UN CONTRETEMPS HEUREUX

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UN CONTRETEMPS HEUREUX

 

Madame L. est appelée d’urgence auprès de ses enfants à T, sa fille ayant besoin d’aide. Or dès le troisième jour, son mari téléphone en la priant de revenir le plus vite possible car il a une forte fièvre. Son gendre l’amène aussitôt à la gare pour qu’elle puisse prendre le premier train en partance pour B. Hélas, en arrivant sur le quai de gare, le train vient de partir !
Attendons le suivant, pense-t-elle. Le Seigneur veut peut-être que je rencontre une âme en détresse, comme me l’a dit mon gendre. Il permet aussi ce que nous appelons des contretemps heureux.
Le train entre en gare. A peine est-elle assise dans un compartiment qu’une jeune fille d’environ vingt ans lui demande : Pardon, Madame, êtes-vous sûre que ce train s’arrête à B. ? Elle lui répond qu’elle en est certaine. Or à trois reprises, cette jeune fille lui pose la même question.
Alors Mme L. comprend que c’est cette âme que le Seigneur a placée sur son chemin ! « Vous me paraissez bien inquiète, dit-elle. Voulez-vous venir vous asseoir près de moi ? « Oui, très volontiers » répond-t-elle.
Alors, pour engager la conversation, Mme L. lui dit : « D’où venez-vous ? »
« De Font-Romeu », répond la jeune fille.
Mme L. poursuit : « C’est une belle région, avec beaucoup de forêts, je crois ».
« Oui, je le crois », répond cette jeune fille, « mais en ce qui me concerne, j’ai fait là un séjour à l’hôpital ».
« A l’hôpital déjà, à votre âge » ? La conversation commence vraiment, la jeune fille est en confiance et ouvre son cœur : « J’ai voulu me suicider » !
Mme L. lui demande alors : « Que s’est-il donc passé pour que vous en soyez arrivée là » ?
« Au travail, on se moquait de moi », répond-elle, « on cherchait à me détruire. Je redoutais, chaque matin de me retrouver en face de mes collègues ».
« Vous avez des parents ? » lui demande Mme L.
« Oh, oui, mais je n’ai aucune affection de leur part ».
« Et votre psychiatre, qu’en pensez-vous » ?
– « Ah, c’est vraiment un chic type. Je suis contente de lui raconter tous mes soucis. Il m’écoute et me donne de bons conseils ».
Alors Mme L. lui dit : « Voyons, quand vous sortez de son cabinet de consultation honnêtement, que ressentez-vous » ? La jeune fille la regarde droit dans les yeux et après un instant de réflexion, lui dit : « Le vide, et ensuite à nouveau le vide…c’est pour cela que je voulais plus vivre ».
Alors Mme L. lui raconte qu’elle vient de manquer le train précédent et quelle a compris qu’elle devait rencontrer une âme en détresse, que Dieu voulait qu’elle la rencontre. « Savez-vous, lui dit-elle aussi : il y a quelqu’un qui vous aime ».
« Ah non ! il n’y a personne » lui répond son interlocutrice. Alors Mme L. sort sa Bible de son sac et lui lit : « Venez à moi, vous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 29).
La jeune fille écoute de plus en plus, avec étonnement. Elle n’a jamais entendu parler de l’amour de Dieu, ni de Jésus. Une heureuse conversation s’en suit. Puis, après un long silence, elle demande à Mme L. : « Avez-vous des enfants de mon âge ? N’ont-ils jamais eu la pensée de se suicider » ?
« Ah non ! », lui répond Mme L., « ils connaissent Jésus comme leur Sauveur. Leur joie et leur confiance sont en Lui. Si des difficultés surviennent, ils sont aidés pour tout supporter ».
Le train approche de la gare où Mme L. doit descendre. Elle donne à la jeune fille sa propre Bible, et l’assure qu’elle priera chaque jour pour elle. Quelques jours après une lettre arrive à son domicile la jeune fille écrit pour dire qu’elle est très heureuse de lire le saint Livre. D’autres lettres suivent et puis un grand silence s’établit. Seul le Seigneur connaît la suite de cette belle histoire.
Un homme de Dieu dit un jour à Mme L. : « On a souvent de belles histoires mais le Seigneur permet qu’un autre serviteur prenne la suite. Peut-être sait-il que nous deviendrons trop orgueilleux et nous en arriverions à penser que nous avons joué un rôle déterminant pour qu’une âme s’approche du Seigneur. A Lui seul doit être toute la gloire ! »

D’après A.L.