BERACA 13 : LES CONFIDENTS DE DIEU
Comme il a été mentionné précédemment, plusieurs hommes, au cours des âges, ont connu une relation intime avec Dieu. Une chose particulière les caractérisa, en ce que Dieu leur révéla « l’avenir » (Héb. 11. 20). Nous avons considéré Noé, et en suivant, nous aborderons les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob.
Abraham : « Et l’Éternel avait dit à Abram : Va-t’en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai ; et je te ferai devenir une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction ; et je bénirai ceux qui te béniront ». « Et Abram s’en alla, comme l’Éternel lui avait dit » (Gen. 12. 1 à 4).
Abraham, comme Noé, écouta la voix de l’Éternel et obéit. L’obéissance est liée à la foi. Elle aura, pour lui, son point culminant sur le mont Morija. Sa tente et son autel le définissent aussi en tant qu’étranger et adorateur. Son premier nom, Abram qui signifie « père élevé », fut changé par Dieu en « père d’une multitude ». Arrivé dans le pays promis, il tendit sa tente entre Béthel et Aï ; « et il bâtit là un autel à l’Éternel et invoqua le nom de l’Éternel » (Gen. 12. 8). Peu de temps après, Abram est descendu en Égypte, image du monde, où il a acquis de grands biens, mais ce fut pour lui un temps troublé pendant lequel sa relation avec Dieu fut mise de côté. Usant de tromperie envers le pharaon, il fut renvoyé. L’homme de Dieu n’a rien à faire avec le monde, et c’est bien humiliant quand le monde doit le remettre à sa place. Il en a été de même pour David, futur roi d’Israël, lorsqu’il se déguisa et joua au fou devant Akish, le roi de Gath (1 Sam. 21. 11 à 15 ; 29. 10). Dans ces deux occasions, nous voyons la grâce de Dieu en activité pour protéger ceux qui Lui appartiennent, bien que ce fut, pour l’un comme pour l’autre, un chemin charnel. En conservant par écrit ces tristes circonstances, Dieu ne nous a pas caché les faiblesses et les défaillances de Ses saints. Cela a été écrit « pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints » (1 Cor. 10. 11). Il est bien possible qu’Abram ait été pour Lot une pierre d’achoppement, ce que nous verrons plus loin, car c’est lui qui l’a amené en Égypte.
Revenu au lieu où était sa tente au commencement, entre Béthel et Aï, « au lieu où était l’autel qu’il y avait fait auparavant ; et Abram invoqua là le nom de l’Éternel » (Gen. 13. 3 à 4). Cela est d’une grande instruction pour nous : s’il y a une chute, il y a possibilité de restauration. La prise de conscience d’une chute produit une tristesse qui est selon Dieu. Cette tristesse « produit une repentance salutaire dont on n’a pas de regret » (2 Cor. 7. 9 à 11). En empruntant un chemin droit, notre esprit s’affranchit de l’esprit du monde pour retrouver une vraie communion et se consacrer à Dieu. Puisque « notre bourgeoisie est dans les cieux » et notre vrai pays est « en haut », nous devons être de ceux « qui usent du monde, comme s’ils n’en usaient pas à leur gré ; car la figure de ce monde passe » (Phil. 3. 20 ; 1 Cor. 7. 31). Les biens acquis en Égypte vont être une source de discorde entre les bergers d’Abram et de Lot.
Pour résoudre le différend, Abram offre à son neveu le choix entre la plaine et les collines : « Sépare-toi, je te prie, d’avec moi. Si tu prends la gauche, j’irai à droite ; et si tu prends la droite, j’irai à gauche » (Gen. 13. 9). « Et Lot leva ses yeux et vit toute la plaine du Jourdain, qui était arrosée partout, avant que l’Éternel détruisît Sodome et Gomorrhe, comme le jardin de l’Éternel, comme le pays d’Égypte, quand tu viens à Tsoar ». Comme elle était belle, la création de Dieu, avant que l’homme pécheur y mette sa main ! La plaine arrosée était vraiment tentante, surtout pour les troupeaux, mais l’attrait du bien-être va conduire Lot à habiter « dans les villes de la plaine, et à dresser ses tentes jusqu’à Sodome ». Sodome, comme l’Égypte, est une image du monde organisé sans Dieu. Rien d’étonnant à ce qu’une guerre survienne entre plusieurs rois et : « ils prirent aussi Lot, fils du frère d’Abram, et son bien, et ils s’en allèrent ; car Lot habitait dans Sodome » (Gen. 13. 12 ; 14. 12). Alors, Abram leva une armée de trois cent dix-huit hommes, nés dans sa maison, pour délivrer son neveu. Lot, délivré, retrouva ses biens, mais pour combien de temps ? Plus tard nous le trouvons « assis à la porte de Sodome » (Gen. 19 v. 1). Être assis à la porte de la ville, en ce temps-là, signifiait être actif en politique (Prov. 31. 23 ; Amos 5. 12 à 15).
Si Lot avait levé ses yeux en direction des villes de la plaine, Abram, lui, écouta la voix de l’Éternel : « Lève tes yeux, et regarde, du lieu où tu es… car tout le pays que tu vois, je te le donnerai, et à ta semence, pour toujours » (13. 14). Il reçoit la promesse d’une descendance, d’un lieu pour elle, et il habita auprès des chênes de Mamré. Il « bâtit là un autel à l’Éternel » (v. 18). Lot avait-il un autel ? Probablement pas, mais cela ne nous a pas été dit, on apprend seulement que « le juste Lot, accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers… tourmentait jour après jour son âme juste à cause de leurs actions iniques » (2 Pier. 2. 7). Il a peut-être essayé de les changer quand il était avec eux « à la porte de Sodome ». Le croyant ne peut changer personne, seul l’Esprit de Dieu le peut (voir Éz. 11. 19 ; 36. 26).
Après avoir délivré Lot, Abram profite de la visite de « Melchisédec, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-haut » (Gen. 14. 18 ; Héb. 7. 1). Ce roi était venu, non avec l’épée, mais avec du pain et du vin, symbole d’une vraie nourriture et de la vraie joie, en anticipation d’un plus grand que lui, Jésus notre Seigneur ! Un jour, sur cette terre où tant de guerres subsistent, Christ régnera comme Roi de justice et Roi de paix, « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19. 16).
A la suite de cette visite, Abram reçoit une certitude pour le quotidien, quand l’Éternel lui dit : « Abram, ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta très-grande récompense » (Gen. 15. 1). Et l’Éternel fit sortir Abram dehors, et lui dit : « Regarde vers les cieux, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : Ainsi sera ta descendance. Et il crut l’Éternel ; et il lui compta cela à justice » (Gen. 15. 5). Il entend aussi : « Sache… que ta descendance séjournera dans un pays qui n’est pas le sien, et ils l’asserviront… pendant quatre cents ans » (v. 13). Dieu révèle les choses à venir « à ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14). Ce principe se vérifiera dans la suite, mais déjà, pour Abram, il y a ce que Dieu est et sera pour lui, ainsi que la promesse d’une descendance, et d’un pays que ses descendants posséderont à la suite des dures épreuves et des délivrances qu’ils connaîtront.

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