprisé, rejeté, haï et crucifié, le Fils de l’homme (Apoc. 1. 13), doit juger et détruire les adversaires, avant de régner. Puis, durant Son règne millénaire, chaque matin, Il détruira tous les méchants du pays (Ps. 101. 8). Ce ne sera plus le temps de la grâce actuel, mais le temps de la justice inflexible de Dieu, s’exécutant en permanence.
Enfin, à l’issue du règne, les derniers ennemis seront anéantis, et tous les incrédules de tous les temps, ressuscités pour être jugés par le Fils de l’homme (Apoc. 20. 11 à 15). Adam, en Éden, devait dominer sur la terre, de la part de Dieu (Gen. 1. 26). Mais, ayant péché, il a été déchu de sa « royauté », et chassé d’Éden. Cette domination qu’il s’est montré incapable d’assumer, c’est Christ qui l’accomplira, Lui, le vrai Homme. Il régnera selon la justice et la sainteté de Dieu, en perfection. Celui qui a été mis à mort par la haine des hommes, montrera, ainsi, qu’Il est au-dessus de tout, et manifestera Sa toute-puissance et Sa gloire (Luc 24. 46). Deux fois, il est écrit : « Il faut » (v. 25 et 53). Nécessairement, ces deux impératifs de la volonté de Dieu, se réaliseront. Maintenant, « Dieu ordonne » à tous les hommes de se repentir, car Il a destiné le Seigneur Jésus à juger la terre, de quoi Il a donné une preuve certaine, en le ressuscitant d’entre les morts (Act. 17. 30 et 31). Ce verset montre que les hommes ne sont pas libres de faire selon leurs idées : Dieu ordonne. Quiconque ne se repent pas de ses péchés, est destiné à comparaître en jugement, sans appel, devant le grand trône blanc. Quant aux croyants, ils régneront avec Christ ; car, souffrant pour leur foi, comme Lui-même, lorsqu’Il était sur la terre, ils sont identifiés avec Lui, et dans Ses souffrances et dans Son règne futur (2 Tim. 2. 12).
Pour le présent, le Seigneur est « assis à la droite de Dieu » (Héb. 1. 13), attendant le moment où Il s’assiéra sur Son propre trône, et où Ses ennemis seront « sous ses pieds ». Et, « le dernier ennemi qui sera aboli, c’est la mort » (v. 26 ; Apoc. 20. 14 ; 21. 4). Le diable aussi est un ennemi que Christ a rendu impuissant (Héb. 2. 14). Ce qui a déjà eu lieu, à la mort et à la résurrection de Christ, c’est que le pouvoir de la mort a été annulé (1 Tim. 1. 10). Après le règne millénial de Christ, elle « sera engloutie en victoire » (1 Cor. 15. 54). La mort est un ennemi des hommes. Le Seigneur, Fils de Dieu, Fils de l’homme, a dû entrer dans la mort. Il avait le pouvoir de ressusciter ; mais le fait que le « Prince de la vie » ait dû « goûter la mort pour tout » L’a plongé dans de terribles souffrances morales : la mort est aussi un ennemi de Dieu.
Nous sommes encouragés par le fait que Christ est le grand vainqueur de tous les ennemis. Quant à la seconde mort, elle est une séparation éternelle des incrédules d’avec Dieu. L’âme est immortelle, et ne peut être anéantie. Les croyants de tous les temps iront au ciel pour l’éternité – et les incrédules, dans l’étang de feu, la seconde mort (Apoc. 20. 14 et 15). Le côté percé du Seigneur nous rappelle Son œuvre accomplie, Son sang versé, qui ont des conséquences se prolongeant dans l’éternité. Notre salut est la première de ces conséquences. Mais notre enlèvement de la terre, pour être toujours avec le Seigneur, les noces de l’Agneau, le jugement des méchants, le règne de Christ, l’anéantissement de la mort, l’état éternel, la gloire de Dieu et de Son Fils, sont autant d’accomplissements des plans complets de Dieu, résultats glorieux de l’œuvre du Seigneur.
Ce chapitre montre que le Seigneur Jésus est vu, ici, comme le Fils de l’homme, et non comme Dieu le Fils. Mais, c’est un Homme vainqueur, ressuscité, glorifié dans le ciel. En Genèse 3. 14 et 15, « la semence » de la femme c’est Christ. Et, s’Il a eu « le talon » brisé (sa marche sur la terre a été interrompue par la mort), Lui a brisé « la tête » du serpent (le diable). C’est un ennemi qui fait encore du mal, et il en fera encore plus, après l’enlèvement des croyants, mais il est définitivement vaincu. Christ a rendu possible Sa victoire sur tous les ennemis, par Sa mort et Sa résurrection : « Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16. 33 ; Col. 2. 15). A l’issue de Son règne, le Seigneur S’assujettira Lui-même à Dieu, afin que « Dieu soit tout en tous » (v. 27 et 28). Il nous remplira de Lui-même et de Sa gloire dans l’éternité.
Du v. 12 à 19, Paul reprend les Corinthiens, dont certains niaient la résurrection des corps. Les v. 20 à 28 confirment que « Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis ».
Mais au v. 29, l’apôtre reprend le cours de sa démonstration, de l’absurdité de nier la résurrection des morts. Si la résurrection n’existe pas, Christ n’est pas ressuscité (v. 13) : Il est donc mort pour rien ! Ainsi, tous les hommes sont voués à la destruction définitive.
