LE DIVORCE

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LE DIVORCE

 

Le divorce est très grave de toutes manières ; c’est une désobéissance à Dieu, un échec, une honte.
« Car je hais la répudiation, dit l’Éternel » (Mal. 2. 16). C’est un renversement du mariage, que Dieu a établi comme une chose sainte : « Que le mariage soit [tenu] en honneur à tous égards, et le lit sans souillure ; mais Dieu jugera les fornicateurs et les adultères » (Héb. 13. 4), ne devant pas être rompue : « Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mat. 19. 6 et Marc 10. 9), une relation terrestre portant un reflet de la lumière du ciel.
« Femmes, soyez soumises à vos propres maris comme au Seigneur ; parce que le mari est le chef de la femme, comme aussi le Christ est le chef de l’assemblée, lui, le sauveur du corps. Mais comme l’assemblée est soumise au Christ, ainsi que les femmes le soient aussi à leurs maris en toutes choses. Maris, aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par [la] parole ; afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable. De même aussi, les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres corps ; celui qui aime sa propre femme s’aime lui-même. Car personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ l’assemblée : car nous sommes membres de son corps, – de sa chair et de ses os. C’est pour cela que l’homme laissera son père et sa mère et sera joint à sa femme ; et les deux seront une seule chair. Ce mystère est grand ; mais moi je parle relativement à Christ et à l’assemblée » (Éph. 5. 22 à 32).
La relation entre un homme et une femme devient mariage par l’accomplissement des formalités en vigueur dans le pays où ils vivent.
Tout mariage enregistré par les autorités civiles est reconnu dans le ciel, même s’il est contracté dans l’indépendance par rapport à Dieu. Et l’homme ne doit pas séparer ce que Dieu a uni.
Les déviations du mariage sont parmi les plus graves péchés que l’homme puisse commettre. La fornication et l’adultère, péchés qui sont distingués de tous les autres sont incompatibles avec une relation aussi sainte.
« Ne savez-vous pas que celui qui est uni à une prostituée est un seul corps [avec elle] ? «Car les deux, dit-il, seront une seule chair »… Fuyez la fornication : quelque péché que l’homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps » (1 Cor. 6. 16 et 18).
Aussi, bien qu’il ait dit : « je hais la répudiation » Mal. 2. 16.
Dieu dit également :… « Votre mère que j’ai renvoyée » És. 50. 1
« Israël…je l’ai renvoyée et lui ai donné sa lettre de divorce » (Jér. 3. 8).
« Votre mère…n’est pas ma femme et je ne suis pas son mari ; et qu’elle ôte ses prostitutions…et ses adultères » (Osée 2. 2).

Fornication : relation charnelle hors mariage entre un homme et une femme, quels qu’ils soient.
Adultère : étymologie : (être) à un autre. Relation d’une personne mariée avec une autre que son épouse ou son époux. Celui qui commet adultère, commet aussi fornication. L’inverse n’est pas nécessairement vrai.

Voici les passages du Nouveau Testament les plus importants sur ce sujet :

« Il a été dit aussi : «Si quelqu’un répudie sa femme, qu’il lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que quiconque répudiera sa femme, si ce n’est pour cause de fornication, la fait commettre adultère ; et quiconque épousera une femme répudiée, commet adultère » Mat. 5. 31 et 32
Selon ce passage, concernant des personnes mariées :
S’il n’y a pas eu fornication, le lien entre mari et femme n’est pas rompu et un nouveau lien, avec mariage ou non, est un adultère. Aucun compromis n’est possible.
S’il y a eu fornication, le premier lien est rompu. Si l’époux abandonné contracte un nouveau mariage, il ne commet pas adultère. On ne peut rien dire de plus.

