UN TROUPEAU QUI N’A PAS DE BERGER

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« UN TROUPEAU QUI N’A PAS DE BERGER »

 

 

Nous n’allons pas parler pendant tout le message de cette expression, mais ce sera notre fil conducteur dans les trois passages où nous trouvons cette expression « un troupeau qui n’a pas de berger ».

La première fois que nous entendons cette expression dans la Parole, c’est dans la bouche de Moïse. Nous lisons un premier passage dans le livre des Nombres, au chapitre 27 :
« Et l’Éternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne d’Abarim, et regarde le pays que j’ai donné aux fils d’Israël. Tu le regarderas, et tu seras recueilli vers tes peuples, toi aussi, comme Aaron, ton frère, a été recueilli ; parce que, au désert de Tsin, lors de la contestation de l’assemblée, vous avez été rebelles à mon commandement, quand vous auriez dû me sanctifier à leurs yeux à l’occasion des eaux : ce sont là les eaux de Meriba à Kadès, dans le désert de Tsin. Et Moïse parla à l’Éternel, disant : Que l’Éternel, le Dieu des esprits de toute chair, établisse sur l’assemblée un homme qui sorte devant eux et entre devant eux, et qui les fasse sortir et les fasse entrer ; et que l’assemblée de l’Éternel ne soit pas comme un troupeau qui n’a pas de berger » (v. 12 à 17).
Un peuple immense marche dans le désert. Nous pouvons observer et remarquer, les différentes étapes de son voyage. Nous pouvons assister aussi à ce qu’ils ont fait, aux circonstances qui ont jalonné leur traversée du désert. Mais il y a quelque chose qu’on ne voit pas, quelque chose que Dieu seul voit : tous ces gens-là en route vers Canaan, où est leur cœur ?

Aujourd’hui aussi, nous sommes en route vers la Canaan céleste, et il y a ce qu’on ne voit pas, mais que Dieu voit. Où sont nos cœurs ? Où est mon cœur ?
Dans le chapitre 6 de l’évangile de Matthieu, le Seigneur dit : « là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (v. 21).
Or, dans cet immense peuple qui marche dans le désert, il y en a dont le cœur est resté en Égypte. Il y en a qui regardent en arrière, il y en a qui regrettent l’Égypte.
Oh ! ce sont des gens qui ont une mémoire extrêmement sélective. Ils se souviennent de ce qu’ils mangeaient, en particulier du poisson, le poisson qui était tiré de ce fleuve de la mort, ce fleuve dans lequel étaient noyés les enfants d’Israël, ce fleuve qui a été transformé en sang. Voilà une des nourritures qu’ils regrettaient.
Et puis ils regrettaient aussi les poireaux, ils regrettaient les concombres, ils ne regrettaient que de la nourriture qui pousse sur le sol.
Quant à nous, regrettons-nous ce monde ? Oui, nous sommes en route vers le ciel, mais où sont nos cœurs ? Est-ce que nos cœurs sont là, encore en Égypte ?
Est-ce que nous regrettons ce qui fait courir les gens de ce monde ? Alors il y a ceux qui regardent en arrière parce que leur cœur est resté en Égypte, un peu aussi comme la femme de Lot qui s’est retournée. Il y a aussi ceux qui regardent à droite et à gauche.
Ce sont des gens qui trouvent que le désert n’est pas si désert que cela. Ils ont fait un choix matériel. Ils voient qu’il y a des prairies, ils voient qu’ils ont des troupeaux, et alors ils préfèrent ce pays au pays que l’Éternel a donné à son peuple.
Quel choix faisons-nous, alors que nous sommes en chemin ? Est-ce que les choses de cette terre, est-ce que les aises que ce monde nous donne, nous arrêtent au point que nous y mettons notre cœur, que l’espérance qui est devant nous est sans attrait ?
Pour ces personnes, Canaan, bien sûr, ce sont des choses qui leur paraissent un peu lointaines, qui demandent de la foi. Alors que là, à leur vue, il y a des choses qui leur conviennent tout à fait. Oui, bien sûr, ils iront avec le peuple de Dieu à la conquête du pays, et pendant ce temps ils laisseront leurs familles. Le papa est parti. La conquête a duré sept longues années où le père n’était pas à la maison.