Le v. 29 n’a rien de mystérieux : « ceux qui sont baptisés pour les morts » sont les nouveaux chrétiens qui, baptisés pour Christ, remplacent, sur la terre, les chrétiens déjà morts, peut-être dans le martyre. Nier la résurrection des corps, c’est renverser tout le christianisme. Dans Ses plans éternels, Dieu a préparé des choses bien plus merveilleuses encore. Le Seigneur dit, en Jean 14. 2 : « Je vais vous préparer une place… je vous prendrai auprès de moi afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi ». Cela suppose la résurrection des corps. C’est le fondement même de l’espérance chrétienne.
Être baptisé, à cette époque, exposait à la persécution et à la mort. Si les morts ne ressuscitaient pas, à quoi aurait servi de se convertir et de risquer la mort (v. 29) ? Paul en démontre l’absurdité : alors, « votre foi est vaine » (v. 17). « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (v. 32).
Dans les Actes, les apôtres ont beaucoup insisté sur cette vérité fondamentale de la résurrection. Les apôtres ont tous bravé « le péril à toute heure », en prêchant la résurrection de Christ, et Paul en particulier (2 Cor. 1. 8). Ces dangers sont toujours actuels, dans certains pays. Dans un pays d’Amérique latine, la participation à la cène suit immédiatement le baptême, car tous les liens naturels sont brisés, et on cherche à se débarrasser du nouveau croyant. Toutes ces souffrances seraient injustifiées, sans la foi en la résurrection. Paul, touché par le Seigneur ressuscité, sur le chemin de Damas, a affronté tous les périls, avec une foi inébranlable (cf. 2 Cor. 11. 22 à 28).
Nier la résurrection appartient à la folie des incrédules, ne vivant que pour les plaisirs de la terre. Le christianisme ne se réduit pas à une « sagesse » à l’usage de la terre. La destination des croyants est le ciel, et cette vérité repose sur Christ mort et ressuscité. Pour l’espérance chrétienne, Paul avait « combattu contre les bêtes (au figuré), à Éphèse » (Act. 19). Ces « bêtes » sont les incrédules du monde (2 Pier. 2. 12). Ayant comparu devant le tribunal de Néron, Paul dit : « J’ai été délivré de la gueule du lion » (2 Tim. 4. 17). La vie du chrétien est dirigée vers la gloire du ciel, mais elle est, sur la terre, un témoignage à cette gloire.
« Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (v. 33). Il s’agit de l’influence que peut avoir, sur nous, la fréquentation, soit de personnes incrédules, auprès desquelles, cependant, nous devons être des témoins de Christ, en apportant la vérité – soit de croyants ayant des doctrines erronées, et même de fausses doctrines. Dans ces cas, il est indispensable d’être soi-même très affermi dans la saine doctrine, et de rester ferme quant à la vérité, car on peut se laisser entraîner aux plaisirs de ce monde, en compagnie d’incrédules ; et cela corrompra, à coup sûr, nos « bonnes mœurs », car la chair est encore en nous (Prov. 4. 14 ; ch. 13. 20).
Mais plutôt, que nous puissions dire, avec le Ps. 119 : « Je suis le compagnon de ceux qui te craignent », en nous laissant avertir par 1 Pierre 4. 3. Demandons à Dieu qu’Il nous en donne la force, la sagesse, et que nous soyons exercés pour cela. En 1 Corinthiens 10. 27, si nous sommes conviés par un incrédule, Dieu nous demande simplement de garder notre caractère de croyants et, par notre attitude ou nos paroles, de témoigner que nous appartenons à Christ. Le Seigneur Lui-même ne s’est pas trouvé que dans le temple. Il a aussi mangé avec des pécheurs. Mais quel témoignage a-t-Il rendu là ! A la table de Simon, le pharisien, Il a pu dire : « Simon, j’ai quelque chose à te dire ». Le Seigneur dit de nous, à Son Père : Ils ne sont pas du monde comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17. 16). Mais étant encore dans ce monde, nous devons y être des témoins du Seigneur.
« Réveillez-vous pour vivre justement » (v. 34). « Nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres. Ainsi donc ne dormons pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres » (1 Thess. 5. 6).
En Matthieu 25. 5, toutes les vierges (même celles qui avaient de l’huile dans leurs lampes), s’étaient endormies. Nous sommes, nous aussi, en danger de dormir spirituellement. Le Seigneur attend que notre conduite soit la démonstration de ce que nous professons. Le relâchement de la communion avec le Seigneur, dû au sommeil spirituel des Corinthiens, produisait, parmi eux, du mal moral et doctrinal. C’est un sérieux avertissement pour nous (Éph. 5. 14) : dès lors, « le Christ luira sur toi ».
Les premiers chrétiens débordaient de zèle ; et aujourd’hui, des croyants, peu instruits des vérités, ou dans le dénuement matériel, montrent une plus grande fidélité. Nous devons conformer notre conduite à notre position, quant à la vérité. Les Corinthiens étaient « dans l’ignorance de Dieu » (v. 34). Sans doute, ne voyaient-ils pas la sainteté du caractère de Dieu ! Si nous dormons, le témoignage est très affaibli, ou même éteint. Seule, la lumière de Dieu doit luire sur nous, afin que nous reluisions « comme des luminaires dans le monde » (Phil. 2. 15). De plus, il faut tenir ferme la saine doctrine, rejetant tout ce qui n’est pas « juste », appelé « l’iniquité » en 2 Timothée 2. 19. Gardons le bon dépôt.
