À UN JEUNE AMI ÉTUDIANT

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À UN JEUNE AMI ÉTUDIANT

Permets qu’aujourd’hui nous parlions à cœur ouvert, comme nous le faisions, il y a trois ans, avec un de nos amis habitant la campagne. S’il était loin du tumulte des villes et comme un peu triste du seul contact permanent avec la nature, peut-être pourrais-tu te plaindre d’être trop privé de ce bienfaisant contact ? Mais tu dois faire tes études dans la constante présence du monde, et particulièrement du monde intellectuel. Ton esprit y est soumis à des disciplines diverses qui risquent de te faire paraître un peu restreints les stricts horizons humains de l’assemblée de Dieu. Ton cœur se trouve sollicité, et fortement, par la pression de circonstances où la Parole de Dieu tient peu de place, hélas !

Que va devenir ta jeune foi dans ce cadre ainsi élargi, hors de la protection douce et bénie de la famille ? Accepte que te soit prouvé un sincère intérêt en Dieu, et ouvrons ensemble la Bible, ce Livre divin du voyage ici-bas en toutes ses étapes. Écoutons ce qu’elle nous dit, à nous que le Christ a retirés du présent siècle mauvais, mais qui ne sommes pas encore ôtés du monde, quoique n’étant pas du monde. Jésus a demandé pour nous à Son Père : «Garde-les en ton Nom… Sanctifie-les par la vérité. Ta Parole est la vérité ».

Inclinons-nous donc devant ses affirmations qui sont autant d’avertissements pour ceux qui seraient exposés à devenir une proie, par la philosophie, par de vaines déceptions, selon l’enseignement des hommes, selon les éléments du monde. Que de pièges pour l’esprit dans cette sagesse du monde dont Dieu a fait une folie ! Relisons les chapitres 1 et 2 de la 1ère épître aux Corinthiens, et que l’Esprit qui est de Dieu nous enseigne les paroles de la vie éternelle. Toute autre sagesse ne serait pour ton cœur que vaines déceptions, dans le trouble des suggestions de Satan au cœur de la créature depuis Éden. Ne dis jamais : « J’aime comprendre ce que je crois », mais bien plutôt, et toujours, comme Pierre : « Et nous nous croyons, et nous savons que Toi Tu es le Saint de Dieu ». Nous savons parce que nous croyons. Par la foi, nous comprenons…

Tu as cru à Celui qui est la lumière de la vie, cette vraie lumière qui, venant dans le monde, éclaire tout homme. C’est une grâce de très grand prix. Mais tu es dès lors engagé dans le combat chrétien, selon Eph. 6. 10 à 18 ; n’oublie aucune pièce de l’armure complète de Dieu pour tenir ferme contre les artifices du diable ; …« et par-dessus tout, prenant le bouclier de la foi, vous pourrez éteindre tous les dards enflammés du méchant ». Sache lui dire comme Jésus : «Il est écrit.

Ainsi seulement, au fond de nos cœurs, peut être gardée intacte la vérité de Dieu qui est d’un si grand prix, par le moyen de la foi qui nous met à l’abri de toute atteinte de Satan. Sauvés par la grâce, par la foi, nous sommes aussi gardés par la puissance de Dieu par la foi.

Les écoles de tous ordres, les universités où vous étudiez, chers enfants de chrétiens dont le bien nous tient à cœur, sont généralement situées dans des villes où existe un lieu de réunions chrétiennes. Nous sommes toujours réjouis d’apprendre que vous y assistez, à celles du dimanche comme à celles de semaine. Peut-il y avoir pour vous de meilleur antidote quant aux dangers de l’enseignement des hommes, que ce contact avec la Parole de Dieu, là où se rassemblent ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur, étant réunis autour de Lui ?

Mon jeune ami, fais toujours l’effort nécessaire pour mettre à part ces heures bénies de la présence même de Jésus au milieu des siens.