Un choix de travail, un choix matériel, est fait au détriment de cette part qui est celle des croyants, qui est à eux déjà par la foi. Ce sont les masses des croyants qui savent bien qu’ils sont sauvés pour toujours, mais les choses qui sont de l’autre côté du Jourdain, celles qui sont liées à notre mort et à notre résurrection avec Christ, ces choses ne les intéressent que très moyennement.

Mais heureusement, s’il y a ceux qui regardaient derrière, s’il y a ceux qui regardent à droite et à gauche, il y a aussi heureusement ceux qui regardent en avant. Leur trésor est là en Canaan, leur espérance. Ce qu’ils ne voient pas encore, mais dont ils jouissent déjà par la foi, fait leur bonheur et les fait marcher dans ce terrible désert.
Nous pensons d’abord, bien sûr, et peut-être que ce sont des noms que vous avez à l’esprit, à Josué, à Caleb. Ils ont vu le pays.
Lorsqu’ils ont vu ce pays excellent en compagnie des dix autres, ils ont vu que Dieu ne leur avait pas menti. Et cela les a fait marcher dans cette espérance glorieuse d’entrer bientôt dans ce pays. Il y a pour chaque croyant aussi un trésor, il y a d’abord la personne de Celui qui nous a précédés, et avec lui toutes ces bénédictions célestes qui sont à nous déjà par la foi.

Alors il y a Josué et Caleb, il y a aussi les filles de Tselophkhad. Elles ont une priorité. C’est l’héritage avant tout. Elles sont célibataires, mais elles ne désirent pas brader l’héritage qu’elles ont reçu de leurs parents. Et même leur mariage dépendra de la conservation de cet héritage. Je pense à des jeunes qui peut-être nous écoutent, qui ont peut-être le désir de se marier. Quelle est votre priorité ? Les filles de Tselophkhad ont devant elles cet héritage, et cet héritage conditionnera tous leurs choix et en particulier le choix d’un conjoint.

Et puis il y a celui qu’il faut mettre complètement à part. Nous avons parlé de ceux qui regardent en avant, nous avons parlé de Josué, de Caleb, des filles de Tselophkhad, et puis il y a Moïse.
Combien Moïse a soupiré après ce bon pays ! C’est bien cette espérance qui lui a fait traverser le désert au milieu des plaintes et des infidélités de ce peuple rebelle. Dieu lui dit dans le passage que nous avons lu : ce pays, tu n’y entreras pas. Dieu nous a conservé sa prière. Cette prière montre que ce n’est pas une prière du bout des lèvres.
« Et en ce temps-là, je suppliai l’Éternel, disant : Seigneur Éternel ! tu as commencé à faire voir à ton serviteur ta grandeur et ta main forte, car quel est le Dieu, dans les cieux et sur la terre, qui fasse des œuvres comme tes œuvres et selon ta force ? Que je passe, je te prie, et que je voie ce bon pays qui est au-delà du Jourdain, cette bonne montagne, et le Liban ».
Cette prière, nous la trouvons dans Deutéronome 3. 23 à 25. Oh ! Moïse, lui, ne dénigrait pas ce pays. Pour lui c’était un pays excellent, et alors qu’il a soupiré après cet héritage, cette espérance qui était devant lui, Dieu lui dit : Non. Il faut que nous soyons convaincus d’une chose : c’est que Dieu répond toujours à nos prières. Vous avez bien entendu : Dieu répond toujours à nos prières. Dieu peut répondre en nous disant oui, en exauçant la prière que nous avons fait monter vers lui, et quel sujet de reconnaissance !