Tite 2. 11 à 13, nous exhorte à vivre « sobrement », quant aux joies terrestres ; « justement », dans les affaires de la vie ; et « pieusement » vis à vis de Dieu.
Paul dit aux Corinthiens : « je le dis à votre honte », montrant ainsi son amour pour eux en leur manifestant son intérêt, dans sa répréhension. Si nous aimons nos frères, nous devons les aider par nos avertissements affectueux, quand cela est nécessaire.
Au v. 35, Paul place les Corinthiens dans l’hypothèse où l’un d’eux poserait, par curiosité ou par dérision, cette double question du v. 35. L’apôtre répond à la seconde aux v. 36 à 50 ; et à la première, aux v. 51 à 58. Il est légitime de se poser des questions, pour nous instruire, et non pour satisfaire de mauvais sentiments. Les comparaisons entre les graines que l’on sème pour obtenir les plantes utiles, d’aspect différent des graines semées, sont des exemples matériels pour nous instruire de la réalité de la résurrection.
Le Seigneur Lui-même, en Jean 12. 24, se compare au grain de blé qui, s’il est semé, et meurt, produit beaucoup de fruit. Ressuscité, Il garde ce corps humain qu’Il a pris, mais glorifié par Sa résurrection. Il en sera de même pour les croyants qui sont Ses fruits. Chaque plante possède ses caractères propres, et sa semence détermine chacune d’elles (Gen. 1. 12), donnant naissance, en mourant, à une plante à l’aspect bien différent de la graine. En passant par la mort, le corps du croyant ressuscité aura un corps glorifié, semblable à celui du Seigneur (1 Jean 3. 2), portant du fruit à la gloire de Dieu : « Dieu lui donne un corps comme Il a voulu » (v. 38). Ces versets montrent que ce qui meurt, se transforme en quelque chose de tout différent. « A chacune des semences son propre corps », semble montrer que les croyants ressuscités seront, chacun, identifiable. Dans la scène de la transfiguration du Seigneur, les disciples identifient Moïse et Élie, qu’ils n’avaient jamais vus.
Le v. 40 montre la différence et la supériorité des corps ressuscités, sur les corps encore terrestres. Dans les v. 22 à 24, différentes phases de la première résurrection sont indiquées. « Ensuite la fin » : soit, la résurrection des incrédules qui ne sera pas pour la vie, mais pour le jugement et pour la seconde mort.
Par la conversion, nous avons changé de Maître : le Seigneur Jésus, le second Adam. La Parole nous enseigne que notre corps qui, déjà sur la terre est le temple du Saint Esprit, ne doit pas être méprisé : s’il est encore terrestre, il sera vivifié éternellement (Rom. 8. 11). Notre âme, notre esprit et notre corps appartiennent à Dieu. Il fallait la rédemption pour que nous, croyants, nous entrions au ciel. Dans l’hypothèse impossible où Adam n’aurait pas péché, il n’aurait pu entrer au ciel avec son corps de « chair et de sang » (v. 50). Le Seigneur ressuscité est « les prémices » des croyants qui ressusciteront lorsque le Seigneur viendra les chercher.
Dans les v. 42 à 44, Paul montre la différence entre le corps terrestre, et le corps que nous aurons dans le ciel : glorieux, puissant, incorruptible, spirituel, alors qu’il est « semé en corruption, en déshonneur, en faiblesse, corps animal » (v. 42). C’est la grâce de Dieu opérant en faveur d’Adam qui, en Éden, a désobéi à Dieu. Et la même grâce s’étend à tous les croyants.
Cette transformation des corps est rendue possible par la résurrection du Seigneur, qui est aussi la part de tous les rachetés. Dieu retrouvera leur poussière, et les croyants encore vivants à la venue du Seigneur, seront changés. « Le premier homme, Adam devint une âme vivante » (Gen. 2. 7), « le dernier Adam, un esprit vivifiant » (v. 45). Il s’agit du Seigneur qui communique la vie spirituelle, pour le ciel, alors que le premier Adam avait reçu la vie pour la terre. Et nous portons d’abord ce caractère terrestre, avant de revêtir, par la foi en Christ, le caractère céleste. Christ a la vie en Lui-même et la communique à ceux qu’Il veut (Jean 5. 21 et 22). Pierre a répondu au Seigneur : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 16) : Celui qui donne la vie.
Entre le premier Adam, et le dernier Adam, il y a toute la succession des hommes naturels qui ne peuvent plaire à Dieu. Seul, le dernier Adam Le glorifie. Le premier homme, fait de la poussière du sol, est pour la terre ; le second homme (Christ) est venu du ciel, et est remonté au ciel. S’il y a le premier homme qui n’a pas plu à Dieu, il y a le second qui, Lui, L’a glorifié, et il n’y en aura pas d’autre. Il y a donc deux lignées : celle qui descend d’Adam, pour la terre, et celle qui est du ciel à la suite de Christ. Il n’y a aucune commune mesure entre ces deux lignées d’hommes (Jean 3. 31).
