CORONA 5

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CORONA 5

 Lorsque l’épreuve perdure

 

« Cet affligé a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses » (Ps. 34. 6).
Ils sont certainement plus de deux millions d’âmes, privées d’eau dans le désert. Les hommes s’agitent, les femmes et les enfants gémissent, les troupeaux beuglent. Quel défi pour Moïse ! Comme il a dû se sentir petit devant l’étendue du désert et faible en face de la foule en tumulte. Il crie alors à l’Éternel son Dieu : « Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ». Aux nombreuses questions des fils d’Israël, le Tout-Puissant répond en ordonnant à Moïse : « Passe devant le peuple, et prends avec toi des anciens d’Israël ; et prends dans ta main ton bâton avec laquelle tu as frappé le fleuve, et va. Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira » (Ex. 17. 4).
Moïse a déjà vu la gloire de l’Éternel en action, il doit se rappeler le buisson qui ne se consumait pas, les miracles devant le Pharaon, le fleuve changé en sang, la délivrance de la Mer Rouge. Tout cela était si grand que, dans son cœur, tous les moments intenses vécus avec l’Éternel devaient être bien présents. En face de l’adversité, nous oublions si vite les merveilles d’hier.
Le peuple murmure, il apostrophe son prince, son conducteur ! Moïse ne combat plus contre le Pharaon, l’ennemi du dehors, mais bien contre celui du dedans, cette terrible contestation qui sort du cœur des fils d’Israël. Et la voix céleste résonne à ses oreilles : « le peuple boira ».
Ils sont là devant le rocher : Moïse, son bâton à la main, et les anciens autour de lui. Ils vont être les témoins de la miséricorde, de la grâce et de la toute-puissance de l’Éternel, le grand « Je Suis ». Le bâton levé vers le ciel ne s’abat pas sur les anciens, représentant le peuple qui mérite le jugement, mais sur le rocher ! Quelle grâce ! Les eaux coulent, quelle puissance !
C’est à Golgotha que cette image prendra tout son sens. « Lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5. 8).
Mille cinq cents ans d’histoire n’ont pas changé le cœur de l’homme : si Moïse a crié vers le ciel, en pensant qu’il allait être lapidé, quinze siècles plus tard, ce même peuple, en voyant Jésus, proclama l’incompréhensible et terrible sentence : « Ôte, ôte ! crucifie-le ! » – unique réponse à la question de Pilate « crucifierai-je votre roi ? » (Jean 19. 15). Et pourtant, quelques jours auparavant, une foule, voyant son roi monté sur un ânon s’approcher de Jérusalem, L’avait accueilli avec des cris de joie : « Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur ! » (Luc 19. 38). Accomplissement de la prophétie donnée à Zacharie, joie anticipée du glorieux règne à venir…
Dans le désert, pour que l’eau coule, il fallait que le rocher soit frappé ! « … et le rocher qui les suivait était le Christ » (1 Cor. 10. 4) ; « Christ a souffert… le juste pour les injustes » (1 Pier. 3. 18).
Avant que le Saint-Esprit descende du ciel, habite dans les croyants, et les unisse en un seul corps à Christ, il fallait que Christ passe par la mort infâme de la croix, ressuscite et soit glorifié (voir : Jean 16. 7 à15).
Au puits de Sichar, s’entretenant avec une femme samaritaine, Jésus évoque une eau bien plus importante que celle de la fontaine de Jacob, et que l’eau qui est sortie du rocher en Horeb : « L’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jean 4. 14). À Jérusalem, lors de la dernière journée de la fête, Jésus interpelle la foule : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre »…« Or Jésus disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui » (Jean 7. 37 à 39).
Sommes-nous tous venus à Lui pour boire de cette eau et recevoir la vie éternelle, pour être remplis de Son Esprit ? Pour rencontrer Dieu, Moïse devait s’approcher du rocher : « Voici, je me tiens là devant toi » (Ex. 17. 6)  ; « Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous » (Jac. 4. 8).
En-Hakkoré ; la source de celui qui crie.
Samson est un homme fort, auquel rien ne résiste. Il déchire un lion comme on déchire un chevreau, on le lie avec des cordes, il s’en défait comme on briserait un fil de soie. Cerné par les Philistins, il en détruit mille avec une mâchoire d’âne ! Fort de toutes ces victoires, il n’aurait pas dû craindre ! Souvent, dans notre quotidien, au lever du matin, il nous semble que rien ne devrait venir changer nos habitudes, mais c’est juste à ce moment-là que, tout d’un coup, survient un contretemps, un accident ou la maladie, et tout chavire. C’est ce qui est arrivé à Samson à la suite d’une victoire inespérée : « Il eut une très grande soif, et il cria à l’Éternel, et dit : Tu as donné par la main de ton serviteur cette grande délivrance, et maintenant je mourrais de soif », et tomberais entre les mains des Philistins. Terrible perspective !
« Et Dieu fendit le rocher creux qui était à Lékhi, et il en sortit de l’eau ; et il but, et son esprit revint, et il vécut » (Jug. 15. 18 et 19).
Dans l’épreuve, comme Moïse et Samson, implorons les compassions de Dieu et abreuvons-nous à la source de la vie, Sa Parole. Il arrive que notre Bible reste fermée, soit pour nous sans attrait, oubliée sur une étagère ! Mais elle demeure toujours « la vivante et permanente Parole de Dieu » (1 Pier. 1. 23). Reprendre le Livre et, s’il le faut, essuyer la poussière, en confessant nos manquements, c’est se trouver sur le rocher creux qui est à Lékhi. Venons au trône de la grâce, élevons notre voix vers le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ pour supplier, pour remercier et pour adorer ! La source de la grâce coulera jusqu’à Son retour.
« Il me mène à des eaux paisibles, il restaure mon âme » (Ps. 23. 3).