Nous allons prendre trois exemples de prières qui ont été exaucées.

Je pense d’abord à une femme qui s’appelle Anne. Oh ! elle non plus n’a pas prié du bout des lèvres lorsqu’elle le fait dans l’ardeur de sa peine, ne se rendant même pas compte que ses lèvres bougeaient, alors qu’elle est là à Silo, observée par Éli, le sacrificateur, qui la traite comme une ivrogne.
Elle répandait son âme devant l’Éternel. Dieu a dit oui. Et lorsqu’elle a l’objet de sa prière, c’est-à-dire ce petit garçon, elle va l’appeler Samuel.
Le nom de Samuel a deux sens. Samuel, cela signifie demandé à Dieu et cela signifie aussi Dieu a répondu. On dira : ce n’est pas du tout la même chose : demandé à Dieu, Dieu répond. Pour nous ce n’est peut-être pas la même chose, mais pour Anne, pour la foi d’Anne, ces deux expressions sont synonymes. Demander à Dieu dans sa foi, et l’exaucement de Dieu, pour elle c’est la même chose.

Voici un autre à qui l’Éternel a répondu favorablement, un autre que Dieu a exaucé. Il s’agit d’un homme dont il n’est question qu’une seule fois dans l’Écriture.
Vous pouvez faire le tour de la terre, vous ne trouverez nulle part, dans aucune ville, sur aucune place de village, une statue de cet homme, parce qu’il ne fait pas partie de ceux que les hommes vénèrent, qu’on couvre de gloire. Cet homme dont la Parole nous parle se trouve dans une longue généalogie et combien c’est solennel, une généalogie où Dieu dit qu’un homme est né, qu’il a vécu et qu’il est mort. Et dans la plupart des cas, Dieu, en donnant le nom de cette personne, n’a rien à dire sur sa vie (1 Chron. 4. 1 à 10).
Qu’en est-il de la nôtre ? Est-ce que Dieu n’a rien à dire de notre vie ? Est-ce que Dieu n’aura rien à dire de notre vie ?
Mais dans cette généalogie, cette succession de noms, Dieu s’arrête sur un homme. Qu’a-t-il fait d’extraordinaire, cet homme, pour que Dieu s’arrête ainsi sur lui ? Cet homme, pour lui cela a mal commencé. L’accouchement déjà a été difficile et il est tellement mal parti que sa mère l’a appelé Jahbets, ou bien douleur. Et dans bien des cas aujourd’hui comme autrefois, on crie si facilement à l’injustice. Enfin un enfant qui naît, malingre, en mauvaise santé, et un autre qui naît en pleine forme, l’un qui naît avec une cuillère en argent dans la bouche et l’autre qui naît dans la plus grande pauvreté, et très vite on accuserait même Dieu. Mais pour Jahbets, le fait qu’il soit ainsi marqué dès sa naissance par la douleur, ses infirmités, sa faiblesse, cela a produit quelque chose d’extraordinaire qui fait que Dieu s’arrête sur son nom et nous cite sa prière.
Voilà un but d’une épreuve, voilà le but de ces prétendues injustices que Dieu permet dans ce monde : tourner des âmes vers Lui.
Jahbets, réalisant toute sa faiblesse, a crié vers Dieu : « Si tu me bénissais abondamment » (1 Chron. 4. 10). Il sait que, humainement, il est plein d’infirmités, alors il se rejette sur Celui qui est la parfaite ressource de ceux qui réalisent leurs limites et leurs infirmités. « Si tu me bénissais abondamment » : cette prière est remarquable. Quand il a exposé sa prière, sans apporter aucun argument, sans prétendre mériter quoi que ce soit, la conclusion de sa prière, c’est Dieu qui la donne souverainement, majestueusement : « Et Dieu fit arriver ce qu’il avait demandé ».