La part des croyants est merveilleuse : par la puissante grâce de Dieu, nous qui L’avons déshonoré, nous porterons l’image de Christ, l’Homme céleste, car nous Lui serons rendus conformes ! Que cela nous pousse à Le suivre plus fidèlement, dans notre marche, en nous imprégnant d’avantage des choses célestes. En Jean 20. 16 et 17, le Seigneur ressuscité se montre à Marie de Magdala. Dans sa joie, elle est prête à reprendre les mêmes relations qu’avaient les disciples, tant qu’Il vivait avec eux ; Jean est vu couché dans son sein (Jean 13. 23) ; et il écrira : « ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché » (1 Jean 1. 1). Mais Marie doit comprendre que, désormais, tout est changé : le Seigneur ayant « goûté la mort pour tout », et ressuscité, dès lors, Sa place n’est plus sur la terre, mais dans le ciel pour être glorifié par le Père. Les relations ne peuvent plus être les mêmes. Désormais, le chemin dans lequel nous marchons conduit au ciel, où « nous porterons l’image du céleste » (v. 49 ; Rom. 8. 29). Ayant en nous, en puissance, la vie de résurrection de Christ, nous devons porter Ses caractères (2 Cor. 3. 18). Sauf nos corps, encore terrestres, tout en nous, spirituellement, porte déjà les caractères célestes que nous devons manifester.
Que le Seigneur nous aide à vivre comme des citoyens du ciel. « Notre bourgeoisie est dans les cieux » (cf. Phil. 3. 20), et nous attendons le salut complet, la rédemption de nos corps, tandis que nos âmes sont déjà sauvées. Le v. 50 montre que nos corps de chair, tels qu’ils sont, ne peuvent entrer au ciel. Il faut qu’ils soient glorifiés par la résurrection, incorruptibles, et rendus conformes à celui de Christ glorifié, pour entrer dans le royaume de Dieu. La Parole, très claire à ce sujet, nous donne une espérance certaine.
Par Sa naissance sur la terre, le Seigneur avait un corps semblable au nôtre. Mais Il ne devait pas, dans la mort, connaître la corruption. Ressuscité, Il possédait le même corps, visible, touchable ; et Il a mangé devant eux (Luc 24. 39 et 43). Cependant, désormais, Ses caractères célestes se manifestent : les portes fermées ne l’empêchent pas d’entrer (Jean 20. 19). Étant sans péché, Il ne pouvait être assujetti à ses conséquences. S’Il a « porté nos maladies » (Mat. 8. 17), la Parole ne dit pas qu’Il ait jamais été malade Lui-même. Venant de Dieu qui domine les lois physiques, tout est miracle : la création, la rédemption, notre réception au ciel, glorifiés avec Son Fils, à la fois Dieu et Homme, projettent un jour divin, où l’homme incrédule ne voit qu’impossibilités.
Les croyants de Thessalonique ignoraient le sort réservé aux croyants déjà morts (1 Thess. 4. 13 à 18). Les Corinthiens, eux, avaient besoin d’être instruits quant à la transformation des corps des croyants, à la résurrection. Paul les instruit à ce sujet, et nous instruit aussi.
La résurrection dont il est question, ici et dans les Thessaloniciens, s’applique à tous les saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui ressusciteront ensemble, en un clin d’œil (v. 52). La grâce de Dieu s’applique ainsi à tous les saints de tous les temps. Ceux de l’Ancien Testament ne feront pas partie de l’Église, l’Épouse de l’Agneau : ils sont les amis de l’Époux qui se réjouiront aux noces de l’Agneau. Le Seigneur nous a révélé ce mystère (v. 51), qui nous fortifie, en nous encourageant à attendre Sa venue pour nous prendre avec Lui, au ciel.
Le Nouveau Testament révèle quelques mystères ; mais bien des vérités restent mystérieuses pour nous.
Au ch. 13. 2, Paul dit, par hypothèse, que même s’il connaissait tous les mystères, mais qu’il n’ait pas l’amour, il ne serait rien. Il établit, ainsi, la suprématie de l’amour sur la connaissance. Dieu nous instruit des choses que nous pouvons comprendre.
Ressusciter nos corps en les rendant conformes à l’image de Christ glorifié, en un instant, ne sera pas plus difficile, pour Dieu, que de créer Adam. Quelle gloire, alors, pour nous !
Au v. 52, Paul s’identifiait aux croyants encore en vie, à la venue du Seigneur qu’il attendait : nous qui sommes vivants, nous attendons aussi le Seigneur, d’un instant à l’autre, et cela doit avoir des conséquences sur notre conduite.
En Matthieu 25, les dix vierges, même celles qui possédaient de l’huile dans leurs lampes, se sont endormies. Le cri : « Voici l’Époux ; sortez à sa rencontre » les réveille.
La venue du Seigneur pour enlever Son Église, a été remise en lumière, il y a à peu près deux siècles. Que l’attente de Sa venue nous tienne éveillés, occupés à « trafiquer » à son service. Quelle déception, pour Lui, s’Il venait et que nous ne L’attendions pas !
Ne pensons pas, comme les incrédules, que le Seigneur tarde à venir, (Mat. 24. 48 ; 2 Pier. 3. 3 à 9). Il attend que le Père le Lui commande, et que, dans Sa préconnaissance, la dernière âme qui doit se convertir, soit venue à Lui. Cette vérité a-t-elle perdu de sa force, pour nos cœurs, avec le temps qui a passé, depuis le 19ème siècle ? Le Seigneur dit : « Je viens bientôt » (Apoc. 22. 20), nous invitant par ce mot « bientôt », à L’attendre avec patience (cf. Apoc. 3. 10). Mais le Saint Esprit travaille en nous pour nous pousser à dire, avec Lui : « Viens » maintenant !
