LE SANG DE CHRIST
K. Quartell
Et le sang vous sera pour signe sur les maisons où vous serez ; et je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point de plaie à destruction au milieu de vous. Ex. 12. 13.
Le sang de Christ
Nous désirons considérer quelques-uns des passages qui parlent du sang de Christ et de sa valeur pour Dieu et pour nous. La première mention du sang, dans la Parole de Dieu, est le sang d’Abel, qui réclamait vengeance à cause du meurtre d’Abel par son frère Caïn. Il nous est dit, en Hébreux 10. 14, que le sang du Seigneur Jésus parle de « meilleures choses » que le sang d’Abel. Le sang d’Abel appelait la vengeance, le précieux sang de notre Seigneur demande le pardon pour ceux pour lesquels il est mort.
Dans le verset ci-dessus, nous trouvons, dans le type de la pâque, comment le sang d’un agneau protégeait le peuple du jugement. Toute l’Égypte était sous le jugement de Dieu. Le premier-né, dans chaque maison, que ce soit des Égyptiens ou des Israélites, était sous la sentence de mort. Seul le remède de Dieu – un agneau choisi du troupeau et tué, avec son sang mis sur le linteau et les poteaux de la porte de leurs maisons – pouvait les protéger du jugement. Tous ceux qui profitaient du remède de Dieu étaient en sécurité. Et Dieu avait dit clairement : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (v. 13). Ce que ressentaient ceux qui étaient dans la maison n’importait pas. Il se pouvait qu’ils se sentent en sécurité, se reposant sur la parole de Dieu – ou qu’ils soient anxieux ; mais ils étaient tous pareillement en sécurité, abrités par le sang de l’agneau. Qu’il est merveilleux d’appliquer ce type au Nouveau Testament, et à l’Agneau de Dieu ! Tous ceux qui croient en lui sont en sécurité pour l’éternité à travers « le précieux sang de Christ » (1 Pier. 1. 19).
Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. Celui qui se nourrit de ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle. Jean 6. 53 et 54.
Manger sa chair et boire son sang
Ce merveilleux chapitre de l’Évangile de Jean commence par le fait que la pâque était proche. Après avoir nourri la foule, le Seigneur parle ensuite de Lui-même comme le pain de vie.
Le pain de vie parle de l’incarnation du Fils de Dieu. Cependant, Son incarnation – le Fils de Dieu devenant Homme – quoique étant un fait merveilleux, ne pouvait pas par elle-même nous sauver. Sa mort aussi était nécessaire. « A moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12. 24). Et ainsi le Seigneur Jésus continue en parlant de Sa mort dans l’image de Sa chair et de Son sang. Cette image devait être familière à Ses auditeurs alors que le temps de la pâque approchait. En Exode 12, le sang de l’agneau de la pâque était mis sur le linteau et les poteaux de la porte des maisons, tandis que la chair de l’agneau était la nourriture pour les Israélites à l’intérieur.
Se servant de cette image, le Seigneur Jésus dit à Ses auditeurs – et à nous aujourd’hui – que nous devons nous nourrir de Sa chair et de Son sang. Que signifie cela ? – Tout d’abord, le fait que le sang séparé de la chair indique que la mort est intervenue. Deuxièmement, nous devons comprendre que le Seigneur parle de manière figurative. Ce que nous mangeons, nous nous l’approprions ; cela devient partie de nous-mêmes. Nous devons donc nous approprier pour nous-mêmes Sa mort et ce qu’elle signifie. Nous devons la retenir par la foi et la faire nôtre. Au verset 53, le Seigneur parle de manger, une fois pour toutes, ce qui est nécessaire pour avoir la vie (selon le temps du verbe en grec). Dans les versets 54 à 57, c’est le fait de manger continuellement pour entretenir la vie. La vie éternelle qui nous a été donnée dépend de Sa mort. Puissions-nous attacher toujours plus de la valeur à Sa mort et à Lui-même.