Troisième cas où Dieu va dire oui à la prière de quelqu’un. Il s’agit d’un roi sanguinaire. On aurait pu prendre bien des exemples, mais j’ai choisi ces trois exemples qui sont très significatifs. C’est un homme qui s’appelle Manassé (2 Chron. 33. 1 à 20).
Dieu l’a supporté comme roi pendant plus de cinquante ans, montrant son immense patience vis-à-vis de l’incrédulité et de la méchanceté humaine. Mais un jour, ce roi qui avait rempli Jérusalem de sang innocent – cela veut dire qu’il n’y avait pas une rue dans Jérusalem dans laquelle on n’aurait pas tué quelqu’un arbitrairement sur l’ordre du roi – quand il fut dans la détresse, voilà qu’il va s’humilier et se repentir.
Dieu ne lui a pas dit alors : « C’est bien fait pour toi, avec tout ce que tu as fait, tu n’as que ce que tu mérites ». Parce qu’il n’y a pas de trop grand pécheur pour un si grand Sauveur.
Et quand il s’humilie et se repent, ce qui est encore aujourd’hui le seul chemin de la bénédiction, que ce soit pour un incrédule, que ce soit pour nous croyants lorsque nous nous sommes laissés détourner de notre relation avec notre Seigneur par quelque infidélité. « Et quand il fut dans la détresse, il implora l’Éternel, son Dieu, et s’humilia beaucoup devant le Dieu de ses pères, et le pria » (2 Chron. 33. 12).
Le repentir est là, et parce que notre Dieu est ce grand Dieu de miséricorde il nous est dit : l’Éternel « se laissa fléchir par lui ». Dieu va lui pardonner, Dieu va exaucer sa prière et va le faire sortir de sa lugubre prison.

Nous avons pris ces trois exemples de personnes qui ont été exaucées. On peut constater que ce ne sont pas les meilleures personnes, ce ne sont pas des gens qui ont présenté des arguments extraordinaires, parce que Dieu nous exaucera toujours sur le terrain de sa seule grâce.

Il y a aussi ceux à qui Dieu a dit : non. L’exemple de Moïse est là. Et on en dira un mot tout à l’heure.

Je voudrais prendre un autre exemple de quelqu’un à qui Dieu a dit non.
Il s’agit de l’apôtre Paul. Lui non plus n’a pas bredouillé une prière du bout des lèvres. Il était extrêmement atteint, douloureusement atteint, certainement dans sa santé, par une terrible écharde. Le voilà qui, à trois reprises, a demandé qu’elle lui soit enlevée.
Ne vous arrive-t-il pas, après vous être relevé de votre prière, de ne même plus savoir ce que vous avez demandé ? Ne vous est-il pas arrivé de quitter une réunion de prière sans plus très bien savoir ce que nous avons demandé à notre Seigneur ?
Paul, lui, le sait. J’ai supplié trois fois le Seigneur pour que cette écharde soit ôtée et il m’a dit : « Ma grâce te suffit ». Est-ce que Paul a accepté le « non » qui venait du Seigneur ? Oh ! il l’a pleinement accepté, il a pleinement compris même le pourquoi de ce non. Il s’est rendu compte et le Seigneur le lui a révélé : c’est qu’il était beaucoup plus dans la main du Seigneur avec cette écharde que sans elle, et que son ministère, au lieu d’en être entravé, était au contraire particulièrement augmenté à cause de cette écharde qu’il avait dans la chair.
Et puis, si Dieu dit non, Il dit aussi oui ; si Dieu dit non, Dieu dit aussi : attends.