En attendant, préparons-nous à Sa venue pour Ses noces avec Sa chère Église (ch. 19. 7 ; 21. 2). Les croyants entendront tous le son éclatant de la « dernière trompette », « la trompette de Dieu » (1 Cor. 15. 52 ; 1 Thess. 4. 16). Ce ne sera plus l’appel pour le combat, tandis que nous sommes sur la terre, mais le signal du grand départ de tous les croyants (Nomb. 10. 1 à 5), pour être toujours avec le Seigneur. Alors, les morts – corruptibles – seront ressuscités ; et les vivants – mortels – revêtiront l’immortalité. Cela se fera « en un clin d’œil » ; le Seigneur ne nous laissera pas le temps de réfléchir, que tout sera consommé ! C’est alors, que « la mort sera engloutie en victoire » (v. 54). Elle l’est déjà, n’existant plus pour les croyants. Mais elle demeurera en vigueur pour les incrédules, jusqu’à ce qu’elle soit jetée dans l’étang de feu (Apoc. 20. 14) : « Le dernier ennemi qui sera aboli, c’est la mort » (1 Cor. 15. 26).
Elle « ne sera plus » (Apoc. 21. 4). Elle « a été annulée (2 Tim. 1. 10). Seul ce dernier verset place cet événement dans le passé, comme victoire du Seigneur sur la mort, par Sa résurrection. La mort a perdu ses « terreurs » pour les croyants : elle est, désormais, le passage vers un état meilleur.
Le Seigneur mort, « est descendu dans les parties inférieures de la terre » (Éph. 4. 9) : mis au tombeau, Il n’a pas vu la corruption (Ps. 16. 10) ; mais, ressuscité, les croyants, rachetés de la mort (Osée 13. 14), L’attendent. Les incrédules connaîtront la mort, puis le jugement (Héb. 9. 27). Sur la croix, le Seigneur a confessé à Dieu nos péchés, et a anéanti « le corps du péché » (Rom. 6. 6). Ainsi, les croyants sont pardonnés. Les incrédules, refusant la grâce de Dieu, comparaîtront devant le Juge, avec tous leurs péchés, et seront condamnés (Apoc. 20. 11 à 13).
Après avoir aboli le péché, le Seigneur est entré dans la mort, mais en vainqueur. Sa résurrection prouve que la mort a « été engloutie en victoire » (v. 54). Dieu, autrefois, avait dit : « l’âme qui aura péché, c’est celle-là qui mourra ». Mais, la mort, cet ennemi de Dieu et des hommes, a été vaincue définitivement par l’amour de Dieu, et les croyants sont désormais au bénéfice de cette victoire sur ce terrible ennemi. Nous sommes délivrés de l’étang de feu, qui est la seconde mort.
Les v. 55 et 56, comparent la mort et le péché à un scorpion dont le dard apporte la mort. La mort est intervenue à cause du péché ; et la puissance du péché, c’est la loi qui a été donnée par Dieu. La loi est bonne, parfaite, mais sa présence a rendu le « péché excessivement pécheur » (Rom. 7. 7 à 13). Depuis Adam jusqu’à la loi donnée par Moïse, le péché et la mort ont régné sur la terre (Rom. 5. 14) : la mort était la sentence qui pesait sur le pécheur. Mais dès que la loi est intervenue, le péché est devenu transgression du commandement ; désormais, la mort sévit toujours à cause du péché, mais il s’y ajoute le jugement à cause de la transgression de la loi, sur tous les incrédules refusant la grâce de Dieu. A la condition épouvantable du pécheur, s’oppose la grâce qui donne la victoire aux croyants (v. 56 et 57). La croix du Seigneur est le moyen par lequel Dieu offre le salut à quiconque croit : « nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Rom. 8. 37).
Le v. 57 montre que la victoire nous est déjà donnée : Dieu nous « donne » la victoire. La conséquence de cette victoire qui nous est donnée, c’est notre résurrection lorsque le Seigneur viendra nous chercher. « Où est ô mort, ta victoire ? » (v. 55). Tous les ennemis : le péché, la mort et Satan sont vaincus. Il en résulte cette exhortation de l’apôtre, du v. 58, à rapprocher de 2 Pierre 3. 14. Rester ferme dans notre vie pratique, car notre foi repose sur le rocher inébranlable, qui est Christ mort et ressuscité. Ayant de sûres promesses pour nous encourager, nous pouvons abonder « dans l’œuvre du Seigneur », qui aura sa récompense dans le ciel.
Le temps est court, utilisons-le pour servir le Seigneur avec les forces qu’Il donne, et chacun recevra sa propre récompense selon son travail. Une telle invitation pour les Corinthiens, dont l’état spirituel était si faible, est encourageante. Bien que leur conduite n’ait pas pu plaire à Dieu, ils étaient des « bien-aimés », et pouvaient encore être « fermes » (v. 58), selon la grâce de Dieu. L’apôtre, semblable au Seigneur, les aimait malgré leur mauvaise conduite.
Après avoir tout remis en ordre chez les Corinthiens, Paul rappelle la victoire du Seigneur sur les ennemis, et les invite à travailler pour le Seigneur, pour Sa gloire, en apportant des « matériaux » fondés sur le Seigneur. Quelqu’un a dit que, au ciel, il y aura le prix et des primes. Dans l’œuvre du Seigneur, il y a ce que le Seigneur fait, et ce qui est fait pour Lui (v. 58 ; 16. 10).
Ch. 16
La collecte est un sujet exerçant pour chacun. Dieu prend plaisir à de tels sacrifices (Héb 13. 15 et 16). La veuve de l’évangile, qui avait donné « deux pites » au trésor, avait donné, selon l’estimation du Seigneur, plus que tous les riches qui donnaient de leur superflu.