L’un des soldats lui perça le côté avec une lance ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. Jean 19. 34.
Le sang et l’eau
Que signifie le fait du sang et de l’eau qui sont sortis du côté du Sauveur ? – On dit toujours que le sang était pour la purification judiciaire, et l’eau pour la purification morale. Mais qu’est-ce que cela signifie ?
Dieu est saint et doit juger les péchés, et par suite nous lisons que « le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6. 23). Qu’est-ce qui pouvait répondre aux revendications judiciaires de Dieu ? – Déjà dans l’Ancien Testament, il était dit : « C’est le sang qui fait propitiation pour l’âme » (Lév. 17. 11). Et dans le Nouveau Testament, cela est répété de manière légèrement différente : « Sans effusion de sang il n’y a pas de rémission » (Héb. 9. 22). Dans l’Ancien Testament, le sang des animaux sacrifiés était versé, mais « il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Héb. 10. 4).
Il n’y en a qu’Un dont le sang pouvait ôter les péchés – le saint Fils de Dieu ! Aussi, pour ceux d’entre nous qui sont des croyants, nous lisons : « A Celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang… ! » (Apoc. 1. 5). Il a été répondu à tout ce que Dieu revendiquait de notre part par le sang de Son Fils bien-aimé. Nous ne serons jamais devant Dieu comme notre Juge, car le sang montre que la mort et le jugement sont déjà tombés sur un Autre, notre Sauveur. Grâce extraordinaire !
Pourquoi l’eau ? – L’eau parle de purification morale. Nous n’étions pas seulement coupables devant Dieu à cause de nos actes de péché ; nous étions aussi souillés et impurs dans notre nature elle-même. Nous sommes moralement purifiés une fois pour toutes à la nouvelle naissance. L’Écriture parle aussi d’une purification journalière qui nous est nécessaire, par le lavage d’eau par la Parole (Éph. 5. 26). Cela met pratiquement en ligne nos pensées, nos paroles et nos actions avec ce qui plaît à notre Père et au Seigneur Jésus. L’eau venue du côté du Seigneur nous rappelle que Son sacrifice est la base de toutes nos bénédictions !
L’assemblée de Dieu, qu’il a acquise par le sang de son propre Fils. Act. 20. 28.
Pour acquérir l’Église
Ce verset nous montre le prix que Dieu a payé pour acquérir l’Assemblée. Dans la parabole du marchand cherchant de belles perles, nous trouvons que ce marchand vend tout ce qu’il avait pour acquérir cette perle (Mat. 13. 45 et 46). Cela nous montre, sous forme de parabole, ce qu’il en a coûté au Seigneur Jésus pour acquérir l’Église. Il a dû tout donner : « Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (Éph. 5. 25).
Toutefois, dans le verset ci-dessus, nous trouvons ce qu’il en a coûté à Dieu pour acquérir l’Église, car ici, il s’agit de Dieu – et il est question de son propre Fils. Nous trouvons deux fois une pensée semblable dans l’épître aux Romains : « Ce qui était impossible à la Loi, du fait que la chair la rendait sans force, Dieu – ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché … a condamné le péché dans la chair », et « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous… » (Rom. 8. 3, 31 et 32).
Quelle valeur extraordinaire cela donne à la véritable Église de Dieu, constituée de tous les vrais croyants dans le Seigneur Jésus ! Le prix d’achat, pour Dieu, était le sang, autrement dit la vie donnée dans la mort, de Son propre Fils bien-aimé !
Qu’il est triste et solennel, alors, quand nous pensons à ce que Paul dit aux anciens d’Éphèse au sujet de ce qui arriverait pendant l’histoire de l’Église sur la terre. « Des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau » (Act. 20. 29). Mais pire encore, « du milieu de vous-mêmes se lèveront des hommes qui annonceront des doctrines perverses pour entraîner les disciples après eux » (v. 30).