Nous pourrions prendre deux exemples aussi où Dieu a dit : Attends.
Il y a un couple que nous trouvons au début de Luc, un sacrificateur, c’est Zacharie, et sa femme Élisabeth. Ils ont un gros problème : pas d’enfant.
Le temps passe, on prie, et toujours pas de réponse. Et puis on prie encore et toujours pas de réponse. Et puis on devient âgé, on passe l’âge où on a des enfants ordinairement. On peut imaginer, même si la Parole ne nous le dit pas, que Zacharie et Élisabeth avaient peut-être cessé de prier. Mais lorsqu’il lui est annoncé que ses prières ont été entendues, cela nous montre que Dieu connaît toutes les prières qui sont montées du fond de notre cœur, même si nous-mêmes nous les aurions peut-être oubliées et Dieu va les exaucer, mais pas au moment où ils pensaient que Dieu allait les exaucer. Et alors ce sera la naissance de Jean le baptiseur.

Il y a une autre femme qui a prié. C’est une Cananéenne. Oh ! bien sûr cette femme a prié avec de la maladresse, mais qui peut dire parmi nous que nous prions avec des expressions qui sont toujours excellentes ? Nous ne pouvons pas dire cela.
La Cananéenne s’adresse au Seigneur comme Fils de David. Elle qui était une Cananéenne, n’avait droit à aucune bénédiction liée à Israël. Et le Seigneur ne lui répondit mot.
Est-ce que le Seigneur ne l’a pas entendue ? Et après, lorsque le Seigneur s’adresse à elle, c’est même pour la repousser. « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Nous trouvons ce passage dans le chapitre 15 de Matthieu.
Mais on voit sa persévérance. Que nous puissions nous aussi, dans la certitude de savoir que Dieu nous écoute, que Dieu nous entend, persévérer dans la prière ! Et après, elle vient vers le Seigneur : « Seigneur, assiste-moi ». Parce que le Seigneur répond toujours à la foi, même si, dans la formulation, cette femme s’était mal exprimée. Le Seigneur va Se plaire à répondre pleinement à son désir, pour sa joie, mais aussi pour la Sienne.

Revenons un instant sur le « non » que Moïse a entendu par rapport à sa prière. Quelle est sa préoccupation, alors que Dieu lui dit : Tu n’entreras pas dans le pays ? Est-ce qu’il va commencer à larmoyer sur son sort en disant : cela fait quarante ans que je suis dans ce désert, et maintenant je ne peux entrer dans le pays ! Non. Moïse se soumet, et la première de ses pensées, ce n’est pas pour lui, mais c’est pour ce peuple qui lui en a pourtant tant fait voir et pour lequel il va dans ce moment-même intercéder.
Nous entendons :
« Que l’Éternel, le Dieu des esprits de toute chair, établisse sur l’assemblée un homme qui sorte devant eux et entre devant eux, et qui les fasse sortir et les fasse entrer ; et que l’assemblée de l’Éternel ne soit pas comme un troupeau qui n’a pas de berger ».
C’est la préoccupation de Moïse pour ce peuple qu’il va laisser, pour qu’il soit conduit.
Quelles ont été les préoccupations du Seigneur dans un moment comparable à aucun ? Le Seigneur est sur la croix, dans un moment où tout autre aurait pensé à lui-même. C’est aux Siens que le Seigneur Jésus pense et aussi à ce peuple qui est en train de Le crucifier : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34), « Femme, voilà ton fils » et « au disciple : Voilà ta mère » (Jean 19. 26 et 27).
Si Moïse a pensé au peuple, il n’est qu’une image de Celui qui a pensé, dans un moment si douloureux, aux Siens plutôt qu’à Lui-même.

Comme l’a dit quelqu’un : lorsque Dieu ferme une porte, comme il a fermé la porte du pays à Moïse, si Dieu ferme une porte, c’est que Lui sait ce qu’il y a derrière. Nous, nous ne le savons pas, nous pensions que ce serait bien comme cela. Mais un jour, le Seigneur nous montrera que ce que nous avons peut-être demandé et au sujet duquel il nous a dit non, n’était pas pour notre bénédiction. Et comme l’a dit aussi quelqu’un : il valait mieux pour Moïse d’être au sommet du Pisga en compagnie de l’Éternel pour voir tout ce bon pays avec un guide extraordinaire, l’Éternel lui-même. Il valait mieux voir tout ce pays en compagnie de l’Éternel que d’y entrer au milieu des murmures, des infidélités de ce peuple qui ne l’a jamais conquis entièrement.

