EN MANIANT L’ÉPÉE
Durant un long voyage, l’évangéliste bien connu, César Malan, se plongea dans la lecture des Écritures. Un de ses compagnons se mit à lancer quelques plaisanteries sur « un livre bon pour les femmes et les enfants, mais pas pour un homme intelligent ».
Malan répondit en lisant un passage approprié. L’autre rétorqua en demandant s’il n’existait pas de meilleure réponse que celle contenue dans ce livre démodé ; le chrétien lut un autre verset.
– Ne vous ai-je pas dit que je ne crois pas un mot de ce livre ? reprit l’incrédule vexé.
– Que vous le croyez ou pas, reprit Malan, c’est ce qu’il dit, et il cita encore un passage.
Son adversaire se tut, et la conversation en resta là.
A leur descente de voiture, un colonel, ami de l’évangéliste, se permit une remarque :
– Je vous aime et vous respecte beaucoup, Malan, mais me semble-t-il, vous n’avez guère été aimable en lisant seulement des versets plutôt que de répondre directement aux arguments de cet homme.
– Colonel, dit l’évangéliste, que portez-vous à votre côté ?
– Mon sabre.
– Si vous vous trouviez en face d’un ennemi au cours d’une bataille, discuteriez-vous avec lui pour savoir si ce fer est une arme ?
– Non, je le transpercerais immédiatement.
– Eh bien, colonel, c’est ce que j’ai fait.
Quelques années plus tard, un inconnu accosta un jour Malan :
– Monsieur, me reconnaissez-vous ?
– Non, je ne me souviens pas de vous avoir rencontré.
– Vous rappelez-vous d’avoir voyagé avec un incrédule qui s’insurgeait contre la lecture que vous faisiez de la Bible ?
– Oui, je m’en souviens parfaitement.
– Je suis cet homme ; je tiens à ce que vous sachiez que cette conversation, vos réponses, données uniquement par des versets, me poussèrent à lire la Bible, et maintenant j’ai trouvé Jésus et l’ai accepté comme mon Sauveur.
« La parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur ». (Héb. 4. 12).
D’après Almanach Évangélique 1966