Nous menons deuil et nous pleurons lorsque nous pensons de quelle manière notre Dieu n’a rien épargné pour acquérir l’Église, puis à ce qu’est devenu le témoignage extérieur, public, dans les mains des hommes. Puissent notre désir et nos prières être d’édifier et de protéger ce qui est précieux pour Dieu, jusqu’à ce que le Seigneur vienne !
Jésus, lui que Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang… en vue de montrer sa justice dans le temps présent, de sorte qu’il est juste et qu’il justifie celui qui est de la foi en Jésus. Rom. 3. 25 et 26.
A plus forte raison, ayant été maintenant justifiés par son sang, serons-nous sauvés de la colère par lui ! Rom. 5. 9.
Pour notre justification
L’épître aux Romains a souvent été comparée à une scène dans une cour de justice. Toute l’humanité, y compris vous et moi, avons été amenés dans la cour de Dieu, et trouvés coupables. « Il n’y a pas de juste, non pas même un seul » (Rom. 3. 10). Le monde entier est sous le jugement devant Dieu (v. 19). Y a-t-il quelque remède ?
Dans la discussion que Job – qui vivait à peu près au temps d’Abraham – avait avec ses trois amis, la question avait déjà été posée : « Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ? » (Job 25. 4). L’épître aux Romains nous montre la réponse de Dieu : comment Il peut être juste et justifier celui qui est de la foi en Jésus (Rom. 3. 26).
Le premier passage ci-dessus nous dit que c’est par la foi en son sang. Mes propres œuvres, même des œuvres religieuses, n’auront pas de valeur devant Dieu pour le salut. Je dois croire que l’agneau de Dieu, saint et sans défaut, notre Seigneur Jésus Christ, a pris ma place en jugement sur la croix du Calvaire. Mes propres œuvres pour gagner la faveur de Dieu ne pouvaient pas me sauver, en fait elles ne faisaient que me condamner ! L’œuvre de Christ, sa mort, son sang versé pouvaient seuls ôter mes péchés de devant un Dieu saint. Cela permet à Dieu d’être juste – cohérent avec Lui-même dans tous ses attributs – et aussi d’être Celui qui justifie – capable d’en rendre d’autres en accord avec Lui-même – tous ceux qui croient en Jésus et qui ont la foi en Son sang.
Le deuxième verset nous dit que nous sommes justifiés par Son sang. Dieu est Celui qui nous justifie (Rom. 8. 33), mais le sang de Christ en est le fondement. Son sang versé montre que la mort et le jugement ont eu lieu, et que toutes les revendications de Dieu contre nous ont été satisfaites et réalisées. Alléluia ! Quel Sauveur !
La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps du Christ ? 1 Cor. 10. 16.
La communion de son sang
Ce chapitre de 1 Corinthiens met les croyants de Corinthe en garde contre le danger d’être associés à l’idolâtrie. C’est l’une des choses que l’Écriture nous avertit de fuir (v. 14). On a dit avec raison qu’une idole, c’est une chose quelconque qui se met entre l’âme et le Dieu vivant et vrai.
Pour agir contre cette idolâtrie, l’apôtre est conduit à amener devant les croyants, y compris nous-mêmes, la bénédiction positive dans laquelle nous sommes introduits. Si le monde a ses associations et ses communions, de même le chrétien. Nous avons été amenés dans la communion du sang et du corps de Christ. Le mot communion pourrait aussi être traduit par agrégation, ou même association.
L’expression la plus élevée de cette communion est réalisée quand nous sommes réunis pour nous souvenir du Seigneur Jésus comme cela est mentionné dans le passage ci-dessus, et au chapitre 11. Toutefois, nous pensons qu’il s’applique même à d’autres moments, quand les croyants sont réunis. Tous les croyants font partie de cette communion, bien que le péché puisse empêcher cette participation.