« Et je vous dis que quiconque répudiera sa femme, non pour cause de fornication, et en épousera une autre, commet adultère ; et celui qui épouse une femme répudiée, commet adultère » Mat.19. 9.
Dans les versets 3 à 12, le Seigneur répond à la question des pharisiens : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque cause que ce soit ?, faisant allusion à Deut. 24. 1 à 4. Moïse tolérait, « à cause de votre dureté de cœur », la répudiation pour des motifs graves autres que l’adultère. Pour que la femme puisse se remarier, le mari devait lui remettre une lettre attestant qu’il ne s’agissait pas d’adultère, mais de son seul bon plaisir. Il semble que les Israélites avaient abusé de cette tolérance, et certains finissaient par renvoyer leur femme pour des motifs futiles.
Le Seigneur répond que cette disposition n’était pas conforme à l’ordre de Dieu au commencement. Elle était accordée par Moïse, non comme un commandement, mais comme une permission, que le Seigneur ne confirme pas du tout ; il lui substitue les paroles citées ci-dessus. Il interdit donc le divorce pour des motifs égoïstes. Il rappelle lui même, au verset 5, l’exception déjà signalée au chapitre 5.
Il dit au verset 6 : « Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ». Il ne dit pas qu’il soit impossible de séparer ce que Dieu a uni, mais il enjoint de ne pas le faire, conformément à la volonté de Dieu.
Sous la loi, la rupture du mariage par l’adultère était punie de mort : « Et un homme qui commet adultère avec la femme d’un autre, – qui commet adultère avec la femme de son prochain… : l’homme et la femme adultères seront certainement mis à mort » (Lév. 20. 10).
Venu en grâce, le Seigneur ne reconduit pas cette disposition. Sans affaiblir la culpabilité du pécheur, il apporte la grâce qui délivre de la mort (Jean 8. 2 à 11).
Si la rupture du lien n’entraîne pas une conséquence obligatoire comme sous la loi, elle entraîne une conséquence éventuelle, à savoir la répudiation officielle.

Mais le Seigneur est loin de commander le divorce en pareil cas. Il le tolère, il le supporte. Et cette démarche officielle, devant des autorités incrédules, n’est pas la meilleure voie pour un enfant de Dieu, bénéficiaire lui-même de tant de grâce, et pour son salut et dans sa vie quotidienne. Si un croyant a manqué à la sainteté, même dans ce domaine-là, il y a toujours une possibilité de retour, moyennant la confession de la faute, le jugement de soi, l’humiliation, la purification et la restauration. Celui des deux qui est victime devrait montrer son caractère d’enfant de Dieu en attendant avec patience et prières le retour du fautif. Toutefois, chaque cas est à examiner en particulier, devant le Seigneur.

« Et des pharisiens vinrent à lui, et, pour l’éprouver, lui demandèrent : Est-il permis à un homme de répudier sa femme ? Et lui, répondant, leur dit : Qu’est-ce que Moïse vous a commandé ? Et ils dirent : Moïse a permis d’écrire une lettre de divorce, et de répudier [sa femme]. Et Jésus, répondant, leur dit : Il vous a écrit ce commandement à cause de votre dureté de cœur ; mais au commencement de la création, Dieu les fit mâle et femelle : c’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère et sera uni à sa femme, et les deux seront une seule chair ; ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. Et dans la maison encore, ses disciples l’interrogèrent sur ce sujet ; et il leur dit : Quiconque répudiera sa femme et en épousera une autre, commet adultère envers la première ; et si une femme répudie son mari, et en épouse un autre, elle commet adultère » (Marc 10. 2 à 12).
En rapportant la question des pharisiens et la réponse du Seigneur, l’Esprit de Dieu ne reprend ici ni la précision « pour quelque cause que ce soit », ni l’exception donnée deux fois par Matthieu ; il n’a pas voulu traiter le cas d’adultère en Marc. Ce récit abrégé ne peut pas être mis en contradiction avec ceux de Matthieu, pas plus qu’on ne peut opposer l’un à l’autre les textes sur le pardon de Mat. 18. 21 et 22 : « Alors Pierre, s’approchant de lui, dit : Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jus-qu’à soixante-dix fois sept fois » (Mat. 18. 21 et 22) et « Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère pèche, reprends-le, et s’il se repent, pardonne-lui ; et si sept fois le jour il pèche contre toi, et que sept fois il retourne à toi, disant : Je me repens, tu lui pardonneras » (Luc 17. 3 et 4).

« Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet adultère ; et quiconque épouse une femme répudiée par son mari, commet adultère » (Luc 16. 18).
Mêmes remarques que ci-dessus.
On dit parfois ceci : en Mat. 5, le Seigneur s’adressait aux foules en même temps qu’aux disciples ; au chapitre 19, il répondait aux pharisiens en présence de ses disciples ; tandis qu’en Marc il parlait aux disciples seuls, dans la maison. On en conclut que le Seigneur ne permettait pas aux disciples, et ne nous permet pas non plus, ce qu’il permettait aux pharisiens. Remarquons qu’à la fin du passage de Mat. 19 lorsque le Seigneur s’adresse aux disciples seuls, il leur confirme ce qu’il vient de dire aux pharisiens. En Marc 10, quoique en des termes différents, le Seigneur donne aux pharisiens le même enseignement qu’aux disciples seuls. En Luc, c’est aux pharisiens que parle le Seigneur, sans mentionner l’exception. Le Seigneur n’a pas deux enseignements différents pour deux catégories de personnes différentes. (En Mat. 13, lorsqu’il ne peut pas donner le même enseignement aux foules et aux disciples, il en indique les raisons à ceux-ci aux versets 10 à 17.

