PSAUME 103

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PSAUME 103

Introduction

Le psaume 23 est bien connu de plusieurs. Il rappelle à quelques-uns des souvenirs de jeunesse, ou même d’enfance. Des scènes, des voix, des visages disparus depuis bien longtemps, qu’on ne verra et n’entendra plus dans ce monde, sont distinctement rappelés à notre mémoire alors que nous méditons sur ce beau psaume. Le cœur aime parfois à se souvenir et à revenir sur ces évènements du passé. Et il n’est pas rare, lorsqu’on atteint l’âge mûr, ou même dans la vieillesse, que les leçons apprises dans le temps de la jeunesse soient celles dont on se souvient le mieux. L’enseignement et l’instruction dans les choses de Dieu sont donc de toute importance pour l’âme immortelle.

Il y a de nombreuses années, un missionnaire en Inde fut appelé au chevet d’un soldat mourant. Inquiet pour son âme, il se mit à lui parler, mais le soldat ne prêta aucune attention aux propos qui lui étaient adressés. De toute évidence, il était sur le point de mourir, mais il demeurait totalement indifférent et endurci après une longue vie de péché. Sachant quelle éternité de misère serait le sort de cet homme, le missionnaire ne pouvait supporter la pensée de le laisser mourir dans ses péchés ; mais tout appel semblait inutile. Finalement, une pensée traversa son esprit : ‘’Je devine d’après son accent, qu’il vient d’un pays où les psaumes de David sont souvent appris par cœur au temps de la jeunesse. Je vais essayer de toucher son cœur, si possible, par un verset de psaume.’’ Il se mit alors à réciter lentement :
‘’ Comme un père à compassion de ses fils, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent. Car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière. L’homme… ses jours sont comme l’herbe ; il fleurit comme la fleur des champs…’’ (Ps.103. 13 à 15)
Le soldat mourant regardait à présent le missionnaire avec beaucoup d’attention ; il le fixait comme si une voix venue de loin s’adressait à lui. Des scènes de son foyer et de sa jeunesse se bousculaient dans son esprit – une corde sensible avait été touchée. Les versets bien connus du beau Psaume 103, quoi-qu’oubliés depuis longtemps, faisaient tressaillir son âme. C’était certainement la voix de Dieu s’adressant à sa conscience. Brisé dans son esprit, un millier d’accès à son cœur venaient de s’ouvrir. C’était certainement le fruit de l’enseignement reçu dans son enfance et des prières de ses parents pour sa bénédiction. Pendant longtemps, l’enseignement et les prières semblèrent oubliés par cet homme, mais Dieu ne peut jamais oublier. Un enfant peut oublier et c’est hélas souvent le cas, mais notre Dieu ne le peut pas. La prière déposée avec foi devant Lui ne peut jamais être oubliée. Il peut souvent sembler qu’elle le soit, et nos méchants cœurs d’incrédulité ont trop tendance à le craindre ; mais la foi est convaincue qu’elle ne peut jamais être ignorée ou rester sans réponse. La prière qui a été ainsi déposée devant Lui est toujours devant ses yeux. Il a un cœur de Père et Il sait ce qu’est l’éducation des enfants : ‘’ J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi’’ (Es. 1. 2). Il connaît tous les sentiments qui préoccupent le cœur des parents.
Il semble aussi souvent que la bonne semence de la Parole, elle aussi, a été effacée de l’esprit, au point que le monde et le péché sont tellement incrustés dans le cœur et la conscience qu’il semble impossible de percer cette carapace. Mais Dieu est fidèle, et la foi n’abandonnera jamais sa ferme confiance en Lui. Elle aura toujours recours à cette parole puissante et bénie : « celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui ? » et aussi : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison ». (Rom.8. 32 ; Act.16. 31).
Bien souvent, le Dieu de grâce travaille dans le cœur de ceux que nous aimons, par les moyens les plus simples et au moment où nous nous y attendons le moins. Et quand la lumière de Dieu illumine l’âme, une longue vie de péché, avec ses terribles réalités, peut en un instant défiler devant le pécheur tremblant. Mais, à l’instant suivant, par la grâce de Dieu, il peut voir ses péchés effacés et sa paix faite par Dieu par le précieux sang de Jésus. Quand Dieu travaille, qui, ou qu’est-ce qui peut l’empêcher d’accomplir son œuvre?
Pourrions-nous concevoir un cas plus désespéré que celui que nous venons de décrire ? Le geôlier de Philippes, ou le brigand sur la croix, n’étaient pas dans une situation plus désespérée. Loin de son foyer, sans parent proche, et peut-être même sans un seul ami dans ce monde. Et maintenant tout près de mourir à la fin d’une telle vie : n’est-ce pas au-delà de toute espérance ? Qui pensera à lui dans ce moment ? Qui prendra soin de lui ? Il n’y en a qu’Un. Celui qui a probablement souvent entendu les fréquentes et ferventes prières des parents – (Oh ! Père des miséricordes, garde ton œil sur mon fils égaré ; que Ta main, dans Ton amour inlassable, sois étendue sur lui nuit et jour ; oh ! Amène-le près de toi afin qu’il ne déshonore pas Ton nom) – accorde maintenant une merveilleuse réponse de paix.
Les parents ont peut-être disparu, et depuis longtemps il n’y a plus de prières en faveur de celui qui s’en est allé, insouciant. Mais Dieu n’oublie pas le cœur qui se confie en Lui et, le moment venu, Il répondra certainement à son désir. Il a envoyé son serviteur au bon moment – lui a donné la parole qui convenait – et Il a accompli son œuvre bénie ! Quelle heureuse surprise remplira nos âmes au ciel, lorsque nous rencontrerons ceux dont nous avions craint qu’ils n’atteignent jamais cette heureuse place. Oh ! Que nous puissions compter sur Dieu seul et ne jamais douter ou craindre !
Nous savons que beaucoup de cœurs sont profondément exercés par ce sujet ; que ce soit notre excuse pour nous y être ainsi attardé.

D’après Andrew Miller