CORONA 55

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CORONA 55

La gerbe des prémices

 

 

Si la Pâque et la fête des pains sans levain furent célébrées par les fils d’Israël pendant quarante ans dans le désert, les cinq autres fêtes l’ont été à partir de l’entrée dans le pays. Lorsque Josué eut introduit les fils d’Israël en Canaan, ils célébrèrent une première Pâque et, « dès le lendemain ils mangèrent du vieux blé du pays, des pains sans levain et du grain rôti, en ce même jour-là. Et la manne cessa dès le lendemain, après qu’ils eurent mangé du vieux blé du pays ; et il n’y eut plus de manne pour les fils d’Israël ; et ils mangèrent du cru du pays de Canaan cette année-là » (Josué 5. 11).
Dans le pays, la Pâque devait être sacrifiée « le soir, au coucher du soleil, au temps où tu sortis d’Égypte ». Elle devait être mangée « rôtie au feu, avec des pains sans levain, et des herbes amères » dans le « lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi ; et le matin tu t’en retourneras, et tu t’en iras dans tes tentes » (Ex. 12. 8 ; Deut. 16. 6 et 7). La Pâque parlait par avance de la mort de Christ qui « a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes » (1 Pier. 3. 18). Le vieux blé du pays nous fait penser à Celui qui « d’éternité en éternité est Dieu » (Ps. 90. 2), les pains sans levain, à la perfection de l’homme Christ Jésus dans Sa marche sur la terre, et le grain rôti, à notre Sauveur qui a connu les souffrances de l’expiation.
Avant de s’offrir en sacrifice, Jésus avait prévenu Ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous dis, que vous, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; et vous, vous serez dans la tristesse ; mais votre tristesse sera changée en joie » (Jean 16. 20). Ce qu’ils allaient vivre avait été annoncé par la voix prophétique : « Car il y a un moment dans sa colère, il y a une vie dans sa faveur ; le soir, les pleurs viennent loger avec nous, et le matin il y a un chant de joie » (Ps. 30. 5).
Nombreux sont les textes prophétiques qui annonçaient les souffrances expiatoires de Christ, entre autres : « Les ardeurs de ta colère ont passé sur moi » (Ps. 88. 16) ; « toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi » (Ps. 42. 7). La colère de Dieu qui pesait sur nous « s’est détournée » sur Jésus : « Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui » (És. 12. 1 et 53. 5). Il y a eu un moment unique dans le temps et l’éternité, c’est l’heure pour laquelle le Fils était venu dans ce monde (Jean 12. 27). Lorsque Jésus évoque la coupe que le Père Lui a donnée à boire, Il doit dire à Ses disciples : « Voici, l’heure vient, et elle est venue, que vous serez dispersés chacun chez soi, et que vous me laisserez seul » (Mat. 20. 22 ; Jean 18. 11 ; Jean 16. 32). Oui, ils ont été dispersés ; oui ils ont pleuré dans cette terrible nuit, de honte et de confusion ; « Frappe le berger, et le troupeau sera dispersé » (Zach. 13. 7 ; Luc 22. 62 ; Jean 20. 15) ; mais : le matin, du premier jour de la semaine, Jésus ressuscité, apparaît à Marie de Magdala ; sa joie fait place aux larmes et son « deuil est changé en allégresse » (Marc 16. 9 et 10 ; Ps. 30. 11). Les disciples aussi « se réjouirent quand ils virent le Seigneur » (Jean 20. 20).
La gerbe des prémices était prélevée au début de la moisson. Il est très probable que cette gerbe, tout en étant la première, était composée d’épis choisis. Elle était apportée le lendemain du sabbat, c’est-à-dire le premier jour de la semaine. Elle nous parle de Christ qui « a été ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis » (1 Cor. 15. 20). La gerbe était tournoyée, ou présentée sur toutes ces faces, « devant l’Éternel, pour que vous soyez agréés ; le sacrificateur la tournoiera le lendemain du sabbat » (Lév. 23. 11). « Christ… est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle » (Héb. 9. 12). La gerbe des prémices était présentée chaque année, mais la résurrection et l’entrée de notre Seigneur dans le ciel l’ont été une fois pour toutes. Sa résurrection est le témoignage que la justice de Dieu a été satisfaite parce que Jésus, victime expiatoire, était sans péché même s’il « a porté le péché de plusieurs » (És. 53. 12).
« Jésus notre Seigneur,… a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4. 25). Quiconque croit en Lui est agréé ou reçu en grâce ; tous ceux qui ont accepté Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur sont vus dans la gerbe des prémices ou dans cette image : « le grain de blé,… s’il meurt, porte beaucoup de fruit ». Les croyants sont « le fruit du travail de son âme » et Dieu est « satisfait » (És. 53. 11). Avec la gerbe, accompagnée d’une offrande de gâteau et « d’une libation de vin », symbole de la joie, un agneau était offert en holocauste (Lév. 23. 12 et 13).
Réaliser que Christ est mort pour nos péchés (la Pâque), c’est aussi réaliser « que comme Christ a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père (la gerbe prémices), ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Rom. 6. 4). La gerbe, présentée en direction du ciel, nous amène à penser à l’impact que la résurrection de notre Seigneur a sur nos vies : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre ; car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire » (Col. 3. 1 à 4).
Pour nous tous, qui avons accepté Jésus comme Sauveur et Seigneur, cette vie nouvelle et éternelle est cachée en Dieu, personne ne peut nous déloger de cette position ; absolument rien « ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 8. 37 à 39). Nous attendons avec joie et patience notre manifestation avec Lui en gloire. Les sept semaines comptées pour la moisson nous instruisent sur le temps que le Seigneur nous laissera sur la terre, pour Le servir. Il nous dit : « Levez vos yeux et regardez les campagnes ; car elles sont déjà blanches pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle ; afin que, et celui qui sème et celui qui moissonne, se réjouissent ensemble » (Jean 4. 35 et 36). Entrerons-nous dans la moisson de Celui qui est allé en pleurant portant la semence qu’il répandait et qui revient « avec chant de joie portant ses gerbes » ? Même s’il fallait semer avec larmes, nous « moissonnerons avec chant de joie » (Ps. 126. 5 et 6).