HONORER LES PARENTS
C’était une pauvre veuve, qui avait un seul fils. Elle devait travailler dur pour les nourrir tous deux, et plus encore pour faire faire des études au garçon, intelligent et travailleur.
Lorsque le jeune homme eut parcouru tout le cursus des études, le jour du diplôme arrive enfin ; pendant la cérémonie publique, l’élève qui a tenu la première place dans l’école doit prononcer un discours d’adieu.
Le matin de ce jour, le fils dit à sa mère :
– Mère, c’est aujourd’hui le jour du diplôme.
– Oh ! dit-elle, je le sais bien.
– Je vais recevoir mon diplôme et je dois faire le discours aujourd’hui, dit le fils.
– Oui, je le sais, répond la veuve.
– Mais alors, pourquoi ne te prépares-tu pas pour venir à la fête ?
– Oh ! dit-elle, je n’irai pas. Je n’ai pas de vêtements assez convenables. Les gens de la ville y seront, et si moi j’y allais, tu aurais honte de ta vieille mère.
– Quoi, dit-il, avoir honte de toi, ma mère ? Jamais ! Tout ce que j’ai appris, tout ce que je suis devenu, je te le dois, et je te déclare que, si tu ne viens pas avec moi, je n’irai pas recevoir mon diplôme !
La veuve fut obligée de céder. Elle mit sa meilleure robe – qui était bien usée et décolorée – et son chapeau du dimanche ; son fils lui-même l’aida aussi bien qu’il put à épingler le vieux châle autour de ses épaules. Puis il lui offrit son bras et la mena, par la rue principale de la ville, jusqu’au bâtiment où devait avoir lieu la cérémonie publique. Arrivé là, il la conduisit au centre de la grande salle et lui chercha une des meilleures places, en avant, à côté des gens les plus élégants de la ville. Ensuite il monta sur la plateforme pour y prendre place parmi ses collègues et, au cours de la séance, il fit son discours, qui fut vivement applaudi. Il reçut ensuite son diplôme et une médaille d’or pour ses succès spéciaux dans certaines branches.
Alors il se passa un incident imprévu et charmant. L’étudiant descendit de la plateforme et alla, devant toute l’assemblée, ses professeurs et ses collègues, droit à sa vieille mère, si pauvrement vêtue et tout intimidée ; il épingla la médaille qu’il venait de recevoir à la poitrine de sa mère, en disant à haute voix :
– Ma mère, c’est à toi qu’appartient la médaille, c’est toi qui l’as gagnée !
Le premier moment de surprise passé, les applaudissements redoublèrent.
« Honore ton père et ta mère » (Éph. 6. 1).
D’après Almanach Évangélique 1947