Mais pourquoi la coupe est-elle mentionnée en premier au chapitre 10 ? L’ordre historique réel est placé devant nous dans les récits des évangiles, et dans le chapitre suivant de 1 Corinthiens. Nous pensons que le sang est mentionné en premier parce que c’est ce qui nous sépare du monde idolâtre, tout comme le sang sur le linteau et les poteaux des portes des maisons des Israélites les séparait du jugement qui tombait sur l’Égypte. Le Seigneur Jésus est mort pour nos péchés afin de nous délivrer du présent siècle mauvais (Gal. 1. 4). Ainsi, en reconnaissant que nous sommes séparés du monde, nous sommes capables de participer au pain qui, non rompu, est le symbole du seul corps de Christ composé de tous les croyants.
De même il prit la coupe aussi, après le souper, en disant : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang : faites-ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi ».
1 Cor. 11. 25.
Nouvelle alliance en grâce
La nuit même où le Seigneur Jésus fut trahi, vers la fin du souper de la pâque, Il prit du pain et du vin et instaura la Cène comme une fête en mémoire de Lui. Ce mémorial devait être accompli « jusqu’à ce qu’il vienne » (v. 26). Lorsque nous nous souvenons de notre Seigneur Jésus, nous regardons en arrière à Ses souffrances, nous regardons en haut pour Le voir maintenant à la droite de Dieu, et nous regardons en avant, non seulement lorsqu’il reviendra pour nous enlever, mais à son retour pour établir son royaume dans ce monde. Quelle suite merveilleuse de pensées devrait remplir notre cœur et notre esprit quand nous nous souvenons de Lui !
Le pain, bien sûr, lorsqu’il est rompu, nous rappelle son corps saint donné pour nous. La coupe nous rappelle la valeur de son précieux sang. Pourquoi le Seigneur a-t-il parlé d’une « nouvelle alliance » en son sang ? – La nouvelle alliance est introduite en Jérémie 31. L’ancienne alliance, faite avec Israël au mont Sinaï, était une alliance de bénédiction conditionnelle, qui dépendait de la fidélité de l’homme. La nouvelle alliance est une alliance en grâce où tout dépend de Dieu. Notez les affirmations de l’Éternel en Jérémie. Mais comment Dieu pourrait-il introduire une nouvelle alliance pour un peuple qui avait tellement manqué sous l’ancienne alliance ? – C’est par le sang de Christ ! Il a répondu de tous les péchés de ceux qui ont cru en lui, et cela permet à Dieu de reprendre des relations avec son peuple terrestre. Bien que la nouvelle alliance soit faite, dans sa forme, avec Israël dans un jour à venir, la grâce et les bénédictions spirituelles de la nouvelle alliance appartiennent, déjà aujourd’hui, à l’Église. Nous lisons : « Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jér. 31. 34 ; cf. Héb. 8. 12). En Hébreux 10, nous voyons que cela est vrai pour nous déjà aujourd’hui. Cela, et toutes les autres bénédictions, sont établis pour les Siens à travers son propre sang qui a été versé. Quel Sauveur !
Rendus agréables dans le Bien-aimé. En lui nous avons la rédemption par son sang, le pardon des fautes selon les richesses de sa grâce. Éph. 1. 6 et 7.
Rédemption et pardon
Les épîtres aux Romains et aux Éphésiens ont souvent, et utilement, été mises en contraste. L’épître aux Romains considère les choses de notre côté, et montre notre ruine complète dans le péché – et nos péchés. L’épître aux Éphésiens commence par le côté de Dieu, et nous présente les conseils de Sa grâce en bénédiction pour nous en Christ. En Romains nous voyons d’abord ce qui était dans notre cœur. En Éphésiens, nous voyons d’abord ce qui était dans le cœur de Dieu.
Les versets ci-dessus nous parlent de trois bénédictions différentes. La première, c’est que nous sommes agréables dans le Bien-aimé, que l’on peut aussi traduire amenés dans la faveur du Bien-aimé. De la manière dont le Père regarde à son Fils avec faveur, il nous voit aussi de même maintenant.
