CORONA 38

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CORONA 38

L’entrée du parvis

 

 

Pour entrer dans le parvis, il fallait se préparer mentalement, en vérifiant sa condition et en choisissant un sacrifice agréable à l’Éternel, et ensuite y venir. Nous pouvons suivre ce processus lorsque nous nous rendons aux réunions de culte. Dans quelle condition morale est-ce que je m’approche de Dieu ? L’apôtre inspiré écrira aux Corinthiens : « que chacun s’éprouve soi-même » (1 Cor. 11. 28) et aux croyants hébreux : « Approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, ayant les cœurs par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience » (Héb. 10. 22).
L’entrée du parvis du sanctuaire avait, comme porte, un rideau de vingt coudées de largeur sur cinq coudées de haut (10 m. sur 2.5 mètres). L’entrée se trouvait à l’orient, c’est-à-dire au soleil levant. Chacun des détails rencontrés dans le tabernacle apporte une signification spirituelle, même l’orientation de l’entrée. Quinze siècles plus tard, quand Jean-Baptiste est présenté en public pour être circoncis, Zacharie son père, éclairé par le Saint-Esprit, s’écrie : « l’Orient d’en haut nous a visités » (Luc 1. 67 à 79). Le Saint-Esprit lui avait révélé que son fils Jean allait être celui qui préparerait le chemin du Seigneur (voir aussi : És. 40. 3 ; Mal. 3. 1 ; Mal. 4. 5 et 6 ; Mat. 11. 7 à 14).
En considérant l’ensemble du tabernacle, nous y voyons trois rideaux. Premièrement, celui qui fait office de porte pour le parvis, ensuite celui qui permet d’entrer dans le lieu saint et finalement, le voile qui sépare le lieu saint du lieu très saint. Les trois rideaux sont fabriqués avec les mêmes matériaux, offrant quatre couleurs. Déjà, le rideau d’entrée du parvis du sanctuaire apporte une image du Seigneur Jésus, qui dira à Ses disciples : « Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jean 10. 9). La largeur du rideau était une invitation à s’approcher du Dieu d’Israël, comme les bras grand ouverts de notre Seigneur pour quiconque vient à Lui. « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).

Les quatre couleurs témoignaient par avance des gloires du Seigneur mises en évidence par les quatre évangélistes.
Le bleu évoque le ciel. L’apôtre Jean décrit le Seigneur Jésus comme le Fils éternel de Dieu, le second Homme venu du ciel, appelé le « Céleste » (1 Cor. 15. 47 à 49). Près de quarante fois, Jésus témoigne qu’Il est l’envoyé du Père, le messager céleste de l’amour divin.
La pourpre était employée dans l’antiquité pour revêtir les rois. Elle était le signe de la plus haute autorité. L’Évangile selon Matthieu met en évidence le Roi des rois et le Messie d’Israël. Le titre de roi lui est donné neuf fois dans cet évangile. De Bethléhem, où il est adoré par les mages venant de l’orient, à Golgotha, Jésus est reconnu comme étant le roi des Juifs.
L’écarlate, d’un rouge vif, comme celui du sang fraîchement répandu, était une couleur tirée d’un ver. L’expression « ver » évoque ce qui est petit, misérable, sans défense et impuissant. C’est ainsi que Dieu qualifie le pécheur perdu « l’homme, un ver, et le fils de l’homme, un vermisseau ! » (Job 25. 4 à 6). Notre Seigneur s’est identifié à la condition de l’homme mortel en Se chargeant « de nos douleurs » (És. 53. 4). Il a pris sur Lui nos péchés, pour en subir le terrible châtiment. La voix prophétique exprime ce qu’Il a dû ressentir : « Mais moi, je suis un ver, et non point un homme » (Ps. 22. 6). L’évangile selon Marc décrit d’une façon merveilleuse le Serviteur de Dieu qui dit de Lui-même : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Marc 10. 45).
Le coton blanc (fin coton ou byssus). Il est mentionné pour la première fois en Gen. 41. 42. Le vêtement que portait Joseph, dans sa gloire en Égypte, était du plus fin coton blanc. David, Asaph et ses frères, et plus tard Mardochée, portaient des vêtements de ce précieux tissu. L’évangile selon Luc présente le Seigneur Jésus comme le Fils de l’homme, dans Sa vie sainte et sans péché. L’ange visitant Marie lui a parlé de : « La sainte chose qui naîtra » (Luc 1. 35). Telle fut Son entrée dans le monde. De la crèche à la croix, Il fit constamment la volonté de Son Père. Puis, quand il arriva au terme de Son court passage sur la terre, après avoir guéri tant de malades, rendu l’ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, la vie aux morts, Pilate, Son juge, en Le livrant à la foule, doit dire de Jésus : « Je ne trouve aucun crime en cet homme » (Luc 23. 4 et 14). Il porte encore le titre de Fils de l’homme dans la gloire. À l’heure de Son martyre, Étienne, voyant Jésus debout à la droite de Dieu dit : « Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Act. 7. 56).

Chaque fois que le lecteur de la Bible médite sur les beautés du tabernacle, ce sanctuaire terrestre, il peut penser à Jésus-Christ. Il Le verra comme l’Homme venu du ciel, « le bleu » ; un Roi magnifique qui donne Sa vie pour la délivrance de Son peuple, « la pourpre » ; un Serviteur dévoué jusqu’à la mort de la croix, « l’écarlate » ; un Homme parfait rendant à Dieu ce qu’Il n’avait pas ravi (voir : Ps. 69. 4), « le coton blanc ».
Si Satan a voulu s’approprier la gloire de Dieu, si Adam, par la suite, en écoutant la voix du tentateur, a pensé être « comme Dieu » (Gen. 3. 5), notre Seigneur, Lui, S’est abaissé jusqu’à la mort de la croix. Dans les conseils de Dieu, Jésus avait dit : « Voici, je viens… c’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 7 et 8). À Gethsémané, Ses disciples furent témoins de Ses supplications à Son Père et de Son acceptation : « Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (Luc 22. 42). En retour, « Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom » (Phil. 2. 9). Ainsi ce rideau rendait par avance témoignage « des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient » (1 Pier. 1. 11). Oui, qu’à jamais, toute gloire et tout honneur Lui soient rendus !