Sous la loi, les Israélites devaient donner, obligatoirement, la dîme de leurs revenus. Sous la grâce, les croyants doivent donner « selon ce qu’on a, et non selon ce qu’on n’a pas » (2 Cor. 8. 11 à 13). L’exercice est permanent : « chaque premier jour de la semaine ».
L’argent récolté sert à faire face aux besoins, pour l’œuvre du Seigneur ou la bienfaisance. Tout ce que nous avons appartient au Seigneur.
« Le premier jour de la semaine », pour les croyants, c’est le dimanche, jour du Seigneur, qui doit Lui être consacré : c’est le jour de Sa résurrection (Jean 20. 19 ; Act. 20. 7).
Pour les Juifs, le jour mis à part était le samedi (le sabbat). Dans nos calendriers, le premier jour de la semaine est le lundi. Mais les rachetés du Seigneur doivent se conformer à la Parole, et garder le dimanche, comme le premier jour. C’est une question d’amour pour Lui.
On peut rappeler que le Seigneur est apparu à Jean (Apoc. 1. 9 et 10), dans la « journée dominicale ».
Dans l’Ancien Testament, il est parlé du « huitième jour », après l’accomplissement des sacrifices de la semaine complète. C’est le premier jour, pour nous, symbole de Christ ressuscité, prémices de la nouvelle création, le Jour éternel.
Il est important qu’il y ait de l’ordre dans l’assemblée, pour que la pensée du Seigneur s’accomplisse dans la communion des frères (v. 3), afin de « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 3). L’apôtre dit avec humilité : « Ceux que vous approuverez ». Loin d’user de son autorité apostolique, ne voulant pas « dominer sur des héritages » (1 Pier. 5. 3), il laisse le choix aux Corinthiens, d’envoyer porter la collecte aux frères de Jérusalem par ceux qu’ils approuveraient.
Paul avait très à cœur ses frères de Jérusalem, très pauvres, et il exhortait les assemblées à exercer leur libéralité envers eux. Les Macédoniens, très pauvres, eux aussi, avaient insisté pour participer à cette collecte. Les Corinthiens, quant à eux, en avaient bien eu l’intention, mais avaient tardé à s’y décider (2 Cor. 8. 11). C’est un exemple pour nous, quant au zèle, pour que ce soit la volonté du Seigneur qui s’accomplisse, et non la nôtre. En 2 Corinthiens 8. 18 et 19, nous avons un exemple d’un frère « très zélé » qui avait été un compagnon d’œuvre de Paul. Ces collectes, au profit d’autres assemblées, produisent des actions de grâces, par ceux qui donnent et par ceux qui reçoivent (cf. 2 Cor. 9. 12 à 14).
Tout serviteur, dans la dépendance du Seigneur, doit agir dans la communion avec les frères. Ici, les serviteurs choisis pour porter la collecte à Jérusalem, dépendaient de l’assemblée qui les envoyait. « Ceux que vous approuverez » : c’est le fonctionnement normal d’une assemblée, comme en Actes 6. 3, où les frères étaient amenés à choisir ceux qu’ils connaissaient comme les plus capables d’assurer un service particulier, bien qu’il y ait eu, auparavant, quelques désordres. Quant à la question de l’argent de l’assemblée, il est bon que plusieurs frères s’en occupent, car il y faut de la sagesse et de l’équilibre moral. De plus, dans certains pays, il est prudent d’être plusieurs à partager ce service délicat.
Dans l’assemblée, chaque frère et chaque sœur doit participer. Elkana, en 1 Samuel 1. 4 et 5, avait donné une portion à toute sa famille. Mais, il convient de donner « selon ce qu’on a et non selon ce qu’on n’a pas » (2 Cor. 8. 11). Un étudiant, démuni de revenus, peut donner selon son pouvoir. Quoi qu’il en soit, c’est toujours un exercice devant Dieu, qui regarde à ce que l’on donne, mais aussi à ce que l’on garde.
Paul continue son voyage vers Jérusalem, espérant que, plus tard, il pourrait visiter les Corinthiens (v. 5). Mais, pour l’heure, il hésitait à s’y rendre, à cause de leur mauvais état spirituel. Auparavant, il désirait aller à Jérusalem, pour y porter les libéralités de la Macédoine et de l’Achaïe. Et il projetait d’aller également visiter les chrétiens de Rome, désireux de servir le Seigneur, là aussi (Rom. 15. 24 et 27). L’apôtre fait part de ce projet afin que les saints prient pour lui, et non dans la pensée exprimées en Jacques 4. 13 à 15. Il se laissait conduire dans ses circonstances, dans la dépendance du Seigneur. Il est un modèle pour nous.
Et, au v. 9, constatant qu’une « porte grande et efficace lui est ouverte », à Éphèse, il ne se laisse pas arrêter par les adversaires, car les difficultés ne prouvent pas que Dieu ferme la porte – de même que la facilité n’est pas la preuve de l’approbation de Dieu. C’est une question de recherche de la pensée de Dieu, dans Sa communion.