Nous avons aussi la rédemption par son sang. Nous étions esclaves du péché et de Satan, mais le prix entier a été payé pour nous racheter et nous amener à Dieu. Les fils d’Israël furent rachetés hors de l’Égypte par le sang de l’agneau de la pâque. Nous, nous avons été rachetés par le précieux sang de Christ. Quel prix beaucoup plus élevé, pour notre Dieu et Père, pour nous racheter !
La troisième bénédiction, c’est le pardon. Quelle chose merveilleuse de savoir que nous sommes pardonnés ! Cette bénédiction nous est aussi acquise par le sang de Christ. Il a souffert et il est mort pour ôter notre péché de devant un Dieu saint. Souvenez-vous que tous nos péchés, à nous comme chrétiens, étaient encore à venir quand Christ est mort, et il est mort pour tous ces péchés. Nous sommes judiciairement libérés. Comme nous le chantons quelquefois : – Source féconde, Salut du monde, Le sang du Christ est répandu.
Et remarquez que ces bénédictions sont selon les richesses de sa grâce. Quelles richesses de la grâce de Dieu ont été déployées afin de nous bénir ! Le Fils de Dieu lui-même a dû descendre du ciel pour nous donner de telles bénédictions. Puissions-nous Le louer pour cela !
Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. Éph. 2. 13.
Il nous approche
Nous voyons en Éphésiens, chapitre 1, que le sang de Christ nous a donné rédemption et pardon. Au chapitre 2, nous trouvons une autre bénédiction que nous recevons par le sang de Christ : il nous a approchés de Dieu. Dans la première partie de Éphésiens 2, l’apôtre montre que tous, qu’ils soient Juifs ou Gentils, étaient morts dans leurs fautes et leurs péchés. Il montre ensuite que nous sommes vivifiés ensemble avec Christ, ressuscités ensemble, et qu’Il nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ.
Depuis le verset 11, il nous est montré la place différente des pécheurs des nations en contraste avec celle des pécheurs juifs. Les gens des nations étaient sans Christ, sans espérance, et sans Dieu. (v. 12). Mais maintenant, un grand changement a eu lieu ! Les Gentils qui étaient autrefois loin – comme le fils prodigue dans un pays éloigné – sont maintenant approchés. Comment cela se peut-il ?
Notre verset en donne deux raisons. La première, c’est le sang de Christ. Tous nos péchés et toutes nos transgressions, qui nous retenaient loin de la sainte présence de Dieu, ont été ôtés. Le sang versé de Christ est la preuve que l’œuvre est faite, que Christ est mort pour eux tous.
En second lieu, nous trouvons la merveilleuse expression « dans le Christ Jésus ». Cela met devant nos yeux notre Sauveur bien-aimé comme l’Homme glorifié maintenant dans le ciel, et notre place nouvelle devant Dieu en Lui. Il est l’Homme accepté dans la présence de Dieu, comme nous le voyons au chapitre premier, et nous sommes acceptés en Lui. Dans le Christ Jésus il n’y a plus aucune différence entre les Juifs et les Gentils – plus de différence entre le Juif, qui avait une proximité extérieure relative aux temps de l’Ancien Testament, et les Gentils, qui étaient très éloignés. Tous ont été approchés ensemble et il leur a été donné la même place dans le Christ Jésus.
Grâce extraordinaire !
Ayant fait la paix par le sang de sa croix… Vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis quant à vos pensées, dans les mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés. Col. 1. 20 et 21.
Paix et réconciliation
Le premier chapitre de l’épître aux Colossiens nous présente la grandeur de Christ, le Chef de l’Assemblée. Dans les versets 12 à 18, nous avons de nombreuses gloires de notre Seigneur mises devant nous. Il est le Fils de l’amour du Père ; Il est le rédempteur ; Il est l’image du Dieu invisible ; Il est le Créateur ; Il soutient toutes choses.