Nous passons au deuxième passage où nous trouvons cette expression « un troupeau qui n’a pas de berger ». On aurait pu le prendre aussi dans les Chroniques, mais prenons-le dans le 1er livre des Rois au chapitre 22.
« Et il [Achab] dit à Josaphat : Viendras-tu avec moi à la guerre, à Ramoth de Galaad ? Et Josaphat dit au roi d’Israël : Moi, je suis comme toi, mon peuple comme ton peuple, mes chevaux comme tes chevaux. Et Josaphat dit au roi d’Israël : Enquiers-toi aujourd’hui, je te prie, de la parole de l’Éternel. Et le roi d’Israël rassembla les prophètes, environ quatre cents hommes, et leur dit : Irai-je à la guerre contre Ramoth de Galaad, ou m’en abstiendrai-je ? Et ils dirent : Monte » (v. 4 à 6). Puis le v. 17 : « Et Michée [Michée est un prophète qu’on est allé chercher] dit : J’ai vu tout Israël dispersé sur les montagnes, comme un troupeau qui n’a pas de berger ».
Si nous nous arrêtons un petit peu sur ces trois personnages principaux, nous avons d’abord un Achab, qui vit selon ses pulsions, qui vit selon sa propre volonté, qui convoite Ramoth de Galaad comme il a convoité la vigne de Naboth.
Il nous fait penser à ces gens du monde qui vivent uniquement pour eux-mêmes. Nous avons ensuite Josaphat, et Josaphat a beaucoup de choses à nous enseigner.
Josaphat est un roi pieux, mais c’est un roi – pas seulement là, d’autres fois encore – qui a eu de funestes associations. Josaphat ne se rend pas compte qu’Achab est beaucoup plus dangereux comme ami que comme ennemi.
On les imagine bien tous les deux à table et puis, entre la poire et le fromage comme on dit, il y a cette proposition : « Viendras-tu avec moi à la guerre, à Ramoth de Galaad ? » Et Josaphat, bien avec cet homme du monde, hélas ! répond : « Moi, je suis comme toi ». Je sais que nous savons suffisamment ce qu’il faut dire pour ne jamais dire une parole comme celle-là. Mais pourtant, est-ce que notre vie, quelquefois, ne crie pas cela vis-à-vis d’un monde qui a crucifié le Seigneur : « Moi, je suis comme toi » ?
Ah ! Josaphat s’alliant avec Achab pour la guerre. Il s’était allié aussi avec cet incrédule pour le mariage de son fils. Son fils Joram a épousé Athalie. Oh ! peut-être que derrière ce petit minois sympathique d’Athalie, il n’avait certainement pas discerné qu’il y avait une femme sanguinaire qui allait décimer toute sa famille, qui allait tuer toute sa descendance à part celui que Dieu a préservé et qui s’appelle Joas.
Alors, nous avons Josaphat à qui il sera dit plus tard : « Aides-tu au méchant, et aimes-tu ceux qui haïssent l’Éternel ? » (2 Chron. 19. 2).
Ensuite, si nous avons Achab, si nous avons Josaphat, nous avons aussi Michée, Michée fils de Jimla, qui nous présente un chrétien sans compromis. Il est l’image d’un chrétien qui se tient devant son Dieu. Il est beaucoup plus agréable de dire quelque chose de sympathique que de dire une vérité qui dérange. D’ailleurs Josaphat et Achab avaient fait tous leurs plans, et au dernier moment – surtout Josaphat – il voulait simplement que Dieu donne son aval.
Est-ce que nous ne sommes pas tentés, nous aussi, de faire de temps en temps des plans ? Nous les imaginons, tout nous paraît très bien et puis après, on dit : ah ! mais il faudrait peut-être que le Seigneur soit avec moi. Et nous voudrions que le Seigneur se plie à notre propre volonté ?
Michée, lorsqu’il comparaît devant ces deux rois, dira la parole de l’Éternel. C’est celle-là que nous avons besoin de dire, et c’est celle-là que nous avons besoin d’entendre – qu’elle nous fasse plaisir ou qu’elle ne nous fasse pas plaisir. Mais en même temps, dans cette parole, nous sentons combien le cœur de Michée est près de ce peuple si mal conduit : « J’ai vu tout Israël dispersé sur les montagnes, comme un troupeau qui n’a pas de berger ».
Nous pouvons admirer ces exemples que la Parole nous présente. Il y a par exemple un chapitre dans l’Écriture où nous voyons comme un cortège, comme un défilé, des hommes de foi dont Michée fait aussi partie, dont Moïse, bien sûr, fait partie.
Nous pensons au chapitre 11 des Hébreux où défilent devant nous Abel et puis Énoch, Noé et tous ceux-là. Et nous pouvons admirer les chemins de foi qu’ont manifestés chacun de ces éminents serviteurs de Dieu. C’est comme si quelqu’un nous disait : tu les admires, tu admires leur foi, oui, mais attends, je vais te montrer leur chef, et alors : « fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 2).