Si nous réalisons que le Seigneur peut nous reprendre à Lui à tout moment, ou qu’Il peut revenir d’un instant à l’autre, nous ne ferons pas de projets à long terme, mais dans cette pensée de dépendance : « Si le Seigneur le permet » (1 Cor. 16. 7). Paul était rempli d’amour pour les Corinthiens, et désirait, s’il se rendait auprès d’eux, qu’ils lui fassent la conduite (v. 6). Les serviteurs visitant les assemblées ont besoin que des frères leur « fassent la conduite », les accompagnant dans leurs visites, selon les besoins connus. C’est un moyen de réaliser que nous sommes « membres les uns des autres ». En 2 Corinthiens 7. 9 à 16, Tite, ayant visité les Corinthiens, en avait rapporté de bonnes nouvelles à Paul qui, alors, en avait éprouvé beaucoup de joie. En 1 Thessaloniciens 2. 17 et 18, Satan a empêché Paul de visiter l’assemblée de Thessalonique. En Actes 16. 6 à 8, c’est le Saint Esprit et l’Esprit de Jésus qui l’ont empêché de visiter l’Asie et la Bithynie. Le Seigneur voulait qu’il annonce l’évangile en Macédoine, en Europe. Jonas, lui, s’opposait au Seigneur. Si notre chemin s’oppose à la Parole, il n’est pas selon la volonté de Dieu.
Paul recommande Timothée aux Corinthiens, comme étant fidèle au service du Seigneur, comme l’apôtre lui-même. Timothée était jeune (1 Tim. 4. 12), peut-être craintif, et avait besoin d’être fortifié (2 Cor. 1. 6 à 8). Mais l’apôtre l’estime son égal, (v. 10) et ici, c’est aux Corinthiens que Paul enjoint de ne pas le mépriser (v. 11), et de veiller à ce qu’il soit sans crainte parmi eux, mais qu’il reçoive les soins d’amour auxquels a droit tout serviteur visitant une assemblée.
Paul avait envoyé Timothée à Corinthe (cf. ch. 4. 17), dès qu’il avait appris les difficultés affectant cette assemblée. Mais il semble que Timothée y était parvenu après la lettre de Paul à Corinthe.
Puis, Tite, de son côté, avait apporté des nouvelles rassurantes à Paul, et l’apôtre fait état de sa joie aux Corinthiens, d’apprendre leur repentance (2 Cor. 7. 6). Paul se savait peu apprécié par certains, à Corinthe ; et sans doute Timothée risquait-il d’être mal reçu, de sorte que les recommandations de Paul n’étaient pas superflues. Les paroles du v. 11 sont pesées, selon la direction de l’Esprit : toutes les difficultés de Corinthe rendaient nécessaire de leur recommander de recevoir les serviteurs comme il convient. Dans son ministère apostolique, Paul use de grâce, mais aussi de fermeté.
Apollos, doué pour présenter la Parole avec éloquence (Act. 18. 24 et 25 ; 19. 1), que Paul avait beaucoup prié pour qu’il visite les Corinthiens (v. 12), avait refusé dans un premier temps, se souvenant que les Corinthiens l’avaient opposé à Paul (1 Cor. 1. 12). Il ne voulait pas raviver cette opposition. Chaque serviteur ayant un service différent, ils avaient, tous, leur utilité pour l’œuvre du Seigneur. Chacun doit avoir affaire directement au Seigneur, même s’il doit agir en communion avec l’assemblée. Humblement, Paul n’était pas tombé dans le piège de l’opposition que les Corinthiens avaient voulu établir entre Apollos et lui (cf. 1 Cor. 1. 12). Il y avait eu, au contraire, complémentarité et harmonie entre les deux apôtres (ch. 3. 6).
Les apôtres étaient humbles. Pierre, sévèrement repris par Paul (Gal. 2. 11), n’avait gardé aucune rancune envers lui (2 Pier. 3. 13 à 16). Chacun d’eux se tenait à sa place, reconnaissant la valeur des autres. Qu’en est-il de nous ? L’Esprit nous pousse à l’humilité, tandis que notre tempérament naturel s’y oppose. Le Seigneur est notre modèle (Mat. 11. 29).
Les v. 13 et 14 sont des exhortations pour nous : veiller à notre marche, à notre état moral ; tenir ferme dans la foi : c’est-à-dire, garder fermement toute la vérité que nous avons dans la totalité de la Parole : « La somme de ta parole est la vérité » (Ps. 119. 130). « Soyez hommes, affermissez-vous » : tendons à devenir des pères, comme en 1 Jean 2. 13 et 14 – mais aussi à garder précieusement toute la vérité, nous opposant ainsi aux multiples fausses doctrines répandues dans la chrétienté : seule la connaissance de la Parole nous en préservera, en nous permettant de les identifier.
Les Corinthiens étaient demeurés de « petits enfants » dans la foi, et ils avaient encore besoin de « lait » spirituel, et non de nourriture solide (cf. ch. 3. 1). La foi initiale qui nous donne le salut (Luc 7. 50), est suivie de la foi pratique (la confiance en Dieu) nécessaire pour notre marche quotidienne (Héb. 11. 1). Enfin, la foi consiste à garder soigneusement toute la vérité de la Parole enseignée (Jude 3). Le Seigneur seul peut et veut nous en donner la force.