Puis, dans les versets 20 à 22, nous apprenons quelque chose de sa grande œuvre de réconciliation. Toutes choses, dans les cieux et sur la terre, seront réconciliées par Lui avec la Déité. Dans ce but, il a plu à toute la plénitude de la Déité de demeurer en Lui lorsqu’Il est devenu homme. Qu’il est grand !
La réconciliation de toutes choses attend un jour à venir. Mais nous lisons que nous avons été réconciliés ! Nous étions autrefois étrangers et ennemis dans notre entendement, dans les mauvaises œuvres. Dieu n’était pas notre ennemi, mais nous étions devenus Ses ennemis depuis la chute de l’humanité dans le péché. Cela s’est vu de la manière la plus évidente quand le Fils de Dieu Lui-même s’est abaissé jusque dans ce monde qu’il avait créé, et qu’il est devenu Homme. Le monde a été fait par lui mais ne l’a pas connu. Son propre peuple, Israël, ne l’a pas reçu (Jean 1. 10 et 11). Il est allé de lieu en lieu faisant le bien, mais la foule, à la fin, a crié : « A mort, à mort ! Crucifie-Le » (Jean 19. 15).
Mais dans une grâce infinie, Son rejet et sa mort sur la croix ont, en fait, constitué le fondement pour que la réconciliation ait lieu, de sorte que nous puissions, en paix, être ramenés dans la présence de Dieu, saints, sans blâme et irréprochables. Jouissez-vous de cette paix et de cette réconciliation ?
Dans le second (tabernacle), seul le souverain sacrificateur entre, une fois par an, non sans présenter du sang.
Christ étant venu… non pas avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang… est entré une fois pour toutes dans les lieux saints. Héb. 9. 7, 11 et 12.
Il nous donne l’accès dans le lieu très-saint
L’épître aux Hébreux explique de nombreux types et figures de l’Ancien Testament, et montre comment Christ les a accomplis. Nous trouvons souvent un grand contraste entre ces types de l’Ancien Testament et la réalité spirituelle que nous avons maintenant en Christ. Nous voyons cela dans les versets ci-dessus.
Aaron entrait dans le lieu très-saint, la deuxième partie du tabernacle, une seule fois par an, le jour des propitiations (Lév. 16). Il ne pouvait pas apparaître là sans le sang de taureaux et de boucs, qui étaient tués dans ce but. Mais il ne pouvait pas demeurer dans cet endroit. Comme nous le voyons dans ce chapitre, le chemin dans le lieu très-saint n’était pas encore manifesté. Le sang d’animaux ne pouvait pas protéger le souverain sacrificateur d’Israël à l’intérieur du voile pour le peuple.
Quel contraste avec Christ et son sacrifice ! Il n’est pas entré dans les lieux saints avec le sang d’animaux (Héb. 9. 11 et 24). Mais il est entré en vertu de son propre sang, qui a été versé sur la croix du Calvaire. Comme nous l’avons vu, lorsque le soldat a percé son côté avec une lance, il en est sorti du sang et de l’eau. Cela montrait que la peine due au péché avait été satisfaite, et cela par le Fils de Dieu lui-même, saint et sans tache. Quelle valeur il y a dans son sang précieux ! Et maintenant il reste là pour nous dans la présence de Dieu. « Son propre sang » – quelle expression, quand nous pensons à ce qu’il est ! – nous a assuré une place là, en notre faveur, dans la présence de Dieu, bien que, évidemment, il soit personnellement digne, en lui-même, d’être là. Son sang a aussi ouvert pour nous le sanctuaire céleste.
… des dons et des sacrifices qui ne peuvent pas rendre parfait, quant à la conscience… Car si le sang de boucs et de taureaux… sanctifie pour la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, pour que vous rendiez culte au Dieu vivant ! Héb. 9. 9, 13 et 14.