« Car la femme qui est soumise à un mari, est liée à son mari par [la] loi, tant qu’il vit ; mais si le mari meurt, elle est déliée de la loi du mari. Ainsi donc, le mari étant vivant, elle sera appelée adultère si elle est à un autre homme ; mais si le mari meurt, elle est libre de la loi, de sorte qu’elle n’est pas adultère en étant à un autre homme » (Rom. 7. 2 et 3).
Le sujet de l’apôtre Paul n’est pas le mariage et ses déviations, mais la loi. Il illustre son enseignement à l’aide de la relation du mariage. Cette institution divine est, selon la volonté de Dieu, une « loi » qui oblige mari et femme aussi longtemps qu’ils sont en vie l’un et l’autre. L’apôtre considère exclusivement le cas où le lien est rompu.

« Or je dis à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, qu’il leur est bon de demeurer comme moi. Mais s’ils ne savent pas se maîtriser, qu’ils se marient, car il vaut mieux se marier que de brûler. Mais quant à ceux qui sont mariés, je leur enjoins, non pas moi, mais le Seigneur : que la femme ne soit pas séparée du mari ; (et si elle est séparée, qu’elle demeure sans être mariée, ou qu’elle se réconcilie avec son mari ) et que le mari n’abandonne pas sa femme. Mais quant aux autres, je dis, moi, non pas le Seigneur : Si quelque frère a une femme incrédule, et qu’elle veuille habiter avec lui, qu’il ne l’abandonne pas ; et si une femme a un mari incrédule, et qu’il veuille habiter avec elle, qu’elle n’abandonne pas [son] mari. Car le mari incrédule est sanctifié par la femme, et la femme incrédule est sanctifiée par le frère, [son mari] ; puisque autrement vos enfants seraient impurs ; mais maintenant ils sont saints. Mais si l’incrédule s’en va, qu’il s’en aille ; le frère ou la sœur ne sont pas asservis en pareil cas ; mais Dieu nous a appelés [à marcher] dans la paix. Car que sais-tu, femme, si tu ne sauveras pas ton mari ? ou que sais-tu, mari, si tu ne sauveras pas ta femme ? Toutefois, que chacun marche comme le Seigneur le lui a départi, chacun comme Dieu l’a appelé ; et c’est ainsi que j’en ordonne dans toutes les assemblées. (1 Cor. 7. 8 à 17).
Ce passage s’adresse à trois catégories de personnes. La première n’est pas concernée par le divorce.
Pour la deuxième, l’apôtre envisage une situation anormale, celle d’époux vivant séparément, mais non divorcés. Le lien n’est pas considéré comme rompu ; il n’y a donc pas eu adultère. Deux voies seulement sont proposées : ou la continuation de cet état, sans remariage possible, ou la réconciliation. Le divorce est exclu.
La troisième catégorie est celle des foyers où l’un des époux n’est pas sauvé. Cela ne devrait se produire que lorsque la conversion de l’un deux a eu lieu après le mariage. Sinon, le converti a commis une faute ; il ne s’est pas marié « dans le Seigneur » (verset 39). Pour ceux-là, le divorce n’est pas permis. La non conversion ne rompt pas le lien. La seule issue est d’accepter la décision du conjoint non converti, sans doute avec beau-coup de prières et en ayant spécialement affaire au Seigneur. On peut penser qu’en cas de répudiation sans adultère, le conjoint converti et abandonné ne peut pas se remarier ; le lien n’a pas été rompu.

Résumons : le lien du mariage est établi par Dieu ; et, selon sa pensée, il subsiste aussi longtemps que les deux époux sont en vie ; Dieu ne veut pas que l’homme sépare ce qu’il a uni. Aucune difficulté pratique ne peut rompre ce lien. Pourtant, il peut être rompu. Le péché d’adultère, et lui seul, parce qu’il est incompatible avec les caractères du mariage, rompt le lien. Cela montre d’ailleurs la gravité exceptionnelle de ce péché. Dans ce cas, et dans celui-là seulement, le divorce n’est pas interdit. Mais le chemin de la patience et du pardon, quoique plus difficile, est le plus conforme à la pensée de Dieu. Il permet la restauration du ou de la coupable, selon la grâce qui caractérise la période actuelle.

 

D’après Ph. L.