SOUVENIR DE GEORGES MULLER
Georges Muller, chrétien bien connu, fonda un orphelinat à Bristol (Angleterre) qui marchait entièrement par la foi. Il parlait un jour aux étudiants de l’Université de cette ville et leur faisait part entre autres de ses expériences personnelles.
« J’ai été étudiant, disait-il, je lisais les classiques latins et grecs, je peux parler plusieurs langues étrangères, lire l’hébreu, l’arabe, le syriaque, j’ai étudié les mathématiques, la philosophie, la chimie et bien d’autres choses semblables. Je suis licencié de l’Université de Halle, en Allemagne, qui comptait à cette époque mille deux cents étudiants. Pour la plupart ces jeunes gens profitaient de leur temps d’études pour mener une vie de plaisirs, ils passaient leurs soirées à s’amuser, à se divertir en buvant, jurant, fumant, et je me faisais moi-même le meneur de toutes ces folies. Sur les mille deux cents élèves, huit seulement étaient chrétiens ; gars courageux, ils tenaient bon et ne négligeaient pas leur réunion de prières hebdomadaire malgré nos sarcasmes et nos méchancetés à leur endroit.
Près de la fin de mes études, je me trouvais dans une mauvaise passe ; je n’étais pas malade, je n’avais ni soucis, ni contrariétés, mais je n’étais pas heureux. Qu’est-ce qui n’allait pas ? J’essayai de me concentrer davantage sur mes études ; je tentai un voyage en Suisse, mais mon fardeau devenait toujours plus pesant sur mes épaules. Je rentrai à Halle, cela devenait toujours pire. Que faire, de quel côté me tourner ? Je pensai alors à mes camarades chrétiens, et cherchai à rencontrer l’un d’entre eux que je connaissais plus particulièrement. J’eus beaucoup de peine à le convaincre de ma sincérité, il croyait que je voulais me joindre à eux pour me moquer. Finalement il m’emmena à leur réunion ; on lut un chapitre de la Bible, on fit quelques remarques, des prières s’élevèrent. Au terme de ces entretiens si simples, je retins mes camarades et leur dit : Je ne sais pas si vous possédez ce dont j’ai besoin, mais dites-moi ce que vous avez. L’un après l’autre me parlèrent de Christ, de son amour, de la paix qu’Il répand dans le cœur qui se confie en Lui, puis ils prièrent avec moi. Dans les jours qui suivirent, je trouvai le Sauveur dont j’avais besoin, je fus libéré de mon fardeau inexplicable, et je fus envahi d’un grand amour pour Celui qui s’était donné pour moi. Cette expérience se passait il y a plus de cinquante ans, depuis lors mon amour pour Christ n’a fait que croître, et mon Dieu ne m’a jamais fait défaut ».
D’après Almanach Évangélique 1963