Il purifie la conscience
Nous trouvons un autre grand contraste entre ce qu’Aaron était capable de faire avec les sacrifices et le sang qu’il apportait à Dieu, et ce que Christ a eu la capacité de faire par le moyen de son grand sacrifice et par son sang qui a été versé. L’acte d’Aaron n’avait seulement pour effet que de purifier la chair ; autrement dit, il n’y avait qu’un effet extérieur. Il ne pouvait pas purifier la conscience des personnes pour lesquelles les sacrifices étaient offerts.
Combien nous pouvons être reconnaissants quand nous nous tournons pour considérer ce que Christ a fait ! Nous avons ici l’un des endroits où figure l’expression « combien plus » dans l’Écriture. Son sang a une valeur tellement plus grande, parce qu’Il est tellement grand !
L’Écriture nous dit que les sacrifices d’animaux qui étaient offerts à Dieu ne faisaient que rappeler les péchés (Héb. 10. 3). L’adorateur, dans l’Ancien Testament, ne pouvait pas venir à Dieu avec une conscience purifiée. La répétition des offrandes de sacrifices et de sang versé prouvait que le péché, et les péchés commis, n’étaient pas encore ôtés.
Le témoignage de l’Écriture quant à l’œuvre du Seigneur, c’est : « Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés », et le résultat : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 10. 14 et 17). Quel contraste cela représente pour le chrétien aujourd’hui. Lorsque nous adorons – que ce soit individuellement, dans notre famille, ou en particulier dans notre louange collective – nous ne nous souvenons plus de nos péchés, mais de Celui qui les a ôtés !
Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il a ouvert pour nous à travers le voile, c’est-à-dire sa chair… approchons-nous avec un cœur vrai… ayant les cœurs par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure. Héb. 10. 19, 20 et 22.
Son sang nous donne l’accès à Dieu
Dans ce passage, nous trouvons que le sang de Christ nous donne accès au lieu très-saint, dans la présence même de Dieu. Grâce extraordinaire !
Remarquez que le Saint Esprit nous dit que nous entrons par le sang de Jésus. C’est Son nom qui présente devant nous Son humanité sainte et parfaite, l’Homme béni qui faisait toujours la volonté de Son Père. Dans la signification de Son Nom, il nous est rappelé aussi qu’Il est le Sauveur. Que cela est merveilleux, qu’Il soit venu, non pas seulement pour nous sauver, mais pour nous amener à Dieu (1 Pier. 3. 18). Et ainsi son sang nous donne accès, non seulement dans le parvis, ou dans le lieu saint, mais dans le lieu très-saint, directement dans la présence de Dieu. C’est un chemin nouveau et vivant, en contraste avec le chemin cérémoniel par lequel les sacrificateurs de l’Ancien Testament pouvaient, dans une certaine mesure, s’approcher.
Notez aussi l’exhortation : Approchons-nous. Ainsi, en même temps que chaque croyant, individuellement, peut jouir de cet accès, c’est spécialement le rassemblement collectif des croyants qui est en vue ici.
Pour nous encourager à nous approcher, il nous est rappelé que nos cœurs ont été purifiés d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure. Nous pensons que cela se réfère à la consécration des sacrificateurs de l’Ancien Testament (Ex. 29 ; Lév. 8). Mais, alors qu’ils avaient la cérémonie extérieure, nous avons la réalité intérieure ! Ils étaient littéralement aspergés avec du sang. Notre conscience est purifiée par le précieux sang de Christ. Lorsque nous nous approchons de la présence de Dieu, nous n’avons pas besoin d’être occupés de nos péchés, car Christ les a tous ôtés. Le corps lavé d’eau pure rappelle que les sacrificateurs devaient être lavés. Quant à nous, nous sommes nés de nouveau, et nous avons une nature qui désire plaire à Dieu.