Et puis, garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde. Tu es à l’âge où les sentiments s’éveillent, où le cœur aspire à d’autres affections qu’à celles du foyer familial. Dans ce milieu d’étudiants où tu dois lutter pour garder la foi saine, tu es également exposé à bien des attaques contre lesquelles nous prémunit le livre des Proverbes. Relis avec attention les premiers chapitres, où Celui qui y est nommé la Sagesse nous adresse bien des avertissements. Et ne dis pas : « Je suis fort, je veillerai ». Un jeune chrétien placé dans une situation délicate, et affectueusement questionné à cet égard, répondit sans assez de réflexion : « Oh! Je me suis tenu sur mes gardes ! Dis plutôt, lui répondit-on, que tu as été gardé… »

Que de confessions douloureuses n’avons-nous pas entendues en un demi-siècle ! Que de larmes, que de vains regrets, que de défections, que de cœurs et de vies brisées, et même, hélas! Que de naufrages quant à la foi ! Certes, les compassions divines peuvent intervenir, et des situations semblant tout à fait compromises être redressées par pure miséricorde. Mais les angoisses des parents, mais le temps perdu, mais le mépris de ce qui est dû au Seigneur, pense à tout cela, mon jeune ami !

Ce qui était trop merveilleux pour Agur, ce qui dépassait sa connaissance, est un sujet qui exige toujours plus de prudence et de dépendance dans la piété humble et confiante : «…le chemin de l’homme vers la jeune fille ». Il s’agit là du cœur qui est pris, ou qui se donne, souvent sans réflexion ni prière, des chemins croisés çà et là, dans les seules voies des regards des yeux, (Jér. 2. 23 ; Eccl. 11. 9). Que tes affections soient réglées dans un plein accord avec la volonté de Dieu. A plusieurs reprises, la Feuille aux jeunes a rappelé Ses directions sur ces questions d’importance capitale pour toute carrière chrétienne. A trop y insister, nous pourrions vous paraître importun, chers jeunes gens et jeunes filles.

Car ce sont choses délicates, certes ; mais, demandez au Seigneur « le vrai chemin » pour la terre, et Il vous montrera qui doit être l’aide qui correspond ou le bras pour vous appuyer, pour votre joie entière en Lui, dans le foyer à fonder où vous Lui donnerez la place d’honneur, et où Il vous bénira ensemble et l’un par l’autre.
Encore un point, et d’importance au moins égale, puisqu’il s’agit de l’assemblée de Dieu.
Jeune chrétien, tu as reçu une intelligence appliquée aux connaissances humaines où s’élève ton esprit par une étude lassante pour la chair et parfois desséchante pour l’âme. Cette capacité d’apprendre est l’un des talents que t’a confiés le Maître qui, un jour, réglera compte avec nous, ses esclaves. Ce qui, pour toi, est une réelle faveur, ces capacités avec tous moyens propres à les développer en diverses branches d’activités, pour qui penses-tu en user ? Au fond, quel Maître veux-tu servir ? Pour quel monde veux-tu vivre cette vie d’ici-bas, brève comme une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant ?

Ne t’expose pas à devoir dire quant au Christ, ce que Cécil Rhodes, ce puissant de la terre, soupirait près de sa fin : « Tant à faire, et si peu fait ! » Il ne parlait, hélas! Que de l’importance de ses entreprises et de la gloire de son pays, cette Rhodésie anglaise pour laquelle il avait œuvré jusqu’à la limite de ses forces. Mais que plutôt puissent être tiens les sentiments élevés de cette missionnaire entrant au repos de Dieu, prise en plein travail pour le Seigneur, laissant son mari solitaire dans le champ du Maître, et lui disant : « Comme c’est court, une vie ! », mais tellement heureuse d’avoir avec lui servi Dieu.

Si courte qu’elle soit, notre vie doit Lui être consacrée en sorte que l’ouvrier puisse se présenter approuvé à Dieu. Devrait-Il nous dire : « Qu’as-tu fait du talent que tu avais reçu ? » Et devrions-nous Lui répondre : « Je l’ai caché dans la terre ? » Triste aveu, appelant la réprobation du Maître sur l’esclave inutile.

Quand le nombre des ouvriers du Seigneur diminue, alors qu’augmentent les besoins du petit troupeau, qui de vous, chers jeunes amis, s’avancera dans Sa crainte, avec Sa force, et à Son heure, pour Le servir en servant les Siens ? Vous le savez, cela nécessite du dévouement, une décision de cœur, mais aussi une formation, une préparation de l’âme dans le secret. Peut-être vous arrive-t-il d’y penser. Reculeriez-vous devant l’effort indispensable, la vertu jointe à la foi ? Il est en effet tellement plus facile de se taire au milieu de l’assemblée, et d’attendre que d’autres soient sa bouche pour adresser à Dieu prières et louanges, ou pour exprimer les cinq paroles par l’Esprit… Comme nous aimerions faire sortir de leur réserve ceux dont on serait en droit d’espérer autre chose que le silence ! Car c’est une joie pour tous que d’entendre des voix nouvelles, des voix jeunes, dans nos réunions, quand la communion de l’Esprit se réalise ainsi pour notre encouragement et notre consolation.

Dieu veuille donc faire que tes études soient sanctifiées par une soumission entière à l’autorité de Sa Parole. Mets de côté toute ambition humaine, si légitime qu’elle te paraisse, qui pourrait faire obstacle à l’ardent désir des dons de grâce dans le plus excellent chemin, celui de l’amour. Recherche premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes les autres choses te seront données par-dessus.
Il nous arrive de rappeler cela de façon pressante à ceux dont on dirait, après l’effort persévérant pour passer des examens, qu’ils peuvent dès lors espérer de brillantes situations ; de leur exprimer le souhait que leurs études mêmes puissent avoir de l’utilité pour l’édification de leurs frères et sœurs en la foi, et la présentation de l’Évangile. N’est-il pas frappant que les serviteurs de Dieu du siècle dernier, dont le ministère écrit, reçu et exercé par l’Esprit nous est encore en si grande bénédiction, avaient été pour la plupart de jeunes étudiants pleins d’avenir ? Leurs capacités et leurs connaissances trouvèrent à s’employer pour le Maître quand ils eurent répondu à son appel.
Rappelons, entre beaucoup d’autres :

– G. V. Wigram (GVW), remarquablement versé dans les langues hébraïques, chaldéenne, grecque,
– J. G. Bellet (JGB), avocat bien doué, qui se tourna vers le Seigneur et fut l’un de nos plus riches auteurs,
– W. Kelly (WK), dont les études classiques et les exceptionnelles qualités en avaient fait un esprit universel,
– W. J. Lowe (WJL), qui s’était distingué dans toutes les disciplines, au premier rang dans toutes les branches d’études ;
– J. N. Darby (JND) enfin, qui avait obtenu très jeune une médaille d’or de Classique, distinction tout à fait spéciale ; et nous savons ce que Dieu lui a confié, comme à ses compagnons d’œuvre, pour Sa gloire et notre bien. Si seulement nous savions mieux profiter de ce qu’Il nous a donné par leur moyen !

Certes, nous sommes au temps des petites choses, et Dieu n’a besoin de rien ni de personne pour Son œuvre à Lui. Mais ne vaut-il pas la peine de Lui dire, en cela aussi : « Ce qui vient de ta main, nous te le donnons ? » Qui a jamais regretté d’avoir mis à Son service ce qui nous vient de Lui ?
Tout cela ne mérite-t-il pas réflexion, prières, et décision ? Tu vas te trouver à l’heure du choix. Que vas-tu choisir, dès maintenant ? La vie riche parce que bénie du Seigneur, dans le chemin de l’humilité si précieuse à ses yeux, et du dévouement pour Sa gloire ? Ou l’existence finalement vide et morne, dans la stérile poursuite des satisfactions terrestres ?

Supporter la parole d’exhortation, ne pas s’appuyer sur notre intelligence, mais connaître le Seigneur dans toutes nos voies ; nous laisser enseigner par Lui dans les Écritures qui peuvent seules rendre sage à salut ; nous souvenir que la piété a la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir ; c’est recevoir l’instruction de la Sagesse, dont le fruit est meilleur que l’or fin.
Que Dieu t’en fasse la grâce. Ton vieil ami le Lui demande de tout cœur !

D’après Feuille aux jeunes n° 180
L.G.

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P. S. Les citations de la Parole n’ont pas leurs références. Peut-être auras-tu le souhait, et le temps, de les chercher dans le Saint Livre ?