Ces exhortations ont un « couronnement » : « Que toutes choses parmi vous se fassent dans l’amour » (v. 14). Cette ultime exhortation nous renvoie au ch. 13, où il nous est démontré que, sans l’amour, les meilleures choses que nous pourrions faire ne sont rien et ne profitent de rien : ce sont des choses négatives (ch. 13. 1 à 3). Les caractères positifs de la présence de l’amour se trouvent aux v. 4 à 7. L’amour en question, qui doit s’exercer entre nous, est « l’amour de Dieu versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5). C’est Dieu qui aime chacun de nous à travers nos frères. Tout doit se faire « pour l’édification » ; « avec bienséance et avec ordre » (ch. 14. 26 et 40) ; « dans l’amour » (ch. 16. 14). C’est l’ordre qui doit régner dans la maison de Dieu. Le rachat de nos âmes et de l’Assemblée est un fruit de l’amour divin. Dieu nous invite à nous aimer (Jean 13. 34 et 35) pour répondre à Son amour (1 Jean 4. 19), en gardant Sa parole (Jean 14. 21 à 23).
Ce qui touchait à « la maison de Stéphanas » (v. 15), est un encouragement : il est heureux, dans un foyer, que toute la famille, père, mère et enfants, s’engagent ensemble pour suivre et servir le Seigneur en servant les saints. Cette famille était formée des premiers convertis, en Achaïe. Nous pouvons ne pas avoir un service très en vue, mais nous sommes encouragés à servir les frères et les sœurs, en nous dévouant pour eux.
Peut-être Stéphanas n’était-il pas très doué pour présenter la Parole, et de ce fait, était-il exposé à un certain mépris de la part des Corinthiens. Mais l’apôtre leur enjoint de se soumettre, eux aussi, « à de tels hommes » (v. 16). L’apôtre ne fait pas de distinction : « à tous ceux qui coopèrent et travaillent ». Nous devons aimer tous les frères, et spécialement ceux qui s’activent dans un service. C’est une exhortation à aimer tous nos frères d’un amour égal, quels que soient les dons qu’ils possèdent. L’amour est le moteur de la vie chrétienne, sans lequel elle n’existe pas vraiment.
Si peu en vue que soit le don confié à un frère, il est important qu’il y prenne garde de l’exercer. Colossiens 4. 17, exhortait Archippe à exercer le don qu’il avait reçu. Le v. 19 signale encore le dévouement d’Aquilas et de Priscilla sa femme, qui recevaient l’assemblée chez eux. Individuellement, en couple ou en famille, nous pouvons servir le Seigneur en nous dévouant pour l’assemblée.
L’épître est muette quant à la présence probable des « anciens », auxquels nous devons être soumis. Mais elle exhorte chacun à se soumettre à ceux qui sont fidèles dans leur service. L’orgueil des Corinthiens rendait nécessaires ces exhortations de Paul ; car la soumission n’est possible que dans l’humilité. Le v. 17, montre le dévouement de trois frères de Corinthe venus visiter l’apôtre Paul, et qui avaient « suppléé » à ce qui avait manqué » de la part de la plupart des Corinthiens vivant dans de grands désordres, en assemblée : l’affection pour Paul. L’apôtre en avait eu son esprit « récréé » et en avait éprouvé de la joie (v. 18). Les Corinthiens devaient se soumettre « à de tels hommes ».
Éphésiens 5. 21 nous engage à être « soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ ».
Phil. 2. 25 à 29, au sujet d’Épaphodite et des compagnons de Paul, enjoint « d’honorer de tels hommes ». L’apôtre avait besoin d’encouragement, comme chacun de nous. En Actes 28. 15, approchant de Rome et voyant les frères venir à sa rencontre, « Paul rendit grâces à Dieu et prit courage ». Les serviteurs du Seigneur ont besoin des soins des frères, plus que quiconque.
Les salutations terminant la lettre sont des liens indispensables entre les frères. Les apôtres s’y attachaient dans toutes leurs épîtres. Ne les banalisons pas en les considérant comme « secondaires », ou en oubliant de les transmettre. Ici, ces salutations provenaient des « assemblées de l’Asie » ; puis d’Aquilas et Priscilla avec l’assemblée qui se réunit dans leur maison », ainsi qu’ils l’avaient fait à Rome. Enfin, de la part de « tous les frères ». Puis « Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser » : personne ne doit être exclu. Et enfin, pour terminer : « La salutation, de la propre main de moi, Paul ». Il signait ainsi ses lettres, authentifiant leur contenu. On retrouve ces mêmes salutations en Romains 16. 3 à 16.
A Corinthe, Paul Aquilas et Priscilla, étant du même métier, faisaient des tentes ensemble. Il est frappant, que ce soit à Paul qui faisait des tentes, qui sont des abris précaires, que le Seigneur ait confié les révélations concernant l’Assemblée, « l’habitation de Dieu par l’Esprit » ; indestructible, éternelle ! – maison faite de pierres vivantes, bâties sur la « Pierre précieuse » Christ.
Le v. 19 parle d’une assemblée locale, expression de l’Assemblée universelle.
Le v. 22 est solennel et devrait faire réfléchir les chrétiens professants et les incrédules. On ne peut dire « Seigneur Jésus » que par le Saint Esprit. Mais on ne peut pas dire « Anathème à Jésus » par l’Esprit Saint (ch. 12. 3). Les démons reconnaissent le Seigneur comme le Fils de Dieu, mais ne peuvent jamais Le reconnaître comme Seigneur. Incrédules et professants sont destinés à l’enfer, s’ils ne se convertissent pas. « Maranatha » : le Seigneur vient, nous encourage à L’attendre.
L’épître, commencée par l’invocation de la grâce de Dieu (ch. 1. 3), s’achève sur la grâce et sur l’amour de l’apôtre pour « tous » (v. 23). C’est « la vraie grâce de Dieu » dont nous avons besoin.
D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac