LES DETTES DU ROI
Un roi devait de très grosses sommes d’argent à l’un de ses nobles, homme connu par sa grande fortune et, plus encore, par son caractère noble.
A mesure que les années passaient, le roi, malgré tous ses efforts, ne réussissait pas à trouver le montant nécessaire pour rembourser son créancier.
A la surprise générale, ce dernier organisa un grand festin auquel il convia le roi et la reine et, avec eux, les plus illustres personnages du royaume.
L’hôte n’avait rien oublié ; jamais on n’avait vu fête aussi grandiose. Mais personne ne savait le motif de ces réjouissances, personne sauf l’hôte lui-même, et il gardait soigneusement son secret par devers lui.
Les festivités battaient leur plein, lorsque tout à coup, un signal retentit et tout fut interrompu.
Les convives se trouvaient, à ce moment-là, réunis dans un vaste salon. Dans une cheminée monumentale brûlait un vrai brasier, alimenté par des bûches de bois odoriférant.
Dès que le silence régna, l’hôte prononça quelques paroles de bienvenue, destinées à remercier ceux qui avaient répondu à son invitation, le roi et la reine en toute première ligne. Des applaudissements éclatèrent, puis se produisit l’événement principal de la soirée.
Des laquais apportèrent au maître de céans une pile énorme de documents de toute espèce ; c’étaient les pièces attestant les dettes du souverain.
Très tranquillement, le noble seigneur lut tout le dossier. Ses auditeurs demeuraient stupéfaits, en se demandant la raison de ce véritable acte d’accusation venant troubler la joyeuse compagnie. Et voyant le roi pâle comme la mort, ils ne pouvaient comprendre pourquoi l’infortuné monarque était ainsi exposé à la honte publique.
Leur étonnement allait atteindre son paroxysme. A peine leur hôte eut-il achevé sa lecture, qu’il jeta dans les flammes le dossier entier, sans en excepter une seule pièce.
En quelques secondes toute trace des dettes disparurent : elles étaient acquittées.
Les invités le comprirent aussitôt, et de nouveau les applaudissements retentirent.
Le créancier prit la parole et, d’une voix chaude et vibrante, prononça encore quelques mots :
– Très excellente Majesté et vous, mes honorés collègues, je vous ai invités chez moi ce soir pour que vous soyez les uns et les autres témoins de cette transaction. Toutes les dettes, jusqu’à la dernière, sont annulées Il sera impossible de les faire valoir à nouveau.
– Je me considère comme l’homme le plus heureux et le plus honoré du royaume, puisque j’ai pu ainsi rendre service à notre auguste souverain.
L’enthousiasme se manifesta de plus belle. Le roi répondit de son mieux, car l’émotion l’étreignait ; il fit part de toutes les difficultés qu’il avait affrontées, ainsi que des efforts sincères qu’il avait faits pour se libérer.
Cette soirée, dit-il, est certainement la plus belle de ma vie !
Il va de soi qu’aucun des témoins de cette scène mémorable ne l’oublia jamais.
Vis-à-vis de Dieu, le pécheur est dans la même situation que le monarque vis à vis de son créancier.
Que peut offrir au Dieu saint, qui a le péché en horreur, l’homme chargé du poids écrasant de sa culpabilité ?
C’est pour payer la dette immense du péché de l’homme que Dieu a envoyé Son unique Fils bien-aimé, qui porta sur la croix le poids du jugement divin sur le péché, et dont le sang versé purifie entièrement de ses souillures celui qui croit en Jésus Christ.
Sur la croix, Jésus Christ a prié : « Père, pardonne-leur », et avant d’expirer Il a dit : « C’est accompli »
« Par lui vous est annoncée la rémission des péchés…et quiconque croit est justifié par lui » (Actes 13. 38 et 39).
D’après Almanach Évangélique 1939