En effet, le troisième passage où nous avons cette expression « un troupeau qui n’a pas de berger » nous le trouvons lorsque le Seigneur Jésus est sur la terre. Dans l’évangile de Matthieu au chapitre 9 et au verset 36 nous lisons :
« Et voyant les foules, il fut ému de compassion pour elles, parce qu’ils étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger ».
Notre Seigneur est face à une foule si semblable à celle qui crierait quelque temps après « Ôte, ôte ! crucifie-le ! » (Jean 19. 15).
Mais avez-vous remarqué que ce n’est pas tout à fait la même expression ? Moïse avait parlé d’un troupeau, Michée fils de Jimla avait parlé d’un troupeau dispersé sur les montagnes, et là le Seigneur parle de brebis qui n’ont pas de berger. Le Seigneur ne voit pas seulement l’ensemble du peuple, l’ensemble de cette foule qui est devant Lui. Le Seigneur montre, en employant ce terme brebis, qu’Il connaît chacun en particulier et qu’Il s’occupe de chacun en particulier. Quel soin que celui du bon Berger !
Nous nous sentons peut-être insignifiants, perdus au milieu de la foule des hommes et au milieu de la foule des chrétiens. N’oublions pas que le Seigneur a un intérêt particulier pour la plus faible de Ses brebis, pour le plus faible de Ses rachetés. Les soins du Seigneur sont là. On se souvient de ce que disait une sœur : « Le Seigneur s’occupe de moi comme si j’étais la seule dont il ait à s’occuper ». Que cette expression qui révèle le cœur de notre Seigneur et de ses serviteurs puisse être aussi sur nos cœurs !

Bien sûr, actuellement, et c’est bien ma conclusion, nous sommes dispersés, mais nous connaissons Celui qui nous dit être le bon Berger.
Que nous puissions en effet réaliser que c’est Lui qui fait l’unité, que nous ne nous rassemblons pas simplement parce que nous nous connaissons, que nous sommes des enfants de Dieu, mais que nous nous réunissons autour de Lui !
Que nous puissions mieux réaliser qu’il est Celui qui rassemble Ses brebis dispersées jusqu’au jour où nous serons alors pour toujours avec Lui dans une unité parfaite !
Que le Seigneur nous encourage et nous bénisse, et qu’Il veuille nous donner de regarder à Lui !

D’après Message donné sur : https://edification.bible/
Mai 2020