Sachant que vous avez été rachetés de votre vaine conduite qui vous avait été enseignée par vos pères, non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, préconnu avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous. 1 Pier. 1. 18 à 20
Le sang précieux
L’or et l’argent peuvent acheter beaucoup de choses. Toutefois ils ne pourraient pas nous racheter à la vue de Dieu. « Ils se confient en leurs biens … leurs richesses … Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon, (car précieux est le rachat de leur âme, et il faut qu’il y renonce à jamais) » (Ps 49. 6 à 8).
Nous voyons, dans le verset de 1 Pierre, quel grand prix exigeait notre rédemption : elle nécessitait un sang précieux. Le sang d’agneaux sans nombre avait été versé, mais ce sang-là n’est jamais appelé précieux. Ce terme est réservé au sang de l’Agneau céleste, l’Agneau de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ. Il était « sans défaut et sans tache ». A l’intérieur comme à l’extérieur, Il était pur et acceptable pour Dieu.
Des prophéties, tout au long de l’Ancien Testament, avaient annoncé le Seigneur Jésus et Son œuvre. Abel, immédiatement après la chute de l’homme dans le péché, apporta son agneau avec la graisse, pour le présenter à Dieu. La nuit de la Pâque, chaque famille israélite devait prendre cet agneau spécial, qu’ils avaient mis en garde pendant quatre jours, – ils devaient le tuer et mettre de son sang sur le linteau et les poteaux des portes de leurs maisons. L’Éternel avait dit : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous ».
Avec l’introduction de la Loi, et le tabernacle, et plus tard, le temple, un agneau devait être offert chaque matin et chaque soir sur l’autel de l’holocauste. Mais quel moment particulier cela a été, quand Jean le Baptiseur a pu regarder le Seigneur Jésus et dire : « Voilà l’Agneau de Dieu » (Jean 1. 29). Il est précieux, et Son sang est précieux !
A celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang – et il a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père -, à lui la gloire et la force aux siècles des siècles. Apoc. 1. 5 et 6.
Son sang a fait de nous des sacrificateurs
Qu’il est remarquable de considérer la puissance en purification du sang de Christ ! « Dieu est lumière… Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 5 et 7). Ce passage de la 1ère épître de Jean montre le caractère de ce sang : il purifie de tout péché. Comme nous sommes reconnaissants qu’il n’y ait pas un péché que le sang de Christ ne puisse effacer ! Alors que le sang de Christ a été versé une fois pour toutes, et que sommes purifiés une fois pour toutes, nous avons souvent besoin que nous soit rappelée la valeur de Son sang. Mais nous ne sommes pas purifiés par le sang une deuxième fois, car cela voudrait dire qu’il nous faudrait aller à Dieu de nouveau comme des pécheurs. Mais en confessant notre faute, comme étant des enfants du Père qui ont désobéi, il doit nous être rappelé à nouveau ce qu’il en a coûté pour ôter ces péchés.
Cependant, qu’il est remarquable que, non seulement nous avons été lavés de nos péchés par Jésus, mais que nous sommes maintenant rendus aptes à être des sacrificateurs pour Son Dieu et Père. Cela est vrai de tous les croyants, jeunes et plus âgés. Comme sacrificateurs, nous pouvons adorer et prier, nous pouvons offrir « des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pier. 2. 5). Tandis que, dans les réunions publiques des croyants, ce sont les frères qui parlent au nom des croyants (1 Cor. 14. 34), rappelons-nous toujours que chacun des croyants présents est un sacrificateur pour Dieu !
Remarquez que, dans le verset ci-dessus, il est dit « A celui qui nous aime ». Qu’est-ce qui a poussé le bien-aimé Fils de Dieu à venir pour de tels que nous, pour que Son sang précieux soit versé ? – C’est Son grand amour, « qui surpasse toute connaissance » (Éph. 3. 19) ! Puissions-nous entrer dès maintenant dans l’esprit de ce verset, alors que nous sommes encore ici-bas. « A lui la gloire et la force aux siècles des siècles ». Il est digne de notre louange, et puissions-nous être de ceux qui Lui rendent cette louange !

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